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LES STATISTIQUES

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MAIS JE DEBLOGUE...

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9 juin 2009 2 09 /06 /juin /2009 07:17
La valeur qui aura dominé le scrutin européen de dimanche n'est autre que celle de l'authenticité. Il faut en effet reconnaître que les électrices et les électeurs ont massivement voté pour les listes présentant les candidates et les candidats qui leur paraissaient les plus sincères, les plus vrais, les plus en phase avec une politique ne relevant pas, paradoxalement, des théories, mais des pratiques. Et ce n'est pas un mince paradoxe, car ce n'est pas nécessairement le vote de la raison, mais celui d'une sensation, d'une appréciation globale. La crédibilité des actes, qu'on les apprécie ou qu'on les rejette, a pesé sur les résultats de manière importante. Le pays n'a pas soutenu certaines listes car elles n'avaient absolument rien d'authentique ou de sincère. Elles ne représentaient pas les idées et les principes qu'elles prétendaient défendre. Ca se sentait. Ca se voyait trop. Et dans ces cas-là, le Peuple ne met pas longtemps à le ressentir.
Si les socialistes, le Modem et à degré moindre le NPA ont payé le prix fort, c'est qu'ils avaient le pire des scores en matière d'appellation d'origine contrôlée. Rien ne témoignait, après des mois et des mois de tromperies organisées, d'un changement réel d'orientation.
En fait, on ne soutient plus désormais que les élus qui se démarquent de la confusion ambiante. Les résultats reflètent donc une certaine vision de la politique.
Nicolas Sarkozy a, par exemple, (voir de nombreuses chroniques antérieures) accentué les certitudes de son socle électoral. Il a mis en scène l'insécurité, il a fait le tour des popotes pour galvaniser les certitudes, il a donné des signes forts de sa volonté personnelle de ne pas céder à la tentation du consensus sur des sujets non liés aux problèmes actuels. Il aura été dans le fond « fidèle à ses idées de droite » et si l'on doit bien lui reconnaître un certain mérite c'est celui de s'être affirmé comme un « capitaine de route » ferme et habile. L'électorat de l'UMP, mâtiné de quelques déçus de l'extrême droite, représente bien les 27,6 % qui se sont miraculeusement transformés en triomphe. Il aurait fallu rappeler, dans le même temps, que Nicolas Sarkozy a réalisé 31,18 % au premier tour de l'élection présidentielle de 2007... pour être certain que les listes UMP n'ont réalisé que le minimum attribuable à l'UMP, au Nouveau centre et à la Gauche moderne réunies ! Ce résultat a été obtenu en mettant en avant les idées forces du sarkozysme, sans complexe et sans renoncement : pseudo lutte contre l'insécurité, chasse organisée aux services publics, gages donnés au monde du profit, apparente opiniâtreté dans les réformes, et notamment face aux étudiants. Tout a conforté, dans le tiers irréductible depuis des décennies de la France de Droite, l'image d'un Sarkozy décidé à faire du Sarkozysme ! Il a patiemment modelé cette image de « sincérité » face à son électorat, en jouant sur les divisons du camp adverse.

DU ROSE D'ASSEMBLAGE
Dans le même registre, Jean-Luc Melenchon a récolté les fruits de ses déclarations, conformes à ses engagements. Il avait fait un choix : quitter le bateau socialiste, loin de porter le nom « Des copains d'abord », pour rejoindre les partisans de la barre, à bâbord toute. Sa décision a été entendue, malgré le parasitage des Communistes historiques, qui y ont vu une énième récupération de leurs équipages en perdition. Ce qui ressemblait au radeau de la Méduse a retrouvé du vent dans ses voiles en renouant avec une certaine forme, encore limitée, mais bien réelle, d'union de la Gauche. Le choix était clair pour le Front de Gauche : rompre avec le consensus mou, et ne pas se gêner pour rappeler que si l'on avait été contre le Traité constitutionnel, il fallait refuser l'Europe de la concurrence libre et non faussée. Avec leur cinquième place (6%), les troupes d'un Mélenchon authentique ont distancé un NPA qui a eu du mal à convaincre de son utilité.
Refusant l'idée même de toute alliance de gestion, ou de mettre les mains dans le cambouis pour résoudre les difficultés de celles et ceux qu'il souhaite défendre, Olivier Besancenot a perdu une part de sa crédibilité. Il a payé, en se prenant probablement pour une vedette (passage chez Drucker), la rançon d'une image de « révolutionnaire » ne prenant pas de risques. Plus d'authenticité, plus de voix !
Les socialistes ont fait le maximum, en mélangeant du blanc et du rouge, pour faire un rosé totalement imbuvable. Unis sur la base du plus petit commun dénominateur, ce qui ne traduit jamais une ambition idéologique forte, il a concocté d'improbables assemblages. Trichant sur les « appellations », en mettant des étiquettes sur des « produits » déconnectés du terroir, ils ont accrédité le sentiment qu'ils ne vivaient que dans les combines. Incapables d'effacer cette tromperie sur la marchandise, ils ont couru après une image de mépris pour les électrices et les électeurs.
L'erreur était inévitable, car la pression des ambitions individuelles, portées par des justifications d'équilibres de courants, mettait l'appareil parisien dans un étau. Les attaques contre le gouvernement ont renforcé l'idée que la seule chose qui soudait encore le PS, c'était cette opposition permanente. Là encore, ce comportement était imposé pour profiter de la présence parlementaire qui manquait au Front de Gauche et au NPA, mais il restait abstrait pour des électrices et des électeurs, confrontés à la dure réalité de la crise.

L'IMPOSSIBLE RECONCILIATION
Le pire moment de non sincérité a été donné à l'opinion publique par le meeting de Rezé, présenté comme celui de la réconciliation. Ca a sonné tellement faux que l'effet a été contraire à celui espéré. L'opinion publique n'a pas eu besoin des commentaires acerbes des médias : elle n'a jamais cru à cette regrettable mise en scène. Le PS, qui était déchiré entre les partisans du Oui au traité européen et ceux du Non écartelés entre leurs consciences et les consignes, n'a pas donné une image très conquérante;  il a sombré dans l'invraisemblable, avec un bulletin de vote totalement surréaliste, et une profession de foi sans aucune référence concrète, autre que celle qui affirmait que le Parti  Socialiste Européen réussirait l'unité que le PS n'arrive pas à faire !
Ce soir, au conseil national, on va s'étriper gentiment, et on va, sur le principe révolutionnaire, réclamer des têtes. Une moitié, qui n'a rien fait pour gagner, va s'en prendre à l'autre moitié, qui s'est épuisée à faire croire qu'elle allait gagner ! Mais il sera, encore durant quelques années, difficile de laisser accroire que les lendemains peuvent chanter juste quand, au plan national, aucun des "partenaires" ne possède  la même partition. Les socialistes ont fait de l'introspection permanente, se plaisant à se convaincre de leur engagement à gauche, mais oubliant que c'étaient les électrices et  les électeurs qu'il fallait convaincre. Ils vont continuer sur la même voie ce soir, en comptant leurs amis ou leurs ennemis, très éloignés des constats simples : dans les villages ou les villes où le Maire était engagé dans la campagne, le résultat est bon. Là où il était aux abonnés absents, c'est la déroute ! En fait, la seule satisfaction pour eux, c'est que le chemin de l'enfer du Modem est, lui aussi, pavé de mauvaises intentions.

LE MAUVAIS COUP DU PERE FRANCOIS
François Bayrou a commis un impair extraordinairement grossier, dans tous les sens du terme. Devant les caméras de télévision, il a cassé son image d'homme solide dans le combat. Ses troupes, partagées entre le besoin de se démarquer de l'UMP sans trop se démarquer au cas où..., vont profiter de cette bourde inutile dans la bouche d'un homme politique qui se prétend au-dessus de la mêlée malsaine, pour l'expédier faire des tours de tracteur en Béarn ! Grands perdants de ce vote, les centristes du MoDem vont se retourner contre leur chef solitaire, qui est brutalement apparu comme différent du  "gendre parfait". Le mouvement de François Bayrou jouait gros. Son avenir est désormais hypothéqué. Il est clair que la stratégie personnelle et antisarkozyste de son chef de file, le dérapage de fin de campagne à l'encontre de Daniel Cohn-Bendit, n'auront pas été payants, auprès d'un électorat lisse qui n'aime pas les coups d'éclats.
Le ministre de la Défense Hervé Morin, président du Nouveau centre et ancien lieutenant de François Bayrou, a estimé dimanche que le leader du MoDem était « en voie de chevénementisation », c'est-à-dire de marginalisation politique. François Bayrou se moquait pas mal des Européennes; il a voulu les transformer en une espèce de galop d'essai pour la présidentielle, au risque d'irriter toute une partie de son électorat. Son dérapage au cours du débat avec Daniel Cohn-Bendit a certainement ajouté au désarroi d'une partie de ses électeurs, mais il a surtout démontré son manque d'authenticité, contrairement à la gifle donnée à un gamin de banlieue ! Cet épisode a affecté "son avantage absolu, la construction d'une image d'homme d'éthique et de valeurs", estime un spécialiste de la communication. La marginalisation que François Bayrou a connu après son succès personnel à la présidentielle, d'abord aux législatives, puis aux municipales, se trouve confirmée, et c'est un grave handicap pour la suite. Les élus du modem vont aller fricoter avec l'UMP pour préparer utilement les régionales. Il va finir bien seul !
En fait, ce scrutin a mis en lumière les Verts et leurs alliés qui, eux, ne se sont pas posé la question de l'image, mais ont maintenu le cap, habitués qu'ils étaient à la marginalité, et surtout dénués d'ambition personnelle forte. Ils ont été récompensés, et leur étiquette « bio », bien évidemment très en vogue, a rassuré sur leur capacité à mener des combats apolitiques (c'est très à la mode), mais porteurs de valeurs désormais universelles.
Mais je déblogue...

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Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
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commentaires

baillet gilles 10/06/2009 12:19

Bonjour,je m'excuse d'être venu débattre sur ce blog. Je croyais que ça servait à ça.Amicalement

Jean-Marie DARMIAN 10/06/2009 23:12



Aucun problème pour moi... Plus on discute autour des chroniques et plus je trouve des raisons de persister dans ce travail quotidien aharssant. Allez-y, ne vous privez surtout pas

jean marie Darmian



E.M. 10/06/2009 01:13

Annie,Il n'y a pas d'âge pour recevoir des leçons... Mais je ne me permets nullement de t'en donner, en tout cas ici..Bise. 

Annie+PIETRI 10/06/2009 01:06

Eric, Je vois que nous sommes bien d'accord, seul ce qu'a écrit Jean Marie est important, et les commentaires - certains d'entre eux, du moins,- sont sans intérêt.Je tiens à te rassurer....je n'ai pas "peur", et je peux tout entendre et tout lire.Je crains seulement que certains "pinaillages" d'idées ne soient plus néfastes que profitables à la démocratie telle que je l'entends.Ceci mis à part, je serai à l'avenir une bonne petite militante de base qui ne conteste aucun des écrits de son secrétaire de section.J'ajoute que j'ai un peu passé l'êge de recevoir des leçons !!

E.M. 10/06/2009 00:25

@ Annie
 
Seulement 7 commentaires, car mon premier n'était pas adressé personnellement à Gilles, il était lié essentiellement à l'article de Jean-Marie.
Gilles et moi, nous sommes des militants de bases (me semble-t-il). Cet échange que nous avons ici ou ailleurs, nombreux sont ceux qui l'ont. Je sais qu'il existe des gens qui n'ont pas envie de l'entendre. Ils peuvent tout à fait ne pas lire nos commentaires. Sur un blog, d'autant plus un blog "politique" comme celui de Jean-Marie, ce type de commentaire existe. Il s’agit simplement d’un échange entre citoyens qui «appartiennent» à des partis différents. Seul l’article du propriétaire du blog est important, les commentaires sont secondaires.
Annie, tu devrais cesser d’avoir peur lorsque des citoyens échangent sur des désaccords… Ces échanges prouvent seulement que nous sommes encore en démocratie. En fait, nous ne cherchons pas à nous convaincre, juste à échanger… C’est pour le «fun» ! ;-)
Et puis, tu sais que j’aime la polémique !

Annie+PIETRI 09/06/2009 23:44

Bon. E.M. et G.Bialet ne sont pas d'accord: nous l'avons bien compris. Mais était-il besoin de huit commentaires pour nous en convaincre? Car aucun d'entre vous ne réussira à persuader l'autre de changer d'avis. Alors, tout cela sert à quoi?Comment n'avez-vous pas encore compris, l'un et l'autre, que ce sont justement ces discussions-là dont les militants de base ne veulent plus. Vous êtes socialistes, chacun à votre manière. Alors, n'est-ce pas là l'essentiel? Il faut cesser ces querelles. Il faut cesser les batailles d'ego, les nombrilismes exarcerbés, les rivalités de chefs, les luttes de courants. Et les discidences.Ce qu'il faut rechercher, c'est ce qui unit la gauche. Ce dont il faut discuter, ce ne sont pas des différences, mais ce sont des objectifs communs: la liberté, la solidarité, la laïcité, la justice sociale qui sont les valeurs communes à la gauche, à toute la gauche.C'est alors, et alors seulement que le peuple nous considérera comme crédibles, et nous apportera son soutien et sa confiance.Nos militants et nos sympathisants ont besoin de propositions concrètes. Ils ont besoin d'élus qui appliquent ces propositions sur le terrain, qui soient proches d'eux. Ils ont besoin que nous discutions avec eux de ce qu'ils souhaitent pour eux, pour leur vie de tous les jours, et pour l'avenir de leurs enfants.Ils ont besoin d'une gauche unie, proche de leurs préoccupations de tous les jours, et pas de chefs, de courants, de leaders plus préoccupés de leur avenir personnel et de la sauvegarde de leurs mandats que de la défense de l'intérêt général.Et il faut bien reconnaître que le spectacle donné par la gauche depuis quelques années ne répond nullement à leur attente.Alors, si nous voulons que le désastre ne se reproduise pas lors des élections à venir, les régionales d'abord, puis les autres, nous devons changer de cap très rapidement, et très profondément.Hélas, les informations qui nous sont parvenues ce soir du Conseil National ne sont pas de nature à nous réconforter totalement, je le crains.C'est à nous, militants de gauche, d'apporter la preuve  auprès des citoyens  que nos actions sont le reflet de nos convictions, et que la gauche, si elle est unie, peut retrouver la place qu'elle n'aurait jamais du perdre dans la vie politique de notre pays.