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LES STATISTIQUES

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MAIS JE DEBLOGUE...

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25 décembre 2008 4 25 /12 /décembre /2008 07:17

Décidemment, la laïcité positive prônée par le chanoine de Latran était encore une supercherie pour sa clientèle traditionnelle ou traditionnaliste. Elle en a pris un coup dans la nuit de Noël, à la suite d'une décision prise par TF1, la plus grande chaîne européenne, détenue par le meilleur comparse de Nicolas Sarkozy. Un véritable séisme dans la Paysage audiovisuel français, devenu propriété de fait d'un clan, et en voie de colonisation politique pure et simple, pour sa partie moribonde anciennement publique.
Figurez-vous que je suis certain que des milliers et des milliers de coups de téléphone courroucés sont arrivés au standard de l'immeuble ostentatoire de TF1, pour protester contre la suppression de la diffusion en direct de la messe papale de minuit ! Imaginez un peu l'impact que cette décision a pu avoir sur le moral de la France des chaumières. En fait, en cette époque d'étranglement financier du service public, on se retrouve avec un calcul médiatique de bas étage. Il est certain que la pub, avant l'office religieux, ne rapporte plus assez pour entretenir le chiffre d'affaires exigé par Martin Bouygues. Certes, comme des millions de téléspectateurs, je ne peux que me réjouir de pareille décision qui, dans les faits, évite la transformation d'un acte religieux en spectacle... mais il faut parfois aller plus loin que son propre jugement. Cette suppression va conduire dans quelques mois à une affreuse course au seul profit qui, de toutes les manières, reste la base de tous les ajustements de grille. Il faut donc, impérativement, s'attendre à une promotion encore plus dramatique de la seule opinion dominante !
La suppression de la diffusion par la chaîne française TF1 de la messe de minuit, célébrée par le pape à Noël, est « un signe de superficialité », et traduit « un manque d'attention à la sensibilité d'une large partie du pays », a déclaré jeudi le porte-parole du Vatican, bien évidemment déçu de ce manque évident de médiatisation de sa vedette papale.
On peut même se demander si Benoît XVI était le meilleur casting, puisque Jean-Paul II n'aurait jamais subi pareil affront ! Remplacer la messe de Noël au Vatican par une émission de divertissement est « un signe de superficialité » et « un manque d'attention à la sensibilité, à la culture et à la tradition religieuse d'une large partie du pays », a estimé le père Lombardi. La chaîne a, en effet, décidé cette année de remplacer cet évènement religieux, suivi par 1,5 millions de personnes, par un « grand bêtisier de Noël », suivi d'un concert du chanteur français Michel Sardou, datant de... 2005. La période est véritablement à la réhabilitation de la culture française ! Le Pape suppléé par Michel Sardou, c'est le signe d'une engament en faveur de la laïcité « positive » forte, mais surtout l'aveu que le veau d'or reste bien le Dieu le plus vénéré de la société médiatique. Et, encore une fois, je suis ravi que la décision aille dans le sens de la suppression des offices religieux exceptionnels sur les écrans de télévision ! Mais celui qui ne défend pas, au nom des valeurs qui sont les siennes, une mesure visant son ennemi, ne pourra pas se plaindre au moment où il entrera dans la tourmente à son tour.

SARDOU LE DEMON

La suppression sur l'autel de la rentabilité, passe encore! mais... le remplacement de ce grand moment de foi mondialisée par un concert de Michel Sardou constitue une véritable agression anti-cléricale. Heureusement que François Fillon en Egypte, et Nicolas Sarkozy dans la forêt amazonienne, n'ont pas eu à cautionner cette déviance coupable de la privatisation télévisuelle. Préoccupés par la sécularisation croissante de la société française, et fort marris que le Vatican ne leur ait pas accordé une seconde coupure publicitaire au milieu de la célébration (les vérités ne sont pas toutes bonnes à entendre), les patrons de la chaîne se sont convertis au paganisme le plus débridé, en programmant un bêtisier et un concert de Michel Sardou.
Pour Notre Sainte Mère l'Eglise, ce comportement intolérable frôle celui qui pourrait conduire à l'excommunication de son auteur. Passe encore que "Le grand bêtisier" de Noël ne présente aucun gag survenu lors du tournage du Jour du Seigneur, et c'est déjà un effort, puisque l'on aurait pu trouver une hostie volant, un paroissien se vautrant au milieu du chœur, ou le goupillon partant sur la tête d'un fidèle lors d'une bénédiction théâtrale.
La goutte d'eau qui a fait déborder le bénitier, c'est le concert de Michel Sardou, anticlérical fanatique, bouffeur de curés notoire, auteur d'hymnes athéistes, tels que « Les Ricains, maudits puritains », « Profane des années 80, profane jusqu'au bout des saints », « A bas la calotte au Connemara », « La java du diable de Broadway »...En fait, TF1 aurait programmé Mireille Mathieu avec un bel Ave Maria, ou Annie Cordy avec « La bonne du curé », et ses dirigeants auraient bénéficié d'une indulgence plénière. Là, ils seront privés de toute bénédiction ultérieure pouvant valoir un ou deux écrans publicitaires consacrés aux ménagères de plus de 70 ans, les seules qui aient encore un comportement d'achat conforme aux vœux des annonceurs. Elles n'apprécieront pas nécessairement cette déprogrammation sur le plan du principe, car elles sont allées au lit de bonne heure, et n'ont donc pas vu la différence.

COMPENSATIONS PERMANENTES
N'empêche que tout est fait pour véritablement estomper, depuis plusieurs semaines, ce sentiment de modification du comportement global de cette chaîne qui se prépare à collecter, le 6 janvier, les pubs du service pseudo-public. Par exemple, certains observateurs ont remarqué un net changement dans le profil de Laurence Ferrari. Les maquilleuses ont comme mission de la vieillir à tout prix... et souvent elle doit utiliser diverses formules, liées à une vision mère de famille de son personnage. Elle sourit sur des reportages d'enfants faits pour la valoriser, après une nouvelle annonçant une libération ou une information avec un dénouement heureux...Laurence devient beaucoup plus proche des téléspectateurs et des téléspectatrices. Pour ceux qui ne comprendraient pas cette méthode (certes pas très française), elle a désormais l'air concerné par ce qu'elle raconte aux gens. Jadis un peu froide et distante, elle est devenue chaleureuse... sur commande.
A l'inverse, quand les nouvelles sont mauvaises, elle prend un ton grave et utilise des mots de circonstance. "Catastrophe", "dramatique", "épouvantable"... Laurence sait maintenant faire passer les émotions.
Malgré donc l'acte de laïcité, qui n'a  pourtant pas hésité à virer la messe de minuit du 24 décembre, Laurence se laisse parfois aller à un "Dieu Merci", suite à un sujet où des enfants disparus ont été retrouvés. Ben oui, TF1 doit contenter, un minimum, ses « pieux » téléspectateurs. Laurence sera leur messie et aura en charge le prêche quotidien de récupération de la faute commise : il faut croire en TF1 ! .
Et lorsque sa copine Evelyne Dhéliat vient lui annoncer qu'il fera froid le lendemain, Laurence lance un malicieux... "Il va falloir couvrir les enfants". Oui, la journaliste est avant tout une mère de famille. Et qu'est-ce qui parle plus à une mère de famille qu'une autre mère de famille?  Bref, désormais, lorsque vous regarderez les JT de Laurence Ferrari, essayez d'y prêter attention... Vous verrez qu'elle est devenue particulièrement agréable et proche de sa clientèle. Pas sûr qu'on ne voit pas quelques images, dans des magazines people, de sa présence à une messe de minuit, dans une église de la France profonde.

PROVOCATION EXTREME
Souvent, les émissions des Guignols ont raillé cette marchandisation de la religion. Enfin pas de toutes, car il y en a certaines qui sont oubliées, et le seront définitivement car elles ne sont pas commercialement porteuses. Il faut également convenir que la même règle s'applique aux idées et aux valeurs. Et c'est là que la situation devient grave... car chaque fois que l'on mettra en avant un concept, pourtant indispensable à la vie sociale, elle sera automatiquement exclue de l'antenne. La disparition de la messe de minuit participe en fait de cet appauvrissement irrémédiable du paysage audiovisuel français... dont on a pu constater la décadence depuis maintenant quelques années.
Quoi que l'on en dise, nous sommes encore très éloignés de la liberté dont jouissent les médias anglo-saxons. Là-bas, nul ne se pose la question de savoir si on peut ou si on doit rester dans les convenances. Le ministère britannique des Affaires étrangères a par exemple dénoncé hier la diffusion, par la chaîne de télévision Channel Four, des voeux de Noël du président iranien Mahmoud Ahmadinejad. « Le président Ahmadinejad a prononcé une série de déclarations antisémites horribles... Les médias britanniques sont libres, et à juste titre, de faire leurs choix éditoriaux, mais cette invitation va susciter consternation et outrage, non seulement ici, mais dans des pays amis», a déclaré une porte-parole du ministère. M. Ahmadinejad a été choisi par Channel Four pour prononcer cette année le message de Noël «alternatif» que la chaîne diffuse traditionnellement pour concurrencer celui de la reine Elizabeth II. Dans ses voeux, M. Ahmadinejad assure que si Jésus était vivant aujourd'hui, il s'opposerait aux «puissances agressives, acrimonieuses et expansionnistes». L'ambassadeur israélien à Londres, Ron Prosor, avait qualifié mercredi le choix de Channel Four de «scandaleux».
L'une des responsables de la chaîne, Dorothy Byrne, avait justifié le choix du président iranien par son « énorme influence» et par le souhait de proposer aux Britanniques un « aperçu d'une vision alternative du monde ». Il y a encore beaucoup de chemin à parcourir pour que nous admettions de tels comportements en France. Et, de grâce, que l'on ne voit pas autre chose qu'une question de principe dans ces prises de position, puisque dans un cas (suppression de la messe de Minuit papale) et dans l'autre (vœux du Président iranien) il ne s'agit que d'une question d'indépendance réelle à l'égard de cette opinion dominante qui fait ou défait le profit !
Mais je déblogue...

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24 décembre 2008 3 24 /12 /décembre /2008 07:17

Sortez vos mouchoirs ! Il va falloir en effet dès demain s'apitoyer sur le sort néfaste que les vilains consommateurs ont réservé à notre société en crise. Amis de la carte bleue vous n'avez rien compris : il fallait « dé-pen-ser ! » pour sauver les soldats Sarkozy parti à la conquête du Brésil et Fillon en campagne d'Egypte ! En vous restreignant, au nom de votre moral dans les chaussettes, vous avez été un mauvais citoyen, l'un de ceux que l'on ne va pas tarder à stigmatiser comme responsable de la récession. Restez optimiste, souriez pour les photos demain matin, même si sous le sapin il n'y a pas ce que vous attendiez. Réjouissez vous si vos proches ne vous ont rien acheté « made in China » car vous auriez pu attraper une allergie ou mourir carbonisé. Cherchez un peu à savoir si chacun de vos cadeaux a été profitable à la relance, et si vous êtes parmi les chanceux qui ont pu aller chez Peugeot, songez au bienfait de votre démarche ! Buvez et mangez sans modération, mais sans bouger de chez vous (contrôles d'alcoolémie oblige) afin de participer à la relance de la viticulture en péril. Ne vous privez de rien. Surtout pas, car vous seriez autrement un mauvais Français, l'un de ces saboteurs qui participent à notre décadence. Le problème, c'est qu'il vous manque probablement le pouvoir d'achat, celui qu'on vous avait promis si vous aviez eu la naïveté de croire au... Père Noël ! Et il fallait y croire en 2007, car depuis, la hotte n'a été pleine de cadeaux que pour ceux qui avaient les moyens de s'en offrir sans l'aide des autres !
La crise frappe essentiellement les ménages pauvres, dont plus de la moitié n'ont que 250 euros par mois pour vivre, une fois payées les dépenses fixes, révèle la première enquête globale sur les effets de la crise sur les Français, réalisée à la demande de Martin Hirsch... C'est le véritable cadeau de cette nouvelle année : plus vous êtes pauvres et plus vous deviendrez pauvre. Plus vous êtes riche et plus les dividendes qui vous seront versés au titre de 2008 vous permettront d'être riches. Si vous y ajoutez de lourdes pincées d'exonérations en tous genres et des niches fiscales ressemblant à la caverne d'Ali Baba, vous avez toutes les raisons de vivre heureux en 2009. Sous votre sapin, il ne manquera que quelques grains au caviar des fêtes !
Le baromètre social du Crédoc (Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie), rendu public hier, compare, à travers quelque 80 questions, les conséquences de la crise sur les ménages moyens et ceux qui vivent sous le seuil de pauvreté (880 euros par mois pour une personne seule). « Tous les Français disent ressentir les effets de la crise, mais celle-ci touche essentiellement les plus faibles », a déclaré à l'AFP Matthieu Angotti, co-auteur de l'enquête, citant plusieurs facteurs de fragilité : avoir de faibles revenus, avoir moins de trente ans, des enfants, être au chômage ou locataire. Franchement, faire une enquête pour parvenir à cette conclusion, relève de l'exploit similaire au contenu du rapport de Xavière Tibéri. Il suffit en effet d'être au contact des gens pour constater que ce constat ne date pas de... l'apparition de la crise financière, mais qu'elle a lentement gangréné la société française. Le culte immodéré du profit avait occulté cette paupérisation d'un pays qui n'avait pas compris que le premier des Droits de l'Homme consiste à vivre convenablement des ressources de son travail ou du système de solidarité mis en place par l'Etat républicain.

DES DRAMES DECALES
La situation de loin la plus critique est celle des familles monoparentales. Plus de la moitié (56%) des ménages pauvres interrogés, représentatifs de 8 millions de ménages vivant sous le seuil de pauvreté, déclarent avoir moins de 250 euros par mois, une fois les dépenses fixes payées (logement, crédits, téléphone ...). Près de 15% de ces ménages sont même en négatif, et s'endettent un peu... plus chaque mois avec des crédits revolving qui déboucheront en 2009 sur un nouveau choc économique incontrôlable. 16% déclarent être en surendettement, contre 7% de la population générale... Et je suis certain que ces statistiques sont sous-estimées, car on n'avoue pas facilement son surendettement. 70% des ménages pauvres disent s'en sortir difficilement, contre 32% de l'ensemble de la population.
Dans ce contexte, si 40% des ménages en général ont puisé dans leur épargne plus que d'habitude au cours des trois derniers mois, 28% des ménages pauvres ont été à découvert plus que d'habitude, contre 17% pour l'ensemble.
En matière de consommation, là encore, les ménages pauvres se distinguent. Tout le monde dit se restreindre, mais il faut faire la part entre l'anticipation, le « sentiment » de restriction, et les privations sur l'essentiel.
52% des ménages pauvres ont annulé ou retardé durant les trois derniers mois une dépense importante, contre 40% globalement, 51% se sont imposés plus de restrictions que d'habitude (39% de la population générale).
Globalement, les Français ont restreint les vacances et les loisirs, l'habillement, l'électroménager.
Les plus pauvres se restreignent aussi sur les dépenses alimentaires (66%), diminuant la consommation de viande et de poisson, de fruits et légumes ou sautant des repas. Les changements touchent aussi, et c'est plus grave, à la santé, domaine où les ménages pauvres se restreignent "significativement plus" que les autres. 31% ont renoncé à des soins dentaires (contre 15% des ménages en général) et 22% à des soins optiques.
59% des ménages pauvres dépenseront moins à Noël que l'an passé (contre 48% de la moyenne des ménages).
La crise conduit tout le monde à comparer davantage les prix, mais les ménages pauvres privilégient plus que les autres les magasins discount et se refusent tout achat "coup de tête". Les discounts explosent avec des progressions à deux chiffres de leur chiffre d'affaires par rapport à 2007 ! Ce "baromètre social", qui sera renouvelé tous les trois mois, confirme l'analyse des associations d'aide aux démunis, qui avaient récemment alerté sur l'aggravation de la précarité, antérieure à la crise financière, mais s'accentuant à cause d'elle.

RETOUR SUR TERRE
Demain matin, le Père Noël passera tout de même partout, mais il masquera une réalité profonde. L'affaire de quelques minutes car vite il faudra revenir sur terre. Pas au Brésil ou en Egypte mais en France, sous un pont pour certains, sur un trottoir pour d'autres, dans des pièces non chauffées pour trop, devant une table avec des produits de la Banque alimentaire ou de la récupération dans les poubelles des grandes surfaces ou des marchés pour une part... mais dans le fond, l'essentiel c'est qu'ils ne viennent pas perturber notre frénésie de consommation. Nous avons, au moment des fêtes, un réflexe pavlovien qui conduit à ignorer tous les paramètres pour se comporter en cigales hivernales. Il semble que les coups sur les doigts répétés, au moment de mettre la main au portefeuille, commence pourtant à porter ses fruits. Le problème c'est que les doigts qui les reçoivent sont les plus engourdis par le froid de la pauvreté. Les autres savent y échapper, en portant les gants adaptés, ou en démontrant que leur geste ne changera rien à leurs moyens financiers.
L'heure est à l'économie dans les classes moyennes. Plombés par une détérioration de leur pouvoir d'achat, les Français prévoient de se serrer donc partiellement la ceinture pour les fêtes de fin d'année. Certes, comme chaque année, les Français souhaitent consommer pour Noël, mais cette fois, ils sont particulièrement rigoureux et économes afin de respecter strictement le budget de dépenses qu'ils ont décidé d'y consacrer. Ainsi, ils ont été cette année beaucoup plus nombreux à préparer un budget de dépenses pour les fêtes : 1 Français sur 2 contre seulement 1 sur 3 l'an passé. Par ce biais, ceux-ci ont voulu notamment éviter les achats d'impulsion.
Pour tenir leur budget, les consommateurs français sont en attente de promotions, mais ils prévoient aussi de réduire la part consacrée aux cadeaux. Moins de cadeaux se traduira par moins de bénéficiaires, affirme l'étude. En effet, les Français offriront moins de cadeaux aux amis ou au cercle familial éloigné. En revanche, les enfants seront préservés... et c'est la seule constante qui résiste à la crise !
Les comportements d'achat vont donc se modifier. Même si pendant la période de Noël, le prix le plus bas n'est pas la priorité unique des consommateurs, cette année, 1 Français sur 3 déclare que l'obtention du meilleur prix est le critère prioritaire, quelles que soient les conditions de fabrication du produit. Les commerces traditionnels alimentaires, d'ordinaire très fréquentés pendant cette période, devraient donc en pâtir. En effet, une partie de la clientèle de ces magasins déclare son intention d'acheter davantage dans les magasins hard discount ou en supermarchés. Dans quelques semaines, ils y reviendront avec d'autres ambitions, qui consisteront simplement à ne pas basculer dans le rouge chez leur banquier (quand il en reste un !), qui lui, aura enfin réalisé de bonnes fêtes grâce au dépôts de ses clients, tétanisés par la crise !
Mais je débloque...

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23 décembre 2008 2 23 /12 /décembre /2008 07:17

Il arrive que dans certaines circonstances il faille faire abstraction de toute animosité personnelle, pour examiner sereinement les faits. Ce n'est pas toujours facile, car malheureusement, l'objectivité nécessite souvent du courage. La société actuelle est devenue beaucoup plus injuste qu'elle ne l'était antérieurement. Personne ne tire les leçons d'un passé peu glorieux pour la démocratie, car il est beaucoup plus facile d'imiter, d'amplifier et même de déformer, les recettes les plus éculées. Dans un système de la révélation permanente, il est pourtant devenu très dangereux de prétendre garantir les libertés individuelles républicaines... quand on sait que plus rien ne sert de contre-poids à un système médiatique omniprésent. Comme personne ne pose véritablement le problème de sa légitimité dans un pays où les libertés sont parfois illusoires, nous perdons l'essentiel : le respect de l'homme !
Désormais la sentence n'est plus dans les prétoires, mais plus certainement dans les pages intérieures des journaux, ou dans les images des actualités télévisées. C'est un véritable drame pour la République, car plus personne ne peut véritablement croire à la présomption d'innocence, quand un tsunami s'abat sur les épaules de ceux qui sont soupçonnés d'un faux pas. Les dégâts sont irrémédiables, car définitifs, scellant le sort d'une vie en quelques lignes ou en quelques secondes... sans possibilité d'appel, car il arrive en décalage, et quand le mal est fait. Quel que soit le « coupable », quel que soit sa génération, quelles que soient ses origines, quelles que soient les circonstances, quelles que soient les accusations qui pèsent sur lui, il devient intolérable de voir les médias s'ériger en sérum de vérités toutes prêtes. Il faut être prêt à défendre ce droit pour son propre ennemi pour pouvoir, un jour ou l'autre, défendre légitimement ses amis.
Le député PS de l'Essonne, Julien Dray, soupçonné d'abus de confiance, « a été exécuté médiatiquement », a estimé Malek Boutih, membre du bureau national du Parti socialiste. « Il est déclaré coupable avant même la fin d'une instruction qui à mon avis va durer longtemps », a dit l'ex-président de SOS Racisme. Et quoi que l'on pense de l'un ou de l'autre, je ne peux que partager cette opinion, tellement elle correspond à une constat partagé. « Quand bien même cette affaire sera finie d'un point de vue judiciaire, il a été exécuté médiatiquement » et « je pense qu'il aura beaucoup de mal à s'en relever », a-t-il ajouté. Et c'est la terrible sanction de notre société, que celle qui cloue au pilori une « victime » potentielle. D'ailleurs plus la personnalité a des copains dans le milieu du journalisme et plus l'assassinat est féroce, comme s'il fallait exorciser une éventuelle « complicité ». Si en plus, de temps en temps, il a eu la dent dure contre la presse, et celle qui compte en particulier, on l'ensevelira sous les enquêtes accusatrices. La peine de mort médiatique est la plus pratiquée mais la moins critiquée, surtout quand elle correspond aux aspirations de l'opinion dominante !

COUPABLE DESIGNE
Malek Boutih a souligné que « l'association SOS Racisme n'est même pas en cause dans cette affaire » et « qu'elle est une des associations les plus contrôlées en France ». Elle est « quasiment contrôlée tous les trimestres par un contrôleur du ministère des Finances », a-t-il assuré. Bizarre que, tout à coup, on débouche sur une révélation fracassante, alors que personne n'en avait détecté les origines. D'une manière générale, les associations sont « beaucoup plus contrôlées que les banques françaises (...) qui ont pu rentrer ces derniers mois dans des magouilles qui ont fait perdre des millions et des millions d'euros à des épargnants », a insisté Malek Boutih. Mais comme ce sont les banquiers qui maintiennent en vie les médias, on ne va surtout pas aller mettre en cause avec la même virulence un PDG de la Société Générale, de la Caisse d'Epargne, de la BNP ou du Crédit Agricole qu'un responsable associatif.
 D'abord, parce que l'un a de solides avocats. Ensuite, parce qu'il possède un avantage considérable : il dispense des subsides, via la publicité, alors que l'autre ne souhaite que des surfaces gratuites pour informer ! Enfin, parce que le banquier a ses secrets bien gardés, alors que l'autre doit en permanence mettre ses tripes au soleil !
Je suis donc heureux de constater que Frédéric Lefebvre, l'un des porte-parole de l'UMP, prend sans ambiguïté la défense du député de l'Essonne. Il dénonce un « déchaînement » à l'encontre du député PS, et réclame un strict respect du principe de la présomption d'innocence. « Personne ne connaît la réalité et des juges font leur travail (...) La justice dira s'il a des choses à se reprocher ou non. En tout cas pour moi, tant que la justice ne s'est pas prononcée, Julien Dray est innocent. » Bravo, et nul ne peut songer à rapprocher cette prise de position, beaucoup plus courageuse que celle de bien des socialistes, du fait que durant quelques semaines la presse envisageait le ralliement possible du député au clan de « l'ouverture » sarkozyste ! Peu importe. Ce qui compte c'est, dans le fond, le fait que le lynchage soit bien conduit et repose sur des communiqués généraux, dont on extrait quelques mots bien sentis. Que ce soit Julien Dray ou un autre, la position ne doit pas varier : résister à la tentation de la condamnation prématurée. Elle est facile, mais fort dangereuses pour les libertés fondamentales. La puissance de cette artillerie de la publication multiple de faits non avérés est terrible : son nom n'a même pas été cité dans la procédure engagée, mais il a dû être publié des milliers de fois. Sa vie politique est mal en point, mais sa vie personnelle l'est aussi ! Comment se remettre d'un tel « essorage ».

QUI EST SURVEILLE ?
L'affaire a déboulé sur la place publique grâce à un organisme méconnu, mais sûrement extrêmement efficace pour surveiller les hommes politiques. TRACFIN est en effer la cellule française de lutte anti-blanchiment. Elle dépend des ministres de l'Économie, des finances et de l'emploi ainsi que du Budget, des comptes publics et de la Fonction publique. Créé en 1990, à la suite du sommet du G7, Tracfin concourt au développement d'une économie saine, en luttant contre les circuits financiers clandestins, le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme...Il est certain que cette cellule, d'une telle efficacité, a surveillé les fonds planqués au Lichtenstein, et a, je vous le rappelle, vite publié la liste des « coupables » possibles français. TRACFIN est pourtant devenu un service à compétence nationale (SCN) depuis le 6 décembre 2006 et anime, au sein de ces ministères de tutelle, un pôle de lutte contre les circuits financiers clandestins. Depuis février dernier, le Lichtenstein est en effet au cœur de l'actualité financière. Les autorités allemandes ont lancé une grande enquête sur les citoyens pratiquant l'évasion fiscale dans le but de réduire leurs impôts.
Les informations ont été achetées par les services secrets allemands à un ancien banquier du Lichtenstein, pour une valeur de 5 millions d'euros. La liste contenait les noms et numéros de compte de près de 900 riches contribuables allemands, dont certains très célèbres. La France a soutenu le gouvernement allemand dans sa démarche de pression sur les paradis fiscaux, en déclarant être...déterminée à poursuivre les citoyens frauduleux de l'impôt sur le revenu et sur la fortune. Il semblerait que les deux voisins, profondément touchés par l'évasion fiscale de leurs citoyens écrasés par les impôts les plus élevés au monde (jusqu'à 50% des revenus), ait oublié (bizarre, bizarre...) les règles et procédures imposées par l'Union Européenne dont ils sont les principaux fondateurs. En effet, l'achat de cette liste de noms était illégale et donc irrecevable devant un tribunal. D'autre part, la France vient d'être condamnée par la Cours Européenne des Droits de l'Homme (CEDH), le 21 février dernier, pour non respect des procédures de perquisition, lors d'une enquête fiscale. Enfin, rappelons que le Lichtenstein reste la destination offshore la plus sûre du monde et que les paradis fiscaux les plus réputés, comme la Suisse, Monaco, Andorre, les îles Caïmans, mais aussi tous les autres, ont encore un très bel avenir devant eux, et ne sont pas près de lâcher prise en termes de respect de l'anonymat de leurs clients, et sur le principe de faible taxation. Trafinc n'a pas su détecter les fautifs, et les déclarations d'Eric Woerth n'ont pas poussé les médias à dévoiler la liste des trafiquants.

MAIS OU SONT LES NOMS ?
Ce Ministre, très à cheval sur les principes, avait proposé en juillet que pour détecter les montages frauduleux complexes, que soit créé, comme l'ont déjà fait les Douanes, une nouvelle cellule fiscale judicaire, qui serait placée sous l'autorité d'un juge. « Des mesures en ce sens pourraient être intégrées dans une prochaine loi de finances et au projet de loi de financement de la Sécurité sociale » avait-il ajouté avant de se lancer dans une diatribe qui a été oubliée. « Sur le plan international, nous avons décidé, avec mon collègue allemand, Peer Steinbrück, de réunir les pays de l'OCDE en octobre prochain pour faire un point politique sur le sujet », affirmait-il.
Il souhaitait notamment y aborder « les questions liées au secret bancaire dans les paradis fiscaux » et « la crédibilité de la liste noire des paradis fiscaux ». Mais les médias l'ont oublié. Qui étaient donc ces « planqueurs » de fric, car ils ne venaient certainement pas de la Fidl ou des amis de SOS Racisme, et la fraude devait porter sur des sommes exceptionnelles. Concernant l'enquête sur l'évasion fiscale vers le Lichtenstein, il avait indiqué que « la DNEF (Direction nationale des Enquêtes fiscales) a identifié 64 groupes familiaux faisant partie de la clientèle » de la banque lichtenteinoise mise en cause, LGT. « Depuis le 10 juillet dernier, grâce à des documents fournis par le fisc australien, nous possédons désormais l'ensemble des informations fiscales portant sur ces 64 groupes de contribuables français faisant partie de la clientèle de la banque LGT ». Selon Eric Woerth, le montant des sommes en jeu s'élèverait à « environ 1 milliard d'euros ». Il avait ajouté : « la Direction nationale des Vérifications de Situations fiscales (DNVSF) a lancé 150 procédures de contrôle, dont 61 examens de situation fiscale personnelle, 46 contrôles portant sur le paiement de l'impôt de solidarité sur la fortune et 38 vérifications de comptabilité ». Vite, vite, des noms et des images des perquisitions qui ont eu lieu... Vite, vite des noms, en boucle sur I télé, LCI ou France Infos. Vous pouvez compter dès demain sur les journaux français pour faire leur boulot. Surtout s'ils son prévenus avant !
Mais je déblogue...

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22 décembre 2008 1 22 /12 /décembre /2008 07:17

Les fins d'années se suivent et se ressemblent. Depuis des mois dans toutes les rédactions, une équipe prépare la rétrospective des événements majeurs. Un choix toujours délicat qui, avec le recul, est parfois peu révélateur des moments clés de la vie sociale. Ce qui paraît important au moment de boucler un bilan est vite englouti par le tsunami permanent de l'actualité. Qui, l'an passé, a eu l'intelligence de prévoir qu'une crise s'annonçait ? Qui a placé le « paquet fiscal » comme élément essentiel de la politique sakozyste, alors qu'un an plus tard on constate qu'il demeure le boulet de la relance ? En fait peu de monde se risquera à tabler sa rétro sur la Star Academy. Et pourtant, tout 2008 aura été marqué par cette conception de la vie... exceptionnelle !
La recette a envahi absolument toute la société. On pratique ce système qui veut que l'on offre, moyennant l'accès payant à un espace de vote, le pouvoir d'éliminer ou de valoriser, via des images, le comportement et le sens du spectacle d'une personne par rapport à une autre. Il faut bien avouer que le grand public adore ces affrontements auxquels il peut participer, car ils lui confèrent une importance rassurante. Il achète le droit de juger : le plus précieux et le plus important. La saga du parti socialiste a probablement sauvé la presse écrite de la famine, car on peut s'interroger sur ce qu'ils auraient eu à publier sans cette Star Academy serrée. Tous les éléments étaient réunis, avec des déclarations intempestives, des spectacles plus ou moins dramatiques ou comiques, des salles enthousiastes ou rétives, des supporteurs acharnés ou démobilisés, des injustices flagrantes ou secrètes... et un score serré jusqu'au dernier moment ! Heureusement, pour tout le monde, la saison a pris fin, car elle commençait à lasser tout le monde. Car évidemment, il y eut les aigreurs de la défaite, les promesses tolérantes et les réalités désespérantes.
C'est une constante dans l'élection de miss France, mais jusqu'à ce jour on en était resté éloigné dans la politique. Divorce, mariage, naissance programmée... ont envahi les medias, avec parfois des sous-entendus scabreux ou lestes, et l'on peut même parier sur la qualité des relations affectives de l'un ou l'autre. On en arrive à ne plus penser les remaniements que sur les bases de la notoriété, au point d'évaluer les cotes de popularité avant d'effectuer le recrutement. Il faudrait arriver à ce que la sélection soit effectuée par appel à un vote sur téléphone mobile. « Vous voulez que Rama Yade reste aux Droits de l'Homme ? Tapez 1. Vous souhaitez qu'elle change de ministère ? Tapez 2 ! Vous voulez la virer ? Tapez 3 ! » Le gouvernement serait ainsi forcément plus populaire, et Darcos déchaînerait l'envoi de SMS ce qui ferait, en plus, entrer de l'argent dans les caisses de France Télévision, si de Carolis acceptait d'héberger l'émission « sarkozyste » dont rêve Thierry Saussez, directeur du Service de l'Information du Gouvernement. Il recherche, paraît-il, des moyens pour redonner confiance dans l'institution, et ce système serait beaucoup plus crédible que les sondages.
Le seul problème c'est qu'en 2008, la Star Academy a battu de l'aile, et elle ne trompe plus que les croyants. La huitième édition n'a pas engrangé, et de loin, les succès des premières années. L'érosion des audiences, entrevue durant l'année passée, s'est confirmée à nouveau, au point de menacer, en cours de route, le programme qui s'est finalement légèrement redressé. L'émission hebdomadaire du 26 septembre, en première partie de soirée, avait atteint un record à la baisse avec 4,35 millions de spectateurs.

UNE SERIE DE RATAGES
L'émission finale de vendredi soir n'a rassemblé que 5,9 millions de téléspectateurs, selon TF1, qui cite des chiffres de l'institut Médiamétrie (5.901.000 téléspectateurs, soit 27.6% de part d'audience). Sur M6, les trois épisodes de "NCIS : enquêtes spéciales" ont, pour leur part, rassemblé, ensemble, en moyenne 5,8 millions de spectateurs par épisode, avec une moyenne de 6,8 millions pour le premier épisode, toujours selon Médiamétrie. Star Academy 8 est donc bien un échec.
Le programme phare de TF1 a réalisé le plus bas score de son histoire. Retour sur les erreurs qui ont empêché ce programme fédérateur de s'imposer. M6 a installé en face un programme fort et original. NCIS est devenu le tombeur de Star Academy, rassemblant certains soirs un million de téléspectateurs de plus ! NCIS est une série américaine comme M6 en diffuse par dizaines, mais là, elle a touché une audience que voulait s'attirer la Star Academy : les jeunes et leurs familles.
L'époque est au policier américain violent ou scientifique. Le casting musical était raté. Ce qui plaît, en famille, le vendredi soir, ce sont les bonnes chansons de la France populaire. Installer les élèves de la Star Academy était une erreur symbolique. C'était ancrer dans la capitale un programme regardé en province. Le précédent château rassemblait les publics autour du mythe dysneylandais de la Belle au bois dormant, mais l'hôtel particulier dans un quartier bobo parisien était clivant. D'autant plus que les riverains ont fait tout le barouf possible pour éloigner les chevelus de la Star Ac, conscients que cela n'allait apporter que des nuisances.
Au PS, on a d'ailleurs commis les mêmes erreurs catastrophiques, sans s'apercevoir que l'on allait droit dans le mur; d'autant que là où les profs se sont tiré dans les pattes, ailleurs, ce sont les éléphants qui se sont affrontés. C'était, dans les deux cas, comme si les membres du comité de direction d'une entreprise se crêpaient le chignon devant leurs salariés : effets ravageurs garantis. La confiance en l'autorité des profs ou dans les « éléphants » s'est progressivement évanouie devant leurs criailleries de cour de récré. C'est le syndrome décrit dans les MBA de Harvard : on espère relancer en réinventant la forme, alors qu'il faut tout simplement retrouver le fond !


Toutes les autres Star Academy ont été de la même veine. Celle des Etats-Unis fut bien entendu d'un autre calibre et d'une autre forme, car elle a vu Barak Obama vite s'imposer par, justement, l'utilisation massive des moyens qui permettaient d'associer le public à son parcours. En fait, il faut constater que l'amateurisme n'est plus de mise partout... et que des USA vient la technique parfaite des campagnes de promotion, tellement calculées, qu'elles mettent mal à l'aise. Il faut faire croire à l'amateurisme pour valoriser sa sincérité !
Si l'on se réfère à l'émission de TF1, on constate que le vainqueur est cette fois un « routier » du spectacle et pas un chanteur spontané, arrivé comme par enchantement dans l'écurie du show-bizz ! Elève pendant trois ans à l'école de chant Alice Dona, Mickels Rea n'est pas un débutant : en 2003, il a fait partie de la troupe de la comédie musicale "Les Enfants du Soleil", créée par Alexandre Arcady et Didier Barbelivien. Le père du lauréat est à la tête d'un studio d'enregistrement parisien... ce qui permettra un bon « rendement », que le « motodictate » Estrosi, futur pensionnaire du château UMP, exige des stars prometteuses du gouvernement Fillon ! On constatera à terme si l'investissement effectué par de très nombreux américains sur Obama par internet aura été productif.
Les millions de dollars sont tombés par dizaines dans la cagnotte de campagne de Barack Obama : 66 millions, rien qu'en août. Un record qui s'expliquait par l'afflux de 500.000 nouveaux donateurs. En février, le sénateur de l'Illinois avait collecté 55 millions de dollars. Une somme qui constituait déjà un record dans l'histoire des primaires américaines. Il a disposé de 77 millions de dollars, immédiatement disponibles en liquide selon son équipe, un avantage financier sur son rival républicain, dont il pourrait tirer profit en multipliant les campagnes publicitaires. C'est une nouveauté qui, soyez-en certains, entrera dans les mœurs politiques de notre pays via des moyens détournés de collecte.

LA CRISE EXISTE
La Star Academy française permanente a aussi été victime de la crise. On peut en effet aussi mettre cette débâcle de TF1 sur le dos de la crise économique. Cette bonne vieille crise économique, qui a sapé le moral des français, plongé les honnêtes gens dans la morosité, leur retirant toute joie de vivre et tout intérêt pour un programme qui leur montrait le triste reflet de notre société. Le PS avait été surpris par l'arrivée de cette modification profonde des comportements, et avait effectué la sienne sans se rendre compte que le paysage extérieur se modifiait.
Des jeunes sans talent, capricieux, parfois hautains, rarement ambitieux, avenir d'une société en crise, placés en permanence sous l'œil des caméras : le contraste était saisissant au moment où les lycéens et leurs familles étaient inquiets pour le quotidien et l'avenir. Sans parler de Nikos, l'animateur aux blagues pas drôles, qui a contribué à exaspérer les bonnes gens, avec ses costards à 3000 euros, et son salaire de ministre... car c'est probablement ce qui a tué tout le faste habituel de ces méthodes à grand spectacle. On a vu que le luxe ostentatoire avait plongé « Nikos » Sarkozy dans l'impopularité, les sénateurs ont également trinqué, et il est certain que tout ce qui apparaîtra comme exagéré viendra affaiblir la crédibilité de ces « loteries » au succès.
Le PS a l'air de l'avoir compris. Provisoirement ? Nul ne le sait ! Le virus de la starisation est, en effet, entré dans les esprits, et il faut craindre qu'il ne ressurgisse à contre-sens dans les prochaines années. Avec seulement 5.901.000 téléspectateurs, et 27,6% de part de marché, TF1 est tombée plus bas que l'année dernière, qui avait déjà été celle de la pire audience en 7 ans d'émissions. L'année dernière, la finale de la Star Academy, qui avait vu la victoire de Quentin, avait déjà réalisé la plus mauvaise audience de son histoire  avec 6 193 000 téléspectateurs pour 30,4 % de PDM. En 2006, la finale avait réuni 8.100.000  téléspectateurs contre 8.800.000 en 2005 et 9.000.000 en 2004... En 2001, année de la première Star Academy, 11.900.000 téléspectateurs avaient suivi la victoire de Jenifer. Un appauvrissement qui dénote peut-être une tendance à voir notre société de consommation revenir à davantage de citoyenneté. Les parts du marché politique pourraient alors se réduire. On peut encore rêver au Père Noël!
Mais je déblogue...

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21 décembre 2008 7 21 /12 /décembre /2008 07:17

Dans l'histoire du sport français, il y a un épisode particulièrement moderne. Il appartient à cette Belle Epoque dont on adore désormais les images désuètes. Cette discipline a connu son heure de gloire et elle était considérée comme un noble art. Les gens bien sous tous rapports qui la pratiquaient avaient les moustaches raidies en guidon de vélo et s'affrontaient selon un code de l'honneur particulièrement sévère, reposant sur le respect réciproque. La savate, ou boxe française, a été une spécialité que notre pays voulait bien différente des affrontements de la boxe anglo-saxonne jugés violents et bestiaux. Deux adversaires, munis de gants et de chaussons,  se portaient des coups avec les poings et les pieds. Cette pratique est apparue au XIXe siècle dans la tradition de l'escrime française, dont elle reprend le vocabulaire et l'esprit. Connue dès son apparition sous le nom de « savate » ou « art de la savate » elle a été, tout au long du XXe siècle, désignée par le nom de « boxe française », puis finalement (et officiellement) renommée à nouveau « savate » en 2002. Une terminologie un peu particulière, car elle est légèrement méprisante. Pratiquer la « savate » n'a rien de très glorieux, surtout quand on ajoute les expressions qui traînent autour de ce mot.
Imaginez un peu qu'un combat soit pratiqué justement par un « traîne savate »... ce qui évidemment n'aurait rien de brillant. Connue avec deux orthographes (traîne-savate ou traine-savate), cette expression familière désigne une personne oisive qui passe son temps à vagabonder. Elle désignait surtout, à l'origine, celui qui s'essuyait les pieds sur l'adversaire... qui laissait négligemment traîner les pieds. En rugby, vers 1910, le « traîne-savate » désignait un joueur brutal. On parle aussi de « traînard »... le pied qu'un joueur brutal laisse traîner dans une mêlée ouverte... La savate avait alors des atouts supérieurs à celle officielle, puisqu'elle arborait des crampons plus ou moins acérés et qu'elle a vite d'ailleurs, compte tenu des évolutions technologiques, été remplacée par un... « chausson » ! Dans le langage châtié, le long des mains courantes, on a donc opté pour le « coup de chausson » ce qui est beaucoup plus élégant, mais pas moins douloureux, pour celui qui le reçoit. En définitive, au nom de la diversité prônée par le Président de la République, il faudrait aussi envisager de parler de « coup de babouche » ! Si on en est encore loin en France, on en a pris le chemin au cours de la semaine dernière en Irak.

UN ACTE CALCULE
« C'est le baiser d'adieu du peuple irakien, espèce de chien. Vous êtes responsable de la mort de milliers d'Irakiens !" Deux phrases, deux chaussures, et Mountazer al-Zaïdi est devenu le héros des opposants de la guerre en Irak. A Najaf, des centaines de personnes ont ainsi manifesté aux cris de « Non à l'Amérique », mais également « Bush, espèce de vache, félicitations pour la chaussure ! ». Bush se souviendra donc longtemps de sa dernière apparition en tant que président à Bagdad. Elle aura été au moins mouvementée et historique ! Les godasses en question appartenaient à un journaliste Irakien, qui a fait une adaptation moderne de la boxe... française. Lançant ses « tatanes » vers Bush, il a obligé ce dernier à baisser de justesse la tête et esquiver la première salve; le second tir était largement moins précis.
« C'est le baiser de l'adieu, espèce de chien », a hurlé le journaliste avant d'être évacué de force par les services de sécurité irakien et américain. Des mots forts, car dans la culture arabe, être qualifié de « chien » est une insulte et les chaussures un symbole de mépris : en 2003, les Irakiens avaient ainsi frappé la statue de Saddam Hussein à coups de semelles. Comme quoi un vol de godasses les plus ordinaires peut transformer un va-nu-pieds du journalisme en héros national !
Il est dit que le journaliste, chiite irakien, reporter de la chaîne Al Baghdadia, avait prémédité depuis un certain temps de lancer sa chaussure sur le président américain dès qu'il en aurait l'occasion. Il ne s'agirait nullement d'un geste de colère spontané mais bien d'un acte réfléchi, préparé et attendu par d'autres journalistes mis dans la confidence... Un coup de savate prémédité !
Le jeteur de godasses est né dans le quartier chiite de Kazamiyah à Bagdad. Il vivrait seul dans un appartement de deux pièces agréablement décoré, rue Rachid, dans le centre historique de la capitale. Dans sa bibliothèque, il y aurait des livres politiques et religieux, en arabe et en anglais, et une photo de... Che Guevara. Les exégètes y ont vu un signe fort de confusion entre le religieux et le révolutionnaire. Heureusement que ce révolté n'avait aucune image pieuse de Ben Laden... car il aurait immédiatement été transféré à Guantanamo. Che Guevara, passe encore, et c'est tolérable ! Il est vrai que la contestation par les talons avaient aussi ses maîtres. Déjà, en 1905, des contestataires du Tsar s'étaient déchaussés au Parlement russe et, utilisant leurs godillots, avaient martelé les tables qui se trouvaient devant eux en signe de protestation. Mais le coup qui a eu le plus de résonance fut celui de Krouchtchev à l'ONU en 1960.

LE MAITRE ET ETALON
Le 12 octobre de cette année-là, ce dirigeant soviétique, excédé par les propos du représentant philippin qui évoquait «les peuples de l'Europe orientale qui ont été avalés, si on peut dire, par l'Union soviétique», explosa de colère. Il se leva et réclama la parole. Le président de séance ne la lui accorda pas. Krouchtchev se baissa, ôta sa chaussure et tapa avec sur son pupitre, à coups redoublés. Faire ça à l'ONU? C'était du jamais vu. La scène fera le tour du monde et permettra à « Nikita » d'entrer dans l'Histoire pour ce coup d'éclat, alors qu'il y aurait eu bien d'autres raisons plus graves. Un aspect que les médias du monde entier qui font les gorges chaudes de la chaussure « irakienne » n'ont pas cru bon de rappeler, car ce fut considéré par certains comme un geste fort contre la toute puissance américaine, et même, pour certains, contre « l'impérialisme américain. » La détente était fragile: elle s'était brisée en même temps que les ailes de l'U2 - un avion espion américain - abattu au-dessus de l'URSS. La conférence de Paris avait échoué, les négociations sur le désarmement furent rompues.
Le 2 octobre, Nikita Khrouchtchev adressa aux Etats-Unis ce proverbe russe: « Il y a des vaches qui mugissent, mais la tienne ferait mieux de fermer sa gueule. » Le 12, il frappa sur son pupitre avec sa chaussure, et finit par obtenir que  l'on se calme dans les deux camps d'une guerre froide qui avait échauffé les esprits. Le journaliste irakien courageux finit moins glorieusement, en prison, avec des ecchymoses, et une peine qui ira vers 7 ans de privation de liberté, pour avoir joué au Lucky Luke de la tatane ! Impossible pourtant de ne pas avoir un élan de sympathie pour cet homme courageux. Il est exemplaire, le geste de Bagdad, ce lancer de chaussures.
Deux coups de pompes qui donnent un rôle neuf au journalisme et qui, malgré une trajectoire et une impulsion précises, ont été malheureusement esquivés par le pathétique intéressé. Il apparaît sur la scène mondiale un nouveau sport de pauvres, après la récente victoire de l'Afghanistan au mondial du « foot de rue » : le lancer de chaussures contre les « pseudos criminels de guerre ! »

ABANDON DE GODILLOTS
En France, durant des années, le sport favori a été celui des « godillots ! ». Il s'est pratiqué en groupes, à l'Assemblée nationale, avec moins de risques que celui de Bagdad ! On ne sait pas assez que l'inventeur de cette chaussure mythique fut le premier à distinguer dans ses fabrications le pied...droit du pied... gauche. Alexis Godillot, industriel d'origine modeste, était né à Besançon.
Sous le Second Empire, étant bonapartiste, il est intronisé « entrepreneur officiel des fêtes de l'Empereur » c'est-à-dire, dans notre langage d'aujourd'hui, en charge de la communication et de la décoration des villes que Napoléon III traversait. Un rôle qui n'existe plus actuellement : il n'y a plus de « godillots » pour préparer les festivités ou les sorties permanentes du Président. Du moins, il ne s'appelle pas...Alexis Godillot. Son père tenait alors une échoppe 278 rue Saint-Denis, puis, boulevard Bonne Nouvelle, il ouvrit un bazar vendant des articles pour fêtes publiques ainsi que des toiles de tentes. Fournisseur exclusif aux armées de matériels d'ambulance, objets de campement, de tentes, de selles, de chaussures montantes, etc., il s'enrichit en 1853 grâce à la guerre de Crimée, puis à la guerre d'Italie.
Il achète des terrains à Saint Ouen pour y construire des tanneries. Il est nommé maire de cette ville par l'Empereur. Il abandonnera ses fonctions à l'entrée des troupes prussiennes dans sa cité : seul un secrétaire de mairie et le Garde-champêtre assureront la continuité des services publics ! Depuis, les soldats en déroute abandonnent leurs godasses... au bord des routes de la retraite inorganisée. Souvent, à l'Assemblée, les « godillots » agissent de même. L'autre soir, à la demande de Jean-François Copé, président du groupe UMP, la séance, houleuse, a été levée plus tôt que prévu. Il y avait plus de députés de gauche que de droite sur les bancs de l'Assemblée... un véritable coup de pompe pour une majorité extrêmement divisée sur le sujet.
Mais je déblogue...

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20 décembre 2008 6 20 /12 /décembre /2008 07:17

Il est toujours extrêmement difficile de démêler ce qui relève de l’effet d’annonce et ce qui participe de la sincérité idéologique. C’est probablement ce qui permet au milieu politique de survivre en période de crise. En effet, les citoyennes et les citoyens ont bien du mal à se repérer dans des affirmations contradictoires, selon un jeu de rôle parfaitement rodé. Ainsi, nous assistons depuis une bonne semaine aux plus belles affirmations sur la « diversité » et les pires critiques sur sa mise en œuvre. Ainsi, ce sont deux catégories d’électrices et d’électeurs qui peuvent se raccrocher aux concepts développés par un camp ou par l’autre. La première attitude a consisté à se livrer à quelques éloges provocateurs du principe de la « discrimination positive », un chiffon rouge visant d’abord à inciter la gauche à se caricaturer en gardienne du statu quo et de tous les conservatismes. La seconde attitude a conduit Nicolas Sarkozy à promouvoir les nominations de Rachida Dati, Rama Yade, et de quelques autres comme de simples outils de communication, des têtes de gondole, destinées à assurer sa propre gloire. Cette fois, c’est un personnage tout aussi respectable que les ministres concernés, Yazid Sabeg, qui hérite d’une promotion, en l’occurrence un poste de  « commissaire à la diversité et à l’égalité des chances » et  qui va devoir jongler avec ces contradictions.

S'exprimant à l'Ecole polytechnique, le président Nicolas Sarkozy a vanté, mercredi, la République, « instrument d'émancipation", d'évolution par l'éducation, lors d'un discours destiné à la présentation d'une batterie de mesures en faveur de la diversité et de l'égalité des chances. Personne ne songerait à critiquer ce discours qui était, une fois encore, pavé de bonnes intentions.  « C'est le miracle de la République d'avoir forgé l'unité de la France sans nous avoir condamnés à l'uniformité », a lancé le président. Mais la République, « ce n'est pas un modèle figé pour l'éternité. Ce n'est pas l'immobilisme, le conservatisme ». Il n'y pas de « République réelle » sans « volontarisme républicain », a-t-il affirmé. Bravo. J’approuve en tant que fils et petit-fils de sans papiers  ! Le chef de l'Etat a ensuite détaillé une série de mesures pour promouvoir la diversité et l'égalité des chances, à commencer par la nomination de Yazid Sabeg au poste de commissaire de la diversité. Encore bravo, car je partage cette analyse. Par contre, le caractère des mesures annoncées laisse à désirer.
Figurent  parmi ces mesures, la mise en place « d'outils statistiques permettant de mesurer la diversité », un quota de 30% de boursiers dans les classes préparatoires aux Grandes écoles, la mise en place du CV anonyme, un « label diversité » pour les entreprises, et la possibilité de « conditionner » l'attribution des marchés publics à « la mise en œuvre par les entreprises d'actions favorables à la diversité ». Alors là, ça devient plus problématique, car je ne vois absolument pas, après 12 ans de présidence d’une commission d’appel d’offres, comment il est possible de donner un chantier à une entreprise sur le critère du nombre d’immigrés ou de gens de couleurs différentes qu’elle fait travailler. C’est véritablement de l’effet d’annonce absolu ! Il y aurait, au-delà des principes de qualité, beaucoup à méditer sur les mesures concrètes qui ont été énoncées, car rares sont celles qui sont réalistes et applicables. Le discours est bon sur le fond, mais terriblement faible sur les propositions. Encore une fois, si l’on a le poids des mots on constate l’inefficacité des actes. D’autant que pour faire entrer la diversité dans les mœurs il faut absolument avoir une majorité ! Et ce n'est pas gagné !
 

UN PLACEMENT DIVERSIFIE

 « On n’est pas protégé parce qu’on est d’origine maghrébine ou africaine. On doit (faire) comme les autres, et je dois dire même, plus que les autres », a déclaré le même jour Nadine Morano, secrétaire d’Etat chargée de la Famille. Elle s’en est ouvertement prise à Rama Yade, en affirmant que la secrétaire d’Etat aux Droits de l’Homme avait des « devoirs au même titre que les autres ministres. On n’est pas une icône, on est là pour servir son pays », a-t-elle poursuivi, au cas où on n'aurait pas compris. Quand on sait que cette charmante personne est issue de l’UMP, canal sarkozyste, on peut pour le moins s’étonner de cette contradiction entre la disciple et le maître. Mauvaise période pour Rama Yade qui, du coup, me permet de la trouver intelligente et digne de confiance. Après avoir vu traiter d’« erreur » son secrétariat d’Etat aux droits de l’homme, par Bernard Kouchner, la voici devenue la cible de Christian Estrosi. En cause : son refus d’être candidate aux européennes de juin, comme le souhaite ardemment Nicolas Sarkozy.
Selon le Parisien de dimanche, le député et maire de Nice aurait affirmé : Rama Yade « existe parce que Nicolas Sarkozy l’a fabriquée ! On fait un placement, on le fait fructifier et, au moment où on veut en tirer les bénéfices, voilà... » Lui non plus n’a pas pu délivrer cette parole « rentable » sans savoir que son idole l’approuvait. La diversité en prend un coup, puisqu’elle devient vite liée à un « investissement » purement médiatique, ce qui donne leur pesant de sincérité aux propos présidentiels. Rama Yade a parfaitement résumé la situation en estimant « qu’au moment où Nicolas Sarkozy fait des propositions pour améliorer la diversité dans notre pays, il ne faudrait pas en faire le procès parallèlement. Il y en a qui n'ont jamais accepté cette diversité et qui n'acceptent pas le volontarisme de Nicolas Sarkozy dans ce domaine, et donc des relents conservateurs remontent (...) S'il n'y avait que ces gens, il ne se serait rien passé, ni pour les droits des femmes, ni pour les minorités, ni pour les jeunes », a déclaré celle qui faisait antérieurement figure de modèle pour, justement, la diversité, avec Rachida Dati ou Fadela Amara. Alain
Juppé l’avait fait en tentant de persuader l’opinion publique que la parité pouvait progresser au sein du gouvernement. Il n’était pas convaincu de l’efficacité de cette diversité purement médiatique, mais il avait nommé une douzaine de femmes dans son équipe, au nom de la parité. On les appela les « juppettes », ces femmes qui firent partie du premier gouvernement d'Alain Juppé du 17 mai 1995 au… 7 novembre 1995. Elles étaient douze, nombre inhabituel dans les annales, mais qui ne dura pas longtemps, par suite de leur éviction rapide, et qui se termina avec des animosités terribles ! Il est à craindre que la « diversité » sarkozyste finisse de la même manière... si l'UMP multiplie les attaques personnelles incessantes sur ceux qui l'incarnent. Mais au fait, qui dirige le parti gouvernemental, et qui rencontre chaque semaine Morano et Kouchner?


L’EXEMPLE AMERICAIN

En fait, la notion de « diversité culturelle » a été, sinon inventée, du moins approfondie, et généralisée, aux États-Unis, dès les années 1970, notamment par la décision de la Cour Suprême en 1978, puis par les lois sur la culture de Jimmy Carter, en 1980. Certes, la Culture est le premier poste d'exploitation des États-Unis en 2004 ; et les Américains sont très souvent « impérialistes » et destructeurs des cultures nationales, à l'extérieur de leur frontière ; mais ils favorisent fortement la diversité interne, du fait de leurs minorités (30 millions d'Hispaniques, 25 millions de Noirs, 12 millions d'Asian-Américains etc.).

La diversité culturelle est donc surtout à l'intérieur des États-Unis où toute langue, croyance, forme d'expression et de vie est non seulement possible, légale, mais encore protégée par la Constitution. Les Etats-Unis peuvent donc, tout à la fois, défendre la diversité culturelle chez eux et lutter contre la diversité culturelle à l'étranger, et donc refuser de signer la Convention pour la Diversité culturelle mise en place par l'Unesco, par souci de protéger leurs industries culturelles, qu'ils veulent voir réglementer par l'OMC. En même temps, ils peuvent encourager cette diversité culturelle interne, sur une base ethnico-raciale essentiellement. Il n'est cependant absolument jamais question de diversité sociale, car aux Etats-Unis, pays référence du libéralisme, c'est un sujet tabou !
C'est tout le paradoxe de l'Amérique, mais aussi de la France, qui fait exactement l'inverse : défense de la diversité interne et refus de la diversité culturelle externe aux Etats-Unis ; défense de la diversité culturelle externe et refus de la diversité interne, en France.


INEGALITES SOCIALES IRREMEDIABLES

Le discours n’aborde pas cette dualité extrêmement concrète, car personne ne sait véritablement comment on peut souhaiter l’intégration et le maintien de la diversité. Cette vision est extrêmement préoccupante, car ce n’est pas en introduisant des quotas de boursiers, comme on le fait pour des quotas d’immigrés, que l'on fait avancer les choses. Tout passe par l’Education, et plus encore la réhabilitation de la citoyenneté. Le reste relève du prêche indulgent et des propos similaires à ceux tenus en tant que Chanoine de Latran, ou comme sauveur de l’usine d’Arcélor Mital. On mesurera très vite le décalage entre la réalité et la théorie.

Le constat est pourtant clair : le modèle français d'intégration ne fonctionne plus, il aggrave inégalités et discriminations, plus qu'il ne les combat. Et le décalage entre le métissage de la société française et l'étroite homogénéité de ses élites est plus flagrant et plus choquant que jamais.  Le chef de l'Etat a donc mis très nettement les choses au point : «  Répondre au défi de la diversité en recourant à des critères ethniques ou religieux conduirait à prendre le risque de dresser les unes contre les autres des communautés rivales et à enfermer chacun dans son identité et son histoire. ». Avant d'ajouter : « C'est par le critère social qu'il faut prendre le problème, parce que les inégalités sociales englobent toutes les autres ». Le problème, c’est que les inégalités sociales ne seront pas gommées par les mesures énoncées actuellement par la gouvernement. Elles vont, au contraire, s’aggraver dans le contexte de la crise économique, et surtout… justement, sociale! C’est un peu le sketch du gars qui tente de boucher un trou avec le trou qu’il a lui-même creusé ! Mais personne ne l’avait dit à Rama Yade : elle devait surtout masquer cette réalité, et détourner le regard sur la misère économique, culturelle et même citoyenne qui se creuse en France. Maintenant que c’est fait, et qu'elle s'est rendue compte qu'elle n'était qu'un "produit rentable", il lui faudra aller voir ailleurs ! A l'UMP pour les Européennes?

Mais je déblogue…

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19 décembre 2008 5 19 /12 /décembre /2008 08:07

La neige et sa blancheur immaculée envahit les cartes de fin d'année. On la trouve partout et, plus encore, on l'espère partout surtout pour des raisons économiques. Cela me remet en mémoire des moments exceptionnels. Ceux qui marquaient l'apparition des flocons à travers une baie vitrée de l'école. Impossible pour le maître de mobiliser l'attention d'élèves, dont le regard contemplait cette valse légère des flocons annonciateurs de joies parfois très éphémères sous le climat bordelais. Je garde comme le plus extraordinaire des souvenirs la soirée de février 1956 où, inexorablement, le paysage visible depuis la fenêtre de la cuisine que nous occupions, près du secrétariat de la mairie de Sadirac, se revêtit d'une épaisse couche de poudre, venue d'un ciel qui avait plongé la nature dans une nuit précoce. Lentement, comme étouffée, comme engluée dans cette gangue, la vie se paralysa pour faire place à un silence assourdissant.
 Nous partîmes au lit, persuadés que le lendemain matin serait celui du bonheur inédit des aventures dans cette neige invasive. En fait, rien n'arrêta cette montée d'un manteau d'une épaisseur historique. Le matin amena sa première surprise, puisque mon père dut déployer toute sa force pour parvenir à entrebâiller les volets, pour ensuite s'attaquer au déblayage d'un périmètre réduit. Isolés. Nous étions isolés, car ni l'électricité, ni le téléphone, ne fonctionnaient. Mais dans le fond, nous n'avions pas le sentiment d'avoir perdu quelque chose d'indispensable... Rien ne fut véritablement changé à notre quotidien le premier jour, puisque nous n'avions que peu d'éléments de confort tributaires de la pénurie de courant électrique. On ne peut se sentir privé que quand on se retrouve dépendant... mais jamais quand l'essentiel ne vous manque pas.
Un tel évènement serait plus que catastrophique aujourd'hui. Il s'était soldé par 1000 victimes recensées en Europe; il y en aurait probablement beaucoup plus dans les mêmes circonstances en 2008 : des milliers de morts et des dizaines ou des centaines de milliers de sinistrés. La seule chose qui manqua rapidement fut le pain. Mon père partit explorer le village et décida de monter une expédition pour aller quérir l'essentiel de la nourriture familiale. Deux ou trois hommes construisirent un chasse-neige improvisé, avec des traverses de chemin de fer et un tracteur, pour parcourir les 3 kilomètres de chemins incertains, car ayant perdu leurs repères habituels. Quelques heures après, l'expédition polaire ramena un sac de jute garni d'énormes miches, que l'on se répartit entre les familles accessibles. Personne ne protesta, personne ne vint réclamer un prompt secours. Personne ne sortit de la logique voulant qu'à événement exceptionnel, il fallait absolument admettre la difficulté d'apporter une réponse immédiate. Durant plus d'une semaine, la vie s'organisa autour d'un seul principe : solidarité active ! Plus d'un mètre de neige n'endormit jamais les énergies et, au contraire, décupla les savoir-faire ingénieux.

UN CENTIMETRE ET UN METRE
Désormais, quelques centimètres suffisent à réduire en lambeaux une vie sociale qui doit être lisse pour se perpétuer. La dépendance est telle que, très rapidement, la révolte gronde. Du 1° au 28 février 1956, la France et une grande partie de l'Europe, luttèrent pied à pied contre un envahisseur pacifique mais destructeur. Envisager ce qui se produirait aujourd'hui, en pareilles circonstances, c'est tout simplement réfléchir à la fragilité du monde productif.
Les transports seraient paralysés pendant un mois et ne permettraient plus l'approvisionnement alimentaire, le parc routier serait, en grande partie, hors d'usage, avec des circuits de refroidissement de moteurs éclatés, et le fuel inutilisable, les centrales nucléaires ne produiraient plus d'électricité, les systèmes de réfrigération seraient pris par les glaces et 95% des fleuves et rivière pris par l'embâcle. Il suffit d'extrapoler  les conséquences de l'apparition de ce phénomène sur une partie du territoire ces jours derniers. Le réseau aérien des télécoms, et les réseaux hertziens, ont été en grande partie anéantis. Des milliers d'entreprises sont au chômage technique, faute d'électricité, à cause de moyens de transport, de matériel et de matières premières endommagés... et parfois, tout s'immobilise, comme figé dans la stupeur d'une apparition de la neige en hiver, ou presque ! Environ 95% de la population se retrouverait, en 2008, privée de chauffage domestique et sans électricité, avec des canalisations éclatées par -10° à -15° en moyenne, et souvent beaucoup moins. Les denrées alimentaires (notamment les légumes frais) seraient fortement détruites par le gel qui prendrait le sol sur 1m,50 de profondeur par endroits.
A partir de la mi-février, cette année-là, on ne pouvait plus creuser le sol pour enterrer les défunts. Le domaine agricole, céréales, vignobles,etc... était sinistré à 90 %.
Aujourd"hui, il faudrait 5 à 6 fois le PNB du pays pour faire redémarrer l'économie et pour revivre à peu près normalement. Il faudrait des années pour nous en remettre... quand on constate que depuis plusieurs jours, personne ne vient à bout de l'arrivée intempestive et massive des flocons.

NEIGE CATASTROPHIQUE
En fin de matinée, hier, plus de 18.000 foyers étaient privés d'électricité dans le centre de la France, un chiffre en hausse, en raison de nouvelles intempéries. Aux 8.000 clients encore privés d'électricité, suite aux chutes de neige du week-end dernier, viennent s'ajouter 10.000 foyers, à cause d'une nouvelle intempérie. Plus de 1.300 agents d'EDRF et d'entreprises prestataires étaient toujours mobilisés pour réalimenter les clients privés de courant.
Météo France avait qualifié mardi l'enneigement dans l'est des Alpes de "sans précédent depuis un demi-siècle", pour un mois de décembre. Un phénomène qui rappelle celui de février 56, mais qui ne réjouit personne, car en fait plus personne ne sait véritablement concevoir sa vie autrement qu'électrique, « automobilisable », ou sécurisée. Impossible de ne pas parler de véritable catastrophe si les températures atteignaient -25 °C à Nancy ; -22 °C à Agen ; -17 °C à Montpellier et à Marignane. Cette vague de froid, qui a fait près de 1000 morts en Europe,  causerait maintenant 100 000 victimes potentielles. L'abbé Pierre avait d'ailleurs lancé un appel le 6 février 1954, alors que la situation était bien moins dure. Deux ans plus tard, les faits lui avaient donné raison. Provisoirement, car son cri de révolte avait déjà été oublié. On en est à peu près au même niveau qu'il y a un demi-siècle, lorsque le froid tuait, dans des conditions extrêmes, alors que désormais il suffit d'un coup de froid pour que la liste des morts s'allonge. Inutile de préciser qu'alors que les citoyens sont en état de précarité technologique dès qu'il gèle (la voiture de démarre pas, les routes deviennent glissantes, les robinets extérieurs ne résistent pas...), ils deviennent totalement désemparés dès que le courant ne passe plus.
Cette dépendance vis-à-vis de l'énergie électrique est totalement imperceptible en temps normal, alors qu'elle tourne à la catastrophe nationale en temps de crise. La France est le sixième marché mondial, avec une consommation égale à 444,7 TWh en 2003. Ce marché, largement dominé par EDF, est marqué par l'importance du secteur nucléaire,  par une croissance régulière de la consommation et par le processus en cours d'ouverture à la concurrence voulue par la Commission européenne.

SURTOUT LA TELE
L'ouverture récente du marché aux consommateurs éligibles (industriels et clients professionnels) s'est accompagné d'une forte hausse des tarifs. Le prix moyen du mégawatt-heure a augmenté de 55 % entre 2001 et 2005, passant de 22 à 34,4 € ce qui donne une idée de la double dépendance matérielle et économique. Il suffit pourtant que le climat soit conforme à la logique pour qu'elle prenne toute son importance. On rouspète en effet dans les chaumières à l'arrivée de la facture, mais surtout à la moindre interruption de la distribution. Sans télévision, la vie sociale devient en effet impossible, car si on peut trouver des aménagements pour tout le reste, l'étrange lucarne, avec ou sans pub, reste la demande inavouée de beaucoup de foyers. En fait, le congélateur, le chauffage, la cuisinière passent après. En 1956, on en était très loin puisque les postes de télévision se comptaient sur le nombre des doigts de la main, et il n'y en avait qu'un seul dans le village où j'habitais.
La neige devient paradoxalement un handicap, une crainte, une hantise alors que je n'ai le souvenir que de plaisir et de bonheur. Elle paralysait la vie, sans que pour autant on se mette à parler de « catastrophe climatique ». Cette évolution, ancrée dans les esprits, transforme la nature en ennemi potentiel. Une mutation des esprits qui ne révèle pas nécessairement un progrès de l'humanité.
Mais je déblogue...

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18 décembre 2008 4 18 /12 /décembre /2008 07:17

Le mandat de Nicolas Sarkozy entre dans le livre des records dès son début. Tout est inédit et exceptionnel, ce qui lui permet d'exister. Il sait fort bien que pour intéresser notre société il faut absolument s'afficher comme hors du commun, pour s'attirer l'intérêt des spectateurs que sont devenus les citoyens consommateurs. Le concept de communication demeure extrêmement simple : que l'on parle de vous en mal ou en bien, peu importe. L'essentiel, c'est que l'on parle de vous ! Il a débuté sa présidence en fanfare que des « premières » et tout a été calculé pour qu'il en soit ainsi : repas au Fouquet's, références à la Résistance, escapade sur un yacht de milliardaire... et tout s'est enchaîné comme un tourbillon d'inédits permanents. Même quand la situation se dégrade, les records pleuvent et il entre de fait dans l'Histoire. Le pire, c'est qu'il y restera pour avoir obtenu les plus mauvais résultats socio-économiques sur une année. Il enfile les mauvais résultats avec la même aisance qu'il empile les réformes inutiles. Mais, comme le repli sur soi, sur ses difficultés, ses angoisses, devient la règle générale, l'indifférence estompe tout. Le parcours de Nicolas Sarkozy s'inscrit, en cette période de passage du père Noël, comme les dessins d'enfants sur une ardoise magique. Un coup de réglette et il n'y a plus aucune trace de ce qui a été antérieurement dessiné. La politique de l'éphémère l'emporte sur tout le reste. En définitive, il est devenu un artificier, illuminant par des fusées prometteuses le ciel noir du quotidien.
Tenez, hier, un nouvel exploit était en préparation pour la fin de l'année 2009. Le ministre du budget, Eric Woerth, a chiffré à l'Assemblée à 79,3 milliards d'euros le déficit budgétaire de l'Etat en 2009, en incluant les mesures de relance qui doivent être votées d'ici à janvier, contre 57,6 prévus jusqu'ici. Le ministre a détaillé la facture budgétaire de la crise et du plan de relance devant les députés, qui ont voté l'ensemble du projet de loi de finances 2009. Il faudrait reprendre toutes les déclarations depuis des mois pour offrir une compilation des mensonges d'Etat qui peuvent être énoncés dans l'intérêt de son idéologie... Il a annoncé tout et son contraire, niant les évidences, truquant les prévisions, massacrant les évidences pour tenter soit de gagner du temps, soit pour faire passer pour des sectaires, celles et ceux qui seraient éventuellement en désaccord. Le déficit budgétaire ? Il serait contenu. La récession ? Elle n'existerait pas. Le déséquilibre de la balance commerciale ? Une pacotille. Le chômage ? Un malheureux concours de circonstances. Et la liste serait tellement longue qu'il faudrait éditer un recueil des catastrophes réelles ou potentielles. Une sorte de livre des records négatifs du Sarkozysme ! .
Les mesures fiscales du plan de relance annoncé par le chef de l'Etat vont coûter 9,2 milliards d'euros supplémentaires, alors qu'on vous a expliqué durant des heures qu'il ne s'agissait que d'avances récupérables faites aux banquiers, dont on mesure chaque jour la rigueur, la lucidité et plus encore la... fiabilité. Annoncé le 4 décembre à Douai, le plan de relance prévoit 26 milliards d'euros essentiellement ciblés sur l'investissement, avec déjà un mensonge, car il ne s'agit que d'aides qui nécessiteront des maîtres d'ouvrage autres que l'Etat. Si ces collectivités, ces entreprises ne bougent pas... rien ne bougera et ces fonds seront inutiles, car ils ne relanceront que le vide. Tout les élus sont tétanisés par les risques pris en augmentant la fiscalité des ménages ou en empruntant : les ratios sont tellement surveillés qu'ils vont gérer à minima et réduire les investissements. Les entrepreneurs ne veulent pas investir sans avoir de débouchés, et comme il n'y a pas de pouvoir d'achat, ils vont au contraire licencier à tout va. Les seuls véritables effets des annonces seront... médiatiques !

DOUBLE PEINE
Le gouvernement UMP, obnubilé par sa chasse aux fonctionnaires, a multiplié depuis des semaines les attaques contre les dépenses publiques, pour laisser croire que l'impôt était un frein au pouvoir d'achat. Or on oublie toujours d'expliquer qu'un euro de contribution à l'effort collectif est un euro restitué au milieu économique, que ce soit sous forme d'achats, de construction ou de salaire. A partir du moment où l'on restreint sciemment la collecte de la participation à la vie collective, on tarit inexorablement les possibilités de trouver un emploi dans le bâtiment, les travaux publics, la fabrication de produits, la mise en place de services... puisque, par ailleurs, toute amélioration du pouvoir d'achat est refusée aux salariés déjà en place. L'euro de taxe professionnelle que ne va plus payer l'entreprise ne se traduira surtout pas par un euro de plus sur un bulletin de salaire, mais par un euro supplémentaire placé dans une banque plus ou moins solide. Toutes les remises d'impôts qui ont été faites, via le bouclier fiscal, n'ont absolument eu aucun effet économique direct puisqu'elles se sont volatilisées dans la bulle financière !
La fraude Madoff pourrait, en effet, faire perdre plusieurs centaines de millions d'euros aux épargnants français qui ont investi dans des titres, gérés collectivement par des institutions financières, a estimé l'Autorité des marchés financiers (AMF), le gendarme de la place financière de Paris. Plusieurs banques françaises ont déjà annoncé qu'elles risquaient de perdre des centaines de millions d'euros dans cette fraude. BNP Paribas et Natixis, filiale commune des Caisses d'Epargne et des Banques Populaires, sont pour l'heure les banques françaises les plus touchées par l'escroquerie, avec respectivement 350 et 450 millions d'euros de pertes potentielles, selon les chiffres communiqués lundi par ces établissements. En fait, la mesure sarkozyste pour les plus nantis a probablement condamné l'Etat à la double peine : il a perdu d'abord 15 milliards de rentrées fiscales (ce dont il ne s'est jamais remis), mais ensuite ces sommes se sont évanouies dans la crise ! Mais ce n'est pas fini.

PROCHE DE 5% DU PIB
Et pendant ce temps, le déficit budgétaire se creuse et atteint un montant sans précédent. Il est à la mesure des graves dangers que la crise mondiale fait peser sur notre économie. Il faut aussi être très clair: il atteindra en 2009 3,9 points de Produit intérieur brut, ce qui sera un nouveau record absolu. En fait, on va recommencer à promettre que tout ira mieux en 2012 avec... absolument aucune autre certitude que celle de la phrase d'Edgard Faure : « les promesses n'engagent que ceux qui les écoutent ! »
Le président PS de la commission des Finances de l'Assemblée, Didier Migaud, a estimé, pour sa part, que le déficit budgétaire total (Etat, Sécu, collectivités locales) allait frôler les "100 milliards d'euros". Soit près de 5% du PIB ! mais avant qu'Eric Woerth l'annonce, il coulera de l'eau devant le Ministère des Finances à Bercy. La France est entrée dans cette crise, beaucoup plus affaiblie que d'autres pays, à cause du paquet fiscal de l'été 2007 (financement des heures supplémentaires, bouclier fiscal plafonnant l'impôt à 50% des revenus...). Elle ne s'en remettra pas, sauf à revenir en arrière, ce que ne fera jamais Nicolas Sarkozy, pour tenir son engagement vis-à-vis de ses copains du CAC 40 !
Pour ceux qui ont la mémoire courte, rappelons que fin septembre, le projet de budget ne prévoyait  qu'un déficit d'un peu plus de 52,1 milliards d'euros, pour une prévision de croissance entre 1 et 1,5% en 2009.
Outre l'aggravation spectaculaire du déficit, la prévision de croissance a, elle aussi, été révisée à la baisse (entre 0,2% et 0,5%) au Sénat, en novembre, par la ministre de l'Economie Christine Lagarde. Et ces objectifs n'ont aucune chance d'être atteints !

LE VRAIES ANNONCES DU QUOTIDIEN
Les records se cumulent également chaque jour dans un autre domaine. Les grands groupes profitent des circonstances pour dégraisser, comme ils disent dans les conseils d'administration, ou pour maintenir le niveau de leurs profits, comme il faudrait l'expliquer à l'extérieur. Bien évidemment, les banques vont y aller de bon cœur. Hier la BNP a effectué un plongeon spectaculaire à la Bourse de Paris, mais avait déjà annoncé... 800 suppressions d'emplois ! La banque française qui doit avaler Fortis a annoncé qu'elle envisageait de supprimer 5% de ses effectifs au niveau mondial, dans sa division banque de financement et d'investissement, la CIB. La Caisse d'Epargne prévoit « une mauvaise année 2008 » et prépare le terrain. Le groupe d'équipement automobile Valeo a annoncé, dans un communiqué publié hier, une réduction de ses effectifs "de l'ordre de 5.000 personnes dans le monde, dont environ 1.600 en France et 1.800 dans les autres pays d'Europe". Qui dira mieux demain... Il suffira que Darcos persiste, avec ses dizaines de milliers de suppressions de postes, pour qu'à la prochaine rentrée on replonge des familles dans le doute. Il sera en 2009 le recordman dans ce domaine !
En présence de la crise financière, les réservations des Français pour des voyages à forfait (vol et hôtel) pour la saison d'hiver 2008/2009, ont chuté de 19,1% en novembre par rapport au même mois de l'année précédente, a annoncé l'Association des tour-opérateurs français (Ceto). Tous les tour-opérateurs ont adopté des plans de crise, assortis d'économies, pour s'adapter à la situation, en attendant la sortie du tunnel.
 La filière viticole, au terme d'une année 2008 marquée par une production historiquement faible et une baisse des exportations du fait de la crise financière, redoute le pire au premier semestre 2009. Comme tous les acteurs de l'économie, le secteur viticole, touché depuis la fin de l'été, voit ses exportations chuter alors que près de 40% de la production française est vendue à l'étranger... Des dizaines d'exploitations, en Gironde, sont au bord du gouffre en ne passeront pas le printemps !
Des records de faillites sont annoncés dans l'artisanat et le commerce, pour le second trimestre 2009 ! Impossible de trouver une lueur d'espoir... sauf si, comme dans une secte, on met toute sa confiance dans les mots distillés par un gourou prédicateur ! La seule certitude : en étant attentifs, vous trouverez dans l'actualité de ce jour un nouveau record. Ils sont faits pour être battus, alors, en 2009, tous  les espoirs sont permis.
Mais je déblogue...

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17 décembre 2008 3 17 /12 /décembre /2008 07:17

On n'est jamais aussi bien servi que par... les autres, ceux qui espèrent un récompense, une prébende d'une attitude qu'ils jugent positive pour leur maître. En fait, souvent, quand vous êtes puissant, il suffit de froncer les sourcils, pour que la terre se mette à trembler autour des dépendants, des courtisans, des faibles. Ils ne se posent aucune question : ils exécutent, quitte à perdre l'honneur qu'ils gardaient encore comme la seule denrée acceptable. Ils croient toujours se protéger en étant aux ordres, alors qu'en fait ils ne font que se discréditer. Le Conseil d'administration du groupe France-Télévisions a entériné la suppression de la publicité sur ses chaînes à partir du 5 janvier. La ministre de la Culture avait demandé à Patrick de Carolis de décider lui-même de la suppression partielle de la publicité, dans l'attente de la promulgation de la loi sur l'audiovisuel public, toujours débattue à l'Assemblée nationale.
Il a trouvé des complices pour se ranger, avec une lâcheté absolue, du coté de son « tueur », avec le secret espoir de ne pas être viré... de suite ! Il a donc « proposé au vote une résolution actant la suppression de la publicité sur les différentes chaînes du groupe, hors RFO, après 20 heures, et cela à compter du 5 janvier 2009 », selon le communiqué. Elle a été adoptée « par 9 voix pour, 2 contre et 1 abstention » ce qui dénote un courage particulier des personnalités nommées au sein de cette instance. Une réunion d'un platitude absolue. Patrick de Carolis a simplement donné connaissance au Conseil d'Administration du courrier qui lui a été adressé le 15 décembre par Madame Christine Albanel, Ministre de la Culture et de la Communication, puis il a procédé à un long tour de table du Conseil. Une sorte d'ordre de suicide collectif, mais qui n'a pas soulevé beaucoup d'indignation. Tout le monde cherchant à protéger son fauteuil. Après avoir entendu chacun des membres du Conseil, le complice de l'Elysée a proposé sereinement au vote une résolution actant la suppression de la publicité sur les différentes chaînes du groupe, hors RFO, après 20 heures, et cela à compter du 5 janvier 2009.
A l'occasion des échanges qui ont précédé le vote de cette résolution, le PDG en sursis a indiqué qu'avant même le vote définitif et la promulgation de la loi, il entendait prendre et assumer ses responsabilités, au nom de l'intérêt supérieur du groupe qu'il dirige et de ses collaborateurs (sic). Il les condamne à une mort lente, mais il le fait... dans leur intérêt ! Il a ajouté que cette décision, et les conditions d'urgence dans lesquelles elle avait été amenée devant le Conseil, pouvaient susciter chez certains le doute ou la préoccupation, mais qu'elle était indispensable au bon fonctionnement de l'entreprise. France Télévisions est en effet un groupe industriel qui est tenu à des délais et des procédures stricts. Les grilles de programmes du 5 janvier 2009, préparées de longue date par les équipes, et déjà annoncées, ne peuvent plus être modifiées, sous peine de déstabiliser à la fois l'entreprise et son public.
Le nouveau modèle économique du groupe a, quant à lui, été annoncé le 8 janvier dernier par l'actionnaire et largement anticipé par le marché. La compensation financière de 450 millions d'euros a été adoptée par le Sénat et l'Assemblée, dans le cadre de la loi de finances pour 2009... mais personne ne sait d'où viendront ces sommes ! Peu importe, c'est comme pour le reste, on verra plus tard pour trouver ces fonds bienvenus.

UNE BALLE DANS LE PIED
Après le vote de cette première résolution (9 voix pour, 2 contre et 1 abstention), et sur proposition de plusieurs membres du Conseil d'Administration, une autre résolution, exprimant au Président de France Télévisions, aux directeurs généraux, et à l'ensemble des salariés, la satisfaction du Conseil pour le travail accompli depuis un an, et un entier soutien pour la mise en œuvre de la réforme a été votée à l'unanimité. Le Conseil d'administration a également adopté le projet de budget 2009, qui table sur un résultat net du groupe en déficit de 94,6 millions d'euros, « hors coût de transition au passage à l'entreprise commune ».
« Comble de la perversité »,
le gouvernement nous a « demandé de nous tirer nous-mêmes la balle dans le pied », réagit la Société des Journalistes de France-2 dans un communiqué intitulé « La honte ». Elle dénonce aussi « l'hérésie démocratique » de la décision du CA, alors que le Sénat n'a « même pas pu commencer à étudier le texte » et que de Carolis sait, par avance, le résultat des débats en cours au parlement. Drôle de République qui n'a aucun respect pour ses parlementaires... et qui conduit ses victimes à anticiper le « meurtre » qui les touche !
« Financer un service public en fonction du chiffre d'affaire de ses concurrents privés directs, c'est comme si l'on demandait à La Poste de dépendre des recettes de Federal Express », ironise la SDJ, jugeant le nouveau modèle économique de France télévisions « ubuesque ». Impossible d'admettre une logique économique, et donc d'éviter de parler de prise en mains politique, dans cette réforme, qui rend le service public dépendant des décisions du seul président de ce qu'il reste de la République ! Pour le syndicat SNJ du groupe audiovisuel, Patrick de Carolis a donné les clés de France télévisions à Nicolas Sarkozy. « Une occasion ratée de manifester son indépendance par rapport au pouvoir politique qui fera date », juge-t-il dans un communiqué. Aux yeux du syndicat, le PDG apparaît bel et bien comme l'homme de main de la réforme imposée par le Président de la République. Elle se révèle plus facile que celle de la classe de seconde, mais infiniment plus dangereuse pour la démocratie.

SAUSSEZ PRESIDENT

Le groupe France Télévisions était bénéficiaire (...) de 22 millions d'euros en 2007. (...) Aujourd'hui, (il) est en déficit de 116 millions d'euros, et en prévoit 135 en 2009, affirme la Syndicat des Journalistes, qui se demande s'il fallait vraiment saborder un navire bien à flot, et obliger l'Etat à trouver des centaines de millions, alors que la justice, la recherche, l'éducation ou encore le logement social sont en grave sous-financement... Mais ce n'est pas le problème, puisque le seul but c'est de redonner de l'oxygène à TF1 et M6 au détriment d'un service public asservi. Cette décision n'est pas une surprise, puisqu'une réorganisation des grilles était déjà prévue, mais ce qui ne l'était pas, c'était la lâcheté du gouvernement et de la majorité, qui n'ont pas voulu passer par le 49.3, et ont repassé la patate chaude à Patrick de Carolis, a critiqué Jean-François Téaldi, membre CGT de l'intersyndicale de France Télévisions, évoquant un déni de démocratie ainsi qu'une véritable reprise en main politique.
On va, en effet, vous expliquer que, pour que tout aille pour le mieux dans le monde du petit écran, il suffit que le PDG soit... choisi à l'Elysée, qu'il soit dépendant des décisions de financement de l'Elysée, qu'il soit entouré d'un conseil d'administration aux ordres, que l'information soit faite par Thierry Saussez, grand prêtre du Sarkozysme. Il suffira qu'il claque des doigts pour que la télé, financée par la redevance, vienne manger dans sa main. Il en a désormais les moyens. Le budget de la communication du gouvernement de 5,7 millions d'euros en 2008 est passé à 22,4 millions en 2009, soit une augmentation de 292 % ! De quoi faire rêver les responsables du budget de France-Télévisions, a qui il manque déjà cette somme. Dans le fond, il serait plus facile pour eux de voir de Carolis renvoyé et Thierry Saussez directement nommé à la tête des chaînes liées au gouvernement. On économiserait pas mal d'argent, et au moins ce serait plus clair !

LA MORT DU MARCHAND DE SABLE
Il était cependant impossible, pour ce conseil d'administration, de résister aux pressions gouvernementales, tellement la situation devenait angoissante. Figurez-vous qu'après être entré dans la salle réservée aux délibérations, ils ont été obligés de faire une minute de silence. Pas sur le sort du service public, car ils n'en ont cure, mais sur un drame qui a frappé de plein fouet la ménagère de plus de 60 ans. Elle ne s'en remettra jamais, et va tôt ou tard abandonner « France 2 ». C'est avec beaucoup d'émotion qu'elle a appris le décès de leur inspecteur préféré (après Colombo), l'inspecteur Derrick.
L'acteur Horst Tapper s'est en effet éteint dans une clinique de Munich, dans le sud de l'Allemagne à l'âge de 85 ans. La série "Derrick", créée en 1974  outre-Rhin, est arrivée sur les chaînes françaises, et dans de très nombreux pays à travers le monde. Chez nous, elle est rapidement devenue le programme incontesté des séries policières allemandes. Avec plus de 281 épisodes, le programme allemand fait partie des séries les plus longues du PAF. Et à 85 ans, l'inspecteur Derrick a donc décidé de stopper sa carrière qui justifiait la décision ministérielle de permettre aux plus vaillants de bosser dans la police jusqu'à... 70 ans ! Une paille, puisque lui avait dépassé les 80 berges sans aucun problème. Une catastrophe, qui n'aura cependant aucun impact sur les recettes publicitaires, puisqu'elles restent encore possibles avant 20 heures. Les annonceurs vont se précipiter pour coller à ce « collector » des séries policières, et renflouer provisoirement les caisses de la maison de retraite télévisée qui l'a accueilli depuis des années. Et voici une recette financière  que ni TF1, ni M6 ne piqueront.
Il ne devait y avoir hier que des défenseurs de Derrick autour de la table du conseil d'administration présidé par de Carolis, car ils doivent appartenir à la catégorie de ces téléspectateurs qui ne peuvent réussir leur sieste qu'en suivant les exploits de leur policier vert de gris. Le PDG avait dû leur projeter un épisode, histoire d'endormir leur méfiance. C'est la seule possibilité que nous puissions admettre devant tant de résignation institutionnelle. Avant de mourir, Derrick a confondu le meurtrier de France-Télévisons : de Carolis, aidé par Albanel, et comandité par Nicolas Sarkozy ! Enquête aisée pour un briscard comme lui. Et si c'était lui le vrai meurtrier?
Mais je déblogue...

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16 décembre 2008 2 16 /12 /décembre /2008 07:55

Les lycéens ont un statut citoyen particulier en France depuis mai 68. Ils ont pris le pouvoir par leur seule capacité à envahir les rues et témoigner d'un mécontentement que peut aussi porter leur famille. Aucun autre corps social n'a la même influence sur le cours de la vie politique. Les ouvriers, les employés, les fonctionnaires, les milliers de licenciés, les mal logés, les sans papiers, n'arrivent pas à la cheville des jeunots capables de faire caler n'importe quel ministre. Les matamores ont tous été obligés de rentrer à la maison quand se vident les lycées. Le problème, c'est que malheureusement, les enfants des écoles sont tributaires de la volonté de lutter de leurs parents, et qu'ils ne peuvent pas descendre dans les rues, autrement l'école républicaine serait beaucoup mieux protégée qu'elle ne l'est actuellement. Ils peuvent mettre à genoux n'importe quel gouvernement, et Nicolas Sarkozy le sait bien... Il a en mémoire les accidents graves qu'a valu à certains ministres une conduite trop dangereuse. Des déclarations odieuses sur la maternelle ne conduit pas un seul élève à manifester, et ne met pas dans une manifestation beaucoup de citoyens. En revanche, en touchant aux programmes de seconde, Xavier Darcos s'est mis au bord du précipice où finiront les recalés du remaniement ministériel.
Il était certain de son fait. Il était soutenu par le maître du monde, basé à l'Elysée, qui vantait son courage, son abnégation, son dynamisme à casser de l'enseignant ! Ce zèle lui a valu même un espoir de rejoindre Matignon. Il en a donc rajouté dans ses déclarations vis-à-vis de l'Ump : « retenez-moi car je vais faire un malheur dans le système éducatif. Je ne vais pas dégraisser le mammouth mais je vais carrément le pulvériser ! » Il n'y était pas allé avec le dos de la cuillère en déclarant, par exemple, le mercredi 10 décembre sur Europe n°1 : « Je ne suis pas ministre de l'hésitation nationale, j'ai un devoir pour les générations futures. Il s'agit de réformer, dans un pays qui en a besoin ». La réforme du lycée est « absolument nécessaire » et « faite dans l'intérêt des élèves avec accord des organisations syndicales à l'origine et sur les conseils des représentants des lycéens ». Il avait fait mieux un mois auparavant sur RTL en clamant : « J'ai envie de dire à ceux qui font la grève qu'il faut qu'ils fassent attention parce que le monde, la France avancent plus vite que les cortèges » et le 21 octobre, il avait pulvérisé le mur de l'orgueil personnel en expliquant : « J'assume les réformes parce que je les crois nécessaires » et « je ne serai pas l'homme du statu quo. J'assume qu'à l'école primaire, nous ayons lutté contre l'échec scolaire qui faisait que 15% des élèves entraient en sixième sans savoir lire. J'assume qu'au collège, à partir de la semaine prochaine, à la rentrée de Toussaint, tous les élèves recevront, deux heures par jour, s'ils le souhaitent, un accompagnement éducatif. J'assume la réforme du lycée qui est absolument indispensable, aujourd'hui 15% de nos élèves de seconde redoublent, ce qui ne se trouve nulle part ailleurs, nous allons les accompagner, les soutenir ». Cet homme-là estimait que, comme toutes les réformes sarkozystes, la sienne resterait dans l'histoire... et qu'elle serait plus efficace que celles de ses collègues toutes inefficaces, en trompe l'œil, ou condamnées à devenir tôt ou tard inapplicables ! En fait, pas un seul ministre, sous-collaborateur du collaborateur de Matignon n'a echappé au désaveu depuis sa nomination par l'Elysée ! Dati, Boutin, Yade, Bertrand, Lagarde, Woerth, Kouchner, Barnier, Alliot-Marie, Morin... et tellement d'autres, ont avalé leur maroquin en public ! Une véritable épidémie de renoncements en tous genres : discrets, tonitruants, pathétiques ou risibles !

DARCOS SE DEGONFLE
Les lycéennes et les lycéens ont éternué et Darcos a plié bagages, alors que les syndicats enseignants s'époumonaient à expliquer vainement les mêmes choses. Chaque étape de la réforme du lycée va donc être reportée d'un an, de la seconde à la terminale, a indiqué, hier, le ministère de l'Education à l'AFP. Autrement dit, la réforme s'appliquera de la rentrée 2010 à la rentrée 2012. Et encore... s'il reste encore des professeurs dans les lycées pour la mettre en œuvre. Xavier Darcos en aura tellement éliminé, qu'il peut enfin espérer travailler en paix, puisque ses « bêtes noires » auront été exterminées. Concrètement, cela signifie que la nouvelle seconde va entrer en vigueur à la rentrée 2010, celle de la nouvelle première à la rentrée 2011 et celle de la terminale nouvelle version à la rentrée 2012, explique le ministère qui se « dégonfle » comme une baudruche ayant été piquée par des aiguilles actives. Le schéma initial prévoyait une mise en œuvre respectivement aux rentrées 2009, 2010 et 2011 mais c'est désormais un calendrier oublié ! Il s'est dégonflé par étapes.
Si le ministre de l'Education Xavier Darcos avait déjà annoncé, lundi matin, sa décision de reporter la réforme de la classe de seconde, il n'avait toutefois pas donné de précisions sur le calendrier de mise en œuvre des deux classes supérieures. Maintenant c'est fait, mais vous n'avez rien compris : c'est un acte de courage ! « Je n'ai pas le sentiment d'avoir reculé », a-t-il ajouté, et il est certain qu'il a avancé sur la voie de la raison. Les réformes ne sont surtout pas celles qu'il prônait, mais c'est surtout celles qu'il faut mener dans le domaine de la pédagogie, des filières, des moyens financiers, des situations confuses, des effectifs... Le reste n'est que du pipeau pour emmener les bon Peuple vers le gouffre.

LANGUE DE BOIS MORTE
« C'est une décision que j'ai prise moi-même, que j'ai mûrement concertée pendant le week-end, mais évidemment j'ai consulté plusieurs fois le président de la République lui-même avec qui j'ai eu plusieurs entretiens pour qu'il me donne son accord », a précisé le ministre de l'Education qui n'a plus rien de nationale. Qu'avec de jolis mots ces choses cruelles sont dites ! En fait, il faut traduire : « dimanche, je me suis fait remonter les bretelles par mon pote Nicolas, qui m'a demandé de ne plus me prendre pour le prof qui sait tout, et qui va finir par me mettre tout le monde sur le dos. Il m'a parlé de la Grèce et j'ai avalé mon chapeau... ». C'est la réalité. Le Président de la République n'a rien à faire de la réforme du lycée, alors que celle des écoles suffit à son bonheur. Elle permettra de mettre à la raison ces enseignants qui ne le saquent pas, et pour les profs, on attendra des jours moins dangereux ! Pyromane « qui est en train de mettre le feu aux poudres », l'actuel ministre incarne un véritable Terminator aux yeux de Jack Lang, qui serait prêt à servir en revenant au ministère de l'éducation. Selon lui, Xavier (ils sont très amis !) est « un homme intelligent, d'apparence débonnaire, mais qui en même temps utilise des paroles de mépris à l'égard des syndicats, à l'égard des professeurs », expliquait dimanche Jack Lang sur Canal +, « mais sa réforme s'apparenterait plus à une entreprise de démolition que de construction d'un nouveau lycée ». Dommage qu'il n'ait pas eu un mot pour l'école élémentaire, qui est exécutée, sans provoquer autant de manifestations de soutien... Il connaît la musique !
Darcos, qui se définit comme « un vieux de la vieille de l'Education nationale » a donc fini par plier. Comme son prédécesseur du temps du gouvernement Jospin, Claude Allègre, dont il entendait se démarquer, clamant qu'il "ne cèderait pas face à la rue". Encore une fois, l'exemple est venu de la jeunesse. Il faut espérer qu'elle inspirera ses professeurs, et leur prouvera qu'il n'y a pas de fatalité en matière de suppressions de postes même si, bien évidemment, il vaut mieux abandonner une réforme subalterne pour faire passer une autre réforme qui est beaucoup plus dangereuse. Celle-là touche essentiellement la base de l'édifice scolaire, à ses fondations, qui sont sérieusement minées par une impressionnante série de mesures qui auront des effets désastreux à plus ou moins long terme. On peut déjà prévoir que les lycéens de 2015 seront dans les rues, car les conditions dans lesquelles ils travailleront seront pires que celles prévues actuellement.

RETRAITE PRUDENTE
L'éducation n'est jamais réformée avec le souhait de l'adapter à une société exigeante à son égard, mais uniquement sur la base de ratios de « rentabilité » économique ou même sociale. Dans un monde de plus en plus complexe, dans lequel l'acquisition du savoir dépend de multiples facteurs non liés à la pédagogie, il faudrait admettre que le système éducatif doit préparer tout simplement à l'autonomie positive, celle qui permet de participer utilement et durablement à la vie sociale. Les têtes bien faites plutôt que les têtes bien pleines demandent beaucoup plus de moyens humains et matériels. Toutes les réformes Darcos ressemblent à celles que ferait un directeur de supermarché pour répondre à l'attente de son patron qui veut satisfaire sa clientèle : on modifie les étiquettes, on met la pression sur le personnel, on diminue les heures d'ouverture, on installe des têtes de gondole, on rogne sur tous les prix de revient mais... à aucun moment on ne se préoccupe de la qualité de l'offre. L'éducation a besoin de réformes. C'est une certitude, mais elles devraient partir d'une analyse globale de la société, et plus encore des objectifs qu'on lui assigne. Le seul objectif clair que poursuit le Ministère : c'est diminuer tous les moyens actuels pour se conformer aux possibilités financières disponibles. Il faut contraindre, diminuer, tailler, couper, transférer, mais surtout pas améliorer, car ce serait un mauvais exemple pour les autres secteurs.
Pour une fois, la presse écrite est unanime : ce report ou ce recul sur la réforme Darcos, pour la Voix du Nord comme pour Libération, c'est une rupture avec les débuts du quinquennat de Nicolas Sarkozy, pour l'Est républicain aussi, c'est sans doute un tournant. La Voix du Nord, qui évoque comme ses confrères, un syndrome grec : on craint en haut lieu, dit Hervé Favre, que les violents affrontements d'Athènes n'inspirent les factions les plus radicales d'un mouvement lycéen qui échappe aux organisations syndicales. La voilà peut-être, la vraie raison du report de la réforme : dans le Dauphiné libéré, Didier Pobel rappelle, lui aussi, que Nicolas Sarkozy redoutait une contamination venue d'Athènes, cet épouvantail grec (voir la chronique de hier ci-dessous) dont parle aussi Philippe Palat dans  Midi Libre... un épouvantail qui s'ajoute à d'autres, les plans sociaux à répétition, la crise du pouvoir d'achat, les polémiques sur l'audiovisuel public, le travail du dimanche et le logement social, bref pour Midi Libre un terrain suffisamment miné pour que le chef de l'Etat monte au front... et batte en retraite face aux jeunes, qu'il craint plus que les ouvriers ou les fonctionnaires, prisonniers du coût des grèves. Un signe fort de faiblesse !
Mais je déblogue...

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Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
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