Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Texte Libre

LES STATISTIQUES

VISITEURS UNIQUES

1 074 692

PAGES LUES

7 113 288


MAIS JE DEBLOGUE...

Archives

8 juin 2009 1 08 /06 /juin /2009 07:17
Monsieur Jourdain faisait de la prose sans le savoir... et il s'en étonnait auprès de celui qui le lui apprenait. Il semble que les Françaises et les Français avaient besoin qu'on leur apprenne qu'il était bon que les femmes et les hommes politiques ayant en charge leur avenir se mettent à faire de l'écologie. Beaucoup ne semblent pourtant pas savoir que souvent, au quotidien, leurs élus n'ont pas attendu des leçons de Cohn-Bendit ou de Bové pour se préoccuper de cet aspect fondamental de la vie planétaire. A priori même, ceux de gauche s'en préoccupent beaucoup plus que les autres... dépassant souvent les promesses électorales de certains. Mais qu'en savent-ils véritablement ? Pas grand-chose, car leur vision est inspirée par une inflation d'émissions télévisées qui s'attardent sur les catastrophes planétaires potentielles ou en cours, sans se rendre compte que les raisons en sont généralement les conséquences du profit à tout prix. L'opinion dominante veut que seuls celles et ceux qui haranguent les troupes sur les solutions à trouver en matière de protection de l'environnement soient les meilleurs pour agir. Leur image repose sur le fait qu'ils savent être « contre » et qu'ils savent le faire savoir. Ils basent leurs argumentations sur des constats incontestablement inquiétants, ressassés par les médias dont l'image est le métier.
Le documentaire consacré à l'environnement "Home" du photographe Yann Arthus-Bertrand, diffusé vendredi à 20H35 sur France 2, a réuni 8,3 millions de téléspectateurs en moyenne, soit 33% de part d'audience sur les 4 ans et plus, a indiqué samedi France Télévisions. Le nombre de téléspectateurs regardant le documentaire a même grimpé à 9,5 millions (et 37,8% de part d'audience) à 21h48, si l'on en croit l'Audimat.
Le débat sur le thème "Comment sauver la planète?" animé en deuxième partie de soirée par Yves Calvi, a rassemblé 3,16 millions de téléspectateurs (20,6% de part d'audience). Yann Arthus-Bertrand a participé à ce débat, et comme il a été d'excellente tenue, il a rapporté fortement aux « non politiques » qui clament depuis très longtemps qu'ils sont les sauveteurs de la planète.
« Ces très belles performances placent France 2 en tête des audiences tout au long de la soirée », a souligné, dans un communiqué triomphal, France Télévisions, qui a remercié Yann Arthus Bertrand pour sa fidélité au service public. « En le programmant, France Télévisions répond pleinement à la demande des téléspectateurs d'avoir une télévision publique de qualité capable d'alerter, de transmettre, d'émouvoir et de divertir », a déclaré Mme Albanel dans un communiqué, et le ministre de l'Agriculture, Michel Barnier, chef de file UMP aux élections européennes pour l'Ile-de-France, avait affirmé vendredi soir que « Home » était un film qui appelait l'Europe à « être exemplaire » en matière d'écologie. Le message est passé 7 sur 7, et les citoyennes et citoyens ont exprimé leur volonté de voir Barnier et ses amis s'occuper de l'insécurité planétaire (mais où en est-on de la disparition de cet Airbus ?) et leur souhait de confier à Daniel Cohn-Bendit le soin de défendre la planète montrée par « Home ». Ils ne croyaient pas beaucoup dans les socialistes pour le premier volet, et ils ne croient plus en eux pour le second, sauf quand ils constatent que les faits parlent en leur faveur. Ce constat ne sera surtout pas fait dans les deux camps, car il mettrait en cause le triomphalisme des uns et les comportements des autres. Alors, on cherchera dès ce matin à récupérer les thèmes enfourchés par les troupes de José Bové, Eva Joly et Daniel Cohn-Bendit, sans chercher à déjà valoriser tout ce qui est fait sur le terrain au quotidien, dans la proximité, par des élus motivés. Un documentaire généraliste présenté seulement quelques heures après un débat de « chacailleries » de cour de récréation, ou pire, de cages d'escaliers d'immeubles, a transformé le politique française, puisque sont propulsés sur le devant de la scène des gens que la société actuelle a condamné !

LE ROUGE VIF
Il faut en effet noter que les véritables triomphateurs de la journée d'hier sont le dangereux révolutionnaire soixanthuitard Daniel Cohn-Bendit, le taulard José Bové et la juge renvoyée dans son pays d'origine pour incompatibilité éthique avec la magistrature française. Incroyable quand on se souvient de ce que fut « Dany le Rouge », qui aura été ce que Nicolas Sarkozy et le club de l'Horloge ont le plus haï depuis des années : l'épisode de mai 68 ! Frère de Gabriel Cohn-Bendit, il est né en France de parents juifs allemands, réfugiés en France en 1933 pour fuir le nazisme. Daniel Cohn-Bendit est apatride jusqu'à l'âge de 14 ans, où il opte pour la nationalité allemande pour, dit-il, ne pas être soumis au service militaire en France. Il se définit toutefois comme « citoyen européen ».
Brièvement membre de la Fédération anarchiste, puis du mouvement Noir et rouge, il se définira plus tard comme « libéral-libertaire ». En 1967, il est étudiant en sociologie à l'université de Nanterre lorsque commence le mouvement de contestation qui deviendra le Mouvement du 22-Mars en 1968. Il est inscrit sur la liste noire des étudiants de l'université. À la suite de l'évacuation des locaux par la police le 2 mai, il fait partie des étudiants qui vont occuper la Sorbonne le 3 mai. Il sera, avec Alain Geismar et Jacques Sauvageot, l'une des figures de proue du « mouvement de Mai ». Le 21 mai, alors qu'il est en voyage à Berlin, il est interdit de séjour en France. Il y revient le 28 mai, cheveux teints et lunettes noires, pour un meeting à la Sorbonne, où il est acclamé.
Le slogan « Nous sommes tous des juifs allemands » résumera ce soutien des jeunes à celui que la presse nomme « Dany le rouge ». L'arrêté d'interdiction de séjour ne sera levé qu'en 1978... soit il y a 31 ans !
Dès la fin des « événements », il s'installe à Francfort-sur-le-Main, où il s'intègre à la mouvance contestataire. Il est successivement aide-éducateur dans une crèche autogérée, employé à la librairie Karl-Marx, mais il s'éloigne peu à peu d'une perspective contestataire : ayant jusqu'alors dénoncé les « élections bourgeoises », il entame une carrière politique, qui l'a vu hier soir réintégrer le panel des gens bien-pensants, ayant mis à genoux le PS. Il est entré dans la hiérarchie de la vie politique française par la grande porte... et il va disparaître. Lui, le révolutionnaire, est devenu, grâce à une monumentale erreur de François Bayrou, une victime des centristes. Un comble !

L'HABITUE DES PRISONS
La situation est encore plus extraordinaire pour José Bové, dont le parcours est parsemé d'événements, tous en contradiction avec les obligations qui vont être les siennes au Parlement européen. Réfractaire au service militaire et refusant le statut d'objecteur de conscience, José Bové, recherché par... l'armée, trouve refuge dans une exploitation agricole des Pyrénées. En 1973, il participe au rassemblement national contre l'extension du camp militaire sur le causse du Larzac, où il rencontre Bernard Lambert.
À l'été 1974, 50 000 personnes participent à l'opération  "Moisson pour le Tiers monde " sur le causse. Il se trouve parmi les quelques militants qui évitent à François Mitterrand, candidat battu quelques semaines auparavant, d'être lynché par des groupuscules maoïstes. Il fait partie des vingt-deux personnes qui investissent en 1976 le camp militaire et s'emparent de documents attestant la vente de terrains par divers paysans. Il fait trois semaines de prison préventive, et est condamné à quatre mois avec sursis et privation de ses droits civiques pour activités antimilitaristes. Ce n'est que le début d'une longue suite de démêlés avec la justice !
En 1987, il participe à la création de la Confédération paysanne, dont il devient l'un des cinq secrétaires nationaux. Un fait particulièrement médiatisé fut l'action menée par José Bové et plusieurs personnes, le 12 août 1999, contre le chantier d'un restaurant McDonald's à Millau. Le saccage du chantier, qualifié par ses participants de « démontage », a été sanctionné au cours d'un procès, dont le verdict a condamné José Bové à une peine de trois mois de prison ferme... qu'il effectua partiellement !
Dans son action syndicale ou politique, José Bové, assisté d'autres militants, a eu parfois recours à des méthodes illégales, qualifiées de désobéissance civile par ses défenseurs, et inspirées de la réflexion politique de Henry David Thoreau. Il va probablement étonner à Strasbourg, paré d'une extraordinaire aura, obtenue par ce suffrage universel qu'il a longtemps contesté ! Situation qui démontre la volonté de certains électeurs bobos de voir enfin leurs combats relayés au niveau national. José Bové leur donnera bonne conscience, car il sera leur révolutionnaire de service à l'échelon européen.

LA JUSTICIERE
Il reste Eva Joly ! Nommée en 1990 juge d'instruction au pôle financier au Palais de Justice de Paris, elle instruit des affaires connues, comme celle de Bernard Tapie, puis hérite du dossier Bidermann, qui conduit, via Elf-Gabon, à l'affaire Elf, qu'elle instruit avec Laurence Vichnievsky.
Le 5 juillet 1996, elle fait incarcérer le patron, Loïk Le Floch-Prigent, ancien PDG d'Elf et président en exercice de la SNCF. Puis, elle ouvre les dossiers de l'affaire des frégates de Taïwan et de l'affaire Dumas - Deviers-Joncour. Elle condamne len 2001 le président du Conseil constitutionnel,  qui démissionne. Mais Roland Dumas est relaxé en appel en 2003.
En 2002, elle se met en disponibilité de la magistrature, pour devenir conseillère du gouvernement norvégien dans la lutte contre la corruption et la délinquance financière internationale, déplorant au passage la complaisance, en France, à l'égard des malversations financières. Elle explique son départ en Norvège comme un véritable exil, pour se mettre à l'abri : « J'ai quitté la France. Je suis partie parce que je ne voulais laisser à personne les moyens et le temps de se venger. »
En 2005, elle crée, avec l'appui du ministère des affaires étrangères, le "Network". C'est un réseau privé de juges et d'enquêteurs, réputés pour leur intransigeance dans la lutte contre la corruption. Ses membres représentent notamment plusieurs pays en voie de développement, auxquels le Network apporte non seulement un soutien psychologique et moral, grâce aux échanges et réunions organisés régulièrement, mais aussi, à l'occasion, une aide matérielle, comme l'exfiltration d'un membre dont la sécurité serait menacée.
Comme le disent certains membres du réseau, cette initiative unique et salutaire ne pourra réellement avoir un impact significatif que si une cour internationale est créée afin de poursuivre les criminels financiers, seule façon de faire appliquer les lois communes en vigueur.
Dénonçant toujours la soumission de la magistrature au pouvoir politique, elle a critiqué le projet de Nicolas Sarkozy de dépénaliser le droit des affaires, et l'immunité judiciaire durant la durée de son mandat, du président de la république. On va donc peut-être en reparler, et les électrices et les électeurs qui lui ont fait confiance voudront sûrement voir avec quelle opiniâtreté, comme pour José Bové ou Daniel Cohn-Bendit, elle oubliera en route ses engagements antérieurs. En tous cas, ils sont au sommet. Ils ne peuvent qu'en redescendre, car ce n'est pas tous les jours que des révolutionnaires prennent le pouvoir.
Mais je déblogue...

Partager cet article

Repost 0
Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
commenter cet article

commentaires

baillet gilles 09/06/2009 14:29

Bonjour,le vainqueur de dimanche c'est l'abstention, trés loin devant l'UMP. Ne l'oubliez pas... Et elle a triomphé partout en Europe. Je pense qu'elle a une signification politique de défiance par rapport à l'Europe. Le dernier vote européen avait réuni plus de 70% de participation et suscité un vrai débat: c'était le 29 mai 2005 et le résultat n'était pas allé dans le sens de l'oligarchie. Tout cela doit être pris en compte pour comprendre comment les citoyens perçoivent réellement les institutions européennes.Bien à vous

youkaidi 09/06/2009 01:14

Je ne vois pas en quoi c'est à mourir de consternation, je constate juste des faits ça ne plaît peut être pas mais c'est pourtant ce qui s'est passé.Pourquoi pour certains être socialiste c'est à tout prix suivre la ligne la plus à gauche possible ? C'est encore une fois mépriser une bonne partie du PS que de considérer qu'ils n'ont pas voix au chapitre parce qu'ils pensent que des petits pas sont plus sûr que des grands soir révolutionnaires.Mélanchon a d'ailleurs fort bien compris ce qu'il en était du PS et des électeurs du PS à l'heure actuelle et de ce fait il a décidé de fonder un nouveau parti.Si vraiment les électeurs du PS pensaient que le parti n'était pas assez ancré à gauche ils auraient voté en masse pour le Front de Gauche et non pas pour Europe Ecologie.Après on peut trouver cette analyse pas bien comme il faut mais ce sont les chiffres, les électeurs d'Europe Ecologie ne sont pas une génération spontanée sortie de nulle part.

Claude Belloc 08/06/2009 20:24





Je réponds très rarement aux commentaires d’internautes, mais pour une fois je vais déroger à la règle. Tout d’abord sur le fond de l’article de Jean Marie, si l’analyse est bonne et je la partage, je crains fort qu’il soit vain de tenter de sensibiliser les françaises et français sur ce qui est fait quotidiennement par les élus de proximités que sont les Maires et Conseillers municipaux d’une part, les Conseillers généraux et  leur président  en matière de défense de l’environnement. Cela leur semble tellement évident que bon nombre de nos concitoyens sont persuadés que cela se fait naturellement sans aucune volonté politique. Les trois nouveaux députés européens ont joué sur du velours, aidés par des éléments extérieurs à la campagne et ont raflé la mise. Tant mieux pour eux.

Maintenant pour revenir aux commentaires que je viens de lire, ceux de Gilles Baillet sont assez pertinents ;
- 1/ La droite a gagné parce que la gauche est divisée, c’est surtout vrai au sein du Parti socialiste et c’est probablement un des arguments qui a pesé en faveur des Verts.
- 2/ Oui le Parti socialiste a un réseau considérable d'élus locaux qui est bien ancré et qui fait un travail de proximité formidable mais trop souvent ignoré ou invisible. Mais aujourd’hui c’est insuffisant pour contrebalancer les effets qui nous frappent, encore que cela soit discutable puisque à Créon dont Jean Marie est le Maire, la liste menée par Kader Arif se tire plutôt très bien de l’exercice en restant largement en tête, néanmoins il faut avoir conscience que le réseau d’élus n’est plus suffisant aujourd’hui et que la gauche ne se résume plus au seul Parti socialiste pour représenter la gauche de gouvernement.
- 3 Si le PS n'a pas de projet de société, c’est d’abord sur le plan national que celui-ci fait défaut. Seul des gens avertis comme Gilles de ce qui se passe à Strasbourg ou Bruxelles sont en mesure de faire cette analyse sur le consensus libéral européen. - Enfin quatrièmement l'Europe n'a pas fini de devenir impopulaire puisqu'elle va continuer de casser ce qui marche le mieux, là je diverge puisque les droites arrivent largement en tête dans une très large majorité des 27 Etats membres. C’est donc que les citoyens européens ne la trouvent pas si impopulaire que cela, ou qu’ils sont encore, soit inconscients, soit insensibles au lent glissement vers une déréglementation totale de ce qui touche à leur vie au quotidien.
Quant à Jean-Luc Mélenchon on peut sans grande crainte de se tromper lui accorder le crédit qu’il n'oubliera pas ses engagements de lutter contre l'Europe libérale dans quelque groupe de gauche qu’il siège.

Pour ce qui est du post de Youkaidi et de ce qu'il advient lorsqu'on ne prend pas en compte l'avis de près de 50% des militants socialistes et presque autant de sympathisants, c’est à mourir de consternation, la droite avec des militants borgnes n’a aucun souci à se faire, les régionales de l’an prochain en feront la démonstration. A commencer par la région Poitou-Charentes où Ségolène Royal risque avoir beaucoup de mal à conserver sa présidence. Dire que beaucoup de socialistes ont voté pour Europe Ecologie par dépit en voyant que leur position plus "centre gauche" n'était pas prise en compte, c’est avoir une vision bien partisane qui s’applique aux militants Royalistes. Parce que si madame Royal avait été à la tête du Parti socialiste la bérézina aurait été la même. N’est-ce pas ce qu’a pu vérifié Vincent Peillon, un de ses lieutenants me semble-t-il. Je connais même un des cadres girondins de Désirs d’avenir qui a voté pour la liste soutenue par François Bayrou. La seule exactitude de ce commentaire c’est qu’effectivement une partie des soutiens de l’ancienne candidate à la présidentielle préfère regarder à droite, c’est son droit mais alors ils ne peuvent plus se réclamer du Parti socialiste. Si les mots ont un sens, être socialiste c’est bien avoir des idées clairement identifiées et affirmées à gauche.

youkaidi 08/06/2009 14:28

Voilà ce qu'il advient lorsqu'on ne prend pas en compte l'avis de près de 50% des militants socialistes et presque autant de sympathisants.Le TSS c'était très bien pour avoir sa place au bureau national mais on voit ce que ça a donné dans les urnes.Beaucoup de socialistes ont voté pour Europe Ecologie par dépit en voyant que leur position plus "centre gauche" n'était pas prise en compte. 

baillet gilles 08/06/2009 10:18

Rebonjour,rassurez-vous Mélenchon n'oubliera pas ses engagements à lutter contre l'Europe libérale parce qu'il siègera dans le groupe de la Gauche unie eurpéenne.Bien à vous