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LES STATISTIQUES

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22 juin 2009 1 22 /06 /juin /2009 07:17
En mai 2002, quelques jours après la réélection de Jacques Chirac, un kamikaze fait exploser à Karachi un bus rempli de salariés français de la Direction des constructions navales (DCN), qui travaillaient à la construction de sous-marins pour la marine pakistanaise. 14 morts et 11 blessés graves qui depuis traînent leur misère. Une enquête délicate débute, car il n'y a aucune revendication ce qui parait troublant. De 2002 à 2008, les familles des victimes de l'attentat de Karachi ont surtout été invitées à se taire. A ne pas trop en demander, y compris en matière d'indemnisation. L'épais dossier pénal montre pourtant que l'employeur de leurs pères ou de leurs maris connaissait les risques physiques encourus sur place quand il les dépêchait à Karachi. Une note du service juridique de la Direction des constructions navales (DCN) datée du 17 juillet 2002 tranche froidement : « Les sommes versées ou susceptibles d'être versées sont modestes. [...] Le quantum du préjudice matériel pour la DCN est par contre difficile à évaluer.» Tant pis pour eux, car ils savaient bien où ils allaient ! Certaines veuves ou orphelines ont donc décidé d'en finir avec ce cynisme. Parmi elles, Giselle Leclerc et Magalie Drouet. Les souvenirs de Magalie font froid dans le dos : «Mon père est parti pour retrouver le chantier de Karachi le 26 avril 2002 (deux semaines avant l'attentat). Il avait peur de ne pas rentrer. Il a laissé une liste des actes à accomplir pour le cas où il ne reviendrait pas.» Et de rajouter : « Mon père avait l'habitude de tout scanner et de tout archiver sur son ordinateur portable sur ce qui passait dans son travail à Karachi. On nous a rendu son ordinateur après en avoir arraché le disque dur.»
L'enquête n'avancera véritablement jamais, car le dossier a été confié de 2002 à 2008, au juge Jean-Louis Bruguière, qui instruisait alors l'affaire, et celui-ci, comme l'avocat de l'association SOS Attentats se sont montrés d'une grande discrétion à l'égard de ces femmes. Pendant six années, ces parties civiles d'un procès instruit en France, n'ont jamais pu consulter le dossier d'instruction, qui les intéresse pourtant au premier chef. Entre temps, le juge Bruguière a été candidat UMP aux législatives et aux municipales de Villeneuve sur Lot... avec deux échecs à la clé ! Silence radio et télé sur cette affaire, qui a pourtant récemment donné lieu à un scénario très crédible (mais toute ressemblance avec des personnages existant ou ayant existé ne seraient que pure coïncidence) de la série « Reporters » sur Canal +. On tarde à instruire. On tente de faire oublier les faits. On parle de secret défense.
En France, rien ne filtre et on se contente d'une explication similaire à celle qui justifie la situation économique et sociale actuelle (« ce n'est pas nous c'est la crise mondiale ») avec une affirmation simple : « cet attentat est une affaire intérieure pakistanaise et vient des terroristes d'Al Qaïda » ... responsables et coupables de tout ce qui peut arriver de terrible sur la planète. Comme de toutes manières, ces derniers ne démentiront pas et ne se montreront pas, le risque est minime.

DEUX VICTIMES DESIGNEES
Le dispositif - une Toyota piégée avec un explosif sophistiqué - allait pourtant vite convaincre les enquêteurs de la DNAT (Division nationale antiterroriste) que la France et la DCN étaient directement visées, comme «Libération» le révélait le 27 novembre dernier... sans soulever la moindre attention de la part des autres grands médias. Nul ne veut remettre en cause la version officielle. D'ailleurs, deux islamistes pakistanais ont été condamnés à mort pour « assassinats par explosifs et terrorisme » avant, bizarrement, d'être acquittés par la cour d'appel de la province du Sind dont Karachi est la capitale. Asif Zaheer et Mohammad Rizwan avaient pourtant été condamnés à mort en première instance, le 30 juin 2003, un après l'attentat. La cour d'appel a pourtant estimé que « faute de preuves suffisantes », ils « doivent être remis en liberté sur le champ ». Ces deux islamistes avaient été arrêtés en décembre 2002. Où sont-ils maintenant ? Mystère ! Tous ces faits étalés dans le temps ont été occultés par des médias « oublieux », et plus prompts à parler de la feuille d'impôts du couple Hollande-Royal que des enquêtes « dangereuses » pour la majorité présidentielle alors au pouvoir.
En 2008, il avait néanmoins été révélé qu'un rapport de... septembre 2002 avait mis en cause des milieux militaires pakistanais, et que la mouvance islamiste avait été instrumentalisée pour lancer cette attaque. La police pakistanaise aurait reconnu que les activistes appartenaient à l'organisation Harkat ul Moudjahidine al-Alami, scission totalement « inconnue » d'un groupe islamiste combattant au Cachemire et lié aux services de renseignements pakistanais. Mais l'affaire était classée, avec la même promptitude que le sera la fin tragique des passagers du vol Rio-Paris.
En France, il n'y pas de commission d'enquête parlementaire suffisamment puissante pour troubler la quiétude des services secrets, dont on ne cesse pourtant de constater  l'implication dans tous les coups tordus de la vie politique ! Or, brutalement, on s'aperçoit qu'il y a, pour le moins, un doute sur les versions officielles, car le mystère, 15 ans plus tard, plane toujours sur les commanditaires.

RETOUR DES COMMISSIONS
En enquêtant sur une affaire de corruption au sein de la DCN, un juge saisit une note, baptisée Nautilus, rédigée par un ex-agent de la DST, pour qui l'attentat de Karachi s'expliquerait par l'arrêt de commissions que devait verser la France à des militaires pakistanais, en marge du contrat sur les sous-marins. Les affirmations sont extrêmement précises, et reposent sur des pièces écrites trouvées dans diverses perquisitions, mais dont le bon peuple de TF1 n'aura jamais connaissance... car tout va vite être étouffé ! Or, sur liberation.fr on dresse la distribution des rôles dans cette opération avant l'attentat. Véritablement passionnant !
En 1994, ministre délégué au Budget, Nicolas Sarkozy qui a un trou de mémoire sur son passage dans la gestion financière de la France, donne son feu vert à la DCN, en vue de créer une structure... luxembourgeoise, « Heine », par laquelle transiteront des commissions à l'exportation. A l'époque, ces flux offshore étaient déductibles de l'impôt sur le bénéfice des sociétés, après accord de Bercy. Le feu vert de Sarkozy est strictement logistique : il ne vaut pas autorisation à des fameuses « rétrocommissions » versées à des décideurs français, il signifie encore moins que lui-même en serait éventuellement bénéficiaire. Simplement, Sarkozy autorise alors des virements à l'étranger - discrets, à défaut d'être occultes - dont tout le monde sait qu'ils font l'objet de rétrovirements. Son feu vert est doublé de celui de Nicolas Bazire, alors directeur de cabinet d'Edouard Balladur à Matignon, toujours intime de l'actuel président de la République. Mais aussi de François Léotard, alors ministre de la Défense, désormais pourfendeur de la Sarkozie.
François Pérol (tiens donc !) aujourd'hui nommé dans les circonstances que l'on connaît à la tête du groupe Caisse d'épargne-Banque populaire, ex-secrétaire général adjoint de l'Elysée en charge des affaires économiques, déjà membre du cabinet de Nicolas Sarkozy lors de son second passage à Bercy (en 2004), a été au moins... administrateur de la DCN et donc parfaitement au courant des pratiques de l'époque. C'était à la fin des années 90, quand Pérol était membre de la direction du Trésor - et quand valsaient les commissions baladeuses. Mais bien entendu, en tant que haut fonctionnaire, il n'en a jamais entendu parler !
Bien des années plus tard, en 2005, Brice Hortefeux intervient auprès des services fiscaux. Depuis l'adoption de la directive anticorruption de l'OCDE, en 2000, les commissions « offshore » sont proscrites. Mais la DCN entend continuer à les déduire de son bénéfice imposable, sous couvert de « frais commerciaux ». Bercy accepte dans un premier temps, avec un plafond de 15 %. Trop peu pour la DCN, manifestement plus généreuse en matière de grands contrats. Elle charge Hortefeux, alors ministre délégué de Sarkozy au ministère de l'Intérieur, de jouer l'avocat de ce système auprès de Bercy, en transmettant ce courrier : «S'il est bien vrai que des fonds ont transité vers des sociétés au Luxembourg et en Belgique, ceux-ci ont servi, pour l'essentiel, à s'assurer de la rétribution des sources et du paiement de documents confidentiels.» Hortefeux s'exécute, et transmet à son collègue des Finances... Jean-François Copé.
Ce dernier, ministre du Budget, fait répondre à la DCN : «J'ai fait procéder à un examen particulièrement attentif de cette affaire. Les commissions versées ont été considérées comme engagées dans l'intérêt de l'entreprise à hauteur de 15 % du chiffre d'affaires réalisé. Aucun événement nouveau n'étant présenté, le taux de commission admis, particulièrement bienveillant compte tenu des pratiques courantes en la matière, ne me paraît pas pouvoir être remis en cause.» Refus et ultime sursaut chiraquien, Copé qui en a assez d'en prendre plein la gueule en tant que supporteur de Chirac, transmet le dossier au parquet : le fisc est à l'origine du déballage pénal de l'affaire DCN. C'est parti...

CHIRAC SOUS INFLUENCE
Le contrat signé en 1994 porte sur 5,4 milliards de francs, soit 835 millions d'euros. Selon un spécialiste, les commissions prévues officiellement sont de 6% pour deux décideurs pakistanais, et 4% pour l'intermédiaire syrien, qui devait vraisemblablement verser des « rétrocommissions » en France. Là-dessus, Chirac est élu en 1995 et donne l'ordre de cesser le versement des commissions. Il pense, à tort ou à raison, qu'une partie des fonds a été destinée au financement de la campagne de Balladur. A ce stade, une partie des fonds a déjà été versée à une banque suisse, qui les a transférés à deux sociétés panaméennes dont on ignore tout. On trouvera d'ailleurs bientôt, car, vous le savez, le Président Sarkozy est un ardent pourfendeur des paradis fiscaux et du trafic financier via des pays qu'il voue aux gémonies. L'attentat serait donc un message « fort » adressé à la France.
Auparavant, deux incidents étaient passés inaperçus: un membre du consulat français avait fait l'objet d'une tentative d'enlèvement, et une bombe avait été découverte sous la voiture d'un autre officiel français. Bien sûr, les Pakistanais ont immédiatement mis l'attentat de Karachi sur le dos des islamistes. Mais il est apparu que l'explosif utilisé était d'origine militaire, et que leur histoire ne tenait pas debout. Aujourd'hui, 15 ans plus tard, on est incontestablement face à une affaire d'Etat... au moins aussi sombre que celle des vedettes de Taiwan, des listings de Clearstream, des fonds des casinos pour Pasqua, puisqu'aucune de ces embrouilles financières n'a causé la mort de 14 Français !
Il faut remarquer qu'il y a d'étranges coïncidences médiatiques, car au moment où éclate une vérité potentielle sur l'attentat de Karachi et ces histoires de financement occulte de la vie politique française, les journaux évoquent les liens financiers entre Jacques Chirac et Omar Bongo. Un nouvel avertissement sans frais, au cas où certains voudraient divulguer ce qu'ils savent. On est dans le fameux jeu enfantin : « je te tiens, tu me tiens par la barbichette !.. » L'avocat des familles de victimes pourrait en effet demander dans les prochaines semaines les auditions de M. Balladur et Jacques Chirac.
« C'est ridicule (...) c'est grotesque (...), qui peut croire une fable pareille ?", a répondu le président français vendredi à la presse, à l'issue du Sommet européen à Bruxelles. "Si vous avez des éléments, donnez-les à la justice!" a-t-il lancé, agacé. Chiche. Mais il sait bien que dans quelques temps la passivité des Françaises et des Français conduira à la suppression des juges d'instruction, et au verrouillage complet du système judiciaire. Il suffit de nier et de menacer pour remettre le couvercle sur cette affaire explosive. Surtout pour les pauvres 14 victimes.
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20 juin 2009 6 20 /06 /juin /2009 07:17
Un article du Monde.fr rappelle de manière très intéressante les rapports entre le Roi de France et le Parlement, qui avait été partiellement élu au suffrage censitaire. Cette évocation historique mérite d'être rappelée à quelques heures de l'arrivée à Versailles, en limousine, d'un certain Nicolas Sarkozy, venant délivrer un message politique au Congrès, réuni pour la circonstance. Cette lubie présidentielle coûtera environ un demi-million d'euros aux contribuables pour un message d'une petite heure : c'est plus cher qu'un gala de Johnny Hallyday ! En effet, lundi à 15 heures, le Président de l'Assemblée nationale ouvrira la séance, et il appellera le chef de l'Etat à la tribune : "Monsieur le président de la République, au nom du Congrès du Parlement, je vous souhaite la bienvenue. Vous avez la parole." A l'issue de la délivrance de la bonne parole, il suspendra la séance, et raccompagnera Nicolas Sarkozy, avec M. Larcher et M. Fillon comme aides de camp, laissant les représentants du Peuple à la buvette.
Ce sera une grande première que personne n'avait osé s'offrir. Même pas de Gaulle ! En juillet 2008, Nicolas Sarkozy a fait modifier la Constitution afin de pouvoir s'exprimer devant les parlementaires et s'offrir une tribune démontrant son pouvoir vis-à-vis des élus de base. Interrompue sous la IIIe République d'Adolphe Thiers, en 1873, la pratique des discours du chef de l'exécutif au Parlement va donc connaître une restauration télévisée, et abondamment relayée par tous les médias. Il a donc fallu réinventer le "protocole de Versailles". Celui-ci a été consigné à l'issue de plusieurs réunions entre les services de l'Assemblée et le cabinet du président de la République. M. Sarkozy le voulait "digne". On a été obligé de le fixer dans le marbre, grâce à une réunion spéciale du Conseil constitutionnel. Le Congrès adoptera en effet, dans la matinée de lundi, une modification de son règlement afin que le président de la République puisse prendre la parole dans l'après-midi. Celle-ci doit être validée dans la foulée par le Conseil constitutionnel, convoqué à cet effet. Problème : avisés tardivement de cette séance exceptionnelle, plusieurs "Sages" étaient pris par des obligations auxquelles ils ne pouvaient se soustraire. Seuls six des neuf membres pouvaient être présents lundi midi, alors que la règle du quorum réclame la présence de sept juges. C'est grâce à Jacques Chirac, membre de droit en tant qu'ancien président de la République, qui s'est libéré, que le quorum pourra être atteint. Et que Nicolas Sarkozy pourra intervenir... comme le faisait le Roi de France il y a plus de deux siècles.
En effet, la Constitution du 14 septembre 1791 avait, la première, établi les "relations du corps législatif avec le roi". Il pouvait, chaque année, "faire l'ouverture de la session et proposer les objets qu'il croit devoir être pris en considération". Pour marquer la séparation des pouvoirs entre l'exécutif et le législatif, la Constitution républicaine précisait : "Toutes les fois que le roi se rendra au lieu des séances du corps législatif, il sera reçu et reconduit par une députation (délégation). (...) Dans aucun cas, le président (du corps législatif) ne pourra faire partie d'une députation." Ce principe ne sera même plus respecté, puisque le Président du Congrès servira d'accompagnateur au Président de la République, faisant ainsi acte d'allégeance ! Aucun membre du Congrès ne sera autorisé à intervenir pendant sa déclaration ni à l'issue de celle-ci. Ce n'est qu'après que M. Sarkozy aura été reconduit que la séance pourra être reprise. Chaque groupe parlementaire - quatre à l'Assemblée nationale et cinq au Sénat - disposera d'un temps d'intervention de dix minutes, et le premier non-inscrit qui en aura fait la demande disposera de cinq minutes. Il n'y aura aucun vote.

AU SECOURS MONTESQUIEU
Pour Montesquieu, le type de régime importait peu, pourvu que ce ne soit pas le despotisme qui refusait toute séparation des pouvoirs. Pour lui, la république présente des risques de dérives en raison de la démagogie ; c' est donc un régime à éviter ; de plus, se reposer sur la vertu de tous en fait une quasi utopie... On n'est pas loin de cette appréciation dans la situation actuelle. Il expliquait aussi que la monarchie risquait toujours, en raison de la simple distribution des pouvoirs entre législatif et exécutif (pas de séparation des pouvoirs), de dériver vers le despotisme. Pour éviter cela, il fallait que la monarchie soit modérée. Cette modération s'opérait par la présence d'intermédiaires ayant une troisième puissance, la puissance judiciaire, indépendante des deux autres (exécutive / législative). La monarchie modérée était donc pour lui le meilleur des régimes. Nous y sommes depuis l'avènement de la Vème République
Par conséquent, Montesquieu ne préconisait pas une séparation des pouvoirs totale, mais une séparation des pouvoirs limitée (que la doctrine qualifiera par la suite de séparation des pouvoirs souple). Néanmoins, avec l'évolution des régimes, on ne peut plus aujourd'hui garder cette classification : on peut difficilement classer dans un même régime les monarchies telles que le Royaume-Uni où le roi est effacé et les monarchies comme le Maroc où le roi, au contraire est, de fait, à la tête de l'exécutif. Cependant, on a gardé de cette classification de Montesquieu la distinction entre les régimes de séparation des pouvoirs (connotation positive) et les régimes de confusion des pouvoirs (connotation négative). Il serait intéressant de connaître son analyse de la situation actuelle où, de fait, il n'y a bientôt plus que des frontières ténues entre les diverses formes de pouvoir. Ce Congrès réduit au rôle de chambre d'écho des volontés présidentielles prend des allures inquiétantes que, bien évidemment, personne ne voudra voir, en raison du caractère abstrait des menaces qu'il porte. On est sur des principes républicains et... ça n'intéresse personne en cette époque, où les contre pouvoirs locaux sont de plus en plus présents dans la vie quotidienne, sur tous les sujets.

DISSOLUTION ET CENSURE
Le critère principal d'un régime parlementaire est l'existence de moyens d'action réciproques entre l'exécutif et le législatif. Ainsi, ils ont des moyens de révocabilité mutuelle. Dans les faits, ce n'est plus le cas en France, puisque le Président n'admet même plus le débat autour de ses positions : il les annonce et s'en va !
La mise en jeu de la responsabilité du gouvernement devant le parlement (ce mécanisme de mise en jeu de la responsabilité permet au législatif de s'opposer à l'exécutif et à sa politique en le renversant) n'a pas lieu d'être, puisque le Président n'a en rien à rendre compte de ses décisions devant le Congrès, alors qu'il peut décider seul de la dissolution de l'Assembleé nationale. Cette mise en jeu de l'existence de l'exécutif, qui n'est pas, dans le droit français, le Président de la République, peut intervenir, par contre, à l'initiative du législatif, à travers la motion de censure (vote censurant le gouvernement par une majorité renforcée). Or en France, depuis 2 ans, la politique est décidée chaque jour par le Président qui, dans les faits, n'en supporte pas les risques vis-à-vis de sa majorité. Il pourrait annoncer à l'Assemblée ce qu'il veut, faire n'importe quelle annonce, sans que les représentants des Françaises et des Français puissent même manifester leur désaccord devant lui ! Extraordinaire République que celle qui nous a été concoctée !
La mise en œuvre du droit de dissolution (l'exécutif remet en cause le législatif en procédant à la dissolution d'une chambre ou de l'ensemble du parlement) appartient, par contre, au seul Nicolas Sarkozy.
Le peuple devrait alors jouer le rôle d'arbitre entre les pouvoirs : soit il réélit la même chambre (par exemple, au début de la IIIe République, après la dissolution de la chambre par Mac Mahon, celui-ci dut se soumettre face à une chambre de même bord) soit il soutient l'exécutif en changeant le bord politique de l'assemblée (par exemple les dissolutions de 1981 et de 1988 par le Président de gauche nouvellement élu, François Mitterrand). On a même vu Chirac dissoudre l'assemblée et... dissoudre sa propre majorité : un exemple d'erreur manifeste de jugement ! Mais lundi, il n'y a aucun risque de ce genre, car tout est désormais inutile, puisque le Président n'est responsable de ses décisions que vis-à-vis de lui-même ! Ce qui, tout de même, est extrêmement confortable. Lundi, la leçon de modestie sera exemplaire dans le temple du Roi Soleil
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19 juin 2009 5 19 /06 /juin /2009 07:17
Les socialistes français avaient basé toute leur campagne européenne sur le rejet d'un duo politique dont ils avaient lié le sort : Sarkozy-Barroso. Ils ont fait une grave erreur en pensant que les électrices et les électeurs, s'ils connaissaient le premier allaient construire leur vote sur l'avenir du second. En fait, peu d'entre eux savaient le rôle de Barroso à l'échelle du continent, et surtout en quoi consiste véritablement son poste de président de la commission européenne. Le PS a tablé sur une citoyenneté en déliquescence en France au fil des scrutins. Le Peuple ne se prononce plus que sur des « images d'Epinal » politiques, sur des appréciations affectives, sur des sentiment globaux, mais surtout pas sur des réalités, sur des raisonnements ou sur des appréciations objectives. En effet, quasiment personne ne connaît véritablement le parcours politique de celui auquel on a confié le destin de l'Union européenne et donc la lutte contre la crise.
José Manuel Durão Barroso est un juriste, formé notamment à l'université de Genève, où il fut l'assistant du professeur Dusan Sidjanski à l'Institut universitaire d'études européennes. Jeune homme, il se situe à l'extrême gauche radicale de l'échiquier politique, comme président des étudiants maoïstes (MRPP) lors de la révolution des œillets en 1974. Il a donc un parcours qu'aucun homme de droite français ne tolèrerait pour un... socialiste français, comme ce fut le cas pour ce pauvre Lionel Jospin dont le passage chez les Trotskistes fit grand bruit. Là, en revanche, c'est le silence radio, et les plus radicaux des libéraux admettent volontiers de confier l'Europe à un ex-maoïste, reconverti à l'économie de marché. José Manuel Durão Barroso a ensuite fait son entrée dans le « social opportunisme » en soutenant le socialiste Mario Soares, avant de basculer vers le Parti social-démocrate de centre droit. En 1979, il fonde l'Association universitaire d'études européennes... et devient donc un adversaire de celui qu'il avait aidé antérieurement. Barre à tribord toute !
Son parcours politique commence en effet en 1980, lorsqu'il devient membre du parti social démocrate (PSD). Il est élu président du parti en 1999 et réélu à trois reprises. Il a été vice-président du Parti populaire européen pendant cette même période. Il se veut « modéré, réformateur et anti-étatiste » ce qui le rapproche toujours plus de l'opinion dominante européenne, et lui permet d'effacer ses « erreurs de jeunesse »
Il a été ministre des Affaires étrangères de 1991 à 1995. Mais le gouvernement défait par les socialistes, il quitte le Portugal pour les États-Unis d'Amérique, pour parfaire sa formation à l'université de Georgetown.

ERREUR DE CIBLE
Après avoir gagné les élections législatives de mars 2002, il est chargé de former le gouvernement portugais et de trouver une majorité pour le soutenir. Son parti, le Parti populaire démocrate/Parti social-démocrate (Portugal) PPD/PSD, avec 40,12 % et 102 sièges sur 230, devra cependant s'allier avec le Parti de centre droit du CDS/PP (Portugal) Centre Démocratique Social/Parti populaire qui ont obtenu 8,75 % des voix et 14 sièges. Il occupe ce poste jusqu'à sa nomination à la présidence de la Commission européenne en juillet 2004...où il donnera son sens à la formule « une concurrence libre et non faussée ».
Ce transfuge de l'extrême gauche passé au libéralisme le plus débridé va se construire une image de Président d'une commission européenne technocratique, se réfugiant en permanence derrière la nécessité de rechercher le plus petit dénominateur commun entre 27 pays aux intérêts divergents. Les socialistes, qui ne s'étaient pas opposés à sa nomination, au nom de l'alliance toujours possible avec le centre, semblent avoir changé d'avis, compte tenu du silence étourdissant de l'Europe de Barroso en cette période de crise sociale. Ils ont cru que sa politique serait condamnée par une majorité de Françaises et de Français, alors qu'elle n'est véritablement connue de personne.
Les chefs d'Etat l'aiment bien, car il ne leur fait pas trop d'ombre. Il a donc recueilli encore une fois un consensus mou favorable. S'il a en effet obtenu le soutien des dirigeants de l'UE pour un second mandat à la tête de la Commission européenne, José Manuel Barroso va devoir, à présent, mener une dure bataille pour obtenir la confirmation des eurodéputés, dont certains lui sont très hostiles. L'ancien chef du gouvernement portugais de 53 ans, s'est donc, d'ailleurs, gardé de crier victoire lors du sommet européen qui l'a mis sur les rails pour égaler le record de longévité du socialiste français Jacques Delors, qui régna de 1985 à 1995 sur l'influente Commission. "Ce sera au Parlement de décider", a-t-il sobrement déclaré, ce qui, en langage diplomatique, veut dire qu'il sait qu'il est cuit, sauf à mener des tractations délicates pour répartir le « gâteau » des postes européens.

LES IRLANDIS ARBITRENT
La décision unanime des chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE d'appuyer sa reconduction s'apparente plus à un choix par défaut qu'à un cri du coeur. José Manuel Barroso se voit reprocher tout à trac de manquer de dynamisme, d'avoir tardé à réagir à la crise financière ou d'être trop docile face aux grands Etats de l'UE, ce qui est un doux euphémisme. Le président français Nicolas Sarkozy lui a d'ailleurs rendu un hommage à double tranchant.
Tout en saluant le travail « extrêmement positif » accompli jusqu'ici par José Manuel Barroso, il s'est félicité de « l'inflexion intéressante » du programme du Portugais pour les 5 ans à venir vers des préoccupations chères à la France, comme la politique agricole commune. Le problème, pour le président de la Commission, est aujourd'hui le calendrier. Il souhaite être fixé le plus vite possible sur son sort, avec un vote du Parlement européen dès sa session inaugurale à la mi-juillet. Mais l'entourage de José Manuel Barroso n'exclut plus de devoir prendre son mal en patience jusqu'à l'automne, compte tenu des divisions que suscite le Portugais parmi les eurodéputés, ce qui va, de toutes les manières, mettre la politique européenne en stand-by, en une période où il faudrait des réactions rapides et fortes.
Sa famille politique actuelle encore plus conservatrice que la précedente a certes remporté les dernières élections, mais elle n'a pas, à elle seule, une majorité suffisante et doit nouer des alliances. Qui plus est, José Manuel Barroso entend trouver un « soutien élargi » au sein du Parlement, dépassant donc le seul camp de la droite... et il lorgne donc vers les socialistes qui peuvent fort bien se diviser, une fois encore, sur le sort de cet ex-maoïste reconverti. La deuxième force politique du Parlement refuse, pour l'instant, de se laisser forcer la main. Ses dirigeants veulent attendre, pour se prononcer, d'être fixés à l'automne sur l'issue du nouveau référendum sur le traité de Lisbonne, prévu en Irlande, qui réformera la Commission... car dans l'hypothèse probable où les Irlandais reviendraient sur leur vote négatif, le contexte changerait, et l'Europe s'engagerait sur une autoroute pour le libéralisme ambiant.

LES RECOMPENSES A VENIR
Les gouvernements européens vont, du coup, devoir s'employer à faire pression sur leurs propres eurodéputés. En particulier, les chefs de gouvernement socialistes espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero, et portugais José Socrates, qui soutiennent José Manuel Barroso, mais dont les troupes sont beaucoup plus hésitantes. « Ils ont dit qu'ils allaient travailler au corps leurs députés », résume un haut responsable belge qui préfère resté discret. Il faut aller vite, et ne pas laisser s'organiser une éventuelle opposition crédible. José Manuel Barroso redoute, en effet, qu'en cas de report des décisions à l'automne, le délai soit mis à profit par ses adversaires pour tenter de monter une candidature rivale contre lui.
Le chef de file des écologistes au Parlement, Daniel Cohn-Bendit, s'y emploie pourtant avec vigueur, en promouvant l'ancien Premier ministre libéral belge Guy Verhofstadt. Lequel ne cesse de critiquer le bilan de José Manuel Barroso, et a même écrit un bouquin pour le dire. Tout le monde sait que tout se jouera sur la distribution en coulisses des seconds rôles. La présidence de la Commission européenne n'est en effet que l'un des nombreux postes européens de premier plan qui restent à pourvoir dans les mois à venir, et devraient donner lieu à de délicats marchandages. Par exemple, la présidence du Parlement devrait revenir au Polonais Jerzy Buzek, mais il reste à attribuer la fonction de diplomate en chef de l'UE, voire la présidence stable de l'UE en cas d'entrée en vigueur du traité de Lisbonne. Pour ce dernier poste, le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi a relancé vendredi le nom de Tony Blair, en jugeant que l'ex-Premier ministre britannique serait "la personnalité idéale".
On tente de détourner les eurodéputés de leurs louables intentions d'opposition, en allant puiser des voix dans les pays les plus fragiles politiquement. Et pendant ce temps, la démolition continue... Nicolas Sarkozy a vite rappelé le rôle éminent qu'il remplissait au plan européen, surtout après la large majorité de 12 % des électrices et des électeurs qui ont fait confiance à ses listes. Le chef de l'Etat français a tenu à souligner que le soutien politique exprimé par les 27 pays membres de l'UE en faveur d'un deuxième mandat de M. Barroso à la tête de la Commission était « unanime » et partagé, y compris par les
« Premiers ministres socialistes autour de la table ».

Toutefois, a ajouté M. Sarkozy, « je me suis permis de dire à dîner que ce soutien ne devait pas être compris comme un message d'immobilisme » et « que ça devait changer ».
Le président français a également estimé que la confirmation de la nomination de M. Barroso par le Parlement européen, souhaitée dès le mois prochain par le Conseil européen, devrait « bien se passer », malgré la défiance exprimée par les députés socialistes et écologistes qui siègent à Strasbourg. Il a sûrement des indications que ses collègues n'ont pas sur les vertus de l'ouverture... Par exemple, il doit compter sur Bernard Kouchner ou Jack Lang pour aller pêcher des voix dans le camp adverse, et affirmer publiquement qu'il n'y a pas plus socialiste qu'un ex-maoïste converti au libéralisme débridé. Ils savent en effet de quoi ils parlent !
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18 juin 2009 4 18 /06 /juin /2009 07:17
On va peu à peu découvrir la partie invisible de l'iceberg des maux dont souffre notre société. On explique aux croisiéristes qu'elle est beaucoup moins belle que celle qui est émergée mais qu'elle est essentielle pour expliquer le maintien de la masse inquiétante, fatale au Titanic. Lentement, les scientifiques analysent cette face cachée, et en révèlent les conséquences pour la planète. Certains explorent les strates de glaces afin de découvrir les évolutions planétaires enfouies dans la glace. Ils reconstituent ainsi la place de l'homme, et l'on annonce que, dans ces masses considérables, on découvre des traces de pesticides déposés à des milliers de kilomètres de là, sur des terres de moins en moins fertiles. D'autres vont moins loin, mais effectuent des constats tout aussi alarmants... que les médias passent évidemment sous silence, de peur de représailles en termes financiers directs ou indirects de la part des fabricants de ces produits, dont la toxicité n'a posé aucun problème durant des années. Or, voici que tout à coup, on avoue que l'épandage de pesticides a des conséquences directes sur la santé, non seulement de ceux qui cultivent mais aussi de ceux qui se situent en bordure ou à proximité des cultures. Les brevets ont pourtant été vérifiés et accordés comme étant inoffensifs pour l'être humain. Protester contre ce lent massacre de l'Humanité relevait de l'absurdité, puisque la science avait raison !
C'est pourtant, depuis hier, une autre réalité qui prévaut : l'exposition des agriculteurs français aux pesticides double quasiment le risque de survenue de la maladie de Parkinson. Telles sont les conclusions d'une équipe de chercheurs de l'unité Inserm « Neuroépidémiologie » et de l'Université Pierre et Marie Curie. Ce risque augmente avec le nombre d'années d'exposition. Chez les hommes, il est principalement lié à l'usage d'insecticides, notamment de type organochloré. Ces résultats posent forcément la question du rôle d'une contamination résiduelle de la population générale par ces mêmes pesticides... Personnellement, je ne peux m'empêcher de penser à la mort atroce de mon père de la paralysie supra nucléaire progressive (PSP), variante mortelle, après des souffrances terribles, de la maladie de Parkinson, puisque dans son travail il a utilisé ces produits durant des années !

RISQUE DOUBLE
Pour en arriver à ces conclusions, les chercheurs ont étudié un groupe de 224 patients atteints de la maladie de Parkinson qu'ils ont comparé à un groupe de 557 personnes non malades. Toutes ces personnes étaient affiliées à la Mutualité sociale agricole, de même âge et sexe, et habitant dans le même département. Les résultats parlent d'eux-mêmes, et montrent que les patients atteints de la maladie de Parkinson avaient utilisé plus souvent et durant un plus grand nombre d'années des pesticides. Les chercheurs en sont donc arrivés à la conclusion que les agriculteurs exposés aux pesticides courraient un risque presque deux fois plus élevé de développer la maladie de Parkinson que ceux qui n'en utilisaient pas.
De précédentes études épidémiologiques ont déjà montré une association entre la survenue de la maladie de Parkinson et une exposition professionnelle aux pesticides, sans qu'aucune famille de pesticides puisse être spécifiquement mise en cause. Mais la seule affirmation incontestable de ce lien devrait inciter les consommateurs à, au moins, se méfier de ce qu'ils mangent ou de ce qu'ils respirent
Cette fois, les résultats ont en effet permis de montrer que le risque était jusqu'à 2.4 plus élevé chez les hommes ayant utilisé des insecticides de type organochloré. Toutefois, et c'est important de le préciser, les chercheurs ont indiqué qu'on ne pouvait pas, à partir de ces résultats, exclure l'implication d'autres types de pesticides moins fréquemment utilisés. En cette période où des fruits rutilants garnissent les étals, il serait temps de se poser la question de leur impact sur la santé des enfants auxquels on les recommande !
Au-delà du rôle de l'exposition aux pesticides à des niveaux élevés en milieu professionnel, ces résultats soulèvent bien sûr la question des conséquences d'une exposition à plus faibles doses. Des études complémentaires seront nécessaires pour répondre à cette question... quand il sera trop tard !

EFFETS A LONG TERME
Parmi les principales familles de pesticides, les chercheurs ont mis en évidence, chez les hommes atteints, un risque jusqu'à 2,4 fois plus élevé que chez les témoins pour les insecticides de type organochloré, qui regroupent par exemple le lindane et le DDT, persistant dans l'environnement de nombreuses années après l'utilisation. Ces pesticides sont aujourd'hui interdits en France. D'autres pesticides, moins utilisés, pourraient être aussi impliqués. La maladie de Parkinson est la maladie neuro-dégénérative la plus fréquente après la maladie d'Alzheimer. L'usage des pesticides a considérablement augmenté au cours des dernières décennies, quel que soit le niveau économique des pays. Ceci a permis des progrès en agriculture, mais représente également un danger croissant pour la santé des populations.
Les effets à court terme sont de mieux en mieux connus, en particulier dans le cadre des procédures d'homologation des produits. Par contre, les risques à long terme sont plus difficiles à apprécier.
Une revue des connaissances épidémiologiques est ici présentée. Les études épidémiologiques publiées à ce jour ont mis en évidence des liens avec des effets retardés sur la santé, principalement dans les champs des cancers (notamment hématologiques), des effets neurologiques (neuropathies périphériques, troubles neuro-comportementaux, maladie de Parkinson) et des troubles de la reproduction (infertilité, avortements, mortinatalité, malformations congénitales). Ces résultats ont été obtenus malgré les difficultés de caractérisation de l'exposition liées à la nature rétrospective des études. Aussi, l'accroissement de l'utilisation des pesticides, tant en agriculture que dans l'environnement domestique, doit motiver la poursuite des recherches épidémiologiques sur les effets retardés des pesticides, s'appuyant sur une mesure précise de l'exposition.
La crise va pourtant inciter à ne plus être trop regardant sur les effets de ces produits, qui augmentent les profits dans les cultures intensives. Au nom de la productivité, on va lentement empoisonner trois ou quatre générations, mais peu importe, les revenus seront au rendez-vous. On va répéter à satiété que ces études ont fausses, inutiles et partiales, que tous les agriculteurs du monde prennent des précautions et respectent les conditions d'utilisation, qu'ils ne pulvérisent jamais à côté des habitations, ou sur des produits en fin de maturation, ou prêts à partir vers les marchés. Ayez confiance !

SOLIDAIRES OU EPARPILLES ?
Il en a été ainsi pour l'amiante... ou pour bien d'autres produits plus discrets, réputés inoffensifs. Cette fois, les appels se multiplient pour éviter que l'on mette le cachet « secret économique » sur cette étude. L'Institut de veille sanitaire a trouvé des traces de ces produits dans les urines de femmes enceintes bretonnes. Par ailleurs, une étude canadienne a récemment montré que les enfants dont les mères avaient été exposées aux pesticides pendant leur grossesse avaient plus de risque de souffrir un jour d'une leucémie.
Le Mouvement pour le droit et le respect des générations futures (MDRGF) lance aujourd'hui un appel aux paysans, victimes des pesticides, pour leur faire prendre conscience des risques. Il demande également au ministère de l'Agriculture d'imposer des zones "non traitées" proches des villes, et d'accorder aux agriculteurs exposés à ces produits chimiques, un statut de "malade professionnel"... Comme pour l'amiante, il faudrait que ceux qui sont atteints par la maladie de Parkinson retrouvent leurs factures, et attaquent devant un tribunal les fabricants des produits qui les ont « contaminés ».
Hier, un appel au regroupement a été lancé en ce sens. Agriculteurs, jardiniers professionnels, particuliers résidant à proximité de cultures intensives ou même riverains subissant des pulvérisations de pesticides sont concernés par cette initiative du Mouvement pour les droits et le respect des générations futures et du réseau Health and environment alliance, basé à Bruxelles.
La législation actuelle ne garantit pas une protection suffisante, estiment ces deux organisations qui unissent leurs efforts dans cette campagne. Il n'existe pas de limites de protection autour des habitations exposées à des pulvérisations, pas non plus de normes atmosphériques d'exposition des riverains, alors que des produits, pourtant reconnus dangereux par différentes agences au niveau international, sont autorisés, soulignent-elles. Les risques de développer certaines pathologies sont réels et les victimes se retrouvent souvent isolées, estiment le Mdrgf et Heal.
Elles demandent aux trois ministères concernés (Santé, Ecologie et Agriculture) que les pesticides les plus dangereux soient retirés du marché, que des zones tampons soient mises en place dans les campagnes pour protéger les gens qui résident près des cultures intensives, et que l'usage des pesticides en ville soit interdit. Les listes européennes de José Bové ou Cohn Bendit ont de beaux jours devant elles; en effet, les raisons de leur triomphe ne vont pas disparaître de suite car, chez les autres, on n'ose pas demander fermement la disparition pure et simple des pesticides et des OGM. Ce n'est pas populaire chez les agriculteurs suicidaires !
Mais je déblogue...
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17 juin 2009 3 17 /06 /juin /2009 07:17
Comment faire pour rester crédible dans le contexte politique actuel ? Difficile de critiquer le Président de la République puisque, désormais, toute mise en perspective d'informations noyées dans une masse plus ou moins étouffante tournerait, si l'on en croit les analystes de haut niveau, à l'anti-sarkozysme primaire. Et, toujours selon les éminents radiologues du corps électoral de plus en plus squelettique, il s'agirait d'une attitude mal vue de la part de celles et ceux qui comptent. Il est vrai qu'avec les 12 % de Françaises et de Français en âge de voter qui ont soutenu les listes de ses fans, il atteint des sommets de popularité le rendant inaccessible. Le Chef de l'Etat est sur un nuage, faute de se trouver sur un piédestal ou sur un trône. Cet homme-là appartient à la caste des intouchables, celle qui veut que toute tentative de le ramener au simple statut humain, c'est-à-dire susceptible de commettre quelques erreurs, soit vouée à corrompre celui qui la tente.
En fait, on sent bien que depuis dimanche soir, on se fait plus discret et plus nuancé, comme si le danger devenait patent. François Bayrou entre en hibernation après avoir avalé son béret béarnais ! Il va avoir l'occasion de méditer sur le danger qu'il y a, dans notre société du consensus mou, à se placer en position d'agresseur. Il est victime du système de la « triple » peine : il a installé Cohn Bendit chez les grands hommes verts, il a pris un coup de froid terrible sur ses ambitions, qui ne sont même plus au réfrigérateur mais au congélateur, et enfin il a requinqué, auprès d'un certain électorat, l'image en perdition de son ennemi intime Sarkozy ! Terribles sanctions que celles qui mettent en évidence qu'il vaut mieux traiter un quidam de « pauvre con », ou un jeune de « karchérisable », ou de s'en prendre à des marins pécheurs, que de disjoncter face à Dany le Rouge devenu Vert ! La France vit à tâtons et dans le silence. De toutes les manières, ce n'est pas la bave des crapauds qui va atteindre l'étoile !
Chaque fois qu'une tentative est faite pour simplement mettre à nu une part de vérité, c'est le retour de manivelle. Depuis le résultat des Européennes, il devient impossible de rappeler au bon peuple que tout n'est qu'appparence chez nous, et cruelle réalité ailleurs. La tendance est à l'acceptation de la pression, afin de ne pas être traduit en haute cour médiatique ou ne pas être simplement destitué directement ou indirectement. Le Président a toujours raison, et ce ne sont pas les faits qui résistent à cette vérité fondatrice du culte sarkoziste.
Par exemple, si l'on se réfère au déficit record de la sécurité sociale dont les journaux ont brièvement parlé hier, car les obsèques du grand démocrate Bongo comptaient davantage que cette facette du quotidien des lectrices, des lecteurs ou des téléspectateurs fascinés, il saute aux yeux que le... Chef de l'Etat et le gouvernement ne sont ni responsables, ni coupables. Si un socialiste élevait la voix pour rappeler que la crise a bon dos, il serait aussitôt taxé d'anti-sakozisme primaire ! En effet, ce n'est que la crise qui nous a conduits au gouffre !
Les recettes s'effondrent à cause de cette récession que personne n'a voulu avouer, durant des mois et des mois : la récession ! Les dépenses sont sous contrôle, et rien ne doit être décidé qui entraverait la reprise : c'est le message qu'a martelé le gouvernement, lors de la Commission des comptes de la Sécurité sociale. « La moitié » du déficit de 20,1 milliards d'euros prévu en 2009 « est un déficit de crise », a souligné Eric Woerth, le ministre du Budget. Mais il oublie que son propre mentor a exonéré à tout va sur les heures supplémentaires, sur les emplois qui augmentent les profits des sociétés... mais sans jamais annoncer que, forcément, il n'y aurait plus au bout assez de fonds pour maintenir la couverture sociale. D'autant que, dans le même temps, il accordait quelques avantages substantiels aux « copains » médecins ! Le dire ou l'écrire, ce n'est qu'une basse vision partisane de la politique.

NI RESPONSABLE NI COUPABLE
« La question du traitement des déficits cumulés va se reposer très vite, compte tenu du changement de dimension des montants en jeu » prévient François Monier, conseiller maître à la Cour des comptes en ouverture du rapport de la Commission des,comptes. Si rien n'est fait, le déficit devrait encore bondir l'an prochain, portant le besoin de financement cumulé sur deux ans à... 50 milliards d'euros. Mais le gouvernement a renvoyé le traitement de cette question à 2010, « quand le retour de la croissance le permettra ». Eric Woerth a exclu, hier, de transférer cette dette à l'Etat, une « solution de facilité » qui reviendrait « sur le principe vertueux du cantonnement de la dette sociale ». Mais pourtant, avec un brin de lucidité, les 12 % de Françaises et de Français qui ont voté pour la majorité présidentielle pourraient se poser la question : qui nous a ainsi mis la tête sous l'eau ? S'ils étaient réveillés, ils constateraient que, le même jour, l'UMP annonce un tour de vis sur les congés de maladie, alors que tous les spécialistes insistent sur les ravages que provoque la crise sur les salariés (pas sur les patrons du CAC 40 qui vont bien !), à cause du stress et des rythmes imposés.
Pas question non plus d'augmenter la CRDS pour transférer davantage de dette à la Cades, ni, à ce stade, de créer une caisse d'amortissement des « déficits de crise ». Le ministre promet une « solution, neutre financièrement sur l'ensemble des comptes publics », qui permettra que l'Acoss - la « banque » de la Sécurité sociale - « dispose des moyens de trésorerie nécessaires » pour « passer le cap difficile de l'année 2010 ». Pour 2009, le plafond de découvert de l'Acoss (financements garantis auprès de la Caisse des Dépôts), aujourd'hui de 18,9 milliards d'euros, sera relevé cet été « de près de 10 milliards ». Bercy va demander à la Caisse d'accepter un plafond encore plus élevé en 2010, ce qui promet des débats houleux, la CDC ayant toujours affirmé ne pas pouvoir aller au-delà de 31 milliards. L'Acoss va, quant à elle, être autorisée à... emprunter davantage, directement sur les marchés. Les frais financiers seront de toute façon considérables... alors que les collectivités locales qui ont emprunté sont sous pression, car elles augmentent la dette publique. Mais chut, il  faut la boucler, car les sondages sont formels : la cote de popularité de ces excellents gestionnaires, qui empruntent pour du fonctionnement, ne cesse de grimper ! Que les syndicats la ferment. Que les partis politiques, en désaccord avec cette gestion qui exonére les uns pour enfoncer les autres, se taisent. La Président est en lévitation verte !

TOUJOURS LES SALARIES
Et pourtant, les faits sont têtus. Les recettes, moins élevées que prévu, expliquent la totalité de la dégradation des comptes. La diminution de 1,25 % de la masse salariale se traduira par 8 milliards d'euros de cotisations en moins. Quant aux prélèvements assis sur les revenus du capital, ils chuteraient de 14 % en 2009, en raison notamment du recul de la Bourse et de l'immobilier. Il manquera aussi 1,7 milliard d'euros à l'assurance-vieillesse, le gouvernement ayant renoncé à augmenter les cotisations... sur les revenus du capital et décidé de s'attaquer à ceux du travail ! Travailler plus, pour finalement gagner globalement moins, avec la baisse des prestations sociales qui amputent le pouvoir d'achat de celles et ceux qui peuvent encore se faire soigner. Pour combien de temps ?
Sans atteindre le record de 2004, l'assurance-maladie renoue avec un déficit abyssal (9,4 milliards). Pour autant, le dérapage des dépenses pour 2009 n'est estimé qu'à 400 millions d'euros. Pour tenir strictement l'objectif, le gouvernement demande à l'assurance-maladie de « renforcer ses contrôles » sur les médecins qui prescrivent trop d'arrêts de travail : mille lettres d'avertissement seront envoyées aux plus gros prescripteurs, et 150 médecins de plus devront obtenir l'accord préalable de la Sécurité sociale pour en prescrire.
Même sévérité sur les transports sanitaires : 100 mises sous accord préalable supplémentaires sont prévues, ainsi que des visites de l'assurance-maladie dans les 200 hôpitaux les moins vertueux. Pour 2010, Eric Woerth laisse entendre qu'une progression des dépenses un peu inférieure aux 3,3 % prévus est envisageable : « Une croissance annuelle autour de 3 % est possible. »
Le gouvernement va lancer « dans les semaines qui viennent une concertation sur l'évolution » des avantages aux mères de famille sur leurs droits à la retraite, a annoncé la secrétaire d'Etat à la Famille, Nadine Morano. La durée d'assurance est actuellement majorée de deux ans par enfant (qu'il y ait eu ou non interruption d'activité), et une décision de la Cour de cassation impose d'accorder un bénéfice identique aux pères, ce qui ferait bondir le coût du dispositif. Le gouvernement va remonter l'âge de la retraite à 67 ans, dans une période de manque d'emplois pour les jeunes, et il va poursuivre ses exonérations en tous genres pour les entreprises, qui continuent pourtant à licencier à tour de bras, comme chez Michelin hier. Rien n'y fait : José Bové et Daniel Cohn Bendit sont là pour, de leurs bras musclés, étrangler le chômage !

LE PALAIS VA BIEN
Après avoir augmenté son indemnité de 172 % au nom de la transparence, le président s'était engagé à juguler les dépenses du train de vie du Palais. Le salaire mensuel du président Nicolas Sarkozy a, en effet, été augmenté à partir du 1er janvier 2008 de 172%, sans qu'une telle augmentation ait troublé l'opinion publique. La rémunération nette mensuelle du président de la République était passée de 7124 euros en 2007 à 19.331 euros en 2008, avec la prise en charge des frais courants qui vont avec les nécessités de la fonction. Le député socialiste René Dosière a dénoncé hier les "promesses non tenues" de Nicolas Sarkozy en matière de transparence et d'économies dans le budget de l'Elysée, dans un rapport qualifié (bien entendu !) de "totalement infondé" par la présidence.
En 2008, le budget exécuté de la présidence a augmenté de 18,5% par rapport à 2007, à 113,182 millions d'euros, "soit un rythme sept fois supérieur à l'évolution du budget de l'Etat", selon le député PS de l'Aisne, spécialiste depuis des années des comptes de l'Elysée. "Les restrictions budgétaires imposées aux administrations de l'Etat (...) ne s'appliquent donc pas aux services de la présidence de la République", constate M. Dosière.
Il déplore le manque d'"explications précises et détaillées" sur cette progression. L'Elysée continue à présenter son budget en six grandes rubriques, alors que le budget a quadruplé depuis l'époque de Jacques Chirac. Les dépenses prises en charge par les ministères n'étaient alors pas intégrées dans le budget de la présidence.
René Dosière déplore des renseignements fournis "plus rares qu'hier". Ainsi, un seul chiffre global -1.031 personnes- est fourni pour les effectifs de l'Elysée, sans précision sur les affectations ou sur le nombre de contractuels. Pour le député, "cette absence de transparence résulte de la volonté clairement proclamée qui consiste à afficher les mesures d'économies prises depuis l'arrivée du nouveau président". L'Elysée met par exemple en avant la baisse du coût par invité de la garden party du 14 juillet, sans préciser que le nombre d'invités est passé de 5.500 en 2007 à 7.050 en 2008. Résultat, la facture globale de la fête s'est élevée à... 475.523 euros en 2008, soit 13,4% d'augmentation par rapport à 2007.
Plus largement, M. Dosière s'interroge sur la "régularité" et la "sincérité" du budget élyséen. Il note ainsi que les dépenses exécutées en 2008 sont supérieures de près de trois millions d'euros aux crédits votés par le Parlement (113,18 millions contre 110,38). Le rapport dénonce des "manipulations budgétaires" pour éviter d'afficher un déficit: deux recettes d'un montant global de 2,4 millions sont inscrites alors qu'elles présentent un "caractère incertain et non conforme" aux règles budgétaires. Il s'agit notamment, selon M. Dosière, d'un "reliquat de subvention" accordé par le quai d'Orsay pour un voyage de Nicolas Sarkozy qui aurait dû entrer dans les comptes de la présidence française de l'Union européenne. Pas mal pour un voyage !
René Dosière, qui était déjà la bête noire de Jacques Chirac, fait preuve aujourd'hui d'indulgence vis-à-vis de l'ancien président. Ainsi, les seules dépenses de l'Elysée ayant diminué sous la présidence Sarkozy sont les aides aux personnes en difficulté qui se tournent, en dernier recours, vers la présidence: elles ont baissé de 48,4% en deux ans. Mais est-ce véritablement révélateur d'une gouvernance, puisque ce n'est que de l'anti-sarkozisme primaire ! Alors courage... Fuyons!
Mais je déblogue...
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16 juin 2009 2 16 /06 /juin /2009 07:17
Et dire que dans les soupers en ville, il existe des gens qui prétendent que les fonctionnaires sont assurés d'occuper leur poste à vie, quelle que soit leur action. Une sorte de rente de situation accordée par un statut n'ayant aucune autre contrainte que celle d'entrer dans les cadres de la fonction publique. Ce fut sûrement vrai du temps de Courteline, mais certainement pas à l'époque de Nicolas Sarkozy. Même les plus protégés des protégés valsent sur un mouvement d'humeur du Château, comme on dit dans le jargon administratif. Une mauvaise appréciation de celui qui symbolise une République libre, égalitaire, et fraternelle... et le fauteuil sur lequel vous vous êtes cru « roi » vous expédie dans le néant ! La valse des Préfets se poursuit sans complexe, sans retenue et sans ménagement. Plus besoin de se cacher : un geste de la main présidentielle, et le fonctionnaire fait ses valises en quelques minutes. Peu importe la raison : déplaire au maître des clés du pouvoir, ou probablement à ses proches, suffit dans les médias, dans l'administration, dans la vie publique, pour vous envoyer aux « galères ». La liste s'allonge de mois en mois, au hasard des visites présidentielles.
Il y a d'abord eu la marginalisation de celles et ceux qui entraient dans la catégorie des suspects. Certes suspects, pour leurs éventuelles idées légèrement humanistes ou de gauche, ne leur permettant pas de remplir les quotas d'expulsion ou de répression. Ils furent convoqués et tancés, avant d'être remplacés. Il y eut aussi les Chiraquiens, qui ont été mutés aux archives, et les gauchisants qui ont fini dans les oubliettes pour pantouflards, avant que nous en arrivions aux victimes du fait du Prince. Chaque fois, il y a une raison, supposée légitime, pour les déplacer, mais c'est une forme d'humour, qui consiste à prendre les médias et les citoyens un tant soit peu lucides pour des idiots !
Recueillez-vous devant les morts au champ du déshonneur présidentiel !

CA SE CORSE
Le coordinateur des forces de sécurité intérieure en Corse, Dominique Rossi, avait été démis de ses fonctions par le ministère de l'Intérieur. La place Beauvau avait indiqué que la décision avait été prise par la ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie. Dominique Rossi avait été remplacé par Gilles Leclair, sous-directeur de la lutte contre la criminalité organisée et la délinquance financière à la DCPJ.
Le déplacement était lié à la gestion d'un incident survenu, lorsqu'une cinquantaine de militants indépendantistes corses avaient décidé, à la suite d'une manifestation organisée devant la mairie de Porto-Vecchio en Corse-du-sud, de se rendre dans la résidence Punta d'Oru, où se trouvent des villas appartenant à des personnalités, parmi lesquelles Camille de Rocca Serra, président de l'Assemblée de Corse, et le comédien Christian Clavier, un proche du président de la République, Nicolas Sarkozy. Pour ne pas souffler sur les braises, Dominique Rossi aurait alors donné l'ordre de ne pas intervenir... Mal lui en a pris : il ne savait pas que Clavier possédait le numéro de portable de qui vous savez. Cet épisode des visiteurs n'avait pas du tout fait rire le pote de lycée, car les militants nationalistes avaient occupé pendant près d'une heure le jardin de la villa de Christian Clavier. Très bien accueillis par le couple de gardiens de la villa, sur recommandation de l'acteur, qui n'était pas présent sur les lieux, les militants s'étaient installés au bord de la piscine, où des jus de fruits leur avaient été servis.
Ces indépendantistes, qui entendaient protester symboliquement contre la "spoliation foncière" des Corses sur leur île, s'en étaient ensuite retournés tranquillement. Peu importe, ils avaient piétiné le gazon et c'était trop ! Reste que la gestion de la crise n'avait absolument pas été du goût de la place Beauvau. "Nous avions des informations. Elles n'ont pas été utilisées. Dans cette résidence vivent des personnalités et les choses auraient très bien pu dégénérer. La crise n'a pas été gérée comme elle aurait dû l'être. La ministre a donc pris la décision qui s'imposait", avait indiqué le ministère de l'Intérieur.
La Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) avait, en effet, transmis à Dominique Rossi un renseignement selon lequel des nationalistes corses pourraient se rendre jusqu'au lotissement à l'issue d'une manifestation. Dominique Rossi, contrôleur général, était le chef de l'ensemble des forces de sécurité intérieure en Corse, police et gendarmerie. Il aurait pu faire valoir ses droits à la retraite en avril, mais il lui avait alors été demandé de rester dans ses fonctions. C'est fait, il va maintenant pouvoir aller bronzer en Corse pour manquement à l'obligation de protection des amis !

UNE SECONDE MANCHE
La mutation du préfet de la Manche, Jean Charbonniaud, sept mois après sa prise de fonction, avait créé une polémique. Sa nomination, en Conseil des ministres, au poste de préfet hors cadre pour siéger comme membre du Conseil supérieur de l'administration territoriale de l'Etat, avait été jugée comme une "sanction injuste" par des élus UMP et PS. Elle serait la conséquence de l'importante manifestation organisée lors de la venue, dans  le département dont il avait la charge, du président de la République, le 12 janvier dernier.
"Je trouve parfaitement lamentable qu'on puisse utiliser un représentant de l'Etat comme si on utilisait un kleenex. C'est scandaleux. C'est une pratique d'un autre temps, contreproductive d'un point de vue politique", avait déclaré à l'AFP le président UMP du conseil général de la Manche, Jean-François Legrand. "Ce préfet est un très bon préfet qui n'a aucune responsabilité dans cette affaire", a ajouté le sénateur.
Ce fut également l'avis de Philippe Gosselin, député UMP de la Manche. "Cette sanction est très regrettable, injuste, c'est un mauvais signal politique. Cela donne l'impression que la manifestation du 12 s'est mal passée alors qu'il n'y a pas eu d'incident majeur". Le député avait indiqué qu'il se trouvait à côté de Nicolas Sarkozy lors de la manifestation: "il était très énervé d'entendre les manifestants le siffler. Il y a eu plus de monde qu'il n'en attendait à la manifestation, je crois, 3000 manifestants à Saint-Lô, ça ne s'est pas vu depuis 20 ou 30 ans", a déclaré Philippe Gosselin, avant d'ajouter: "Il est vrai aussi que les syndicats ont peut-être mis aussi un peu d'huile sur le feu en refusant de rencontrer le président". Le député UMP villepiniste de l'Hérault, Jean-Pierre Grand, s'était joint à ses collègues normands pour estimer que le départ de Jean Charbonniaud n'était "pas un bon signe pour la haute fonction publique de l'Etat qui, dans la période de crise que connaît la nation, doit travailler avec le pouvoir politique dans la confiance et la sérénité".
Le directeur départemental de la sécurité publique, Philippe Bourgade, avait ensuite reçu sa mutation. "Mon directeur central m'a appelé hier soir pour me dire qu'il fallait que je sois remplacé, que je choisisse une autre affectation", avait révélé l'intéressé sans savoir encore où il allait postuler. "Qu'est-ce qui s'est passé de grave ? Pas grand-chose, si ce n'est que le Président a entendu les manifestants le siffler. Il aurait fallu plus d'effectifs pour les maintenir plus loin" du Président, alors que les manifestants considéraient déjà les effectifs des forces de l'ordre comme de la "provocation", a déclaré le policier de 59 ans, arrivé en septembre 2007 à Saint-Lô. "Je n'ai pas à rougir de ce qui s'est passé." Dommage : il lui a fallu aller voir ailleurs ce qui s'y passe. Pour quelles raisons objectives ? Aucune !

TOUT A L'EGOUT
En août 2008, le chef de l'Etat s'était occupé personnellement de l'épineuse question du tout-à-l'égout du Cap Nègre, où la famille de son épouse possède une luxueuse résidence. Un an plus tard, le dossier n'a pas avancé. Et le préfet du Var vient d'être mis au placard. Bien entendu, ces faits n'ont aucun lien, même si je suis en mesure de vous révéler (en exclusivité sur L'AUTRE QUOTIDIEN), qu'il venait d'être inspecté, il y a quelques semaines et que ce n'est pas un surprise dans le milieu !
"M. Jacques Laisné (...) sera réintégré dans son corps d'origine", annonce le décret présidentiel, lapidaire, publié au Journal officiel le 5 juin. Quarante-huit heures plus tôt, le communiqué du conseil des ministres, encore plus sec, évoquait la nomination du nouveau préfet du Var, Hugues Parant, sans un mot sur la nouvelle affectation de son prédécesseur. Jacques Laisné n'a pas reçu de nouvelle affectation. Préfet hors-cadre, il va donc rejoindre son corps d'origine, la Cour des comptes. Dans le sérail de la "préfectorale", "il se murmure toutefois que la brutalité de cette éviction serait liée à l'implication du chef de l'Etat dans cette très locale affaire de propriétaires qui secoue le Cap Nègre", précise le site internet mediapart.fr.
C'est donc du côté de "l'affaire" de l'égout du Lavandou que se trouve l'explication la plus rationnelle. Faut-il raccorder le Cap Nègre au tout-à-l'égout, au prix de très lourds investissements que la cinquantaine de propriétaires ne semble pas prête à payer ? Se présentant comme le "gendre" de la famille Bruni-Tedeschi, le chef de l'Etat s'invite à la réunion des copropriétaires, en août dernier, face à des amis, rien que des amis, protégés par leur bouclier fiscal tout neuf. Et convoque, quelques jours plus tard, une réunion de crise dans la propriété de sa belle-famille, avec préfet, directrice de l'Equipement, maire et copropriétaires. Il est vrai qu'à l'époque, il n'a pas de sujets plus importants à traiter, car rien n'arrive... la crise est là, et selon certains témoignages, il annonce « les riches ne doivent pas être lésés ».
Pour arrondir les angles et convaincre les récalcitrants (il en existe, parmi les chevaliers du bouclier, qui n'auraient pas cru en ses promesses), le président promet de lourdes subventions publiques (pour ce domaine privé), et le préfet évoque même une éventuelle exécution d'office des travaux. Ce gars-là, qui scrute avec ses services la moindre délibération d'un élu de base pour savoir si le service collectif d'assainissement  est bien conforme aux termes de la loi Sapin, n'hésite pas, en tant qu'ex-fonctionnaire de la Cour des Comptes, à conseiller l'utilisation de fonds publics sur un domaine privé ! De quoi rêver sur le fonctionnement de notre République ! Mais depuis un an, le zèle du préfet Laisné se serait émoussé, car il devait avoir un reste de conscience personnelle. "Le préfet a évolué dans un sens qui nous est beaucoup plus favorable, et nettement moins aux ordres de M. Sarkozy", affirme le principal opposant au projet, l'un des copropriétaires, cité par mediapart.fr, Les subventions publiques ne sont pas encore venues, et l'affaire d'Etat relèverait de nouveau de la simple autorité municipale. Impossible à admettre par le maître  du pouvoir. On va donc donner une bonne leçon à ses collègues : ils n'ont plus le choix ! Déplaire au Président c'est s'exposer à l'exil doré ou au bannissement sordide.
Mais je déblogue...
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15 juin 2009 1 15 /06 /juin /2009 07:17
Toutes celles et ceux qui luttent lucidement pour que des alternatives existent en matière de mobilité aux véhicules motorisés ont parfois été atterrés par les déclarations intempestives officielles sur la dangerosité des cyclistes. Vous savez, ces terroristes que l'on place en garde à vue au prétexte qu'ils seraient dangereux pour leur prochain. Il est même arrivé, comme à Bordeaux, que les policiers déploient des moyens importants pour arriver à sanctionner (politique du chiffre) des « deux roues » criminels menaçant la sécurité des autres !
On a également vu une députée UMP messine, Marie Jo Zimmermann, s'illustrer sur le sujet. Selon un article paru le 21 février 2009 dans les pages Région du Républicain Lorrain : « La députée a déposé avec un groupe de députés une proposition de loi visant à engager la responsabilité civile d'un cycliste en cas d'accident avec un piéton ». On ignore encore qui a bien pu lui souffler cette belle idée sécuritaire. Dans le principe, cette proposition n'est pas choquante car elle pourrait être vue comme une conséquence logique de la démarche code de la rue, où on évoque le principe de prudence du plus fort (le cycliste, par exemple) par rapport au plus faible (le piéton, par exemple).
Dans cette même logique, la loi Badinter de 1985 prévoit tout de même l'indemnisation automatique des piétons et des cyclistes victimes d'un accident avec un véhicule à moteur... mais rien entre vélo et piéton. Il faut pourtant reconnaître que c'est soulever une montagne pour écraser un moustique, tant le nombre de cas de ce type sont statistiquement faibles. Ce qui est par contre plus significatif, ce sont les arguments présentés pour justifier cette proposition de loi... qui n'est destinée qu'à se procurer les voix des personnes âgées, qui se considérent comme toujours respectueuses des règlements ! Pour justifier cette réglementation, la députée évoquait en effet dans l'article de presse "la très forte augmentation du nombre de piétons blessés", sans préciser les chiffres par catégorie d'usagers.
Dans un autre article, le journal souligne que "selon les dernières statistiques, le nombre de piétons blessés suite à une collision avec des cyclistes est en très forte augmentation; de multiples accidents mortels ont même été enregistrés". Or, rien, absolument rien, ne vient étayer ces informations, contenues dans l'exposé des motifs de la proposition de loi ou dans les réponses aux questions posées au Gouvernement par la députée UMP qui se veut probablement plus écologiste que son mentor ! Les seuls chiffres publiés par l'Observatoire National Interministériel de Sécurité Routière pour les derniers mois ne traduisent absolument pas une recrudescence des faits graves de délinquance routière imputables aux cyclistes. En fait, il faudrait envoyer à cette Jeanne d'Arc des piétions, les dépêches publiées ce week-end. Elle constaterait alors les ravages produits par le mythe des véhicules motorisés, avec trois faits divers maintes fois répétés : moto, 4x4, vitesse. Ces trois éléments ne relèvent pas des pratiques du vélo !

MOTO FASCINANTE
Une femme de 30 ans, enceinte de huit mois de jumeaux, et son fils de deux ans, qui marchaient en famille samedi soir près d'une plage de Marseille, ont été tués par une moto qui les a fauchés. Le conducteur du deux-roues, une grosse cylindrée de marque Yamaha, qui avait pris la fuite, a été interpellé hier matin après que sa mère l'eut conduit à l'hôpital dans la nuit, selon une source proche de l'enquête. Son passager avait été interpellé sur les lieux samedi. Tous les deux, âgés de 22 et 24 ans, inconnus des services de police, ont été placés en garde à vue dimanche, et entendus. Un premier test d'alcoolémie s'est avéré négatif. La police a lancé un appel à témoins. Le passager a été relâché dimanche soir sur instruction du parquet de Marseille. Le conducteur devrait être présenté à un magistrat lundi ou mardi.
Il est resté muet lors des premiers interrogatoires, faisant état d'un "trou noir" (sic) dans sa mémoire. Selon les premiers éléments de l'enquête, il ne possédait pas de... permis moto et était dépourvu d'assurance. Il avait acquis le véhicule il y a six mois, et n'avait pas encore de carte grise à son nom. Des pratiques de plus en plus répandues, mais dont on semble moins se préoccuper au niveau ministériel que de celui des vélos dangereux !
Les faits se sont produits peu après 23 heures, sur une route qui surplombe la plage de Corbière, un endroit très fréquenté en période estivale, dans le nord de la ville. L'accident a eu lieu dans un endroit sombre, dépourvu d'éclairage, alors que la mère était vêtue de noir, a-t-on indiqué de source proche de l'enquête. Le choc a été très violent, une trace de freinage de deux mètres ayant été relevée sur la chaussée. Les victimes, originaires du 14e arrondissement de la ville, revenaient d'un pique-nique sur la plage. La mère est morte sur les lieux. Une source médicale a confirmé qu'elle était enceinte de jumeaux.
Son fils de deux ans, transporté "dans un état désespéré" à l'hôpital Nord de Marseille, est mort des suites de ses blessures, selon la même source. Le père, âgé de 40 ans, présent également lors du drame, indemne, a été hospitalisé en état de choc.
Près d'une vingtaine d'accidents de la route mortels, sont survenus depuis le début de l'année à Marseille, souvent accompagnés de délits de fuite. Mercredi, une mère de famille avait déjà trouvé la mort en centre-ville, renversée par une voiture qui n'avait pas respecté un feu rouge. Le chauffard avait également pris la fuite, avant d'être interpellé.

LE CULTE DU 4x4
Le préfet de police des Bouches-du-Rhône, Jean-Luc Marx, interrogé sur France 3 Méditerranée, a déclaré qu'il voyait des "homicides plutôt que des accidents" dans ces drames à répétition. Quand on compulse la suite des faits divers du week-end, on ne peut qu'être d'accord avec lui ! ll n'aura donc pas le temps, comme d'autres collègues, de poursuivre les cyclistes de retour d'une soirée festive et susceptibles de causer des accidents terribles. Dans sa région, deux mineurs de 15 ans, qui venaient de voler un 4x4, ont percuté samedi soir dans le Vaucluse une voiture, blessant très grièvement ses trois occupants, une mère et ses deux enfants qui se trouvaient hier entre la vie et la mort.
Les deux adolescents avaient d'abord volé, vendredi soir, à l'Ile-sur-la-Sorgue, dans le même département, un scooter qui était finalement tombé en panne. Ils s'accusent mutuellement d'avoir été lors de l'accident, au volant du véhicule 4X4 volé,  et ont été écroués séparément, après avoir été mis en examen pour vol avec arme, vol en réunion, blessures involontaires et délit de fuite.
Armés d'un couteau, ils avaient en effet braqué le conducteur d'un 4x4 à l'arrêt. Après avoir violenté le conducteur, ils ont pris la fuite à bord du gros véhicule. Ne le maîtrisant pas, ils en ont perdu le contrôle, et ont percuté une voiture avec à son bord une mère et ses deux enfants de 8 et 12 ans.
La voiture a été pulvérisée dans le choc. Ses trois occupants, hospitalisés à Avignon, se trouvaient entre la vie et la mort, selon la même source.
Les mineurs avaient eux aussi pris la fuite après l'accident. Ils ont finalement été rattrapés par les gendarmes, puis interpellés. Ils ont ensuite été déférés au parquet dans la soirée de samedi. Les deux enfants avaient déjà été condamnés en novembre 2008 pour des vols d'autoradios avec dégradation et étaient en liberté surveillée préjudicielle. Ah ! Si seulement, après le vote de dimanche dernier, ils avaient préféré voler des vélos ! Cette attitude criminelle (vol de véhicules surpuissants) est de plus en plus répandue, elle aussi, et dénote une vision sociale reposant sur le pouvoir d'écraser les autres en ... toute sécurité ! Le goût pour les 4x4, inspiré par une culture « militaire » de voitures de commandement, traduit  un complexe de supériorité dans des territoires où leur utilité n'a véritablement aucune raison d'être. On sait bien, en effet, que le volet « je suis en sécurité dans mon blindé roulant », dominant les autres, reste un facteur de vente... on voit les dégâts face à un cycliste ou même une automobile plus modeste !

LES RALLYES DE LA BETISE
Quand ça ne suffit pas, on s'évertue, en pleine période où le développement durable est au zénith, à organiser des compétitions sur le domaine public non sécurisé. A 20h 45 samedi soir, une voiture de course est sortie de la route lors de la dernière épreuve du 33e rallye Ain-Jura. Pour une raison encore indéterminée, le pilote a perdu le contrôle du véhicule dans les 200 derniers mètres. La voiture a fauché trois spectateurs : un père et son fils qui se trouvaient à environ quatre mètres en retrait de la route. L'enfant a été tué sur le coup et son père a été grièvement blessé, mais ses jours ne sont pas en danger. Le troisième s'est blessé à la jambe, en sautant par dessus une barrière pour éviter le choc.
C'est désormais une répétition, avec 1 mort et 7 blessés dans une compétition similaire en Haute Savoie, fin avril, et dans la seule année 2007 on avait connu un bilan catastrophique avec 10 morts de spectateurs ou de blessés... Et que dire, si on ajoute à cela que le Paris Dakar a causé directement ou indirectement 48 décès en 25 ans d'existence! La liste serait encore plus longue des morts au champ d'horreur de la vitesse, que le reste du temps, on combat pour remplir les caisses de l'Etat ! Qu'elle se pratique sur des circuits spécialisés et sécurisés, on peut encore l'admettre; mais qu'on la retrouve sur des routes ordinaires, accessibles à un public mal informé, ce n'est pas utile socialement.
En fait, le vélo à mauvaise presse, car le dopage a tué son image sportive, mais dans le fond, il reste le moyen le plus « doux » de se déplacer... et il ne porte pas d'autre symbole que celui d'une citoyenneté active, à valoriser par rapport à des actes du quotidien beaucoup plus dangereux.
Il faut espérer que la vague « égologique » (bien lire égologique) qui traverse notre pays va faire disparaître tous ces comportements criminels, car l'automobiliste ou le motocycliste « puissants » qui sommeillent dans le corps de tout un chacun ne demande qu'à s'éveiller chez les plus jeunes ou à se réveiller chez beaucoup d'autres.
Mais je déblogue...
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14 juin 2009 7 14 /06 /juin /2009 07:17
Il arrive que des mots et des déclarations suffisent à renflouer des situations économiques précaires. Bizarrement, ce qui n'était que verbiage inaudible prend des allures de solution miracle. Dans le monde agricole, où souvent les manifestations violentes conduisent à des négociations « obligées », on sait bien qu'il y a souvent un grand décalage entre la base motivée, musclée, et le sommet, occupé par des représentants plus aisément manipulables. Le réseau est en effet extrêmement serré, et les dirigeants d'une partie tiennent les dirigeants de l'autre partie. C'est du genre : « tu me tiens, je te tiens par la barbichette... et le premier qui trahira aura une tapette ». Les lobbies de filières ont largement pris le pas sur le syndicalisme institutionnel, et ce sont eux qui occupent toujours le devant de la scène. Désormais, la lutte se circonscrit à des pans de l'agriculture. Les céréaliers sont même divisés en maïsiculteurs ou en producteurs de blé ou d'orge, les éleveurs se partagent entre bovins (laitiers et viandes) et ovins, les viticulteurs du Bordelais sont séparés entre les grands crus et les producteurs de base . La FNSEA est donc dans la surenchère permanente, contraire à ses accords traditionnels tranquilles avec la Droite. Il faut sans arrêt tenir compte de l'évolution du marché, et surtout de ce fameux principe qui a obtenu une majorité théorique en Europe : « la concurrence libre et non faussée ».
Le paradoxe, c'est que sont celles et ceux qui l'ont âprement défendu dans les campagnes (au deux sens du terme), qui maintenant refusent plus durement encore son application. Ce sont celles et ceux qui ont exigé, sur des estrades, le maintien de la Politique Agricole Commune (PAC) qui se présentent aux élections locales sur le concept du libéralisme. Ce sont celles et ceux qui, localement, ont farouchement soutenu Nicolas Sarkozy, qui maintenant bloquent les centrales du capitalisme, qui apportent encore, via les patrons du CAC 40, le maximum d'appui à l'UMP. Le conflit des « laitiers » illustre à merveille cette situation, que seule la France peut s'offrir.
Les agriculteurs ont mis fin samedi au blocage des centres d'approvisionnement des grandes surfaces, alors que la pénurie dans certains supermarchés menaçait. Le gouvernement s'est en effet engagé à ce que des contrôles généralisés sur les prix soient rapidement... mis en oeuvre et que des "sanctions" soient prises si nécessaire.

QUELS FONCTIONNAIRES ?
Mais personne ne souligne que la Direction de la Concurrence, de la Consommation et de la Fraude va se retrouver frappée de plein fouet par la politique de destruction de la Fonction publique. Qui va contrôler pour le compte de producteurs, dont les syndicats n'ont, à ma connaissance, jamais protesté contre les ravages faits dans la fonction publique? C'est encore une fois une dramatique duperie que celle qui laisse croire que le prix du  lait va remonter dans les étables sous prétexte que les agents de la DRCCF vérifieront les étiquettes dans les supermarchés. Mais comment peut-on admettre cette absurdité sociale...qui ne repose sur aucun fait précis. Il est vrai que le gouvernement actuel ne peut pas décréter le blocage des prix des produits de première nécessité (le lait en est un) car ce serait un atteinte au dogme de la loi du marché !
« Le gouvernement a pris la mesure » du désarroi des agriculteurs et a « entendu leurs demandes légitimes sur la transparence, le contrôle des marges et l'évaluation de la LME (loi de modernisation de l'économie) », a déclaré le ministre de l'Agriculture, Michel Barnier. « En matière de transparence, on est loin du compte », a-t-il ajouté, en écho aux revendications des agriculteurs qui dénoncent les conditions d'application de la loi, votée en août 2008 (NDLR : mais au fait, qui a rédigé cette loi et qui l'a votée ?) pour notamment redéfinir les relations commerciales entre grandes surfaces et fournisseurs. Les syndicats d'agriculteurs reprochent notamment à la loi de donner à la grande distribution « un pouvoir de négociation encore plus grand » qui pèse sur les prix payés aux producteurs. Le secrétaire d'Etat à la consommation, Luc Chatel, a précisé qu'une "brigade de contrôle de la LME" composée d'inspecteurs de la Direction générale de la concurrence et de la consommation (DGCCRF) va être créée à cet effet la semaine prochaine. Ceci confine au mépris total de l'électorat, auquel on explique à longueur de journée qu'il faut supprimer des postes de fonctionnaires (le Ministère des finances annonce 37 000 suppressions de postes en 2008), puisque l'Etat n'a plus de crédits pour les payer. On exonérera les producteurs laitiers des cotisations sociales, des impôts fonciers et... on va les sauver avec des postes de fonctionnaires inexistants.

MAIS QUI A FAIT LA REFORME ?

Dans un communiqué, le gouvernement indique également que "les travaux de l'Observatoire des prix et des marges seront accélérés". Les prix des produits laitiers, à tous les stades de la filière depuis 2007, sont actuellement relevés par les services de Bercy. Ils seront analysés par un groupe de travail spécifique de l'observatoire des prix et des marges. Les résultats seront rapidement publiés. Par ailleurs, les services de l'Etat réaliseront "une expertise contradictoire et indépendante pour s'assurer de la validité des données transmises". Cette mesure répond aux reproches de la FNSEA, le principal syndicat agricole, qui estime que l'Observatoire des prix et marges, prévu par la loi et mis en place fin 2008, ne remplit pas son rôle. Mais pourquoi ne pas mettre en doute la fiabilité de la réforme LME, dont on sait qu'elle a été faite exclusivement pour favoriser la baisse des prix, via les grandes surfaces.
Qui a protesté, dans le milieu agricole, contre l'augmentation souhaitée des surfaces dites de Discount, sans accord de la commission départementale ad-hoc ? N'était-ce pas une manière de pénaliser les producteurs, en obligeant tous les autres distributeurs à faire baisser les prix d'achat des matières premières agricoles, pour conserver des prix bas à la vente tout en augmentant leur marge. Il faut une certaine duplicité pour critiquer un texte UMP alors que l'on appartient à l'UMP, et que l'on a expliqué aux opposants que ce texte renforcerait la « concurrence libre et non faussée », utile au développement économique ! On rêve aussi lorsqu'on découvre les autres volets de l'accord, strictement théorique, qui a renvoyé ces producteurs de lait dans leurs foyers pour qu'ils attendent un miracle venant de Bercy ! La solution va passer, pour lutter contre la surproduction néo-zélandaise qui envahit les marchés par l'étiquetage. En cette période de pouvoir d'achat en berne, il est certain que les consommateurs de chez Lidl ou Leader Price vont regarder les étiquettes pour payer leur lait plus cher !
De même, une réflexion va être engagée sur l'étiquetage « origine France » des produits alimentaires, en lien avec la proposition de la Commission européenne dans le cadre du livre vert sur la qualité, indique le communiqué du gouvernement. Ouf, on est sauvés : le fameux « consommez français » cher au Parti Communiste Français de Georges Marchais dans les années 70 reprend du service, alors qu'au niveau de l'Europe on défend exactement les positions contraires.

UN SOUTIEN CONTRAIRE
Un bilan de la LME sera également réalisé d'ici la fin de l'année 2009. « Il portera notamment sur le respect des conditions posées dans la loi pour les négociations commerciales ». Par ailleurs, à la demande des syndicats, une nouvelle réunion sur les modalités d'application de la LME doit rassembler mercredi les agriculteurs, les représentants de la grande distribution et les consommateurs autour de la ministre de l'Economie, Christine Lagarde... qui n'y sera certainement plus. Mais comment des producteurs syndiqués motivés ont pu revenir dans leurs étables après qu'on leur ait annoncé des mesures aussi abstraites et totalement déconnectées de la réalité ?
Convoquées, les grandes surfaces sont censées s'engager à faire toute la lumière sur leurs marges. Naguère plutôt conciliant, le gouvernement leur demande aujourd'hui des gages. Mais il est certain que les patrons de la FNSEA ont la mémoire courte, car devant leur congrès, Nicolas Sakozy avait fait des déclarations qui en disent long sur la sincérité de ses engagements. « J'entends souvent dire que l'agriculture ne pèse rien face à la distribution. Honnêtement, quand on veut se faire un petit succès d'estime, on parle de la distribution et on la fait siffler, et si cela ne suffit pas, on prononce le mot de Leclerc ». La déclaration de Nicolas Sarkozy devant le congrès de la FNSEA, avait fat grincer des dents au gouvernement, alors que nombre de ses membres, à commencer par Jean-Pierre Raffarin, étaient aussi invités à s'y exprimer. Il avait obtenu le soutien de toute la filière de la grande distribution, et ce brave Leclerc fils avait aussitôt adhéré au comité de soutien de son copain Nicolas, avec lequel il déjeune à l'Elysée ! « Si cela suffisait de protester et de désigner un bouc émissaire pour résoudre les problèmes des agriculteurs, cela se saurait », avait ajouté le Ministre, président de l'UMP, et candidat.
Jean-Pierre Raffarin avait osé critiquer la campagne de publicité sur les prix du distributeur Michel-Edouard Leclerc, en affirmant que « ce n'est pas l'Etat qui empêche M. Leclerc de baisser ses prix (...). Je vois quelques distributeurs amateurs de matraques. Cette conception ne me paraît pas saine », avait dit le Premier ministre. Nicolas Sarkozy, évoquant l'investissement de l'agriculture dans la qualité, a aussi ironisé : « Nous aussi, on essaie de le faire. Je peux vous dire que cela ne marche pas à tous les coups! » Auparavant, le président de l'UMP avait déjà déclenché les rires de l'assemblée en déclarant qu'il n'avait « jamais rêvé de devenir président de la FNSEA » et que son titulaire, Jean-Michel Lemétayer, pouvait « garder le siège tranquille ». Ce dernier avait bu du petit lait ! Consommateurs,  vous êtes invités à trinquer !
Mais je déblogue...
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13 juin 2009 6 13 /06 /juin /2009 07:17
Dernière étape d'un Tour de France que l'on faisait sous influence médicamenteuse à l'insu de son plein gré...Le suspense est à son comble. Toute la France est devant son poste de télévision pour un contre la montre réellement extraordinaire. Pour 8 « petites » secondes,  après plus de 3 000 km de course toujours très indécise, il échoue sur les Champs Elysées ! Il n'obtiendra plus sa troisième victoire dans la Grande Boucle, qui se cache derrière un rayon de bicyclette, pour ne pas voir que le dopage envahit toutes les chambres des hôtels où logent des héros de la « légende des cycles », comme l'écrivit Antoine Blondin. Pour 8 petites secondes, Laurent Fignon entre dans le cœur de Français, qui ont toujours préféré dans cette épreuve, depuis les avatars de Raymond Poulidor, les vaincus malchanceux aux vainqueurs flamboyants. Il sera celui qui passe à côté de la victoire sans avoir démérité. La France sportive reste sur l'affrontement symbolique entre Jacques Anquetil et Poupou. L'arrogance altière de l'un et le caractère besogneux de l'autre avaient partagé le pays en deux. L'ultime duel de 1989 relevait de la même dualité, et le patriotisme sportif ajoutait une importance particulière à ces pauvres secondes qui firent entrer dans  la légende la journée du dimanche 23 juillet. Nul ne sait véritablement si dans ses cauchemars, Laurent Fignon a longtemps revu tous les coups de pédales entre Versailles et Paris, cherchant ceux qui lui avaient fait perdre ces quelques secondes de malheur. On revient en effet toute sa vie sur un échec aussi mince, car, dans le fond, il vaut mieux s'incliner sans regrets éternels. Le pire, c'est que désormais, il doit bien se moquer de cet écart qui causa sa perte et fit sa gloire. Laurent Fignon n'avait jamais noyé son amour pour la Petite Reine dans l'eau claire. Sa carrière avait été entachée par deux contrôles antidopage positifs aux amphétamines : en 1987 lors du Grand Prix de Wallonie et en 1989 lors du Grand Prix d'Eindhoven. Il se déclarera farouchement hostile aux contrôles antidopage inopinés...
Pour lui, tout avait basculé vers 1986, - après de belles années où, même si on se faisait mal sur le vélo, on s'enivrait, on dansait, on ramenait des filles -, dans les années fric, formatées, robotisées, celles où il ne fallait surtout pas perdre 8 secondes. « Tel le Fabrice de La Chartreuse de Parme, qui participa à Waterloo sans savoir de quoi il retournait, Laurent Fignon ne comprit pas ce qu'il voyait sur le Tour de France 1991 : des gars très moyens roulaient à bloc, sourire aux lèvres, à 150 bornes de l'arrivée, des dizaines de sous-fifres l'enrhumaient dans un col, alors qu'il écrasait les pédales comme un damné. Quelque chose échappait au grand blond à lunettes. Il ne mit pas longtemps à mettre un nom sur ce nouveau Waterloo qui se résumait à trois lettres : EPO. Seul, le cycliste l'est toujours. Seul, le champion l'est davantage encore. Mais c'est une autre solitude que décrit le double vainqueur de la Grande Boucle : sur ce Tour de l'étrange, il ne pédalait plus dans la même catégorie. Tout en avouant avec honnêteté que, s'il n'avait pas été en fin de carrière, il aurait fait la queue comme tout le monde » explique avec talent et tact François-Guillaume Lorrain sur le site lepoint.fr Et c'est là que le doute s'installe ! C'est là que les secondes doivent durer des heures dans une vie.
SANS AUCUN LIEN
L'ancien vainqueur du Tour de France (1983, 1984), a révélé jeudi sur Europe 1, et dans l'émission "7 à 8" à diffuser demain sur TF1, qu'il souffre d'un "cancer avancé", mais sans établir de lien avec la prise de produits dopants. "On m'a détecté un cancer des voies digestives. On ne sait pas trop où exactement. C'est une mauvaise nouvelle", déclare Fignon, 48 ans, qui évoque sa carrière et le dopage au sein du peloton, dans un ouvrage intitulé "Nous étions jeunes et insouciants", à paraître aux éditions Grasset. "Mon cancer est un cancer avancé, puisqu'il a envoyé des métastases, précise le champion à TF1. (...) C'est certainement le pancréas. Donc, on ne sait pas ce qui me reste à vivre. On ne sait pas ce qui va se passer. Mais je suis optimiste. On va se battre et réussir à gagner ce combat". On se croirait au départ d'un autre contre la montre, beaucoup plus important que celui d'il y bizarrement 40 ans !
"J'ai entamé une chimiothérapie il y a à peu près 15 jours. J'ai fait ma deuxième séance il y a quelques jours. Ca se passe plutôt bien, je suis en bonne forme. J'ai 5 séances prévues, on refera une analyse complète après le Tour de France. Pour l'instant, j'en sais pas plus que vous. Tout va bien", a-t-il temporisé sur Europe 1.
Interrogé par TF1 sur le lien éventuel entre sa maladie et le dopage, la prise d'amphétamines et de cortisone durant sa carrière de coureur, qu'il évoque dans son livre, Laurent Fignon répond: "Je ne vais pas dire que cela n'a pas joué. Je n'en sais absolument rien. C'est impossible de dire oui ou non. D'après les médecins, apparemment non".
"J'ai expliqué franchement (aux médecins) ce que j'avais fait dans ma carrière, ils m'ont dit « ça ne peut pas être ça. Ce serait trop simple ». Et puis il y a en avait des dizaines, parce qu'à mon époque, tout le monde faisait la même chose, comme aujourd'hui tout le monde fait la même chose", ajoute-t-il."Est-ce que le mien vient de cela? s'interroge-t-il. Le cancer digestif, c'est d'abord une histoire de nutrition. Les produits que l'on ingère le sont par intramusculaire, ils ne passent pas par l'estomac. Donc, non! Si tous les cyclistes qui se sont dopés devaient avoir un cancer, on en aurait tous".
DES PRECEDENTS ILLUSTRES
L'Américain Lance Armstrong, sept fois vainqueur du Tour de France entre 1999 et 2005 après avoir soigné un cancer des testicules, lui a adressé ses voeux de prompt rétablissement.  Il ne lui a cependant pas rappelé la fin de Jacques Anquetil, car ce serait un rapprochement terrible. En effet, on a oublié que son prédécesseur sur le podium du Tour est décédé en 1987 d'un cancer de l'estomac ! Lui aussi avait usé des amphétamines par voie musculaire et lui aussi avait eu un cancer des voies digestives.
Comment ne pas faire un parallèle malheureux ? Sa mort ne surprit personne, car l'orage avait été annoncé. Avec sa franchise, Jacques n'avait pas caché la gravité du mal qui le frappait. Il avait été hospitalisé, le 6 novembre 1987, à l'hôpital Pasteur de Colmar en raison « d'anomalies de la numération sanguine et de douleurs diffuses ». Deux jours plus tard, le communiqué médical était beaucoup plus direct et alarmant : « Le patient souffre de métastases d'un cancer de l'estomac au niveau de la colonne vertébrale. Ces métastases sont à l'origine des douleurs osseuses pour lesquelles Jacques Anquetil a été hospitalisé. » Entre sa première opération et son décès, un peu plus de trois mois se seront écoulés... et la légende n'était plus de ce monde. Le vélo change de braquet dans les années Anquetil (dont la moyenne record de 37,317 km/h dans le Tour 1963 ne sera pas améliorée avant la victoire de Bernard Hinault en 1981). L'escalade des cadences se poursuit tout au long des années 70. « Le Belge Freddy Maertens, raconte Jean-Pierre de Mondenard, est un exemple emblématique de ce stakhanovisme . Il a été engagé en 1978 dans 220 courses, en a gagné 56 et a totalisé 23 jours de courses entre le 24 mars et le 1er mai. Les coureurs de cette époque couraient fréquemment plus de 200 jours par an. »
Que disent les statistiques ? Sur les 677 coureurs de cette époque, on dénombre 77 décès, soit un peu plus de 11%. Quand on examine la mortalité par tranche d'âge, une première observation frappe : la survie des coureurs devient de moins en moins bonne au cours des ans.
A mesure que l'on avance dans le temps, on relève de plus en plus de morts avant l'âge de 60 ans. Le peloton semble évoluer à rebours de la population générale, dont la mortalité diminue dans toutes les tranches d'âge depuis la guerre, mais dans quelques semaines, on continuera à regarder les ascensions de cols à un rythme de motocyclettes, ou les contre la montre au niveau du record de l'heure sur piste. C'est le spectacle qui continue !
ANCIENS ET MODERNES
Pour analyser cette évolution paradoxale, les statisticiens de l'Institut Curie ont distingué deux sous-groupes : les coureurs dont l'année de milieu de carrière est antérieure ou égale à 1961, et ceux pour qui elle est postérieure. Schématiquement, les « anciens » correspondent à la génération d'avant guerre et à la période Coppi-Bobet. Les « modernes » sont très majoritairement nés après la guerre et ont couru pendant les années Anquetil, Merckx, Hinault ou Indurain. Darrigade, notre champion de longévité, fait partie des anciens, mais il a connu le début de la période moderne.
Le groupe des anciens comprend 285 sujets, dont 229 en vie ; le groupe des modernes 392 sujets, dont 370 vivants. La moyenne d'âge du premier groupe est de 70 ans, celle du second 44. Le déséquilibre entre les deux traduit le fait que le premier correspond vraiment à une génération, tandis que les modernes comprennent à la fois les enfants du baby-boom et le début d'une génération plus jeune, née autour de 1970.
Le groupe le plus âgé se distingue par une santé exceptionnelle. Si l'on oublie les décès précoces de Louison Bobet, Jean Robic ou Roger Rivière, nos anciens ont dans l'ensemble une pêche d'enfer. Les octogénaires fleurissent. Leur doyen, Lucien Lauk, a aujourd'hui 87 ans et a couru les Tours 48 et 50. Au total, 93% des anciens atteignent 60 ans, 70% vivent encore à 80 ans. A titre de comparaison, dans la population générale, on compte environ 85% de survivants à 60 ans, 70% à 70 ans, 40% à 80 ans (données de 1975). Ainsi, les anciens ont quasiment une décennie de bonus sur le Français moyen !
En comparaison avec l'étonnante conservation de leurs aînés, les modernes ont triste mine : 85% de survie à 60 ans, pas mieux que la population générale. Ils sont trop jeunes pour qu'on puisse calculer leur taux de survie à 80 ans, mais s'ils continuent sur leur lancée, ils n'auront pas la longévité remarquable de leurs aînés. Une fois de plus, notre Poupou national fait figure d'exception qui confirme la règle : âgé de 63 ans, il semble bien parti pour démontrer que, dopage ou pas, le vélo vous maintient son bonhomme.
Pour les maladies vasculaires, les cadets s'en sortent également moins bien que leurs aînés, mais l'écart n'est pas significatif. En revanche, si l'on se limite aux décès avant 45 ans, la différence devient explosive : les cinq coureurs cueillis dans la fleur de l'âge par des crises cardiaques ou des accidents vasculaires sont tous des modernes. Aucun décès de ce type n'a été enregistré chez les anciens, et ces cinq morts constituent bien une anomalie criante. D'autant que les coureurs du peloton affichent au départ une constitution plus robuste que la moyenne nationale. Le cancer, c'est de toutes manières le dopage. Mais doit-on jeter la pierre aux seuls cyclistes, quand on sait qu'à 8 secondes près on peut entrer dans l'éternite !
Mais je déblogue...
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Published by Jean-Marie DARMIAN - dans SPORT
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12 juin 2009 5 12 /06 /juin /2009 07:17
Il faut continuer à chercher quels sont les 12 % de Françaises et de Français qui ont voté pour les listes européennes. C'est capital pour envisager l'avenir et comprendre véritablement l'avenir. C'est la quadrature du cercle, car il devient difficile de trouver un groupe social satisfait du gouvernement, à moins de considérer que les adhérent(e)s de l'UMP sont tellement nombreux qu'en se déplaçant avec leur famille ils ont confisqué le résultat du scrutin. Impossible de croire que les agriculteurs, fonds de commerce de la majorité présidentielle, ait mis un bulletin en faveur d'une liste conduite par un ami de Nicolas Sarkozy. En effet, hier, ils ont entamé le blocage de la moitié du réseau d'approvisionnement des grandes surfaces, pour dénoncer les marges de la grande distribution, en dépit d'un premier geste du gouvernement... C'est probablement un signe de confiance dans le futur ex-ministre de l'Agriculture, qui a obtenu pour ses amis un score sans précédent en Ile de France, région où, il est vrai, il avait copieusement arrosé les céréaliers qui menaçaient de faire une liste contre lui !
Le mouvement de protestation, enclenché depuis plusieurs jours dans le Grand Ouest à l'initiative d'éleveurs en colère qui a devancé le mot d'ordre de la FNSEA, s'est élargi dans la journée à la région Est, à la Normandie et à l'Oise. Les agriculteurs sont « en train d'être entendus par le gouvernement, comme les sidérurgistes, les marins pêcheurs ou les viticulteurs girondins sinistrés, mais ne vont pas lever dans l'immédiat le blocage des plates-formes logistiques. Le secrétaire de la FNSEA a réagi à une déclaration du ministre de l'Agriculture, Michel Barnier, assurant que le gouvernement était disposé à envoyer des inspecteurs du ministère des Finances dans les grandes surfaces qui ne jouent pas "le jeu de la transparence" sur les marges des produits agricoles. « Nous attendons de voir que c'est bien l'ensemble des membres du gouvernement » concernés par ce dossier « qui va se mettre en œuvre », a averti M. Lemétayer... qui ne doit pas savoir que le remaniement se produira la semaine prochaine, et que d'ici là, le Minsitère attend le verdict. Barnier, tout juste élu député européen avec le soutien des agriculteurs, doit en effet quitter le gouvernement dans les prochains jours.
En bloquant les plates-formes d'approvisionnement de la grande distribution, le syndicat agricole veut dénoncer les marges réalisées par les grandes surfaces. Depuis la signature, la semaine dernière, d'un accord sur le prix du lait, jugé très insuffisant par les producteurs laitiers, les éleveurs restent mobilisés sur le terrain, comme s'ils ne savaient pas que, les élections étant passées, leurs manifestations ne préoccuperont pas les gens qui doivent les aider. Trop tard ! Il aurait fallu un autre tour de vote pour que le réveil sonne. Ils ont pourtant été rejoints par d'autres agriculteurs, dont les productions (porc, fruits et légumes...) connaissent aussi des difficultés. La situation est tendue et des échauffourées ont eu lieu avec les forces de l'ordre. Incroyable! ces gens là auraient donc refusé de voter pour l'UMP et se seraient orientés vers un vote utile en faveur de José Bové, ex-leader de la Confédération paysanne.

LES OUBLIES SE REVEILLENT
Plusieurs plates-formes logistiques, assurant l'approvisionnement de la grande distribution (Intermarché, Lidl, Leclerc, Système U, Casino, Carrefour, Géant...), étaient occupées hier, certaines pour la troisième journée consécutive, dans les Côtes d'Armor, le Morbihan, le Finistère ainsi qu'en Ille-et-Vilaine, Loire-Atlantique et le Maine-et-Loire. Autant de départements qui ont contribué aux 12 % des listes de la majorité présidentielle.
Dans l'Eure et le Calvados, l'heure est aussi au blocage. Dans l'Oise, le blocage a commencé hier en début de soirée. La région Est, est également entrée dans le mouvement. Plusieurs bases (Lidl, Leclerc, système U, Intermarché...) étaient bloquées dans le Bas-Rhin, dans le Haut-Rhin et dans la Meuse. En Franche-Comté, le mouvement devait débuter plus tard. « C'est une erreur majeure des politiques, mais aussi de notre profession, que de ne pas avoir permis à des représentants du monde agricole de siéger au parlement européen » explique le président national des Jeunes agriculteurs. « Nous n'avons pas les clés du camion, elles sont à Bruxelles. Et ce n'est pas José Bové qui demain, lors du vote du budget de la PAC, défendra une agriculture de production. Il n'a pas percé dans l'agriculture, il se dirigera, par opportunisme, vers l'environnement ». Pourquoi?...Il ne compte pas sur Barnier ou Baudis?
Cette inquiétude, le président de la Chambre d'agriculture du Gers, la partage. « Aujourd'hui, les politiques consacrent très peu d'intérêt à l'agriculture, pourtant la seule politique mutualisée de l'Europe. Nous sommes en train de faire une grossière erreur en pensant que le problème agricole est derrière nous. Voyez les États-Unis qui développent une politique agricole conséquente. Si l'Europe considère que l'agriculture n'est plus un enjeu stratégique, c'est une erreur que l'on paiera très cher. » Et que diraient les viticulteurs qui n'ont plus un seul député pour les défendre contre les « intégristes » anglo-saxons du lobby anti-alcool ! Ils peuvent pleurer sur leur triste sort, puisque, par exemple, la région du Bordeaux ne compte plus sur une seule voix à Bruxelles. Dommage : Barnier les « défendra » dans quelques semaines, aussi efficacement qu'il l'a fait à la tête du Ministère face aux grandes surfaces qui, rappelons-le, ne sont que l'émanation du principe porté majoritairement au parlement de la « concurrence libre et non faussée ». Inutile de chercher des voix sarkozystes en Gironde chez ces gens là !

RIEN N'EST REGLE
Si l'on fouille ailleurs, on peut se dire que ce sont peut-être les étudiants ravis de retrouver le chemin des examens... une sorte de revanche sur ces fichus grévistes qui les ont empêché d'obtenir des diplômes qui leur permettent de passer les concours de la fonction publique, où les places se rétrécissent comme peau de chagrin. Les présidents des universités en ont d'ailleurs conscience. La Conférence des présidents d'université (CPU) a annoncé suspendre sa participation à la commission Marois-Filâtre sur la formation et les concours des enseignants, en raison d'un désaccord avec le ministère de l'Education nationale sur des projets de décrets.
"Prenant acte de ce que le ministère de l'Education nationale refuse de revenir sur les dispositions permanentes des décrets relatifs au recrutement des enseignants, et dans la mesure où ces dispositions permanentes anticipent le résultat des travaux de la commission Marois/Filâtre, le bureau de la CPU et le président Daniel Filâtre ont décidé de "suspendre leur participation à cette commission de concertation et de suivi", selon un communiqué de la CPU. "La CPU, en accord avec les conférences de directeurs d'IUFM, de lettres et de sciences, continuera à travailler, indépendamment, pour élaborer des conclusions, propositions et recommandations dans les semaines à venir", ajoute-t-elle, précisant qu'elle "reste ouverte aux propositions" du ministère de l'Education "qui permettraient de rétablir un dialogue paritaire". Modifiant le statut des enseignants, en lien avec la réforme de la formation ou "mastérisation", les projets de décrets en question doivent passer en conseil de la fonction publique le 12 juin, puis au Conseil d'Etat, avant promulgation possible d'ici fin juin... ou courant juillet quand tout le monde sera en vacances ! Inutile donc d'explorer cette catégorie sociale : ils sont restés à la maison, ou ils ont aux aussi voté pour Bové ou Cohn Bendit qui représentent la révolte ! Impossible que ces jeunes futurs adeptes des chapelles du Pôle emploi aient comme religion le Sarkozysme triomphant. Alors il faut aller voir ailleurs.

DES REFORMES APPRECIEES
On se penche sur les « bénéficiaires » des réformes fondamentales du gouvernement. Tenez, prenez les gens qui ont cru que la fusion de l'ANPE et des ASSEDIC allait arranger l'avenir des chômeurs : incroyable, si je moindre employé autre que le directeur général a voté UMP ! Nicolas Sarkozy l'avait pourtant promis pendant la campagne présidentielle, la fusion de l'ANPE et des Assedic au sein du Pôle emploi devait être un des outils majeurs de la lutte contre... le chômage, le remède miracle pour passer en-dessous de la barre des 5% de sans emplois à l'horizon 2012. La réalité est toute autre. Officiellement en place depuis le mois de janvier, le Pôle-emploi semble bien mal en point, entre mécontentement des agents et querelles de dirigeants.
Selon Alain Lecanu, président du comité d'évaluation de Pôle emploi, les personnels sont «bousculés» (conjoncture, RSA, perspective d'inscription massive à la rentrée), à cause d'un directeur général qui fonctionne en cercle fermé et met le conseil d'administration devant le fait accompli. «Il nous faut à la tête du service public de l'emploi un vrai patron, qui vienne du privé, car Pôle emploi n'est pas une administration comme l'était l'ANPE, mais une entreprise » continue ce représentant du CFE-CGC, le syndicat des cadres.
Démonstration dans le Languedoc-Roussillon, où les agences du Pôle emploi ont vu le nombre de chômeurs inscrits exploser, passant de 100 000 à 130 000 entre l'automne dernier et le mois d'avril. « Nous sommes saturés et le service rendu aux usagers s'en ressent fortement », se désole le délégué syndical de Sud emploi dans la région. « Alors qu'on avait réussi à réduire le délai d'attente entre l'inscription et le rendez-vous avec un agent à cinq jours avant la fusion, on est repassé sur des délais beaucoup plus longs, presque trois semaines en moyenne. Sans parler de la nouvelle permanence téléphonique. Les gens viennent s'inscrire chez nous, et on leur répond qu'il faut qu'ils appellent un numéro surtaxé (ndlr : le 3949) où il faut attendre des heures. Inutile de préciser que la plupart ne comprennent pas trop ». Le mécontentement augmente, les files d'attente s'allongent et la charge de travail s'accroît considérablement pour les conseillers du Pole emploi. Une réforme purement en trompe l'œil, qui va rendre inutile de Pôle emploi qui ne servira à rein en cette période terrible de destruction des emplois. Au contraire, la situation va empirer !
La ministre de l'Economie, Christine Lagarde, avait annoncé lors de la fusion, qu'à terme, le portefeuille de chaque conseiller - le nombre de dossiers qu'il est amené à suivre -  n'excéderait pas 60 personnes, voire 30 pour les cas jugés les plus difficiles (maladie grave, détresse psychologique...).Sur le terrain, on est plus proches des 100 ou 150 demandeurs d'emploi par agent. Certains doivent même monter jusqu'à 300 pour gérer le flux de nouveaux inscrits. Les chômeurs, comme celles et ceux qui doivent s'en occuper, n'appartiennent donc pas aux 12 % des partisans de l'UMP... Ou alors, il faut en revenir au jugement de de Gaulle sur les Françaises et les Français. Ainsi, c'est clair, il n'y plus que les rentiers, les protégés du bouclier fiscal, les destinataires des exonérations de charges sociales, les retraités terrorisés par les images terrorisantes de la télé, les amis du Fouquet's, qui ont voté pour les listes sarkozystes. Mais alors là, c'est inquiétant, car ils sont plus nombreux que les 7 millions de pauvres qui, eux, ne sont pas venus voter.
Mais je déblogue...
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Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
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