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LES STATISTIQUES

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MAIS JE DEBLOGUE...

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26 mars 2009 4 26 /03 /mars /2009 07:17

Moins de fonctionnaires, c’est déjà un principe sarkozyste intangible. Il faut exterminer cette race budgétivore en une période… où les impôts servent à des exonérations permanentes et cumulatives destinées à accroître les profits des entrepreneurs, sans pour autant favoriser la création d’emplois. En fait, chaque suppression prive un jeune d’une opportunité de participer à la vie sociale collective en apportant, par sa garantie de salaire,  une forte contribution à la solidarité entre le secteur public et le secteur privé, via ses cotisations.  Désormais, on franchit un cap supplémentaire, avec non seulement la diminution drastique des postes, mais encore des quotas de rentabilité, permettant à l’Etat d’engranger les ressources que ne lui procurent plus les impôts. Ubuesque, dans une démocratie qui passe son temps à s’autodétruire, en présentant la juste  contribution de chacun au fonctionnement de la collectivité comme une injustice  pénalisant un système économique qui consacre le plus clair de son temps à tricher pour s’exonérer de cette contribution… Hier, en effet, est apparu au grand jour la supercherie qui consiste à  piquer dans les poches du contribuable les sommes dont on prétend l’avoir exonéré. « Tenez, on vous déduit 90 € sur vos impôts sur le revenu, mais on ne vous ratera pas  si, devant un radar mobile, vous dépassez la vitesse autorisée de 4 ou 5 kilomètres/ heure ». Le magazine « Auto Plus » publie en effet des notes de service édifiantes.
L'un des documents concerne la ville de Châlons-en-Champagne, dans la Marne, et date du 15 janvier 2009. On lit d'entrée: « Vu les nécessités de décliner notamment des objectifs chiffrés en matière d’activité de voie publique et vu l’analyse des résultats obtenus en 2008, la présente note a pour objet de fixer les objectifs à atteindre en 2009 pour les brigades et unités spécialisées composant l’unité de sécurité de proximité ».  S’ensuit un énoncé hyper précis et détaillé des quotas à réaliser, infraction par infraction. Exemple: « Au cours de l’année 2009, chaque brigade de roulement de jour devra réaliser a minima les objectifs suivants: procéder à 65 interpellations, hors IPM (ivresse publique manifeste, NDLR) et délits routiers. Constater 24 autres délits routiers (défaut de permis ou d’assurance, refus d’obtempérer…), établir 230 T.A. (timbre-amende, NDLR) pour des infractions au Code de la route, hors stationnement (non présentation des pièces administratives, non respect de la signalisation routière, défauts d’équipements…)» Il serait trop long de tout énumérer tellement la liste est détaillée et révélatrice d’une conception du métier de fonctionnaire de police ! Dramatique, car à ce rythme là on ne va pas tarder à privatiser les forces de l’ordre et à les rémunérer de fait au pourcentage ! A noter aussi : les objectifs fixés en matière de sécurité routière sont encore plus élevés pour la brigade de roulement de nuit, du simple au double par rapport à l’équipe de jour: « 400 timbres-amendes pour les infractions type non respect de la signalisation, 150 pour les infractions relatives à un comportement dangereux, comme le non port de la ceinture ou l’usage du téléphone au volant», pour reprendre l’exemple de Châlons-en-Champagne. Ces révélations ne seraient pas inquiétantes si elles ne s’accompagnaient pas, tous les jours, d’une application féroce du culte de la statistique.


DERAPAGES STANDARDS

Cette note de service est-elle un cas isolé, dû à un fonctionnaire particulièrement zélé? Ou bien une pratique devenue monnaie courante dans les services de police? Le porte-parole du syndicat Unsa police - le syndicat unique - , n’est pas du tout surpris par cette note: « Ce n’est pas la première du genre. Des exemples de notes de service de ce type, on en a plein! Pour ne citer que les cas les plus récents: Agen et Marseille.» 
Et d’enchaîner, remonté comme une pendule: «A partir du moment où on fait entrer une logique de rendement dans la police et la gendarmerie… faut pas s’étonner d’avoir des dérapages de ce genre et les conséquences qui vont avec». Il insiste notamment sur la fatigue morale des agents de police, obligés de faire des heures sups pour remplir les objectifs. Ou encore, du fossé qui se creuse entre les policiers et la population. « C’est inévitable quand on privilégie, comme aujourd’hui, la répression à la prévention…»
Quant au secrétaire général adjoint du syndicat de policiers Alliance, il condamne fermement cette pratique, due « à une poignée de fonctionnaires de police zélés.» Mais le plus grave dans cette histoire, selon lui, c'est qu'« avec ces quotas, on empêche l’agent de police de faire preuve de discernement. Lui seul doit savoir sur le terrain quand il doit sanctionner » En fait il n’est question que de mettre des chiffres sur des papiers ou dans un ordinateur en fin de service, pour avoir sa conscience professionnelle en tête. Verbaliser plus, interpeller plus, pour être payé plus, c’est le nouveau slogan de la police nationale ! Il faudrait rétribuer les profs en fonction des zéros distribués, les infirmières en fonction des piqures non faites pour économiser, les juges en fonction de la moyenne des condamnations financières prononcées pour renflouer les caisses des l’Etat !

« Cela dit, ajoute-t-il, si un agent chargé de la circulation revient de sa journée de travail sans avoir mis une seule contravention, y a un problème. C’est comme tout, il faut un juste milieu.» Et là il arrive que l’on s’éloigne un peu de l’équilibre intelligent des choses. Exemple ? Cette aventure bordelaise.


CYCLISTES CRIMINELS

Probablement pour faire grimper les statistiques, dix cyclistes ont été placés en garde à vue dans la nuit de jeudi à vendredi à Bordeaux après avoir été contrôlés positifs à l'éthylotest. Le placement en garde à vue des dix cyclistes ivres a été confirmé de source policière. En raison d'une « surreprésentation des deux-roues dans les accidents de la route » (mais pas les vélos !) , la police bordelaise mène, depuis début mars, une opération qui l'a conduite à dresser un millier de procès-verbaux et à interpeler des dangereux conducteurs, qui prenaient le guidon avec un verre de trop ! Une faute d’une gravité absolue, quand on sait combien d’automobilistes roulent sans alcool mais avec un irrespect total des règles de conduite ! L'une d'entre elles, chargée de communication, âgée de 49 ans, a été contrôlée vendredi au guidon de son vélo avec « 1,2 gramme d'alcool par litre de sang », après un dîner, au cours duquel elle avait consommé « cinq verres de vin ». Elle est restée en garde à vue jusqu'à vendredi en milieu de matinée… pour avoir simplement croisé la route des statisticiens de la police nationale en goguette. « Nous avons traversé Bordeaux à 70 ou 80 km/h, avec le gyrophare et la sirène deux tons », a raconté un autre alcoolovélo, âgé de 30 ans, qui a été placé en garde à vue pour les mêmes raisons, et emmené au commissariat avec un autre cycliste, également contrôlé positif à l'éthylotest. Deux dangereux criminels, transférés directement en cellule.
Après la notification de sa garde à vue, il a été invité à retirer lacets, ceinture, alliance et , selon lui, à « baisser son caleçon », au cas où il aurait pédalé avec un révolver ou un poignard dans son caleçon. La cycliste a indiqué avoir dû se mettre en slip devant une fonctionnaire, avant d'être autorisée à se rhabiller pour être placée dans une cellule où elle a passé le nuit. Il est vrai qu’elle pouvait se pendre avec son soutien gorge ! Difficile de croire qu’une telle opération a été conduite avec la seule volonté de limiter le danger que représentent, pour les automobilistes, les… cyclistes bourrés, circulant en pleine nuit, dans des rues peu fréquentées de Bordeaux ! Il vaut mieux briller devant les caméras,  shooté à l’EPO ou à la DHEA dans le cadre du tour de France, que de rentrer gentiment chez soi avec un verre de vin de trop sur une bicyclette !


D’AUTRES PROBLEMES

Il est vrai que d’autres statistiques sur le vélo sont nettement moins bonnes, et qu’il faut compenser ! On trouve en effet, marqués à l’encre rouge sur les tableaux des chefs, pas moins de… 1 722 Bordelais qui ont porté plainte en 2008 pour le vol de leur bicyclette. Un chiffre en augmentation d'environ 10 % par rapport à l'année précédente et « que l'on peut doubler sans problème », selon le président de Vélo Cité. « Au moins 50 % des gens, voire plus, ne déclarent pas les vols. » Mais il est vrai qu’attraper un voleur de bicyclette, c’est moins aisé que d’attendre sur un trottoir que passe un cycliste lucide ayant préféré rentrer chez lui.
« Le policier qui a enregistré ma plainte m'a dit que c'était le sport local », confie amèrement une victime du même type de mésaventure. Depuis que Bordeaux a multiplié les pistes cyclables, favorisant du même coup l'explosion du nombre de deux-roues en circulation, le vol de vélo est devenu une pratique courante dans l'agglomération. « C'est le revers de la médaille », déplore le responsable de la communication au sein de la direction départementale de la sécurité publique. « Les contrôles sur la voie publique sont notre seule arme pour lutter contre ces vols, mais nous sommes limités car il faut prouver que le vélo a bien été dérobé. » En revanche, ses hommes ont une technique infaillible pour augmenter leur quota de gardes à vue ! Il suffit de faire souffler celui qui est dessus pour avoir un résultat immédiat de grande qualité ! Il serait, par contre, intéressant pour jouer "en vrai" au gendarme et aux voleurs, de savoir combien des 1722 cas signalés ont été résolus, alors qu’on sait fort bien que ces bicyclettes quittent souvent le territoire national ! Il fut un temps où chaque cycle portait une plaque, et maintenant, il est possible de les faire graver. D’autres sujets devraient préoccuper les autorités chargées des statistiques. 
Le scénario est devenu tristement banal : un cycliste de 50 ans circulant à Vélib' est décédé après une collision avec un camion benne « vraisemblablement à cause d'un angle mort ». S'il s'agit du premier accident mortel à vélo de l'année dans la capitale, c'est le sixième impliquant un Vélib' depuis son lancement en juillet 2007. L'angle mort des poids lourds a été la cause principale des accidents mortels à vélo à Paris, il est responsable des cinq victimes à vélo en 2008 ! Il faut donc absolument réfléchir à une proposition de loi pour inciter les camions à s'équiper de rétroviseurs plus larges et de caméras. Paris rappelle aussi que les cyclistes ne sont pas les seules victimes. Depuis le début de l'année, huit personnes circulant à deux-roues motorisées, trois piétons et un automobiliste ont trouvé la mort (vingt-neuf piétons en 2008). Mais on ne nous a pas informé pour savoir si ces victimes avaient un taux d’alcoolémie supérieur à la norme.

Mais je déblogue…

 

 

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Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
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commentaires

DURAND Gérard 04/04/2009 19:26

Franchement aucun commentaire ça pue le danger!