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LES STATISTIQUES

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MAIS JE DEBLOGUE...

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29 mars 2009 7 29 /03 /mars /2009 11:19
Aucune loi ne devrait être promulguée sans une étude d'impact global préalable, puisqu'il faut bien constater que toutes les réformes qui s'empilent sur les réformes ne sont  jamais réellement évaluées et produisent souvent des effets collatéraux beaucoup plus dangereux que ceux qu'ils sont censés corriger. Mais quand le texte est promulgué, il faut des « rustines » successives pour atténuer les dégâts. Il est vrai aussi que l'entêtement idéologique peut maintenir en place des lois, des décrets, des règlements, des procédures dont on sait pertinemment qu'ils sont dangereux ou inutiles, mais il faut savoir rester droit dans ses bottes pour ne pas discréditer les principes que l'on a vendu au Peuple. Depuis très longtemps les principes sont les mêmes, et ils traversent les majorités sans que personne n'ose revendiquer ces prévisions indépendantes qui permettraient d'éviter des erreurs récurrentes. En fait, la justice est parfois le seul recours permettant d'espérer une « évaluation » réputée objective, mais la « judiciarisation » n'est pas le ferment réel de la démocratie : elle n'en est qu'une facette sanction, jamais véritablement réparatrice.
Si l'on prend par exemple l'événement de la journée, le passage à l'heure d'été, contre lequel a lutté jusqu'à sa mort récente un professeur  de médecine girondin émérite, Boris Sandler, on a l'illustration d'une décision prise dans un certain contexte économique, dont personne ne connaît finalement les effets bénéfiques actuels. On continue, parce qu'il faut continuer, et que la suppression de ce décalage horaire totalement arbitraire aurait des... conséquences financières malvenues dans la situation présente. Le passage à l'heure d'été, a toujours eu des adversaires, qui affirment que cette modification perturbe les hommes et les animaux et n'a jamais rendu les services attendus en matière d'économies d'énergie. Peu importe. On persiste au nom d'intérêts abscons et purement théoriques.

RIEN A VOIR AVEC 76
Depuis des années, l'Association française contre l'heure d'été double (ACHED), réclame son abandon. Elle appelle au remplacement du système actuel de changement par l'application d'une heure constante tout au long de l'année: soit celle du méridien de Greenwich (GMT +0), soit celle de l'heure d'hiver en France (GMT +1).
L'heure d'été française est en effet depuis ce matin "double", en décalage de deux heures avec l'heure solaire (à GMT +2) pendant environ sept mois, du dernier dimanche de mars au dernier dimanche d'octobre. L'ACHED, évoquant les difficultés d'adaptation de l'organisme à l'heure d'été, avec la perte d'une heure de sommeil, l'accuse d'être responsable de problèmes d'endormissement, donc de fatigue, ainsi que de dépressions et de prises supplémentaires de psychotropes. L'heure d'été a été instaurée en France en 1976 par Valéry Giscard d'Estaing, à la suite du choc pétrolier de 1973, afin de réaliser des économies d'énergie, par la réduction des besoins d'éclairage en soirée. L'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (ADEME) évalue ainsi à 1.300 gigawatt/heure l'énergie économisée chaque année en France grâce au changement d'heure, soit 4% des consommations d'éclairage annuelles, et moins de 0,5% de la consommation intérieure totale d'électricité. Une économie calculée sur des bases anciennes, non adaptées au contexte de 2009 !
Pour l'ACHED, au contraire, « le bilan énergétique est négatif » si l'on prend en compte la surconsommation totale d'énergie liée à l'augmentation des besoins de chauffage le matin au début du printemps, et de climatisation les soirs d'été. Ni la climatisation ni le chauffage électrique modulable n'étaient en effet développés, sur le plan domestique, il y a une trentaine d'années, et donc, la justification énergétique est totalement déphasée puisque des différences fondamentales sont constatées.
La présidente de l'ACHED s'appuie notamment sur une étude réalisée par des universitaires dans l'Etat américain de l'Indiana en 2006, selon lesquels l'heure d'été occasionnerait une... augmentation moyenne de 1% de la consommation électrique des particuliers. Les lampes fluorescentes à basse consommation, qui remplaceront progressivement les ampoules à incandescence, devraient réduire à l'avenir les gains énergétiques imputables à l'heure d'été. Ces arguments sont oubliés par la force de l'habitude !

LA SANTE EN CAUSE
« Les effets directs sur la santé sont importants », affirme également la présidente de l'ACHED, dans un entretien à l'Agence AP. Elle s'appuie sur une série d'études allemandes et anglo-saxonnes qui établissent, selon elle, une « corrélation » entre le passage à l'heure d'été et l'augmentation du nombre d'accidents de la route, de suicides, ainsi que de la pollution atmosphérique (liée à l'augmentation du trafic automobile lors des soirées estivales).
Dernière étude mise en avant par l'ACHED, celle de chercheurs de l'Institut Karolinska de Stockholm publiée en octobre dernier dans la revue "New England Journal of Medicine" et selon laquelle le passage à l'heure d'été augmenterait le risque de crise cardiaque: pour la période 1987-2006, les auteurs ont constaté que pendant la semaine suivant le passage à l'heure d'été le nombre d'infarctus augmentait de 5%, sans que cette hausse soit compensée par une baisse significative au moment du retour à l'heure d'hiver.
La Commission européenne, qui a pourtant harmonisé les dates de changement d'heure des Etats membres en 1998 sans rendre ce système obligatoire, a reconnu dans un rapport, en novembre 2007, que « les économies effectivement réalisées sont difficiles à déterminer et, en tout cas, relativement limitées ». Ce qui devrait, au minimum, générer un débat ou une étude globale fiable sur l'intérêt actuel d'une telle mesure. Point du tout puisque Bruxelles a trouvé une solution : « ce qui ne fait pas de bien mais qui ne fait pas trop de mal ne doit pas être changé ! » L'Europe ne conteste donc pas le bien-fondé supposé de cette modification d'heure: « outre le fait qu'elle favorise la pratique de toutes sortes de loisirs le soir et qu'elle génère quelques économies d'énergie, il y a peu d'impacts de l'heure d'été, et le régime actuel ne constitue pas un sujet de préoccupation dans les Etats membres de l'UE ». Alors, on continue sans trop se soucier, on maintient la tradition sous des prétextes fallacieux mais justifiés par la force de l'habitude. Vivement que Nicolas Sarkozy, contrarié par le fait qu'il ne puisse pas faire une grasse matinée avec Carla , s'empare du problème, aille dans un lieu symbolique (une fabrique de pendules comtoises ?) pour proposer une réforme supplémentaire de notre temps.

HISTOIRE DE COURANT
Il faudrait simplement prendre en compte un point de vue réaliste sur le sujet, exprimé par Jean Denis, président d'honneur de l'Association pour le rétablissement de l'heure méridienne: " L'argument est très simple: nous sommes des êtres solaires, donc il est normal que nous vivions à l'heure du soleil. Or l'heure des fuseaux horaires est respectée partout, sauf en France ». Le changement d'heure a été instauré une première fois pendant la guerre de 1914-1918, en 1916 précisément. Puis, sous Pétain, en 1940, on s'est mis à l'heure allemande et on y est resté à la Libération. Donc, maintenant que Valéry Giscard d'Estaing a définitivement instauré l'heure d'été en 1976, nous sommes à GMT+2 en été, soit avec 2 heures de décalage par rapport à notre fuseau horaire. L'autre raison de rétablir l'heure méridienne, ce sont les soit-disant économies d'énergie: on ne prend en compte que celles réalisées l'après-midi, et pas celles perdues le matin quand on allume la lumière ou le chauffage. Ce qui est profondément malhonnête.
En réalité, sachant qu'on produit trop d'électricité en France, le changement d'heure permet de la faire passer au fur et à mesure qu'on la produit. Et, du fait de la puissance des lobbys de l'industrie nucléaire, ce sujet est tabou. Le reste n'a donc aucune importance : pour réguler la consommation électrique, on ferme les yeux sur ce qui régit le monde depuis des lustres : la course du soleil dans le ciel. Mais il est vrai que, désormais, ce dernier à une concurrence avec d'autres « Rois Soleil » qui dirigent un peu partout le monde et pratiquent uniquement la course au profit.
Allez, bonne journée, et accordez vous une heure de sieste dominicale supplémentaire. Ce sera la meilleure manière de manifester votre désaccord et de rattraper au moins aujourd'hui le bon vieux temps perdu !
Mais je déblogue...

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Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
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