Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Texte Libre

LES STATISTIQUES

VISITEURS UNIQUES

1 074 692

PAGES LUES

7 113 288


MAIS JE DEBLOGUE...

Archives

13 mai 2009 3 13 /05 /mai /2009 07:17
L'américanisation de la vie politique française s'accélère sous l'influence des stratèges sarkozystes, persuadés que l'avenir de leur idéologie, ultra-libérale sur le fond, mais masquée sur la forme, ne résistera que par une réforme en profondeur des institutions à la Française et leur « évaporation » progressive. C'est ainsi que le projet de réforme Balladur des collectivités territoriales constitue une étape supplémentaire sur la transformation de la décentralisation voulue par la gauche en un fédéralisme de fait. Réduction du nombre des régions pour leur donner l'épaisseur d'un « état américain » avec un « gouverneur » de fait (le Préfet de Région) flanqué d'une élu « professionnel » pouvant peser sur les enjeux nationaux. Le délestage en règle des pouvoirs régaliens républicains vers l'étage décisif que seront les régions va dans le même sens : éducation bientôt « communalisée » et « régionalisée », transports essentiellement confiés aux régions, activités économiques également attribuées à ce niveau, pouvoir de police confié aux métropoles (vidéo surveillance, fusion gendarmerie-police...), social délégué aux métropoles (cf l'application inégalitaire du RSA)... Tout concourt à cette lente agonie de la République « une et indivisible » avec, aux commandes, un système présidentiel et, de fait, un gouvernement bis basé à l'Elysée, qui supplante tous les ministères eux-mêmes dénués de toute marge de manœuvre. Contrôle des médias (nomination récente sur les chaines parlementaires du duo des Leclerc, favoris...de l'UMP) tant économiquement que politiquement, contrôle du système bancaire par abus de faiblesse, contrôle de tout le système administratif par un « spoil system » qui ne dit pas son nom, mais qui se met en place, fausse priorité accordée à la sécurité d'Etat qui autorise de multiples manœuvres strictement politiciennes : la liste devient tellement longue que, dans le fond, celui qui tenterait de l'énonçer perdrait toute crédibilité.

EN VOIE DE DISPARITION
L'américanisation se met en place également sur le plan social avec la marchandisation de tous les services publics, selon le principe sacro-saint que tout doit devenir rentable ou au minimum financé par ses utilisateurs. La péréquation sociale sombre chaque jour un peu plus avec la publication au Journal officiel de textes sur une réforme. En fait, il n'y aura bientôt plus aucune « régulation » dans les secteurs clés de la santé et de l'éducation : il faudra payer pour obtenir ce que l'on pense être le mieux ! On s'oriente vers le système de la grande distribution avec le haut du panier pour certains, le « discount » pour les autres et rien pour plus de 10 % de la population. Le royaume du consommateur a supplanté en cinq ans de gouvernement UMP celui de la citoyenneté reposant sur le partage, la solidarité et l'égalité.
Les syndicats disparaissent pour être remplacés par des « lobbies » très ponctuels liés à une catégorie professionnelle, et on assiste à une corporatisme dévastateur. Les attaques ponctuelles, ciblées, dans le système éducatif ont émietté, affaibli, marginalisé les réponses et, exactement comme aux USA, on ne retient que ce qui nous touche de près. L'égoïsme social « collectif » a pris le pas sur la défense commune de la fonction publique, des services publics, de tout ce qui doit avoir une dimension générale à l'échelle du pays. Et le sort des partis politiques va suivre, puisque leur américanisation est souhaitée par tous les dirigeants. De droite comme malheureusement de gauche.
Presque tous nient toute valeur à l'engagement militant durable, pour tabler sur des adhésions circonstancielles éphémères. Ils se transforment peu à peu en groupes de pression ou en groupes de soutien personnalisé, que l'on abandonne quand le résultat n'est pas conforme à ses ambitions. Ce virage a mis en évidence la force désormais incontournable dans nos institutions des « lobbies » à l'américaine.

PAS SI VIRGIN QUE CA
Le danger menace, avec la disparition du militantisme idéologique. Plus un seul jour sans que des groupes organisés dotés de moyens financiers lourds prennent de fait le contrôle de l'appareil politique. Les débats autour des lois Hadopi ou de l'hôpital viennent d'en témoigner. Qui auront été les plus efficaces ? les parlementaires ou les rassemblements d'intérêts, touchés par ces deux lois ? les citoyens ou les bénéficiaires des réformes ? On avait assisté, il y a quelques années déjà, à une scène surréaliste que tout le monde (ou presque) a oublié, puisque Virgin était venu faire sa pub pour le téléchargement dans l'enceinte même de l'Assemblée nationale... en toute impunité. Rétrospectivement, on peut rattacher cette polémique à l'examen laborieux de la loi Hadopi puisque c'est toujours la même majorité. Virgin avait en effet fait la promotion de ses systèmes de téléchargement de musique, dans l'enceinte de l'Assemblée nationale.
Cette présentation, réservée aux députés, avait été autorisée par la présidence de l'Assemblée nationale. Elle s'est tenue dans la salle des conférences, attenante à l'hémicycle. Les démonstrateurs étaient munis de badges d'accès, fournis par le ministère de la Culture. Mais la présence d'un groupe privé, à la sortie de l'hémicycle, avant le début de l'examen du projet de loi sur les droits d'auteur, avait été vécu comme une pression par les députés socialistes, qui avaient protesté contre cette intrusion commerciale.
« Nous sommes libres ! Nous n'avons pas de mandat impératif », s'est insurgé Patrick Bloche. Le député PS de Paris avait brandi dans l'hémicycle un tract promotionnel de la société, offrant une réduction de 9,9 euros aux députés. Intervenant à la suite de Patrick Bloche, le président du groupe socialiste Jean-Marc Ayrault avait demandé à la présidence de l'Assemblée de mettre bon ordre à cette « démonstration dans l'enceinte même de l'Assemblée nationale par des sociétés privées ». Le président de séance, Yves Bur (UMP), a annoncé peu après que Jean-Louis Debré avait « décidé d'interrompre immédiatement la présentation, dont il apparaît qu'elle ne se déroule pas dans les conditions qui avaient été prévues ». Que s'est-il passé sur la loi Hadopi?
Un fait parmi tant d'autres, quand on sait que chaque jour les lobbies pharmaceutiques, médicaux, éducatifs, sociaux, économiques, environnementaux entretiennent des liens directs avec des Ministères, des parlementaires, au seul prétexte qu'il faut que ces derniers soient informés ! Les « lobbies » valent tous les partis d'opposition réunis. Les médecins toussent, on leur donne un baume réparateur sur le tarif de leur consultation. La gauche n'a cessé de ressasser que la loi Bachelot sur l'hôpital conduisait à la catastrophe pour les patients... Bachelot et Sarkozy ont cédé devant les pontes médicaux pour la partie qui les concernaient (direction de l'Hôpital, statut, rémunérations...) mais n'ont rien concédé aux patients, qui n'existent pas médiatiquement comme un lobby organisé. Et il en est ainsi dans tous les domaines... La politique au sens noble est morte ou moribonde pour être supplantée par les organisations d'intérêts privés !

LE LOBBY ANTI LOBBY
C'est devenu tellement insupportable que des députés UMP viennent de se réveiller. Ils veulent se saisir de la réforme du règlement de l'Assemblée nationale pour mieux encadrer les activités de lobbying. Hier soir, le député UMP Patrick Beaudouin a soumis un amendement « visant à mettre en place un registre et un code de bonne conduite des lobbies ». Cet amendement, qui s'inspire des pratiques en cours au Parlement européen, a été cosigné par une cinquantaine de députés. Le député du Val-de-Marne a souligné que l'actuel président de l'Assemblée, Bernard Accoyer, avait lui-même plaidé pour « la mise en place de règles transparentes », lorsqu'il était président du groupe UMP en 2006.
Patrick Beaudouin et d'Arlette Grosskost (UMP) avaient déjà proposé un amendement pour un meilleur encadrement du lobbying après la polémique déclenchée par l'intrusion de représentants de Virgin près de l'hémicycle. Ils étaient venus faire la démonstration d'une plate-forme de téléchargement en plein examen de la loi sur les droits d'auteurs. Mais ce fut totalement oublié et enseveli dans d'autres préoccupations plus politiciennes. « Tout le monde fait du lobbying mais tous ne disposent pas des mêmes moyens de se faire entendre » a souligné hier soir Patrick Beaudouin. Le député a mentionné « les grandes entreprises qui bénéficient curieusement d'un badge, les groupes d'étude, les colloques, les voyages d'étude, parfois dénoncés comme les chevaux de Troie des groupes d'intérêt ». Belle déclaration de principes qui n'a convaincu personne car, on le sait bien, c'est superflu !
L'amendement de Patrick Beaudouin a donc finalement été retiré, car « il semble plus opportun d'inscrire l'encadrement du lobbying » dans une décision du bureau de l'Assemblée que dans le règlement, selon le député. Patrick Beaudouin a demandé un « engagement du Bureau sur la mise en œuvre et sur le calendrier de cette réglementation ». On verra donc plus tard... quand ils sera trop tard !
Début mai, Bernard Accoyer avait fait part de sa volonté de se rapprocher du Sénat afin de coordonner les initiatives. Une manière d'enterrer cette nouvelle velléité de réguler la démocratie authentique, pas celle des amendements, des temps de parole, des questions écrites, mais celle qui vit sur des principes clairs. La réponse a été habituelle : Gérard Larcher a annoncé la mise en place d'un groupe de travail sur les groupes d'intérêts. Un lobby parlementaire pour interdire les lobbies économiques. Ils vont avoir peur, et n'entreront plus dans les assemblées ou ne rédigeront plus  les amendements qui leur conviennent ou ne feront plus les règlemnts susceptibles d'améliorer leur rentabilité ou au moins de la garder.
Mais je déblogue...

Partager cet article

Repost 0
Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
commenter cet article

commentaires