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Texte Libre

LES STATISTIQUES

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MAIS JE DEBLOGUE...

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25 mars 2009 3 25 /03 /mars /2009 07:17
Pour les briscards de la vie politique, il existe un principe simple mais intangible : la prochaine campagne électorale débute dès le lendemain de l'élection ! Cette doctrine semble avoir inspiré le Président de la République puisque, désormais, il fait le tour de France de ses amis pour tenter de les remotiver et pour relancer une dynamique en perdition. C'est un choix politique absolu, mais qui ne semble pas outre mesure choquer les citoyennes et les citoyens. Il est vrai qu'il lui est plus facile de triompher devant un parterre UMP (dont le déplacement a été financé par qui ?) que de se rendre dans une entreprise en cours de fermeture. L'essentiel, c'est que les stylos, les micros, les caméras, soient présents pour rendre compte de la « ferveur populaire » qui accompagne les paroles simplistes de leur Président. Combien y avait-il, parmi les adeptes présents, de contribuables ayant bénéficié du bouclier fiscal ? Probablement davantage que dans les cortèges du 19 mars dernier.
« J'ai le devoir d'entendre ceux qui manifestent. Mais, j'ai aussi la responsabilité d'écouter ceux qui ne défilent pas », a déclaré Nicolas Sarkozy, avant d'évoquer « ceux qui n'ont pas les moyens de faire grève ». Et il a oublié celles et ceux qui n'ont pas de raison de faire grève...et donc qui ne défilent pas ! C'est plutôt à eux, pourtant, qu' il pense en permanence. « Ceux qui souffrent le plus ne sont pas ceux qui contestent le plus », a ajouté le chef de l'état au cours d'un discours sur sa politique économique, dans une allusion à la journée de mobilisation de jeudi dernier. Il aurait pu se tromper et expliquer à cette assemblée dans laquelle se retrouvaient les ouvriers, les salariés agricoles, les employés, les caissières de grandes surfaces, les mères de famille nombreuses, les enseignants, les assistantes maternelles... que justement « ceux qui ne souffrent pas du tout sont ceux qui contestent le moins ! ».
Comment imaginer que Thierry Morin, PDG de Valéo, aille dans la rue pour protester contre la baisse de son pouvoir d'achat ? C'est pourtant à lui que s'est adressé le Président en campagne, ou tout au moins à ses copains, qui se font pourtant de plus en plus discrets. « Il ne doit plus y avoir de parachutes dorés. Il ne doit plus y avoir de bonus, de distribution d'actions gratuites ou de stock-options dans une entreprise qui reçoit une aide de l'Etat, qui met en œuvre un plan social d'ampleur ou qui recourt massivement au chômage partiel », a tranché le chef de l'Etat. « Percevoir une grosse rémunération en cas d'échec, ce n'est pas responsable, ce n'est pas honnête; qu'un dirigeant qui a mis son entreprise en difficulté puisse partir avec un parachute doré ce n'est pas responsable, ce n'est pas honnête », a-t-il lancé.
Des propos d'estrade, qui chauffent les salles, mais qui ne changent rien à la réalité. Il a en effet aussitôt précisé ses intentions, pour ne pas affoler les troupes UMP : il a remis à l'automne tout projet de loi sur le partage des profits dans les entreprises, si celles-ci ne faisaient pas d'effort en ce sens ! Il serait aussi intéressant de savoir combien ses « frères », Martin Bouygues, Edouard de Rothschild, Antoine Bernheim, Jean-Charles Decaux, Arnaud Largadère, Vincent Bolloré, François Pinault ont reçu cette année de stocks options... au titre de la gestion parfaite de leur propre patrimoine.

LA PEUR ANTIDOTE DE LA PEUR
En campagne électorale, Nicolas Sarkozy revient aux recettes miracles qui lui ont valu ses étoiles au guide Michelin des élections. « La liberté sans la règle ce n'est pas la liberté, la liberté ce n'est pas le droit de faire ou de dire n'importe quoi », a-t-il déclaré. Comment ne pas être d'accord avec lui, car il ne dit surtout pas n'importe quoi et mieux encore il ne promet surtout pas n'importe quoi. « La liberté c'est de pouvoir prendre le métro sans avoir peur des voyous », a-t-il ajouté, avant d'évoquer les récentes agressions dans des établissements scolaires ou les bandes violentes... C'est reparti : on va déposer des projets de lois pour juguler un phénomène social, qui découle d'une statistique que Martin Hirsch n'a pas eu le plaisir de voir reprise par son nouveau mentor : entre janvier 2008 et janvier 2009, le nombre de jeunes au chômage dans des quartiers défavorisés a bondi de... 57,2 %, et il a doublé (+ 104 %) pour les diplômés avec bac + 3 ou plus.
Martin Hirsch a proposé que l'État dépense 1,5 milliard pour financer, pendant deux ans, la plus grande part du salaire de 100 000 jeunes, embauchés en alternance par des entreprises, avant de se rembourser par une baisse « minime » des allégements de cotisations dans les cinq années suivantes. Même si le MEDEF n'est « pas très chaud », M. Hirsch estime que c'est « la meilleure formule pour tout le monde ».
Attendons pour que ces mesures soient adoptées par le gouvernement, car avant, il y a des sujets extrêmement plus urgents à traiter, comme la réforme des collectivités territoriales, visant à éliminer les contre-pouvoirs locaux, ou une énième adaptation du code pénal sur les « bandes ». Il est certain que taper à bras raccourcis sur les élus locaux, et insister fortement sur un nombre réduit de faits divers, c'est beaucoup plus productif que de régler les difficultés d'une jeunesse en déshérence. Diplômés et non-diplômés se retrouvent sur les mêmes marches, celles qui conduisent au pôle emploi ! Plus de places dans les concours de la fonction publique et donc plus d'emplois pour les masterisés ou autres agrégés. « Je ne reviendrai pas sur mon engagement de ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux partant à la retraite » a-t-il ajouté sous les applaudissements nourris de la salle.

DEMAGOGIE ABSOLUE
  "Je ne suis pas le président de la République qui augmentera les impôts", a-t-il encore rabâché, ajoutant : « On ne réduit pas les injustices en augmentant les impôts »... mais il oublie de dire qu'il fait le maximum pour refiler les dépenses aux autres en leur laissant le soin de les augmenter localement ! De la pure démagogie, quand le même jour, le Président du syndicat des directeurs de maisons de retraite annonce que des milliers de postes seront supprimés dans les établissements publics recevant, par principe, les retraités ou les personnes dépendantes ayant le moins de moyens financiers ! Dure réalité, que la salle partisane de Saint Quentin n'a pas dû entendre sur France Infos !
La campagne va durer. On va mobiliser tous les moyens de l'Etat pour qu'il en soit ainsi. Ville UMP après ville UMP, le Sarkothon va se poursuivre, afin de démontrer qu'il existe encore de bons Français ayant le moral, et peu touchés par la crise. Enthousiastes. Ils sont enthousiasmés par toutes les réformes. D'ailleurs, ils se sont pâmés quand le « candidat » sortant a déclamé : « Chacun d'entre nous doit s'efforcer de ne pas céder à la démagogie, car comme toujours la démagogie enfantera le populisme. Chacun d'entre nous doit se demander tout le temps si ce qu'il décide est juste car la crise, avec les sacrifices qu'elle impose, rend l'injustice encore plus insupportable ». Que c'est beau, car on le sait, le populisme n'est pas présent dans la gouvernance actuelle. Exploiter l'insécurité sans ajouter qui en porte la responsabilité, annoncer des sanctions contre les patrons quand on sait que l'Etat n'a aucun moyen de les faire exécuter, puisqu'il ne siège pas dans les conseils d'administration, faire la morale aux dirigeants quand on a imposé l'un de ses proches à la tête d'un groupement bancaire, parler de justice quand on murmure que le concurrent d'Heuliez, pote du Président, aimerait bien voir disparaître l'entreprise qui peut lui faire de l'ombre sur la voiture électrique : autant de sujets sur lesquels la démagogie est absente !

ENCORE DE L'ESBROUFFE
Les bandes les plus dangereuses vont devenir celles qui vont se constituer à la sortie des usines, avec leur lettre de licenciement en mains. On est même en passe de leur créer un nouveau fichier. La température du chômage restera aussi élevée, mais le thermomètre va changer. Les lettres - de A à E - vont remplacer les chiffres - de 1 à 8 - dans la définition des catégories de chômeurs recensés par le ministère du Travail chaque mois, ont annoncé le directeur de la Direction de l'animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares), et le directeur général du Pôle emploi. L'objectif affiché de la réforme, qui résulte de deux rapports, l'un élaboré par l'Inspection générale des finances et celle des Affaires sociales, l'autre par le Conseil national de l'information statistique, est de mieux refléter la diversité des situations de chômage.
Jusqu'à présent, étaient comptabilisés, sans distinction, les chômeurs qui n'avaient pas travaillé le mois concerné et ceux qui avaient travaillé moins de 78 heures. Désormais, la référence au type d'emploi recherché va être supprimée. C'est l'existence ou l'absence d'une activité professionnelle durant le mois écoulé qui seront déterminantes. Le A correspondra à l'absence totale d'emploi (quel que soit le type de contrat recherché), le B et le C respectivement à une activité de moins et de plus de 78 heures. Ce changement de règles ne va pas conduire à minorer le chômage, contrairement à ce qui s'était passé en 1995 avec l'isolement des demandeurs d'emploi ayant travaillé au moins 78 heures ou encore en 2007 avec la modification du calcul par l'Insee du taux de chômage au sens du BIT. Selon les évaluations de la Dares, qui seront désormais non seulement corrigées des variations saisonnières, mais aussi des jours ouvrés, le nombre de chômeurs de catégorie A est un peu plus élevé que celui des demandeurs d'emploi de catégorie 1, le plus médiatisé aujourd'hui : 2,305 millions au lieu de 2,204 millions (fin janvier). La nouvelle présentation sera utilisée aujourd'hui pour les chiffres de février.
Pour l'intersyndicale Dares-Insee-Pôle emploi et le comité de défense de la Dares, constitué contre la délocalisation d'une partie des services à Metz, et qui a dû manifester le 19 mars dernier, le compte n'y est cependant pas. Dans un communiqué intitulé « 2 millions qui en cachent 3... », ils critiquent le fait que la nouvelle catégorie A risque de devenir la principale référence en matière de chômage, puisqu'elle figurera en tête du communiqué officiel mensuel, alors qu'elle ne rend compte qu'imparfaitement de la réalité du chômage, comme l'ex-catégorie 1. Peu importe... ces gens là ne sont pas dangereux, car les nantis ne défilent pas dans les rues contre le candidat permanent à la Présidence de la République. Résignés. Ils sont résignés !
Mais je déblogue...

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Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
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