Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Texte Libre

LES STATISTIQUES

VISITEURS UNIQUES

1 074 692

PAGES LUES

7 113 288


MAIS JE DEBLOGUE...

Archives

30 avril 2009 4 30 /04 /avril /2009 07:17

C'est toujours la même recette, car elle est aussi vieille que la démocratie : avant une échéance électorale il faut absolument donner des gages à votre socle électoral. Peu importe ce que génèreront les mesures annoncées ou prises, il sera temps, le moment venu, de revenir sur les avantages distribués. Nicolas Sarkozy à peine arrivé au pouvoir avait donné des gages forts à la catégorie sociale qui l'avait fermement soutenu, en décrétant l'urgence absolue du paquet fiscal. On sait qu'il ne reviendra plus sur cette décision de peur de voir s'effondrer tout le mythe de sa politique, et il ne le détruira pas, comme il ne se penchera pas sur l'ISF au prétexte que la France profonde le lui reprocherait. Cette tendance le conduit, à un mois des européennes, à faire feu de tout bois, et à soulager les restaurateurs en améliorant au 1er juillet leurs ressources de quasiment 15 % d'un seul coup ! La Ministre de l'Economie n'en est pas encore revenue, tant elle a reçu un accueil fastueux des tenanciers de gargotes ou de restaurants haut de gamme. Ils seront d'excellents propagandistes pour un Président qui a réussi à priver le budget de l'Etat de 3 milliards de recettes sur la seule année 2009 ! La ministre de l'Economie, Christine Lagarde, leur a demandé de se montrer « généreux envers les consommateurs », lors de la signature du contrat d'avenir qui engage la profession dans une baisse de prix ciblés, en échange de la baisse de la TVA.
La baisse de TVA à 5,5% aura « un coût annuel de 3 milliards d'euros, presque le montant d'un porte-avions de nouvelle génération », a-t-elle dit, ce qui révèle parfaitement les orientations gouvernementales. Elle aurait en effet pu convertir ce pactole en... postes d'enseignants pour la rentrée ou en postes dans les hôpitaux, mais il est vrai qu'un porte avions c'est tout de même plus parlant ! « Le contribuable est généreux », a dit la ministre qui s'exprimait devant plusieurs centaines de restaurateurs réunis lors des états généraux de la profession. « En retour, il est naturel que vous vous montriez généreux envers les consommateurs, envers les salariés et envers vous-mêmes, en investissant et en réinvestissant dans vos entreprises », a ajouté la ministre qui semble croire, comme une institutrice débutante, à la valeur de sa leçon de morale !
Un comité de suivi rendra compte tous les six mois de l'application des engagements du contrat d'avenir, y compris la baisse des prix. « Loin de moi, l'idée de réintroduire le contrôle des prix », (on respire dans les salles des restaurants!) a ajouté Christine Lagarde, mais nous contrôlerons que la baisse a bien eu lieu. Nous disposons de relevés de prix effectués ces dernières semaines, nous pourrons ainsi matérialiser précisément les baisses enregistrées ». Ouf ! On est sauvés. Seul problème, c'est que l'on va supprimer des dizaines de postes de contrôleurs à la Direction de la Concurrence et de la Répression des Fraudes... et tout le monde sait fort bien que le seul juge ne pourra être que le consommateur s'il vérifie la réalité de ces prix ! En fait, les voix du monde de la restauration ont été achetées à la hâte pour 3 milliards d'euros !

HOPITAL OU ENTREPRISE ?
En ce qui concerne la réforme Bachelot, elle bute sur les prises de position des plus grands chefs des services hospitaliers. Ces « pontes » vivent mal d'être placés sous le contrôle d'un directeur ne possédant pas les mêmes références qu'eux en matière de gestion. "En 1958, la grande réforme menée par le Professeur Robert Debré allait permettre à la médecine française de devenir en 30 ans « la meilleure du monde » rappellent dans une prise de position virulente une quinzaine de « pontes » parisiens !. Cinquante ans plus tard, le Parlement va-t-il voter la loi "Bachelot" qui porte en elle la disparition de cette médecine hospitalière au profit d'une médecine mercantile ? Le maître-mot n'est plus la santé mais la rentabilité. La préoccupation centrale n'est plus le malade mais le compte d'exploitation de l'hôpital. Et les premières victimes en seront les patients et les soignants".
Mais diantre ! ces gens là s'aperçoivent que le libéralisme n'est que le culte du profit. Ces hommes de grande valeur prennent brutalement conscience que la marchandisation des services publics est le crédo sarkozyste ? Mais ces personnes de valeur se réveillent en constatant que ce qui arrive aux universités, au système éducatif, à tout le secteur public les touche à leur tour. "Cette loi cale l'hôpital sur l'entreprise" clament-ils avec indignation ! Elle donne en effet tous les pouvoirs au Directeur de l'Hôpital, nommé et révoqué par le Directeur de l'Agence Régionale de Santé, lui-même nommé et révoqué par le Conseil des Ministres. Ce directeur pourra n'avoir aucune compétence médicale ou en santé. C'est pourtant lui qui arrêtera le projet médical de l'hôpital. Lui aussi qui nommera et révoquera les médecins responsables des structures de soins (pôles, départements, services...). Sur quels critères ? La tarification des actes est semblable dans les secteurs privé et public - comme si les pathologies et la continuité des soins y étaient comparables ! « La pensée marchande dont se prévaut cette loi réduit le qualitatif au quantitatif, le malade au tarif de sa maladie. Dans le même temps, on organise des suppressions massives et injustifiées d'emplois d'infirmières et d'aides-soignants. Bien sûr, l'hôpital public doit être réformé. Mais certainement pas de cette manière. » Mais n'est-ce point pareil dans les écoles, sur les rails de la feu la SNCF, dans tous les services républicains qui, il faut le rappeler, doivent être égalitairement accessibles à tous els citoyens ? Ces pontes doivent tous être... devenus socialistes !

LE CONTRAIRE DES BESOINS
Il faut en effet, selon eux, repenser l'organisation hospitalière pour répartir de manière harmonieuse sur le territoire, sans redondance, les structures de soins et les spécialités, en prenant en compte aussi leur niveau de technicité et l'accueil des urgences ; organiser la continuité des prises en charge, au fur et à mesure de l'évolution du type de soins que demandent les malades. Il faut réfléchir aux nouveaux métiers de la médecine ; prendre en compte la nécessaire pluridisciplinarité ; reconnaître et valoriser les actes des infirmières et des personnels paramédicaux (psychologues, diététiciennes, orthophonistes, etc.) ; promouvoir la prévention, le dépistage, l'éducation thérapeutique. Il faut impliquer toutes les unités de soins hospitalières dans des activités de recherche structurées, et adosser les orientations cliniques à un projet médical qui ne soit pas fondé sur la rentabilité mais d'abord sur les besoins de la population, l'évolution prévisible des grandes questions de santé publique, l'avancée des connaissances et des progrès technologiques.
Il faut un financement propre à l'hôpital, qui tienne compte de l'innovation, de la lourdeur des pathologies, de la précarité, des handicaps de la vie.
A cet effort-là, source de progrès et de solidarité, tous les médecins et personnels hospitaliers sont prêts à souscrire. Mais pas à cette loi destructrice et injuste.
« Soyons clairs. Si cette loi n'est pas amendée, elle s'appliquera sans nous, médecins et chirurgiens de l'Assistance Publique - Hôpitaux de Paris. Demain, côte à côte, et pour la première fois, infirmières, agents hospitaliers et administratifs, médecins seront dans la rue ». Preuve que les mentalités ont changé, que l'union est faite pour que soit supprimé le volet hospitalier de la loi "Bachelot" et pour que s'ouvre enfin un débat à la hauteur de l'enjeu : il est encore temps et il est urgent d'organiser les Etats Généraux de l'hôpital public.
La clientèle sarkozyste sait bien que le moment est venu de se manifester, si elle veut influer sur un texte qui l' affole, tellement il est dramatique pour les malades ! On va donc faire machine arrière, provisoirement, comme on a oublié que ce fut le cas pour les lycées ou pour de multiples autres réformes susceptibles de provoquer une lame de fond sociale. On verra plus tard, quand les élections seront passées... et il sera temps de faire passer à l'assemblée nationale le texte de départ, fin juin ou début juillet.
Mais je déblogue...

Partager cet article

Repost 0
Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
commenter cet article

commentaires

J.J. 30/04/2009 09:37

Mille et une excuses à vous présenter : ce n'est pas Malox mais Molex (comme Rolex)  , Villemur sur Tarn, Haute Garonne qu'il fallait lire. Les propos sont de monsieur Marcus Kerriou, un des  dirigeants de l'entreprise citée.

J.J. 30/04/2009 09:29

Je constate que J.P.Reix est un dangereux contestataire, "un élément radical, déconnecté des réalités économiques", comme dirait le directeur de Malox, qui a eu récemment maille à partir avec ses salariés.Enfin , monsieur Reix, soyons sérieux, si l'on applique votre beau programme, qui aura encore les moyens d'aller dîner au Fouquet's pour dépenser ses stock options ?Et avouez que 5% de bonus, ça va mettre du champagne dans le caviar ( et accessoirement inciter quelques heureux bénéficiaires à "bien voter...)!

J-P REIX 30/04/2009 08:42

A mon sens le restaurant est un luxe dont on peut se passer, la TVA à 5,5 ne s’imposait pas ! Etre riche est un luxe plus important dont on peut se passer aussi, et donc une partie du bouclier fiscal est injuste !
Par contre tous les services publics doivent-être réformés pour rendre le meilleur service au meilleur prix aux citoyens ! Le surendettement de notre pays va vite devenir insupportable !