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LES STATISTIQUES

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MAIS JE DEBLOGUE...

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28 avril 2009 2 28 /04 /avril /2009 07:17

L'ensemble de la France est imprégné d'un double sentiment extrêmement difficile à éradiquer : l'angoisse du lendemain accompagnée d'un fort parfum d'injustice. Ces deux appréciations de la situation ne disparaîtront pas facilement, puisqu'elles concernent environ 3 français sur 4, ne laissant au gouvernement sarkoziste qu'un socle d'irréductibles de 25 % de la population. Eux vivent dans une autre peur : perdre leurs avantages actuels et la sécurité de leur situation ! D'ailleurs, lors de chacun de ses voyages spectacle en province, Nicolas Sarkozy leur rend visite afin de les rassurer et « fossiliser » cette base minimum, en vue des européennes. Il multiplie les réunions tupperware décentralisées, pour éviter la fuite vers d'autres horizons (FN ou Modem) de cet électorat qui a été touché par la crise, mais qui souhaite que soit préservé son statut et ses profits, même réduits. Le reste du pays va s'éparpiller dans des oppositions prenant des formes diverses.
C'est en cela que la journée du 1er mai pourrait constituer un temps fort, car elle fusionnera ce mécontentement, par delà les clivages « politiques ». Elle peut être vécue comme une cause d'insécurité par le quart de la population, et comme une promesse par une bonne partie de tous ceux qui se considèrent, à un titre ou un autre, comme « victimes » des réformes en cours. Certes, les médias influençables s'empresseront de mettre cette réaction massive sur le compte d'une crise imprévisible, en oubliant qu'il y a seulement un an, jour pour jour, la France était encore dans le sarkozysme people triomphant, et que de crise, il était à peine question ! Si l'on prend par exemple la situation de l'emploi, elle est analysée dans la durée, et donc sur les mesures prises par Nicolas Sarkozy pour éradiquer un chômage, dont il avait promis qu'il serait réduit à sa plus simple expression à l'issue de son mandat. Or, il semble que tout le monde ait oublié cette promesse de bravache, et que, malheureusement, la tendance soit absolument contraire : le gouvernement en 2009 établira un record absolu du nombre de demandeurs d'emplois. Le rythme d'aggravation de la situation est, certes, moins rapide que les mois précédents, mais la tendance est bien installée.
Après avoir augmenté de 100.000 en janvier et de 80.000 en février, le nombre de personnes inscrites au Pôle emploi en catégorie A, - c'est-à-dire ceux qui sont tenus de faire des actes « positifs » de recherche d'emploi et qui n'ont pas travaillé une seule heure dans le mois, -  a de nouveau progressé de 63.400 en mars (+ 2,7 % par rapport à février), soit une hausse de près de 250.000 au premier trimestre. Dans ses dernières prévisions, l'Insee tablait sur un chiffre assez proche (281.000 chômeurs de plus), mais, nuance de taille,... pour l'ensemble du premier semestre ! Il y a donc un secteur dans lequel la gouvernance sarkokiste a au moins de l'avance : les statistiques sur le chômage.

DIVERSION BIENVENUE
Sur un an, le chômage a déjà crû de 22,1 %. Un record toutes catégories, pour une majorité qui prétendait récompenser la valeur... du travail. Le nombre de chômeurs a atteint 2.448.200 à la fin du mois dernier, le seuil des 2,5 millions pourrait donc être franchi très rapidement. Si on ajoute les chômeurs ayant travaillé occasionnellement dans le mois, le nombre de demandeurs d'emploi s'établit à 3.480.700, en hausse de 77.000 en mars (+ 2,3 %). Les chiffres sont donc encore plus dramatiques que ceux qui sont commentés par les médias, très peu pédagogiques en la matière. Il est vrai que pour eux, les agapes royales espagnoles, la tenue de ces dames, les bisous sur des joues royales, ont un caractère plus vendeur que des courbes concernant la triste réalité du quotidien de leurs lecteurs, leurs téléspectateurs ou leurs auditeurs. Eclipsé, le chef de l'Etat, son impétuosité et ses provocations langagières. Pour cette quatrième visite officielle d'un locataire de l'Elysée depuis 1978, les médias ibériques n'ont d'encre que pour Carla Bruni-Sarkozy. « Matin, midi et soir, je suis contre l'ETA », a réaffirmé le chevalier Sarko dans l'avion présidentiel. Rien n'y fait, c'est la douce Carlita qui suscite l'intérêt.
«Les objectifs des caméras sont préparés pour le grand défilé de la Première dame», écrivait samedi le très sérieux journal El Pais, évoquant l'arrivée de «l'ouragan Bruni» à Madrid. Le Président sera «ravi d'être l'homme qui accompagne Carla Bruni», poursuivait le journal, faisant référence à une phrase prononcée par le président américain John F. Kennedy au sujet de son épouse Jackie, lors d'une visite en France dans les années 60. Car, «même si d'importants accords sont passés », tout sera « irrémédiablement éclipsé par la garde-robe printanière de Carla Bruni ». Véridique. Débarquée sur le tarmac en fin de matinée, la belle de l'Elysée avait les yeux de velours, le mollet galbé et le brushing parfait, et ce, dès sa descente d'avion.
Divinement sculptée par une petite robe noire signée Azzédine Alaïa, la jolie Méditerranéenne avait croisé sur son buste un boléro de coton blanc, et, oh surprise, risqué les talons hauts... A son poignet délicat, notre Carmen arborait une montre Chaumet en or jaune. Et si tous les "matadors" se retournaient, Carla, elle, serrait la main de son petit mari, et de l'autre côté une pochette de cuir vernie. Et le match des tenues de gala pouvait débuter avec les altesses royales espagnoles. Même à l'ambassade, le Président de la République a mis en avant sa Dulcinée, lui qui rêve d'être le Don Quichotte d'un monde en perpétuel conflit ! Il est vrai que ce déferlement médiatique à l'eau de rose a éclipsé le reste. Et le reste est plutôt à l'acide social le plus ravageur !

DEVELOPPEMENT DURABLE
Les évolutions de l'emploi en France sont particulièrement spectaculaires pour les moins de 25 ans, comme le craignait le gouvernement. Le chômage des jeunes a bondi de 4 % en mars, et sur douze mois, la progression représente... 35,8 % (et même 49,9 % pour les seuls hommes de moins de 25 ans). Ainsi, 451.600 demandeurs d'emploi de moins de 25 ans sont-ils inscrits au Pôle emploi en catégorie A. Quant aux motifs d'inscription, il se confirme que les fins de mission d'intérim sont en léger recul, et que les fins de CDD se stabilisent, les entreprises s'étant déjà largement séparées des salariés précaires.
En revanche, les inscriptions pour licenciements économiques ont bondi de 11,9 % en mars (46,1 % sur un an), même si elles restent relativement limitées en valeur absolue. La mise en œuvre des plans sociaux dans les mois à venir devrait peser sur cet indicateur. Si le gouvernement souligne le fait que la France fait mieux que d'autres pays - la hausse du chômage est bien plus violente en Espagne ou en Grande-Bretagne -, en mettant en avant les effets amortisseurs du plan de relance, il met aussi en garde sur la longueur de la crise. Quand bien même l'activité économique repartirait en 2010, le décalage sur les créations d'emplois serait d'environ un an, a prévenu la ministre de l'Economie, Christine Lagarde.
Le gouvernement espère ainsi une croissance positive en 2010, mais il estime que le chômage sera encore en progression l'an prochain, et il n'annonce pas de prévisions sur ce sujet. Quel sommet atteindra-t-il en fin d'année, quand les suppressions de postes dans la fonction publique, qui se traduiront pas une chute des recrutements, vont jeter encore plus d'étudiants sur le marché de l'emploi ? Dans le fond, l'idéal serait qu'il n'y ait pas de diplômes universitaires cette année, ce qui permettrait de faire redoubler une cohorte d'étudiants, et de diminuer ainsi les délais de leur arrivée sur un marché de l'emploi déjà au plus bas !

PRECOCCUPATION ESSENTIELLE
ll va falloir en effet se pencher très vite sur le financement de cette situation, jamais rencontrée dans un passé récent. Les exonérations accordées renforcent les déficits des organismes sociaux, alors que les demandes augmentent très vite ! Impossible de s'en sortir autrement que par une course effrénée au déficit structurel. Dans ces conditions, le financement du Fonds d'investissement social (Fiso), dont le comité de pilotage se réunit ce matin, fait l'objet de vifs débats avec les partenaires sociaux. Les syndicats, à l'instar de la CFDT, estiment que l'Etat pousse trop loin en mettant à la charge du Fiso l'ensemble des mesures sur l'emploi des jeunes, annoncées vendredi par Nicolas Sarkozy. Mais qui a envisagé les ressources qui vont avec ? Qui fait sans cesse croître les dépenses et diminuer les recettes ? L'Etat devrait contribuer à hauteur de 1,5 milliard d'euros, mais à crédit, car il n'a plus un sou vaillant. Le budget de l'emploi, revu à la hausse à deux reprises, devrait suffir en 2009, mais Bercy sait qu'il devra le maintenir à un niveau élevé en 2010, ce qui ne correspondra certainement pas à ce qui avait été inscrit dans la loi de programmation pluriannuelle.
Le gouvernement a indiqué qu'il relèverait sa contribution au Fiso autant que de besoin, en demandant aux partenaires sociaux (lesquels, puisqu'il les a exonérés de toute contribution réelle à l'effort de solidarité ?) de faire aussi un effort. Pour l'instant, ces derniers ont accepté d'apporter les quelque 360 millions du Fonds unique de péréquation de la formation professionnelle, mais pour le reste, ils font front commun pour refuser. Pendant ce temps, à Madrid, on cause « terrorisme » et chiffons, on compare les talons hauts de Carla à ceux de ses hôtes, on se gargarise de gestes « amicaux » factices, on se complait dans l'éphémère, en dépensant probablement des millions d'euros pour sauver les apparences. Car tous les médias se régalent ce matin d'un «  duel au sommet  » : la rencontre de l'ex-top model, chanteuse et première dame française, Carla Bruni-Sarkozy, 41 ans, avec la Princesse des Asturies, l'ancienne journaliste Letizia Ortiz, 36 ans. Un combat « d'élégance et de glamour, dont le moment phare a été le dîner de gala en robes longues offert hier soir par les monarques espagnols  », selon El Mundo. Après l'opposition Carla - Michelle Obama, la presse hispanique a lancé, dès la semaine dernière, le «match» entre les deux icônes de mode (et de tempérament) de la scène internationale, avec des articles sur leurs mérites comparés... Alors verra-t-on du Prada au Prado? La silhouette gracile de l'épouse du prince héritier Felipe de Bourbon fera-t-elle oublier les courbes nouvelles de la charmante Bruni? Ces dames porteront-elles le chapeau...? Pour l'instant, on n'a qu'une seule certitude, ce sont les fonctionnaires, les salariés, les employés, les cadres qui portent le chapeau de la crise ! En France et en Espagne. C'est ce que l'on appelle une visite utile !
Mais je déblogue...

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Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
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commentaires

DURAND+Gérard 28/04/2009 18:33

Assez de ce cinéma, nous devons produire notre pièce mélo dramatiqueà partir du premier Mai, pour remettre les pendules à l'heure il en est grand temps, car vraiment la coupe est pleine!

DURAND+Gérard 28/04/2009 18:29

Nous en avons assez de ce cinéma permanent, il nous faut absolument participer à la scène finale qui devrait se produire à compter du 1er Mai