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LES STATISTIQUES

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MAIS JE DEBLOGUE...

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25 mai 2009 1 25 /05 /mai /2009 07:17

Parfois, il me prend l'envie de publier une chronique qui ne serait faite que d'extraits du contenu de l'une d'entre elles, accompagné dessous de dépêches ou d'articles de presse apportant simplement la preuve que ce qui était... annoncé s'est produit. Malheureusement, je n'en ai pas le temps, et je crains que ça ne fasse un peu trop présomptueux. Et pourtant, le risque pris dans cette compilation, commentée d'informations venant de diverses sources, vaudrait véritablement le temps passé. La vitesse avec laquelle l'opinion dominante oublie les événements est devenue telle que je suis certain que cet exercice serait bénéfique pour bien des lectrices et des lecteurs. Qui, par exemple, se souvient des tonnes de déclarations gouvernementales expliquant depuis des mois que la récession n'était pas à l'ordre du jour, que la France était mieux lotie que tous les autres pays, que le plan de relance était suffisant, que l'Europe secouée par un Nicolas Sarkozy maître du monde allait connaître une relance rapide, que les emplois seraient préservés, que le déficit national serait épongé en deux ou trois ans, que la dette de fonctionnement ne pénaliserait pas le pays... Terrible. Il faudrait des lignes et des lignes pour compiler ces déclarations qui endorment tout le monde comme les contes de fées le font avec les enfants qui ont sommeil.
En fait, le gouvernement et l'omniprésident se contentent d'affirmer, de pérorer, de promettre, de se glisser derrière chaque fait pour laisser accroire qu'ils possèdent une solution miracle permanente. Une sorte de méthode Coué qui tient lieu de ligne politique. Et il serait malhonnête d'affirmer que ce n'est pas efficace. L'art ultime consiste à dire tout et son contraire, à reculer des mois plus tard, à ne faire aucun complexe, à prétendre que la réalité est bien plus belle que la fiction des annonces. La vérité vient donc de plus en plus de l'extérieur, qui scrute la France avec moins de complaisance que ne le font des médias français, aux abois ou aux ordres.
Par exemple pour le Directeur de la Banque mondiale, la crise pourrait déboucher sur une « grave crise humaine et sociale » si des mesures adéquates ne sont pas prises à temps, a estimé, Robert Zoellick, dans un entretien publié hier en Espagne. « Si l'on ne prend pas de mesures, il existe un risque d'arriver à une grave crise humaine et sociale, avec des implications politiques très importantes. Les mesures de relance peuvent être déterminantes », a déclaré cet Américain, au journal espagnol El Pais.
« Ce qui a commencé comme étant une grande crise financière et est devenu une profonde crise économique, dérive aujourd'hui en une crise du chômage », a-t-il ajouté. « Si l'on crée des infrastructures qui mettent les gens au travail, cela peut être un moyen d'associer des défis à court terme à des stratégies à long terme », a poursuivi Robert Zoellick. « A mon avis, dans ce contexte, personne ne sait vraiment ce qui va se passer et le mieux est d'être prêt pour tout imprévu », a-t-il souligné. Erreur fatale : notre gouvernement sait ce qui va se passer, et il réfute toutes les demandes de mise en place rapide d'un nouveau plan de relance favorisant le pouvoir d'achat et la consommation. Point d'urgence, car nous ne sommes pas encore au fond du trou comme d'autres pays de cette merveilleuse Europe du profit et du capital.

LES SANGLOTS LONGS DE L'AUTOMNE
Par zones géographiques, l'Amérique latine s'est maintenue raisonnablement bien, même si le Mexique et l'Amérique centrale sont sous tension, car ils dépendent beaucoup du marché nord-américain. L'Europe de l'Est est dans une situation délicate, en particulier les pays Baltes ou d'autres comme la Roumanie. L'Asie remonte, alors que nous sombrons lentement mais inexorablement. Autres « zones d'ombre », avertit le président de la Banque mondiale: « les dangers liés au protectionnisme et à la dette privée dans le monde émergent, malgré les aides du FMI ». « Et il existe ce que j'appelle le 'facteur X', que l'on ne voit jamais arriver, comme la grippe porcine », a-t-il ajouté. Bien entendu, en France, tous ces facteurs ont été analysés et guident la politique actuelle du gouvernement, exclusivement orientée depuis des semaines sur le volet « financier » de la crise, alors que celui-ci est dépassé. Les milliards mis dans les banques ne sont pas retournés vers le monde économique, et encore moins vers le secteur de l'emploi. Les vacances vont voir fleurir les fermetures d'opportunité d'entreprises ou d'usines, la prolongation des congés, l'effondrement de la consommation, dès que les dépenses obligatoires de la rentrée vont être passées par là. Octobre sera un mois crucial avec des mouvements sociaux de grande ampleur.
La reprise économique va en effet être d'une faible intensité durable, et le chômage ne va pas cesser de continuer à augmenter. Une grande dépression est même fortement envisageable sans pessimisme excessif, surtout si les élections européennes renvoient une majorité politique soutenant Barosso, et la commission actuelle obsédée par la libre concurrence, pourtant en permanence faussée par les déséquilibres sociaux.

L'ARRIVEE DU RSA
Pour l'instant, en France, les deux grandes passions tournent autour de la fin du championnat de football de Ligue 1, le film diffusé par « Femmes Actuelles » montrant « Carlita » coulant un regard de biche à son Chouchou qui travaille dur pour la France, et plus encore les faits divers qui justifient tous les processus liberticides. Pour le reste, on s'est installé dans un « chacun pour soi et la crise pour les autres » qui favorise l'indifférence citoyenne prévue pour le 7 juin prochain. Dans le fond, les prévisions du Directeur de la Banque Mondiale n'égalent en rien le niveau des paris sur le duel entre Bordeaux et l'OM ! Ce n'est tout de même pas ce rabat-joie qui va nous annoncer une catastrophe sociale, alors que les médias dégoulinent de propagande gouvernementale sur les mesures en faveur de l'emploi ! En France, pays libéral qui hait les emplois aidés, puisqu'ils sont contre nature avec la loi du marché, dans quelques jours on va lancer avec fracas et avec ostentation le fameux Revenu de Solidarité Active (RSA) qui remplacera le RMI.
Dans une période où les emplois deviennent de plus en plus rares, où tous les postes de fonctionnaires non créés vont reporter vers d'autres secteurs tous les recalés des concours, où les jeunes vont arriver avec leurs diplômes professionnels dans les Pôles emplois, le RSA va surtout constituer une charge supplémentaire pour les Conseils Généraux déjà frappés de plein fouet par la chute vertigineuse des ressources tirées des droits de mutation. Il permettait (avant la crise) de retrouver un travail plus facilement, selon un rapport publié vendredi, qui soulignait aussi que la reprise d'emploi des plus démunis est fortement affectée par la crise économique.
La publication de cette évaluation intervient à moins de 10 jours de la généralisation dans toute la France du RSA, dont les premiers versements tomberont le 6 juillet. Il garantit aux bénéficiaires de minima sociaux qu'ils ne perdront pas d'argent s'ils reprennent un emploi. Encore faudra-t-il qu'on leur en propose un !

LA PAUVRETE GALOPANTE
La crise sociale menace, car alors que les bénéficiaires de minima sociaux connaissent déjà un très faible taux de retour à l'emploi, l'étude souligne que la crise a, depuis, considérablement aggravé leur situation en faisant chuter les taux de reprise d'emploi aussi bien en zone expérimentale qu'en zone témoin. Si un pic dépassant 4% est observé en juin et juillet 2008 dans les zones expérimentales, le pourcentage tombe à un peu plus de 2% en février, avec l'aggravation de la crise.
Le rapport montre aussi que la progression en 2008 du nombre d'allocataires en emplois avec un faible salaire (moins de 200 euros) est plus forte dans les départements qui ont appliqué le RSA. Moins d'un tiers des emplois occupés par les personnes ayant retrouvé un travail sont des emplois durables (CDI, CDD de plus de 6 mois), 25% sont en CDD de moins de 6 mois ou en intérim, 27% en contrats aidés. Environ 60% des emplois sont dans le secteur marchand... dont on connaît désormais l'avenir à l'échelle mondiale. Les attentes, elles, sont importantes. 3,1 millions de foyers doivent bénéficier du RSA et Martin Hirsch estime qu'il devrait permettre à environ 700.000 personnes de passer au-dessus du seuil du pauvreté, fixé à 880 euros. Il oublie simplement de préciser que le nombre des « pauvres » dans notre pays a augmenté à la même vitesse et que donc si le RSA se plante, c'est une déferlante de précarité qui se produira fin 2009 début 2010.
En fait, le libéralisme économique a atteint ses limites, mais les Françaises et les Français ne s'en sont pas encore aperçus tellement on les gave d'affirmations anesthésiantes. Le RSA, à une semaine des européennes, va contribuer à masquer la dure réalité.
Les plans sociaux qui vont alimenter à terme les listes des bénéficiaires ne viendront que durant les vacances... afin d'éviter d'affoler les électrices et les électeurs. Mais depuis hier, le patron des banques annonce la couleur et elle est véritablement noire !
Mais je déblogue...

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Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
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