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LES STATISTIQUES

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6 avril 2009 1 06 /04 /avril /2009 07:17
Lorsque les élus locaux parlent de « désengagement » de l'Etat vis-à-vis des multiples transferts qu'il opère vers les collectivités locales, on assiste de plus en plus aux mises au point coordonnées des Préfets. Ils ont probablement pour consigne de refuser que ce constat, pourtant indiscutable, soit médiatisé. Ils jouent sur les mots en parlant de non obligation pour l'Etat de suivre les collectivités à la hauteur de leurs engagements vis-à-vis des services fournis à la population. Que ce soit pour l'APA, l'allocation compensatoire du handicap, l'accueil des personnels de l'ex-DDE, de ceux qui travaillent dans les collèges, des ex-routes nationales, des participations pour les Lignes à Grande Vitesse : on est extrêmement loin du compte ! En Gironde, un observatoire neutre, présidé par un ex-juge à la cour des comptes, a évalué que la somme due s'élève à 150 millions d'euros vis-à-vis du seul département. Bien évidemment, pour sauver les apparences, le Préfet conteste cette évaluation, mais personne ne peut douter qu'il est en service commandé. Pas un seul jour sans que le gouvernement s'arrange pour effectuer des annonces payables par les... autres ! C'est devenu dramatique pour la démocratie, car cette technique place les collectivités territoriales dans une situation intenable. Personne n'a envisagé la réforme de l'Education comme une facette de cette tentative de détruire le principe républicain voulant que l'acte d'enseigner relève de l'Etat et donc de la République. Ce fut même un acte fondateur, voulu par Jules Ferry et ceux qui vinrent achever son œuvre.
La dernière rentrée, sur fond de suppressions massives de postes, et avec une carte scolaire assouplie (avant d'être démantelée), a déjà été un couronnement pour Xavier Darcos. En 1992, alors inspecteur général de l'Education nationale, il a fondé, avec quelques hauts fonctionnaires du ministère, la très droitière association « Créateurs d'école ». Aujourd'hui, il est ministre, son ami Dominique Antoine, autre adhérent de cette association, est le conseiller culture du Président. Quant à Maurice Quénet, qui en faisait partie aussi, il est devenu Recteur de Paris. Mais il est également connu pour avoir occupé dans les années 75, un poste de secrétaire du Club de l'Horloge.
Petit rappel : le rêve de ce club, boîte à idées de l'extrême-droite, était l'intégration du FN dans une alliance de gouvernement ! L'idée d'une suppression de la carte scolaire, dada de Darcos, est d'ailleurs apparue pour la première fois en 1984, dans une lettre de Le Pen aux parents d'élèves. C'est l'un des « détails » que rappellent les auteurs de « Main basse sur l'école publique », un livre, sorti fin août, qui dresse le portrait des mauvaises fréquentations du ministre.

IDEOLOGIE FORCENEE
 Vincent Laarman, par exemple, correspondant français d'un lobby américain intitulé « Alliance for the Separation of School and State » est président de « SOS Education ». Cette association, très influente au Ministère de l'Education, a lancé la campagne pour le service minimum à l'école. Laarman est aussi un fidèle disciple de Philippe Nemo, cofondateur de... « Créateurs d'école »  et pourfendeur du « monopole scolaire » (comprendre l'école publique).Autre source d'inspiration pour Darcos, selon les auteurs du livre, Emmanuelle Mignon, la toute proche conseillère de Sarko qui vient de quitter le Château, et qui, dès 2004, proclamait : « Je suis pour une privatisation totale de l'Education nationale ». En attendant cet heureux jour, l'enseignement privé, à 90 % catho, se taille la part du lion. Le livre dresse la liste impressionnante de tous les petits et gros cadeaux qui lui ont été faits depuis le retour de la droite en 2002. Désormais, Darcos a voulu passer à la vitesse supérieure et transférer sur les communes, les départements ou les régions l'acte d'enseigner.
En fait, pour y parvenir, il tente de détruire à tous les étages le concept fondateur d'éducation. Il revient, à l'école  élémentaire, sur la vision réactionnaire « d'instruction » et à l'école maternelle, il insère la seule notion « d'accueil ». Inutile d'expliquer cette mutation aux parents qui, conditionnés par des statistiques tronquées ou biaisées ne comprennent pas,  dans leur grande majorité, l'énorme écart entre ces termes. La pédagogie, véritable enjeu du système éducatif, est bien évidemment condamnée car dangereuse. Les IUFM disparaîtront afin d'éviter que les enseignants réfléchissent trop à la réalité de l'acte d'enseigner, pour se contenter d'être des transmetteurs de savoirs standardisés. Or, on peut prévoir une crise profonde pour la génération future qui sera victime de ce choix idéologique, puisque jamais la société n'a eu autant besoin de personnes responsables, autonomes et capables de se former seules en permanence. Rien n'y fera, par tous les moyens Darcos arrivera à ses fins et détruira, parfois avec la complicité de certains enseignants (voir plus haut), les fondations de l'enseignement.
La Sarkozye en berne voudrait tuer l'unicité de l'acte d'enseigner et finirait alors, dans une décennie, par confier aux collectivités locales la responsabilité des établissements scolaires et... des personnels qui vont avec. Les professeurs seraient recrutés et rétribués par les mairies, les départements ou les régions ce qui permettrait, une fois encore, de transférer des dépenses avec une compensation en temps « T », que le Préfet considérerait comme immuable et juste. Alors il faut absolument débuter par le secteur où interviennent déjà, sur le temps éducatif, des personnes rémunérées par... les collectivités.

ATTAQUER PAR LA MATERNELLE
Le seul endroit où l'on peut casser l'acte éducatif reste la maternelle, puisque les ATSEM ont été peu à peu, consciemment ou inconsciemment, assimilées à des actrices possibles  par Valorisation des Acquis de l'Expérience (VAE), et considérées comme des enseignantes remplaçantes potentielles. Comme elles sont déjà payées par les mairies, il suffirait de supprimer la fonctionnaire d'Etat pour que le transfert ne coûte pas plus cher... et soit fortement rentable pour le Ministère en terme d'économie de postes. Darcos, par ses déclarations, n'a cessé d'orienter l'opinion vers cette solution. « Est-ce qu'il est vraiment logique, alors que nous sommes si soucieux de la bonne utilisation des crédits délégués par l'Etat, que nous fassions passer des concours bac +5 à des personnes dont la fonction va être essentiellement de faire faire des siestes à des enfants ou de leur changer les couches ? » a-t-il tenté le 3 juillet dernier. Ce n'est que l'expression vraie de son projet,  qui veut qu'à partir du moment où l'on présente la maternelle comme un « lieu d'accueil » mais pas un « lieu d'éducation », on peut déconnecter son Ministère de ces établissements. Si cette prétention se vérifie... les personnels doivent être communaux et le tour est joué. Comme son idée a tout de même un peu de mal à passer, il a décidé de battre en retraite,  mais de faire encore plus fort, en abandonnant son idée de « jardins d'éveil » pour le placer sous l'égide d'une autre ministère.
J'avais été personnellement informé par un fonctionnaire de la CAF de la signature ,dans la nuit de mercredi à jeudi dernier, d'un accord entre le Président de la Caisse Nationale d'Allocations Familiales et Brice Hortefeux sur la mise en œuvre de ce désengagement de l'Etat. Nadine Morano vient de confirmer que le tuyau n'était pas percé. On va camoufler la fin de la maternelle à la Française (gratuite mais non obligatoire), derrière un apport dans les familles pour l'accueil des 2-3 ans. Facile et d'une incroyable malhonnêteté politique. L'Etat va renforcer ses efforts financiers pour permettre la création de 100.000 places en crèche, a annoncé samedi la secrétaire d'Etat à la Famille au Journal du Dimanche, en indiquant que les jardins d'éveil pour les 2-3 ans seraient expérimentés « dès la rentrée ». Une supercherie supplémentaire, car si l'etat intervient sur les investissements, il compte sur les impôts locaux pour, d'une part payer la majeure partie des constructions, mais surtout pour en assurer ensuite le fonctionnement, puisque la CAF n'a plus les moyens (qui a exempté des milliers d'emplois des cotisations sociales ?) d'accompagner les collectivités gestionnaires, tout en imposant les critères de fonctionnement, et en plafonnant les participations des familles.

JARDINS A CULTIVER
« Nous (sic) tiendrons les objectifs définis par le président de la République de créer 200.000 offres de garde supplémentaires, a affirmé la secrétaire d'Etat dans l'édition du samedi du JDD. Selon elle, "l'Etat fait un effort considérable en augmentant le Fonds national d'action sociale (Fnas) de 7,5% par an, soit 1,2 milliard d'euros supplémentaires, pour la création de 100.000 places en crèches ». C'est faux, archi-faux, car elle oublie de préciser la somme faramineuse qui restera à la charge des communes qui accepteront de créer ses 100 000 places. La seule mesure qui serait équitable, c'est que l'Etat fasse un
« service public de la petite enfance » et en assume uniformément sur le pays l'accessibilité matérielle et financière. Mais Darcos et ses potes du Club de l'Horloge veillent ! Les autres offres de garde se feront par les "nouvelles dispositions de diversification des modes de garde votées par le Parlement (regroupement d'assistantes maternelles, passage de 3 à 4 enfants par agrément)", et "le développement de l'accueil collectif: crèches classiques, d'entreprise, création... de jardins d'éveil (NDLR : tiens donc, c'est dans le paquet cadeau ), optimisation des places de crèches hospitalières... », a précisé Mme Morano.

Elle ajoute que les jardins d'éveil pour les 2-3 ans seront expérimentés « dès la rentrée » et « intégrés dans les écoles lorsque cela est possible », se substituant à son collègue et  mettant un coin dans le principe de locaux éducatifs transformés en locaux d'accueil. « Le financement de 8.000 places (en jardins d'éveil) est prévu dans la nouvelle convention que nous signerons avec la Caf », a-t-elle ajouté. Il sera assuré par la Caf,... les collectivités locales (les impôts locaux assumeront), les parents en fonction de leurs revenus (NDLR : la maternelle était gratuite), et « les entreprises qui dans le cadre de leur politique familiale pourront financer les places de jardins d'éveil tout comme elles financent des places de berceaux ».
C'est fait (juste avant les vacances : pur hasard !), la maternelle deviendra donc une structure privatisée (familles, entreprises), gérée encore pour quelque temps par les mairies. Ensuite, on verra au fil des ans. Morano et Darcos espèrent que, comme pour le service minimum, les parents vont faire pression sur les élus locaux pour qu'ils répondent à cette offre. L'attaque est sournoise, habile dans une période où le souci des familles est essentiellement financier. La marchandisation de l'école va débuter et se développer. La République ne s'en remettra pas !
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5 avril 2009 7 05 /04 /avril /2009 07:17
L'Afghanistan va servir de terre de réconciliation pour les grands de ce monde. Alors qu'ils avaient eu dans le passé de fortes divergences de vues sur la nécessité d'intervenir en Irak, les voici unanimes sur l'indispensable guerre contre les talibans intégristes dans ce pays miné par un conflit culturel permanent. Car là où les occidentaux voient une menace réelle pour leur société à travers les actes terroristes, une bonne part de la population afghane continue à penser qu'ils s'ingèrent dans leur mode de vie, inspiré d'une longue histoire critiquable mais pourtant ancrée dans les esprits. Cette « guerre » à la pensée dominante n'a jamais été facile à mener sauf à réformer totalement et avec une infinie patience l'éducation et, chose quasiment impossible, d'imposer une autre vision culturelle chez les enfants et les jeunes. On ne lutte jamais uniquement, avec des chances sérieuses de vaincre, contre l'obscurantisme par les armes sauf à commettre des actes qui... renforcent ses chances de résister.
Pour l'Alliance Atlantique, l'Afghanistan, reste le dossier le plus brûlant et surtout le plus dangereux. « Notre épreuve de vérité », affirmait hier Angela Merkel, la Chancelière allemande. Au lendemain du drame du 11 Septembre 2001, pour chasser Al-Qaïda de ses sanctuaires, la communauté internationale avait soutenu les Américains. Huit ans plus tard, le bilan est maigre. Les Talibans regagnent du terrain. Ben Laden court encore et nul ne sait véritablement où il se trouve. Ses réseaux, installés à cheval sur la frontière entre l'Afghanistan et le Pakistan (dont la stabilité est menacée), sont toujours vivants et actifs. Beuacoup d'entre eux sont dormants dans des pays éloignés mais peuvent à tout moment se réveiller pour frapper au cœur des capitales occidentales. Al-Qaïda disposerait de dizaines de camps d'entraînement dans la région et l'Afghanistan sombre chaque jour davantage dans l'obscurantisme.

ENLISEMENT PROGRAMME
Le constat est implacable : les occidentaux s'enlisent dans un conflit qui ne correspond plus aux standards habituels d'une « guerre » moderne. Déployée depuis 2003 dans le pays, l'Otan commande plus de 60 000 hommes sur le terrain. Hier, l'Organisation a décidé un renfort de 5000 hommes, à l'occasion de la prochaine élection présidentielle afghane. Les forces de sécurité afghanes vont notamment voir leur nombre doubler. Ces troupes s'ajouteront aux 21 000 Américains que l'équipe Obama a décidé d'envoyer. Barack Obama se félicite de cette décision: « Nous sommes unis. Ils ne nous vaincront pas, nous mènerons à bien notre mission. »
A Strasbourg, Obama a beaucoup insisté sur la vigueur des menaces terroristes, en particulier sur l'Europe. On retrouve les motivations de 2001, qui avaient permis à Washington de bénéficier d'une solidarité dans le monde, gaspillée par l'intervention en Irak. « Les États-Unis ne sont pas en Afghanistan pour contrôler le pays. Leur objectif est de vaincre Al-Qaïda », a-t-il notamment déclaré et on se souvient que Bush avait utilisé des arguments similaires à l'égard de Saddam Hussein, pour ensuite dévoiler une toute autre facette de cette action à laquelle la France avait refusé de s'allier. Annoncée il y a quelques jours, la nouvelle stratégie américaine a deux objectifs : éradiquer Al-Qaïda et « afghaniser » les forces de sécurité. L'homme de la situation, c'est le général Petraeus, fort de son succès en Irak. Il compte adapter sa stratégie de pacification aux spécificités afghanes. Vaste défi dont nul, parmi celles et ceux qui l'ont décidé, ne connaît véritablement l'issue.
D'ici à la fin de l'année, les troupes américaines représenteront les deux tiers de la mission de l'Otan en Afghanistan. L'envoi de 900 Britanniques, 600 Allemands et 600 Espagnols et de 150 gendarmes français ne changera pas la donne. Le risque de voir cette opération se transformer en guerre américaine est élevé. Cela inquiète les responsables du Département d'État américain.

RESSOURCES CIVILES DECISIVES
Washington n'ignore pas que ni les Britanniques, ni les Soviétiques, pour ne parler que du siècle passé, ne sont venus à bout du bourbier afghan. Obama privilégie une approche régionale, souhaite mutualiser le coût de l'opération et compte, pour cela, sur le soutien de ses alliés européens. Le soutien annoncé hier, ne sera suffisant qu'en cas de réussite spectaculaire de la nouvelle stratégie. Et rien n'est sûr en la matière. En effet la donne devrait prendre en compte le puissant voisin pakistanais qui est, lui aussi, assis sur une poudrière et qui ne pourra jamais éradiquer la présence « terroriste » et « idéologique » sur son territoire. Ce paramètre interviendra tôt ou tard dans les paramètres que l'OTAN devra intégrer. Que faire si le conflit se déplace dans l'un des pays les plus puissants démographiquement et économiquement du secteur ? Jusqu'où ses dirigeants sont-ils prêts à aller pour mettre en péril une unité nationale extrêmement précaire ? La déclaration finale de Strasbourg est d'ailleurs moins optimiste sur l'issue des décisions que ne le sont officiellement les « ravis » de l'unité de façade de l'OTAN.
« Nous maintenons notre engagement à long terme en faveur d'un Afghanistan démocratique, qui ne redevienne pas une base pour des attaques terroristes ou un sanctuaire pour l'extrémisme violent, source de déstabilisation de la région et menace pour l'ensemble de la communauté internationale. Nous reconnaissons que la présence d'extrémistes au Pakistan, en particulier dans les zones occidentales et l'insurrection en Afghanistan, nuisent à la sécurité et à la stabilité dans les deux pays, et que ces problèmes sont inextricablement liés. Pour réussir il faut une approche régionale plus affirmée, qui associe tous les voisins de l'Afghanistan et, comme il ne s'agit pas d'une entreprise purement militaire, il faut aussi des ressources civiles plus importantes ». C'est probablement ce dernier membre de phrase du communiqué final qui était le plus important mais qui ne concerne pas du tout l'OTAN mais les pays eux-mêmes. Jusqu'où sont-ils prêts à aller pour financer la reconstruction d'un pays en lambeaux et sous développé ? En cette période de crise les soldats coûtent moins cher que les médecins, les enseignants, les industriels ou les formateurs... D'ailleurs, nous n'avons même plus les moyens de nous payer les nôtres. Alors, ce volet conduit à des extrémités révélatrices de la situation.

LA JEUNESSE A COMPRIS
Ainsi hier, chez ce facho arrogant de Berlusconi, la police italienne a découvert vingt-quatre enfants afghans âgés de 10 à 15 ans et vivant sans parents dans les égouts de l'une des grandes gares de Rome. Les enfants dormaient sur des cartons, dans les égouts, et les sous-sols non utilisés de la gare d'Ostiense, l'une des deux grandes gares de la capitale italienne, a indiqué la police ferroviaire romaine qui les a trouvés au cours d'une vaste opération de contrôle des sans-abris dans les gares romaines. Certains, dans un état de santé précaire, ont été confiés aux services sociaux de la municipalité de Rome.
Aucun des enfants ne parlant l'italien ou l'anglais, les autorités n'ont pu établir précisément jusqu'à présent ni leur âge exact, ni leur situation familiale, pas plus que leur ville ou région d'origine.
L'hypothèse la plus plausible est qu'ils ont traversé l'Iran, la Turquie puis l'Est européen dans des camions avant de traverser clandestinement la mer Adriatique sur des embarcations pneumatiques ou cachés dans des camions sur des ferries, écrit le quotidien La Republica. Débarqués sur les côtes des Pouilles ou à Ancône, plus au nord, ils ont réussi à gagner Rome, ville qui semble n'être qu'une étape sur leur route vers l'Angleterre et l'Europe du Nord où ils espèrent retrouver des parents ou des Afghans originaires de leur région.
En plus des 24 enfants afghans, 98 adultes, dont de nombreux Afghans, ont été découverts vivant dans les mêmes conditions dans la gare d'Ostiense et dirigés vers les services sociaux et les associations caritatives, selon La Repubblica. Selon la branche italienne de l'association caritative Save the Children, le nombre des mineurs afghans échouant dans les rues de la capitale italienne, en constante augmentation, est passé de 32 en 2004 à 264 en 2007. Rome a dû accueillir 1.152 mineurs étrangers sans parents en 2007, a précisé dans un communiqué le directeur de Save the Children en Italie, Valerio Neri. La même année, un total de 7.797 mineurs étrangers non accompagnés sont arrivés dans la péninsule. Il faut mettre en rapport ces chiffres avec les 150 gendarmes que la France va envoyer patrouiller dans les rues totalement insalubres, défoncées et peu sûres de Kaboul. Tant que la jeunesse n'a pas confiance dans l'avenir de son pays, la guerre continuera à y faire rage et les « occupants » seront vécus comme des ennemis qui n'apportent que le malheur sur un territoire. Le paradis, loin d'être fiscal celui-là, ne se gagne que dans la fuite ! Et c'est un constat beaucoup plus dur à faire que celui qui consiste à chasser vainement le taliban dans des régions où il est protégé.
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4 avril 2009 6 04 /04 /avril /2009 17:57
Il arrive qu'il y ait des juges particulièrement audacieux, des fonctionnaires qui mériteraient, selon les principes présidentiels, de ne pas être remplacés lors de leur départ à la retraite. Dans le contexte d'une République flageolante, ces femmes et ces hommes qui conservent leur indépendance d'analyse et de... jugement pour ne pas céder aux pressions ambiantes entrent, à leur manière, en résistance. Il faut bien convenir que cette attitude devient de plus en plus rare, tellement le pouvoir en place cherche à contrôler tout ce qui pourrait lui être défavorable. Une évolution de la notion de « fonctionnaire » a en effet tout lieu d'inquiéter, car elle est fortement assimilée à une « obéissance absolue », au détriment de toute neutralité loyale. Certains cependant tiennent bon et assument. D'autres tiennent en privé des propos très différents de ceux qu'ils prononcent officiellement. Enfin, il existe malheureusement de plus en plus de représentants de l'autorité de l'Etat qui prétextent le devoir et pratiquent la surenchère aux consignes reçues, pour s'assurer une carrière conforme à leur ambition. Alors, quand on trouve une voix discordante et courageuse, on se prend à rêver.
Une révolution du pluralisme audiovisuel a été proposée au Conseil d'Etat, qui tranchera sous 15 jours: la prise en compte de la parole présidentielle, jusqu'ici restée en dehors des minutages visant à équilibrer gouvernement, majorité et opposition. Si l'Assemblée du contentieux du Conseil d'Etat suit son « rapporteur public », un changement radical du décompte des temps de parole politique se mettra en place. Avant même la décision, le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) s'est dit prêt à s'adapter à tout « changement de jurisprudence » du haut tribunal administratif... Bizarre, quand dans ces chroniques, comme dans bien d'autres, de nombreux citoyens s'étaient inquiétés de l'iniquité de cette répartition, sans soulever l'indignation des membres du CSA, prêts à tout justifier pour sauver leur strapontin de régulateur des médias. Il y en eut même qui, j'en garde un souvenir précis, se mirent à imiter la fameuse recette du Picon bière de César.

PAS UN ARBITRE
Le Conseil d'Etat avait été saisi par le PS, qui lui demandait d'annuler une décision du CSA refusant de compter le temps de parole audiovisuelle du président, au même titre que celui du gouvernement. Catherine de Salins, une femme dont il faudrait vanter l'esprit civique,  "rapporteur public" (ex-commissaire du gouvernement, chargée de dire le droit) a recommandé une annulation de ce refus ! Quel courage ! Quelle dignité ! Quelle force de caractère quand on lit ses attendus. « La parole du président de la République doit être prise en compte pour le respect du pluralisme politique » a-t-elle dit. Le président « n'est pas un arbitre, mais un capitaine ». Dire qu'il s'agit d'une analyse objective, c'est peu dire. Enfin un fonctionnaire qui ose défendre la République, sur les bases d'un analyse absolument objective et en s'appuyant sur des faits, et non pas sur des déclarations.
« Cette conception de son rôle a eu pour conséquence de faire remonter à l'Elysée la gestion des affaires courantes », a argumenté Madame de Salins devant l'Assemblée du contentieux, que présidait le plus haut magistrat du Conseil, Jean-Marc Sauvé. Rappelons, et il faudra s'en souvenir dans quelques semaines, que les préconisations du « rapporteur public » sont généralement suivies par ses pairs conseillers d'Etat.
Le haut tribunal administratif avait été saisi le 18 décembre 2007 par François Hollande, alors patron du Parti socialiste, et le député PS Didier Mathus, spécialiste des questions audiovisuelles. Leur requête concernait une lettre du président du CSA, Michel Boyon, datée du 3 octobre 2007, rejetant leur demande de prise en compte du temps de parole de Nicolas Sarkozy.
Le CSA, qui veille au respect du pluralisme politique à la radiotélévision, ne comptabilisait pas, jusqu'à présent, les interventions du locataire de l'Elysée, considérant qu'il ne s'exprime pas au nom du gouvernement ou d'une formation politique. Pour le reste, la règle du CSA exige des diffuseurs un « équilibre » entre les interventions du gouvernement, de la majorité parlementaire et de l'opposition parlementaire, avec « des conditions de programmation comparables ». La fameuse règle des... quatre tiers, qui ajoutait aux trois reconnus, le tiers supplémentaire et incontrôlé dévolu au maître de l'Elysée.

LE TIERS ETAT
L'avocat de François Hollande a estimé devant le Conseil d'Etat que le CSA devait « adapter » cette règle des trois tiers pour la rendre efficace. La « crédibilité » de l'institution est « en jeu », selon lui et selon tous les démocrates. Quand on sait, en plus, que désormais c'est le Président qui désigne les responsables du système médiatique public... on ne peut approuver ce rôle de paillasson dévolu au CSA, qui n'a plus véritablement aucun rôle objectif dans un secteur décisif pour la survie de la démocratie.
« Si le Conseil d'Etat modifie sa jurisprudence, on s'adaptera », a-t-on déclaré au CSA... avec un aplomb détestable et véritablement révélateur de sa « neutralité orientée ». D'ailleurs, pour justifier ce qui est injustifiable, un « sage » de cette assemblée pour pantouflards dociles a ajouté : « jusqu'à présent, la doctrine du Conseil d'Etat était que le Président ne s'exprimait pas au nom d'un parti ou groupement. S'il y a changement de doctrine, on l'appliquera ». Le comble si on se souvient que Nicolas Sarkozy ne cesse de revendiquer son droit à s'exprimer devant... l'UMP à longueur de semaines, comme pour démontrer la hauteur de vue de ses prises de parole dénuées de tout engagement politique partisan ! Au CSA, ils ne s'en sont pas encore aperçu, alors que ce sont eux qui devaient en décider. Quelle lâcheté institutionnalisée.
Le porte-parole du Syndicat national des Journalistes (SNJ) de Radio France, a salué « une très bonne nouvelle » qui « va permettre de clarifier certaines situations ». Il a cité comme application incongrue à ses yeux de cette règle des trois tiers "le conseil national de l'UMP (le 24 janvier, ndlr). Nous avions dans la même salle, pour la même réunion, le tiers de l'UMP, le tiers du gouvernement avec son Premier ministre et on ne savait pas trop quoi du président de la République... ». Il a fallu qu'une juge honnête mette en évidence cette énorme détournement des règles républicaines pour que quelques consciences se réveillent... alors que tous les éditorialistes, si prompts à taper sur les positions socialistes, n'avaient pas vu cette supercherie, qui pourtant crève les yeux. On constatera cependant que dans d'autres domaines, la justice file du mauvais coton.

JOLI COUP DE GUEULE
Eva Joly, ex-juge, a elle aussi, une fois encore, démontré que sa volonté de moralisation de la vie publique restait intacte. Pour elle, supprimer le juge d'instruction ne constitue pas une simple réforme de notre système pénal, mais porte atteinte au plus haut de nos principes, celui de la séparation des pouvoirs et de l'indépendance de la justice par rapport au pouvoir politique. Le discours sarkozyste ne mentionne aucune garantie d'indépendance pour les enquêtes. Ce silence, dans un domaine qui constitutionnellement lui échoit, porte la marque du stratagème politique. Mais le verbe haut, et toute la rhétorique du monde, ne suffiront pas pour convaincre les Français qu'un parquet soumis aux instructions du ministre constitue une meilleure garantie pour le justiciable qu'un juge indépendant.
« Vous affirmez que notre pays est marqué par une tradition de "rivalité" entre le politique et le judiciaire. La rivalité n'est pas du côté des juges, elle est le fruit de la peur des politiques. Vous pensez que la légitimité politique prime sur tous les pouvoirs. Or c'est précisément pour contenir le désir de toute-puissance qui s'empare naturellement des gouvernants que les Lumières ont forgé le concept de séparation des pouvoirs » explique-t-elle dans une lettre ouverte au président de la République. John Locke l'a observé justement : « C'est une expérience éternelle, que tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser ; il va jusqu'à ce qu'il trouve des limites. » Il ne fait pas bon, en France, incarner une de ces limites. Plus d'un magistrat français peut en témoigner.
"Qui peut encore croire que le juge d'instruction est l'homme le plus puissant de France ? Certainement pas vous, Monsieur le président. L'homme le plus puissant de France, c'est vous. Vous avez le pouvoir de faire saisir un tribunal arbitral qui attribue 285 millions d'euros à un de vos soutiens. Vous avez le pouvoir de déguiser une grâce individuelle à un préfet dévoyé en grâce collective » explique courageusement Eva Joly, sans aucune langue de bois et avec une évidente logique.
Le juge d'instruction est le fruit de notre histoire. Il n'existe pas ou a disparu en dehors de nos frontières. Il peut évidemment être supprimé, mais à condition que sa disparition entraîne davantage de démocratie et non davantage d'arbitraire. Les contempteurs des juges d'instruction affirment qu'il est impossible d'instruire à charge et à décharge. Si le parquet enquête, il héritera du même dilemme. A moins que vous n'ayez l'intention d'accorder aux avocats un pouvoir d'enquête. Non seulement la justice sera aux ordres, mais elle deviendra inégalitaire, à l'image de la justice américaine.
« En somme, vous aurez pris le pire des deux systèmes : l'arbitraire et l'inégalité. Face à un projet qui foule aux pieds l'idéal de 1789 d'égalité des citoyens devant la loi, face à une réforme qui risque de transformer notre pays en République oligarchique, à la solde de quelques-uns, j'appelle les Françaises et les Français épris de justice à la mobilisation contre votre projet » conclut Eva Joly, qui ne fait même pas référence au récent procès Colonna pour justifier cette charge. A mon avis, son temps de parole sera compté dans un cinquième tiers, celui des démocrates qui osent résister au rouleau compresseur docile et indifférent.
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Published by Jean-Marie DARMIAN - dans PERSONNEL
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3 avril 2009 5 03 /04 /avril /2009 13:56

La particularité des paradis terrestres, c'est que l'on peut y croiser des Adam et des Eve de toutes sortes. Ceux que notre société a baptisé de « fiscaux » offrent la particularité de voir passer des femmes et des hommes loin d'être tout « nus », même s'ils ont le temps d'être tout bronzés ! En effet, quand ils viennent dans ces lieux, c'est qu'ils sont couverts d'or et qu'ils ne savent plus comment le dissimuler à ces diables du fisc. La tentation est grande de mettre leurs « pommes » dans des coffres sécurisés. L'objectif de ces lieux paradisiaques réside dans le secret absolu : ils ne veulent surtout pas vérifier comment les déposants se débrouillent pour faire reproduire leurs profits, et ils refusent toute traçabilité. Comme prévu, l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a rendu publiques, jeudi 2 avril dans la soirée, deux listes de paradis fiscaux. Cette mesure fait partie des dispositions décidées au sommet du G20 le même jour, pour agir contre les Etats fiscalement non coopératifs. Une première liste, dite noire, compte le Costa Rica, la Malaisie, les Philippines et l'Uruguay. Personne ne savait véritablement que ces pays pouvaient être comparés à des... paradis pour milliardaires en mal de planques pour leurs retraites dorées.
Ce sont pourtant des pays qui ne se sont jamais engagés à respecter les standards internationaux, a expliqué l'OCDE sur son site internet... mais sans rappeler que tout le monde a des accords commerciaux avec eux !
La deuxième liste, qualifiée de grise, inclut 38 pays dont Monaco, le Liechtenstein, les Pays-Bas, la Suisse, le Luxembourg et la Belgique. Il s'agit dans cette deuxième liste de recenser les Etats qui se sont engagés à respecter les règles de l'OCDE, mais ne les ont pas "substantiellement" appliquées, selon l'Organisation. Ce qui veut tout simplement dire qu'ils mettent en pratique un principe de l'école élémentaire : il ne peut y avoir de règle que s'il y a des exceptions à la règle. Tous ont réalisé des adaptations permettant de contourner toutes les mesures prises par des représentants de pays qui eux non plus n'ont pas la conscience tranquille. Leurs Adam et leurs Eve sont tout simplement « couverts » par le simple constat que leur argent intéresse toujours les ministres des finances.
A l'issue du sommet de Londres, jeudi, les pays du G20 se sont engagés à « agir » dans le meilleur des mondes possible contre les juridictions non-coopératives. Sur son site, l'OCDE publie également une troisième liste de pays qui appliquent "substantiellement" les règles internationales. La France, la Russie, les Etats-Unis et la Chine en font partie. Ô divine surprise, la France est sur la troisième marche du podium pour les "trous noirs de la finance", pour quelques îles accueillantes des Antilles, et surtout pour toutes les magouilles possibles dans sa législation financière. Après son « retenez moi ou je vais tout casser », Nicolas Sarkozy n'a pas pu faire autrement que d'accepter d'être inscrit dans le palmarès, alors qu'on ne trouve pas, par exemple, la Grande Bretagne qui possède au moins autant, sinon plus, de terres d'accueil pour des couples « pognons-patrons » plus que discrets !

DES CRITERES DISCUTABLES
Une précédente liste avait été publiée au début des années 2000 par l'OCDE. Mais elle ne comptait plus que trois pays - Monaco, Andorre et le Liechtenstein. Car de nombreux Etats avaient, au fil des ans, été rayés de ce classement après avoir pris des engagements de transparence, qu'ils n'ont, en fait, pas plus respecté que ne le sera la directive générale du G20.
Au cours des dernières semaines, plusieurs Etats, dans le collimateur de la communauté internationale, ont donné des gages de bonne volonté, pour éviter de figurer sur cette liste "réactualisée". La Belgique, l'Autriche, le Luxembourg ou la Suisse, mais aussi le Liechtenstein ou Andorre, ont ainsi annoncé coup sur coup un assouplissement de leurs législations nationales sur le secret bancaire. Tout est le mot « assouplissement » que l'on peut résumer de la manière suivante : « nous allons courber l'échine et faire le dos rond, avant de repartir quand il sera possible de bouger sans affoler le Peuple »
Quatre critères sont retenus par l'OCDE pour définir un paradis fiscal : des impôts insignifiants ou inexistants ( c'est ce principe qui inspire pourtant depuis des mois le gouvernement français qui se range derrière un « je n'ai pas été élu pour augmenter les impôts »), l'absence de transparence sur le régime fiscal (le bouclier et les niches fiscales relèvent-elles du paradis ?), l'absence d'échanges de renseignements fiscaux avec d'autres Etats, et le fait d'attirer des sociétés écrans ayant une activité fictive. On ne va pas chipoter entre le tout ou presque tout, quand on sait que le libéralisme dominant sur la planète vise à supprimer toutes les contraintes en matière économique. Enfin, c'est comme pour le Père Noël : il faut y croire ou faire semblant d'y croire pour recevoir les cadeaux qui vont avec !

TOUS HONNETES
Le Premier ministre du Luxembourg Jean-Claude Juncker a jugé "incompréhensible", d'une part que son pays ait été inscrit la veille sur la liste "grise" de paradis fiscaux de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), et d'autre part que les Etats-Unis n'y figurent pas.
Le Luxembourg n'est pas le seul pays à avoir fait part de son mécontentement après la publication des deux listes de paradis fiscaux par l'OCDE, à la demande du G20. Si l'Autriche s'est déclarée soulagée de ne pas figurer sur la liste "noire", mais seulement sur la liste "grise", la Suisse a, comme le Luxembourg, fait part de son indignation. L'Uruguay, qui, lui, figure sur la liste "noire", a également réagi en démentant être un paradis fiscal.
La liste noire inclut, selon l'OCDE, les pays qui ne se sont jamais engagés à respecter les standards internationaux, tandis que la liste grise - qui inclut 38 pays - recense les Etats qui se sont engagés à respecter les règles de l'OCDE mais ne les ont pas « substantiellement » appliquées. « Je trouve le traitement qui est réservé à certains Etats un peu incompréhensible », a déclaré Jean-Claude Juncker, à son arrivée à une réunion du forum des ministres des Finances de la zone euro (Eurogroupe) qu'il préside.
Sur les listes de l'OCDE, « j'ai constaté que certains Etats des Etats-Unis n'y figurent pas », a fait remarquer le grand défenseur du libéralisme débridé en Europe, critiquant le fait que les Américains aient échappé à tout reproche dans ce domaine. Mardi à Bruxelles, devant le Parlement européen, Jean-Claude Juncker avait nommément cité les Etats américains du Delaware, du Wyoming et du Nevada comme des paradis fiscaux. « Si liste il doit y avoir, l'Amérique doit trouver sa bonne place », avait-il insisté. Dommage, car ces états demeureront des havres pour Adam et Eve de la finance internationale. Et on ne voit pas pourquoi on les inscrirait sur une liste, fût-elle aussi blanche que les fonds qu'ils recyclent.
En raison de sa fiscalité très faible (pas d'impôts sur les bénéfices), le Delaware est un Etat américain très prisé des sociétés off-shore, c'est-à-dire non résidentes. Elles y établissent leur siège social sans y exercer aucune activité et sans que leurs dirigeants y soient domiciliés. Aujourd'hui, plus de la moitié des 500 plus grosses fortunes, et 43% des sociétés cotées à la Bourse de New York, sont domiciliées dans le Delaware... Mais chut! quand on a trouvé un paradis, il vaut meiux ne pas trop le dire, afin de ne pas être dérangé par celles et ceux qui ne le savent pas.

L'ENFER DES PAYS PAUVRES
Le comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD-Terre Solidaire) a de son côté dénoncé la nature "biaisée" des listes de paradis fiscaux établies à l'issue des G20, qui ne résolvent pas "un fléau" dont les principales victimes sont les pays pauvres.
L'ONG, qui demande depuis de longues années une liste exhaustive des paradis fiscaux, déclare que les quatre listes - noire, gris foncé, gris clair et blanche - de l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), publiées à l'issue du G20, « relèvent plus du compromis diplomatique que de l'évaluation objective ».
« Le fait de mettre Jersey, la Barbade ou l'île Maurice sur la liste blanche et d'épargner Hong-Kong, la City de Londres ou l'Etat du Delaware aux Etats-Unis enlève toute crédibilité à l'exercice », estime le spécialiste des paradis fiscaux de l'ONG. Selon le CCFD, « les critères de l'OCDE sont incomplets », car « ils focalisent sur le secret bancaire, qui est un vrai problème, mais oublient que l'opacité peut prendre d'autres formes (trusts, fondations...) ».
Au grand dam de certains Européens, la liste ne mentionne pas, par ailleurs, les territoires chinois de Hong Kong et Macao. Lors du sommet du G20 de Londres, le président américain Barack Obama s'est employé à arracher un compromis entre la France et la Chine, pour parvenir à un accord sur ces listes, exigées par Paris mais combattues par Pékin. La Chine redoutait qu'y figurent Hong Kong et Macao et a manifestement obtenu gain de cause. Après les droits de l'Homme,  l'identité tibétaine, les Chinois échappent à la stigmatisation d'un capitalisme encore plus débridé que celui des grandes puissances, car il est institutionnalisé et donc plus dirigiste.
Pour sa part, la principauté de Monaco, qui figurait auparavant sur une liste noire des paradis fiscaux établie par l'OCDE, est "satisfaite" de ne plus y être et espère sortir, dans les prochains mois, de la liste grise.
"Nous étions sur une liste noire dont nous disions depuis longtemps qu'elle était totalement obsolète. Nous sommes satisfaits d'en être sortis. Nous trouvons plus juste de nous trouver sur la liste grise", a indiqué à l'AFP le chef du gouvernement monégasque Jean-Paul Proust. Ce dernier a rappelé que la principauté s'était engagée à conclure d'ici la fin 2009 des accords "anti-fraude" fiscale avec l'Union européenne et avec les Etats hors UE qui le souhaiteraient, comme les Etats-Unis.
Le gouvernement d'Andorre s'est également félicité vendredi que la Principauté ait été classée dans la liste grise de l'OCDE sur les paradis fiscaux publiée la veille, alors qu'elle figurait auparavant sur la liste noire.
"Le fait qu'Andorre soit dans la liste grise de l'OCDE est positif", s'est réjouit la ministre de la présidence du gouvernement d'Andorre. Il est vrai que la Principauté était menacée d'une sanction grave : son coprince, qui lui est sur la liste blanche, menaçait de ne plus assurer la tutelle légale qu'il partage avec un représentant de la Sainte Mère église. Au fait, et la Vatican, qui est le mieux placé pour le paradis, sur quelle liste est-il ? Pourquoi Benoît XVI n'a-t-il pas été associé à ce sommet, lui qui a une avis sur tout, et surtout qui est à la pointe du progrès, il aurait sûrement donné un coup de pouce au destin de certains pays.
Mais je déblogue...

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2 avril 2009 4 02 /04 /avril /2009 07:17
Hier fut une journée de printemps tendre et douce comme on les imagine quand on croit aux lendemains qui chantent. Il faut absolument savourer ces moments où tout paraît possible, car ils deviennent rares. Que des bonnes nouvelles et de la bonne humeur durant 24 heures, pour faire disparaître l'angoisse de l'avenir, pour ne plus vivre dans la crainte mais dans l'espoir ! Ah ! Si tous les jours pouvaient se succéder ainsi, la crise disparaîtrait vite. Un seul exemple : Nicolas Sarkozy, reçu en grandes ondes sur « Europe numéro un», comme il l'a lui-même annoncé, a pu hier, ne pas croire au sondage qu'on lui présentait. Tout était suspect, et il était préférable de se méfier des annonces pouvant être fausses. Vous pouvez être, par exemple, certains que quand il a entendu qu'une large majorité des Français (59%) pense que l'action de Nicolas Sarkozy face à la crise depuis six mois « va plutôt dans la mauvaise direction », il n'y a pas cru.
A la question, « globalement, depuis septembre 2008, diriez-vous que l'action de Nicolas Sarkozy pour lutter contre la crise financière et économique en France va plutôt dans la bonne direction ou va plutôt dans la mauvaise direction? », 59% des personnes interrogées répondent « plutôt dans la mauvaise direction ». 29% répondent au contraire qu'elle « va plutôt dans la bonne direction ». 12% n'ont pas d'opinion. Avant  de lui annoncer cette nouvelle, Jean-Pierre Elkabbach avait discrètement rappelé au Maître des médias que ce n'était probablement qu'un poisson d'Avril comme les journalistes aiment en faire, chaque année, en cette journée particulière. Impossible que celui qui a tellement fait pour hisser son fougueux poulain sur la fauteuil élyséen puisse croire en un pareil échec. Ce n'était qu'une mauvaise blague...Il ne fallait surtout pas que le Président  se fâche. D'ailleurs, il a vite tourné la page avec sa morgue habituelle : « Je comprends qu'une radio comme Europe n°1 commande des sondages, mais je n'ai pas le temps de les commenter (...). Ni les manifestations. » ajouta le chef de l'Etat quelques instants plus tard. Il est des babioles que personne ne supporte... surtout un premier avril !
Parmi les autres affirmations pouvant être sujet à caution, il y a eu celle qui est parvenue jusqu'à Grenoble. Les quatre cadres de Caterpillar, constructeur américain d'engins de chantier, retenus depuis 24 heures par des salariés au siège de l'entreprise à Grenoble, ont été libérés à la mi-journée, alors que le président Sarkozy s'est engagé à « sauver le site ». Non... non ce n'est pas un poisson d'avril ! C'est une affirmation, déjà entendue un autre jour. Tenez, à Gandrange, pour une usine sidérurgique qui, mardi, a fermé ses portes. Il a répété, un premier avril, que « les promesses » qu'il avait faites au sujet d'ArcelorMittal à Gandrange « ont été scrupuleusement tenues », et que le PDG du groupe, Lakshmi Mittal, a aussi « tenu ses engagements », qui portaient notamment sur le reclassement des salariés. Pour les salariés de Gandrange, comme pour les syndicats et l'opposition, ce « je vous ai compris » allait au delà des reclassements et de la reconversion du site vers d'autres activités, et portait aussi sur le maintien de l'aciérie. Sur ce point, le chef de l'Etat avait simplement parlé « d'un objectif ». Ils avaient mal compris !

SAUVER LE SITE
Le 4 février 2008, lors d'une visite de l'usine mosellane, il avait pourtant annoncé que « l'Etat était prêt à prendre en charge tout ou partie des investissements nécessaires », si besoin aux côtés d'un repreneur. « L'objectif est de trouver une solution totale ou partielle, pour maintenir l'outil de production », avait-il dit, avant de lancer aux salariés : « vous n'êtes pas seuls, on ne laissera pas tomber ». Finalement, l'aciérie a fermé mardi, un des deux laminoirs qui lui étaient annexés doit faire de même à la fin de l'année et le second restera en activité. Au total 575 des 1.108 emplois du site sont supprimés. Tout ça parce que les salariés avaient mal entendu : la formation, le reclassement, le financement d'une éventuelle reconversion devaient représenter le maintien du site. Cette fois, les licenciés potentiels de l'Isère sont au moins prévenus !
Au cours d'une réunion de négociations, mercredi après-midi, à la Direction départementale du travail (DDT), qui portait sur le plan social prévoyant 733 suppressions d'emplois, la direction a annoncé aux élus syndicaux de Caterpillar qu'elle garantissait le paiement des trois jours de grève, à condition que les salariés reprennent le travail ce matin. Hier, l'intersyndicale FO-CFDT-CGT-CFTC avait lancé un « appel solennel » à Nicolas Sarkozy et aux parlementaires européens pour qu'ils débloquent des fonds européens pour soutenir l'entreprise.
« Je vais sauver le site, je recevrai cette intersyndicale puisqu'ils m'ont appelé au secours (...) et on ne les laissera pas tomber », a réagi le chef de l'Etat, dans son interview sur Europe 1. Personne n'a relevé qu'il y avait un paradoxe entre la demande des salariés d'obtenir des primes de départ rassurantes et la déclaration du Zorro du G 20 de « sauver le site », et donc de remettre tout le monde sur un poste effectif de travail pour fabriquer des engins, dont l'économie en récession n'a plus besoin. Diantre, ce pourrait donc être un poisson d'avril ! Il vaut mieux que les salariés de Grenoble s'assurent donc que cette déclaration sera confirmée par des actes dans les prochains jours.

INTIMIDATIONS D'AVRIL
Les journalistes de France 3 et de Rue89 avaient cru qu'un jour de poisson d'avril, leur convocation dans les locaux de la police n'était qu'une plaisanterie. Quatre d'entre eux ont pourtant été entendus hier, après une plainte concernant la diffusion sur internet de propos tenus hors antenne par Nicolas Sarkozy, et ont dénoncé à leur sortie des mesures « d'intimidation » à leur encontre. Augustin Scalbert, du site Rue89, Joseph Tual et Karine Azzopardi de France 3, ont d'abord été entendus par les policiers de la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP), après être  arrivés escortés par une cinquantaine de confrères venus manifester leur solidarité. Puis Pierre Haski, directeur du site Rue89, qui a mis en ligne la vidéo, a à son tour été entendu dans l'après-midi. Après ces auditions, il appartient désormais au parquet de Paris de donner une suite ou non aux poursuites engagées.
Selon Pierre Haski, il n'y a « aucun doute que c'est une action très politique qui a été menée », assurant qu'un conseiller de l'Elysée avait évoqué devant lui une pression de la présidence de la République sur France Télévisions en vue d'un dépôt de plainte. « On se paye deux cibles d'un seul coup dans cette affaire: on veut remettre au pas France 3, qui est la chaîne que Sarkozy a dans le collimateur depuis longtemps, et on envoie un signal d'intimidation au monde d'internet qui pour l'instant ne joue pas le jeu de cette information politique qui est de plus en plus de la communication », a estimé M. Haski, lors d'une conférence de presse au siège de l'organisation Reporters sans frontières. De son côté, Joseph Tual a reproché à la direction de France Télévisions d'avoir collaboré avec la police pour aboutir à cette convocation, en fournissant des images prises par les caméras de surveillance. « Des journalistes ont balancé d'autres journalistes », a-t-il estimé, évoquant Patrick de Carolis, PDG de France Télévisions, et Patrice Duhamel, numéro deux du groupe public. Mais cette attitude n'était qu'une blague, destinée à faire peur à leurs collègues. Ils auraient bien pu se présenter devant les enquêteurs avec un poisson muni du logo de France Télévisions dans le dos !

LES PARADIS ARTIFICIELS
Dans le genre « retenez moi car je vais faire un malheur », le Président est parti pour Londres disputer le match des 20 nations. A son menu, la mise en place d'une liste noire des paradis fiscaux. Et là, vous allez voir ce que vous allez voir : il y aura des morts sur le carrelage de la blanchisserie à profits. Le problème, c'est que hier toute la presse annonçait que Elf (Total), Addidas France et Michelin, belles entreprises de notre CAC 40 avaient utilisé la lessiveuse du Lichtenstein. C'est du plus mauvais effet, ou alors il s'agit d'un grand coup de bluff pour impressionner le pack anglo-saxon. Les responsables de ces sociétés ont cru à de gros poissions d'avril ! En effet les faits remontent à plusieurs années. Les gérants nient toute infraction, et assurent même, pour Total et Michelin, qu'elles ne possèdent pas de structures du type de celles qui sont visées par l'enquête. Total déclare ne posséder que "deux stations-service" au Liechtenstein.
La procédure, ouverte à la veille du sommet du G20 de Londres qui doit traiter du problème des paradis fiscaux, vise des fondations et des personnes physiques semblant liées aux trois sociétés en question. Les « fondations » visées - Copa, qui serait liée à Michelin, Elf trading, qui serait liée à Total, et six autres, qui seraient liées à certains « membres de la famille fondatrice d'Adidas » - sont mises en cause pour divers mouvements de fonds figurant dans les documents transmis par Bercy. Créées avec des formalités minimales, les fondations servent ordinairement, dans les paradis fiscaux, à effectuer des transactions illicites ou à organiser la fraude fiscale. La France, en ressortant de vieilles listes oubliées dans les coffres de Bercy, se met en évidence... en sachant que ça ne débouchera sur rien, puisque les délais peuvent être forclos !
Une bien belle première belle journée d'avril pour celles et ceux qui croient que le bonheur est dans la blague permanente. Demain tous les médias dévoileront les fausses nouvelles qu'ils ont montées en épingle pour amuser leurs lecteurs, leurs auditeurs ou leurs téléspectateurs. Ils vont enfin porter une vision objective de la situation, et vous expliquer que toutes les déclarations présidentielles relevaient de la fameuse tradition du poisson d'avril. Le problème c'est qu'il peut les multiplier.
Mais je déblogue...
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1 avril 2009 3 01 /04 /avril /2009 07:17
Enfin deux bonnes nouvelles pour l'emploi en France. Dans la journée de hier, il fallait bien qu'un rayon de soleil vienne réchauffer l'eau glacée des réalités. Nicolas Sarkozy a, en effet,  redonné un espoir aux chômeurs. Il vient de prouver que ses réformes se révèlent enfin positives. Plus ses décisions creusent les statistiques du chômage, et plus il faut créer des postes au sein du Pôle emploi. La preuve : il a triomphalement annoncé à Châtellerault qu'il faudrait recruter 1 860 agents supplémentaires pour faire face au désastre des licenciements.
Enfin une bonne nouvelle, car au rythme des plans sociaux, on peut tabler sur des centaines de créations supplémentaires, et on imagine la jubilation d'un « chef d'entreprise » qui annoncerait une telle nouvelle à la France. Qui peut créer 1860 emplois par les temps qui courent, alors que, d'un autre côté, il aura de moins en moins de moyens financiers pour les payer, puisque il y aura une chute vertigineuse des cotisations sociales? Un véritable miracle digne de la multiplication des pains et des poissons par Jésus. Plus on licencie, moins les ex-Assedic ont de rentrées financières et plus elles doivent embaucher pour s'occuper des femmes et des hommes qui viennent chercher un espoir de retrouver du travail.
« Il va y avoir 1.860 emplois supplémentaires pour faire face à la crise et à l'alourdissement des tâches. C'est une décision que je viens de prendre », a déclaré Nicolas Sarkozy en visitant l'agence Pôle emploi de Châtellerault.
Le secrétaire d'Etat à l'Emploi, Laurent Wauquiez, avait promis, avant la fin du mois, une décision sur l'éventuelle augmentation des effectifs de l'organisme rassemblant les ex-ANPE et Assedic, afin de faire face à la forte hausse du nombre de demandeurs d'emplois. Enfin une parole tenue vis-à-vis des syndicats ! Cinq syndicats (SNU, CFDT, CGT, FO, Snap) de Pôle emploi avaient exigé, le 19 février, de la direction « un plan d'action précis » pour répondre à la « dégradation des conditions de travail » provoquée par la crise, comme l'ont fait de nombreux fonctionnaires le 19 mars dernier.
« Nous sommes à un conseiller pour 85 demandeurs d'emploi  en moyenne, mais parfois à un conseiller pour 120, 130 ou 200 demandeurs d'emploi », avait indiqué à la presse le 11 mars dernier, le directeur  général de Pôle emploi, Christian Charpy, ajoutant que l'objectif restait « un conseiller pour 60 demandeurs d'emploi ». Fin février, Pôle emploi comptait 44.675 employés, dont 29.838 anciens agents de l'ANPE et 14.837 ex-salariés des Assedic. Il peut espérer, avant la fin 2009, passer la barre des 50 000, sans que l'on sache véritablement qui les paiera ! Peu importe d'ailleurs, car l'Etat peut vivre à crédit : en effet, si les banques ne prêtent plus aux entreprises, elles seront contraintes de le faire pour le Pôle emploi que l'on n'imagine pas en « règlement judiciaire ». Extraordinaire société libérale, qui ne sait que créer des emplois sur la base des dégâts qu'elle a généré !

UNE PROMESSE EN ACIER
Enfin, la satisfaction des syndicats du Pôle emploi c'est qu'ils ont été écoutés, contrairement aux autres qui, malgré des manifestations monstres, ont été dédaignés par le Premier Ministre. Le 4 février 2008, à l'issue d'une visite très médiatisée à  ArcelorMittal, Nicolas Sarkozy s'était engagé à faire prendre en charge par l'Etat « tout ou partie des investissements nécessaires » pour maintenir l'aciérie en activité.
« On a vu avec Lakshmi Mittal et les dirigeants du groupe ArcelorMittal à quel point la parole de notre président porte auprès des tenants du capitalisme le plus débridé », a ironisé le sénateur PS de la Moselle Jean-Marc Todeschini. Interrogé le 5 février, lors de l'émission télévisée « Face à la crise », Nicolas Sarkozy avait contesté ne pas avoir tenu sa promesse. « D'abord, le site n'est pas fermé », avait-il déclaré.
« Il reste à décider de l'installation d'un site de captage et de stockage de CO2 », a affirmé Nicolas Sarkozy. Il est « possible », a-t-il dit encore, que ce soit à Gandrange, ajoutant que la France était « en concurrence avec l'Allemagne » sur ce projet. Le 5 mars dernier, c'est le site ArcelorMittal de Florange, en Moselle, qui a été désigné pour être le site pilote de cette expérimentation industrielle de captage et stockage de CO2. Le coût du projet Ulcos, qui doit permettre un développement de cette technique sur les sites sidérurgiques après 2020, est évalué entre 300 et 400 millions d'euros... mais d'ici là, tout le monde aura été licencié, et le site sera bel et bien oublié. La CGT a appelé hier à manifester à Gandrange devant cette usine ArcelorMittal, qui ferme définitivement ce jour, malgré les assurances présidentielles.
Environ 60 salariés sont encore en attente d'un reclassement, selon des chiffres communiqués il y a une semaine par la direction et les syndicats d'ArcelorMittal. Le groupe sidérurgique a affirmé avoir trouvé UNE « solution » pour 454 salariés, soit près de 80% des personnes touchées par les suppressions d'emploi décidées par le groupe en 2008. ArcelorMittal supprime 9.000 emplois dans le monde, dont 1.400 en France. Le groupe a fait 9,4 milliards de dollars de bénéfices en 2008. Il compte accélérer son plan d'économies de 5 milliards de dollars sur cinq ans, en atteignant 2 milliards de réductions de frais dès 2009, notamment du fait des compressions d'effectifs. Et pour la Moselle, il ne reste plus qu'une solution : accueillir le pôle emploi national avec ses 1860 créations, décrétées par Nicolas Sarkozy. Le principe des vases communicants, et enfin une promesse qui serait tenue !

CACHEZ LE PEUPLE
En fait, les manifestations pour dénoncer ces manquements répétés du Président à ses engagements ne sont désormais plus du tout autorisées. Que l'on tienne le peuple en laisse, le plus loin possible, afin de ne pas contrarier celui qui va à Londres pour tancer les « grands » de ce monde et leur montrer qui est le chef ! Le chef de l'Etat a estimé, a la veille de la réunion du G20 à Londres, que la crise économique et financière était « trop grave pour que l'on se permette un sommet pour rien ».
Les manifestants étaient ainsi entre 1.500 à 2.000 personnes, selon la police et 7.000, selon les organisateurs, à manifester hier matin à Châtellerault, quadrillée par un important dispositif policier. Peu avant la dissolution de la manifestation, des jeunes ont jeté des objets sur les forces de l'ordre qui ont riposté avec des grenades lacrymogènes. Sept personnes incommodées ont été soignées par les pompiers. Une huitième, qui a chuté en courant, a été transportée à l'hôpital par précaution, selon les pompiers. Le face à face a duré plus d'une heure. Les policiers ont chargé plusieurs fois, et plusieurs d'entre eux ont franchi les grilles d'un lycée tout proche, où s'étaient réfugié des jeunes. La chasse est ouverte et il ne faut surtout pas se priver !
Les manifestants, venus de tout le bassin d'emploi, particulièrement touché par la crise, après s'être rassemblés dans un quartier de la ville, se sont dirigés à pied vers le parc des expositions du Chillou. Le chef de l'Etat devait en effet y tenir une table ronde sur le thème « des mesures prises par le Gouvernement pour faire face à la crise ». Les manifestants ont été bloqués à l'entrée du pont ouvrant l'accès au site du parc des expositions. Des incidents ont éclaté au moment de la dispersion, provoquant de nouveaux tirs de grenades. Châtellerault était quadrillée par un important dispositif policier, mobilisant 800 à 900 hommes selon la préfecture, ce qui a donné, selon le principe « travailler plus pour gagner plus » du pouvoir d'achat supplémentaire aux forces de l'ordre, qui maintenant, sont chargées d'éviter que les Préfets perdent leur emploi !
De nombreux élus locaux s'étaient joints à la manifestation. « Aucun élu de l'opposition n'a été invité à la table ronde. En fait, c'était une table carrée, réservée aux amis de Nicolas Sarkozy », a commenté un vice-président du Conseil régional. Au cas où ils n'auraient pas été d'accord... et qu'ils aient terni l'enthousiasme des fans applaudissant à tout rompre cette annonce concernant la création d'emplois de « fonctionnaires », en contradiction totale avec les affirmations officielles.

MISE SOUS SEQUESTRE
La crise a bon dos, et les aubaines pour « dégraisser », comme ils disent, ne repasseront pas de sitôt ! Alors, on y va gaiement. Il reste un problème, c'est que le ton monte, et on commence à séquestrer ces dirigeants qui choisissent de défendre le profit contre l'emploi ! François-Henri Pinault, président du groupe de distribution et de luxe PPR et l'un des plus grands patrons français, a été bloqué dans un taxi hier, pendant une heure, par une cinquantaine de ses salariés, à Paris, avant d'être dégagé par la police qui actuellement, entre la mis en garde à vue des cyclistes bordelais et des interventions de ce type, cumule  les heures supplémentaires ! Deux enseignes du groupe, la Fnac et Conforama, touchées par la baisse de la consommation en France en raison de la crise, ont annoncé le 18 février des « plans d'économies » qui pourraient se traduire au total par la suppression de 1.200 postes. Les opérations de salariés en colère contre des patrons qu'ils privent de leur liberté de mouvement se sont multipliées ces dernières semaines en France.
A Grenoble, quatre dirigeants du groupe américain Caterpillar étaient retenus hier soir par des salariés qui réclament de meilleures conditions de licenciements. La semaine dernière, le directeur d'une usine de l'américain 3M avait été retenu plus d'une journée dans le centre de la France, où 110 licenciements avaient été annoncés. A la mi-mars, c'est le patron de Sony-France et trois cadres dirigeants du groupe japonais qui avaient été retenus pendant 24 heures par des employés d'une usine du sud-ouest, condamnée à la fermeture. Il sera impossible de retenir Nicolas Sarkozy... car il est toujours ailleurs ou sous la protection de centaines de policiers. Il est vrai que 3 000 suppressions d'emplois par jour en France ne constituent pas un motif d'inquiétude ou une marque de défiance suffisamment forte pour que l'on tourne résolument le dos aux excès du libéralisme.
Maintenant, on va moraliser ce système par des règlementations que l'on condamnait encore il y a quelques mois avec dédain. Du Fouquet's au yacht de Bolloré, de la présidence bling-bling à celle des affaires de cœur, des vacances américaines à l'escapade mexicaine : peu de chemin a été parcouru vers la moralisation de la vie politique. Tout est dans l'apparence et dans les mots. Les actes parlent davantage.
Mais je déblogue...
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31 mars 2009 2 31 /03 /mars /2009 07:17
Le blé... tout le monde rêve de se faire du blé par les temps qui courent. C'est un espoir secret que d'éviter la crise pour, au minimum, maintenir les profits que l'on vous a garantis durant des décennies. Une rente de situation, qui doit traverser une crise aussi sévère que celle qui se profile, ne se protège pas facilement. Il faut agir au bon moment pour obtenir des assurances sur l'avenir. Les périodes pré-électorales restent les plus propices à cette mobilisation des énergies qui peuvent sauver autre chose que les apparences. Tout le monde sait que, si les ventres affamés de voix n'ont pas d'oreilles, ils sont dotés d'étranges pouvoirs nés de la facilité des promesses dont ils se nourrissent. Et durant la disette idéologique, il faut bien renforcer le pactole des soutiens dont on aura besoin. En présentant aux élections européennes bon nombre de Ministres, l'UMP a effectué un choix en parfaite conformité avec celui de son maître élyséen, qui avait parcouru l'avant campagne officielle comme Ministre de l'intérieur, Président de l'UMP et Président du Conseil général le plus riche de France. Désormais, la France va entamer des semaines européennes avec des « candidats » plus officiels les uns que les autres. En voyage dans leurs provinces, les Ministres exploiteront à fond les moyens dont ils disposent sans que les citoyennes et les citoyens y voient un mal quelconque. La parade a commencé dès hier.
Nicolas Sarkozy a promis la bagatelle de 170 millions d'euros aux céréaliers français, qui protestaient contre la réorientation des aides agricoles européennes décidée par le ministre de l'Agriculture Michel Barnier. Or on sait que ce dernier va être tête de liste en Ile de France... et que les braves propriétaires de milliers d'hectares peuvent peser sur le résultat du scrutin. Le chef de l'Etat, qui n'est absolument pas en campagne, a réuni en fin d'après-midi à l'Elysée, en présence de Michel Barnier, le président de la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA) Jean-Michel Lemétayer, le président de l'Assemblée permanente des chambres d'agriculture Luc Guyau et des représentants des agriculteurs du... grand bassin parisien. Il faut ce qu'il faut pour arracher le soutien de ce monde agricole qui a depuis des années accumulé des profits substantiels.
Selon l'Elysée, ce plan de 170 millions d'euros sera mis en œuvre en 2010, année d'entrée en vigueur de la réorientation des aides européennes, pour « accompagner » les exploitations qui pourraient être fragilisées par cette réforme. Mais que va-t-on faire pour toutes les autres disséminés sur le territoire français et qui ne voteront pas en faveur du Ministre provisoire de l'Agriculture ? Sur ce montant, 90 millions seront puisés, par redéploiement, dans les aides agricoles européennes reçues par la France et 60 millions seront des mesures nouvelles financées par l'Etat. Avec quelles recettes ? Mystère. Mais d'ici 2010, le déficit ne sera pas à 60 millions d'euros près.
Ces 60 millions d'euros serviront à payer aux céréaliers une prime de 32 euros à l'hectare, dans le cadre de la gestion de l'assolement des exploitations. Les 20 millions d'euros restant seront puisés dans des aides non utilisées, et mobilisés en faveur de jeunes agriculteurs au moment de leur installation (il n'y en aura plus, car la faillite guette la majorité des exploitants « ordinaires »), a ajouté le président de la FNSEA, qui s'est montré satisfait de ce plan d'accompagnement.

UN SIGNAL FORT
Nicolas Sarkozy a, pour sa part, réaffirmé son soutien à la réforme de la répartition des aides agricoles et confirmé les mesures de réorientation annoncées le 23 février, y compris dans leurs montants. Le 23 février, Michel Barnier avait annoncé la réorientation en 2010, en faveur des élevages ovin, caprin et à l'herbe et des agricultures de montagne et biologique, de près de 18% des aides agricoles versées à la France par l'Union européenne. Les céréaliers, jusqu'ici principaux bénéficiaires de la politique agricole commune européenne, s'estiment lésés par une mesure qui les privera d'une partie de ces aides.
Ils étaient 4.000 à 8.000 le 25 mars venus manifester à Paris, et il fallait absolument les calmer. Le déplacement de Nicolas Sarkozy, à Rambouillet, sur le thème de la santé, avait été plus agité que prévu. Des agriculteurs d'Ile-de-France avaient tenté d'interpeller le président sur un thème un peu particulier : ces céréaliers protestent contre la désignation de Michel Barnier, l'actuel ministre de l'Agriculture, à la tête de la liste UMP pour les élections européennes... Et cette alerte avait été décisive.
Michel Barnier commençait donc à s'inquiéter : la grogne montait en Ile-de-France, où les gros céréaliers restent très puissants. Ils menaçaient de pourrir sa campagne européenne et chercheraient à le faire perdre. La campagne de déstabilisation avait même commencé la semaine dernière, avec la publication d'un encart publicitaire caricatural dans un petit journal agricole francilien. On murmurait même que les céréaliers franciliens rêvaient  de monter leur propre liste aux Européennes : ils estimaient leur électorat à 50.000 voix. Certains espéraient déjà tout haut un score de 10%. On a mis fin à leurs velléités sécessionnistes avec... 170 millions d'euros ! Une pacotille, comparée aux milliards mis dans des banques qui ne prêtent toujours pas aux artisans, aux PME et aux investisseurs qui en ont besoin. On va donc faire payer au budget de l'Etat les voix ralliées à  ce brave Michel Barnier. Il ne reste plus aux viticulteurs du Midi ou du Bordelais qu'à s'en prendre à Dominique Baudis pour arracher les fonds qui leur manquent.

DES PROFITS SYMPATHIQUES
Ce clientélisme tente de mettre des rustines sur une situation plutôt inquiétante pour l'UMP (avez-vous remarqué que les sondages sont actuellement peu nombreux ou plutôt discrets ?) mais comme toujours, avec l'argent des plus démunis, auxquels on refuse le pouvoir d'achat minimum pour maintenir celui maximum réservé à une caste !
Impossible d'oublier que les céréaliers se frottaient les mains en 2007. Les grandes exploitations françaises de la Beauce avait connu une année 2007 exceptionnelle. La flambée des prix des céréales (+60 % pour le blé tendre) avait permis à ces producteurs spécialisés de doubler le montant de leurs revenus. Entre 2006 et 2007, ces agriculteurs avaient vu leurs revenus nets avant impôt (aides comprises) bondir de... 98 %, alors qu'ils avaient déjà augmenté de 39 % entre 2005 et 2006.
Une performance spectaculaire néanmoins atténuée par une mauvaise récolte estivale, puisqu'en 2007, la production céréalière s'était située à 8 % en dessous du niveau moyen des cinq dernières années. Les pluies de l'été avaient nettement réduit les rendements de toutes les céréales à l'exception du maïs. Cette production, moins rentable, avait néanmoins battu des records.
Selon les statistiques officielles, les céréaliers ont touché en effet en 2008 un revenu moyen de 30 000 euros, deux fois plus que les éleveurs bovins et presque quatre fois plus que les éleveurs ovins. Une position difficilement défendable, d'autant que les céréaliers perçoivent les deux tiers des aides européennes, qui s'élèvent à 8,5 milliards d'euros...

UN CONGRES A CONTROLER
L'ouverture du congrès de la FNSEA pèse aussi sur l'avenir du gouvernement qui devra arbitrer entre les « céréaliers » et les « éleveurs » qui s'affrontent sur ces revenus européens garantis. Car la FNSEA est une véritable machine de guerre, comparable dans son organisation au premier syndicat des salariés, la CGT. Elle a su, au lendemain de sa création en 1946, constituer une organisation verticale très efficace imbriquée dans tous les domaines.
Le premier syndicat agricole préside en effet... 90 des 94 chambres d'agriculture françaises, est majoritaire à la Mutualité sociale agricole (MSA, la Sécu des agriculteurs), et possède des sièges d'administrateurs dans les caisses du Crédit agricole et de l'assureur Groupama. Sans oublier sa présence dans les organismes d'emploi et de formation telles l'Anefa (Agence nationale pour l'emploi et la formation agricole) ou l'Apecita (Agence pour l'emploi des cadres des ingénieurs et techniciens agricoles). La FNSEA contrôle aussi 38 associations spécialisées, dans le lait, les bovins, le porc, la volaille, les fruits et légumes... Et elle a créé des passerelles avec les industries de transformation au sein des interprofessions (Interveb pour la viande, le Cniel pour le lait...). Sans oublier un groupe de presse dans lequel elle relaye toute la vie de ses filières. C'est dire que si les salariés ne savent pas se faire entendre car ils ne mettent jamais solidairement leur bulletin de vote en avant, la FNSEA et son empire peuvent couler n'importe quelle liste de droite ! Et les fonctionnaires devraient en prendre de la graine. Sans OGM, bien évidemment.
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30 mars 2009 1 30 /03 /mars /2009 07:17
Les rockers des années soixante avaient une volonté manifeste de se démarquer des chanteurs à l'eau de rose. Le cuir, les clous, les santiags et la... banane appartenaient à leur personnage. Chacun y allait de sa chevelure patiemment sculptée pour ressembler à l'un des premiers porteurs de cette protubérance capillaire : Elvis Presley ! Le King se dessinait un cylindre, caractéristique, qui évoquait une ressemblance avec la forme oblongue du fruit. Tout l'art résidait dans la manière de sculpter cet attribut identitaire, et de le fixer pour qu'il ne s'émancipe pas trop. Dick Rivers en fut un expert, et d'ailleurs, parfois, il a des similitudes avec l'agité de l'Elysée qui a expliqué, justement, à ses amis de l'UMP qu'il avait « la banane ! ». On veut bien le croire, et avec un zeste de morphing bien appliqué on pourrait aller vers des postures assez proches de celles du chanteur des chats sauvages. En fait, parfois, Nicolas Sarkozy gouverne la France en s'emparant du moindre micro pour déclamer des banalités comme l'ont fait durant une bonne décennie les Johnny Cash ou Gene Vincent, et c'est un rocker de la crise. Il choisit son public qu'il chauffe à blanc aisément, car il est constitué de fans inconditionnels. Malgré la crise, Nicolas Sarkozy assure « avoir la banane » et a exhorté les députés UMP à soutenir sa politique, qui « paiera » en 2012 car, à ses yeux, « on ne perd que quand on est faible ».
« Je me fais taper dessus mais j'ai la banane. C'est dur pour moi aussi, mais en même temps, je rêvais d'être président de la République et je le suis, donc ça va... », a lancé le chef de l'Etat qui recevait, au lendemain de son discours de Saint-Quentin, les députés UMP pour un cocktail à l'Elysée. Dans le fond, avec le concours de Carla pour les paroles, et de fiston pour la vente, il pourrait fort bien mettre en musique ces paroles historiques et participer à un CD au profit des victimes supplémentaires du Sida que vont faire les déclarations du Pape !
« Je comprends que c'est très dur pour vous, mais la crise nous rend notre liberté ,car on ne réfléchissait plus avant. La crise nous donne la possibilité de renouveler notre corpus idéologique », a-t-il ajouté, selon des témoins, lors d'un exercice de questions-réponses dans la salle de spectacle de l'Elysée qui accueillait tout ce beau monde aux frais de la République. On a même le titre du single : « La période est formidable, formi, formi, formidable » (à chanter sur l'air d'une chanson célèbre d'Aznavour). Car c'est extraordinaire, alors que toute la France est plongée dans l'angoisse, qu'une bonne partie de la population souffre, que quelques millions tremblent pour ne pas avoir de lendemains qui... déchantent trop, le Président trouve « la période formidable ! ». Voici en effet ses déclarations, répétées par un fan qui lui voulait du bien : « La période est formidable pour nous parce qu'on se tourne vers nous, les politiques. Les gens nous seront reconnaissants de tenir le cap. Pas une seule réforme qui ne nous apporte pas d'emmerdes (cf encore Aznavour avec mes amours, mes emmerdes !). On a besoin de vous et ça paiera », sous-entendu en 2012, a-t-il poursuivi. Fort de cette analyse optimiste, souriante, heureuse de la crise, il entame comme tous les rockers qui comptent une tournée des salles françaises rassemblant chaque fois un public ravi de sa situation !

PAS LE MEME MENU
Il n'y a que des critiques grincheux qui ne trouvent pas le concert quotidien à leur goût. Des « emmerdeurs », comme dirait le Président lui-même ! D'abord vous avez l'adepte du chant choral des montagnes pyrénéennes, dont le rock n'a jamais été la spécialité, bien qu'il ait toujours eu envie d'être au centre de la scène. Lui il ne risque pas d'avoir la « banane », car il ne va pas très bien en ce moment. François Bayrou, dont la vigilance, décidément, n'est jamais prise en défaut a vite réagi en entendant ses ex-partenaires politiques divulguer cette information sidérante.
La démonstration de l'agrégé de lettres modernes est implacable : d'abord, on apprend ce chiffre de 80.000 chômeurs supplémentaires en février ; le même jour, Sarkozy, au cours d'une conversation avec des députés UMP, déclare « avoir la banane », histoire de clamer que plus ça va mal, plus la crise s'aggrave, plus son énergie se démultiplie. Vous rapprochez les deux éléments et vous concluez que, selon Bayrou, 80.000 chômeurs de plus donnent « la banane » à Sarkozy. Il n'a pas osé se demander si tous les précaires, les chômeurs, les retraités de misère pourraient encore longtemps s'offrir des bananes compte tenu des difficultés qui les attendent.
Même réaction ironique de François Hollande. Il a qualifié hier de « décalée » et « déplacée » l'expression de Nicolas Sarkozy selon laquelle il aurait « la banane », alors que « les Français, eux, ont des peaux de bananes tous les jours...Cela ne les passionne pas de voir un président qui se réjouit quand eux glissent dans la précarité ». Il n'a pas tort, car ce sont des milliers d'employés, d'ouvriers, de techniciens, de cadres qui dérapent en permanence sur les « oublis » des tenants du profit. D'ailleurs, les observateurs du marché annoncent des chutes en série puisque le taux de chômage dans les trente pays de la zone OCDE pourrait approcher les 10% d'ici la fin 2010, estime l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) dans un document remis hier à la presse à l'ouverture du G8 Social à Rome. Le taux de chômage dans la zone OCDE a atteint 6,9% en janvier 2009, soit une augmentation de près d'un point par  rapport  à l'année précédente, ce  qui signifie que sur une année, près de 7,2 millions de personnes ont rejoint les rangs des chômeurs dans la zone. Eux, doivent avoir une de ces... bananes!

LE DOIGT BANTOU
L'ancien Premier ministre Dominique de Villepin a jugé pour sa part que Nicolas Sarkozy devrait être « capable de faire preuve non pas de... banane, mais de vision, d'anticipation, de sagesse...On n'attend pas d'un président qu'il soit survitaminé, on attend qu'il soit sage », a-t-il ajouté à l'intention de son ancien rival, dont il a, de nouveau, critiqué la trop grande activité.
" La France va de réforme en réforme sans toujours se poser la question des résultats", a-t-il ainsi estimé, jugeant qu'il faut "se méfier de l'accumulation des réformes". Dans le travail du gouvernement, « il y a certaines erreurs qui pourraient être évitées », a aussi jugé l'ancien Premier ministre. « Dans un travail plus collectif, le gouvernement pourrait nous économiser ce qui ressemble à de la godille ou du surplace ». Ce constat, émanant d'un membre éminent de l'UMP, n'en a que plus de valeur. Il connaît bien la valeur calorique de la banane et donc il sait qu'elle peut masquer des défaillances en matière alimentaire, mais aussi apporter une activité exceptionnelle à celles et ceux qui suivent un tel... régime. En poète, Dominique de Villepin pourrait composer une ode à la banane présidentielle. Il déclinerait le fait que le fruit défendu du Paradis Terrestre n'était pas la pomme mais la banane. C'est pour cela qu'en Inde, elle est nommée « banane du Paradis ». La banane tire son nom du mot banana, « doigt » en bantou. Attention n'interprétez pas mal cette origine linguistique, car il est difficile d'admettre qu'un homme aussi bien élevé que Galouzeau de Villepin puisse avoir envie de faire un « doigt bantou » à son ex-Ministre ! On ne sait pourtant pas ce qu'il pense véritablement.
Dominique de Villepin, qui n'a aucun mandat électif, s'est aussi dit « gêné de voir, au sein de l'UMP, le temps que nous passons à nous parler à nous-mêmes. On a l'impression que le gouvernement, le président, passent davantage de temps à se parler entre eux, à se disputer entre eux, qu'à répondre aux besoin des Français », a-t-il déploré, souhaitant la fin de « ces querelles stupides ». Tiens donc, tout le monde n'aurait pas la banane au sein de l'UMP ? Il a aussi critiqué le discours de Nicolas Sarkozy à Saint-Quentin mardi soir, estimant que c'était « le président qui parle à l'UMP », ce qui pose « un problème de démocratie, de crédibilité de la parole politique ». En fait, un comportement d'ancien régime ! Impossible de faire mieux en matière de révolte, car là, le meilleur ennemi du Président y est allé de bon cœur.

DES SUCCES GARANTIS
Le rocker sait que, beaucoup plus que les déchainements sonores, c'est sa capacité à faire le spectacle qui compte. Devant ses fans, il faut donner des raisons de croire en vous. Nicolas a donc décliné ses tubes habituels, afin que toute la salle s'en imprègne. Le premier est flamboyant ; "En France, on avait trois handicaps : les 35 heures, les grèves et la fiscalité. On a réglé les 35 heures. Quand il y a une grève comme celle du 19, le pays n'est pas paralysé. Sur le bouclier, ma capacité à reculer n'est pas d'un millimètre. Prenez-moi bien en photo : je ne créerai pas une nouvelle tranche d'impôt, on n'abandonnera pas le bouclier fiscal." La plus belle de ses rengaines ! elle fait un tabac devant celles et ceux qui garnissent des salles où, comme dirait Bedos, les invités sont plus nombreux que les payants !
La seconde relève du conte de fées qui s'effondre : « Je veux une liste des paradis fiscaux et les faire sanctionner. Je ne veux plus que les banques travaillent avec les Caïmans, Hongkong et Macao. Sinon, je démissionnerai de mon poste de coprince d'Andorre. Monaco doit aussi s'aligner : j'en parlerai au prince Albert. Même la Suisse a cédé. » Il va finir par demander à ses fans de casser les chaises dans les salles de spectacles qu'il va faire à l'étranger et notamment à Andorre, Monaco, Saint Martin ou Saint Barthélémy !
Il enchaînera sur un classique : "On a un complexe en France avec ceux qui réussissent, qui gagnent de l'argent. Je parie que le candidat PS en 2012 ne voudra pas revenir sur ce qu'on a fait sur les droits de succession. Ne tombez pas dans le piège de la social-démocratie...Moi, je vais dans les entreprises toutes les semaines, et je monte sur la caisse."  Il est devenu chanteur de rues !
Et il terminera sur un couplet très inquiétant et susceptible de donner un point d'orgue musclé à ce récital habituel, mais reposant sur des phrases aisées à retenir : « Quand un préfet fait mal son travail, il dégage. C'est normal. Et qu'est-ce qu'on dit des directeurs de rédaction qui perdent des lecteurs ? Eux, ils sont pas changés. »
Le programme est attrayant pour certains qui y voient à la fois la puissance du rock qui, on le sait, ne plait pas trop aux poètes. Lui, c'est en plus du hard-rock, avec déchainement permanent de décibels et déluge de lumières. La romance, c'est fini. Dommage que le Peuple n'ait pas, lui aussi, la banane. Celle qui a grandi ces dernières semaines en Guadeloupe et en Martinique.
Mais je déblogue...
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29 mars 2009 7 29 /03 /mars /2009 11:19
Aucune loi ne devrait être promulguée sans une étude d'impact global préalable, puisqu'il faut bien constater que toutes les réformes qui s'empilent sur les réformes ne sont  jamais réellement évaluées et produisent souvent des effets collatéraux beaucoup plus dangereux que ceux qu'ils sont censés corriger. Mais quand le texte est promulgué, il faut des « rustines » successives pour atténuer les dégâts. Il est vrai aussi que l'entêtement idéologique peut maintenir en place des lois, des décrets, des règlements, des procédures dont on sait pertinemment qu'ils sont dangereux ou inutiles, mais il faut savoir rester droit dans ses bottes pour ne pas discréditer les principes que l'on a vendu au Peuple. Depuis très longtemps les principes sont les mêmes, et ils traversent les majorités sans que personne n'ose revendiquer ces prévisions indépendantes qui permettraient d'éviter des erreurs récurrentes. En fait, la justice est parfois le seul recours permettant d'espérer une « évaluation » réputée objective, mais la « judiciarisation » n'est pas le ferment réel de la démocratie : elle n'en est qu'une facette sanction, jamais véritablement réparatrice.
Si l'on prend par exemple l'événement de la journée, le passage à l'heure d'été, contre lequel a lutté jusqu'à sa mort récente un professeur  de médecine girondin émérite, Boris Sandler, on a l'illustration d'une décision prise dans un certain contexte économique, dont personne ne connaît finalement les effets bénéfiques actuels. On continue, parce qu'il faut continuer, et que la suppression de ce décalage horaire totalement arbitraire aurait des... conséquences financières malvenues dans la situation présente. Le passage à l'heure d'été, a toujours eu des adversaires, qui affirment que cette modification perturbe les hommes et les animaux et n'a jamais rendu les services attendus en matière d'économies d'énergie. Peu importe. On persiste au nom d'intérêts abscons et purement théoriques.

RIEN A VOIR AVEC 76
Depuis des années, l'Association française contre l'heure d'été double (ACHED), réclame son abandon. Elle appelle au remplacement du système actuel de changement par l'application d'une heure constante tout au long de l'année: soit celle du méridien de Greenwich (GMT +0), soit celle de l'heure d'hiver en France (GMT +1).
L'heure d'été française est en effet depuis ce matin "double", en décalage de deux heures avec l'heure solaire (à GMT +2) pendant environ sept mois, du dernier dimanche de mars au dernier dimanche d'octobre. L'ACHED, évoquant les difficultés d'adaptation de l'organisme à l'heure d'été, avec la perte d'une heure de sommeil, l'accuse d'être responsable de problèmes d'endormissement, donc de fatigue, ainsi que de dépressions et de prises supplémentaires de psychotropes. L'heure d'été a été instaurée en France en 1976 par Valéry Giscard d'Estaing, à la suite du choc pétrolier de 1973, afin de réaliser des économies d'énergie, par la réduction des besoins d'éclairage en soirée. L'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (ADEME) évalue ainsi à 1.300 gigawatt/heure l'énergie économisée chaque année en France grâce au changement d'heure, soit 4% des consommations d'éclairage annuelles, et moins de 0,5% de la consommation intérieure totale d'électricité. Une économie calculée sur des bases anciennes, non adaptées au contexte de 2009 !
Pour l'ACHED, au contraire, « le bilan énergétique est négatif » si l'on prend en compte la surconsommation totale d'énergie liée à l'augmentation des besoins de chauffage le matin au début du printemps, et de climatisation les soirs d'été. Ni la climatisation ni le chauffage électrique modulable n'étaient en effet développés, sur le plan domestique, il y a une trentaine d'années, et donc, la justification énergétique est totalement déphasée puisque des différences fondamentales sont constatées.
La présidente de l'ACHED s'appuie notamment sur une étude réalisée par des universitaires dans l'Etat américain de l'Indiana en 2006, selon lesquels l'heure d'été occasionnerait une... augmentation moyenne de 1% de la consommation électrique des particuliers. Les lampes fluorescentes à basse consommation, qui remplaceront progressivement les ampoules à incandescence, devraient réduire à l'avenir les gains énergétiques imputables à l'heure d'été. Ces arguments sont oubliés par la force de l'habitude !

LA SANTE EN CAUSE
« Les effets directs sur la santé sont importants », affirme également la présidente de l'ACHED, dans un entretien à l'Agence AP. Elle s'appuie sur une série d'études allemandes et anglo-saxonnes qui établissent, selon elle, une « corrélation » entre le passage à l'heure d'été et l'augmentation du nombre d'accidents de la route, de suicides, ainsi que de la pollution atmosphérique (liée à l'augmentation du trafic automobile lors des soirées estivales).
Dernière étude mise en avant par l'ACHED, celle de chercheurs de l'Institut Karolinska de Stockholm publiée en octobre dernier dans la revue "New England Journal of Medicine" et selon laquelle le passage à l'heure d'été augmenterait le risque de crise cardiaque: pour la période 1987-2006, les auteurs ont constaté que pendant la semaine suivant le passage à l'heure d'été le nombre d'infarctus augmentait de 5%, sans que cette hausse soit compensée par une baisse significative au moment du retour à l'heure d'hiver.
La Commission européenne, qui a pourtant harmonisé les dates de changement d'heure des Etats membres en 1998 sans rendre ce système obligatoire, a reconnu dans un rapport, en novembre 2007, que « les économies effectivement réalisées sont difficiles à déterminer et, en tout cas, relativement limitées ». Ce qui devrait, au minimum, générer un débat ou une étude globale fiable sur l'intérêt actuel d'une telle mesure. Point du tout puisque Bruxelles a trouvé une solution : « ce qui ne fait pas de bien mais qui ne fait pas trop de mal ne doit pas être changé ! » L'Europe ne conteste donc pas le bien-fondé supposé de cette modification d'heure: « outre le fait qu'elle favorise la pratique de toutes sortes de loisirs le soir et qu'elle génère quelques économies d'énergie, il y a peu d'impacts de l'heure d'été, et le régime actuel ne constitue pas un sujet de préoccupation dans les Etats membres de l'UE ». Alors, on continue sans trop se soucier, on maintient la tradition sous des prétextes fallacieux mais justifiés par la force de l'habitude. Vivement que Nicolas Sarkozy, contrarié par le fait qu'il ne puisse pas faire une grasse matinée avec Carla , s'empare du problème, aille dans un lieu symbolique (une fabrique de pendules comtoises ?) pour proposer une réforme supplémentaire de notre temps.

HISTOIRE DE COURANT
Il faudrait simplement prendre en compte un point de vue réaliste sur le sujet, exprimé par Jean Denis, président d'honneur de l'Association pour le rétablissement de l'heure méridienne: " L'argument est très simple: nous sommes des êtres solaires, donc il est normal que nous vivions à l'heure du soleil. Or l'heure des fuseaux horaires est respectée partout, sauf en France ». Le changement d'heure a été instauré une première fois pendant la guerre de 1914-1918, en 1916 précisément. Puis, sous Pétain, en 1940, on s'est mis à l'heure allemande et on y est resté à la Libération. Donc, maintenant que Valéry Giscard d'Estaing a définitivement instauré l'heure d'été en 1976, nous sommes à GMT+2 en été, soit avec 2 heures de décalage par rapport à notre fuseau horaire. L'autre raison de rétablir l'heure méridienne, ce sont les soit-disant économies d'énergie: on ne prend en compte que celles réalisées l'après-midi, et pas celles perdues le matin quand on allume la lumière ou le chauffage. Ce qui est profondément malhonnête.
En réalité, sachant qu'on produit trop d'électricité en France, le changement d'heure permet de la faire passer au fur et à mesure qu'on la produit. Et, du fait de la puissance des lobbys de l'industrie nucléaire, ce sujet est tabou. Le reste n'a donc aucune importance : pour réguler la consommation électrique, on ferme les yeux sur ce qui régit le monde depuis des lustres : la course du soleil dans le ciel. Mais il est vrai que, désormais, ce dernier à une concurrence avec d'autres « Rois Soleil » qui dirigent un peu partout le monde et pratiquent uniquement la course au profit.
Allez, bonne journée, et accordez vous une heure de sieste dominicale supplémentaire. Ce sera la meilleure manière de manifester votre désaccord et de rattraper au moins aujourd'hui le bon vieux temps perdu !
Mais je déblogue...
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28 mars 2009 6 28 /03 /mars /2009 20:16
Ce qui, chez les socialistes, prendrait pour les médias des allures de « schisme », de « querelles intestines », de « rivalités de personnes », de « mésententes », de « rivalités interminables », de « zizanies », de « l'immobilisme incurable », des « arrangements politicards », relève de gentils arrangements chez le parti du Président. Cet « Elysée » qui s'offre, aux frais de la République, une tournée de précampagne des européennes, en rassemblant non pas des citoyens mais ses fans, ce Président qui n'est plus que celui d'une part réduite de Françaises et de Français, se révèle incapable de juguler la crise qui secoue son parti. En fait, si les socialistes avaient autant tergiversé, bafouillé, rivalisé pour l'établissement de leur listes pour le 7 juin prochain, les exégètes patentés de la vie politique en auraient fait des tonnes sur l'absence d'unité d'un parti en perpétuel affrontement interne. Jean-Michel Apathie se serait fendu, sur le plateau de Canal +, d'un éditorial ironique dont il n'a plus le secret, car il devient répétitif. Et tous les autres, qui ont peu ou prou reçu un sucre d'orge présidentiel, auraient exercé leur droit à dénigrer, avec le talent qu'on leur connaît quand il s'agit de se gausser des rivalités démocratiques au sein du PS. Il est vrai que toutes et tous ont obtenu un bonus, et que désormais ils vivent en toute indépendance de leurs services rendus.
Après avoir dénoncé la censure qui frappe toute critique du président Nicolas Sarkozy, les syndicats de journalistes se sont indigné des diverses fonctions honorifiques et missions rémunérées, offertes par le président de la République à onze chroniqueurs influents des grands médias.

LA SOUPE POPULAIRE
Par exemple, l'ancien courtisan de François Mitterrand, Jacques Attali, éditorialiste à l'hebdomadaire l'Express, a été nommé président de la commission pour la « libération de la croissance française » qui a pondu des listes impressionnantes de réformes qui inspirent désormais le maître de l'Elysée. Georges-Marc Benhamou, confident officiel de l'ancien président Mitterrand, éditorialiste au quotidien Nice-Matin et chroniqueur au quotidien La Provence, avait été nommé « conseiller pour la culture et l'audiovisuel » du président de la République. Jean-Louis Bourlanges, chroniqueur sur la radio France-Culture, avait rejoint le « Comité de réflexion sur la modernisation et le rééquilibrage des institutions de la Ve République » pour une pige, comme Guy Carcassone, chroniqueur à l'hebdomadaire Le Point, Jean-Claude Casanova, fondateur de la revue Commentaire, éditorialiste associé au quotidien Le Monde, Olivier Duhamel, chroniqueur sur France Culture. Jean Marie Colombani, ancien directeur du quotidien Le Monde, chroniqueur politique sur France- Inter le vendredi matin, et animateur de l'émission « Face à face » sur la chaîne de télévision Public Sénat, avait accepté une mission officielle de trois mois sur la réforme des conditions d'adoption. Yves de Kerdel, éditorialiste au quotidien Le Figaro et chroniqueur à la radio économique BFM, a rejoint la commission pour la « libération de la croissance française » où il avait retrouvé Éric Le Boucher, chroniqueur économique au Monde. N'oublions pas tout de même, pour faire bonne mesure, que Myriam Lévy, qui a suivi la campagne de Ségolène Royal pour Le Figaro, a été nommée conseiller en communication du Premier ministre, et Catherine Pégard, rédactrice en chef du service politique de l'hebdomadaire Le Point, a été nommée conseiller politique du président de la République. Si vous preniez tout ce que les uns et les autres ont pu écrire ou déclarer ostensiblement de défavorable au PS, vous pourriez faire un dictionnaire. Le seul problème, c'est qu'ils sont désormais muets, car passés de l'autre coté du miroir aux alouettes, et qu'ils ont laissé la place à Christophe Barbier (au moins une heure cumulée de leçons de politique télévisée par semaine) ou à Jean-Michel Apathie (environ deux heures hebdomadaires en radio et en télé), les deux grandes vedettes du petit écran, qui s'auto-produit ses vedettes extérieures. En fait, il vont soigneusement éviter de se pencher sur les réalités de ce « Mouvement populaire » dont s'occupe avec amour et componction le « gentil organisateur » Xavier Bertrand !

TOUT VA BIEN
Le maire UMP de Marseille, Jean-Claude Gaudin, a reconnu qu'il rencontrait des difficultés dans la constitution des listes de la majorité pour les européennes, laissant entendre que le président Nicolas Sarkozy aurait le dernier mot. « Dans chaque région, on n'arrive pas à caser dans les trois premiers un de chaque département. Il faut arriver à convaincre des personnalités de ne pas être là, de reculer, etc. Tout ça, il me faut encore un peu de temps. Je n'y arrive pas pour l'instant », a déclaré à la presse César Gaudin citant notamment sa région PACA et l'Aquitaine. Tiens donc, Alain Juppé aurait des exigences, et porterait les souhaits d'une tendance particulière de l'UMP ?
« Ces élections européennes sont pour nous absolument prioritaires, ce qui ne fut pas toujours le cas par le passé », a-t-il ajouté dans un communiqué, en fin d'après-midi. « Par expérience, l'attribution des investitures et la constitution des listes de candidats, s'avèrent  être un exercice délicat et méticuleux », a-t-il poursuivi, alors qu'on pensait que ce genre de déclaration était réservée... à Martine Aubry !
L'un des points restant à résoudre est la place du Nouveau Centre (NC) sur les listes, M. Gaudin voulant à nouveau garantir au parti d'Hervé Morin « trois députés élus à Strasbourg ». Les éditorialistes vont certainement parler de "cuisine électorale"  UMP, avec la même hargne qu'ils l'ont toujours fait pour les socialistes ayant agencé leurs listes.

PATATE CHAUDE
La désignation des candidats, « c'est l'affaire des partis et non pas des chefs de file des listes », a ajouté M. Gaudin, en marge d'un déplacement du Premier ministre François Fillon dans sa ville. « Et je peux vous dire que nous nous préparons très bien, n'en déplaise à ceux qui voudraient que nous allions trop vite et que nous brûlions les étapes », estime le maire de Marseille qui préside la commission nationale des investitures à l'UMP. « Rien ne presse », dit-il, ajoutant en direction de « ceux qui pressent » : « nous avons le président...Vous savez très bien qu'il fait tout ». Selon plusieurs sources, un meeting pour lancer les listes d'union de la majorité aux européennes devait avoir lieu vendredi soir à Marseille, mais il a finalement été annulé. Peut-être que le Zénith est dans toutes les mémoires et qu'il aurait fallu payer beaucoup de monde pour garnir les travées ! On a donc eu peur que la vedette en tournée, ne passant pas par Marseille, et les candidats voulant toutes et tous être sur la scène, il ya ait moins de monde dans la salle que sur l'estrade. Imaginez un instant qu'un éditorialiste en tire des conclusions hâtives sur le score de l'UMP... ! Une catastrophe qui méritait tout de même une prudente retraite. Il faut donc que le Mouvement populaire s'inspire des socialistes !
Au-delà des querelles internes au PS, Martine Aubry avait demandé que les députés de Strasbourg défendent une certaine idée de l'Europe, pas seulement les intérêts de la région qu'ils représentent. « Quand on est député européen, on n'est pas là d'abord pour défendre la pêche quand on est Breton ou Normand, pour défendre l'agriculture quand on est dans le Centre ou pour défendre les acquis culturels quand on est dans le Nord-Pas-de-Calais », a-t-elle dit. « On est d'abord là pour défendre un autre modèle pour l'Europe, pas des intérêts corporatistes ». Elle devrait envoyer un mail à Jean-Claude Gaudin qui attend patiemment que Nicolas Sarkozy se prononce sur les cas douloureux. Alain Juppé aussi. Il sait que lentement mais sûrement, grâce à une campagne de communication savamment orchestrée autour de son livre, il va retrouver le... temps des cerises. En effet ,on n'est plus en hiver, et tout devient possible en juin. Il peut encore y croire!
Mais je déblogue...
 

 

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Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
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