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Texte Libre

LES STATISTIQUES

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MAIS JE DEBLOGUE...

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16 juin 2009 2 16 /06 /juin /2009 07:17
Et dire que dans les soupers en ville, il existe des gens qui prétendent que les fonctionnaires sont assurés d'occuper leur poste à vie, quelle que soit leur action. Une sorte de rente de situation accordée par un statut n'ayant aucune autre contrainte que celle d'entrer dans les cadres de la fonction publique. Ce fut sûrement vrai du temps de Courteline, mais certainement pas à l'époque de Nicolas Sarkozy. Même les plus protégés des protégés valsent sur un mouvement d'humeur du Château, comme on dit dans le jargon administratif. Une mauvaise appréciation de celui qui symbolise une République libre, égalitaire, et fraternelle... et le fauteuil sur lequel vous vous êtes cru « roi » vous expédie dans le néant ! La valse des Préfets se poursuit sans complexe, sans retenue et sans ménagement. Plus besoin de se cacher : un geste de la main présidentielle, et le fonctionnaire fait ses valises en quelques minutes. Peu importe la raison : déplaire au maître des clés du pouvoir, ou probablement à ses proches, suffit dans les médias, dans l'administration, dans la vie publique, pour vous envoyer aux « galères ». La liste s'allonge de mois en mois, au hasard des visites présidentielles.
Il y a d'abord eu la marginalisation de celles et ceux qui entraient dans la catégorie des suspects. Certes suspects, pour leurs éventuelles idées légèrement humanistes ou de gauche, ne leur permettant pas de remplir les quotas d'expulsion ou de répression. Ils furent convoqués et tancés, avant d'être remplacés. Il y eut aussi les Chiraquiens, qui ont été mutés aux archives, et les gauchisants qui ont fini dans les oubliettes pour pantouflards, avant que nous en arrivions aux victimes du fait du Prince. Chaque fois, il y a une raison, supposée légitime, pour les déplacer, mais c'est une forme d'humour, qui consiste à prendre les médias et les citoyens un tant soit peu lucides pour des idiots !
Recueillez-vous devant les morts au champ du déshonneur présidentiel !

CA SE CORSE
Le coordinateur des forces de sécurité intérieure en Corse, Dominique Rossi, avait été démis de ses fonctions par le ministère de l'Intérieur. La place Beauvau avait indiqué que la décision avait été prise par la ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie. Dominique Rossi avait été remplacé par Gilles Leclair, sous-directeur de la lutte contre la criminalité organisée et la délinquance financière à la DCPJ.
Le déplacement était lié à la gestion d'un incident survenu, lorsqu'une cinquantaine de militants indépendantistes corses avaient décidé, à la suite d'une manifestation organisée devant la mairie de Porto-Vecchio en Corse-du-sud, de se rendre dans la résidence Punta d'Oru, où se trouvent des villas appartenant à des personnalités, parmi lesquelles Camille de Rocca Serra, président de l'Assemblée de Corse, et le comédien Christian Clavier, un proche du président de la République, Nicolas Sarkozy. Pour ne pas souffler sur les braises, Dominique Rossi aurait alors donné l'ordre de ne pas intervenir... Mal lui en a pris : il ne savait pas que Clavier possédait le numéro de portable de qui vous savez. Cet épisode des visiteurs n'avait pas du tout fait rire le pote de lycée, car les militants nationalistes avaient occupé pendant près d'une heure le jardin de la villa de Christian Clavier. Très bien accueillis par le couple de gardiens de la villa, sur recommandation de l'acteur, qui n'était pas présent sur les lieux, les militants s'étaient installés au bord de la piscine, où des jus de fruits leur avaient été servis.
Ces indépendantistes, qui entendaient protester symboliquement contre la "spoliation foncière" des Corses sur leur île, s'en étaient ensuite retournés tranquillement. Peu importe, ils avaient piétiné le gazon et c'était trop ! Reste que la gestion de la crise n'avait absolument pas été du goût de la place Beauvau. "Nous avions des informations. Elles n'ont pas été utilisées. Dans cette résidence vivent des personnalités et les choses auraient très bien pu dégénérer. La crise n'a pas été gérée comme elle aurait dû l'être. La ministre a donc pris la décision qui s'imposait", avait indiqué le ministère de l'Intérieur.
La Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) avait, en effet, transmis à Dominique Rossi un renseignement selon lequel des nationalistes corses pourraient se rendre jusqu'au lotissement à l'issue d'une manifestation. Dominique Rossi, contrôleur général, était le chef de l'ensemble des forces de sécurité intérieure en Corse, police et gendarmerie. Il aurait pu faire valoir ses droits à la retraite en avril, mais il lui avait alors été demandé de rester dans ses fonctions. C'est fait, il va maintenant pouvoir aller bronzer en Corse pour manquement à l'obligation de protection des amis !

UNE SECONDE MANCHE
La mutation du préfet de la Manche, Jean Charbonniaud, sept mois après sa prise de fonction, avait créé une polémique. Sa nomination, en Conseil des ministres, au poste de préfet hors cadre pour siéger comme membre du Conseil supérieur de l'administration territoriale de l'Etat, avait été jugée comme une "sanction injuste" par des élus UMP et PS. Elle serait la conséquence de l'importante manifestation organisée lors de la venue, dans  le département dont il avait la charge, du président de la République, le 12 janvier dernier.
"Je trouve parfaitement lamentable qu'on puisse utiliser un représentant de l'Etat comme si on utilisait un kleenex. C'est scandaleux. C'est une pratique d'un autre temps, contreproductive d'un point de vue politique", avait déclaré à l'AFP le président UMP du conseil général de la Manche, Jean-François Legrand. "Ce préfet est un très bon préfet qui n'a aucune responsabilité dans cette affaire", a ajouté le sénateur.
Ce fut également l'avis de Philippe Gosselin, député UMP de la Manche. "Cette sanction est très regrettable, injuste, c'est un mauvais signal politique. Cela donne l'impression que la manifestation du 12 s'est mal passée alors qu'il n'y a pas eu d'incident majeur". Le député avait indiqué qu'il se trouvait à côté de Nicolas Sarkozy lors de la manifestation: "il était très énervé d'entendre les manifestants le siffler. Il y a eu plus de monde qu'il n'en attendait à la manifestation, je crois, 3000 manifestants à Saint-Lô, ça ne s'est pas vu depuis 20 ou 30 ans", a déclaré Philippe Gosselin, avant d'ajouter: "Il est vrai aussi que les syndicats ont peut-être mis aussi un peu d'huile sur le feu en refusant de rencontrer le président". Le député UMP villepiniste de l'Hérault, Jean-Pierre Grand, s'était joint à ses collègues normands pour estimer que le départ de Jean Charbonniaud n'était "pas un bon signe pour la haute fonction publique de l'Etat qui, dans la période de crise que connaît la nation, doit travailler avec le pouvoir politique dans la confiance et la sérénité".
Le directeur départemental de la sécurité publique, Philippe Bourgade, avait ensuite reçu sa mutation. "Mon directeur central m'a appelé hier soir pour me dire qu'il fallait que je sois remplacé, que je choisisse une autre affectation", avait révélé l'intéressé sans savoir encore où il allait postuler. "Qu'est-ce qui s'est passé de grave ? Pas grand-chose, si ce n'est que le Président a entendu les manifestants le siffler. Il aurait fallu plus d'effectifs pour les maintenir plus loin" du Président, alors que les manifestants considéraient déjà les effectifs des forces de l'ordre comme de la "provocation", a déclaré le policier de 59 ans, arrivé en septembre 2007 à Saint-Lô. "Je n'ai pas à rougir de ce qui s'est passé." Dommage : il lui a fallu aller voir ailleurs ce qui s'y passe. Pour quelles raisons objectives ? Aucune !

TOUT A L'EGOUT
En août 2008, le chef de l'Etat s'était occupé personnellement de l'épineuse question du tout-à-l'égout du Cap Nègre, où la famille de son épouse possède une luxueuse résidence. Un an plus tard, le dossier n'a pas avancé. Et le préfet du Var vient d'être mis au placard. Bien entendu, ces faits n'ont aucun lien, même si je suis en mesure de vous révéler (en exclusivité sur L'AUTRE QUOTIDIEN), qu'il venait d'être inspecté, il y a quelques semaines et que ce n'est pas un surprise dans le milieu !
"M. Jacques Laisné (...) sera réintégré dans son corps d'origine", annonce le décret présidentiel, lapidaire, publié au Journal officiel le 5 juin. Quarante-huit heures plus tôt, le communiqué du conseil des ministres, encore plus sec, évoquait la nomination du nouveau préfet du Var, Hugues Parant, sans un mot sur la nouvelle affectation de son prédécesseur. Jacques Laisné n'a pas reçu de nouvelle affectation. Préfet hors-cadre, il va donc rejoindre son corps d'origine, la Cour des comptes. Dans le sérail de la "préfectorale", "il se murmure toutefois que la brutalité de cette éviction serait liée à l'implication du chef de l'Etat dans cette très locale affaire de propriétaires qui secoue le Cap Nègre", précise le site internet mediapart.fr.
C'est donc du côté de "l'affaire" de l'égout du Lavandou que se trouve l'explication la plus rationnelle. Faut-il raccorder le Cap Nègre au tout-à-l'égout, au prix de très lourds investissements que la cinquantaine de propriétaires ne semble pas prête à payer ? Se présentant comme le "gendre" de la famille Bruni-Tedeschi, le chef de l'Etat s'invite à la réunion des copropriétaires, en août dernier, face à des amis, rien que des amis, protégés par leur bouclier fiscal tout neuf. Et convoque, quelques jours plus tard, une réunion de crise dans la propriété de sa belle-famille, avec préfet, directrice de l'Equipement, maire et copropriétaires. Il est vrai qu'à l'époque, il n'a pas de sujets plus importants à traiter, car rien n'arrive... la crise est là, et selon certains témoignages, il annonce « les riches ne doivent pas être lésés ».
Pour arrondir les angles et convaincre les récalcitrants (il en existe, parmi les chevaliers du bouclier, qui n'auraient pas cru en ses promesses), le président promet de lourdes subventions publiques (pour ce domaine privé), et le préfet évoque même une éventuelle exécution d'office des travaux. Ce gars-là, qui scrute avec ses services la moindre délibération d'un élu de base pour savoir si le service collectif d'assainissement  est bien conforme aux termes de la loi Sapin, n'hésite pas, en tant qu'ex-fonctionnaire de la Cour des Comptes, à conseiller l'utilisation de fonds publics sur un domaine privé ! De quoi rêver sur le fonctionnement de notre République ! Mais depuis un an, le zèle du préfet Laisné se serait émoussé, car il devait avoir un reste de conscience personnelle. "Le préfet a évolué dans un sens qui nous est beaucoup plus favorable, et nettement moins aux ordres de M. Sarkozy", affirme le principal opposant au projet, l'un des copropriétaires, cité par mediapart.fr, Les subventions publiques ne sont pas encore venues, et l'affaire d'Etat relèverait de nouveau de la simple autorité municipale. Impossible à admettre par le maître  du pouvoir. On va donc donner une bonne leçon à ses collègues : ils n'ont plus le choix ! Déplaire au Président c'est s'exposer à l'exil doré ou au bannissement sordide.
Mais je déblogue...

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Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
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