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LES STATISTIQUES

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MAIS JE DEBLOGUE...

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2 juillet 2009 4 02 /07 /juillet /2009 07:54

Il existe, dans certaines professions, la notion de serment, un moment soit-disant privilégié qui permet d'afficher une certaine forme de déontologie active. Cette cérémonie de prestation de serment est parfois extrêmement solennelle et permet d'entrer dans la vie active. Par exemple, les médecins font référence à Hippocrate, qui représente une culture humaniste extrêmement forte. Probablement rédigé au IVe siècle av. J.-C., il appartient aux textes de la Collection hippocratique, traditionnellement attribués au médecin grec Hippocrate, réputé comme étant le fondateur des pratiques modernes des rapports entre une société et ceux qui la soignent. L'ordre, survivance de l'époque de l'Etat Français pétainiste, a actualisé en 1956 ce texte dont peu de monde connaît le contenu exact.
« Au moment d'être admis à exercer la médecine, je promets et je jure d'être fidèle aux lois de l'honneur et de la probité.
Mon premier souci sera de rétablir, de préserver ou de promouvoir la santé dans tous ses éléments, physiques et mentaux, individuels et sociaux.
Je respecterai toutes les personnes, leur autonomie et leur volonté, sans aucune discrimination selon leur état ou leurs convictions. J'interviendrai pour les protéger si elles sont affaiblies, vulnérables ou menacées dans leur intégrité ou leur dignité. Même sous la contrainte, je ne ferai pas usage de mes connaissances contre les lois de l'humanité.
J'informerai les patients des décisions envisagées, de leurs raisons et de leurs conséquences. Je ne tromperai jamais leur confiance et n'exploiterai pas le pouvoir hérité des circonstances pour forcer les consciences.
Je donnerai mes soins à l'indigent et à quiconque me le demandera. Je ne me laisserai pas influencer par la soif du gain ou la recherche de la gloire.
Admis dans l'intimité des personnes, je tairai les secrets qui me seront confiés. Reçu à l'intérieur des maisons, je respecterai les secrets des foyers et ma conduite ne servira pas à corrompre les mœurs. Je ferai tout pour soulager les souffrances. Je ne prolongerai pas abusivement les agonies. Je ne provoquerai jamais la mort délibérément.
Je préserverai l'indépendance nécessaire à l'accomplissement de ma mission. Je n'entreprendrai rien qui dépasse mes compétences. Je les entretiendrai et les perfectionnerai pour assurer au mieux les services qui me seront demandés. J'apporterai mon aide à mes confrères ainsi qu'à leurs familles dans l'adversité.
Que les hommes et mes confrères m'accordent leur estime si je suis fidèle à mes promesses ; que je sois déshonoré et méprisé si j'y manque. »

C'est beau et réconfortant, mais c'est totalement inutile dans une société reposant essentiellement sur le profit. Le pauvre Hippocrate parlait de bons sentiments, dont on sait qu'ils pavent les chemins du quotidien depuis quelques années.
En effet, d'après une étude publiée hier, un professionnel de santé sur quatre exerçant à Paris refuse de soigner les patients les plus défavorisés, couverts par la CMU (Couverture maladie universelle). Le constat est impitoyable et largement différent du contenu du serment décliné ci-dessus. Effectuée à Paris entre fin 2008 et début 2009, l'enquête détaille les pratiques des personnels soignants. L'objectif principal est de « mesurer le refus de soins (sic) de plusieurs catégories de praticiens libéraux à l'égard des bénéficiaires de la CMU lors d'une prise de rendez-vous par téléphone et dans le cadre d'un premier rendez-vous ».

PAS DE PLACES
Ainsi, près d'un tiers des dentistes (31,6%) refusent de prodiguer des soins aux patients bénéficiant de la CMU. Même constat chez les généralistes, où près d'un médecin sur cinq (19,4%) délaisse les plus défavorisés. Mais bien évidemment, c'est uniquement parce qu'ils sont submergés et qu'ils doivent répondre aux exigences de leur clientèle.
Les praticiens les plus concernés restent les gynécologues (38%) et les ophtalmologues (28%). Deux professions médicales qui se font rares, et dont les salles d'attente sont amplement garnies. Seuls les radiologues restent bons élèves, avec 5% de refus.
Dans tous les cas, la raison principale invoquée pour justifier un refus est « la lourdeur administrative » (Ah ! Ces fonctionnaires !) et la « paperasse » (vivement qu'on informatise les cabinets médicaux) qu'implique la prise en charge de patients CMU.
 Ces derniers ne payant pas la consultation, c'est l'assurance-maladie qui rembourse directement le médecin, ce qui peut prendre du temps, et on sait qu'ils ont besoin d'argent très vite !
Mais la raison réelle du refus de soin reste pourtant pécuniaire. « Dans bien des cas, les refus ne sont pas opposés à une catégorie de patients mais bien à leur capacité à payer des dépassements d'honoraires ou une prothèse aux tarifs pratiqués par les dentistes », soulignent les auteurs de l'étude. A Paris, plus de la moitié des praticiens (58 %) pratiquent les dépassements d'honoraires. C'est la mise en œuvre complète du serment.
Pour tous les professionnels de santé, l'étude rappelle l'article 7 du code de déontologie : « Le médecin doit non seulement soigner mais aussi écouter, examiner, conseiller, avec la même conscience tous ses malades ». Le problème, c'est que, comme pour tout le reste, personne n'est capable de faire appliquer un principe purement moral et que, malgré tous les effets d'annonce, le principe du dépassement des honoraires reste une pratique de plus en plus répandue. La clientèle politique des professions de santé mérite des égards et des renoncements !

DEPASSEMENTS AUTORISES
Les dépassements sont, le plus souvent, une charge plus lourde pour les patients que le ticket modérateur ou le forfait journalier hospitalier. En effet, même si les couvertures maladie complémentaires sont mal connues, on sait, par les quelques études disponibles, que seule une minorité de contrats ne prendrait pas en charge la totalité du ticket modérateur. Par ailleurs, un cinquième environ des contrats ne couvrirait pas le forfait journalier hospitalier au-delà de trente jours. Mais, compte tenu de la durée moyenne de séjour en service de médecine, chirurgie ou obstétrique, cette limitation a peu d'impact sur le "reste à charge" des patients.
En ce qui concerne les dépassements d'honoraires, les niveaux de couverture contractuelle sont extrêmement variables et peuvent être très limités voire nuls. Pour les consultations de médecins de ville, une enquête de la DREES conclut que pour la moitié des personnes, la couverture médiane est à hauteur de 100% du tarif opposable, soit une absence de prise en charge des dépassements. Elle est de 150% pour un tiers des personnes couvertes.
Les contrats couvrant l'intégralité des dépassements sont principalement des contrats collectifs. Ils sont très minoritaires et plutôt renégociés à la baisse par les partenaires sociaux, gestionnaires des institutions de prévoyance. Lorsque les dépassements excèdent de 50% les tarifs opposables, il est probable que la majorité de la population n'est pas couverte. En outre, appréciée globalement, cette prise en charge n'atteint qu'un tiers environ des dépassements facturés. Le gouvernement connaît parfaitement cette situation, mais se contente de faire semblant de se fâcher... et ferme les yeux, sans admettre que cette réalité a un effet : écarter du droit aux soins les plus démunis, car même si on est parfois remboursé, il faut avoir la capacité d'avancer l'argent. La conséquence : de plus en plus de familles passent par les urgences pour avoir un diagnostic et ne pas payer ! Ce n'est pas encore significatif, mais ça augmente de mois en mois.

POUVOIR D'ACHAT CROISSANT
Pour les médecins actifs sur toute l'année, le montant des dépassements est passé de 763 millions d'euros en 1990 à 1,578 milliard d'euros en 2005, en euros constants : contenue pour les omnipraticiens, cette pratique est devenue majoritaire chez les spécialistes. La part des dépassements dans les honoraires des médecins a augmenté deux fois plus chez les spécialistes que pour l'ensemble des médecins. Cette croissance résulte à la fois d'une hausse du taux de dépassement des spécialistes à honoraires libres, qui passe de 29% en 1995 à 47% en 2004, mais aussi de l'augmentation de la part des praticiens en secteur à honoraires libres dans certaines spécialités. Enfin, les dépassements pratiqués par les spécialistes ont, depuis dix ans, augmenté trois fois plus vite en valeur réelle que leurs revenus moyens.
Entre 1993 et 2004, le pouvoir d'achat de leur revenu moyen a progressé de 23% alors que celui des dépassements progressait de 71%. Au cours de la même période, le taux de charges est globalement resté stable. Les honoraires sans dépassements ont permis un gain de pouvoir d'achat de 17%, soit par augmentation de l'activité, soit par hausse des tarifs conventionnels, concentrées sur la période 1998-2004. Les dépassements, quant à eux, expliquent donc un gain supplémentaire du pouvoir d'achat du revenu des spécialistes estimé à près d'un tiers. Ce gain n'est toutefois pas réparti de manière égale entre toutes les spécialités et ne bénéficie pas aux spécialistes du secteur 1.
Ainsi, le taux de dépassement des ophtalmologistes en secteur 2 est de 53% ; pour les chirurgiens, ce taux est de 54% ; il est de 62% pour les gynécologues obstétriciens. Alors pensez bien, un patient qui demande un rendez-vous en annonçant qu'il est couvert par la CMU a peu de chances d'obtenir satisfaction, au nom de la surcharge des emplois du temps. A moins qu'il se pointe avec un exemplaire du serment d'Hippocrate à la main, en ayant passé au stabilo les passages essentiels. Il ne risque que de se faire jeter !

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1 juillet 2009 3 01 /07 /juillet /2009 07:17

Et de deux ! EADS est dans la tourmente, même s’il ne faut pas accentuer la détresse de l’avionneur constructeur de l’Airbus A 310. Deux disparitions inexpliquées en vol, l’une sur l’Océan Atlantique dont on sait désormais qu’on ne connaîtra jamais la cause réelle, et l’autre sur l’Océan indien dont on commence à comprendre les raisons. La caractéristique principale de l’A310 est son rayon d’action. L’A310-300 surpasse dans le domaine de l’autonomie tous les modèles d’A300, et la version A310-200 n’est dépassée que par l’A300-600. Airbus a positionné l’A310 comme une bonne façon, pour les compagnies aériennes en développement, de s’initier à l’exploitation d’avions à large fuselage. Cet avantage lui a valu d’être très utilisé sur les liaisons transatlantiques.

Grâce aux A300 et A310, Airbus s’est affirmé comme un concurrent sérieux de Boeing, et a pu se lancer dans les projets plus ambitieux des familles A320 (présenté en 1987) et A330/A340 (1992). En fait, c’est un avion qui a fait son temps et qui doit être très soigneusement entretenu.

Avec les A300 et A310, Airbus a cherché le maximum de similitude entre modèles.

Surtout, Airbus a alors inventé le concept qui est devenu l’un de ses principaux avantages commerciaux : un pilote certifié sur l’un de ces modèles peut être certifié au pilotage d’un autre modèle après une seule journée de formation, ce qui permet des économies très importantes pour les compagnies aériennes, et offre une grande souplesse au niveau de la gestion des vols et des équipages. L’A310 a été lancé officiellement en juillet 1978, soit il a maintenant… 30 ans, avec pour compagnies de lancement Lufthansa et Swissair.

Avec le succès actuel de l’A330, les ventes d’A310 sont aujourd’hui terminées. 255 exemplaires ont été livrés entre 1983 et 1997. Début mars 2006, Airbus a annoncé l'arrêt de la production des A300 et A310 en juillet 2007. Ceux-ci auront été produits à 821 exemplaires en tout. En fait, malgré le maintien de l'A310 au catalogue, aucun exemplaire n'avait été vendu ou livré depuis plusieurs années… ces renseignements donnent une vision plus concrète de l’utilisation des avions actuellement en service !


DEJA 673 VICTIMES

Depuis sa mise en service en 1983, l'A310 a été victime de… 8 accidents ou incidents qui ont entraîné la destruction de l'avion et fait 673 victimes, et de 10 détournements qui ont entraîné la mort de 5 autres personnes.

Parmi les accidents les plus remarquables : le 31 juillet 1992, le vol 311 Thai Airways International de Bangkok à Katmandou s'écrase sur les flancs d'une montagne à l'approche de sa destination, suite à une erreur de navigation de l'équipage et à des malentendus avec les contrôleurs aériens ; le 23 mars 1994 : le vol 593 Aeroflot de Moscou à Hongkong s'écrase en Sibérie. Les passagers et 12 membres d'équipage meurent ;  le 31 mars 1995 : le vol 371 Tarom entre Bucarest et Bruxelles s'écrase peu après le décollage, entraînant la mort des 50 passagers et 10 membres d'équipage ;  le 11 décembre 1998: le vol 261 Thai Airways de Bangkok à Surat Thani s'écrase, 4 km avant d'atterrir, tuant 101 des 146 personnes à bord ;  le 20 janvier 2000 : le vol 431 Kenya Airways initialement prévu de Nairobi à Abidjan avec une escale à Lagos s'écrase en mer peu après son décollage de l'aéroport d'Abidjan. 169 des 179 passagers à bord meurent ; 6 juillet 2006 : le vol 778 Siberia Airlines de Moscou à Irkoutsk prend feu à l'atterrissage après une sortie de piste. 124 des 194 personnes à bord meurent ;  10 juin 2008: le vol 109 Sudan Airways de Amman à Khartoum s'écrase à l'atterrissage, tuant 30 personnes sur les 230 à bord. Enfin hier, disparition dans l'océan Indien à 10 km des côtes des Comores d'un appareil de la compagnie Yemenia Airways, qui était en phase d'atterrissage,  avec 153 personnes à bord dont 11 membres d'équipage. 66 ressortissants français se trouvaient à bord de l'appareil. Une survivante a pu être repêchée. Une impressionnante énumération qui na jamais été faite par les médias. Bizarre que tous ces crashes interviennent sur des appareils gérés par des compagnies dont on  peut se poser des questions sur la fiabilité des pilotes et de l’entretien.


UN AVION SUSPECT

Une jeune fille de 14 ans est la seule personne a avoir survécu à l'accident d'un Airbus yéménite transportant 153 personnes qui s'est abîmé en mer dans des circonstances inconnues, la France mettant cependant en cause l'état de l'appareil.  L'A310 de la compagnie aérienne Yemenia avait embarqué ses passagers à Sanaa au Yémen pour se rendre à Moroni, via Djibouti. Selon les autorités françaises, 45 Comoriens et 66 Français, avaient embarqué à Paris et Marseille avant de changer d'avion à Sanaa.

La jeune fille, âgée de 14 ans, qui était hier soir la seule rescapée, est arrivée à l'hôpital El Maarouf et « son état n'est pas inquiétant », a indiqué la porte-parole du Croissant Rouge des Comores. La polémique entre Paris, Bruxelles et Sanaa a cependant enflé dans la journée, sur la maintenance de l'appareil vieux de 19 ans.

L'A310-300 avait été "exclu" du sol français « il y a quelques années (...) parce que nous estimions qu'il présentait un certain nombre d'irrégularités dans ses équipements », a indiqué le secrétaire d'Etat français aux Transports, Dominique Bussereau. Dommage que cette mesure préventive ait été oubliée par les autres pays, qui se moquent pas mal de la sécurité des passagers !

« Est-ce qu'on peut emmener dans des conditions normales des passagers à partir du territoire français et ensuite les mettre dans un avion qui n'assurerait pas la sécurité? », s'est interrogé Bussereau devant les députés. Il est temps de se poser la question.

L'appareil avait été révisé en mai 2009 et assurait des liaisons courantes avec l'Europe. Il y a une semaine, il avait fait une liaison avec Londres, mais on ignore qui a délivré le certificat de conformité. Fondée en 1961, la compagnie Yemenia n'avait pas rencontré d'incidents majeurs ces dernières années, bien qu'elle soit la compagnie nationale d'un des pays les plus pauvres de la planète… ce qui ne pose de problèmes à personne ! Il faut tout de même ajouter qu’elle était sous surveillance dans l'Union européenne, la Commission ayant décelé en juillet 2008 des manquements à certaines normes de sécurité.


COMPAGNIE PEU FIABLE

Bruxelles avait accordé un délai à Yemenia pour se mettre en conformité, et cette compagnie a finalement échappé en avril à son inscription sur la liste noire de l'UE de quelque 200 compagnies dangereuses. L’U.E. veut des normes de sécurité mondiales pour le transport aérien, et va évaluer les besoins des compagnies non européennes, a annoncé hier soir le commissaire aux Transports, Antonio Tajani, après l'accident des Comores. Le copain de Berlusconi, qui est un ardent défenseur de la libre entreprise, ne se penche pas trop sur la mise en œuvre d’une politique véritable de vérification des trajets et non pas seulement des parcours européens.

La compagnie Yemenia Airways est plutôt mal notée dans les différentes listes de classement des compagnies aériennes, mais elle n’est toutefois pas interdite en France.

Les contrôles Safa font partie d’un programme soutenu par plus de quarante Etats regroupés au sein de la Conférence européenne de l’aviation civile et développé à partir de 1996. Selon la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) , ce programme a été repris par la Commission européenne depuis le 1er janvier 2007. Ces contrôles Safa consistent en des inspections, le plus souvent aléatoires, et lors de la courte période des escales, afin d’identifier des irrégularités techniques ou administratives concernant des compagnies et des appareils de passage sur le territoire des Etats membres.

Ces contrôles peuvent conduire à l’interdiction d’exploitation, si la sécurité du vol est engagée, et tant que les défauts identifiés n’ont pas été réparés. C’est à la suite de l’un de ces contrôles, effectué en 2007, que l’Airbus de Yemenia n’avait plus été revu en France. La banque de données informatiques permet normalement d’étendre l’interdiction de territoire aux différents pays. Ainsi, un avion interdit en France ne devrait pas pouvoir survoler l’un des pays européens ou s’y poser. Mais il y a des failles (des complaisances ?) dans le système.

D’ailleurs, hier, le ministre yéménite des Transports a affirmé que cet appareil - révisé en mai 2009, affirmait-il - faisait régulièrement des liaisons entre le Yémen et l’Europe.

Il y a une semaine, il était à Londres, la capitale de la dérégulation des transports, et celle où on a supprimé il y a longtemps tous les fonctionnaires « contrôleurs ». On voit où ça mène. Et ça ne fait que commencer. Vive la libre entreprise et le profit à tout prix !

Mais je déblogue… 

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30 juin 2009 2 30 /06 /juin /2009 07:17
Ambassadeur, voici un job très particulier pour lequel il ne faut pas avoir un niveau d'études très élevé. Il suffit de perdre son poste pour se retrouver bombardé dans une instance ou une autre, avec les avantages liés à une fonction qui doit être, somme toute, peu prenante. Même les publicités télévisées présentent cette sinécure comme un moyen de se déguster des chocolats, princiers dans leur habillage, mais peu savoureux sous l'or des couvertures. Si l'on en croit le site officiel du gouvernement, le travail est pourtant particulièrement exigeant. L'ambassadeur, diplomate de carrière ou de fonction, est la vitrine de l'Etat à l'étranger. Il est le représentant de premier ordre du ministère des affaires étrangères dans le monde. A ce titre, il se charge du maintien des contacts et échanges permanents entre son pays et le pays d'accueil.
Il est le vecteur ou le catalyseur de promotion de son pays, et chacune de ses postures sera prise comme référence pour juger ses compatriotes. Il organise les missions d'état civil pour les ressortissants de son pays (notamment passeports et visas) et bien d'autres. Tête de proue d'une forte équipe, réunie à l'ambassade, il s'occupe de manière globale de la gestion des structures et du personnel qui les animent. Il doit avoir tellement de qualités que l'on peut se poser la question de savoir si ce n'est pas réservé à ces gars bien élevés qui deviennent des bêtes à concours !
L'ambassadeur a la responsabilité d'informer progressivement, au jour le jour, le chef de son Etat et le gouvernement de la République, de l'évolution de la conjoncture internationale et de la situation des États étrangers. En sa qualité de coordinateur de tous les diplomates expatriés et exerçant dans son pays d'affectation, il organise leurs activités à travers des missions bien définies. Ainsi, sur la base des informations qu'il recueille auprès de ses collaborateurs diplomates, il en fait des synthèses et les transmet aux responsables, basés au ministère des affaires étrangères de son pays, qui se charge de l'élaboration et de la définition des politiques étrangères à conduire... On sait combien leurs avis sont pris en compte à l'Elysée !
Il lui revient la charge et la responsabilité de la mise en oeuvre et de l'implémentation de la politique étrangère de son Etat dans le pays d'accueil, afin de préserver ses intérêts et de contribuer au développement des relations avec d'autres pays. Dans l'exercice de ses fonctions, il est relayé dans ses actions par le consul, car on parle aujourd'hui de diplomatie plurielle.
En outre, malgré les nécessités impératives de rationalisation budgétaire, le premier responsable de l'ambassade à l'étranger a parfois des difficultés à exercer pleinement sa mission de coordination des différents services de l'État présents localement. Car il ne détient plus l'exclusivité de la représentation de l'état à l'étranger, parce que le contexte de politique internationale devient  plus complexe et les protocoles diplomatiques moins cadrés.
De plus, professionnel des langues, des sciences économiques, des sciences politiques ou d'autres champs de pensée, il se trouve souvent confronté à des situations difficiles, telles que les tremblements de terre, les crash d'avions, des troubles politiques... Dans une pareille conjoncture, il est le premier responsable des ressortissants de son pays, et il a  besoin de sang-froid et de rigueur pour gérer de telles situations. Pour mettre de l'ordre dans ses activités, il instruit des enquêtes pour avoir une idée de l'endroit où se trouvent ses compatriotes, dans le but d'en informer leurs familles restées au pays d'origine.

DOUE PARTOUT
Par ailleurs, au sommet de sa carrière diplomatique, ce diplomate chevronné verra ses missions changer en fonction des visées de son pays. Il pourra principalement s'occuper des affaires politiques, économiques, culturelles accompagnées des missions d'état civil (passeports et visas, célébration de mariages), d'immatriculation des voitures, d'organisation des élections pour ses compatriotes vivant à l'étranger, d'assistance aux ressortissants en cas de difficulté, etc. Mais, il joue davantage un rôle important dans les relations politiques, économiques (négociation de contrats), scientifiques ou culturelles (organisation d'exposition, de résidences d'artistes...) et laisse les missions techniques au consul.
Enfin, il ressort à l'évidence que la personne qui choisit la carrière diplomatique doit être motivée, passionnée, parce que le métier présente plusieurs contraintes. Il doit avoir le sens de la conciliation, le don des langues, des connaissances politiques, juridiques, historiques et économiques étendues. Il doit avoir l'esprit de synthèse, être disponible, posséder une certaine ouverture d'esprit et de bonnes capacités d'adaptation, accompagnées d'une grande mobilité.
On est sauvé, puisque Nicolas Sarkozy vient de trouver deux oiseaux rares qui vont prendre la direction de deux ambassades capitales. Le seul problème, c'est qu'il les a promus pour la simple et bonne raison qu'il les jugeait incapables de poursuivre leur mission de ministre à ses côtés ! Un symbole de l'efficacité de la famille UMP qui accapare tous les postes, au gré des promesses du Président Directeur Général de la France.

LE STATISTICIEN IDOINE
Ainsi, le fringant Roger Karoutchi va avoir un poste digne des talents de diplomate dont il a fait preuve au sein de l'assemblée, au point de se faire virer! L'ancien secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement va en effet être nommé demain, en Conseil des ministres, ambassadeur, représentant permanent de la France auprès de l'OCDE. Cette nomination à l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) - basée à Paris - lui a été proposée par l'Elysée, reconnaissant son œuvre inoubliable auprès des députés lors de la loi Hadopi !
Selon cette source gouvernementale, Roger Karoutchi s'est d'abord vu proposer une grande ambassade dans un pays du Maghreb, offre qu'il a déclinée pour pouvoir continuer à siéger comme maire-adjoint de Villeneuve-La-Garenne et comme patron du groupe UMP au Conseil régional d'Ile-de-France. En devenant ambassadeur à l'OCDE, il va en effet renoncer à redevenir sénateur, mais il conservera ses autres mandats, comme l'avait fait avant lui à ce poste Xavier Darcos. Selon un de ses proches, « il compte bien participer à la bataille électorale pour les régionales en 2010 », et il sera bien payé pour faire cette campagne !
L'OCDE regroupe 30 pays démocratiques, tous attachés à l'économie de marché. Elle a pour but de « favoriser la bonne gouvernance des secteurs public et privé » et d'aider « les gouvernements à maintenir compétitifs les secteurs économiques clefs », notamment via la publication de statistiques. Et croyez-le, Roger Karoutchi est véritablement un spécialiste des... statistiques, surtout électorales ! Il pourra ainsi pantoufler paisiblement, et attendre les prochaines échéances, lui, le Chiraquien converti au sarkozisme pur et dur. Il se consolera ainsi plus aisément de sa défaite aux primaires pour la tête de liste des régionales en Ile de France et de son limogeage du gouvernement. Ce n'est pas le cas de l'autre promue de demain : Christine Boutin !

L'AMBASSADRICE DU PRESERVATIF
L'ancienne ministre du Logement a dénoncé hier son « jetage » du gouvernement, affirmant avoir été traitée de façon « inhumaine » avec son équipe et n'avoir pas été prévenue avant l'annonce officielle du remaniement. « Mon jetage », a déclaré Christine Boutin sur Europe-1, « je l'ai appris à 20h sur TF1 avec tout mon cabinet ». « On était là, on écoutait, on espérait », a-t-elle raconté, précisant qu'elle « pensait rester » suite à sa dernière conversation avec le Premier ministre mardi, avant le remaniement. Comme quoi les voix du « seigneur » sont impénétrables. Elle avait pourtant prié toute la journée, était allée à confesse et avait pourfendu quelques mécréants sous leur tente des Fils de Don Quichotte ! Que du bonheur.
La présidente du Parti chrétien-démocrate s'est dite "très choquée de voir que le Premier ministre n'a même pas pris le temps de (lui) passer un coup de fil" après l'annonce de son départ du gouvernement. Il serait donc vrai que François Fillon serait un félon, un faux-cul, un infidèle ? Diantre... Doit-on lui faire confiance quand il déclare que personne ne pourrait glisser une feuille de papier à cigarette entre lui et Nicolas Sarkozy ? « J'espère que ce n'est pas en raison de ce que je représente », c'est-à-dire « la droite sociale chrétienne », a-t-elle déclaré, « peut-être c'est un délit de sale gueule, je ne sais pas? » On dirait une immigrée qui parle ou une pauvre femme sans papiers ! « J'ai un bilan excellent, les professionnels le remarquent », a-t-elle souligné. C'est de l'autosatisfaction !
Christine Boutin dit avoir été contactée, au lendemain du remaniement, par Claude Guéant, le secrétaire général de l'Elysée, « qui m'a fait un certain nombre de propositions qui me semblent intéressantes ». Evoquant la possibilité de revenir à l'Assemblée nationale, « je n'ai pas pris ma décision encore », a-t-elle affirmé. Interrogée sur la possibilité de devenir ambassadeur de France auprès du Saint-Siège, au Vatican, elle a qualifié cette piste « d'intéressante et sérieuse ». C'est Benoît XVI qui va être content. Ils causeront tous les deux du préservatif, passion qui les unit. Elle avait déclaré sur RTL dans un grand élan de solidarité: «je pense que ce n'est pas drôle de mettre le préservatif quand on fait l'amour». En matière de préservatif, elle avait ajouté, « chacun fait comme il peut et comme il veut », affirmant: « n'attendez pas du pape qu'il dise qu'il faut mettre le préservatif ». C'est véritablement un langage diplomatique ou c'est à ne rien connaître à ce métier !
Mais je déblogue...
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29 juin 2009 1 29 /06 /juin /2009 07:17
Mercredi, la TVA va baisser dans les restaurants...C'est une grande nouvelle, sûrement beaucoup plus attendue dans les chaumières que celle qui aurait pu être adoptée sur les produits de première nécessité. On sait bien que, par les temps qui courent, les Françaises et les Français vont se ruer autour des tables les plus alléchantes, compte tenu de leur pouvoir d'achat. Il est certain qu'une poignée de centimes d'euros éventuellement déduit d'un expresso va favoriser la consommation de café ou que le homard à l'armoricaine va devenir le plat du jour pour toutes celles et tous ceux qui fréquentent les restaurants à midi!
En fait, on va vérifier une fois encore que cette mesure améliorera les profits et n'aura qu'une incidence marginale sur l'emploi, car la fréquentation demeure la clé de la réussite des entreprises de ce type. En fait, il y a eu une stratégie fine, qui a été mise en place depuis que l'annonce du passage à 5,5 % au 1er juillet a été faite. Sur le papier, donc, une telle baisse semble une bonne idée. A y regarder de près, c'est une très mauvaise idée.
Elle profiterait modérément au pouvoir d'achat : car quand bien même elle serait partiellement répercutée sur les prix, qui en profiterait ? En grande partie, les 80 millions de touristes étrangers, qui constituent une bonne part de la clientèle, et qui ne s'interrogent pas sur l'ampleur exacte des taxes sur les produits de consommation, avant de prendre leur billet pour la France. Pour eux, quelques centimes d'euros de plus ou de moins n'ont aucune signification.
Elle est, en effet, injuste : les ménages les plus modestes n'en profiteront que très peu, puisqu'ils vont rarement au restaurant. Elle sera coûteuse : on estime le coût de la mesure entre 2 et 3,5 milliards d'euros, en fonction du nouveau taux de TVA retenu. Selon les calculs du ministre du budget Eric Woerth, le manque à gagner final de l'opération serait limité à 1,2 milliard (après réduction de certaines subventions). Comment sera financé ce manque à gagner ? Par la hausse d'un autre impôt qui, elle, frapperait l'ensemble des Français, y compris les plus fragiles ? Impossible : le président de la République a refusé ce principe.
Son effet sur l'emploi, enfin, reste incertain. Les défenseurs du taux réduit (5,5%) évoquent 40 000 emplois créés, ce qui représenterait un coût de la mesure situé entre 25 000 et 62 500 euros par emploi, selon que l'on évalue la mesure à 1 milliard ou à 2,5 milliards. A ce prix là, ne peut-on pas créer d'avantage d'emplois par d'autres moyens ? Il y a donc déjà eu toute une procédure de contournement de ces annonces gouvernementales.
D'abord il y a eu, au moment du changement de « carte » ou de « menu » ,une hausse des prix au printemps. Elle doit servir maintenant à donner l'illusion d'une... baisse, alors que l'on reviendra au prix initial, permettant ainsi de créer une marge supplémentaire. Personne n'a songé que ce stratagème, inspiré par la crise (c'était la raison de l'augmentation !) pouvait simplement annuler la modification d'un taux qui va priver l'Etat de la bagatelle de 1,2 milliards, en une période où les caisses sonnent creux.
L'impact sur le client est tellement faible que rares sont ceux qui s'en apercevront. Par exemple, un menu actuel affiché à 15 euros TTC soit 12,54 euros HT devrait être après la baisse de la TVA à 13,22 euros TTC. En même temps, on constate qu'il y a vraiment peu de différence, car un menu à 12,54 euros HT ça donne 15 euros TTC avec de la TVA à 19,6% et 13,22 euros TTC avec de la TVA à taux réduit de 5,5%... Il est certain que les fonctionnaires, avec une augmentation de leurs salaires de 0,8 % vont se précipiter dans les restaurants.
Il faut ensuite savoir que, dans certains restaurants, les habitués règlent souvent en liquide, ce qui permet aux tenanciers, depuis de longues années, de minorer les reversements de TVA. Les chiffres d'affaires réels de certains établissements sont supérieurs de 30 à 40 % à ceux qui sont déclarés. Un exemple : le petit noir du matin. Combien de consommateurs règlent par carte bleue ou par chèque et combien récupèrent en campagne un ticket de caisse, surtout quand il n'y en a pas ? L'évasion sur la TVA est probablement déjà significative, mais elle n'a pas été prise en compte... et il n'y plus grand monde, parmi les fonctionnaires, pour contrôler ces défaillances qui auraient dû être prises en compte avant de se lancer dans une baisse.

QUELS EMPLOIS CREES ?
Enfin il y a eu depuis plusieurs mois une propension à ne plus renouveler les CDD dans le secteur de la restauration, afin de pouvoir, en juillet, faire passer les « régularisations » d'emplois plus ou moins déclarés, pour des « créations » demandées par le gouvernement. Quel état des lieux réel a été effectué sur le travail dissimulé, dans une secteur économique où le service (plonge, aide aux cuisine, entretien...) n'est pas toujours très limpide en horaire et en déclarations sociales.
Le « bilan 2006 du plan national de lutte contre le travail illégal » a été publié par le Ministère de l'Emploi et de la Cohésion Sociale. Sans surprise, le secteur des hôtels, cafés, restaurants, était toujours classé dans le peloton de tête. Si surprise il y a, elle vient de l'ampleur du phénomène. Sur 67 135 entreprises contrôlées, celles des HCR en représentent 27%, soit 18 595. Mais alors qu'en 2005, 4,6% des entreprises contrôlées étaient en infraction, en 2006, c'était 12% ! Deux fois et demi de plus. Le montant des redressements n'a pas suivi tout à fait la même courbe, s'établissant à 9 084 051 € contre 5 109 707 € en 2005. La bonne nouvelle : les employeurs concernés avaient du consentir à régulariser la situation de... 1 111 salariés. En revanche, même si cela continue sur ce rythme, on n'arrivera jamais à créer les 40 000 emplois (dont une bonne partie en régularisations) promis en échange des milliards d'euros de cadeaux fiscaux. C'est tout de même une drôle de façon de remercier ses amis politiques qui, c'est une certitude, savent fort bien que les dés sont pipés.

EFFET RESTREINT
Les restaurateurs s'arracheraient les autocollants bleu et orange indiquant « La TVA baisse, les prix aussi ». "C'est bon signe", a estimé, lors d'un point presse dans une brasserie, la Présidente du Syndicat professionnel, qui était entourée d'une dizaine de restaurateurs de la Cité de Carcassonne et de responsables de l'Union des Métiers et des Industries de l'Hôtellerie (UMIH) qu'elle préside.
« La baisse des prix n'est pas une obligation, il n'y aura pas de sanction, mais la sanction viendra du client », a affirmé cette personne qui pèse ses mots. « Nous voulons que nos clients retrouvent confiance dans nos restaurants. Notre objectif est aussi d'améliorer l'image de la profession », a-t-elle ajouté comme une reconnaissance au fait que tous les établissements ne sont pas au top en matière de gestion humaine et financière. Les neuf organisations professionnelles du secteur ont donc été très prudentes et n'ont promis qu'une baisse de 11,8% sur une sélection de produits (une entrée, un plat, un dessert, un plat du jour, un menu, une eau minérale, un café...), mais nullement sur l'ensemble de leurs prestations. Tant pis pour celui qui ne boit pas d'eau minérale et de café : il devra le faire pour bénéficier du milliard d'euros offert aux restaurateurs.
Tout est flou ou contradictoire car toutes ces propositions émanent des structures mais pas des responsables des restaurants qui traversent des difficultés en raison surtout de la baisse de leur activité, liée à celle du pouvoir d'achat. Ils sont tous unanimes : les clients et les touristes font de plus en plus attention à leur budget et choisissent surtout le « moins cher » avec une ou deux exceptions, permettant justement d'oublier la crise. Tout le secteur du tourisme le vérifie depuis le début de la saison. D'ailleurs les « marchandages » sont monnaie courante et ce qui est jugé comme superflu est éliminé. On verra dans un an l'impact réel de cette mesure, centrée non pas sur la qualité, la professionnalisation, l'amélioration de l'accueil, mais sur le seul volet financier !

UN COUT EXHORBITANT
Toutes les mesures d'exonération prises depuis des années en faveur du monde économique n'ont en effet jamais eu d'influence forte sur l'emploi. On sait fort bien que le système d'exonération des heures supplémentaires a tué des milliers de créations de postes au moment où c'était encore possible. Tout le monde reconnaît que le secteur de la restauration, globalement « poujadiste », ayant toujours contourné les 35 heures, a usé d'expédients pour parvenir à se faire entendre. Un emploi créé par une baisse de la TVA dans la restauration reviendrait à 250.000 euros, selon la commission des Finances de l'Assemblée Nationale, citée dans la Tribune. Imaginez un peu que cette commission n'est pas composée de dangereux gauchistes.
« 10.000 emplois supplémentaires coûtent en effet 2,5 milliards d'euros, c'est une performance » a ironisé le président socialiste de la commission, Didier Migaud, soutenu par le rapporteur UMP du Budget, Gilles Carrez... mais qui a fait le calcul ! Auditionné par la commission, le secrétaire d'Etat au Commerce, Hervé Novelli, n'a pas pu démontrer qu'un effort net de 2,5 milliards d'euros pour diminuer la TVA dans les restaurants ferait plus qu'une exonération de charges patronales qui ne coûtait jusqu'ici que... 650 millions. On n'en a surtout pas fait un fromage.
L'objectif est, en effet, purement électoraliste et peu en importe le coût. La clientèle des restaurants ne vote pas majoritairement à gauche et ceux qui l'accueille non plus. Tout est de la même veine, car personne n'a encore dit que ces entrepreneurs méritants vont bénéficier d'un solide coup de pouce, avant d'y ajouter la suppression de la Taxe professionnelle, ce qui leur fera un double effet bénéfique ! A déguster sans modération.
Mais je déblogue...
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28 juin 2009 7 28 /06 /juin /2009 07:17
Chaque année il y a un mot qui entre dans le langage médiatique pour devenir le leimotiv d'une période. Il y eut par exemple « convivialité », qui fit une entrée fracassante dans les années Mitterrand. On retrouve « abracadabrantesque » pour l'époque Chirac... Quand ils survivent aux modes, c'est qu'ils illustrent en fait parfaitement une personnalité, et une pratique sociale réelle. Il semble que celui de l'ère Sarkozy se dessine lentement. Il faut craindre que nous devions nous habituer à entendre, à longueur de journée et de soirée, "emprunt". C'est devenu le best-seller français, qui résumera à merveille la gestion présidentielle reposant sur l'emprunt permanent.
D'abord, il y aura eu « l'emprunt idéologique » qui lui fait, sans arrêt, aller chercher dans la banque des concepts, de multiples références. On a eu de multiples allusions à Mitterrand, Blum, Jaurès, Jules Ferry, Hugo..., au Conseil national de la Résistance, à la Résistance elle-même, à Guy Mocquet... et malheureusement, au fil d'effets d'annonce permanents, des emprunts dans les réserves de l'Histoire. On en est parfois arrivé à se demander si la filiation gaullienne de la droite, que devrait vanter Nicolas Sarkozy, était encore recommandable. Il est vrai que quand ses « meilleurs » amis s'appellent Bush, Poutine, Berlusconi ou Kadhafi, que la France réintègre l'OTAN, et que, face à la crise, on refuse de voir la réalité en face, on est loin, très loin, des principes gaullistes, pour entrer dans une gouvernance social-opportuniste. On emprunte aux autres, on y voit un intérêt immédiat, sans se soucier des volte-face, des reniements, des approximations... et en oubliant les affirmations antérieures. La Droite emprunte à la Gauche, mais ne remet jamais autre chose que des nèfles !
Autre emprunt : celui, quotidien, dans les poches des gens les plus humbles avec les impôts indirects, les restrictions sur le pouvoir d'achat, les cotisations sociales, les prestations habituelles, les services républicains... Le véritable problème, c'est que c'est à fonds perdus,  car tout le monde admet qu'il sera bientôt impossible de revenir en arrière. Tout ce qui aura été « amputé », « soldé », « détruit », ... ne reviendra pas dans les caisses de l'intérêt général ! Cette technique, qui consiste à dilapider le bien commun social, au nom de la rentabilité pour les actionnaires, pèse fortement sur toutes les décisions, et deviendra probablement la constante de l'action sarkoziste. Le « découvert » créé par cette méthode se paiera un jour ou l'autre, par les générations qui découvriront l'ardoise, quand il sera trop tard. Tous les signaux sont au rouge, mais les « clients » se contentent de réagir uniquement quand leur propre compte en banque est contesté. Si on dilapide celui des autres, ils détournent le regard, pour éviter d'avoir à participer au « renflouement » indispensable.
La décision de ne plus avoir recours à une imposition progressive et juste constitue aussi un « emprunt », qui décale sur les futures générations les règlements que nous devrions  effectuer maintenant. Refuser d'ajuster la contribution des uns et des autres en fonction de leurs  ressources, c'est purement et simplement détruire une part des biens des générations futures... Une manière détestable de décaler la facture d'une mauvaise gestion de la crise.

ON RASERA GRATIS
La CGT estime, à juste titre, que certaines orientations fiscales du gouvernement, responsables des pertes de recettes de l'Etat, balisent déjà "étroitement" la consultation que le gouvernement a prévu sur... l'emprunt annoncé par Nicolas Sarkozy. Le syndicat fait ainsi référence au maintien du bouclier fiscal et aux exonérations de charges patronales, ou encore à la suppression de la taxe professionnelle.
Quant à François Chérèque, de la CFDT, favorable à « tout ce qui va dans le sens de l'écoute et de la concertation », il estime néanmoins « qu'on ne peut pas aborder » la question de l'emprunt et de son affectation « sans avoir une fiscalité plus juste ». Des vœux pieux, car on sait bien que la seule idée qui n'ait pas été empruntée aux autres (la paquet fiscal) ne sera jamais remise en cause. Concernant le niveau global de l'emprunt, aucun montant n'a été officiellement évoqué. Mais la presse a parlé de 80 à 100 milliards d'euros. Une somme conséquente, dans un contexte marqué par un assombrissement constant des finances publiques.
Cependant, Philippe Séguin, président de la Cour des comptes, a mis garde contre le fait « qu'à répéter que les caisses sont vides, il ne faudrait pas accréditer l'idée, paradoxale, qu'elles sont inépuisables ». Mais, soucieux de ne pas écorner son image de défenseur de la rigueur budgétaire, François Fillon n'a eu de cesse que de répéter que la lutte contre les déficits était un objectif auquel son gouvernement ne renoncerait jamais.
Le Premier Ministre a aussi vite emprunté le cheval de la rigueur de gestion, en sachant fort bien que personne ne souhaite le voir apparaître au premier plan. Il a réaffirmé, devant les cadres de l'UMP, que jamais il n'accepterait que « l'on finance des dépenses courantes, des dépenses de fonctionnement, avec un emprunt qui consiste, au contraire, à associer les Français à l'effort de relance de l'économie ». Et à « ceux qui pensent que l'emprunt pourrait être une solution de facilité pour résoudre tous les problèmes », notamment ceux dus aux « déficits qui pèsent sur les comptes », François Fillon leur a indiqué qu'ils se trompaient. Des propos qu'il n'a pas pu « emprunter » à son patron, pour la bonne et simple raison que ce dernier, en Voyageur Représentant Politique, a « vendu » exactement le contraire lors de sa déclaration au Parlement.

UN TOTAL ASTRONOMIQUE
Le mot "emprunt" revient partout, comme si les banques n'étaient pas allées trop loin dans ce secteur de leur activité. Elles auraient brutalement de l'argent à ne plus savoir qu'en faire, et seraient surtout disposées à boucher les trous.
Ainsi hier, on a appris que l'assurance chômage pourrait souscrire un... emprunt à l'automne, dont le montant s'élèverait à 3 milliards d'euros. Dans son édition de samedi, Le Figaro affirme que l'Unedic pourrait éditer cet été, à court terme, des billets de trésorerie pour un montant de 3 milliards d'euros, puis lever à l'automne, auprès des marchés, une première tranche de 3 milliards, remboursable sur cinq ou sept ans. Ce qui signifie que les frais de fonctionnement de l'Unedic seront bel et bien payés par les travailleurs de l'après crise !
Le Président de cette belle institution a confirmé que les montants étaient de cet ordre-là. Rappelant qu'il y avait déjà... 5 milliards de dettes financées par des billets de trésorerie, l'Unedic va donc simplement demander une autorisation supplémentaire, jusqu'à 3 milliards supplémentaires.
Le patronat a souligné la dégradation des comptes du régime, qui devra réemprunter de l'argent pour couvrir son déficit cumulé, vendredi lors du conseil d'administration. Ce déficit, qui pourrait atteindre 18 milliards d'euros en 2013, ne commencerait à se résorber qu'en 2014, selon des documents remis aux partenaires sociaux. Si ce n'est pas un emprunt totalement bidon, ne reposant que sur des supputations de reprise, c'est à ne rien comprendre aux méthodes de gestion, qui ne reposent que sur un principe clair : transférer les « mauvais » déficits sur les organismes ou les collectivités, et leur laisser le soin de faire payer l'addition finale au Peuple. On a encore une fois joué sur l'approximation, dans une société où... plus personne ne débat ou n'analyse des messages hypnotiseurs.
Erdf aura raflé 3 milliards, l'Unedic 3 autres, et l'Etat certainement... 100 ! Demain ce sera au tour des caisses de retraite. Mais on trouvera les moyens de juguler ces prises de risques: taper sur les bénéficiaires, en réduisant tous les effets positifs pour ces derniers, de manière à ne pas diminuer les profits de celles et ceux qui exploitent le système.

500 000 EUROS PARTIS
L'événement essentiel de la semaine écoulée aura donc été « l'emprunt », dont l'annonce devant le Congrès aura coûté environ 500 000 euros. Nicolas Sarkozy n'a rien vu d'autre, n'a pas entendu les reproches, et se contente de constater que, ce matin, le JDD lui donne 3 points supplémentaires de popularité. Il a livré une bouillie idéologique inédite, qui a troublé jusque dans les rangs de l'UMP : il a d'abord appelé de ses vœux la constitution d'un nouveau modèle français, qui mêlerait productivisme, consommation, investissement et écologie. Quelqu'un se souvient-il de la campagne présidentielle de 2007 ? Sarkozy promettait de casser ce modèle vieillissant qui décourageait le travail. On allait jusqu'à la « rupture ». Or en 2009, il fait le grand écart, au risque de  froisser ses adducteurs, patiemment entretenus en compagnie de Michel Drucker sur son vélo, ou dans des footings de vacances. Il faudrait travailler plus, dépenser plus, consommer davantage, et préserver la planète. Il invoque le "génie français", récuse la laïcité positive et la discrimination positive, attaque la polémique du moment, dénonce "la loi du plus fort ou celle du plus malin", et découvre que la situation carcérale est une "honte pour notre pays".
En fouillant un peu ses propos, on retrouve bien ses vieilles lubies libérales : pas question d'augmenter les impôts pour financer le déficit croissant des comptes publics ! Nicolas Sarkozy préfère autre chose : réduire ces « déficits structurels », ces « mauvaises » dépenses, les niches sociales, les « excès de bureaucratie ». Mais son logiciel idéologique vit à crédit, au jour le jour. Il veut cacher ses intentions de rupture, sous un emprunt à la dialectique radicale-socialiste des années 60.
Lundi, il a surtout annoncé le lancement d'un emprunt national, dont ni le montant ni l'usage réel ne sont définis. Avec cet emprunt, Sarkozy emprunte aux ménages ce qu'il ne peut plus et donc ne veut plus leur prendre en impôt. Chaque jour, les fonctionnaires du Trésor empruntent sur les marchés financiers, espérant que la crédibilité de l'Etat tient encore auprès des prêteurs du monde. En 2009, on rase encore gratis en Sarkofrance. Fallait-il dépenser 500 000 euros, mobiliser des centaines de policiers et des caméras de télévision, pour solliciter un nouveau crédit ? Depuis mai 2007, la dette publique a progressé de... 380 milliards d'euros. Question remboursement, on en parlera après 2012... Le Monarque veut gagner du temps : l'heure de vérité, fiscale et financière, est pour bientôt. Après sa réélection, il sera toujours temps de « purger » les déficits, et de plonger le pays dans une cure d'austérité, digne des plus grandes récessions.
Mais je déblogue...
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27 juin 2009 6 27 /06 /juin /2009 07:17
Il faudrait se désoler du système médiatique qui multiplie les approximations, les contre vérités, les articles de lèche majesté et une forme de réalisme en poudre aux yeux. C'est une énorme supercherie permanente, une trahison de la confiance entre téléspectateur, auditeur et lecteur, et les transmetteurs d'information. Chaque jour, j'aurais un exemple à donner, car après plus de 20 années passées dans le milieu, je pourrais écrire un manuel de la supercherie. Un cas parmi d'autres ? Il fut une époque où je travaillais comme modeste coordonnateur d'une rédaction, et l'un des journalistes me disait, chaque fois que je le pressais de me remettre le papier que je lui avais commandé : « veux-tu un vrai papier ou un papier de chic ? ». Il était spécialiste du papier de chic, qu'il écrivait avec talent à la terrasse d'un café, sans avoir quitté l'environnement immédiat du journal. C'étaient d'excellents papiers, vendeurs et superbement écrits, mais ils étaient bidonnés de la première à la dernière ligne... et pourtant, nous les avons publié sans sourciller ! J'ai maintes fois écrit des articles, à la place de gens « oublieux » ou « manquant singulièrement de sérénité ou de talent ». J'ai des centaines de fois rédigé des compte-rendus de rencontres sportives sans aller sur le stade où elles se déroulaient... Mais peu importe, l'essentiel était que le lecteur soit heureux ! Tous les directeurs des rédactions, tous les donneurs de leçons, tous les « je-sais-tout » du journalisme, prétendront que c'est inexact, alors que je possède des dizaines de preuves de cette triste réalité.
Il arrive même qu'ils se laissent prendre au jeu pervers de cette manipulation de l'information. Le bidonnage est constant et de splendides reportages sont rédigés dans la chambre d'un hôtel 4 étoiles ! Hier a éclaté un mini scandale qui ne révoltera personne, mais qui pourtant démontre amplement la déviance d'un système de moins en moins fiable et surtout, souvent inféodé à des considérations uniquement économiques. Deux étudiants aux Arts Déco de Strasbourg ont trompé Paris Match, qui leur a remis un prix pour un photo reportage sur la précarité étudiante, qui s'est révélé être totalement faux, conduisant le magazine à leur retirer le trophée. Ces jeunes devraient être récompensés pour leur talent, et plus encore pour leur action citoyenne.
Intitulé "Etudiants. Tendance Précaire", le reportage  - quatre photos en noir et blanc publiées dans l'édition du 25 juin de Paris Match - a été réalisé par deux étudiants à l'Ecole supérieure des arts décoratifs de Strasbourg. Tous deux ont démontré de manière claire, indiscutable, cohérente que les magazines peuvent avaler n'importe quelle nourriture médiatique, pourvu qu'elle soit « sensationnelle » et bien montée ! Accompagnés de légendes musclées du genre « Pour pouvoir étudier le jour, je me sers de mon cul la nuit », les clichés sont supposés dévoiler différents aspects de la précarité en milieu étudiant (une étudiante obligée de se prostituer, un autre de vivre dans un squat...). Or, la précarité existe. Elles est connue, dénoncée politiquement, mais jamais... reprise par « Paris Match Pravda » !

RECOMPENSES AVEC PLAISIR
Mercredi, ils ont reçu le Grand Prix Paris Match du Photo reportage Etudiant 2009, dans les locaux de la prestigieuse Sorbonne, à Paris. Avec, à la clé, un chèque de 5.000 euros et la publication du travail dans l'hebdomadaire. Un pactole qui les dédommageait de leurs mises en scène, car le reportage est bidonné de A à Z. Les personnages photographiés sont des amis des étudiants... qui se sont eux-mêmes mis en scène sur certains clichés. C'est courant, très courant dans les reportages télévisés, où l'on « commande » des témoins figurants, adaptés au public.
C'est régulier dans la presse écrite, où on ne rectifie jamais des erreurs manifestes pour ne pas accentuer une véritable perte de crédibilité ! Et ce sont les lauréats eux-mêmes qui ont dévoilé la supercherie lors de la remise des prix. Ils ont alors lu un texte, dans lequel ils décrivent leur "démarche artistique" comme une « tentative de remise en question » des « rouages d'un discours médiatique qui a pour ingrédients la complaisance et le voyeurisme dans la représentation de la détresse ». La misère, c'est vendeur comme l'est le luxe. Les membres du jury ont alors « un peu blêmi, mais nous ont quand même remis le chèque en nous disant bravo", rapporte l'un des auteurs de la supercherie.
"On avait exagéré les photos, on avait écrit les légendes à la première personne pour bien faire larmoyer", poursuit-il. "On pensait que ça serait trop, mais ils ont quand même aimé", s'amuse-t-il. « On s'est dit que ça serait une bonne occasion de dévoiler les mécanismes d'une certaine presse qui ne vérifie pas ses sources et privilégie l'information sensationnaliste et racoleuse », poursuit le jeune homme.
Dans un communiqué diffusé jeudi, Paris Match estime, pour sa part, que cette « mise en scène photographique (...) éloigne (les étudiants) du règlement du Grand Prix Paris Match du Photoreportage Etudiant (...) et de la philosophie que défend le magazine depuis 60 ans ». L'hebdomadaire a décidé d'annuler le trophée dans cette catégorie, mais a maintenu la bourse de 5.000 euros à l'ESAD pour participer « aux soutiens nécessaires en faveur de ceux dont ils ont voulu raconter la vie ». Une manière élégante de confirmer que tout réside dans le fait de « raconter » mais pas nécessairement dans la véracité du contenu. Ce sera vite oublié, et la semaine prochaine, on vous montrera la vie cachée de Michael Jackson, dans un numéro spécial, avec photos volées, et affirmations sur sa sexualité bien croustillantes ! Ainsi va la véritable information !

DIRE LE VRAI ?
Claude Soula, excellent journaliste du Nouvel Observateur, sur son blog, résume parfaitement la situation dans une superbe chronique, dont voici l'essentiel. D'abord, c'est une banalité atroce : pour s'amuser ainsi, il faut qu'ils (NDLR : les deux étudiants) n'aient pas une haute idée de l'information, ni de la crédibilité, en général, des journalistes. C'est le cas de tous les sondages qui minent un peu plus cette crédibilité. Est-ce le but recherché ? Pas forcément, puisque leur discours est de démontrer que le faux - quand on le met en scène - est plus vrai que le réel.
C'est le but de l'art, mais pas celui du journalisme. Mais n'empêche que ce sont des journalistes qui ont jugé cette supercherie comme crédible. D'abord, parce que l'essence même du journaliste est de dire le vrai, est non pas le faux. Même et surtout quand le « vrai » est moins spectaculaire que le faux. Car le vrai, c'est la banalité, c'est la vie de tous les jours, c'est parfois l'ennui. Le vrai, ce n'est pas des étudiants qui se prostituent, fouillent dans les poubelles pour se nourrir. Cela existe ? Peut-être, mais c'est si exceptionnel que cela ne veut rien dire sur la réalité de leur vie, en général. Leur vie, c'est plutôt des locaux délabrés, des perspectives de job compliquées, des profs pas assez nombreux. Et c'est pour cela que le reportage bidonné nous pose aussi des questions sur notre pratique : il s'appuie sur de vrais clichés journalistiques.
Les journalistes ne parlent pas des étudiants moyens, ils ont trop peu parlé de la grève des derniers mois, mais ils ont beaucoup parlé des étudiants hors normes, ceux qui flattent notre voyeurisme. On a donc eu droit à de nombreuses étudiantes contraintes à la prostitution. C'était vendeur. Des étudiantes inquiètes du fait de la réforme des universités,  c'était banal et... politique ! On se doute pourtant bien que ce phénomène est très répandu, qu'il est sûrement gonflé, qu'il est plus éloigné du fantasme que de la réalité. Mais pourtant, c'est cette vision-là que « Paris Match » ou « VSD » ont mis en avant depuis un an, et c'est cela que leur renvoie les étudiants, comme un boomerang. Il n'y a aucune différence entre leur mise en scène, et les soit-disant vraies photos publiées dans Match, et tous les journaux people qui se mettent à faire de la politique.
C'est un des paradoxes du journalisme actuel : il ne peut pas parler de la réalité « banale », par peur de perdre des lecteurs, de les ennuyer. Si nous allons vers le spectacle, nous attirons le regard, mais les lecteurs nous le reprochent, parce qu'ils savent que nous jouons sur leurs bas instincts. Et ce n'est pas cette mésaventure qui va freiner le mouvement, malheureusement, mais elle aura contribué à creuser un peu plus la tombe du journalisme à la française.

UN ORDRE A CREER
Quelques journalistes en appellent à la création d'une « haute autorité », qui « en se fondant sur une charte, veillerait à ce que les journalistes n'acceptent pas de décorations du pouvoir » et « ne touchent pas d'argent dans un service public ou une entreprise privée où leur qualité de journaliste, leur influence, leurs relations, sont susceptibles d'être exploitées ». C'est, en effet, l'un des principes de la charte des journalistes français de 1938, affinée en 1970. La « haute autorité » serait également chargée de revoir de fond en comble les critères d'attribution de la carte de presse. « À quoi cela rime-t-il de donner la carte de presse aux personnes qui écrivent dans la presse de loisir ? Elle devrait être réservée aux journalistes de la presse d'actualité » affirme une proposition.
Une autre vise à réglementer l'accès des industriels à la propriété d'un organe de presse « en l'interdisant à ceux dont une part significative du chiffre d'affaires provient de commandes de l'État ou d'entreprises dépendant de l'État ». La création d'un « ordre des journalistes » a toujours été rejetée par la profession. Qui devrait y siéger ? De quel droit un confrère jugerait un autre confrère ? Deux questions épineuses sur lesquelles certains journalistes, « sans dieu ni maître », ont toujours buté. En outre, rien ne garantit que les petites manigances habituelles au sein de ce genre d'instance ne se perpétuent, ajoutant aux plaies du métier la tartufferie de ceux qui sont censés donner l'exemple.
Quant à l'idée d'écarter les industriels vivant des commandes publiques du monde des médias, ce fut une idée que la gauche n'a jamais osé appliquer quand elle fut au pouvoir. Cette décision, si d'aventure elle était un jour prise, écarterait d'un seul coup les groupes Lagardère ( Elle , Paris Match , le JDD , Europe 1, etc.), Bouygues (TF1), Dassault ( Le Figaro, où quatre membres de la famille sont désormais au conseil d'administration ) de la sphère médiatique...
Et si l'indépendance et la qualité des journalistes étaient avant tout l'affaire de chacun ? Un choix quasi animal : devenir vertébré ou rester reptilien. Plus facile à dire qu'à faire. Surtout par les temps qui courent. Merci à ces deux étudiants d'avoir rappelé que seul le doute, toujours le doute, conduit à des parcelles de vérité. Car, avec eux, l'information bidonnée devient une bien triste réalité.
Mais je déblogue...
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26 juin 2009 5 26 /06 /juin /2009 07:17
Les paradis fiscaux sont devenus les bêtes noires de Nicolas Sarkozy, dont la plupart des amis bien placés sont, soyez-en certains, totalement d'accord avec lui. Devant le Parlement européen, il s'en était vivement pris au paradis fiscaux en Europe, et en particulier au Luxembourg de son ex-ami Jean-Claude Juncker. "Je compte sur le soutien du Luxembourg pour que l'architecture financière soit profondément repensée, à l'extérieur de notre continent et à l'intérieur de notre continent - les deux", avait-il déclaré. Avant d'ajouter "on ne peut pas se battre à l'extérieur de notre continent contre certaines pratiques et les tolérer sur notre continent, c'est tout". Oui, mais quid de Monaco? Pourquoi Nicolas Sarkozy n'a-t-il rien dit de cette Principauté, certes indépendante sur le papier mais, de fait, totalement contrôlée par la France ?
Pourquoi n'a-t-il pas dit que Monaco, dont le ministre d'Etat (c'est-à-dire le Premier ministre) est français, faisait partie des trois derniers Etats figurant sur la liste noire de l'OCDE sur les paradis fiscaux ?
Pourquoi n'a-t-il pas dit que les soixante dix banques présentes sur le Rocher dépendaient de la Commission bancaire française ? Le saviez-vous ? Certaines banques monégasques attirent justement leurs clients étrangers en leur vantant les mérites de leur liens avec... la France. Le slogan de l'une d'entre elle est par exemple : "Les avantages du système français, sans les inconvénients". Autrement dit, la position de Nicolas Sarkozy serait plus forte et plus crédible si Paris ne couvrait pas les activités opaques de certains établissements financiers monégasques.
Rappelons que l'article premier du traité d'amitié entre la France et Monaco, entré en vigueur en 2005, et qui scelle "une communauté de destin", stipule que: "La Principauté s'engage à ce que les actions qu'elle conduit dans l'exercice de sa souveraineté s'accordent avec les intérêts fondamentaux de la République française dans les domaines politique, économique, de sécurité et de défense."  Ce lien économique a été oublié par le Co-Prince d'Andorre, lieu hautement symbolique des dépôts clandestins entre la France et l'Espagne. On y achète des lingots, que l'on laisse au chaud dans un coffre : c'est moins sophistiqué mais aussi rentable ! La Commission européenne vient pourtant de donner l'exemple. Chiche pour le nouveau gouvernement : qu'il suive cette voie extrêmement concrète.

LES PRINCES DU LUXEMBOURG
Le Luxembourg sera en effet traduit devant la Cour européenne de justice (CEJ) pour application incorrecte de certaines dispositions de la législation sur la fiscalité de l'épargne, a décidé hier la Commission européenne.
En novembre 2008, Bruxelles avait adressé au Luxembourg un « avis motivé », deuxième étape de la procédure d'infraction européenne. La Commission demandait une modification des éléments de la législation du Grand Duché qui permettent notamment à des Britanniques d'échapper à toute taxation de leurs capitaux investis dans ce pays. Mais « le Luxembourg n'ayant pas modifié sa législation de manière à se conformer à l'avis motivé transmis par la Commission en novembre 2008, la Commission a décidé de saisir la Cour européenne de justice », indique-t-elle dans un communiqué.
La directive européenne sur la fiscalité de l'épargne prévoit un échange d'informations entre pays de l'UE sur les revenus de l'épargne des non résidents. Les Etats qui ne veulent pas y participer (Luxembourg, Belgique et Autriche, pratiquant le secret bancaire) sont autorisés, à la place, à taxer à la source les intérêts tirés de l'épargne placée chez eux. Mais, selon la Commission, le Luxembourg exonère de manière abusive la retenue à la source dans certains cas. Ainsi, certaines personnes peuvent être exonérées de retenue à la source si elles bénéficient du statut de "résident non domicilié" dans leur pays de résidence. C'est-à-dire si elles ne sont pas taxées dans leur Etat de résidence fiscale, ou si elles bénéficient d'une législation, existant en Irlande ou au Royaume-Uni, qui leur permet de ne pas être taxées, dès lors que le patrimoine concerné reste investi à l'étranger.
L'exonération accordée par le Luxembourg permet donc à des grosses fortunes anglaises, irlandaises ou encore maltaises, d'échapper à la retenue à la source, sans que l'Etat de résidence en soit informé. Placé sur la liste "grise" des paradis fiscaux, publiée début avril par l'OCDE, le Luxembourg est régulièrement critiqué pour sa pratique du secret bancaire. Le pays a signé récemment des accords permettant la levée du secret dans les échanges d'informations fiscales avec plusieurs pays, dont la France... il est certain que la même démarche sera faite avec Monaco et Andorre ! D'autant que le Président de la République a déjà oublié ses déclarations fracassantes, et que rien n'a véritablement évolué !

BRAS D'HONNEUR SUISSE
Il avait pourtant été menaçant, notre chevalier blanc de la fraude fiscale. Nicolas Sarkozy, qui parlait à la presse, à l'issue d'un sommet européen sur la crise économique, avait répondu sur le placement de la Suisse sur la liste des mauvais élèves : « en l'état actuel des choses et sur la base de l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économique), la réponse est plutôt oui ». Toutefois, il avait estimé que l'issue était encore ouverte. « Ca dépend de ses réponses !», avait dit le chef de l'Etat français, à l'intention de la Suisse.
En octobre 2008, lors d'une réunion des pays membres à Paris, l'Allemagne avait demandé l'inscription de la Suisse sur la liste noire de l'OCDE, car « elle proposait des conditions de placement qui incitaient certains contribuables allemands à pratiquer l'évasion fiscale ». Les pays de l'OCDE avaient demandé à l'organisation de réactualiser d'ici à mi-2009 sa liste. Vidée de sa substance au fil des années, elle ne comptait plus actuellement qu'Andorre, Monaco et le Liechtenstein. Le Bayard de la fuite des capitaux occultes n'y était pas allé avec le dos de la cuillère : « J'ai dit qu'il n'était pas admissible qu'on garde des paradis fiscaux, c'est-à-dire des places financières qui ne déclarent pas l'origine de l'argent et la direction de l'argent (...) qui ne disent pas d'où vient l'argent et où il va ! » Ce fut efficace. La preuve en est venue hier.
Le Président de la Confédération suisse, Hans-Rudolf Merz, qui est également le ministre des Finances, a estimé que le secret bancaire était toujours préservé en Suisse : « en ce qui concerne le secret bancaire en lui-même, rien n'a changé par rapport au passé, rien ne sera assoupli. Il y a juste une collaboration internationale plus étroite », estime le président, bien que la Confédération eût récemment été contrainte de se plier aux normes édictées par l'OCDE.
Pressé par les pays du G20, Berne compte ratifier d'ici la fin de l'année une douzaine d'accords de double imposition pour se mettre en conformité avec les normes de l'OCDE en matière de transparence et d'échange d'informations fiscales, et être ainsi rayée de la liste à la triste mine grise ! Au total, 23 pays ont annoncé leur intention de renégocier les accords de double imposition avec la Confédération. Six Etats ont jusqu'à présent ratifié un tel accord : les Etats-Unis, le Danemark, la Norvège, la France, le Mexique et un pays qui n'a pas été identifié par les autorités suisses.
L'influente Association suisse des banquiers (ASB) a nommé à sa tête le banquier privé Patrick Odier, qui a prévenu qu'il agirait pour « assurer une protection durable » du secret bancaire. C'est clair : rien ne changera véritablement et toutes les magouilles financières se poursuivront allègrement.

OU EST PASSEE LA LISTE ?
Autre rappel des effets d'annonce jamais suivis d'effets. Qui étaient par exemple les 200 contribuables français détenteurs de comptes bancaires LGT, au Liechtenstein ? Au début de l'année, le ministère des Comptes publics, à Bercy, avait reçu une liste, non pas en provenance d'Allemagne, mais du Royaume-Uni, lequel avait lui-même été alerté par Berlin auparavant. Si " aucune personnalité en vue " n'y figurait, selon une source proche du dossier, le portrait-robot des personnes concernées se précisait. Cadres expatriés, dirigeants ayant réalisé des transactions avec des partenaires étrangers : " Des postes clefs dans des grands groupes présents à l'international sont forcément dans le collimateur du fisc ", estimait un expert fiscal. Il n'était évidemment pas interdit de posséder un compte à l'étranger. Encore fallait-il que ce compte soit déclaré à l'administration française, dès son ouverture, et que les revenus qui l'alimentaient le soient également, chaque année : salaires, dons, héritages... Malgré toutes ces précautions, les sommes en question pouvaient être interdites de rapatriement en France pour cause de soupçon de blanchiment. Dans ce cas, c'est Tracfin, la cellule de Bercy en charge de ce sujet, qui devait prendre le relais des impôts pour enquêter, en cas d'identification. Les intéressés se croyaient protégés. Ils risquaient pourtant d'avoir une mauvaise surprise.
D'abord parce que le délai de prescription de trois ans habituellement évoqué en matière fiscale restait très relatif. Dans les faits, le fisc pouvait, en effet, remonter plus loin dans le passé, pour engager un redressement sur des périodes où le contribuable n'était pas résident en France. Autre idée reçue : la durée d'absence de l'Hexagone, au-delà de laquelle un Français est considéré comme non résident. " Il est complètement faux de croire qu'à partir de 183 jours par an, on n'est plus redevable de l'impôt dans son pays d'origine ", affirmait un avocat.
Le Syndicat national unifié des impôts (SNUI) avait aussitôt dénoncé le maintien de règles fiscales nationales au sein de l'Europe. " En France, sur un total de 52.292 contrôles fiscaux effectués en 2007, moins de 9 % portaient sur des redressements effectués à l'international",  déplorait-il. En 1983, une affaire du même ordre concernant des comptes établis auprès de l'Union des banques suisses avait été révélée. Elle avait donné lieu à de nombreuses poursuites. A l'époque, le fisc avait acheté le listing, qui contenait 5.000 noms... Mais en  1983, tout le monde voulait fuir le socialisme triomphant. Les temps ont bien changé, car désormais, les plus riches peuvent se réfugier derrière le bouclier fiscal. Ce n'est plus la double peine : c'est le paradis !
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25 juin 2009 4 25 /06 /juin /2009 07:17
Empruntez... il en restera toujours quelque chose ! S'il s'agit d'investissements en dur et durable, il y aura un amortissement possible et donc une véritable signification pour celles et ceux qui acquittent le remboursement de la dette. Par contre, lorsqu'il faut avoir recours au crédit pour financer des actions, des dépenses de fonctionnement, des dépenses courantes, la situation devient plus grave. Nicolas Sarkozy a parfaitement joué sur les mots (une fois encore) en présentant comme « investissements » les programmes destinés à la recherche, à l'éducation, lesquels ne se traduisent pas par des constructions, qui, dans ces domaines, sont à la charge des collectivités locales. Combien l'Etat doit-il ou peut-il emprunter auprès du public ? Pour lutter contre la crise, soutenir les banques, l'automobile, la consommation, le gouvernement a déjà consacré 80 milliards d'euros.
La quasi-totalité de ce montant a été financée par de l'endettement. Le nouvel emprunt servirait donc à des mesures complémentaires, de "priorité nationale", a expliqué le chef de l'Etat. Henri Guaino, conseiller spécial à l'Elysée rêvait que soit annoncé le montant colossal de 80 milliards à 100 milliards "de vrai argent", mais il a été stoppé par les conseillers économiques de l'Elysée, Matignon et Bercy, qui refusent toute estimation et veulent recourir à d'autres financements que l'emprunt... mais c'est improbable, car le non recours à l'impôt bouche l'horizon ! Pour financer ses déficits, l'Etat fait déjà appel à des investisseurs professionnels. Il emprunte sur le marché, en émettant des obligations à deux, cinq, dix ou trente ans. Aujourd'hui, 1 074 milliards d'euros de dette de l'Etat français circulent sur le marché, dont 65 % sont détenus par des investisseurs étrangers (fonds de pension, compagnies d'assurance, fonds souverains...). Pour l'heure, l'Etat n'a aucun mal à trouver des acheteurs pour ses titres de dette. Mais compte tenu de l'ampleur des plans de relance, en France, en Europe ou aux Etats-Unis, le marché de la dette publique pourrait se saturer.
En faisant appel aux particuliers, l'Etat diversifierait ses sources. Faire appel au public nécessite un renfort de publicité, forcément coûteux.

QUI A DES FONDS
L'Etat devra également s'appuyer sur le réseau des banques qu'il renfloue pour commercialiser ce nouveau placement. Elles seront rémunérées d'une commission, estimée au minimum à 1 %, peut-être à 2 % du montant de l'emprunt, soit plus de 800 millions pour un emprunt de 80 milliards d'euros. Pour garantir le succès de l'opération, qui se veut aussi "un référendum populaire de la politique économique du gouvernement", estime l'économiste Jacques Mistral, l'Etat devra proposer des conditions avantageuses. Supérieures par exemple à celle du Livret A (1,75 %), sans toutefois coûter trop cher à l'Etat. Les experts estiment qu'un taux autour de 4 % sur dix ans serait assez attractif. L'Etat pourrait aussi, à l'instar de l'emprunt Balladur, proposer des mesures de défiscalisation, plébiscitées en France. Ira-t-il, comme le suggère Bernard Accoyer, jusqu'à inciter le rapatriement des capitaux de Suisse ou du Luxembourg ? La possible impopularité d'une telle mesure pourrait l'en dissuader. Emprunts russes ou argentins mis à part, prêter à un Etat comporte peu de risques, un pays ayant peu de chances de faire faillite... même si la France est considérablement endettée et de plus en plus insolvable.
L'épargne peut toutefois être rongée par l'inflation, à moins que le rendement du futur emprunt ne soit indexé sur la hausse des prix, comme certains l'envisagent, afin d'éviter "de laminer les petits épargnants". De fait, "la menace d'inflation plane sur les dix ou quinze prochaines années", et lancer un emprunt populaire serait une "fuite en avant vers l'endettement".
En s'adressant au public, l'Etat paiera plus cher que s'il s'adresse à des institutionnels. Mais avec la baisse des taux, consécutive à celle des taux de la Banque centrale européenne, les conditions de financement sont favorables aux emprunteurs. "C'est le moment d'en profiter", rapporte un proche du dossier. L'emprunt vise à doper la croissance. Mais à court terme, il peut inciter les Français à épargner plutôt qu'à consommer, ce qui gripperait l'économie et irait à l'encontre du plan de relance. Toutefois, explique ce dernier, du fait de la crise, les Français sont de toute façon incités à constituer une épargne de précaution. L'emprunt détournerait donc, plutôt à son avantage, d'autres placements, Livret A, assurance-vie, etc...

SEGUIN SE FACHE
A circonstances exceptionnelles, il peut y avoir "des réponses exceptionnelles", qui entraînent une augmentation du déficit et de la dette, a estimé Christian Seguin, Président de la cour des Comptes, à propos de l'emprunt Sarkozy. Mais, a-t-il ajouté, ces réponses doivent être "circonscrites, provisoires et directement liées à la crise" et elles ne dispensent pas d'un effort continu de maîtrise de la dépense. Le premier président a dit craindre que la crise ne crée "un climat propice à un relâchement de l'effort" et juge indispensable de lutter "de front" contre le déficit de crise et le déficit structurel (celui, a-t-il dit, qui est corrigé des variations conjoncturelles). La dégradation des comptes publics expose la France, selon la Cour, à quatre risques : "Un risque économique" sous la forme d'une remontée du taux d'épargne des ménages, préjudiciable à la consommation et à la croissance ; le risque de "l'appauvrissement de l'Etat", et son corollaire pour les citoyens (moins de services et moins de protection sociale) ; celui d'"un emballement de la dette" et, partant, d'une possible "remise en question de la crédibilité de la signature de la France". "A répéter que les caisses sont vides, il ne faudrait pas accréditer l'idée - paradoxale - qu'elles sont inépuisables", a relevé M. Séguin taclant au passage, sans le nommer, le premier ministre François Fillon, dont il a été le mentor en politique. "Il n'y aura peut-être pas de faillite mais il semble qu'on néglige les conséquences concrètes et inévitables de la dérive des finances publiques sur la vie quotidienne des Français. Car plus on attend, plus il faudra payer", a-t-il assuré.
En 2008, la dette publique a augmenté de 118 milliards d'euros et atteint 1 327 milliards, soit 47 400 euros par actif. Sur cette dette, a précisé ce bon Séguin, la France doit payer "des intérêts colossaux" : plus de 54 milliards, c'est-à-dire plus que le produit de l'impôt sur le revenu et plus de 2 000 euros par an et par personne ayant un emploi. "On a atteint un tel niveau de déficit structurel et d'endettement, qu'une faible aggravation du déficit (liée par exemple, aux dépenses de vieillissement) pourrait provoquer un emballement exponentiel de la dette", a indiqué le président de la cour des Comptes, qui épingle à tout va les élus qui empruntent trop pour investir.
Face à cette situation, il n'y a pas d'autres voies, selon lui, que "la réduction des dépenses et/ou l'augmentation des prélèvements obligatoires (en commençant par la réduction des niches sociales et fiscales)". La Cour évalue à quelque 70 milliards d'euros les économies nécessaires pour ramener les finances publiques à l'équilibre. Pour Christian Séguin, qui juge "trompeuse"  l'idée que "la France s'en tirerait mieux" que ses voisins, "les lendemains risquent d'y être pire qu'ailleurs". La France, note-t-il, a un déficit structurel élevé, elle est le quatrième Etat le plus endetté de la zone euro, et ses dépenses publiques (plus de 52 % du PIB) sont supérieures de 9 points à celles de l'Allemagne.

COMMENT REMBOURSER ?
Personne ne s'est inquiété sur cette utilisation de la carte bleue « revolving » qui a tué tant de ménages, et qui finira par tuer l'Etat républicain. La France ne renouera pas en effet avec les critères européens de déficit et de dette publics en 2012, en raison de la crise, mais l'inflation ne saurait constituer une issue, prévient le ministre du Budget, Eric Woerth. L'inflation n'est pas une solution valable pour assainir les finances publiques car cela « remettrait en cause les fondements même de la construction européenne, de l'euro, du couple franco-allemand », a-t-il déclaré devant la commission des finances de l'Assemblée, en présentant les nouvelles prévisions.
Le gouvernement prévoit désormais que le déficit public atteindra 5 à 5,5% du PIB en 2012, puis 6 à 6,5% en 2011 et 7 à 7,5% en 2009 et 2010. En 2008, il avait été de 3,4%. Qui dit mieux dans les semaines à venir ! La dette publique passera de 68,1% du PIB en 2008 à 77% en 2009, 83% en 2010, 86% en 2011 et 88% en 2012, lit-on dans le document préparatoire au débat d'orientation budgétaire présenté hier à la commission des finances.
Le pacte de stabilité et de croissance européen fixe comme limite 3% de déficit et 60% de dette, critères que la France s'était engagée à respecter au plus tard en 2012... « Le retour à trois points de PIB de déficit en 2012, dans la mesure des informations qui sont disponibles actuellement, n'est pas atteignable sans un rebond extrêmement fort de la croissance, qui ne peut être exclu, mais qu'on ne peut prendre comme référence dans un débat d'orientation budgétaire », a dit Eric Woerth, dans le texte de son allocution ...mais il ne l'a apparemment pas dit à Nicolas Sarkozy ! Les prévisions du gouvernement restent plus optimistes que celles annoncées hier par l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), selon qui la dette de la France atteindra 86% du PIB l'an prochain et le déficit 7,9%.
Les nouvelles prévisions du gouvernement tiennent compte de la révision de la prévision de croissance du PIB cette année, qui a été ramenée de -1,5% à -3%, et du repli des recettes de l'Etat lié au ralentissement général de l'économie. Les recettes de l'impôt sur les sociétés passeraient ainsi de 50 milliards en 2008 à 20 ou 25 milliards cette année, a-t-il ajouté. Le déficit de l'Etat atteindrait 110 à 115 milliards d'euros cette année en comptabilité "maastrichtienne", et 125 à 130 milliards en comptabilité budgétaire. Allez, ce n'est pas grave : l'Etat ne risque pas de succomber à une crise des subprimes !
Mais je déblogue...
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24 juin 2009 3 24 /06 /juin /2009 07:17
En écoutant, pour peu qu'ils en aient eu le temps, le Président d'une République qui se veut exemplaire dans sa gestion, bon nombre d'élus locaux ont dû avoir un zeste d'étonnement. Eux qui sont parfois stigmatisés par la Cour Régionale des Comptes, qui sont jetés en pâture aux médias lors de comparaisons hâtives, et souvent mis à l'index par les médias qui établissent des classements comparatifs plus ou moins fiables en raison de leur ratios d'endettement, ont du être interloqués par les propos présidentiels.
Ils viennent de découvrir qu'une bonne gestion passe  justement par les emprunts pour assurer l'avenir. Comprenne qui pourra : les collectivités locales doivent conforter leur autofinancement, et elles sont montrées du doigt dès qu'il a un « trou » dans leurs recettes, en raison du désengagement de l'Etat, alors que la Président vient de prôner exactement le contraire, accentuant de manière exponentielle le déficit du pays ! Drôle de discours que celui qui consiste à annoncer avec assurance et bagout que le fait d'avoir recours aux banques pour financer autre chose que de l'investissement constitue un mode de gestion rigoureux !
« Que nous propose le président? Emprunter plus, pour dépenser plus et demain, payer plus d'impôts pour rembourser », lance le président socialiste de la commission des Finances de l'Assemblée nationale, Didier Migaud. Tandis que pour François Hollande, « Nicolas Sarkozy a été pris en flagrant délit de faiblesse. Un emprunt n'est pas une solution, c'est un expédient ». De quoi ébahir les élus locaux, qui tentent de diminuer leurs frais de fonctionnement et d'améliorer leurs recettes, afin de ne jamais déraper dans le fonctionnement.
Nicolas Sarkozy a appelé, du haut de la tribune du Congrès, face à une parterre de Présidents de Conseils régionaux, de Conseils généraux, de maires, à une concertation de trois mois, de juillet à septembre, pour définir des « priorités nationales », qui seront financées par un emprunt national, souscrit auprès du grand public ou sur les marchés financiers. Bien évidemment, les membres de la majorité soutiennent le projet du président,  alors que, sur le terrain, quand ils sont dans l'opposition ils accablent les majorités locales qui empruntent pour investir. « Qu'il s'agisse des ménages, des entreprises ou de l'Etat, lorsqu'on investit dans l'avenir (sic), de manière durable, on finance par la dette, c'est classique », a justifié Christine Lagarde. Ces investissements, qui  se traduiront majoritairement par du fonctionnement, « permettront à la France de garder son rang », a fait valoir la ministre de l'Economie. Au sujet des priorités, la ministre a évoqué des investissements « dont la rentabilité à court terme n'est pas évidente », citant notamment « l'économie de la connaissance, l'investissement dans le réseau numérique, l'infrastructure de manière générale ».
Si « la dette qui finance les dépenses de fonctionnement, ce n'est pas de la bonne dette », selon Christine Lagarde (c'est ce que Bercy fait chaque jour), « la dette qui finance les dépenses d'investissement » (mais on ne voit pas lesquelles dans sa première liste), qui augmente les actifs de la France, peut être qualifiée, selon elle, d'utile. La nuance est extrêmement faible... mais comme on ne conteste pas la parole présidentielle, on se contentera de continuer à payer cette gestion étatique erratique, alors que l'on  tapera à bras raccourcis sur les régions, les départements, les mairies et les intercommunalités, réputées dépensières et surendettées, avec des ratios par habitant fallacieux.

QUELS INVESTISSEMENTS ?
Didier Migaud souligne pourtant qu'entre le deuxième trimestre 2007 et la fin de l'année 2009, selon les prévisions de la Commission européenne, la dette publique française aura déjà augmenté de... 380 milliards d'euros, ce qui représente environ 15 milliards de charges annuelles de la dette supplémentaires. En fait, comme il n'y a plus aucun autofinancement possible en raison des exonérations accordées, des dettes accumulées par l'Etat très mauvais payeur, de la faiblesse terrible des rentrées fiscales, du refus de pratiquer une contribution équitable à l'effort financier indispensable, on va simplement reporter la facture après 2012. C'est encore un effet d'annonce qui s'appuie sur l'absence d'éducation citoyenne des femmes et des hommes, eux-mêmes préoccupés par la manière dont ils vont faire face... à leur propre endettement.
Avec un minimum d'honnêteté intellectuelle on ne peut que partager l'analyse de François Hollande, président de conseil général, qui affirme que « l'emprunt est le symbole même de sa politique, à la fois une technique de communication - grands emprunts des hommes politiques, pour laisser leur nom à la postérité, pas toujours dans le meilleur sens: Pinay, Giscard, Balladur - et comme une fuite par rapport à des choix qui ne sont pas faits, ou pire, des choix qui ont été faits » (voir le paquet fiscal). Le député du Nouveau Centre Charles de Courson a estimé pour sa part que « l'investissement est la seule légitimation » du grand emprunt national annoncé par Nicolas Sarkozy devant le Congrès. Ira-t-il, lui comme les autres, jusqu'à renoncer à sanctionner cette dérive, le jour où on lui demandera de voter le principe de l'emprunt !
« L'annonce d'un nouvel emprunt a quelque chose de surréaliste, parce que de l'emprunt on en fait tous les jours », a pour sa part estimé François Bayrou. On en est, il est vrai, à 140 milliards de déficit annuel annoncés par le ministre des Finances. Où sont les limites dans cette dérive qui semble ne plus avoir de frein ? « Quand on parle déficit il n'y a pas tant de différences entre les bons, les moyens et les mauvais déficits. Au bout du compte c'est toujours de la dette qu'il faudra qu'on paye » a expliqué le président du modem, dont le trésorier est entré dans ce gouvernement, pour donner des fonds à l'aménagement du territoire ! Mais par les temps qui courent, même les évidences ne sont pas entendues par des téléspectateurs, obnubilés par le sort de Rama Yade, de Rachida Dati, de Frédéric Mitterrand ou de ce pauvre Claude Allègre, qui va aller refroidir ses ambitions ministérielles après le plus beau gadin de l'année !

HARO SUR LES IMPOTS
Martine Aubry s'est déclarée pour sa part « convaincue » que l'emprunt est « essentiellement un moyen pour financer le déficit actuel ». C'est le principe même de la cavalerie, qui consiste à emprunter pour avoir les moyens de rembourser ce que l'on doit. C'est une vis sans fin. Quant à Laurent Fabius, il a ironisé sur celui qui est entré dans l'histoire pour avoir rétabli un droit inutilisé depuis napoléon III alors qu'en fait, il sera le responsable politique ayant creusé le plus extraordinaire déficit de la France, dans tous les postes de responsabilité qu'il a occupés. « On le pressentait déjà, lorsque M. Sarkozy était ministre du Budget, déjà il avait fait déraper le déficit comme jamais. Devenu président, cela recommence », a déploré l'ancien Premier ministre sur France 2. « Quand on dit emprunt, c'est une manière aimable de dire qu'on va encore aggraver le déficit » avec l'argent que l'on va aller chercher, avec de nouveaux avantages fiscaux, dans la poche de celles et ceux qui auront encore les moyens de confier leurs économies au « trou » républicain. En attendant, on va continuer l'entreprise de démolition du modèle social français qui, paraît-il, est envié par de nombreuses autres économies. C'est tout et le contraire de tout ! Laurent Fabius a enfin ajouté qu'il y avait un « troisième levier inévitable: celui de l'impôt », que le président refuse de regarder en face.
En effet, alors qu'il faudrait remettre à la une, dans cette terrible période de crise sociale, la solidarité, Nicolas Sarkozy s'efforce de démontrer qu'il est opposé à ce principe. Haro sur les impôts dont on oublie de rappeler qu'ils constituent le fondement de la République. Dramatique discours que celui qui explique aux Françaises et aux Français que l'école, les universités, la recherche, la santé, la justice, la sécurité... vont, conformément aux annonces présidentielles, devenir prioritaires, sans que celles et ceux qui le peuvent y contribuent sur le principe de la progressivité et de l'équité. Alors qu'il faudrait défendre, durant une période difficile, un « effort de guerre économique », il expliqué, devant des parlementaires qui hurleront quand on taillera dans les crédits de 2010 sur leurs territoires, que tout se ferait sans aucune solidarité. Absurde. Démagogue. Dangereux.

LA REPUBLIQUE BAFOUEE
La révolution avait modifié le cours de l'inégalité, radicalement. La suppression des privilèges d'ordre et de classe, ainsi que la suppression de la dîme et des droits féodaux contribuèrent à l'instauration de nouvelles bases de calcul dans l'application de l'exercice fiscal. Deux mesures notables : le calcul de la contribution foncière, ramené sur la base des revenus nets de la terre, et non plus sur la base des revenus bruts, permit aux gens de respirer un peu, de même que le calcul d'une taxe de capitation en fonction du train de vie du contribuable réduisit considérablement la contribution d'individus à revenus limités. Mais ce système, et toutes ses autres applications (patentes, impôt sur les activités commerciales; contribution des portes et fenêtres, impôt sur les ouvertures des maisons visibles de l'extérieur ; l'enregistrement et le timbre, les taxes sur tous les actes notariés...), n'était pas viable, à cause de nombreuses lacunes, - notamment la suppression des impôts indirects- très importantes pour l'alimentation du Trésor public.
Aujourd'hui, le système fiscal serait encore à repenser selon certains. Les revenus du travail sont toujours taxés à des niveaux élevés, tandis que la fiscalité sur les profits des entreprises se situe à des niveaux inférieurs à ceux qu'appliquent la plupart des pays voisins... Pour d'autres, le système fiscal actuel, sans être parfait, s'est largement amélioré au cours de l'histoire. Ses innovations, telles que l'impôt sur le revenu, l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF) ainsi que la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) constituent l'un des régimes fiscaux les plus satisfaisants d'un point de vue économique.
Mais quoi qu'en pensent les uns et les autres, on s'entend toutefois sur le fait que l'impôt, nécessaire à la structure sociale d'un pays, a bien sa raison d'être. Ceci étant dit, permettons-nous de râler encore un peu, histoire de s'offrir cette mince consolation thérapeutique ! L'emprunt ne changera pas d'un iota la réalité, car il faudra bien un jour ou l'autre, après 2012 payer l'ardoise, pour des effets d'annonce à crédit ! Nicolas Sarkozy a jeté l'opprobre sur les élus locaux. Non seulement il les a présentés comme des gaspilleurs, des trop payés, des laxistes, alors que tout au long de son discours du trône, il a expédié vers eux toutes les dépenses indispensables au quotidien. Il a refait le sketch de celui qui creuse un trou pour boucher celui qu'il a antérieurement creusé!
Mais je déblogue...

 

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23 juin 2009 2 23 /06 /juin /2009 07:17
Il arrive souvent que les montagnes médiatiques accouchent d'une souris sarkoziste. C'est la rançon de cette prétention à faire mousser tant et plus ce que le Président annonce. Il aura de plus en plus de mal à étonner, tellement il galvaude ses apparitions. En se faisant omniprésent, il finit par effacer tous ses effets et, dans le fond, tout ce qui était événement devient maintenant banal. C'est probablement, avec la communication d'hier, le début d'une appréciation différente de la stratégie sarkoziste. En voulant trop en faire en sacralisant son intervention devant un Congrès acquis à sa cause, il a été trop haut pour ne pas en subir les conséquences ultérieurement. On ne peut que tomber d'un trône, alors qu'il est aisé d'y monter quand on n'est entouré que de courtisans.
Hier, le Chef de l'Etat s'est « couronné » devant un parterre de représentants du peuple, encore gonflés par les 12 % de votes favorables que leur a accordé le scrutin des Européennes. Il a endossé le costume du Prince Président, avec la jubilation de celui à qui tout sourit et qui ne voit pas pourquoi ça ne continuerait pas, tellement ses adversaires patinent.
Il a donné l'impression de ces chefs cuisiniers qui savent seulement accommoder les restes. Il s'est gavé de mots, de formules ambiguës pouvant laisser accroire qu'il trahissait son propre camp pour lui proposer des doctrines de gauche : éducation, recherche, égalité, liberté, fraternité, service public, laïcité... rien n'a manqué, sauf que les mesures prises depuis des mois vont exactement dans le sens inverse de ces principes. Il a repris ses thèmes de campagne, en les adaptant simplement à l'évolution socio-économique, c'est-à-dire en tentant de démontrer que lui ne fait pas de politique, mais qu'il « gère » par delà les clivages présentés ostensiblement comme artificiels. Références à Michel Rocard, à Jules Ferry et d'autres, mise en évidence de l'importance de la taxe carbone, apitoiement sur le sort dans les prisons, soutien au système français d'amortisseur social de la crise, le ton a été aussi consensuel que possible, mais sonnait creux, comme si tout était, encore une fois, dans les apparences. C'était la venue devant le Congrès qui était importante et, dans le fond, le discours n'avait qu'une importance limitée. Mieux, Nicolas Sarkozy n'attachait aucune importance à son contenu, puisque qu'il était venu pour débiter des banalités destinées simplement à justifier sa prééminence sur le pouvoir législatif. L'opération était simple : « C'est moi le Chef. C'est moi qui gouverne. Si vous ne l'avez pas encore compris, vous allez le savoir dès cette semaine ! ». En fait, il a accentué la pression en insistant sur sa toute puissance sur le gouvernement, et en parlant, contrairement aux annonces antérieures, de « remaniement ». Car, dans la fond, les plus mal à l'aise sous les ors de Versailles étaient les Ministres, et celui qui se prétend le Premier d'entre eux. Ils attendent aujourd'hui le coup de fil qui les sauvera ou qui les expédiera aux oubliettes de l'Histoire.

LA TROUILLE DES MINISTRES
Rares sont ceux qui, en sortant, parlaient réellement des annonces sarkozistes, puisqu'il n'y en a pas eu, mais du sort des unes ou des autres. Il a suffi que Nicolas Sarkozy ait évoqué à trois reprises, le « prochain gouvernement » - des mots qui ne figuraient pas dans la version écrite de son discours - pour semer un vent de panique chez les ministres, et les tenir dans sa main. À la sortie de l'hémicycle, c'était même le sujet de conversation numéro un entre eux. « Cela va-t-il être plus large que prévu ? », s'inquiétait un secrétaire d'État, tandis que Xavier Darcos semblait résigné à rester à l'Éducation nationale...alors qu'il se verrait bien rendre la justice et nommer des Procureurs. Il faut dire que Nicolas Sarkozy en a surpris plus d'un en annonçant lui-même que ce serait pour demain. Un symbole : c'est moi qui fait et défait les Ministres et personne d'autre ! Et en employant le mot de « remaniement », alors que ses conseillers, depuis plusieurs jours, s'escrimaient à minimiser l'événement. L'Élysée ne parlant que d'un « simple réaménagement ».
Qu'en est-il vraiment ? Nicolas Sarkozy, qui s'était concentré ces derniers jours sur son discours de Versailles, n'a évoqué cette échéance qu'en tout petit comité avec ses conseillers, Claude Guéant, Raymond Soubie, Patrick Buisson et le sondeur Pierre Giacometti, les véritables membres du gouvernement, puisque les autres ne sont que des collaborateurs. En fin de semaine dernière, à Bruxelles, le président s'est longuement entretenu de ce sujet avec François Fillon. Les deux hommes ont prévu de se revoir, selon des indiscrétions, aujourd'hui pour « finaliser » leur nouvelle équipe.
Dans les couloirs du Congrès, on ne parlait que de « ça » et pas du tout des mesures absentes. Et les spéculations en tout genre, allaient bon train. « On reste sur l'hypothèse de huit à neuf départs ou changements de portefeuille », avance un ministre dans la confidence, si l'on en croit lefigaro.fr, qui sait de quoi il parle.

UN SYMBOLE C'EST TOUT
Nicolas Sarkozy n'a travaillé que sur des symboles. Il savait que son texte passe-partout serait applaudi, comme l'aurait été un recueil de bons sentiments. Il voulait simplement dominer, toujours dominer, car c'est maladif chez lui. Ces députés, ces sénateurs qui l'ont parfois « oublié », « combattu », « oublié » avant, hier, d'adorer ce qu'ils avaient parfois haï, il les avait devant lui, ramenés au statut de supporteurs obligés. Quelle jubilation ! Quel moment privilégié pour celui qui sait que la revanche reste un moment privilégié de la vie politique. Ils ont applaudi avec enthousiasme, comme à un spectacle de Johnny. Ils se sont levés, comme on le faisait pour les empereurs romains. Ils étaient là, à savourer leur honneur d'être face à lui, et c'était cela l'objectif de la manœuvre.
Grand discours républicain ou simple discours de politique générale empiétant sur le rôle du Premier ministre, les constitutionnalistes étaient partagés après l'intervention historique du président Nicolas Sarkozy devant le Congrès à Versailles. « On ne peut pas dire que Nicolas Sarkozy a prononcé un discours de politique générale comme pourrait le faire un Premier ministre qui engagerait l'existence d'un gouvernement et afficherait un programme de législature », estime le politologue Dominique Chagnollaud. Sauf que sa responsabilité ne sera jamais engagée, et qu'il peut affirmer ce que bon lui semble, sans aucun risque !
Pour Dominique Rousseau, professeur de droit à Montpellier, le chef de l'Etat a exprimé dans son intervention « toute l'ambiguïté de la fonction présidentielle ». Pour lui, il est par ailleurs « paradoxal de voir le président de la République, qui a modifié la Constitution pour pouvoir s'exprimer en personne devant le Congrès, lire devant les parlementaires un message écrit, alors qu'il était possible pour un président, avant la réforme constitutionnelle, de faire lire un message au Congrès ». C'est bien la preuve que le contenu n'avait absolument aucune importance, mais que ce n'était que le « flacon » qui devait donner l'ivresse.
Le discours de M. Sarkozy était plus qu'un discours de Premier ministre, estime pour sa part le conseiller d'Etat, Didier Maus, ajoutant aussitôt: « mais ce n'était pas le discours qu'aurait pu faire un François Mitterrand. Il ne serait pas entré dans un certain nombre de détails et aurait donné une dimension historique plus grande à son intervention", dit-il. « Le président Sarkozy se considère depuis deux ans comme le véritable chef de l'exécutif. Il est resté dans cette logique, a été conforme à lui-même », juge le constitutionnaliste. « C'est un discours qui restera dans les annales du fait même qu'il existe et qu'il n'avait pas de précédent. Cette première constitutionnelle est un événement indépendamment même de son contenu » conclut M. Maus. Impossible de pas partager cet avis : c'était inutile, totalement inutile !
Et c'est bien là tout le problème : on est entré dans l'étiquette de la cour avec ses rites, ses ors et ses courtisans. On sait désormais que le « Président-Prince » peut venir à tout moment pour 500 000 euros faire un acte d'affirmation de son pouvoir. La première tentative aura été la bonne, car elle suppose l'inexistence d'une opposition crédible, puisqu'il était inutile de l'entendre. Elle est mal, car incapable de riposter à un symbole !
Mais je déblogue...

 

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Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
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