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LES STATISTIQUES

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MAIS JE DEBLOGUE...

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1 avril 2009 3 01 /04 /avril /2009 07:17
Enfin deux bonnes nouvelles pour l'emploi en France. Dans la journée de hier, il fallait bien qu'un rayon de soleil vienne réchauffer l'eau glacée des réalités. Nicolas Sarkozy a, en effet,  redonné un espoir aux chômeurs. Il vient de prouver que ses réformes se révèlent enfin positives. Plus ses décisions creusent les statistiques du chômage, et plus il faut créer des postes au sein du Pôle emploi. La preuve : il a triomphalement annoncé à Châtellerault qu'il faudrait recruter 1 860 agents supplémentaires pour faire face au désastre des licenciements.
Enfin une bonne nouvelle, car au rythme des plans sociaux, on peut tabler sur des centaines de créations supplémentaires, et on imagine la jubilation d'un « chef d'entreprise » qui annoncerait une telle nouvelle à la France. Qui peut créer 1860 emplois par les temps qui courent, alors que, d'un autre côté, il aura de moins en moins de moyens financiers pour les payer, puisque il y aura une chute vertigineuse des cotisations sociales? Un véritable miracle digne de la multiplication des pains et des poissons par Jésus. Plus on licencie, moins les ex-Assedic ont de rentrées financières et plus elles doivent embaucher pour s'occuper des femmes et des hommes qui viennent chercher un espoir de retrouver du travail.
« Il va y avoir 1.860 emplois supplémentaires pour faire face à la crise et à l'alourdissement des tâches. C'est une décision que je viens de prendre », a déclaré Nicolas Sarkozy en visitant l'agence Pôle emploi de Châtellerault.
Le secrétaire d'Etat à l'Emploi, Laurent Wauquiez, avait promis, avant la fin du mois, une décision sur l'éventuelle augmentation des effectifs de l'organisme rassemblant les ex-ANPE et Assedic, afin de faire face à la forte hausse du nombre de demandeurs d'emplois. Enfin une parole tenue vis-à-vis des syndicats ! Cinq syndicats (SNU, CFDT, CGT, FO, Snap) de Pôle emploi avaient exigé, le 19 février, de la direction « un plan d'action précis » pour répondre à la « dégradation des conditions de travail » provoquée par la crise, comme l'ont fait de nombreux fonctionnaires le 19 mars dernier.
« Nous sommes à un conseiller pour 85 demandeurs d'emploi  en moyenne, mais parfois à un conseiller pour 120, 130 ou 200 demandeurs d'emploi », avait indiqué à la presse le 11 mars dernier, le directeur  général de Pôle emploi, Christian Charpy, ajoutant que l'objectif restait « un conseiller pour 60 demandeurs d'emploi ». Fin février, Pôle emploi comptait 44.675 employés, dont 29.838 anciens agents de l'ANPE et 14.837 ex-salariés des Assedic. Il peut espérer, avant la fin 2009, passer la barre des 50 000, sans que l'on sache véritablement qui les paiera ! Peu importe d'ailleurs, car l'Etat peut vivre à crédit : en effet, si les banques ne prêtent plus aux entreprises, elles seront contraintes de le faire pour le Pôle emploi que l'on n'imagine pas en « règlement judiciaire ». Extraordinaire société libérale, qui ne sait que créer des emplois sur la base des dégâts qu'elle a généré !

UNE PROMESSE EN ACIER
Enfin, la satisfaction des syndicats du Pôle emploi c'est qu'ils ont été écoutés, contrairement aux autres qui, malgré des manifestations monstres, ont été dédaignés par le Premier Ministre. Le 4 février 2008, à l'issue d'une visite très médiatisée à  ArcelorMittal, Nicolas Sarkozy s'était engagé à faire prendre en charge par l'Etat « tout ou partie des investissements nécessaires » pour maintenir l'aciérie en activité.
« On a vu avec Lakshmi Mittal et les dirigeants du groupe ArcelorMittal à quel point la parole de notre président porte auprès des tenants du capitalisme le plus débridé », a ironisé le sénateur PS de la Moselle Jean-Marc Todeschini. Interrogé le 5 février, lors de l'émission télévisée « Face à la crise », Nicolas Sarkozy avait contesté ne pas avoir tenu sa promesse. « D'abord, le site n'est pas fermé », avait-il déclaré.
« Il reste à décider de l'installation d'un site de captage et de stockage de CO2 », a affirmé Nicolas Sarkozy. Il est « possible », a-t-il dit encore, que ce soit à Gandrange, ajoutant que la France était « en concurrence avec l'Allemagne » sur ce projet. Le 5 mars dernier, c'est le site ArcelorMittal de Florange, en Moselle, qui a été désigné pour être le site pilote de cette expérimentation industrielle de captage et stockage de CO2. Le coût du projet Ulcos, qui doit permettre un développement de cette technique sur les sites sidérurgiques après 2020, est évalué entre 300 et 400 millions d'euros... mais d'ici là, tout le monde aura été licencié, et le site sera bel et bien oublié. La CGT a appelé hier à manifester à Gandrange devant cette usine ArcelorMittal, qui ferme définitivement ce jour, malgré les assurances présidentielles.
Environ 60 salariés sont encore en attente d'un reclassement, selon des chiffres communiqués il y a une semaine par la direction et les syndicats d'ArcelorMittal. Le groupe sidérurgique a affirmé avoir trouvé UNE « solution » pour 454 salariés, soit près de 80% des personnes touchées par les suppressions d'emploi décidées par le groupe en 2008. ArcelorMittal supprime 9.000 emplois dans le monde, dont 1.400 en France. Le groupe a fait 9,4 milliards de dollars de bénéfices en 2008. Il compte accélérer son plan d'économies de 5 milliards de dollars sur cinq ans, en atteignant 2 milliards de réductions de frais dès 2009, notamment du fait des compressions d'effectifs. Et pour la Moselle, il ne reste plus qu'une solution : accueillir le pôle emploi national avec ses 1860 créations, décrétées par Nicolas Sarkozy. Le principe des vases communicants, et enfin une promesse qui serait tenue !

CACHEZ LE PEUPLE
En fait, les manifestations pour dénoncer ces manquements répétés du Président à ses engagements ne sont désormais plus du tout autorisées. Que l'on tienne le peuple en laisse, le plus loin possible, afin de ne pas contrarier celui qui va à Londres pour tancer les « grands » de ce monde et leur montrer qui est le chef ! Le chef de l'Etat a estimé, a la veille de la réunion du G20 à Londres, que la crise économique et financière était « trop grave pour que l'on se permette un sommet pour rien ».
Les manifestants étaient ainsi entre 1.500 à 2.000 personnes, selon la police et 7.000, selon les organisateurs, à manifester hier matin à Châtellerault, quadrillée par un important dispositif policier. Peu avant la dissolution de la manifestation, des jeunes ont jeté des objets sur les forces de l'ordre qui ont riposté avec des grenades lacrymogènes. Sept personnes incommodées ont été soignées par les pompiers. Une huitième, qui a chuté en courant, a été transportée à l'hôpital par précaution, selon les pompiers. Le face à face a duré plus d'une heure. Les policiers ont chargé plusieurs fois, et plusieurs d'entre eux ont franchi les grilles d'un lycée tout proche, où s'étaient réfugié des jeunes. La chasse est ouverte et il ne faut surtout pas se priver !
Les manifestants, venus de tout le bassin d'emploi, particulièrement touché par la crise, après s'être rassemblés dans un quartier de la ville, se sont dirigés à pied vers le parc des expositions du Chillou. Le chef de l'Etat devait en effet y tenir une table ronde sur le thème « des mesures prises par le Gouvernement pour faire face à la crise ». Les manifestants ont été bloqués à l'entrée du pont ouvrant l'accès au site du parc des expositions. Des incidents ont éclaté au moment de la dispersion, provoquant de nouveaux tirs de grenades. Châtellerault était quadrillée par un important dispositif policier, mobilisant 800 à 900 hommes selon la préfecture, ce qui a donné, selon le principe « travailler plus pour gagner plus » du pouvoir d'achat supplémentaire aux forces de l'ordre, qui maintenant, sont chargées d'éviter que les Préfets perdent leur emploi !
De nombreux élus locaux s'étaient joints à la manifestation. « Aucun élu de l'opposition n'a été invité à la table ronde. En fait, c'était une table carrée, réservée aux amis de Nicolas Sarkozy », a commenté un vice-président du Conseil régional. Au cas où ils n'auraient pas été d'accord... et qu'ils aient terni l'enthousiasme des fans applaudissant à tout rompre cette annonce concernant la création d'emplois de « fonctionnaires », en contradiction totale avec les affirmations officielles.

MISE SOUS SEQUESTRE
La crise a bon dos, et les aubaines pour « dégraisser », comme ils disent, ne repasseront pas de sitôt ! Alors, on y va gaiement. Il reste un problème, c'est que le ton monte, et on commence à séquestrer ces dirigeants qui choisissent de défendre le profit contre l'emploi ! François-Henri Pinault, président du groupe de distribution et de luxe PPR et l'un des plus grands patrons français, a été bloqué dans un taxi hier, pendant une heure, par une cinquantaine de ses salariés, à Paris, avant d'être dégagé par la police qui actuellement, entre la mis en garde à vue des cyclistes bordelais et des interventions de ce type, cumule  les heures supplémentaires ! Deux enseignes du groupe, la Fnac et Conforama, touchées par la baisse de la consommation en France en raison de la crise, ont annoncé le 18 février des « plans d'économies » qui pourraient se traduire au total par la suppression de 1.200 postes. Les opérations de salariés en colère contre des patrons qu'ils privent de leur liberté de mouvement se sont multipliées ces dernières semaines en France.
A Grenoble, quatre dirigeants du groupe américain Caterpillar étaient retenus hier soir par des salariés qui réclament de meilleures conditions de licenciements. La semaine dernière, le directeur d'une usine de l'américain 3M avait été retenu plus d'une journée dans le centre de la France, où 110 licenciements avaient été annoncés. A la mi-mars, c'est le patron de Sony-France et trois cadres dirigeants du groupe japonais qui avaient été retenus pendant 24 heures par des employés d'une usine du sud-ouest, condamnée à la fermeture. Il sera impossible de retenir Nicolas Sarkozy... car il est toujours ailleurs ou sous la protection de centaines de policiers. Il est vrai que 3 000 suppressions d'emplois par jour en France ne constituent pas un motif d'inquiétude ou une marque de défiance suffisamment forte pour que l'on tourne résolument le dos aux excès du libéralisme.
Maintenant, on va moraliser ce système par des règlementations que l'on condamnait encore il y a quelques mois avec dédain. Du Fouquet's au yacht de Bolloré, de la présidence bling-bling à celle des affaires de cœur, des vacances américaines à l'escapade mexicaine : peu de chemin a été parcouru vers la moralisation de la vie politique. Tout est dans l'apparence et dans les mots. Les actes parlent davantage.
Mais je déblogue...

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Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
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