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LES STATISTIQUES

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MAIS JE DEBLOGUE...

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28 juin 2009 7 28 /06 /juin /2009 07:17
Chaque année il y a un mot qui entre dans le langage médiatique pour devenir le leimotiv d'une période. Il y eut par exemple « convivialité », qui fit une entrée fracassante dans les années Mitterrand. On retrouve « abracadabrantesque » pour l'époque Chirac... Quand ils survivent aux modes, c'est qu'ils illustrent en fait parfaitement une personnalité, et une pratique sociale réelle. Il semble que celui de l'ère Sarkozy se dessine lentement. Il faut craindre que nous devions nous habituer à entendre, à longueur de journée et de soirée, "emprunt". C'est devenu le best-seller français, qui résumera à merveille la gestion présidentielle reposant sur l'emprunt permanent.
D'abord, il y aura eu « l'emprunt idéologique » qui lui fait, sans arrêt, aller chercher dans la banque des concepts, de multiples références. On a eu de multiples allusions à Mitterrand, Blum, Jaurès, Jules Ferry, Hugo..., au Conseil national de la Résistance, à la Résistance elle-même, à Guy Mocquet... et malheureusement, au fil d'effets d'annonce permanents, des emprunts dans les réserves de l'Histoire. On en est parfois arrivé à se demander si la filiation gaullienne de la droite, que devrait vanter Nicolas Sarkozy, était encore recommandable. Il est vrai que quand ses « meilleurs » amis s'appellent Bush, Poutine, Berlusconi ou Kadhafi, que la France réintègre l'OTAN, et que, face à la crise, on refuse de voir la réalité en face, on est loin, très loin, des principes gaullistes, pour entrer dans une gouvernance social-opportuniste. On emprunte aux autres, on y voit un intérêt immédiat, sans se soucier des volte-face, des reniements, des approximations... et en oubliant les affirmations antérieures. La Droite emprunte à la Gauche, mais ne remet jamais autre chose que des nèfles !
Autre emprunt : celui, quotidien, dans les poches des gens les plus humbles avec les impôts indirects, les restrictions sur le pouvoir d'achat, les cotisations sociales, les prestations habituelles, les services républicains... Le véritable problème, c'est que c'est à fonds perdus,  car tout le monde admet qu'il sera bientôt impossible de revenir en arrière. Tout ce qui aura été « amputé », « soldé », « détruit », ... ne reviendra pas dans les caisses de l'intérêt général ! Cette technique, qui consiste à dilapider le bien commun social, au nom de la rentabilité pour les actionnaires, pèse fortement sur toutes les décisions, et deviendra probablement la constante de l'action sarkoziste. Le « découvert » créé par cette méthode se paiera un jour ou l'autre, par les générations qui découvriront l'ardoise, quand il sera trop tard. Tous les signaux sont au rouge, mais les « clients » se contentent de réagir uniquement quand leur propre compte en banque est contesté. Si on dilapide celui des autres, ils détournent le regard, pour éviter d'avoir à participer au « renflouement » indispensable.
La décision de ne plus avoir recours à une imposition progressive et juste constitue aussi un « emprunt », qui décale sur les futures générations les règlements que nous devrions  effectuer maintenant. Refuser d'ajuster la contribution des uns et des autres en fonction de leurs  ressources, c'est purement et simplement détruire une part des biens des générations futures... Une manière détestable de décaler la facture d'une mauvaise gestion de la crise.

ON RASERA GRATIS
La CGT estime, à juste titre, que certaines orientations fiscales du gouvernement, responsables des pertes de recettes de l'Etat, balisent déjà "étroitement" la consultation que le gouvernement a prévu sur... l'emprunt annoncé par Nicolas Sarkozy. Le syndicat fait ainsi référence au maintien du bouclier fiscal et aux exonérations de charges patronales, ou encore à la suppression de la taxe professionnelle.
Quant à François Chérèque, de la CFDT, favorable à « tout ce qui va dans le sens de l'écoute et de la concertation », il estime néanmoins « qu'on ne peut pas aborder » la question de l'emprunt et de son affectation « sans avoir une fiscalité plus juste ». Des vœux pieux, car on sait bien que la seule idée qui n'ait pas été empruntée aux autres (la paquet fiscal) ne sera jamais remise en cause. Concernant le niveau global de l'emprunt, aucun montant n'a été officiellement évoqué. Mais la presse a parlé de 80 à 100 milliards d'euros. Une somme conséquente, dans un contexte marqué par un assombrissement constant des finances publiques.
Cependant, Philippe Séguin, président de la Cour des comptes, a mis garde contre le fait « qu'à répéter que les caisses sont vides, il ne faudrait pas accréditer l'idée, paradoxale, qu'elles sont inépuisables ». Mais, soucieux de ne pas écorner son image de défenseur de la rigueur budgétaire, François Fillon n'a eu de cesse que de répéter que la lutte contre les déficits était un objectif auquel son gouvernement ne renoncerait jamais.
Le Premier Ministre a aussi vite emprunté le cheval de la rigueur de gestion, en sachant fort bien que personne ne souhaite le voir apparaître au premier plan. Il a réaffirmé, devant les cadres de l'UMP, que jamais il n'accepterait que « l'on finance des dépenses courantes, des dépenses de fonctionnement, avec un emprunt qui consiste, au contraire, à associer les Français à l'effort de relance de l'économie ». Et à « ceux qui pensent que l'emprunt pourrait être une solution de facilité pour résoudre tous les problèmes », notamment ceux dus aux « déficits qui pèsent sur les comptes », François Fillon leur a indiqué qu'ils se trompaient. Des propos qu'il n'a pas pu « emprunter » à son patron, pour la bonne et simple raison que ce dernier, en Voyageur Représentant Politique, a « vendu » exactement le contraire lors de sa déclaration au Parlement.

UN TOTAL ASTRONOMIQUE
Le mot "emprunt" revient partout, comme si les banques n'étaient pas allées trop loin dans ce secteur de leur activité. Elles auraient brutalement de l'argent à ne plus savoir qu'en faire, et seraient surtout disposées à boucher les trous.
Ainsi hier, on a appris que l'assurance chômage pourrait souscrire un... emprunt à l'automne, dont le montant s'élèverait à 3 milliards d'euros. Dans son édition de samedi, Le Figaro affirme que l'Unedic pourrait éditer cet été, à court terme, des billets de trésorerie pour un montant de 3 milliards d'euros, puis lever à l'automne, auprès des marchés, une première tranche de 3 milliards, remboursable sur cinq ou sept ans. Ce qui signifie que les frais de fonctionnement de l'Unedic seront bel et bien payés par les travailleurs de l'après crise !
Le Président de cette belle institution a confirmé que les montants étaient de cet ordre-là. Rappelant qu'il y avait déjà... 5 milliards de dettes financées par des billets de trésorerie, l'Unedic va donc simplement demander une autorisation supplémentaire, jusqu'à 3 milliards supplémentaires.
Le patronat a souligné la dégradation des comptes du régime, qui devra réemprunter de l'argent pour couvrir son déficit cumulé, vendredi lors du conseil d'administration. Ce déficit, qui pourrait atteindre 18 milliards d'euros en 2013, ne commencerait à se résorber qu'en 2014, selon des documents remis aux partenaires sociaux. Si ce n'est pas un emprunt totalement bidon, ne reposant que sur des supputations de reprise, c'est à ne rien comprendre aux méthodes de gestion, qui ne reposent que sur un principe clair : transférer les « mauvais » déficits sur les organismes ou les collectivités, et leur laisser le soin de faire payer l'addition finale au Peuple. On a encore une fois joué sur l'approximation, dans une société où... plus personne ne débat ou n'analyse des messages hypnotiseurs.
Erdf aura raflé 3 milliards, l'Unedic 3 autres, et l'Etat certainement... 100 ! Demain ce sera au tour des caisses de retraite. Mais on trouvera les moyens de juguler ces prises de risques: taper sur les bénéficiaires, en réduisant tous les effets positifs pour ces derniers, de manière à ne pas diminuer les profits de celles et ceux qui exploitent le système.

500 000 EUROS PARTIS
L'événement essentiel de la semaine écoulée aura donc été « l'emprunt », dont l'annonce devant le Congrès aura coûté environ 500 000 euros. Nicolas Sarkozy n'a rien vu d'autre, n'a pas entendu les reproches, et se contente de constater que, ce matin, le JDD lui donne 3 points supplémentaires de popularité. Il a livré une bouillie idéologique inédite, qui a troublé jusque dans les rangs de l'UMP : il a d'abord appelé de ses vœux la constitution d'un nouveau modèle français, qui mêlerait productivisme, consommation, investissement et écologie. Quelqu'un se souvient-il de la campagne présidentielle de 2007 ? Sarkozy promettait de casser ce modèle vieillissant qui décourageait le travail. On allait jusqu'à la « rupture ». Or en 2009, il fait le grand écart, au risque de  froisser ses adducteurs, patiemment entretenus en compagnie de Michel Drucker sur son vélo, ou dans des footings de vacances. Il faudrait travailler plus, dépenser plus, consommer davantage, et préserver la planète. Il invoque le "génie français", récuse la laïcité positive et la discrimination positive, attaque la polémique du moment, dénonce "la loi du plus fort ou celle du plus malin", et découvre que la situation carcérale est une "honte pour notre pays".
En fouillant un peu ses propos, on retrouve bien ses vieilles lubies libérales : pas question d'augmenter les impôts pour financer le déficit croissant des comptes publics ! Nicolas Sarkozy préfère autre chose : réduire ces « déficits structurels », ces « mauvaises » dépenses, les niches sociales, les « excès de bureaucratie ». Mais son logiciel idéologique vit à crédit, au jour le jour. Il veut cacher ses intentions de rupture, sous un emprunt à la dialectique radicale-socialiste des années 60.
Lundi, il a surtout annoncé le lancement d'un emprunt national, dont ni le montant ni l'usage réel ne sont définis. Avec cet emprunt, Sarkozy emprunte aux ménages ce qu'il ne peut plus et donc ne veut plus leur prendre en impôt. Chaque jour, les fonctionnaires du Trésor empruntent sur les marchés financiers, espérant que la crédibilité de l'Etat tient encore auprès des prêteurs du monde. En 2009, on rase encore gratis en Sarkofrance. Fallait-il dépenser 500 000 euros, mobiliser des centaines de policiers et des caméras de télévision, pour solliciter un nouveau crédit ? Depuis mai 2007, la dette publique a progressé de... 380 milliards d'euros. Question remboursement, on en parlera après 2012... Le Monarque veut gagner du temps : l'heure de vérité, fiscale et financière, est pour bientôt. Après sa réélection, il sera toujours temps de « purger » les déficits, et de plonger le pays dans une cure d'austérité, digne des plus grandes récessions.
Mais je déblogue...

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Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
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commentaires

David C. 01/07/2009 03:34

Ni dettes, Ni emprunts, La France doit créer de l’argent!La population doit oser rompre le tabou autour de la création monétaire aujourd’hui au seul de la finance international et sans aucun contrôle.Nous devons exiger une commission parlementaire pour mettre à jour les actions crapuleuse de la finance en prenant l’exemple de la commission Pécora de 1933 sous Roosevelt.Puis nous devons exiger un nouvelle organe de création monétaire, une banque de la France, afin d’émettre un crédit productif public.Le Saviez vous?Jusqu’au 3 janvier 1973, jusqu’à la loi Giscard Pompidou, la France pouvait créer de l’argent afin de financer de grands travaux. Aujourd’hui, nous sommes soumis au crédit sur des marchés financiers… La France est volé!David C.david.cabas.over-blog.fr