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LES STATISTIQUES

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MAIS JE DEBLOGUE...

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10 juin 2009 3 10 /06 /juin /2009 07:17
Les lendemains d'élection sont les plus durs. Ils témoignent de la réalité après les périodes d'annonces multiples qui ont grisé ou abattu les électrices et les électeurs. Désormais, on revient sur terre, et il n'y pas pire que le quotidien pour ramener à leurs contradictions les uns et les autres. Et là, comme le veut la tradition, les lendemains déchantent. D'abord, il s'agit pour certains de récupérer les thèmes porteurs et de faire oublier les erreurs que l'on a pu commettre. Cap sur l'environnement. On va multiplier les bonnes intentions, les déclarations flamboyantes, les belles interventions, afin de se faire plus verts que les verts comme Coluche prônait la lessive qui lavait plus blanc que blanc ! on y est, et ce n'est pas fini !
La première sortie de Nicolas Sarkozy au lendemain d'élections européennes marquées par le triomphe des écologistes était consacrée, hier dans la vallée de Chambéry, au thème des énergies renouvelables. Ouf ! Il est sur le coup !
Mais, par son attitude et ses propos, le chef de l'État n'en a pas moins montré qu'il avait parfaitement entendu le message des Français dimanche. Et il leur répond que le premier écologiste de France, c'est lui ! tant pis pour celles et ceux qui ont cru que c'étaient José Bové ou Daniel Cohn-Bendit. Ces deux-là sont éclipsés par le Roi Soleil, celui qui ne pense qu'à la survie de la planète. On l'avait rarement vu aussi inspiré sur ce sujet, au point de se transformer en véritable militant des énergies renouvelables et de la biodiversité. Il va aller défiler avec les faucheurs anti-OGM. Il a, au passage, fait l'éloge du film Home de Yann Arthus-Bertrand, en justifiant le choix de France 2 de le diffuser deux jours avant le scrutin. « Il faut aussi le voir dans sa version longue !», s'est-il exclamé. Ce week-end déjà, il avait donné le DVD du film, sous-titré en anglais, à Barack Obama. Plutôt que de sortir de sa manche des annonces spectaculaires, Sarkozy a d'abord souligné que son quinquennat avait commencé à verdir dès 2007 : « Le Grenelle I sera voté d'ici à quelques semaines. Le Grenelle II, avant la fin de l'année », a-t-il promis, oubliant au passage les difficultés qu'avaient rencontré ces textes. Il a aussi affirmé qu'il fallait tirer deux leçons de la crise : « La première, c'est la régulation financière et la seconde, c'est la... croissance verte », a-t-il expliqué, comme si c'était une découverte. Il est devenu un petit bonhomme vert, débarquant sur une planète à peine susceptible de le porter.
Sur ce chapitre, il a voulu apparaître aussi bien comme le partisan de l'atome que du photovoltaïque : « Nous devons prendre des décisions pour que les énergies renouvelables soient aussi importantes que celles qui ont été prises par de Gaulle dans les années soixante en faveur du nucléaire », a estimé le chef de l'État pendant la table ronde. Il était accompagné, en l'absence de Jean-Louis Borloo, par la secrétaire d'État au Développement durable, Chantal Jouanno, et de Michel Barnier, longtemps élu de la Savoie.
Le président de la République a aussi rappelé qu'il fallait veiller à la cohérence du projet écologique, à tous les étages : « J'ai refusé (remarquez le ton !) l'exploitation des mines d'or en Guyane française pour protéger la biodiversité : quand on a fait le choix de la croissance durable, n'envoyons pas de symboles contradictoires », a-t-il lancé. Et ce n'est pas fini : il va faire de l'écologie à tout bout de champ. Quitte à fâcher son meilleur ami, Jean Louis Borloo !

BORLOO A TOUT FAIT
La percée d'Europe Écologie a au moins fait un heureux au sein du gouvernement : le ministre du Développement durable, Jean-Louis Borloo. Certes, le numéro deux du gouvernement salue d'abord le doublement du nombre de sièges de députés européens remportés par la majorité et souligne le rôle de son idole Sarkozy. Mais ce que Borloo savoure surtout, c'est le succès des listes écologistes... «L'Alliance écologiste indépendante et Europe Écologie représentent 20 % des voix, confie-t-il. Nous avons clairement participé à l'accélération de cette prise de conscience. Cela fait des trimestres et des trimestres que je m'explique, que je me bats et que l'on est entré dans cette mutation. » Ah ! Vous ne le saviez pas, mais Jean-Louis Borloo était au comité de soutien des listes vertes, et qu'ils ne flambent pas trop, car on va leur rappeler que leur succés n'est dû qu'à l'implication des ministres sarkozystes dans le développement durable !
Dès dimanche soir, l'ancien maire de Valenciennes et président du Parti radical s'était exposé aux sunlights des plateaux de télévision. « Les Français ont soutenu les listes qui ont parlé d'avenir, d'Europe et de planète », avait-il martelé, laissant déjà entendre que le succès des listes emmenées par Daniel Cohn-Bendit était un peu... sa victoire à lui,  oubliant ainsi tous les camouflets qui lui ont été infligés par ses amis ! Il les a oubliés !
Borloo est convaincu que son départ ne se fera pas à l'occasion du prochain remaniement, mais plutôt au printemps prochain, au moment des régionales de 2010 quand il faudra tirer des listes avec le Modem dans le Nord. « Je ne demande rien. Je pense que je vais rester encore un an ici. C'est le temps qu'il faut, à mon avis, pour que le Grenelle de l'environnement devienne tout à fait irréversible », confiait-il la semaine dernière au Figaro, ajoutant qu'il lui fallait aussi mener la négociation sur le climat à Copenhague en fin d'année. Grâce au score des listes vertes, ces mois qui le séparent d'un éventuel changement de portefeuille ministériel vont avoir plus de lustre et de poids. Lui-même reconnaît d'ailleurs volontiers que « le Grenelle est entré dans une phase opérationnelle il y a quelques mois et que cette phase est moins spectaculaire que la précédente ».
Le premier ministre François Fillon, qui a parfois pu s'énerver contre le numéro deux du gouvernement, semble maintenant plus disposé à faire davantage de place au développement durable. N'a-t-il pas promis dimanche que la France serait « en première ligne » pour relever le défi du réchauffement climatique.

C'EST REPARTI
Dans les autres domaines, on est dans la même tendance. Allègre a perdu son poste ministériel, car Nicolas Sarkozy n'a plus besoin de lui, et comme il va contrarier les écolos, il restera retraité de la trahison ! En revanche, pour Eric Besson, il va falloir se démener. C'est d'ailleurs parti dès hier.
Une habitante de Saint-Girons dans l'Ariège est poursuivie pour « aide à un étranger en situation irrégulière », pour avoir hébergé durant plusieurs mois chez elle un jeune Afghan de 16 ans. Elle risque 30.000 euros d'amende et cinq ans de prison, alors qu'Eric Besson n'a cessé, avant les élections, de clamer haut et surtout très fort, que la loi ne serait jamais appliquée en pareilles circonstances.
Passionnée par l'Afghanistan, « troublée » par le Commandant Massoud, elle a décidé de « consacrer sa vie » à son message, et a fini par s'intéresser aux réfugiés afghans en France. Elle décide de prendre en charge Obaïdullah Samari, un jeune de 16 ans, et le ramène en Ariège. Elle le fait soigner, l'héberge chez elle pendant plusieurs mois, lui donne des cours de Français et, dans le même temps, elle cherche à le faire régulariser. Inquiète de ses nombreux échecs, elle décide alors de l'amener à la préfecture et de demander à la France de le protéger. Mais, le soir même, il était placé dans un foyer à Pamiers.
En fait, pour le procureur de la République du tribunal de Foix « cela ne nous dérange pas qu'on s'occupe des réfugiés. Mais cela devient embêtant si on les dépose devant la préfecture quand les difficultés arrivent. C'est pour cette raison que nous la poursuivons, ajoute-t-il. Incroyable : elle risque une condamnation pour avoir tenté de faire régulariser la situation d'un jeune adolescent réfugié sur le territoire français. Elle comparaîtra devant le tribunal correctionnel de Foix le 21 juillet prochain. C'est pour cette France-là que l'UMP a été récompensée par le vote de 12 % des électrices et des électeurs, faisant de ce parti le triomphateur des Européennes ! Dans les faits, on relance la machine et il faut prévoir qu'Eric Besson va tenter de sauver son poste en étant plus royaliste que le roi !

MANIFESTATIONS INUTILES
Enfin, il faut savoir que les manifestations ont repris dès hier. Les sapeurs-pompiers professionnels sont descendus dans la rue, sans se rendre compte que leur manifestation ne servira à rien et que les SDIS, alimentés par les crédits des Conseils généraux privés de la taxe professionnelle, sont condamnés à « mourir » paisiblement.
Les cinq syndicats ont appelé à une journée nationale d'action hier afin d'obtenir une rencontre avec la ministre de l'Intérieur pour aborder les questions sociales et de financement. Les syndicats CFTC, CGT, Autonomes, FO et CFDT ont déposé de manière unitaire des motions dans les préfectures, et organisé des rassemblements dans plusieurs départements. Cette initiative intervient à la veille d'une rencontre prévue à la Direction de la Sécurité Civile (ministère de l'Intérieur).
Les syndicats entendaient aborder les questions du temps de travail, du financement des Services départementaux d'incendie et de secours et de l'aménagement des fins de carrière. Ils s'aperçoivent, le lendemain d'une élection, que leur souci c'est qu'ils n'ont pas rencontré Michèle Alliot-Marie depuis deux ans et que les organisations qui ont légitimité pour parler du statut, des volets social et technique de la profession, sont oubliés dans les négociations. Allez, ce n'est pas grave : ils soutiendront les élus qui se battent contre la réforme des collectivités territoriales et contre la suppression de la TP !
Pour le pouvoir d'achat, ils repasseront, comme les autres salariés qui n'ont pas vu que le Parti Socialiste européen et le Front de Gauche proposaient un SMIG. En France il existe, mais dans les faits, il est mort !
Le gouvernement l'avait implicitement annoncé, le groupe d'experts enfonce le clou: la revalorisation annuelle du Smic devrait se limiter, le 1er juillet, au minimum légal, de 1,25% à 1,4%, sans « coup de pouce » supplémentaire.  Dans son rapport, le groupe de cinq économistes...choisis par le gouvernement pour quatre ans, estime que « les hausses du Smic ont été particulièrement soutenues depuis une quinzaine d'années », avec « des omniconséquences incontestablement défavorables ». Le groupe a estimé devoir « privilégier à la fois la protection du pouvoir d'achat des salariés dont les rémunérations sont les plus faibles et le développement de leur perspectives d'emploi à court et moyen terme, compatibles avec le développement économique des entreprises qui les emploient ». Et décidé « à l'unanimité » de recommander que la prochaine revalorisation du Smic soit limitée au minimum légal prévu dans le code du travail. Voici les nouvelles du jour qui rassureront, probablement, toutes celles et tous ceux qui sont restés chez eux... dimanche !
Mais je déblogue...

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Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
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commentaires

walkmindz 10/06/2009 07:55


Les bavures à répétition des faiseurs de frontières remettent en question la véracité de la théorie du chef du village national
   – stop -
L’interdépendance abusive ou non entre les territoires demeure leur fond de commerce, mais elle est la seule garante de l’unicité de leur l’identité
–     stop –
Entre une majorité omnipotente et une opposition fonctionnaire, les extrêmes font office de modérateurs –
-       stop –
 Quand on consomme des subventions sans acheter la technocratie, on finit par fantasmer le régime des autres
–     stop –
À force de nous vendre une Europe humaniste et paradisiaque, on en oublierait qu’aujourd’hui elle est plus une nécessité qu’un choix
–     stop –
Entre les accusations dignes d’une cour de récréation et les invectives feutrées, on pourrait croire que la nature du débat est la diversion commune
–     stop –
Les élections européennes s’adaptent au buzz anthropophage et au culte de l’immédiateté sans memoires
–     stop –
À la croisée de chemins handicapés par un passif, plus qu’un passé, les options de mutation offertes sont restreintes
– fin -
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