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LES STATISTIQUES

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MAIS JE DEBLOGUE...

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17 juin 2009 3 17 /06 /juin /2009 07:17
Comment faire pour rester crédible dans le contexte politique actuel ? Difficile de critiquer le Président de la République puisque, désormais, toute mise en perspective d'informations noyées dans une masse plus ou moins étouffante tournerait, si l'on en croit les analystes de haut niveau, à l'anti-sarkozysme primaire. Et, toujours selon les éminents radiologues du corps électoral de plus en plus squelettique, il s'agirait d'une attitude mal vue de la part de celles et ceux qui comptent. Il est vrai qu'avec les 12 % de Françaises et de Français en âge de voter qui ont soutenu les listes de ses fans, il atteint des sommets de popularité le rendant inaccessible. Le Chef de l'Etat est sur un nuage, faute de se trouver sur un piédestal ou sur un trône. Cet homme-là appartient à la caste des intouchables, celle qui veut que toute tentative de le ramener au simple statut humain, c'est-à-dire susceptible de commettre quelques erreurs, soit vouée à corrompre celui qui la tente.
En fait, on sent bien que depuis dimanche soir, on se fait plus discret et plus nuancé, comme si le danger devenait patent. François Bayrou entre en hibernation après avoir avalé son béret béarnais ! Il va avoir l'occasion de méditer sur le danger qu'il y a, dans notre société du consensus mou, à se placer en position d'agresseur. Il est victime du système de la « triple » peine : il a installé Cohn Bendit chez les grands hommes verts, il a pris un coup de froid terrible sur ses ambitions, qui ne sont même plus au réfrigérateur mais au congélateur, et enfin il a requinqué, auprès d'un certain électorat, l'image en perdition de son ennemi intime Sarkozy ! Terribles sanctions que celles qui mettent en évidence qu'il vaut mieux traiter un quidam de « pauvre con », ou un jeune de « karchérisable », ou de s'en prendre à des marins pécheurs, que de disjoncter face à Dany le Rouge devenu Vert ! La France vit à tâtons et dans le silence. De toutes les manières, ce n'est pas la bave des crapauds qui va atteindre l'étoile !
Chaque fois qu'une tentative est faite pour simplement mettre à nu une part de vérité, c'est le retour de manivelle. Depuis le résultat des Européennes, il devient impossible de rappeler au bon peuple que tout n'est qu'appparence chez nous, et cruelle réalité ailleurs. La tendance est à l'acceptation de la pression, afin de ne pas être traduit en haute cour médiatique ou ne pas être simplement destitué directement ou indirectement. Le Président a toujours raison, et ce ne sont pas les faits qui résistent à cette vérité fondatrice du culte sarkoziste.
Par exemple, si l'on se réfère au déficit record de la sécurité sociale dont les journaux ont brièvement parlé hier, car les obsèques du grand démocrate Bongo comptaient davantage que cette facette du quotidien des lectrices, des lecteurs ou des téléspectateurs fascinés, il saute aux yeux que le... Chef de l'Etat et le gouvernement ne sont ni responsables, ni coupables. Si un socialiste élevait la voix pour rappeler que la crise a bon dos, il serait aussitôt taxé d'anti-sakozisme primaire ! En effet, ce n'est que la crise qui nous a conduits au gouffre !
Les recettes s'effondrent à cause de cette récession que personne n'a voulu avouer, durant des mois et des mois : la récession ! Les dépenses sont sous contrôle, et rien ne doit être décidé qui entraverait la reprise : c'est le message qu'a martelé le gouvernement, lors de la Commission des comptes de la Sécurité sociale. « La moitié » du déficit de 20,1 milliards d'euros prévu en 2009 « est un déficit de crise », a souligné Eric Woerth, le ministre du Budget. Mais il oublie que son propre mentor a exonéré à tout va sur les heures supplémentaires, sur les emplois qui augmentent les profits des sociétés... mais sans jamais annoncer que, forcément, il n'y aurait plus au bout assez de fonds pour maintenir la couverture sociale. D'autant que, dans le même temps, il accordait quelques avantages substantiels aux « copains » médecins ! Le dire ou l'écrire, ce n'est qu'une basse vision partisane de la politique.

NI RESPONSABLE NI COUPABLE
« La question du traitement des déficits cumulés va se reposer très vite, compte tenu du changement de dimension des montants en jeu » prévient François Monier, conseiller maître à la Cour des comptes en ouverture du rapport de la Commission des,comptes. Si rien n'est fait, le déficit devrait encore bondir l'an prochain, portant le besoin de financement cumulé sur deux ans à... 50 milliards d'euros. Mais le gouvernement a renvoyé le traitement de cette question à 2010, « quand le retour de la croissance le permettra ». Eric Woerth a exclu, hier, de transférer cette dette à l'Etat, une « solution de facilité » qui reviendrait « sur le principe vertueux du cantonnement de la dette sociale ». Mais pourtant, avec un brin de lucidité, les 12 % de Françaises et de Français qui ont voté pour la majorité présidentielle pourraient se poser la question : qui nous a ainsi mis la tête sous l'eau ? S'ils étaient réveillés, ils constateraient que, le même jour, l'UMP annonce un tour de vis sur les congés de maladie, alors que tous les spécialistes insistent sur les ravages que provoque la crise sur les salariés (pas sur les patrons du CAC 40 qui vont bien !), à cause du stress et des rythmes imposés.
Pas question non plus d'augmenter la CRDS pour transférer davantage de dette à la Cades, ni, à ce stade, de créer une caisse d'amortissement des « déficits de crise ». Le ministre promet une « solution, neutre financièrement sur l'ensemble des comptes publics », qui permettra que l'Acoss - la « banque » de la Sécurité sociale - « dispose des moyens de trésorerie nécessaires » pour « passer le cap difficile de l'année 2010 ». Pour 2009, le plafond de découvert de l'Acoss (financements garantis auprès de la Caisse des Dépôts), aujourd'hui de 18,9 milliards d'euros, sera relevé cet été « de près de 10 milliards ». Bercy va demander à la Caisse d'accepter un plafond encore plus élevé en 2010, ce qui promet des débats houleux, la CDC ayant toujours affirmé ne pas pouvoir aller au-delà de 31 milliards. L'Acoss va, quant à elle, être autorisée à... emprunter davantage, directement sur les marchés. Les frais financiers seront de toute façon considérables... alors que les collectivités locales qui ont emprunté sont sous pression, car elles augmentent la dette publique. Mais chut, il  faut la boucler, car les sondages sont formels : la cote de popularité de ces excellents gestionnaires, qui empruntent pour du fonctionnement, ne cesse de grimper ! Que les syndicats la ferment. Que les partis politiques, en désaccord avec cette gestion qui exonére les uns pour enfoncer les autres, se taisent. La Président est en lévitation verte !

TOUJOURS LES SALARIES
Et pourtant, les faits sont têtus. Les recettes, moins élevées que prévu, expliquent la totalité de la dégradation des comptes. La diminution de 1,25 % de la masse salariale se traduira par 8 milliards d'euros de cotisations en moins. Quant aux prélèvements assis sur les revenus du capital, ils chuteraient de 14 % en 2009, en raison notamment du recul de la Bourse et de l'immobilier. Il manquera aussi 1,7 milliard d'euros à l'assurance-vieillesse, le gouvernement ayant renoncé à augmenter les cotisations... sur les revenus du capital et décidé de s'attaquer à ceux du travail ! Travailler plus, pour finalement gagner globalement moins, avec la baisse des prestations sociales qui amputent le pouvoir d'achat de celles et ceux qui peuvent encore se faire soigner. Pour combien de temps ?
Sans atteindre le record de 2004, l'assurance-maladie renoue avec un déficit abyssal (9,4 milliards). Pour autant, le dérapage des dépenses pour 2009 n'est estimé qu'à 400 millions d'euros. Pour tenir strictement l'objectif, le gouvernement demande à l'assurance-maladie de « renforcer ses contrôles » sur les médecins qui prescrivent trop d'arrêts de travail : mille lettres d'avertissement seront envoyées aux plus gros prescripteurs, et 150 médecins de plus devront obtenir l'accord préalable de la Sécurité sociale pour en prescrire.
Même sévérité sur les transports sanitaires : 100 mises sous accord préalable supplémentaires sont prévues, ainsi que des visites de l'assurance-maladie dans les 200 hôpitaux les moins vertueux. Pour 2010, Eric Woerth laisse entendre qu'une progression des dépenses un peu inférieure aux 3,3 % prévus est envisageable : « Une croissance annuelle autour de 3 % est possible. »
Le gouvernement va lancer « dans les semaines qui viennent une concertation sur l'évolution » des avantages aux mères de famille sur leurs droits à la retraite, a annoncé la secrétaire d'Etat à la Famille, Nadine Morano. La durée d'assurance est actuellement majorée de deux ans par enfant (qu'il y ait eu ou non interruption d'activité), et une décision de la Cour de cassation impose d'accorder un bénéfice identique aux pères, ce qui ferait bondir le coût du dispositif. Le gouvernement va remonter l'âge de la retraite à 67 ans, dans une période de manque d'emplois pour les jeunes, et il va poursuivre ses exonérations en tous genres pour les entreprises, qui continuent pourtant à licencier à tour de bras, comme chez Michelin hier. Rien n'y fait : José Bové et Daniel Cohn Bendit sont là pour, de leurs bras musclés, étrangler le chômage !

LE PALAIS VA BIEN
Après avoir augmenté son indemnité de 172 % au nom de la transparence, le président s'était engagé à juguler les dépenses du train de vie du Palais. Le salaire mensuel du président Nicolas Sarkozy a, en effet, été augmenté à partir du 1er janvier 2008 de 172%, sans qu'une telle augmentation ait troublé l'opinion publique. La rémunération nette mensuelle du président de la République était passée de 7124 euros en 2007 à 19.331 euros en 2008, avec la prise en charge des frais courants qui vont avec les nécessités de la fonction. Le député socialiste René Dosière a dénoncé hier les "promesses non tenues" de Nicolas Sarkozy en matière de transparence et d'économies dans le budget de l'Elysée, dans un rapport qualifié (bien entendu !) de "totalement infondé" par la présidence.
En 2008, le budget exécuté de la présidence a augmenté de 18,5% par rapport à 2007, à 113,182 millions d'euros, "soit un rythme sept fois supérieur à l'évolution du budget de l'Etat", selon le député PS de l'Aisne, spécialiste depuis des années des comptes de l'Elysée. "Les restrictions budgétaires imposées aux administrations de l'Etat (...) ne s'appliquent donc pas aux services de la présidence de la République", constate M. Dosière.
Il déplore le manque d'"explications précises et détaillées" sur cette progression. L'Elysée continue à présenter son budget en six grandes rubriques, alors que le budget a quadruplé depuis l'époque de Jacques Chirac. Les dépenses prises en charge par les ministères n'étaient alors pas intégrées dans le budget de la présidence.
René Dosière déplore des renseignements fournis "plus rares qu'hier". Ainsi, un seul chiffre global -1.031 personnes- est fourni pour les effectifs de l'Elysée, sans précision sur les affectations ou sur le nombre de contractuels. Pour le député, "cette absence de transparence résulte de la volonté clairement proclamée qui consiste à afficher les mesures d'économies prises depuis l'arrivée du nouveau président". L'Elysée met par exemple en avant la baisse du coût par invité de la garden party du 14 juillet, sans préciser que le nombre d'invités est passé de 5.500 en 2007 à 7.050 en 2008. Résultat, la facture globale de la fête s'est élevée à... 475.523 euros en 2008, soit 13,4% d'augmentation par rapport à 2007.
Plus largement, M. Dosière s'interroge sur la "régularité" et la "sincérité" du budget élyséen. Il note ainsi que les dépenses exécutées en 2008 sont supérieures de près de trois millions d'euros aux crédits votés par le Parlement (113,18 millions contre 110,38). Le rapport dénonce des "manipulations budgétaires" pour éviter d'afficher un déficit: deux recettes d'un montant global de 2,4 millions sont inscrites alors qu'elles présentent un "caractère incertain et non conforme" aux règles budgétaires. Il s'agit notamment, selon M. Dosière, d'un "reliquat de subvention" accordé par le quai d'Orsay pour un voyage de Nicolas Sarkozy qui aurait dû entrer dans les comptes de la présidence française de l'Union européenne. Pas mal pour un voyage !
René Dosière, qui était déjà la bête noire de Jacques Chirac, fait preuve aujourd'hui d'indulgence vis-à-vis de l'ancien président. Ainsi, les seules dépenses de l'Elysée ayant diminué sous la présidence Sarkozy sont les aides aux personnes en difficulté qui se tournent, en dernier recours, vers la présidence: elles ont baissé de 48,4% en deux ans. Mais est-ce véritablement révélateur d'une gouvernance, puisque ce n'est que de l'anti-sarkozisme primaire ! Alors courage... Fuyons!
Mais je déblogue...

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Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
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commentaires

Annie+PIETRI 19/06/2009 18:29

Tant qu'on le peut encore, et même si cela doit avoir des conséquences...dommageables, je demeure convaincue qu'il vaut toujours mieux "l'ouvrir", quitte à s'en prendre plein la gueule!!!! La fermer, c'est abdiquer, se soumettre, renoncer à ses propres valeurs. Et nous voyons actuellement bien trop de gens qui "la ferment", même parmi ceux qui se disent des opposants, parce que leur avenir, leur carrière politique, compte bien plus pour eux que la défense et le respect de leurs propres idées. Et puis l'ouvrir quand on n'est pas d'accord, même si c'est parfois un peu vain, qu'est-ce qu cela soulage!!!