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LES STATISTIQUES

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MAIS JE DEBLOGUE...

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8 avril 2009 3 08 /04 /avril /2009 07:17
La France n'a pas toujours été un pays dans lequel la solidarité constitue une valeur fondamentale. Les républicains espagnols s'en souviennent encore. La France, terre d'asile, a constitué pour eux, dans l'Histoire, un mirage selon les personnages qui assumaient le pouvoir. Lorsque, le 26 janvier 1939, les troupes nationalistes entrent à Barcelone, l'issue de la Guerre civile ne fait plus aucun doute. L'armée républicaine est vaincue. Partout en Catalogne, pendant les derniers jours de janvier, les massacres de civils et les exécutions sommaires de républicains se multiplient. La répression franquiste est sanglante et impitoyable. Pour les républicains et leurs familles, il n'est pas d'autre solution que la fuite et le passage en territoire français, au nord. C'est la terrible "retirada", immense exode de combattants, de femmes et d'enfants, qui touche près d'un demi-million de personnes et se déverse sur Port-Bou, le Perthus, Mollo et Puigcerda. Le 7 février, le président Azana lui-même s'exile en France, avec ce qu'il lui reste de gouvernement.
Les autorités françaises, qui étaient loin de soupçonner un tel déferlement de réfugiés, se montrent, au début, assez hospitalières, mais ne cachent pas leur inquiétude, d'ailleurs largement partagée par les... populations locales. L'aspect de cette armée en déroute, sale, en haillons, la sourde rumeur qui l'accompagne, où il est question de pillages, d'exécutions sommaires, d'attentats meurtriers, mettent en émoi le département des Pyrénées-Orientales. Fin janvier, l'administration française doit donc faire face à une situation d'autant plus préoccupante qu'elle n'avait pas prévu l'ampleur du phénomène. Il est vrai qu'un tel exode constitue alors quelque chose d'exceptionnel pour l'Europe occidentale, le plus fort exode de civils depuis la fin de la Grande Guerre. Dans un premier temps, le 9 février, le gouvernement français décide de fermer la frontière. Le plus gros des réfugiés est passé. D'autres passeront encore pendant les sept mois suivants, clandestinement surtout, mais leur nombre, comparé au précédent, est infime.
En toute hâte, des "centres d'accueil" sont aménagés à Argelès, à Prats-de-Mollo, à Bourg-Madame et à Saint-Cyprien, conformément au décret-loi du 12 novembre 1938, portant création de "centres" pour "l'accueil des indésirables soumis à des mesures de surveillance étroites". Mais ces camps n'ont de "centres d'accueil" que le nom : tout y manque, ou presque. On y couche à la belle étoile, dans des conditions d'hygiène lamentables, sur le sable ou sur les galets, au milieu des valises, des cartons et des habits, dans un désordre indescriptible. La tramontane, violente et glaciale en cette saison, rend le séjour épouvantable pour des réfugiés, souvent malades ou blessés, toujours affaiblis par les longues marches des jours précédents. La nourriture manque et on se dispute les miches de pain distribuées parcimonieusement par l'armée. Cet épisode précédait de quelques mois des événements plus dramatiques. Là encore, les actes de solidarité à l'égard de celles et ceux qui étaient poursuivis par des bourreaux potentiels furent beaucoup plus rares que ne l'affirme l'histoire de cette période ! Il y a toujours eu, dans le subconscient du pays des Droits de l'Homme, un clair-obscur inquiétant. C'est enraciné dans les esprits. Beaucoup plus profond qu'on le croit

DELIT DE SOLIDARITE
Le ministre de l'Immigration, Eric Besson, a écrit hier aux associations qui organisent aujourd'hui des rassemblements pour demander la suppression du « délit de solidarité » avec les sans-papiers, en affirmant que « ce délit de solidarité n'existe pas ». Un courrier qui motivera bien des commentaires, car il rappelle une autre époque, celle où on demandait aux hommes d'être des loups pour d'autres hommes.
« Vous indiquez qu'aujourd'hui, en France, il est devenu criminel d'accueillir, d'accompagner ou seulement d'aider une personne en situation irrégulière'. Cette affirmation est mensongère », affirme le ministre, qui s'appuie non pas sur la valeur de la solidarité, mais sur celle de lois qui ont oublié le fondement de la constitution d'une nation. « L'article L622-1 prévoit que toute personne qui facilite ou tente de faciliter l'entrée, la circulation ou le séjour irréguliers d'un étranger en France commet non pas un crime mais un délit et s'expose donc à un risque de poursuites, à l'exception, comme le précise l'article L622-4, des personnes qui ont aidé un membre de leur famille ou des personnes qui ont aidé quelqu'un en situation de détresse ». C'est d'un faux-cul absolu, car on sait bien qu'une personne abandonnée dans le froid et sans nourriture, au seul prétexte qu'elle  ne possède pas les papiers nécessaires, est en situation de détresse. " Toute personne bévole ou  association qui s'est limitée à accueillir, accompagner, héberger des clandestins en situation de détresse n'est donc pas concernée par ce délit », ajoute Eric Besson.
Il « observe qu'en 65 ans d'application de cette loi, personne en France n'a jamais été condamné pour avoir seulement accueilli, accompagné ou hébergé un étranger en situation irrégulière ». A voir, car il a bien été parfois assuré que même les parrainages républicains pouvaient donner lieu à des sanctions contre les élus qui en prenaient le risque. Il faudrait alors expliquer aux militants du Réseau Education sans Frontières les raisons qui ont parfois conduit à les menacer de sanctions légales.


DE 4 A 5000 CONDAMNATIONS
« Les 4 personnes qui ont été poursuivies ou condamnées en un demi-siècle au titre de l'article L622-1 sont allées beaucoup plus loin que l'action humanitaire, en participant au travail des passeurs en toute connaissance de cause ». Cette affirmation est beaucoup plus inquiétante que rassurante, car elle met en évidence que seulement... 4 complices d'exploiteurs de la misère humaine ont été pris et sanctionnés en 65 ans. Eric Besson rappelle par ailleurs que « les objectifs fixés par le président de la République pour 2009 sont de 27.000 reconduites à la frontière et de 5.000 interpellations d'aidants, c'est-à-dire de personnes participant activement aux filières d'immigration clandestine ». Bizarre que 4 condamnations aient été obtenues en 65 ans et que l'objectif de Besson soit... de 5000 interpellations sur une seule année. Si ce n'est pas le culte de la statistique, ça y ressemble ! « Vous demandez à être poursuivi pour ce prétendu 'délit de solidarité', poursuit le ministre. Je suis au regret de vous indiquer que de telles poursuites ne sont pas possibles parce que ce 'délit de solidarité' n'existe pas ». C'est vrai, puisque la solidarité existe de moins en moins, et que personne ne se soucie véritablement du sort des sans papiers qui sont en déshérence sur le territoire français. Londres est, par exemple, en négociations avec Paris pour établir un nouveau camp de détention dans les environs de Calais,  pour les migrants tentant de se rendre illégalement en Grande-Bretagne, a indiqué hier le ministre britannique de l'Immigration Phil Woolas. Les migrants devraient être détenus dans ce centre s'ils ne parviennent pas à satisfaire aux contrôles de l'immigration britannique, avant d'être renvoyés dans leur pays par des vols charters, organisés par le ministère britannique de l'Intérieur, a expliqué M. Woolas.
« Nous voulons donner plus de publicité aux expulsions parce nous voulons envoyer le message, jusqu'en Afghanistan et en Irak, que la Grande-Bretagne n'est pas la Terre promise », a-t-il déclaré. Le projet de centre de détention et de vols charters qui pourraient rapatrier des centaines de migrants illégaux vers Kaboul en Afghanistan et Erbil dans le nord de l'Irak, fait partie d'un ensemble de mesures étudiées par la France et la Grande-Bretagne et destinées à combattre l'immigration illégale à travers la Manche.
« Nous sommes dans une guerre 24h/24 avec les trafiquants » d'êtres humains (sic), a souligné le ministre anglais. Des centaines de candidats à l'immigration en Grande-Bretagne, pour la plupart des réfugiés irakiens et afghans, vivent dans des conditions très précaires dans les environs de Calais, dans l'espoir d'embarquer clandestinement sur un ferry pour la Grande-Bretagne. M. Woolas a souligné que ce camp ne ressemblerait pas au camp de réfugiés de Sangatte, où la Croix-Rouge offrait hébergement et alimentation aux migrants, et qui a été fermé en 2002. « Nous ne cherchons pas à obtenir une situation parallèle à celle de Sangatte », a-t-il déclaré, expliquant que c'était le renforcement des frontières britanniques qui était, avant tout, recherché. Revenons simplement en 1939 et on aura bouclé la boucle idéologique.

UNE LOGIQUE ANGOISSANTE
En 2004, des mouvements associatifs et syndicaux, et des membres de la société civile créent RESF, pour lutter contre l'expulsion d'enfants scolarisés en France dont les parents sont en situation irrégulière. « La loi garantit le droit à la scolarisation pour tous les enfants et les jeunes accueillis en France, quel que soit leur statut », a rappelé Jean-Michel Delarbre. « Les migrations sont un phénomène permanent de l'histoire des sociétés. Or les politiques répressives et restrictives mises en œuvre jusqu'à présent se révèlent parfois juteuses sur le plan politique, mais inefficaces (elles n'ont pas d'effet sur les causes de départ) et surtout injustes et inhumaines. Il serait donc temps de changer les lois, d'organiser une politique plus tolérante et accueillante, de faire en sorte de respecter les conventions internationales, de consacrer les sommes gaspillées pour pourchasser et expulser à améliorer l'intégration... », a-t-il expliqué. Qui peut être en désaccord idéologique avec ce constat ? Qui peut humainement nier que ces phénomènes sont les dures réalités d'un monde impitoyable ?
En janvier 2009, Eric Besson a remplacé Brice Hortefeux au Ministère de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité nationale et du Développement solidaire. « Il parle et communique plus que son prédécesseur, mais tout démontre qu'il se situe dans la même logique. Il vient d'un autre horizon politique, mais comme d'autres avant lui, il se plie à la logique qui vise à instrumentaliser la question migratoire et à faire du migrant une soi-disant menace pour une supposée identité nationale », a analysé Jean-Michel Delarbre.
« On en arrive à expulser des personnes qui ont femme et enfants sur le territoire, ou des étrangers qui ont plus de 10 ans de présence, des conjoints de Français, des malades ou d'autres qui risquent leur vie en cas de retour. Bref : Besson-Hortefeux, mêmes horreurs, même combat ! » En ajoutant un zeste de discours sécuritaire, et en exploitant une base xénophobe en période de crise, on en arrive à des excès qui conduisent au gouffre. Il est vrai qu'en supprimant l'étude de l'histoire dans les lycées on évitera des comparaisons dangereuses pour le pouvoir actuel.
Mais je déblogue...

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Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
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