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LES STATISTIQUES

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MAIS JE DEBLOGUE...

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3 avril 2009 5 03 /04 /avril /2009 13:56

La particularité des paradis terrestres, c'est que l'on peut y croiser des Adam et des Eve de toutes sortes. Ceux que notre société a baptisé de « fiscaux » offrent la particularité de voir passer des femmes et des hommes loin d'être tout « nus », même s'ils ont le temps d'être tout bronzés ! En effet, quand ils viennent dans ces lieux, c'est qu'ils sont couverts d'or et qu'ils ne savent plus comment le dissimuler à ces diables du fisc. La tentation est grande de mettre leurs « pommes » dans des coffres sécurisés. L'objectif de ces lieux paradisiaques réside dans le secret absolu : ils ne veulent surtout pas vérifier comment les déposants se débrouillent pour faire reproduire leurs profits, et ils refusent toute traçabilité. Comme prévu, l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a rendu publiques, jeudi 2 avril dans la soirée, deux listes de paradis fiscaux. Cette mesure fait partie des dispositions décidées au sommet du G20 le même jour, pour agir contre les Etats fiscalement non coopératifs. Une première liste, dite noire, compte le Costa Rica, la Malaisie, les Philippines et l'Uruguay. Personne ne savait véritablement que ces pays pouvaient être comparés à des... paradis pour milliardaires en mal de planques pour leurs retraites dorées.
Ce sont pourtant des pays qui ne se sont jamais engagés à respecter les standards internationaux, a expliqué l'OCDE sur son site internet... mais sans rappeler que tout le monde a des accords commerciaux avec eux !
La deuxième liste, qualifiée de grise, inclut 38 pays dont Monaco, le Liechtenstein, les Pays-Bas, la Suisse, le Luxembourg et la Belgique. Il s'agit dans cette deuxième liste de recenser les Etats qui se sont engagés à respecter les règles de l'OCDE, mais ne les ont pas "substantiellement" appliquées, selon l'Organisation. Ce qui veut tout simplement dire qu'ils mettent en pratique un principe de l'école élémentaire : il ne peut y avoir de règle que s'il y a des exceptions à la règle. Tous ont réalisé des adaptations permettant de contourner toutes les mesures prises par des représentants de pays qui eux non plus n'ont pas la conscience tranquille. Leurs Adam et leurs Eve sont tout simplement « couverts » par le simple constat que leur argent intéresse toujours les ministres des finances.
A l'issue du sommet de Londres, jeudi, les pays du G20 se sont engagés à « agir » dans le meilleur des mondes possible contre les juridictions non-coopératives. Sur son site, l'OCDE publie également une troisième liste de pays qui appliquent "substantiellement" les règles internationales. La France, la Russie, les Etats-Unis et la Chine en font partie. Ô divine surprise, la France est sur la troisième marche du podium pour les "trous noirs de la finance", pour quelques îles accueillantes des Antilles, et surtout pour toutes les magouilles possibles dans sa législation financière. Après son « retenez moi ou je vais tout casser », Nicolas Sarkozy n'a pas pu faire autrement que d'accepter d'être inscrit dans le palmarès, alors qu'on ne trouve pas, par exemple, la Grande Bretagne qui possède au moins autant, sinon plus, de terres d'accueil pour des couples « pognons-patrons » plus que discrets !

DES CRITERES DISCUTABLES
Une précédente liste avait été publiée au début des années 2000 par l'OCDE. Mais elle ne comptait plus que trois pays - Monaco, Andorre et le Liechtenstein. Car de nombreux Etats avaient, au fil des ans, été rayés de ce classement après avoir pris des engagements de transparence, qu'ils n'ont, en fait, pas plus respecté que ne le sera la directive générale du G20.
Au cours des dernières semaines, plusieurs Etats, dans le collimateur de la communauté internationale, ont donné des gages de bonne volonté, pour éviter de figurer sur cette liste "réactualisée". La Belgique, l'Autriche, le Luxembourg ou la Suisse, mais aussi le Liechtenstein ou Andorre, ont ainsi annoncé coup sur coup un assouplissement de leurs législations nationales sur le secret bancaire. Tout est le mot « assouplissement » que l'on peut résumer de la manière suivante : « nous allons courber l'échine et faire le dos rond, avant de repartir quand il sera possible de bouger sans affoler le Peuple »
Quatre critères sont retenus par l'OCDE pour définir un paradis fiscal : des impôts insignifiants ou inexistants ( c'est ce principe qui inspire pourtant depuis des mois le gouvernement français qui se range derrière un « je n'ai pas été élu pour augmenter les impôts »), l'absence de transparence sur le régime fiscal (le bouclier et les niches fiscales relèvent-elles du paradis ?), l'absence d'échanges de renseignements fiscaux avec d'autres Etats, et le fait d'attirer des sociétés écrans ayant une activité fictive. On ne va pas chipoter entre le tout ou presque tout, quand on sait que le libéralisme dominant sur la planète vise à supprimer toutes les contraintes en matière économique. Enfin, c'est comme pour le Père Noël : il faut y croire ou faire semblant d'y croire pour recevoir les cadeaux qui vont avec !

TOUS HONNETES
Le Premier ministre du Luxembourg Jean-Claude Juncker a jugé "incompréhensible", d'une part que son pays ait été inscrit la veille sur la liste "grise" de paradis fiscaux de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), et d'autre part que les Etats-Unis n'y figurent pas.
Le Luxembourg n'est pas le seul pays à avoir fait part de son mécontentement après la publication des deux listes de paradis fiscaux par l'OCDE, à la demande du G20. Si l'Autriche s'est déclarée soulagée de ne pas figurer sur la liste "noire", mais seulement sur la liste "grise", la Suisse a, comme le Luxembourg, fait part de son indignation. L'Uruguay, qui, lui, figure sur la liste "noire", a également réagi en démentant être un paradis fiscal.
La liste noire inclut, selon l'OCDE, les pays qui ne se sont jamais engagés à respecter les standards internationaux, tandis que la liste grise - qui inclut 38 pays - recense les Etats qui se sont engagés à respecter les règles de l'OCDE mais ne les ont pas « substantiellement » appliquées. « Je trouve le traitement qui est réservé à certains Etats un peu incompréhensible », a déclaré Jean-Claude Juncker, à son arrivée à une réunion du forum des ministres des Finances de la zone euro (Eurogroupe) qu'il préside.
Sur les listes de l'OCDE, « j'ai constaté que certains Etats des Etats-Unis n'y figurent pas », a fait remarquer le grand défenseur du libéralisme débridé en Europe, critiquant le fait que les Américains aient échappé à tout reproche dans ce domaine. Mardi à Bruxelles, devant le Parlement européen, Jean-Claude Juncker avait nommément cité les Etats américains du Delaware, du Wyoming et du Nevada comme des paradis fiscaux. « Si liste il doit y avoir, l'Amérique doit trouver sa bonne place », avait-il insisté. Dommage, car ces états demeureront des havres pour Adam et Eve de la finance internationale. Et on ne voit pas pourquoi on les inscrirait sur une liste, fût-elle aussi blanche que les fonds qu'ils recyclent.
En raison de sa fiscalité très faible (pas d'impôts sur les bénéfices), le Delaware est un Etat américain très prisé des sociétés off-shore, c'est-à-dire non résidentes. Elles y établissent leur siège social sans y exercer aucune activité et sans que leurs dirigeants y soient domiciliés. Aujourd'hui, plus de la moitié des 500 plus grosses fortunes, et 43% des sociétés cotées à la Bourse de New York, sont domiciliées dans le Delaware... Mais chut! quand on a trouvé un paradis, il vaut meiux ne pas trop le dire, afin de ne pas être dérangé par celles et ceux qui ne le savent pas.

L'ENFER DES PAYS PAUVRES
Le comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD-Terre Solidaire) a de son côté dénoncé la nature "biaisée" des listes de paradis fiscaux établies à l'issue des G20, qui ne résolvent pas "un fléau" dont les principales victimes sont les pays pauvres.
L'ONG, qui demande depuis de longues années une liste exhaustive des paradis fiscaux, déclare que les quatre listes - noire, gris foncé, gris clair et blanche - de l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), publiées à l'issue du G20, « relèvent plus du compromis diplomatique que de l'évaluation objective ».
« Le fait de mettre Jersey, la Barbade ou l'île Maurice sur la liste blanche et d'épargner Hong-Kong, la City de Londres ou l'Etat du Delaware aux Etats-Unis enlève toute crédibilité à l'exercice », estime le spécialiste des paradis fiscaux de l'ONG. Selon le CCFD, « les critères de l'OCDE sont incomplets », car « ils focalisent sur le secret bancaire, qui est un vrai problème, mais oublient que l'opacité peut prendre d'autres formes (trusts, fondations...) ».
Au grand dam de certains Européens, la liste ne mentionne pas, par ailleurs, les territoires chinois de Hong Kong et Macao. Lors du sommet du G20 de Londres, le président américain Barack Obama s'est employé à arracher un compromis entre la France et la Chine, pour parvenir à un accord sur ces listes, exigées par Paris mais combattues par Pékin. La Chine redoutait qu'y figurent Hong Kong et Macao et a manifestement obtenu gain de cause. Après les droits de l'Homme,  l'identité tibétaine, les Chinois échappent à la stigmatisation d'un capitalisme encore plus débridé que celui des grandes puissances, car il est institutionnalisé et donc plus dirigiste.
Pour sa part, la principauté de Monaco, qui figurait auparavant sur une liste noire des paradis fiscaux établie par l'OCDE, est "satisfaite" de ne plus y être et espère sortir, dans les prochains mois, de la liste grise.
"Nous étions sur une liste noire dont nous disions depuis longtemps qu'elle était totalement obsolète. Nous sommes satisfaits d'en être sortis. Nous trouvons plus juste de nous trouver sur la liste grise", a indiqué à l'AFP le chef du gouvernement monégasque Jean-Paul Proust. Ce dernier a rappelé que la principauté s'était engagée à conclure d'ici la fin 2009 des accords "anti-fraude" fiscale avec l'Union européenne et avec les Etats hors UE qui le souhaiteraient, comme les Etats-Unis.
Le gouvernement d'Andorre s'est également félicité vendredi que la Principauté ait été classée dans la liste grise de l'OCDE sur les paradis fiscaux publiée la veille, alors qu'elle figurait auparavant sur la liste noire.
"Le fait qu'Andorre soit dans la liste grise de l'OCDE est positif", s'est réjouit la ministre de la présidence du gouvernement d'Andorre. Il est vrai que la Principauté était menacée d'une sanction grave : son coprince, qui lui est sur la liste blanche, menaçait de ne plus assurer la tutelle légale qu'il partage avec un représentant de la Sainte Mère église. Au fait, et la Vatican, qui est le mieux placé pour le paradis, sur quelle liste est-il ? Pourquoi Benoît XVI n'a-t-il pas été associé à ce sommet, lui qui a une avis sur tout, et surtout qui est à la pointe du progrès, il aurait sûrement donné un coup de pouce au destin de certains pays.
Mais je déblogue...

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Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
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commentaires

mathilde 03/04/2009 14:59

OUF! Je suis satisfaite que Créon ne figure sur aucune liste!!