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LES STATISTIQUES

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MAIS JE DEBLOGUE...

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6 mai 2009 3 06 /05 /mai /2009 07:17

Ce matin tous les supports médiatiques vont rappeler que Nicolas Sarkozy a été élu Président de la République de tous les Français il y a exactement deux ans. Cet anniversaire sera célébré comme il se doit avec de nombreux papiers ou éditoriaux qui expliqueront que, dans le fond, tout est de la faute... des « autres », qui s'ingénient à détruire toutes les excellentes réformes préparées par l'homme du libéralisme outrancier lequel, sous la pression des réalités, n'a tenu aucune de ses promesses politiques. En fait, durant ces deux années, il est resté Président de l'UMP, il est devenu distributeur de privilèges à un clan, il a accentué le verrouillage de la démocratie, il a tué toutes celles et tous ceux qui osaient le critiquer, enterré les rêves de pouvoir d'achat et navigué à vue en politique étrangère... Mais, par contre, il a parfaitement réussi la médiatisation de sa vie personnelle, avec un divorce clinquant et un mariage people, ce qui constitue en définitive l'essentiel de son action publique.
Inutile donc d'en faire des tonnes sur ce bilan qui se résumera à un ensemble très clair d'indices catastrophiques dans absolument tous les secteurs de la vie collective. Et encore, il faudrait être méfiant sur des statistiques plus ou moins tripatouillées. Les chiffres du chômage, la balance commerciale, le moral des ménages, les disparitions d'entreprises, le niveau des services publics, la dette publique, la place de la France dans le monde, les libertés individuelles... il n'est que les « fans » pour trouver des raisons de croire dans les vertus de la politique gouvernementale menée depuis l'Elysée ! Dans le fond, tout sera masqué par cette grande chance que constitue pour le Président de ce qui reste de République : la...crise !
En définitive, le plus inquiétant restera la destruction méthodique des valeurs républicaines : l'égalité, la liberté et la fraternité. Ce sont les trois axes du jugement à porter sur une gouvernance totalement opposée à ces principes. Que ce soit avec le paquet fiscal, avec les exonérations sociales multiples, les mesures sur la justice et plus encore l'équilibre médiatique, l'accès aux services républicains, la place de la religion, il est indiscutable que l'égalité n'est plus à la mode. Tout doit, selon un principe, s'acheter, se mériter, et il est donc peu recommandé d'être pauvre, sans travail et sans logement, car désormais l'Etat ne joue plus du tout son rôle compensateur.

IDEOLOGIE CALCULEE
En transférant à tour de bras ses propres responsabilités vers des collectivités locales, inégales en matière de moyens humains et financiers, on accentue chaque jour davantage le démantèlement de la République. En fait, le modèle américain hante les esprits élyséens avec le système inégalitaire de l'assurance, de l'assistance proportionnelle aux moyens financiers, de la capitalisation, devant récompenser les « bons » gestionnaires ! La certitude, comme l'affirme François Bayrou, c'est que l'on continue de penser que Nicolas Sarkozy n'avait que le goût immodéré du pouvoir, et que son projet était aléatoire ou flou. Or, c'est totalement faux, et Bayrou a raison. Le président a autour de lui des idéologues ravis de pouvoir mettre en œuvre leurs conceptions d'une société reposant sur l'individualisme triomphant, basée sur le culte du profit, renouant avec d'autres formes de privilèges que celles de l'Ancien régime, mais tout aussi révélatrices d'une volonté de récompenser une « cour institutionnelle ». De partout tombent à la fois les sanctions et les récompenses.
On mute, on met au placard, on change, on déstabilise, on détruit, alors que d'un autre coté on récompense, on alloue, on attribue, on arrange, on camoufle, on soutient... Cette propension à gérer ouvertement une république par un contrôle direct sur toutes les facettes de ses institutions ne figurera pas dans le bilan. Par exemple, qui soulignera qu'absolument tous les Préfets de région, cadres essentiels du pouvoir, ont été mutés ou mis au placard depuis deux ans : tous sont désormais renouvelés, et sans mettre en doute un seul instant leur impartialité, ils appartiennent plutôt plus que moins au sérail sarkoziste !

SOUS HAUTE SURVEILLANCE
Dans le secteur de la liberté, le réveil, après deux années de sarkozisme, risque d'être douloureux. Domination des amis les plus puissants du système médiatique, renforcement du contrôle direct sur les médias publics, omniprésence avec la complicité de rédactions soumises, montage d'opérations de discréditation des adversaires, mise en place de fichiers en tous genres, rôle accru de la surveillance globale sociale (voir par exemple le Ministère de l'Education nationale et ses appels d'offres), attaques en règle contre le droit de grève, diminution des prérogatives de l'opposition parlementaire... Impossible de nier que nous sommes entrés dans le système d'un Big Brother non outrancier mais bien réel. La preuve ? Un fait apparemment sans importance mais extrêmement révélateur d'un climat délétère qui ne révolte que les consciences déjà éveillées. En deux ans des pans entiers de la vie privée se sont effondrés. Un habitant d'Abbeville a été placé en garde à vue sur la foi d'un SMS, qui a été apparemment transmis par l'opérateur à la justice. Bouygues Télécom a annoncé hier l'ouverture d'une enquête interne. Mais, au fait, à qui appartient... Bouygues Telecom ?
L'affaire, révélée par le Courrier Picard, remonte au 16 avril lorsque Stéphane, un menuisier abbevillois de 29 ans, a été placé en garde à vue au commissariat d'Abbeville pour « non-dénonciation de crime » (sic). Il a été interrogé pendant 24 heures au sujet d'un message reçu sur un téléphone portable, prêté par l'opérateur de téléphonie mobile, en attendant la réparation de son appareil personnel: « Pour faire dérailler un train, t'as une solution? », demande un collègue dans ce SMS. « Mon téléphone est tombé en panne. Je l'ai mis en réparation dans mon agence à Abbeville et ils m'en ont prêté un autre. Ils m'ont rendu mon téléphone le 15 avril, et le lendemain j'étais... en garde à vue », a raconté le jeune homme à l'AFP. « On m'a dit que le 17 février, j'avais reçu un SMS que j'aurais dû dénoncer à la police. C'était une plaisanterie, pas forcément du meilleur goût, mais une plaisanterie », a-t-il ajouté.
Stéphane et l'auteur du SMS -interpellé puis placé en garde à vue à son tour- ont été libérés 24 heures plus tard. Bouygues Télécom a annoncé l'ouverture d'une enquête interne pour déterminer la façon dont le SMS a été transmis à la justice... car les opérateurs n'ont pas accès au contenu des SMS, et ils ne sont pas autorisés à délivrer le contenu des SMS, sauf sur réquisition judiciaire. Cette histoire, ajoutée à celle des mises en garde à vue systématiques pour des raisons plus ou moins légères (cyclistes à Bordeaux, sans papiers avec bébé, manifestants égarés...) témoignent d'une orientation générale plus qu'inquiétante en deux ans. La liberté est au minimum sous pression. Refusez les SMS sur votre mobile, ils peuvent être envoyés à l'insu de votre plein gré et vous valoir un séjour aux oubliettes ou à la Bastille ! Ne lisez pas cette chronique car elle est dangereuse pour votre avenir !

SOLIDARITE STIGMATISEE
Que dire de la fraternité ? Elle est écrasée par la concurrence poussée à son paroxysme. L'Homme doit redevenir un loup pour les autres Hommes. Montée en France du communautarisme, montée de l'antisémitisme avoué, montée du racisme... La chasse aux sans papiers, érigée en comportement vertueux, alors que la solidarité devient un délit, quoi qu'en dise l'ineffable Eric Besson qui est bien moins qu'un demi d'ouverture.
Sine Hebdo publie dans son édition de mercredi un manifeste, signé par plusieurs personnalités, pour demander l'abrogation de la loi qui "criminalise" selon eux l'entraide aux sans-papiers. Lancé « à l'initiative de Guy Bedos, Michel Onfray et Siné Hebdo », le "Manifeste des 144", ainsi intitulé, a recueilli les signatures de 144 personnalités de différentes disciplines qui « affirment avoir aidé des sans-papiers ou être prêts à le faire, et demandent l'abrogation de l'article L622-1 du CESEDA », le Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Parmi les signataires, figure l'ancien résistant Raymond Aubrac, les écrivains Cavanna et Régis Debray, l'humoriste Guy Bedos, les acteurs Pierre Arditi et Isabelle Adjani, le médecin Rony Brauman, le metteur en scène Patrice Chéreau, le philosophe Michel Onfray ou l'avocate Gisèle Halimi. Il manque Bernard Kouchner et Jack Lang ? Bizarre ? Vous avez dit bizarre ?
Les signataires soulignent que l'article en cause « permet de poursuivre toute personne qui aura, par aide directe ou indirecte, facilité ou tenté de faciliter l'entrée, la circulation ou le séjour irréguliers d'un étranger en France », ce qu'a toujours nié Eric Besson. Ainsi, « ce texte offre la possibilité au procureur de requérir une peine de cinq ans de prison et 30.000 euros d'amende à l'endroit des contrevenants. Pour le législateur, le passeur appointé et le simple citoyen sensible au sort de rescapés qui fuient la pauvreté ou la violence de leurs pays sont donc condamnables au même titre », font-ils valoir. « En vertu de ce principe, gardes à vue et perquisitions se multiplient chez des particuliers et des associations d'aidants », ajoutent les signataires. Il faudra faire figurer ça dans le bilan comme bien d'autres faits qui accentuent la fracture sociale et vont finir par impressionner des esprits faibles... Le ventre de la bête immonde est toujours fécond !
Mais je déblogue...

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Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
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commentaires

J.J. 06/05/2009 13:41

Et si le Général avait eu raison, en prétendant que les français sont des veaux ?On fait d'ailleurs tout ce qu'il faut pour qu'ils le deviennent, quand ce n'est pas déja fait.Lesquels français n'ont d'ailleurs pas le monopole ( voir dans la direction du sud-est et vers quelques autres pseudo- démocraties...) .

PIETRI+Annie 06/05/2009 10:26

Oui, après deux ans de gouvernance sarkozyste, on peut se demander ce que sont devenues les valeurs qui constituaient les piliers de notre république, et de la démocratie: la liberté se rétracte comme une peau de chagrin, l'égalité n'est plus qu'un vague souvenir, la fraternité a été remplacée par le chacun pour soi, et ceci sans parler d'autres valeurs auquelles nous tenions tant, que nos pères ont mis des années à conquérir, telle la laïcité, et qui fondent comme neige au soleil ! Et ceci dans l'indifférence quasi générale. Essayer de faire déplacer les citoyens pour discuter de tous ces sujets qui devraient les interpeler, les inquiéter, sur lesquels ils devraient réfléchir, relève de la quadrature du cercle ! Le débat d'idées n'intéresse plus que ceux qui sont "initiés", alors que ce sont tous les autres qu'il faudrait réveiller. Mais non, la grande majorité préfère lire des journaux où l'on n'aborde jamais les problèmes de fond, regarder passivement la télé ou écouter à la radio les informations que le pouvoir veut bien laisser filtrer. C'est désespérant, et on ne peut que s'interroger sur ce qui pourrait bien réveiller les esprits....