Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Texte Libre

LES STATISTIQUES

VISITEURS UNIQUES

1 074 692

PAGES LUES

7 113 288


MAIS JE DEBLOGUE...

Archives

6 juin 2009 6 06 /06 /juin /2009 07:17
Certaines ou certains d'entre vous hésitent encore pour savoir si dimanche il faut aller voter. Inutile ? Superflu ? Faiblesse ? Dégoût ? Résignation ? Manipulation ? Peu importe la cause, puisque désormais personne ne devrait se poser la question tellement la situation devient urgente. Mais où va-t-on ? Quelles seront les conséquences pour notre quotidien, dès lundi matin, si l'UMP se sent pousser des ailes, alors qu'elle agit au mépris de toutes les oppositions. Dans tous les pays européens, les partis gouvernementaux payent fortement leur incapacité à gérer une crise qu'ils accusent de tous les maux de la planète. En France, alors qu'absolument tous les indicateurs sont dans le rouge, que nous accumulons les signes inquiétants pour notre démocratie, on aura un triomphe sarkozyste... Quelle analyse feront les exégètes médiatiques de ce comportement collectif erratique !
En fait, depuis des semaines et des semaines, des événements pourraient pourtant réveiller les consciences de celles et ceux qui oublient que les démocraties meurent enlisées dans les sables mouvants du renoncement. La convocation au poste devient la seule réponse actuelle aux moindres critiques. Directement ou indirectement, un système s'installe. Il faut se méfier de ses écrits. Il est inévitable de surveiller ses paroles. Il est devenu dangereux d'exprimer publiquement une opinion défavorable aux maîtres des lieux. La délinquance n'est plus dans les faits mais dans les propos, les idées, les prises de position. Big Brother veille. Partout. Tout le temps. N'importe qui. Avec une discrétion calculée. Ne vous faites pas d'illusion, un jour ou l'autre votre tour viendra. Les téléphones sont surveillés. Les ordinateurs sont épiés. Les blogs, très suivis. Les manifestations sont filmées. Les trajets vérifiés. De plus en plus souvent les « fuites » ou les « erreurs » manifestes laissent percer un comportement qui se généralise. Dimanche, la réponse pourrait être un bulletin de vote, alors qu'elle ne sera qu'une absence coupable. Dans la série des « bavures » révélatrices, on a le choix.

SURVEILLEZ VOS SMS
Le 16 avril dernier, à cause d'un SMS transmis « de manière officieuse » à la police par l'un de ses salariés, un menuisier de 29 ans d'Abbeville, Stéphane, a passé 24 heures en garde à vue. Stéphane, faisant visiblement l'objet d'une mauvaise blague, reçoit le SMS suivant d'un de ses collègues : « Pour faire dérailler un train, t'as une solution ? » Une mauvaise blague qui coûte cher à celui qui la reçoit. Des policiers l'arrêtent, et il passe une nuit au poste. Motif officiel de sa garde à vue : « Non dénonciation de crime. » Rien que ça !
 Le menuisier s'est insurgé dans le Courrier Picard : « C'est totalement irréel. Je ne souhaite à personne de vivre ce que j'ai vécu. (...) C'était un véritable choc. En deux secondes, j'ai eu l'impression de devenir un vulgaire criminel. Je me retrouve dans une belle cellule jaune qui sent la pisse, j'ai l'impression d'être traité comme un chien. » L'auteur du texto a, lui aussi, été auditionné, et son domicile, perquisitionné. Question : comment le SMS, qui relève de la correspondance privée, a-t-il fini sur le bureau du procureur d'Abbeville Eric Fouard ? Un élément d'explication réside peut-être dans le fait que le téléphone de Stéphane n'était pas le sien, mais un téléphone de remplacement, prêté par l'opérateur.
Le procureur Eric Fouard, lui, a moins d'états d'âme, si on l'en croit ses déclarations au Courrier picard : « L'opérateur a le droit de consulter ces messages et le devoir d'alerter les autorités s'il estime qu'un crime ou un délit est susceptible d'être commis. » Il justifie la garde à vue par le « principe de précaution qui prévaut en matière de terrorisme ». On sent que l'affaire Coupat n'est pas très loin... et le reste le confirme !
Une Landaise de 49 ans a reçu fin mai une convocation de la police, après avoir laissé un commentaire sur internet, qualifiant la secrétaire d'Etat à la Famille Nadine Morano de menteuse, ce que Mme Morano a jugé "disproportionné", a-t-on appris hier de sources concordantes. Ouf !

ATTENTION A VOS COMMENTAIRES
Après avoir visionné une interview de i-TV datant d'octobre 2007, et reprise par Dailymotion, dans laquelle Mme Morano s'explique sur son apparition à un meeting de Ségolène Royal, Dominique Broueilh avait laissé un commentaire indiquant simplement « Hou la menteuse ». Une grave insulte de cour de récréation... et qui mériterait chaque jour que des dizaines d'écoliers soient convoqués au poste. La police a du travail devant elle, et ne risque pas les suppressions de postes ! en revanche les enseignants peuvent s'inquiéter, car leurs classes vont se dépeupler !
Après un dépôt de plainte de Nadine Morano en février, cette habitante de Saint-Paul-les-Dax a eu la surprise de recevoir une convocation de la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP).
« J'ai vu la vidéo, j'ai mis 'Hou la menteuse' parce que je faisais référence à la chanson de Dorothée, c'est tout. Ca aurait été un autre homme politique, ça aurait été pareil. En mettant la menteuse, je ne pense pas du tout que c'est une injure, ils se le disent entre eux, c'est un mot de tous les jours », a déclaré à l'AFP cette mère au foyer, dangereuse terroriste du net ! .
« J'ai écouté les informations, ce matin. Hier soir, ils ont dit bien pire sur la plateau de France 2 », a-t-elle relevé, faisant référence au vif échange de jeudi soir entre Daniel Cohn-Bendit et François Bayrou qui, il est vrai, ne concernait pas... un membre aussi efficace du gouvernement que Nadine Morano !
« J'ai reçu un appel d'un officier de police me disant que je suis convoquée dans les locaux de la BRDP. Je ne savais pas ce que c'était, j'ai cru à une blague », avoue-t-elle. Ne pouvant se déplacer à Paris, c'est finalement l'officier qui viendra au commissariat de Dax pour l'entendre... On va payer un déplacement (voyage, heures supplémentaires, frais...) à un fonctionnaire d'un Etat ruiné, pour auditionner une citoyenne qui a mis « hou la menteuse » sur un site visité par des millions de personnes ! Imaginez ce qu'on aurait fait si elle avait écrit « casse toi, pauvre conne ! »
« Quand j'ai reçu la convocation, j'ai commencé à paniquer », a-t-elle raconté, se disant « carrément dépassée », même si elle ne regrette « pas du tout » son commentaire sur le net, car « pour moi ce n'est pas une injure ». Enfin, elle a appris quelque chose. Elle ne se précipitera plus sur Internet pour visionner des extraits des propos de Nicolas Sarkozy, tenus en public, sur le pouvoir d'achat, le plein emploi, l'insécurité, la solidarité, la santé pour tous, le rôle des instituteurs et des religieux : « Hou le menteur ! » constituerait un crime de lèse majesté ! Heureusement que le bagne n'existe plus !

TOUS COUPABLES
Rappelons que les enfants sont aussi placés sous pression. L'arrestation des petits Floiracais : logique, formatrice, salvatrice. Deux véhicules de police, pas moins de six policiers et deux heures d'interrogatoire: c'est le dispositif déployé par la police en Gironde pour arrêter deux enfants pour un vol présumé de vélos. Le matin même, une mère de famille avait cru reconnaître le vélo volé d'un de ses enfants. Les deux garçons, âgés de 6 et 10 ans, ont donc été interpellés à la sortie de leur école élémentaire, à 16h30, devant leurs camarades de classe.
Au final, l'enfant de six ans a reconnu avoir «emprunté» le vélo la veille au soir. Mais, la mère de l'enfant de 10 ans interpellé a, elle, fourni une attestation sur l'honneur signée de la personne qui le lui avait offert (un adjudant-chef de la base aérienne de Mérignac), il y a un an et demi. Elle a dénoncé un «procédé honteux». Mais qui s'en souviendra en mettant son bulletin dans l'urne dimanche ? Qui se souviendra qu'une bagarre ayant eu lieu à Courdimanche dans le Val-d'Oise a amené un enfant de huit ans à être interrogé par les gendarmes... il avait été traité par son adversaire de menteur !
L'audition du jeune garçon, accompagné par son père, a duré une vingtaine de minutes. Il a reconnu s'être battu avec l'un de ses camarades de classe qui "cherchait à [le] manipuler", avant d'avouer qu'ils s'étaient depuis réconciliés.
Pour sa défense la gendarmerie invoque une « procédure normale », faisant suite à un dépôt de plainte. Logique, si on se réfère au déplacement de Paris à Dax d'un officier de police judiciaire pour auditionner une brave dame ayant osé un commentaire sur Internet ! Il est vrai que quelqu'un qui dit simplement « Sarkozy je te vois... » est aussi placé en garde à vue et condamné pour tapage injurieux. Tapage injurieux que de dire « Sarkozy je te vois » ? Rappelons que l'injure est constituée de tout terme outrageant ne contenant l'imputation d'aucun fait (Article 29 de la loi du 29 juillet 1881). J'espère que la procédure mentionne d'autres propos, mais ceux-ci semblent les seuls retenus dans la citation (sous toute réserve, Souvenons-nous de l'affaire du « Casse-toi pov'con ».
Brandir un écrit qui critique implicitement mais clairement le président est une offense. Crier une critique de la politique sécuritaire voulue par le président est un « tapage injurieux. » Prochaine étape : une pensée désobligeante sera-t-elle une atteinte à l'autorité de l'État ? Appeler à ne pas voter UMP deviendra peut-être une atteinte à la sûreté de l'Etat ? Il y a, dans ces affaires, une impression d'instrumentalisation du droit pénal pour faire une police politique qui devrait déplaire au plus haut point aux citoyennes et aux citoyens conscients. Quelle que soit la légitimité démocratique sur laquelle s'appuiera le pouvoir en place, il y aura des opposants qui le contesteront, parfois injustement, parfois ridiculement. Et c'est tant mieux. Il est vrai qu'en quelques années, le nom du président et de ses collaborateurs apparaissent presque toujours dans les procès verbaux des procédures d'outrage. Faites donc attention au commentaire que vous posterez sous cette chronique, elle risque de vous conduire au commissariat ou à la brigade. Après moi tout de même.
Mais je déblogue...

Partager cet article

Repost 0
Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
commenter cet article

commentaires

youkaidi 06/06/2009 19:25

Maintenant ce n'est plus "terroriser les terroristes" mais "terroriser les citoyens".

Annie+PIETRI 06/06/2009 14:42

Et bien oui, nous qui ne sommes pas des admirateurs inconditionnels du très grand(façon de parler...) chanoine de Latran, nous qui ne sommes pas des cire-pompes permanents, nous qui nous permettons de ne pas être d'accord avec tout ce qu'il dit, tout ce qu'il fait et tout ce qu'il pense, et qui, comble de l'insolence,nous permettons même de le dire et de l'écrire, oui, nous sommes des délinquants potentiels....et même davantage !Qu'est-ce que c'est que cette soi-disant  démocratie où tout est surveillé,épié, contrôlé, où on supprime les seules émissions de télé qui font un peu réfléchir, au prétexte qu'elles ne vont pas dans le sens de la pensée dominante, où les journalistes ne peuvent plus ou n'osent plus s'exprimer sous peine d'être "remerciés", où le Président de la République peut se permettre,même, d'être grossier à l'égard des citoyens, mais ne supporte pas la moindre contradiction, ni la moindre plaisanterie..? Mais alors, si un homme politique ne supporte rien, et n'a pas la moindre once d'humour....il fallait qu'il fasse autre chose que de la politique.J'ai, comme la plupart d'entre nous, beaucoup de respect pour la fonction de chef de l'Etat, comme pour celles de ministres.....Encore faudrait-il  que ceux qui les exercent soient eux-mêmes respectables, et je ne suis pas sûre  que tel soit le cas actuellement.Qu'est-ce que c'est que ce régime où la police peut débarquer chez vous parce que vous avez librement utilisé les facilités qu'offrent les moyens actuels de communication, Internet, votre téléphone, ou votre boîte aux lettres.... La démocratie? Sûrement pas. Le totalitarisme. Sans nul doute ! Relisez vos livres d'Histoire,relisez...Marat, relisez les grands "philosophes" du 18ème siècle, relisez Orwell (le père de Big Brother)...vous y trouverez les réponses ! Et cette police que nous offre le sarkozisme ressemble plus à la Stasi, ou à la milice des années noires qu'à une police républicaine. Si on ne peut plus ni lire, ni écrire, ni parler,ni même penser, alors il nous faudra envisager de prendre le maquis pour échapper aux foudres du pouvoir.En tout cas, si tes écrits ou nos commentaires, doivent te valoir quelques ennuis - ou quelques brimades- alors, je pense nous nous serons nombreux à souhaiter t'accompagner dans les geôles sarkoziennes....

N.C 06/06/2009 11:33

Pas en forme ce matin ,pour la frappe du commentaire ..Cela m'arrive parfois .Excusez les quelques  erreurs.Au moins une .." Pablo Casals a été un modèle du genre."

N.C 06/06/2009 11:13

Non atteint encore  de paranoîa, mais d'une prudence modérée..dans mes écrits.Internet reste dangereux .Il faut laisser dire "Casse-toi pauv'con" mais surtout pas pas comme cette dame  " hou là là.. le menteur" avec notre  Guignol de  PrésidentJ'ai reçu un hoax récemment, d'actualité de Floirac :le  Gang des Doudous ,je crois , tout simplement por récupérer mon adresse e-mail.Et bien d'autres petites choses de ce genre...Il est vrai Jean-Marie, que je ne sais comment ton blog , que je suppose très surveillé, doit t'apppporter quelques ennuis.C'est fort courageux. Pablo Casals est un modèle du genre .

Bernard 06/06/2009 10:31

Malheureusement, Jean-Marie, tu as hélas raison. Il serait temps de rediffuser massivement Matin brun qui avait eu tant de succès en 2002 et qui décrit en une douzaine de pages l'accoutumance qui devient la norme.Décidément, demain, je voterai  Front de Gauche !