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LES STATISTIQUES

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MAIS JE DEBLOGUE...

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23 juin 2009 2 23 /06 /juin /2009 07:17
Il arrive souvent que les montagnes médiatiques accouchent d'une souris sarkoziste. C'est la rançon de cette prétention à faire mousser tant et plus ce que le Président annonce. Il aura de plus en plus de mal à étonner, tellement il galvaude ses apparitions. En se faisant omniprésent, il finit par effacer tous ses effets et, dans le fond, tout ce qui était événement devient maintenant banal. C'est probablement, avec la communication d'hier, le début d'une appréciation différente de la stratégie sarkoziste. En voulant trop en faire en sacralisant son intervention devant un Congrès acquis à sa cause, il a été trop haut pour ne pas en subir les conséquences ultérieurement. On ne peut que tomber d'un trône, alors qu'il est aisé d'y monter quand on n'est entouré que de courtisans.
Hier, le Chef de l'Etat s'est « couronné » devant un parterre de représentants du peuple, encore gonflés par les 12 % de votes favorables que leur a accordé le scrutin des Européennes. Il a endossé le costume du Prince Président, avec la jubilation de celui à qui tout sourit et qui ne voit pas pourquoi ça ne continuerait pas, tellement ses adversaires patinent.
Il a donné l'impression de ces chefs cuisiniers qui savent seulement accommoder les restes. Il s'est gavé de mots, de formules ambiguës pouvant laisser accroire qu'il trahissait son propre camp pour lui proposer des doctrines de gauche : éducation, recherche, égalité, liberté, fraternité, service public, laïcité... rien n'a manqué, sauf que les mesures prises depuis des mois vont exactement dans le sens inverse de ces principes. Il a repris ses thèmes de campagne, en les adaptant simplement à l'évolution socio-économique, c'est-à-dire en tentant de démontrer que lui ne fait pas de politique, mais qu'il « gère » par delà les clivages présentés ostensiblement comme artificiels. Références à Michel Rocard, à Jules Ferry et d'autres, mise en évidence de l'importance de la taxe carbone, apitoiement sur le sort dans les prisons, soutien au système français d'amortisseur social de la crise, le ton a été aussi consensuel que possible, mais sonnait creux, comme si tout était, encore une fois, dans les apparences. C'était la venue devant le Congrès qui était importante et, dans le fond, le discours n'avait qu'une importance limitée. Mieux, Nicolas Sarkozy n'attachait aucune importance à son contenu, puisque qu'il était venu pour débiter des banalités destinées simplement à justifier sa prééminence sur le pouvoir législatif. L'opération était simple : « C'est moi le Chef. C'est moi qui gouverne. Si vous ne l'avez pas encore compris, vous allez le savoir dès cette semaine ! ». En fait, il a accentué la pression en insistant sur sa toute puissance sur le gouvernement, et en parlant, contrairement aux annonces antérieures, de « remaniement ». Car, dans la fond, les plus mal à l'aise sous les ors de Versailles étaient les Ministres, et celui qui se prétend le Premier d'entre eux. Ils attendent aujourd'hui le coup de fil qui les sauvera ou qui les expédiera aux oubliettes de l'Histoire.

LA TROUILLE DES MINISTRES
Rares sont ceux qui, en sortant, parlaient réellement des annonces sarkozistes, puisqu'il n'y en a pas eu, mais du sort des unes ou des autres. Il a suffi que Nicolas Sarkozy ait évoqué à trois reprises, le « prochain gouvernement » - des mots qui ne figuraient pas dans la version écrite de son discours - pour semer un vent de panique chez les ministres, et les tenir dans sa main. À la sortie de l'hémicycle, c'était même le sujet de conversation numéro un entre eux. « Cela va-t-il être plus large que prévu ? », s'inquiétait un secrétaire d'État, tandis que Xavier Darcos semblait résigné à rester à l'Éducation nationale...alors qu'il se verrait bien rendre la justice et nommer des Procureurs. Il faut dire que Nicolas Sarkozy en a surpris plus d'un en annonçant lui-même que ce serait pour demain. Un symbole : c'est moi qui fait et défait les Ministres et personne d'autre ! Et en employant le mot de « remaniement », alors que ses conseillers, depuis plusieurs jours, s'escrimaient à minimiser l'événement. L'Élysée ne parlant que d'un « simple réaménagement ».
Qu'en est-il vraiment ? Nicolas Sarkozy, qui s'était concentré ces derniers jours sur son discours de Versailles, n'a évoqué cette échéance qu'en tout petit comité avec ses conseillers, Claude Guéant, Raymond Soubie, Patrick Buisson et le sondeur Pierre Giacometti, les véritables membres du gouvernement, puisque les autres ne sont que des collaborateurs. En fin de semaine dernière, à Bruxelles, le président s'est longuement entretenu de ce sujet avec François Fillon. Les deux hommes ont prévu de se revoir, selon des indiscrétions, aujourd'hui pour « finaliser » leur nouvelle équipe.
Dans les couloirs du Congrès, on ne parlait que de « ça » et pas du tout des mesures absentes. Et les spéculations en tout genre, allaient bon train. « On reste sur l'hypothèse de huit à neuf départs ou changements de portefeuille », avance un ministre dans la confidence, si l'on en croit lefigaro.fr, qui sait de quoi il parle.

UN SYMBOLE C'EST TOUT
Nicolas Sarkozy n'a travaillé que sur des symboles. Il savait que son texte passe-partout serait applaudi, comme l'aurait été un recueil de bons sentiments. Il voulait simplement dominer, toujours dominer, car c'est maladif chez lui. Ces députés, ces sénateurs qui l'ont parfois « oublié », « combattu », « oublié » avant, hier, d'adorer ce qu'ils avaient parfois haï, il les avait devant lui, ramenés au statut de supporteurs obligés. Quelle jubilation ! Quel moment privilégié pour celui qui sait que la revanche reste un moment privilégié de la vie politique. Ils ont applaudi avec enthousiasme, comme à un spectacle de Johnny. Ils se sont levés, comme on le faisait pour les empereurs romains. Ils étaient là, à savourer leur honneur d'être face à lui, et c'était cela l'objectif de la manœuvre.
Grand discours républicain ou simple discours de politique générale empiétant sur le rôle du Premier ministre, les constitutionnalistes étaient partagés après l'intervention historique du président Nicolas Sarkozy devant le Congrès à Versailles. « On ne peut pas dire que Nicolas Sarkozy a prononcé un discours de politique générale comme pourrait le faire un Premier ministre qui engagerait l'existence d'un gouvernement et afficherait un programme de législature », estime le politologue Dominique Chagnollaud. Sauf que sa responsabilité ne sera jamais engagée, et qu'il peut affirmer ce que bon lui semble, sans aucun risque !
Pour Dominique Rousseau, professeur de droit à Montpellier, le chef de l'Etat a exprimé dans son intervention « toute l'ambiguïté de la fonction présidentielle ». Pour lui, il est par ailleurs « paradoxal de voir le président de la République, qui a modifié la Constitution pour pouvoir s'exprimer en personne devant le Congrès, lire devant les parlementaires un message écrit, alors qu'il était possible pour un président, avant la réforme constitutionnelle, de faire lire un message au Congrès ». C'est bien la preuve que le contenu n'avait absolument aucune importance, mais que ce n'était que le « flacon » qui devait donner l'ivresse.
Le discours de M. Sarkozy était plus qu'un discours de Premier ministre, estime pour sa part le conseiller d'Etat, Didier Maus, ajoutant aussitôt: « mais ce n'était pas le discours qu'aurait pu faire un François Mitterrand. Il ne serait pas entré dans un certain nombre de détails et aurait donné une dimension historique plus grande à son intervention", dit-il. « Le président Sarkozy se considère depuis deux ans comme le véritable chef de l'exécutif. Il est resté dans cette logique, a été conforme à lui-même », juge le constitutionnaliste. « C'est un discours qui restera dans les annales du fait même qu'il existe et qu'il n'avait pas de précédent. Cette première constitutionnelle est un événement indépendamment même de son contenu » conclut M. Maus. Impossible de pas partager cet avis : c'était inutile, totalement inutile !
Et c'est bien là tout le problème : on est entré dans l'étiquette de la cour avec ses rites, ses ors et ses courtisans. On sait désormais que le « Président-Prince » peut venir à tout moment pour 500 000 euros faire un acte d'affirmation de son pouvoir. La première tentative aura été la bonne, car elle suppose l'inexistence d'une opposition crédible, puisqu'il était inutile de l'entendre. Elle est mal, car incapable de riposter à un symbole !
Mais je déblogue...

 

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Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
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commentaires

E.M. 24/06/2009 09:51

@ PuigJe suis désolé de m'apercevoir que ton humour est très... limité !Plus sérieusement, tu devrais éviter de m'attaquer personnellement, car tu ne me connais pratiquement pas ! Apparemment, tu ne connais même pas l'étendue de mes responsabilités...Dommage, j'avais une meilleure estime de ta personne ! Tu devrais faire attention, ton militantisme t'aveugle ! Peut-être est-ce le second effet produit pas les lectures de "ton" quotidien ! ;-) 

puig 24/06/2009 09:02

Monsieur E.M votre suffisance, votre mépris pour les idées que je défend me fatigue et vous aveugle. Je n'ai parlé que d'une partie des journaux auquels je suis abonnés sans compter ceux que je lis ponctuellement. La pointe de mon propos concerne le ras le bol face à la présence permanente de sa majesté Sarko et de l'atitude servile des médias audio visuels. Mais pouvez vous comprendre. Je participe trés peu aux commentaires des articles de JMD, dorénavant je m'abstiendrai pour vous laissez entre vous. Je suis un fidéle abonné depuis le début mais jusqu'à quand? Vous croyez être un soutien pour JMD mais en fait vous le desservez par vos propos acerbes envers tous ceux qui ne sont pas conformes à votre vision des choses. Heureusement que vos responsabilités sont limités!!!

E.M. 24/06/2009 00:12

@ PuigPour prendre du recul sur l'information, il serait souhaitable de ne pas lire uniquement (comme quotidien) l'Humanité... C'est un journal tout à fait respectable, mais très "engagé"... Certes, il est agréable de lire des analyses que l'on accepte facilement, mais cela ne développe guère l'esprit critique...Mais heureusement, tu viens sur l'Autre Quotidien régulièrement... ;-) 

puig 23/06/2009 08:48

c'est vrai , tellement inutile, tellement omniprésent que pour échapper à ce matraquage médiatique je ne regarde plus la télé et je n'écoute plus la radio. J'ai choisi de prendre du recul en lisant mon quotidien préféré qui arrive par la poste et deux hebdos. Je prend mon temps pour analyser les sujets, je ne subit pas le rythme politiquement orienté des medias audio visuel et je vis moins stressé.Je ne dois pas être le seul à le faire car le nombre de lecteurs abonnés à l'huma augmente ainsi que HD et Marianne. Bien sur je lis ta chronique cher JMD et ça me va même si je ne suis pas toujours d'accord avec toi et la vision européenne de ton parti.amitiés

Darmian-Gautron+Marie-Christine 23/06/2009 08:43

Et Dieu sait que nous n'aimons pas les souris sur le Bassin même lorsqu'elles viennent d'une montagne !  "Si le discours de Nicolas Sarkozy dure 50 minutes", cela "coûtera près de 5 000 euros la minute", a évalué le sénateur Robert Badinter sur France Inter, avant d'ironiser : "C'est certainement l'éloquence la plus chère que je connaisse..."Comment disais-tu dans une de tes chroniques ? Du pain et des jeux ?