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LES STATISTIQUES

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MAIS JE DEBLOGUE...

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25 juin 2009 4 25 /06 /juin /2009 07:17
Empruntez... il en restera toujours quelque chose ! S'il s'agit d'investissements en dur et durable, il y aura un amortissement possible et donc une véritable signification pour celles et ceux qui acquittent le remboursement de la dette. Par contre, lorsqu'il faut avoir recours au crédit pour financer des actions, des dépenses de fonctionnement, des dépenses courantes, la situation devient plus grave. Nicolas Sarkozy a parfaitement joué sur les mots (une fois encore) en présentant comme « investissements » les programmes destinés à la recherche, à l'éducation, lesquels ne se traduisent pas par des constructions, qui, dans ces domaines, sont à la charge des collectivités locales. Combien l'Etat doit-il ou peut-il emprunter auprès du public ? Pour lutter contre la crise, soutenir les banques, l'automobile, la consommation, le gouvernement a déjà consacré 80 milliards d'euros.
La quasi-totalité de ce montant a été financée par de l'endettement. Le nouvel emprunt servirait donc à des mesures complémentaires, de "priorité nationale", a expliqué le chef de l'Etat. Henri Guaino, conseiller spécial à l'Elysée rêvait que soit annoncé le montant colossal de 80 milliards à 100 milliards "de vrai argent", mais il a été stoppé par les conseillers économiques de l'Elysée, Matignon et Bercy, qui refusent toute estimation et veulent recourir à d'autres financements que l'emprunt... mais c'est improbable, car le non recours à l'impôt bouche l'horizon ! Pour financer ses déficits, l'Etat fait déjà appel à des investisseurs professionnels. Il emprunte sur le marché, en émettant des obligations à deux, cinq, dix ou trente ans. Aujourd'hui, 1 074 milliards d'euros de dette de l'Etat français circulent sur le marché, dont 65 % sont détenus par des investisseurs étrangers (fonds de pension, compagnies d'assurance, fonds souverains...). Pour l'heure, l'Etat n'a aucun mal à trouver des acheteurs pour ses titres de dette. Mais compte tenu de l'ampleur des plans de relance, en France, en Europe ou aux Etats-Unis, le marché de la dette publique pourrait se saturer.
En faisant appel aux particuliers, l'Etat diversifierait ses sources. Faire appel au public nécessite un renfort de publicité, forcément coûteux.

QUI A DES FONDS
L'Etat devra également s'appuyer sur le réseau des banques qu'il renfloue pour commercialiser ce nouveau placement. Elles seront rémunérées d'une commission, estimée au minimum à 1 %, peut-être à 2 % du montant de l'emprunt, soit plus de 800 millions pour un emprunt de 80 milliards d'euros. Pour garantir le succès de l'opération, qui se veut aussi "un référendum populaire de la politique économique du gouvernement", estime l'économiste Jacques Mistral, l'Etat devra proposer des conditions avantageuses. Supérieures par exemple à celle du Livret A (1,75 %), sans toutefois coûter trop cher à l'Etat. Les experts estiment qu'un taux autour de 4 % sur dix ans serait assez attractif. L'Etat pourrait aussi, à l'instar de l'emprunt Balladur, proposer des mesures de défiscalisation, plébiscitées en France. Ira-t-il, comme le suggère Bernard Accoyer, jusqu'à inciter le rapatriement des capitaux de Suisse ou du Luxembourg ? La possible impopularité d'une telle mesure pourrait l'en dissuader. Emprunts russes ou argentins mis à part, prêter à un Etat comporte peu de risques, un pays ayant peu de chances de faire faillite... même si la France est considérablement endettée et de plus en plus insolvable.
L'épargne peut toutefois être rongée par l'inflation, à moins que le rendement du futur emprunt ne soit indexé sur la hausse des prix, comme certains l'envisagent, afin d'éviter "de laminer les petits épargnants". De fait, "la menace d'inflation plane sur les dix ou quinze prochaines années", et lancer un emprunt populaire serait une "fuite en avant vers l'endettement".
En s'adressant au public, l'Etat paiera plus cher que s'il s'adresse à des institutionnels. Mais avec la baisse des taux, consécutive à celle des taux de la Banque centrale européenne, les conditions de financement sont favorables aux emprunteurs. "C'est le moment d'en profiter", rapporte un proche du dossier. L'emprunt vise à doper la croissance. Mais à court terme, il peut inciter les Français à épargner plutôt qu'à consommer, ce qui gripperait l'économie et irait à l'encontre du plan de relance. Toutefois, explique ce dernier, du fait de la crise, les Français sont de toute façon incités à constituer une épargne de précaution. L'emprunt détournerait donc, plutôt à son avantage, d'autres placements, Livret A, assurance-vie, etc...

SEGUIN SE FACHE
A circonstances exceptionnelles, il peut y avoir "des réponses exceptionnelles", qui entraînent une augmentation du déficit et de la dette, a estimé Christian Seguin, Président de la cour des Comptes, à propos de l'emprunt Sarkozy. Mais, a-t-il ajouté, ces réponses doivent être "circonscrites, provisoires et directement liées à la crise" et elles ne dispensent pas d'un effort continu de maîtrise de la dépense. Le premier président a dit craindre que la crise ne crée "un climat propice à un relâchement de l'effort" et juge indispensable de lutter "de front" contre le déficit de crise et le déficit structurel (celui, a-t-il dit, qui est corrigé des variations conjoncturelles). La dégradation des comptes publics expose la France, selon la Cour, à quatre risques : "Un risque économique" sous la forme d'une remontée du taux d'épargne des ménages, préjudiciable à la consommation et à la croissance ; le risque de "l'appauvrissement de l'Etat", et son corollaire pour les citoyens (moins de services et moins de protection sociale) ; celui d'"un emballement de la dette" et, partant, d'une possible "remise en question de la crédibilité de la signature de la France". "A répéter que les caisses sont vides, il ne faudrait pas accréditer l'idée - paradoxale - qu'elles sont inépuisables", a relevé M. Séguin taclant au passage, sans le nommer, le premier ministre François Fillon, dont il a été le mentor en politique. "Il n'y aura peut-être pas de faillite mais il semble qu'on néglige les conséquences concrètes et inévitables de la dérive des finances publiques sur la vie quotidienne des Français. Car plus on attend, plus il faudra payer", a-t-il assuré.
En 2008, la dette publique a augmenté de 118 milliards d'euros et atteint 1 327 milliards, soit 47 400 euros par actif. Sur cette dette, a précisé ce bon Séguin, la France doit payer "des intérêts colossaux" : plus de 54 milliards, c'est-à-dire plus que le produit de l'impôt sur le revenu et plus de 2 000 euros par an et par personne ayant un emploi. "On a atteint un tel niveau de déficit structurel et d'endettement, qu'une faible aggravation du déficit (liée par exemple, aux dépenses de vieillissement) pourrait provoquer un emballement exponentiel de la dette", a indiqué le président de la cour des Comptes, qui épingle à tout va les élus qui empruntent trop pour investir.
Face à cette situation, il n'y a pas d'autres voies, selon lui, que "la réduction des dépenses et/ou l'augmentation des prélèvements obligatoires (en commençant par la réduction des niches sociales et fiscales)". La Cour évalue à quelque 70 milliards d'euros les économies nécessaires pour ramener les finances publiques à l'équilibre. Pour Christian Séguin, qui juge "trompeuse"  l'idée que "la France s'en tirerait mieux" que ses voisins, "les lendemains risquent d'y être pire qu'ailleurs". La France, note-t-il, a un déficit structurel élevé, elle est le quatrième Etat le plus endetté de la zone euro, et ses dépenses publiques (plus de 52 % du PIB) sont supérieures de 9 points à celles de l'Allemagne.

COMMENT REMBOURSER ?
Personne ne s'est inquiété sur cette utilisation de la carte bleue « revolving » qui a tué tant de ménages, et qui finira par tuer l'Etat républicain. La France ne renouera pas en effet avec les critères européens de déficit et de dette publics en 2012, en raison de la crise, mais l'inflation ne saurait constituer une issue, prévient le ministre du Budget, Eric Woerth. L'inflation n'est pas une solution valable pour assainir les finances publiques car cela « remettrait en cause les fondements même de la construction européenne, de l'euro, du couple franco-allemand », a-t-il déclaré devant la commission des finances de l'Assemblée, en présentant les nouvelles prévisions.
Le gouvernement prévoit désormais que le déficit public atteindra 5 à 5,5% du PIB en 2012, puis 6 à 6,5% en 2011 et 7 à 7,5% en 2009 et 2010. En 2008, il avait été de 3,4%. Qui dit mieux dans les semaines à venir ! La dette publique passera de 68,1% du PIB en 2008 à 77% en 2009, 83% en 2010, 86% en 2011 et 88% en 2012, lit-on dans le document préparatoire au débat d'orientation budgétaire présenté hier à la commission des finances.
Le pacte de stabilité et de croissance européen fixe comme limite 3% de déficit et 60% de dette, critères que la France s'était engagée à respecter au plus tard en 2012... « Le retour à trois points de PIB de déficit en 2012, dans la mesure des informations qui sont disponibles actuellement, n'est pas atteignable sans un rebond extrêmement fort de la croissance, qui ne peut être exclu, mais qu'on ne peut prendre comme référence dans un débat d'orientation budgétaire », a dit Eric Woerth, dans le texte de son allocution ...mais il ne l'a apparemment pas dit à Nicolas Sarkozy ! Les prévisions du gouvernement restent plus optimistes que celles annoncées hier par l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), selon qui la dette de la France atteindra 86% du PIB l'an prochain et le déficit 7,9%.
Les nouvelles prévisions du gouvernement tiennent compte de la révision de la prévision de croissance du PIB cette année, qui a été ramenée de -1,5% à -3%, et du repli des recettes de l'Etat lié au ralentissement général de l'économie. Les recettes de l'impôt sur les sociétés passeraient ainsi de 50 milliards en 2008 à 20 ou 25 milliards cette année, a-t-il ajouté. Le déficit de l'Etat atteindrait 110 à 115 milliards d'euros cette année en comptabilité "maastrichtienne", et 125 à 130 milliards en comptabilité budgétaire. Allez, ce n'est pas grave : l'Etat ne risque pas de succomber à une crise des subprimes !
Mais je déblogue...

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Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
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commentaires

Annie PIETRI 25/06/2009 11:23

Pas de soucis! Les particuliers - sans parler des institutionnels - vont se jeter sur cet emprunt qui sera entièrement souscrit en un rien de temps.....On nous a annoncé ce matin que l'emprunt que vient de lancer EDF a attiré deux fois plus de souscripteurs que prévu, en un laps de temps record. Comme quoi la crise ne frappe pas tout le monde de la même manière...et profite même à certains qui peuvent consacrer leurs "surplus" à aider, moyennant une rémunération intéressante....à défaut d'être juste, le grand économiste Sarkozy à couvrir ses dépenses....Précipitez-vous, braves gens, il faut aider le grand(?) homme.... En échange, vous paierez encore moins d'impôt, et mieux, vous pourrez bénéficier du "bouclier fiscal" si vous n'en profitez pas encore!