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LES STATISTIQUES

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MAIS JE DEBLOGUE...

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29 avril 2009 3 29 /04 /avril /2009 07:17

Désormais, il devient indispensable de trouver une origine à la grippe. Autrefois, elle se contentait d'être prise en « grippe » alors que maintenant, elle se pare d'atours nouveaux à la fois plus précis et plus inquiétants. Il faut rappeler que la plus célèbre de toutes fut celle qui était venue avec le vent mauvais, de l'autre côté de la montagne. La grippe « espagnole » (1918-1919), juste après l'hécatombe de la Grande Guerre, a tué entre 20 et 50 millions de personnes. On sait, grâce à la biologie moléculaire, qu'il s'agissait d'une grippe A (H1N1), comme l'actuelle grippe mexicaine, mais on ne sait pas d'où elle est venue ni combien de personnes elle a touchées. On pense qu'elle aurait été causée par un virus recombiné d'origine mixte, aviaire et humaine. Elle fut particulièrement mortelle chez les nourrissons et les adultes jeunes... et elle a été arrêtée, à une époque où les échanges d'un pays à un autre étaient beaucoup plus limités qu'actuellement, et sans qu'on en connaisse exactement l'origine !
La grippe de 1918 fut particulièrement virulente et contagieuse. Cette pandémie a fait 30 millions de morts selon l'Institut Pasteur, et jusqu'à 100 millions selon certaines réévaluations récentes. Elle serait la pandémie la plus mortelle de l'histoire, dans un laps de temps aussi court, devant les 34 millions de morts (estimation) de la Peste noire. Son surnom de « grippe espagnole » vient du fait que seule l'Espagne - non impliquée dans la Première Guerre mondiale - a pu, en 1918, publier librement les informations relatives à cette épidémie. Les journaux français parlaient donc de la « grippe espagnole », qui faisait des ravages « en Espagne », sans mentionner les cas français qui étaient tenus secrets, pour ne pas faire savoir à l'ennemi que l'armée était affaiblie. En fait, en France, on mourait donc dans l'anonymat le plus complet !
Les débuts de cette pandémie avaient été discrets, car le virus n'était d'abord pas mortel. L'origine géographique du virus-père, reste donc très incertaine, d'autant que, à tout moment de l'année, divers points du globe subissent des épidémies de souches grippales différentes, bénignes et parfois endémiques. Faute d'études rétrospectives suffisantes sur le virus de la grippe espagnole lui-même, il demeure impossible de trancher sur son origine généalogique et de déterminer lequel des virus bénins alors en cours était le virus père. Impossible donc de déterminer son origine géographique précise. Les connaissances certaines sur son origine sont inexistantes : l'origine même de son nom est encore débattue, mais semble majoritairement considérée comme étant due au fait que ce ne fut que lorsque cette grippe frappa l'Espagne que l'on prit conscience de sa portée internationale.
Aussi, malgré le fait que les hypothèses sur l'origine géographique soient multiples, toutes convergent vers une même région : le Nord-Est des États-Unis d'Amérique, dans la région de Boston, lieu premier, semble-t-il, où la grippe devint mortelle, vers la mi-septembre 1918. Ce n'est qu'à partir de là que l'on suit avec certitude le virus en question. Cependant, la pandémie commença bien avant, avec le « virus père ». En voici les origines les plus développées expliquant son arrivée dans la région de Boston.

LA SOURCE CHINOISE
L'origine la plus communément admise, notamment par les instituts de santé publique tels que l'Institut Pasteur, fut l'Asie, la région de Canton plus précisément, en Chine. Bien qu'elle ne reposât sur aucune preuve indéniable, cette hypothèse s'appuyait sur deux constats effectifs : une épidémie de grippe bénigne, mais à forte contagiosité, avait sévi effectivement en Chine au printemps 1918 (ce qui reste fréquent). Cette région du monde, par son interaction entre les populations humaines, aviaires, et porcines, a toujours été la source principale des épidémies de grippe. Et on le constate encore, malgré le mutisme ou le trucage des chiffres par les autorités chinoises.
Le virus aurait atteint les États-Unis par le biais d'un bataillon américain revenant de cette région chinoise vers une base de Boston. Une autre hypothèse américaine, peu développée, pose comme origine possible de cette épidémie, les États-Unis, dans la région de la Caroline du Sud, où quelques cas mortels auraient été annoncés dès le printemps 1918. D'autres hypothèses encore, prétendent qu'elle serait originaire d'Europe. Ainsi, l'autre hypothèse la plus solide fait apparaître les premiers cas de grippe espagnole dans les tranchées françaises en avril 1918. Notamment dans des bataillons britanniques stationnés dans les environs de Rouen. Il y eut effectivement des morts, dus à une épidémie de grippe particulièrement contagieuse, mais les conditions d'hygiène des tranchées étaient amplement suffisantes à transformer une grippe des plus banales en maladie mortelle. On cherche encore son lieu de naissance et on ne lui donna un nom véritable que longtemps après son impact sur les populations du monde entier.

UNE QUESTION DE NOM
Au niveau humain, on estime donc le nombre de victimes compris entre 21 millions (d'après l'Institut Pasteur) et 50 millions d'individus (d'après l'OMS). Plus précisément, au cours de ces différentes vagues, les États-Unis, premier pays touché, perdirent près de 549 000 citoyens ; la France, modeste pays comparé aux États-Unis, en perdit pourtant près de 408 000, et le Royaume-Uni 220 000 « seulement ». De l'Allemagne et de l'Autriche, alors dans le chaos de la défaite, ne ressortent aucune étude statistique. Globalement, en Europe occidentale, ce furent sans doute près de 2 à 3 millions de morts. L'Inde et la Chine  eurent chacune environ 6 millions de morts. Le Japon en eut près de 250000... Des statistiques qui trottent dans les têtes de nombreux épidémiologistes. Pourtant, actuellement, la bataille porte davantage sur le nom et les conséquences politiques de cette montée de ce qui est devenu « la grippe porcine », une appellation qui cause des dissensions. Ainsi, le débat autour de la terminologie de ce fléau tourne à la plaisanterie. L'expression "grippe porcine" fait la une des journaux du monde entier depuis ce week-end. Mais l'Organisation mondiale de la santé animale s'est fendue une mise au point : « Le virus n'a pas, à ce jour, été isolé sur des animaux. Il n'est donc pas justifié d'appeler cette maladie grippe porcine. » La maladie serait en fait un « cocktail qui a été créé par des réassortiments de différents virus d'origine porcine, aviaire et humaine », précise le directeur général de l'OIE, qui confie être en discussion sur ce point avec l'Organisation mondiale de la santé (OMS). C'est en effet cette dernière qui a lancé dernièrement le terme de « grippe porcine » pour désigner le virus, identifié comme étant de type A/H1N1. Une erreur dramatique : dans le passé, plusieurs épidémies de grippe d'origine animale ont été nommées en fonction de leur origine géographique, par exemple la grippe espagnole (1918-1919) ou la grippe asiatique (1957-1958), c'est pourquoi il serait logique d'appeler cette maladie « grippe nord-américaine »... mais pas question, en cette période de crise, de dévaluer le système de santé américain. Alors, vive les porcs.

SAUVONS LE COCHON
Hier, la Commission européenne condamnait, elle aussi, l'expression « grippe porcine » qui pourrait avoir des conséquences économiques désastreuses pour l'industrie du... porc. Bruxelles propose de parler de « nouvelle grippe », car l'Europe a déjà assez de problèmes avec ses producteurs pour en déclencher un autre. Elle va donc tenter d'infléchir la médiatisation. « On a donné une mauvaise connotation concernant la consommation de porc (en parlant de grippe porcine). Or la consommation du porc est tout à fait sûre, à condition que cette viande soit cuite », justifie la commissaire européenne à la Santé. Même si plusieurs pays, notamment asiatiques, ont décidé d'arrêter les importations de porc en provenance du Mexique et de certains États américains touchés par le virus, les premières analyses montrent que les élevages de porcs ne sont pas responsables de l'épidémie. Mais c'est une forme déguisée de protectionnisme, en ces temps de crise économique. C'est encore mieux en Israël, où le terme « grippe porcine » est écarté pour raison confessionnelle. Le porc étant considéré comme un animal impur par le judaïsme, le vice-ministre israélien de la Santé a décidé de retenir le terme de « grippe du Mexique », car il préfère parler de grippe du Mexique, pour ne pas avoir à prononcer le mot "porc" . Et que dire des musulmans, qui vont aussi ajouter leur jugement. La religion arrive partout et prend le pas sur bien d'autres considérations. On se bat sur l'étiquette !
En France, l'UMP devrait l'appeler la « grippe royale »... Les socialistes auraient intérêt à la baptiser la « grippe Sarko ». Rien d'étonnant si les Israéliens se rabattaient sur la « grippe palestinienne » et le Hamas sur la « grippe juive » ou les Iraniens sur la « grippe sioniste » ... Et chacun irait de son utilisation à des fins de propagande d'un fléau mortel. Il faut cependant rappeler que nous sommes encore loin, très loin de la liste des victimes de la canicule de 2003 . Un épisode de notre vie sociale qui fut vite oublié, et qui n'a pas donné lieu à autant de médiatisation. Cherchez donc quel nom on aurait pu donner à cette période estivale ?
De toutes les manières, on ne va rapidement parler que des conséquences économiques de cette pandémie. Les bourses vont s'inquiéter. Les actions des transporteurs aériens vont chuter. Les agences de tourisme vont demander à être déclarées sinistrées. Et inévitablement, on cherchera à lier ce virus antilibéral et anti mondialisation des échanges,... à la crise !
Mais je déblogue...

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Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
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commentaires

porc 16/07/2009 17:10

La médecine a fait des progrès certes mais n'a as à son actif de nouveauté majeure...Les grands léaux de notre temps ne connaissent toujors pas de vaccins ou d'équivalentCe qui a surtout fait accroitre l'espérance de vie c'est :- La prévention- Une meilleure hygiène de vie- Le savoirJe n'ai jamais dit qu'il fallait paniquer...En effet1. d'une part c'est le meilleur moyen de perdre son sang froid2. Il faut prendre garde aux effets médiatiques...plus il y a de la tourmente et pus on fera du tirageEn conclusion :Pas de panique mais soyons vigilantsMa Grand Mère est morte de la gripe espagnole en 1918....Ma mère s'est mise à bosser à l'âge de huit ans parce qu'elle n'avait plus de mère....Sachons rester humble et respectons les conseils de ceux qui vous en donnent...Vous savez qu'il y a toujours plusieurs lectures du même message...Peut être ferez vous plus confiance à tel ou tel conseilleur...Sachez discerner le vrai du cri inconsidéré...Vos propos me laissent à penser que vous êtes en mesure de le faire