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LES STATISTIQUES

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MAIS JE DEBLOGUE...

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5 juin 2009 5 05 /06 /juin /2009 07:17

Il arrive que l'on puisse faire confiance aux banquiers. Pas à ceux qui sont au quotidien derrière leur bureau pour accueillir un client ayant dépassé son découvert autorisé, car eux, parfois, ils sont logés à la même enseigne que celle ou celui qu'ils sanctionnent. Mais les ténors, ces gens bien sous tous rapports, qui ont plongé le monde dans la tourmente au nom du culte du profit. Ils détenaient la vérité... ils la détiennent encore ! Ce qui fait leur force, c'est qu'ils annoncent, avec une docte assurance, ce que chacun constate tous les jours, mais que les gouvernements de tous bords s'efforcent de minimiser. Ainsi, la Banque centrale européenne (BCE) a révisé en forte baisse ses prévisions pour l'économie de la zone euro, avec une récession attendue de 4,6% en 2009, comme l'a  annoncé hier son président, Jean-Claude Trichet. Elle misait jusqu'alors sur un recul de 2,7% en 2009. Pour 2010, l'institution de Francfort a également revu à la baisse ses prévisions : elle attend désormais une recul du PIB de 0,3%, contre une croissance nulle prévue jusque là. Comme quoi il faudrait relire quelques-unes de ces chroniques pour constater que dans le fond il ne faut pas être un grand spécialiste pour entrevoir la catastrophe. Et encore... on est bien loin d'avoir touché le fond de la piscine pour revenir à la surface.
Concernant l'inflation en zone euro, la BCE a légèrement abaissé sa prévision d'inflation, à 0,3% cette année, contre 0,4% jusqu'ici. Pour 2010, la BCE a maintenu hier sa prévision de 1%. Parallèlement, Jean-Claude Trichet a confirmé la décision relativement attendue de la Banque centrale européenne de maintenir inchangé son principal taux directeur, à un niveau historiquement bas de 1%. Cette décision illustre le marasme dans lequel se trouve cette Europe, tellement prospère, qu'une majorité de Françaises et de Français, figés dans leur opinion dominante par des rafales de sondages imprécis, est en passe de valider. Il est vrai que tout aura été fait pour que cette catastrophe, supérieure à celle des années trente, soit masquée par des faits divers exploités jusqu'à la limite de la caricature. L'insécurité sociale naissant de cette récession qui va s'accentuer durant la période estivale, provoquant un accroissement de la pauvreté et de la précarité,  s'est diluée dans une campagne ridiculement apolitique.
En fait, dimanche soir, l'ex-ministre de l'emploi promènera sa silhouette de gendre parfait sur les plateaux de télévision, en affichant le sourire satisfait des vainqueurs : l'UMP sera en tête ! Il aura réussi un exploit sans précédent. Sous le gouvernement dont il porte haut les couleurs et dans lequel il a exercé la responsabilité de mettre en œuvre la promesse de son mentor : « je serai le président du plein emploi ! » Voici ce que les retraités, les rentiers, les nantis de tous poils, apeurés par les incivilités et les drames inévitables dans une société qui a oublié que la principale violence est sociale, vont approuver à moins de 10 % des inscrits sur les listes électorales : avec les Dom, le taux « officiel » du chômage grimpe à 9,1%. C'est un chiffre "brutal", et cette situation "va perdurer", a commenté la ministre de l'Economie, qui a nié cette évidence durant de longues semaines mais dont tout le monde a oublié les propos rassurants !

EXCUSE : CE POURRAIT ETRE PIRE !
Le taux de chômage a pourtant encore augmenté : au 1er trimestre 2009, il a augmenté de 1,1 point, à 8,7% de la population active, contre 7,6% au quatrième trimestre 2008 (chiffre révisé). La ministre de l'Economie, Christine Lagarde, en a fait l'annonce hier sur Europe 1, ravie de savoir que l'UMP restera le premier des partis français ! « C'est évidemment un mauvais chiffre (...), on a une dégradation de la situation de l'emploi qui est tout simplement la conséquence de la dégradation de la situation économique depuis six mois de manière absolument nette », a déclaré la ministre sans se poser la question de savoir qui en était responsable. Le bouclier fiscal, les exonérations des heures supplémentaires, la fin des 35 heures, la déréglementation sociale, la mort des services publics, la destruction de la fonction publique... ne sont, bien évidemment, absolument pour rien dans cette fabuleuse « croissance négative » qui ne s'arrêtera plus !
Christine Lagarde a par ailleurs indiqué que le taux de chômage au quatrième trimestre 2008 a été révisé, passant de 7,8% de la population active en France métropolitaine à 7,6%.
Selon elle, ce mauvais résultat se situe « dans la moyenne de l'Union européenne »,  incitant ainsi les électrices et les électeurs à approuver un tel bilan. Ouf, ça aurait pu être pire ! En outre, la situation « se dégrade moins vite qu'ailleurs », a-t-elle souligné, en citant les cas de l'Espagne, de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis... dont on sait qu'ils n'ont aucune responsabilité dans la faillite de l'économie du profit outrancier. La France, qui avait atteint pendant une partie de l'année 2008 le plus bas niveau depuis 25 ans, avait terminé 2008 sur une nette remontée du chômage (+0,3 point sur un an), alors qu'il reculait depuis 2006...Désormais la plongée devient « convenable ». Ce serait risible, s'il n'y avait pas derrière ce constat un véritable mépris technocratique vis-à-vis des femmes et des hommes qui se trouvent dans la détresse absolue. Christine Lagarde se moque de celles et ceux qui vont voter contre son gouvernement, en choisissant toute autre liste que celle de la majorité présidentielle et européenne. Le libéralisme sera désavoué, mais il sortira heureux de ne pas avoir été laminé comme l'exigerait la situation.

ETONNANTE DEMANDE DE SOLIDARITE
Dans le même temps, alors que les gens souffrent et doivent avoir recours à la solidarité sous toutes ses formes, car ils n'ont plus les moyens de faire face à leurs dépenses fondamentales : manger, se loger, se soigner..., le Président de la République leur annonce froidement qu'il va falloir mettre encore davantage la main à la poche. Ayant exonéré les entreprises rentables des cotisations sociales, ayant oublié que l'Etat doit des milliards à l'assurance maladie, il a annoncé, lors d'une passage à Bordeaux, au cours duquel il a fait bloquer toute la circulation sur la rocade, pour sortir sans problème du restaurant où il était allé festoyer, que les mutuelles allaient devoir augmenter leurs... cotisations. Dans son discours, prononcé avant les agapes, Nicolas Sarkozy a fixé comme objectif "que soient confiées de nouvelles responsabilités aux organismes complémentaires, car les régimes de base ne pourront pas tout financer".
Pour le président de la République, qui s'exprimait à l'occasion du 39e congrès de la Mutualité Française, « la demande de solidarité n'a jamais été aussi grande qu'aujourd'hui, et la violence de la crise ne fait que la renforcer ». Diable ! Mais qui donc est au pouvoir dans un rôle capital depuis 7 ans ? Qui a créé ce besoin de solidarité par ses décisions politiques ? Mais « face à cette demande, les ressources de la solidarité nationale ne sont pas infinies » (mais qui a accordé les exonérations ?) et « la croissance de notre économie, même quand nous serons sortis de la crise, ne permettra sans doute pas aux régimes de protection sociale de base de couvrir l'intégralité des besoins nouveaux », a-t-il souligné. Mais pourquoi n'arrêterions-nous pas de faire des cadeaux fiscaux à celles et ceux qui ne vivent que sur les fortunes qu'ils accumulent en dormant ?

DE BELLES PAROLES
Nicolas Sarkozy a distingué trois thèmes parmi « les éléments constitutifs d'un partenariat nouveau entre l'assurance maladie et la Mutualité ». Le premier est la participation des assureurs complémentaires, aux côtés de l'assurance maladie, aux négociations conventionnelles dans les secteurs des frais d'optique et des soins dentaires ». Il ne va tarder à inventer la vraie mutualité française que les directives européennes sur la concurrence libre et non faussée ont tuée.
Le deuxième thème est celui des dépassements d'honoraires des chirurgiens, anesthésistes et gynécologues-obstétriciens. Pour le chef de l'Etat, "le secteur optionnel doit permettre un meilleur encadrement des tarifs que le secteur 2, assorti d'objectifs de qualité. Les libertés tarifaires seront mieux prises en charge par l'assurance maladie et les assurances complémentaires, ce qui permettra un meilleur accès aux soins". Nicolas Sarkozy envisage de demander au législateur de se saisir du problème. « Les dépassements d'honoraires dans les cliniques incitent certains de nos concitoyens à renoncer aux soins et ce n'est pas acceptable », a-t-il assuré. Mais comment l'empêcher quand le temps d'attente à l'hopital devient démentiel, faute de personnel et de moyens matériels ?
Le troisième thème avancé par le président est celui des maladies chroniques, pour lesquelles il souhaite que le gouvernement « étudie de façon approfondie la proposition du mouvement mutualiste » et que « des expérimentations soient lancées par le gouvernement et la Mutualité pour améliorer la qualité et l'efficience de leur prise en charge ».
De beaux mots qui se résument d'une manière simple : la Sécurité sociale est en passe de disparaître, pour devenir un service minimum, agrémenté de nombreuses options, que seuls celles et ceux qui le pourront, trouveront auprès des assurances ou des mutuelles devenues, grâce à l'Europe, des sociétés comme les autres. Encore une fois, cette annonce consiste à taper fictivement sur quelques privilégiés (médecins spécialistes), dont on sait qu'ils conserveront leurs privilèges car il existe une clientèle pour eux, et à rogner sur les avantages acquis par le plus grand nombre. La tactique reste la même, sauf que cette fois, les faits démontreront que les prévisions étaient bonnes et que personne ne se posera la vraie question : mais qui donc nous a conduits vers ce marasme niant égalité, liberté et solidarité ? Surtout dimanche !
Mais je déblogue...

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Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
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commentaires

Baillergeau 07/06/2009 00:18

Je ne pige pas, tout les assurés ont besoin de couvrir leur ticket modérateur.Mon propos ne portait que sur cette partie.je laisse aux Mutuelles et Compagnies le soin de proposer des couvertures au-dessus du ticket modérateur.Pour les dents, une viste obligatoire dès l'enfance règlerait énormément de problèmes Pour les lunettes, une formule présentable pour la monture + les verres sans option faisant l'objet d'un appel d'offre européen casserait la folie en cours ! 

DURAND+Gérard 06/06/2009 23:58

Je suis d'accord avec vous sur le principe mais vous savez que tous les cotisants adhérents d'une mutuelle n'ont pas tous les mêmes besoins de remboursement ce qui est loin d'être le cas de la SS qui a d'autres débiteurs Ok.

Baillergeau 06/06/2009 21:17

Si des compagnies peuvent gagner de l'argent avec la part non couverte par la SS et si des Mutuelles s'en tirent assez bien, pourquoi la part non couverte par la SS ne serait pas garantie par la ....SS ! sans aucun frais de gestion supplémentaire.Second point. Dans leur gestion interne, la différence entre une Mutuelle et une Compagnie est égale à zéro - Pourquoi les Mutuelles ne donneraient pas plus de pouvoir aux salariés ? Quand il le souhaite pour les autres entreprises, le secteur mutualiste pourrait se l'imposer ! C'est là que ça devient dur...  

DURAND+Gérard 06/06/2009 12:45

Toutes les voix de gauche sont bonnes a prendre !

Annie+PIETRI 05/06/2009 17:27

Soyons assurés que ni les banquiers, ni Mme Lagarde, ni Sarkozy, ni F.Fillon, ni tous leurs amis qui on accompagné la crise en restant totalement calmes devant l'adversité, n'auront à souffrir des conséquences de ce dont ils sont en grande partie responsables. Seuls les travailleurs, les retraités, les modestes se retrouveront au fond d'un trou de plus en plus profond!Tout ce qui faisait la fierté de la France, toutes les conquêtes sociales, patiemment et durement accumulées par ceux qui nous ont précédé sont en voie de destruction, méthodiquement et avec persévérence.Comment  la majorité des français peut-elle être à ce point aveugle - ou indifférente et ne pas réagir!Alors, comme je suis d'un naturel plutôt optimiste, je me prends à espérer un sursaut de l'opinion, dimanche, et une bonne surprise dimanche soir....Dommage que la gauche ne soit pas plus unie autour du PS, cela aurait été quand même plus facile !!!