Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Texte Libre

LES STATISTIQUES

VISITEURS UNIQUES

1 074 692

PAGES LUES

7 113 288


MAIS JE DEBLOGUE...

Archives

25 avril 2009 6 25 /04 /avril /2009 07:17

Quand on affirme que le monde de la liberté a ses racines aux Etats-Unis, et que l'on glorifie la plus grande démocratie du monde, sur laquelle nous devrions puiser la quintessence de notre évolution sociétale, il faudrait tourner sept fois sa langue dans la bouche. En effet, il n'y a pas un seul jour sans que cet état dominateur économiquement, militairement et culturellement donne un aperçu de ce qu'il considère comme des actes répréhensibles chez les autres, mais convenables pour lui. La torture ? C'est une honte ailleurs que chez eux. Et pourtant elle a été officielle, institutionnelle, approuvée et pratiquée... comme elle l'était entre 40 et 45 en France, lorsque les « résistants » étaient considérés comme des « terroristes ». Mais chez eux, c'est pour la bonne cause, alors qu'ailleurs ce n'est qu'Une manifestation d'un pouvoir totalitaire. Le goulag ? Une horreur pour la démocratie ! Guantanamo, un paradis pour des hommes voulant abattre l'occident. Le racisme ? Une terrible déformation de la pensée dominante chez les autres. Une réalité quotidienne, dans des contrées où les américains imposent leur loi ! Et le malheur, c'est que pour revenir en arrière on mettra des décennies, puisque les « faucons », les « exploiteurs », les « manipulateurs », les « agents secrets » de tous poils tiennent encore les rênes du pouvoir. Ils attendent le bon moment, en bons... démocrates pour redonner un sens aux attentes des clients ravis par un tel programme quotidien ! Or, comme il est inévitable que cette vision de la démocratie traverse (si ce n'est pas déjà fait !) l'Atlantique, on peut s'attendre au pire.
Ainsi, un nouveau fait est venu illustrer ce que peut être la « démocratie » made in USA. Le 18 avril dernier, un avion d'Air France, qui faisait route pour Mexico, a été détourné de son itinéraire, sur intervention des Etats-Unis, à cause de la présence à son bord d'un dangereux terroriste... le journaliste franco-colombien Hernando Calvo Ospina. Celui-ci figurait en effet sur la No Fly List, mais ne le savait pas. Le vol 438 Paris-Mexico a ainsi dû subitement changer d'itinéraire, cinq heures avant son arrivée au Mexique. Le pilote du Boeing 777, contacté en plein vol, a reçu l'interdiction de survoler le territoire américain. Selon Air France, l'ordre venait de la Transport Security Administration, l'autorité de sécurité aérienne des Etats-Unis. Incroyable mais vrai : un journaliste dont les écrits et probablement la gueule ne revenaient pas aux services secrets omniprésents aux USA !

SURVOL INTERDIT !
La TSA a invoqué la présence à bord du journaliste et écrivain Hernando Calvo Ospina, qui se rendait au Nicaragua pour un reportage, pour Le Monde diplomatique. Il a ainsi appris, à cette occasion, qu'il se trouvait sur la No Fly List américaine, le co-pilote lui ayant révélé le motif du détour de l'avion après le décollage de la Martinique, où l'avion a dû faire une escale. Le journaliste a été interrogé après son atterrissage à Mexico, puis a été autorisé à repartir, par les autorités du pays. Hernando Calvo Ospina, actuellement au Nicaragua, s'est par ailleurs étonné du silence de la presse sur cette affaire. Inimaginable. A part dans une république bananière !
Ce sentiment est partagé par son éditeur : « On serait en droit d'attendre que la presse française réagisse et que le gouvernement français proteste contre de tels agissements », explique-t-il dans un communiqué. Ce gars-là est un idéaliste ! La presse française est dans un tel état que l'on ne peut plus rien attendre d'elle (voir mon autre blog sur www.jeanmariedarmian.fr), et ce confrère admirable pour son courage et sa pugnacité, ne pourra pas compter sur une réaction du défenseur du... défenseur de la « liberté de la presse », qu'il manipule lui-aussi à loisir, chaque jour ou presque ! L'éditeur dénonce par ailleurs l'intervention des autorités américaines qui constitue une grave atteinte à la liberté de circulation des personnes mais aussi à la liberté d'expression. Elle montre à quel degré de paranoïa conduit la "guerre contre le terrorisme" initiée sous Bush, mais qui semble continuer à dicter les agissements de l'administration US. D'ailleurs, le tribunal pénal international ne sera pas saisi, soyez-en certains, pour les agissements des soldats US tant à Guantanamo que sur le terrain en Irak. Il y a des guerres « clean » et des guerres « sales ».
De son côté, le rédacteur en chef du Monde diplomatique Maurice Lemoine juge l'histoire "ahurissante", selon Rue 89 : « Hernando Calvo Ospina est un Colombien exilé politique en France qui écrit beaucoup pour dénoncer le gouvernement d'Alvaro Uribe et le rôle des Etats-Unis en Amérique latine, et, en tant que journaliste, il a eu l'occasion d'interviewer des membres de l'état major des Farc. Cela semble suffire pour être considéré comme un... terroriste ». Tout le monde connaît des journalistes qui ne seront jamais classés dans cette catégorie.

ENCORE DU PUR BUSH
Il y aurait donc des mots plus puissants que des... bombes ou des balles, des faits plus dévastateurs que des canons. En bien comme en mal. Et c'est d'ailleurs là le véritable problème. Personne ne bougera pour défendre un plumitif faisant bien son boulot, se préoccupant des véritables enjeux de l'avenir plus que des ragots de caniveaux. C'est un « terroriste » qui n'a pas le droit de survoler un pays démocratique ! Il est donc fiché là-bas comme, ne vous faites pas d'illusion, il l'est en France ! La No Fly List, mise en place par l'administration de George W. Bush, après les évènements du 11 septembre, rassemble quelques 50.000 noms de personnes interdites de vols. Les critères pour figurer sur cette liste restent cependant opaques. Elle existe encore, et elle est toujours applicable.
Cette liste de surveillance antiterroriste aux Etats-Unis compte désormais un million d'entrées. Une première version de ce fichier qui ne porte pourtant pas le doux prénom d'Edvige avait été établie en septembre 2003, par George W. Bush, afin de regrouper les différentes banques de données existantes. "L'inspecteur général du ministère de la justice a indiqué que le Centre de surveillance du terrorisme, une organisation du FBI, avait plus de 700 000 noms dans sa base de données en avril 2007, et que celle-ci augmentait en moyenne de plus de 20 000 entrées par mois", a déclaré une association de défense des droits des citoyens américains ! Selon l'ACLU, ces chiffres sont alarmants, car cette liste "symbolise parfaitement ce qui pose problème dans l'approche du terrorisme par l'administration américaine : c'est injuste, impossible à contrôler, géré de façon incompétente, une perte d'énergie et un vrai obstacle dans la vie de millions de voyageurs". Un ancien membre de l'administration américaine sous Bill Clinton, a ainsi témoigné de sa propre expérience. Son nom aurait été confondu par erreur avec celui d'un autre, ce qui lui aurait régulièrement posé problème lors de ses voyages. Pour 50 000 personnes, l'inscription sur la liste de surveillance antiterroriste est assortie d'une interdiction de vol. Elles ne savent pas évidemment qu'elles y sont. Mais, au fait, comment les agents de surveillance américains ont-ils pu savoir qui était dans un avion français ne se posant pas sur leur sol ? Qui leur a transmis la liste des passagers ? Notre journaliste ne serait-il pas surveillé, suivi à la trace ou fiché en France, avec transmission automatique de ses faits et gestes vers la CIA ? Air France informe-t-elle la CIA ?

L'AMI GEORGE
L'information diffusée par l'ACLU a bien entendu été démentie par l'Agence américaine de sécurité des transports, qui estime à moins de... 450 000 les noms inscrits sur la liste. En réalité, l'estimation du nombre de personnes répertoriées est difficile à donner ; en effet, sur le million de noms qu'il comporte, le document recense des personnes décédées, comme l'ancien dictateur irakien Saddam Hussein, ainsi que de nombreux pseudonymes... A voir ! Seules 400 000 personnes (une paille !) y figureraient donc, dont près de 5 % de ressortissants américains ou résidents aux Etats-Unis. Le nom de l'ancien président sud-africain Nelson Mandela, Prix Nobel de la paix, se trouvait sur cette liste jusqu'à ce que le Sénat américain adopte une loi visant à le retirer. C'est la seule façon d'effacer un nom de ce fichier. Autrement, on y est à vie !
Et dire que lors de sa fameuse escapade aux Etats Unis dans la villa de Wolforo, Nicolas Sarkozy était allé rendre un hommage appuyé à son ami « George ». Ce dernier avait invité Nicolas chez papa et maman,  pour un déjeuner de hot dogs et de hamburgers dans la résidence familiale des Bush à Kennebunkport, sur la côte Atlantique du Maine. Alors qu'il attendait le président français, en vacances à cette époque, à une centaine de kilomètres de là, au bord d'un lac du New Hampshire, Bush avait en effet qualifié Sarkozy d'"ami". On a les amis que l'on peut !
« Nous avons de bonnes relations avec la France, même si, c'est clair, il y a des désaccords », a dit Bush. « Nous avons eu des désaccords sur l'Irak en particulier. A ce sujet, Nicolas Sarkozy, accueilli par Bush à son arrivée, a abondé dans le même sens: « Est-ce qu'on est d'accord sur tout ? Non, parce que dans une famille, on peut avoir des désaccords. On peut être des amis et ne pas être d'accord sur tout ». Comme s'il ne savait pas qu'au nom de la liberté, ses amis tenaient un fichier terroriste sur lequel figuraient des journalistes, et que personne ne l'avait informé de l'existence de la torture à Gantanamo, il avait mangé d'un bon appétit !
« Je viens de lire la biographie de La Fayette. Ça fait jamais pratiquement que 250 ans que la France et les Etats-Unis sont des alliés », avait rappelé le président français qui ne rêvait alors que de retour dans le commandement de l'OTAN, afin de pouvoir plus aisément jouer au « petit » soldat. « A la naissance des Etats-Unis, la France a choisi les Etats-Unis, à l'époque il y avait quatre millions d'Américains. La France était l'amie des Américains. Et après, quand nous, les Français, nous avons été en guerre, les Américains étaient avec nous », avait souligné Sarkozy, qui portait un jeans bleu soulignant le caractère informel de la rencontre... Il avait oublié d'écrire sur un petit bout de papier cette citation de Marie Joseph Paul Yves Roch Gilbert du Motier, marquis de La Fayette : « J'ai pu me tromper, mais je n'ai jamais trompé personne. » Dommage que Bush et son ami ne l'écrive pas sur le frontispice de leurs palais resspectifs.
Mais je déblogue...

Partager cet article

Repost 0
Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
commenter cet article

commentaires