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LES STATISTIQUES

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MAIS JE DEBLOGUE...

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27 mai 2009 3 27 /05 /mai /2009 13:37

Le Dimanche 7 juin, les Françaises et les Français mettront, si l’on en croit les messages alarmistes des médias, leurs mains citoyennes dans leurs poches. On ne cesse de répéter que l’abstention atteindra des records, comme s’il fallait absolument persuader les électrices et les électeurs que celles et ceux qui se rendront aux urnes sont en décalage complet avec cette opinion dominante qui veut que l’on adopte comme devise républicaine « maison, gazon, télévision ». Dramatique pour l’Union européenne, mais surtout pour la République Française ! Or depuis hier, ils pourraient, si on les informait différemment, avoir des raisons concrètes de consacrer quelques minutes à s’exprimer ! Les entreprises, telles Goodyear, Altis, ABB ou EDA cette semaine, continuent à égrener des suppressions d'emplois portant sur des centaines de postes, au moment même où l'Unedic (régime d'assurance chômage) déclare s'attendre à 639.000 chômeurs de plus cette année.Comment ne réagissent-ils pas en se mobilisant, face à ce qui représente un véritable raz de marée social ! Dans l'hypothèse d'un recul de 3% du PIB, le nombre de chômeurs (catégories A+B+C, c'est-à-dire y compris ceux ayant une activité réduite, ainsi que les seniors dispensés de recherche d'emploi), qui s'élève actuellement à environ 3,5 millions d'individus, augmenterait de 639.000 en 2009. Les destructions nettes d'emplois salariés atteindraient 591.000, selon ces prévisions de l'Unedic, assombries par rapport à celles des mois de février et mars… Mais comme, récemment, François Fillon a annoncé que les chiffres allaient s’améliorer avant les Européennes, on peut dormir sur son canapé, rassuré ! Il est vrai que les experts n'ont toujours raison que… quand les faits démentent les politiques. Encore plus pessimiste, l'ex-directeur général de l'Unedic, Jean-Pierre Revoil, avait déclaré récemment à l'AFP que le recul de l'activité devrait mécaniquement faire « 900.000 chômeurs de plus cette année ». Il fait du mauvais esprit, car si Nicolas Sarkozy dit le contraire, nous devons le croire, et surtout ne pas aller voter. L'emploi, redevenu la priorité des Français, a pourtant été hier au coeur d'une journée interprofessionnelle d'actions, à l'appel des huit syndicats, qui réclament des engagements urgents de l'Etat et du patronat. Une rafale de suppressions d'emplois a été annoncée le même jour, notamment 820 licenciements dans la production de pneus automobiles, à l'usine Goodyear-Dunlop Tires d'Amiens-Nord, qui compte 1.400 salariés.


TOUJOURS SOUS PRESSION

 

Ces ouvriers, ces employés, ces cadres, doivent s’abstenir ou aller voter pour l’UMP, car ils sont certainement ravis de faire partie des convois de licenciés qui attendent sur les rails de la pauvreté. Cette décision, que le groupe américain a justifié par « sa stratégie de réduction de ses capacités de production dans les pays à coût élevé » et par le refus de la CGT d'accepter en juillet 2008 une organisation du travail en 4 x 8, n'est « pas une surprise » selon les syndicats, mais néanmoins un « coup de massue pour les salariés victimes de ces requins de la finance » selon Sud. Il s’agit simplement de la mise en œuvre de propos du Chef de l’Etat, pris au mot : « la crise est une chance pour la restructuration de notre économie ». La Picardie, déjà frappée par l'emblématique fermeture programmée de l'usine de pneus Continental à Clairoix, paie un lourd tribut aux restructurations. Et le pire, c’est que ce n’est pas fini ! Toujours hier, la direction de l'usine de composants électroniques Altis Semiconductor de Corbeil-Essonne a annoncé la suppression de 400 emplois sur environ 1.500. "Casse sociale", a dénoncé la CFTC, qui craint, comme les autres syndicats, une fermeture complète de l'usine en l'absence de repreneur rapide. 

Hier encore, le tribunal de commerce de Paris a prononcé la liquidation judiciaire du grossiste alimentaire EDA, en autorisant la suppression de 617 postes sur le territoire, et en validant l'offre de reprise partielle d'un concurrent qui conserverait 97 autres salariés. Enfin, le groupe d'ingénierie helvético-suédois ABB prévoit de supprimer, sur une demi-douzaine de sites en France, 540 postes. L'hémorragie risque de continuer cette semaine. Le tribunal de commerce de Versailles rendra demain sa décision sur une possible liquidation d'une filiale française de l'équipementier en télécommunications canadien Nortel, qui entraînerait 480 suppressions d'emplois sur 700 dans les Yvelines. Bien sûr, il s’agit dans tous les cas d’un problème de compétitivité, et sûrement pas d'une vision d’amélioration de la rentabilité des groupes d’actionnaires qui les soutiennent...


LA CRISE A BON DOS

 

Symboliquement, deux jours après la clôture du Festival de Cannes, des syndicats ont même décerné, sur le parvis de la Défense (Hauts-de-Seine), les prix des « pires dérives patronales » à Dexia, HP, Novartis, Total ou PPR qui, « avec la crise, profitent de l'effet d'aubaine », en détruisant des emplois malgré des bénéfices et des primes aux dirigeants. Les travailleurs temporaires, les jeunes, et les salariés peu qualifiés, sont particulièrement touchés par ce raz-de-marée. Mais eux aussi resteront sûrement chez eux, puisque la télé leur affirme, chaque jour, que c’est ce que va faire le plus grand nombre. Ils attendront devant TF1 le verdict des urnes, qui placera l’UMP en tête et qui verra sur le plateau, vers 22 h 30, tout le monde s’extasier sur cette abstention record et le fait que nous aurons conforté les réformes présidentielles !

Or, selon M. Revoil, « on n'a jamais vu une telle rapidité de croissance du chômage depuis l'après-guerre et peut-être la crise de 1929 ». Ce n’est pas encore suffisant pour transformer des consommateurs passifs en citoyens décidés à se faire entendre. Il faut bien avouer que toutes les tentatives de mobilisation se heurtent à un mur d’incrédulité. Les grèves se succèdent, mais ne mobilisent qu’une journée des gens motivés et décidés à, au moins, sortir de leur léthargie. La France, pays de plus en plus âgé, se résigne par peur du lendemain et surtout par nécessité financière. Tout le monde a son fil bancaire à la patte. C’est une réalité dans une civilisation de l’argent-roi. Cette dépendance inévitable pèse sur la citoyenneté, car elle favorise le renoncement collectif.


DIVISER POUR REGNER

 

Comment, en effet, croire à la différence ? Comment accepter de placer son espoir dans d’autres mesures ? Comment ne pas se détourner de personnes qui passent l’essentiel de leur temps à se pousser dans le fossé ? Comment aller voter pour des femmes et des hommes totalement inconnus, absents du terrain durant tout le temps de leur mandat ? Comment établir un lien positif entre ses propres préoccupations et une Union Européenne totalement anti-démocratique ? La proximité sauve parfois la démocratie. Et encore ! L’égoïsme social est devenu un axe essentiel de la vie politique et, d’ailleurs, le gouvernement sarkozyste en use et en abuse, en sectorisant ses attaques. Les licenciés d’une entreprise qui ferme ou va chercher des dividendes pour ses actionnaires ailleurs, se retrouvent seuls, très seuls, face à la réalité de leur désarroi.

On n’a pas cessé de répéter depuis des décennies que la réussite n’était qu’individuelle et que, dans le fond, « se soucier » de l’intérêt général, ou de la vie collective, relevait de la générosité inutile. Le système  a sérié les « rôles » : par exemple, parents d’élèves de maternelle, d’école élémentaire, de collège, de lycée… mais surtout « indépendants », car c’est plus chic, mais totalement inutile en impact social ! Ainsi, on peut, au niveau gouvernemental, gérer au mieux les réformes puisqu’il n’y a en face que des « parents » éparpillés, émiettés, sous informés, indifférents. La théorie du « diviser pour régner » reste une méthode productive, surtout quand les citoyens, mal informés et anesthésiés, redeviennent des « sujets ».

Mais je déblogue…

 

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Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
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