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LES STATISTIQUES

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MAIS JE DEBLOGUE...

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24 mai 2009 7 24 /05 /mai /2009 07:17
De toutes parts les quolibets fusent, les reproches s'amoncellent, les attaques se multiplient : le Parti socialiste ne parlerait pas suffisamment d'Europe alors que le parti présidentiel et ses candidats « officiels », comme ce fut le cas sous Napoléon III (tous les ministres font campagne alors qu'ils ont encore des fonctions ministérielles), eux, se consacreraient à un projet véritablement construit pour l'UE. D'ailleurs, il y a eu un clip pour rappeler opportunément qu'en deux ans, notre immense Président de la République avait fait autant pour la construction européenne que De Gaulle, Giscard et Mitterrand réuni en 30 ans. C'est dire ! Or, il faut bien constater que l'UMP tire les ficelles habituelles de tous les votes nationaux, sans se soucier un seul instant de l'avenir européen. La seule chose qui compte, c'est que Nicolas Sarkozy ne soit pas jugé sur son bilan et que l'UMP arrive en tête avec son socle électoral retrouvé. Une réunion de tous les gens qui squattent 24 heures sur 24 un système médiatique complaisant a d'ailleurs mis en place une tactique, avec des phrases précises, de telle manière que deux thèmes soient sans cesse martelés avant le vote du 7 juin : sécurité tous azimuts et fausse ouverture politique, afin de faire oublier l'ultra libéralisme. On y va donc chaque jour de la valorisation de ces deux thèmes, ce qui permet de clamer que l'on ne parle pas assez d'Europe.
Un  "confidentiel" de l'Express confirme cette tactique découlant des premières attaques du PS sur la notion de sanction d'un bilan... national, mais pas européen. Le fameux clip, en positionnant Nicolas Sarkozy sur le niveau supérieur (message : il est l'égal de ses prédécesseurs et donc déjà entré dans l'Histoire), cherche à éviter que le débat national ait lieu ! On a donc conforté ce positionnement par une réunion tactique, alors qu'au PS on continue à considérer que la « com » doit être instinctive et personnelle, ressemblant à une guérilla, avec des pétoires récupérées sur l'ennemi. D'où l'échec mortel qui se prépare, face à une « armée » organisée, formatée, efficace.

ACTION CONCERTEE
Alors que la campagne pour les élections européennes allait vraiment démarrer avec le deuxième anniversaire de la victoire de Nicolas Sarkozy du 6 mai 2007, l'Elysée a en effet souhaité éviter qu'elle ne se focalise sur le bilan de ces vingt-quatre premiers mois. A l'issue d'une réunion du jeudi, à 7 h 30, autour du secrétaire général de la présidence, Claude Guéant, et du conseiller à la stratégie, Jean-Michel Goudard, les participants (les ministres Brice Hortefeux, Eric Woerth, Luc Chatel et Nadine Morano, ainsi que le secrétaire général de l'UMP, Xavier Bertrand, et le porte-parole du parti, Frédéric Lefebvre) ont reçu, en toute confidentialité, comme c'est le cas chaque semaine, la feuille de route qui désigne les relais médiatiques pour chaque thème d'actualité. Cette fois, la consigne était générale - "pour action : tous" (sic)- et demandait de combattre l'idée selon laquelle il serait déjà possible d'établir "un bilan" de la présidence Sarkozy au terme des deux premières années. Le PS, face à cette offensive généralisée, a battu en retraite et s'est réfugié dans les montagnes, laissant le champ libre à François Bayrou, car il était incapable de se tourner vers les électrices et les électeurs, puisque essentiellement préoccupé à « s'autoconvaincre » à l'interne.
La consigne du début du mois a été simple : accentuer la communication sur l'insécurité et démontrer que, face à ce fléau qui menacerait le quotidien des Français, on a fait preuve d'une fermeté purement artificielle. Montage en épingle des faits divers dans les banlieues ; satisfaction cachée de la « bavure » de l'arrestation des gamins girondins ayant emprunté un vélo (les déclarations critiques ne se traduiront par aucune sanction !); large écho donné aux graves événements  intervenus dans des établissements scolaires ; montée absurde au créneau,  en retour, du plus dévoué des parachutistes sarkozystes, Darcos, qui a beaucoup à se faire pardonner. Sommet de la démagogie que ses propositions en matière de résolution des problèmes rencontrés, alors que tout le monde prédit que ce sera pire en 2009-2010, avec la saignée dramatique effectuée dans les postes de l'éducation en une période où on en manque pour faire face aux réalités sociétales. Une terrible démagogie, uniquement destinée à répondre à  côté des causes, pour ne traiter que les effets.

DARCOS BON ELEVE
A l'occasion d'une visite le 15 mai au collège François Mitterrand à Fenouillet, où un élève de 13 ans a blessé d'un coup de couteau une enseignante, Xavier Darcos avait réaffirmé sa volonté de "sanctuariser" les établissements scolaires, et évoqué notamment l'installation de portiques de détection à l'entrée de bâtiments. Incroyable : alors qu'il détruit tout le système de l'enseignement public, en supprimant à tout va les moyens humains de surveillance, il se voit d'autant plus aisément investir dans des dispositifs techniques, qui seront payés par... les collectivités locales qui, par ailleurs, fourniront le personnel pour les faire fonctionner. Mais cette annonce absurde, déconnectée de toute réalité, n'est que de l'opportunisme électoral, et comme rares sont les personnes qui évoqueront ce qui ne sera qu'un nouveau transfert de compétences, la pilule dorée passera mieux !
Jeudi, le ministre de l'Education nationale a également émis l'idée de donner la "compétence d'officiers de police judiciaire à des chefs d'établissements, ou recteurs et inspecteurs d'académie" pour qu'ils puissent ordonner des fouilles (sic), et a proposé la création d'une « force mobile d'agents qui (pourraient) intervenir dans les établissements sur des missions de prévention et de contrôle ». Du type de celle qui est intervenue à Floirac face à un enfant de maternelle et un autre de Cours moyen?  Là encore c'est extraordinairement démagogue, mais ce sont les consignes élyséennes, destinées à rassurer le bon peuple de France et notamment les parents du petit Floiracais, auquel on a emprunté le vélo !
Même la Ministre de l'intérieur n'aurait pas imaginé pareilles annonces. Il est vrai qu'elle ne participe pas aux conciliabules du jeudi matin à l'Elysée. Michèle Alliot-Marie souligne que faire des recteurs des "officiers de police judiciaire", lui paraît un "peu compliqué".
« Ce ne sont pas des titres honorifiques, mais des compétences juridiques", observe-t-elle. "Ils sont attribués par l'autorité judiciaire, qui ne plaisante pas avec ses critères. Pour être OPJ ou APJ, il faut passer un concours ou un examen, et être formé très sérieusement », ajoute la ministre, pour qui il faut être « capable physiquement et psychologiquement de s'imposer sans violence ». Quant à la création d'une « force mobile d'agents », elle déclare que « faire de la prévention à l'intérieur des établissements » lui « paraît judicieux ». Mais, dit-elle, "on ne va pas installer des commissariats dans des écoles, ni morceler les forces de police pour créer une brigade spéciale pour chaque problème..."
Peu importe : c'est irréalisable.  Donc, le 8 juin, il suffira d'annoncer que c'est oublié, mais les élections seront passées, et dans les chaumières, on retiendra qu'on a enfin annoncé des « solutions » pour Karchériser les établissements scolaires.

OUVERTURE ALLEGRE
Sur la seconde volonté tactique de marginaliser le PS, on tente de démontrer que, dans le fond, les Socialistes historiques ne sont pas si éloignés que l'on veut bien l'écrire de la politique sarkozyste. Il a donc été convenu de faire monter l'information selon laquelle l'immense talent de Claude Allègre serait bientôt reconnu. Un pied de nez aux Jospiniens, que ce recrutement de poids de celui auquel les Hussards noirs de la République ne pardonneront jamais d'avoir tué les écoles normales d'instituteurs. On lui a demandé de faire part de ses envies irrépressibles de pouvoir, de paraître, d'exister... afin qu'on puisse laisser entendre que cet appel pathétique serait entendu ! Quand les élections européennes seront passées, on en reparlera, mais le mal est fait. D'ailleurs, l'ex-copain du Chef de l'Etat, Nicolas Hulot, déjà roulé dans la farine avec un Grenelle taillé en pièces et sans aucune mesure concrète, a vite réagi, condamnant quasiment les espoirs d'Allègre. Nicolas Hulot estime en effet que la nomination d'Allègre serait « un bras d'honneur aux scientifiques » et « un signal tragique », six mois avant le sommet de Copenhague où doit être conclu un accord mondial sur le climat.
Le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale Jean-François Copé a déploré pour sa part que le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner ne vienne « jamais » devant le groupe UMP. Une manière de lui rappeler qu'avant les Européennes, il devrait vendre davantage son âme au Diable !
Il avait auparavant mentionné « certains ministres d'ouverture » qui « considéraient qu'ils n'avaient pas à venir devant le groupe UMP alors que d'autres venaient très régulièrement ». Questionné sur la poursuite de l'ouverture lors du prochain remaniement ministériel, il a estimé que « l'ouverture (était) une très bonne idée ». Les Anglais avaient, eux aussi, trouvé que la venue chez eux des Bourgeois de Calais, pieds nus, la corde au cou,  pour implorer leur clémence, était une bonne idée. C'était d'ailleurs le début de la construction européenne !
Préparez-vous ! le flot d'insécurité va déferler durant ces quinze derniers jours. Nicolas va annoncer des mesures et des mesures, des réformes et des réformes : ça ne coûte rien, mais ça rapporte encore gros !
Mais je déblogue...

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Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
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