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LES STATISTIQUES

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9 juin 2008 1 09 /06 /juin /2008 07:17
La parité en politique entre trop lentement dans les habitudes mais elle prend parfois des allures sur la planète tout à fait spécifiques. Il faut bien constater, sans être un sous misogyne, que la pipolisation des comportements donne désormais aux femmes un rôle jusque là inédit. On a bien vu dans de grands pays que le statut de « femme de... » servait à la fois à entrer dans des élections de très haut niveau.
C'est ainsi qu'en Argentine on a toujours vu dans le sillage de Nestor Kirchner son épouse Cristina. Elle l'a accompagné à tous les étages du pouvoir depuis celle de la ville de Rio Gallegos, capitale de la province de Santa Cruz en... Patagonie avant d'arriver à la présidence de la république Argentine. Elue députée de la province de Santa Cruz en 1989 puis réélue en 1993, membre de la convention constituante de 1994, elle devient Sénatrice nationale de Santa Cruz l'année suivante puis Députée nationale avant de redevenir Sénatrice nationale de la même province en 2001. En 2005, Cristina Kirchner remporte un nouveau mandat de Sénatrice nationale, mais cette fois dans la province de Buenos Aires. Entre-temps Nestor Kirchner est devenu le 25 mai 2003 Président et elle Première dame de l'Argentine. Elle a toujours milité et arpenté les allées de la politique dans son pays. Elle a toujours été considérée comme une femme politique indépendante, convaincue ayant acquis une grande expérience de terrain.
Péroniste de gauche, avocate des Droits de l'Homme, Cristina Kirchner a en effet défendu, sans faiblesse, des valeurs de justice sociale. Elle est très active dans la moralisation de la vie de son pays, luttant notamment contre la corruption et contre l'impunité des anciens responsables de la dictature. Elle manifeste également un intérêt marqué pour tout ce qui touche à la Culture et au développement culturel.
Surnommée « la reine Cristina », souvent comparée à la "Santa Evita" du petit peuple argentin, première épouse du populiste Juan Peron, cette Hillary Clinton sud-américaine, comme elle brillante avocate, Sénatrice, épouse de président, de gauche, belle, élégante et autoritaire, est proche de la plupart des chefs d'Etat du continent latino-américain, en particulier de la présidente du Chili Michelle Bachelet, mais aussi de Lula (Brésil) et de Hugo Chavez (Vénézuela). Elle a d'ailleurs franchi toutes les étapes sans aucune embûche si ce n'est qu'elle avait d'abord beaucoup contribué à la victoire de son mari avant de penser à sa propre carrière.
Cristina Kirchner, extrêmement populaire et surtout dotée d'une excellente image médiatique grâce à une pipolisation du couple présidentiel durant des mois elle est devenue le 28 octobre 2007 la première femme présidente de la République d'Argentine. Ce parcours est bien différent de celui de sa voisine chilienne qui a dû aller chercher son élection sans aucun soutien de la presse et des télévisions. Les deux ont pourtant inspiré bien des choix de communication dans notre propre pays.
L'ARRET SUR IMAGE
Femme de président, Hillary Clinton a beaucoup donné. Sa défaite lors des primaires démocrates freine probablement provisoirement son goût immodéré pour le pouvoir. Elle aussi n'a jamais failli dans le soutien à la carrière de son mari, utilisant son image de femme fiable, solide, digne pour prépare son propre avenir. Bill Quand Clinton devient gouverneur de l'État d'Arkansas Hillary devient alors Première Dame de l'état pendant douze ans. Elle préside le comité des programmes de l'enseignement de l'État co-fonde l'association de soutien des enfants et familles d'Arkansas, et est aussi membre des comités directeurs des hôpitaux pour enfants, des services légaux et du fond de défense légal des enfants.
Elle milite, elle s'investit, elle prend des risques sans que l'on sache alors si elle est... à son compte ou si elle travaille véritablement pour son mari. Quand son époux est élu à la Maison Blanche en 1992, avec son aide inconditionnelle, Hillary devient la Première dame du pays et probablement, parmi celles-ci, la plus impliquée dans la vie politique fédérale... pour essuyer des moments épouvantables avec le scandale Lewinski dont elle sortira humiliée mais grandie. Sénatrice de New-York elle va se lancer méthodiquement dans la course à la présidence dans laquelle elle vient d'échouer... malgré l'appui de son mari retraité.
Il est difficile de considérer qu'après les périodes détestables qu'elle avait traversées, elle ait pu bénéficier véritablement d'un soutien médiatique positif. C'est au contraire son adversaire dans les primaires démocrates qui a réussi à capter les effets bénéfiques d'un système ayant conservé une certaine réprobation à l'égard de celle qui n'avait pas voulu accabler son mari en difficulté pour des problèmes n'ayant rien à voir avec... la politique. Hillary Clinton, comme avant elle Jackie Kennedy ont inspiré bien des épouses de présidents et même, c'est un secret pour personne, bien des candidates aux fonctions suprêmes. Manière de s'exprimer, choix des vêtements, positionnement dans les manifestations ou les voyages : on a maintes fois tenté de copier le style Kennedy puisque ce fut le premier couple qui véritablement lança cette notion en politique. Mais contrairement à Cristina Kirchner ou à Hillary Clinton, jamais Jackie Kennedy ne souhaita jouer un autre rôle que celui de faire valoir !
RESPECT MADAME
Il semble bien que cette position de « première dame » considérée comme celui d'une « accompagnatrice » sans autre implication que celle de participer aux inaugurations des chrysanthèmes ait été mise à mal par Danielle Mitterrand. Cette dernière a eu la volonté permanente d'exister en dehors du pouvoir présidentiel. Elle s'est construit une vie personnelle reposant sur uniquement sur ses convictions. Pas question de laisser sur le perron de l'Elysée son franc parler, ses positions contraires à celles de son mari ou parfois dérangeantes pour la France. Danielle Mitterrand n'a jamais accepté d'être « exploitée » médiatiquement sur des problèmes de politique intérieure. Elle n'avait aucune tentation d'effectuer une carrière politique comme ne l'a pas fait après elle Bernadette Chirac. Elle restait sur des principes, des symboles et a sans cesse refusé d'entrer dans l'arène. Encore maintenant elle n'a pas bougé d'un iota s'évertuant à réveiller des consciences de Gauche endormies sur la problématique de l'accès à l'eau potable sur une planète « marchandisée » à outrance. Elle refuse les honneurs, les comparaisons, les mondanités pour n'être qu'une femme militante sans autre ambition que celle de servir la cause de ses idées. Ce fut une autre époque.
La France a en effet vécu depuis maintenant deux ans, un psychodrame autour de ce qui n'est pas une fonction mais plutôt un rôle. D'abord avec le refus de Mme Sarkozy d'entrer dans des calculs de communication que d'autres élaboraient pour elle. En fait son renoncement accompagnait un débat qui n'a jamais eu lieu sur la position sociale de l'épouse du président que l'on ne se poserait d'ailleurs pas dans l'autre sens pour le... mari d'une éventuelle présidente. Les médias alléchés par cette « production » hollywoodienne ont bien évidemment exploité le filon. L'arrivée dans le jeu de Carla Bruni allait leur offrir une source inépuisable de pipolisation de ce qui n'avait été jusque là que... politique. Enfin des images glamour pour magazines destinés à ce grand public qui ne veut plus d'idéologie mais des bons ou mauvais sentiments.
UN SONDAGE REVELATEUR
Les Français sont donc désormais 57% à considérer que le fait que Carla Bruni-Sarkozy « poursuive sa carrière artistique » est « compatible avec son rôle de Première dame de France », selon un sondage Ifop pour l'incontournable le Journal du dimanche. Franchement dans le contexte actuel où sur le plan social les gens devraient avoir bien d'autres sollicitations je trouve ce type de sondage totalement surréaliste.
Les Français à l'inverse sont 42% à estimer que cette carrière artistique n'est pas compatible avec le statut d'épouse du chef de l'Etat, et 1% ne se prononcent pas. C'est dire l'importance de cette enquête !
Les personnes sondées sont également 68% à se dire satisfaites du fait que Carla Bruni-Sarkozy soit la Première dame de France, contre 35% se disant mécontents, et 6% ne se prononçant pas comme s'ils pouvaient avoir une influence sur sa présence à l'Elysée.
Elles sont aussi 64% à dire que Mme Bruni-Sarkozy « représente bien la France à l'étranger » (contre 35% estimant l'inverse), 60% à estimer qu'elle « renouvelle le rôle de première dame de France » (40% estimant l'inverse), 52% qu'elle a une « influence positive sur le président de la République » (44% estimant l'inverse).
Parmi les personnes interrogées, 45% jugent que Carla Bruni-Sarkozy devrait « rester davantage en retrait », contre 54% estimant l'inverse. Ah ! au fait le troisième album de Carla Bruni-Sarkozy sortira le 21 juillet chez Naïve et comportera 14 titres majoritairement écrits et composés par elle. Souhaitons qu'il soit politiquement correct et qui sait si dans le clip il y a une place pour une image ou deux du président de la République ce ne serait pas mal pour son image.
Le seul fait que l'on ait l'idée dans un journal de payer (espérons qu'il l'a été) un sondage sur un tel sujet démontre que le virage est pris : on se tourne définitivement vers une politique spectacle. Elle va lentement ronger les références pour laisser la place au futile. A quand la première candidature « familiale » à la Présidence ?
Mais je déblogue...
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8 juin 2008 7 08 /06 /juin /2008 10:00
Tous les systèmes de régulation internationaux traversent des crises graves dans l'indifférence des femmes et des hommes installés sur une planète en désespérance. Les progrès de l'humanité, au sens large du terme sont désormais liés à la notion de profit. Plus aucune idée philosophique généreuse n'a de prise sur le comportement général des responsables politiques. Le siècle des Lumières appartient à la préhistoire de la gouvernance car un mot a pris le pas sur tous les autres. Par exemple, alors que l'on sait pertinemment que la famine guette des millions d'habitants des pays pauvres et que même dans nos sociétés dites évoluées on constate que manger à sa faim n'est plus une rélaité généralisée. Or on a eu une grande messe internationale à Rome qui a accouché du minimum non vital comme si les égoïsmes se renforçaient devant les difficultés faisant totalement disparaître la notion de « solidarité », vieux principe démocratique attaqué insidieusement à tous les niveaux.
Le sommet de Rome de la FAO réunissant 181 pays avait en effet été réuni afin de trouver une issue à la grave crise alimentaire mondiale et à la faim dans le monde s'est conclu sur un accord bien insuffisant. La seule dépense pour la tenue d'une telle réunion aurait permis de sauver des milliers d'enfants et de femmes mais ce ne fut pas évoqué.
850 millions de personnes souffrent de la faim dans le monde, et la hausse des prix des denrées alimentaires de base affame 100 millions de personnes supplémentaires. On arrive au milliard de gens en danger dans tous les pays du monde car ils serait illusoire de croire que l'augmentation des produits de base n'aura aucune incidence chez nous.
Plus de 6,5 milliards de dollars de promesses de dons pour lutter contre la faim et la pauvreté vont être recueillis, a annoncé Jacques Diouf, directeur de la FAO. Cette somme qui paraît astronomique représente cependant moins de la moitié du montant nécessaire pour enrayer la faim dans le monde sur une seule année. De plus, la destination de ces fonds reste floue : aide alimentaire d'urgence, financement de projets agricoles ? Aucune précision sur l'objectif de ces promesses de dons n'a été apportée car les diplomates présents ont été incapables d'en décider. Le vœu pieux de réduction de la moitié des personnes souffrant de la faim d'ici 2015 a été déclaré ; les mêmes engagements ont déjà été pris en 1974, en 1996 et en 2000, sans résultats. Ils le seront dans deux ans quand la moitié du milliard d'affamés aura quitté ce monde... et que les multinationales auront bien installé leur main mise sur les semences OGM.
Aucun accord n'a été pris sur les biocarburants, pourtant responsables du retrait de 100 millions de tonnes de denrées alimentaires sur le marché mondial. Aucune stratégie sur les cultures vivrières n'a été mis en place. Aucune suite possible à ce programme restreint na été envisagée. On laissera la « marché » dicter sa loi car c'est lui qui dans le fond gouverne la démocratie en laissant au politique le soin de lui ouvrir les espaces indispensables à son action.
De plus, le système agricole actuel qui défavorise les agriculteurs des pays en voie de développement, pourtant dénoncé par le secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-Moon, n'a pas été remis en cause dans les actes.
LA VERITE SELON ZIEGLER
Jean Ziegler, ancien rapporteur de l'ONU sur le droit à l'alimentation, déclare dans une interview au journal Le Monde que "la priorité absolue dans les pays les plus pauvres est aux investissements dans l'agriculture vivrière, familiale et de subsistance. Le résultat de cette conférence est totalement scandaleux : l'intérêt privé s'est imposé, au lieu de l'intérêt collectif. Les décisions prises à Rome risquent d'aggraver la faim dans le monde, au lieu de la combattre", s'insurge-t-il. Mais sa voix s'est perdue dans les couloirs du palais romain où l'on avait la conscience tranquille des gens ayant bien travaillé dans l'intérêt de « son » pays !
Selon lui, il faut en effet « retirer de la Bourse la fixation des prix des aliments de base, et instaurer un système où le pays producteur négocie directement avec le pays consommateur pour exclure le gain spéculatif » Le Vénézuela et l'Argentine ont refusé d'adhérer à la proposition finale pas la France. Cuba a vivement critiqué le « manque de volonté des pays du Nord » et a mis en cause un texte qui « ne fait pas référence aux conséquences des subventions et de la spéculation ». Mais qui a écouté ce message ? Surtout qui l'a pris en considération dans nos civilisations suspectant le régime castriste d'être fossilisé ou même antédiluvien ! « Les conclusions du sommet sont le résultat du manque de volonté de la part des gouvernements de protéger véritablement les populations les plus pauvres et vulnérables », a déclaré de son coté l'association Actionaid. Une voix dans le brouillamini quotidien de l'actualité. Une voix dans le désert assourdissant de l'indifférence.
Jean Ziegler toujours dans Le Monde désigne les responsables de ce que personne n'ose présenter comme un fiasco puisque pas moins de 50 chefs d'Etat et leurs suites son passé par Rome. « Il y en a trois principaux. D'une part, les Etats-Unis et leurs alliés canadiens et australiens qui ont saboté le sommet en faisant pratiquement la politique de la chaise vide. D'autre part, les grandes sociétés multinationales. Dix sociétés multinationales contrôlent actuellement 80 % du commerce mondial des aliments de base mais elles ne sont pas la Croix-Rouge et ne sont pas en charge de l'intérêt collectif. Troisième responsable, et je le dis avec beaucoup d'inquiétude, c'est le secrétaire général des Nations unies, qui est chargé de faire des propositions. Or, il ne le fait que d'une façon très insuffisante ». Ce Suisse atypique a le mérite de dire haut mais pas encore assez fort ce que tout le monde devrait relayer dans l'opinion publique. Surtout à Gauche !
LE PAYSAN KENYAN
Le sommet de la FAO fut l'occasion de beaux discours, très inspirés avec des phrases déclenchant des applaudissements... nourris. Le secrétaire des Nations unies a tiré la sonnette d'alarme mais pas encore sonné le tocsin, même si cela n'était plus vraiment nécessaire après les émeutes de la faim qui ont éclaté dans de nombreux pays d'Asie et d'Afrique au cours des trois derniers mois. Les dirigeants de 44 nations ont exprimé leurs graves préoccupations. Des doigts accusateurs ont été pointés. Seule absente de ce sommet de la FAO : une réponse concrète et immédiate à donner à cette crise mondiale.
Pas un mot par exemple sur le paysan kenyan - déjà durement frappé par la misère et dans l'impossibilité de s'offrir trois repas par jour - pour expliquer comment il va survivre dans les cinq prochains mois, sachant que la pluie manque depuis deux ans et que le peu de réserves qu'il a pu constituer a été réduit en cendres par la médiocrité politique, l'avarice et le chauvinisme ethnique (de ses dirigeants). Imaginez la même situation dans la plupart des pays d'Afrique subsaharienne et de plusieurs régions d'Asie, et vous comprendrez l'urgence de la situation.
Une chose est sûre : les récoltes et les réserves de nourriture se sont raréfiées dans le monde entier, provoquant l'actuelle flambée des prix. Il ne suffit pourtant pas de pointer un doigt accusateur sur les Etats-Unis et le Brésil, qui utilisent leurs récoltes pour produire des agrocarburants. Il ne suffit pas non plus de faire de belles déclarations d'intention sur les moyens d'augmenter la production dans les économies agricoles pauvres. Il est temps pour la communauté internationale de prendre des mesures immédiates afin de donner à manger à ceux qui meurent de faim.
Les débats sur les entorses au libre-échange que constituent les barrières douanières ou les subventions des pays riches pour protéger leurs agriculteurs doivent être remis à plus tard. Le plus urgent est de répondre à cette question : que compte faire le monde pour que près de 1 milliard d'humains obtiennent l'aide dont ils ont besoin pour survivre. Et là on est resté sur sa faim car il faut passer de la compassion théorique à la solidarité concrète.
LA NOURRITURE PETROLE
En fait il aurait fallu prendre des décisions de fond sur les moyens d'envisager de développer l'offre alimentaire face à une demande en augmentation - notamment dans les pays asiatiques à forte croissance -, face à de mauvaises récoltes et à la hausse des prix du carburant. Cette combinaison explosive de facteurs a conduit à un doublement des prix des denrées alimentaires au cours des deux dernières années. L'Organisation pour la coopération et le développement économique (OCDE) estime elle que les prix du riz, du maïs et du blé devraient baisser un peu par rapport aux sommets atteints ces temps-ci mais rester à des niveaux élevés pendant les dix ans à venir. D'après les évaluations de la FAO, la production alimentaire devra progresser de 50% d'ici 2050 pour parvenir à satisfaire la demande. On peut encore y croire alors que chez nous par exemple afin de réguler le marché on met en place des quotas et surtout la jachère organisée. Comprenne qui pourra !
les pays industrialisés du G8 mettront en fait leur crédibilité en jeu lors de leur prochain sommet, en juillet au Japon. Les bonnes idées énoncées à Rome devront être suivies par des chèques au Japon. A moins qu'on ne modifie le commerce international inéquitable, les politiques en matière de biocarburants et les politiques agricoles, la crise agricole des pays en développement se poursuivra inexorablement. On laissera faire car la crise pétrolière tétanise tous les gouvernements. Les diplomates parviendront, dans un tel contexte, à contenir le débat houleux sur les biocarburants, accusés de détourner des surfaces agricoles de la production alimentaire.
Sous la pression des Etats-Unis, qui sont avec le Brésil en pointe dans la production de cette énergie alternative, la déclaration de Rome s'est contentée de relever que ces combustibles présentent "des défis et des opportunités". "Nous sommes convaincus que des études en profondeur sont nécessaires pour nous assurer que la production et l'utilisation des biocarburants est viable", peut-on lire. Nous voici sauvés : on va faire des études ! Pour nourrir la planète ou pour nourrir les comptes en banque de personnes affamés de dollars ?
Mais je déblogue...
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7 juin 2008 6 07 /06 /juin /2008 23:18
On ne peut qu'être inquiet sur la faiblesse des mémoires à notre époque. Epoustouflant. Eprouvant. Déprimant. La vitesse d'effacement des événements et surtout des prises de position publiques est désormais de l'ordre de quelques jours. La vie politique repose sur cette facilité à énoncer le contraire de ce que l'on a affirmé sans essuyer la moindre critique. La chute constante de la confiance dans les élus vient en grande partie de leur propension à courir en zigzags sans rester fidèles au cap de leurs convictions. Tous les militants qui ont été hostiles à l'Europe proposée par les deux versions du Traité constitutionnel ont bien du mal à digérer le fait que les éditorialistes de la pensée dominante, les aient accusés de tous les maux quand ils se battaient pour que la France refuse une conception libérale outrancière de l'Europe. Les arguments d'alors furent considérés comme « absurdités » déconnectées des bienfaits d'un texte confus, anti-social et même souvent non démocratique. Une avalanche de satisfecit sont même récemment tombés du ciel quand Nicolas Sarkozy a depuis la Pologne exulté en vantant les mérites de la venue en France du plombier polonais... C'est devenu même le nec plus ultra de la nouvelle vision sociale de l'Europe avec un autre thème qui est à la mode celui de l'immigration clandestine... sur lequel va se pencher le futur Président car on sait que c'est actuellement la préoccupation essentielle des européens !
En fait dans tous les pays qui tentent de faire avaler à leurs populations le principe « hors de l'Europe libérale point de salut ! » on a le moral dans les chaussettes. Et malgré l'Euro de football qui va forcément endormir les consciences citoyennes en les transformant en semoule de supporteurs nationalistes on attend le verdict du référendum organisé en Irlande. En effet, voici, à nouveau le sort du Traité que Sarkozy s'est indûment approprié lié à un vote populaire. Drame s'il en est : des idiots qui vont décider de ce que des eurocrates de tous poils ont déjà mis en place. Et en plus des Irlandais, habitants de l'un des plus modeste pays de cette merveilleuse Europe qui selon l'aveu même du futur détenteur du CDD de 6 mois à sa tête « devrait nous protéger (...) mais qui ne le fait pas ! ». En fait on flippe dur à Bruxelles car le contexte ne favorise pas un large acquiescement des Irlandais. On cherche les oui comme les trèfles à quatre feuilles dans une prairie rongée par le doute !
TENDANCE INVERSEE
L'inquiétude monte à l'Elysée puisque on voit mal le sémillant président avoir à résoudre le « non » de ces têtus d'Irlandais avant de se planter sur son union de la Méditerranée dans laquelle tout le monde arrive sur la pointe des pieds et qui bénéficie d'aucun soutien allemand . A quelques jours du référendum irlandais sur le traité de Lisbonne, jeudi 12 juin, l'hypothèse d'un non semble en effet de plus en plus plausible. Les Irlandais, seuls citoyens de l'UE à devoir se prononcer par référendum et non par voie parlementaire, comme l'exige leur Constitution, peuvent considérablement gêner la mise en œuvre des réformes institutionnelles prévues par l'Europe. Le traité doit, pour entrer en vigueur, être ratifié par la totalité des pays membres. "Le non serait une catastrophe", dit un diplomate finlandais sans pouvoir trouver une parade à ce sentiment que l'Europe des libéraux n'offre aucun intérêt pour les citoyens.
Pour la première fois, selon un sondage de l'institut TNS/MRBI publié vendredi par le quotidien irlandais Irish Times, le camp du non est maintenant passé en tête, crédité de 35 % des intentions de vote, contre 30 % pour le oui. La proportion des indécis (28 %) peut encore tout faire basculer. A la mi-mai, un sondage réalisé par le même institut plaçait encore le oui à 35 % des intentions de vote. Quelque 18 % des sondés étaient pour le non et 40 % indécis : le camp du non a doublé et le pourcentage de partisans du traité a reculé de 5 points. D'autres instituts de sondage avaient mesuré ces dernières semaines une remontée du non dans les intentions de vote. C'est indéniable que le phénomène français est en passe de se reproduire et malgré cela on sait déjà que tout sera fait pour le contourner diplomatiquement et qu'on l'oubliera dans quelques mois. Dans l'immédiat on se préoccupe surtout de préparer en France une présidence digne de ce nom. La période bling-bling euroépenne va débuter afin que nos caisses vides soient encore plus vides !
LE POPULISME ET LE FASTE
C'est ainsi qu'après que Nicolas Sarkozy ait largement communiqué sur son projet Euroméditerranée, Brice Hortefeux, le ministre de l'Immigration, a déjà présenté à ses homologues un document de travail visant à sceller un "pacte pour l'immigration" européen. La grande originalité de ce pacte serait la création d'une "Carte bleue", réplique européenne de la fameuse "Green Card" américaine. Composé de cinq chapitres, le pacte proposé par les Français développe évidemment un volet sécuritaire de gestion concertée des clandestins. Curieusement, Brice Hortefeux pourrait se retrouver dans le rôle du laxiste en proposant aux autres pays de "bâtir une Europe de l'asile", une idée bien française assez éloignée des valeurs de certains partenaires. Sur la question de la rétention des clandestins aussi, la volonté française d'harmoniser les lois fera grincer des dents puisque actuellement la durée de détention est fixée à 32 jours maximum en France, moins en Europe du Nord, qu'il n'y a pas de limite en Allemagne et que Silvio Berlusconi devrait proposer d'harmoniser cette durée de détention à 18 mois ! On transposera la technique de l'effet d'annonce jamais suivi des faits dans l'espace de l'UE et surtout on va faire dans l'événementiel de luxe.
Des centaines d'animations sont prévues dans le cadre de la présidence française, dont au moins... quarante en région Rhône-Alpes. Avec entre autres une très attendue réunion sur l'Europe agricole à Annecy au mois de septembre (rappelez moi d'où est Barnier ?). L'autre grand dossier de la présidence française sera la défense européenne. Mais sur ce sujet Nicolas Sarkozy se fait largement plus discret, préférant sans doute attendre le résultat du référendum en Irlande, pays traditionnellement réticent à toute idée de collaboration militaire !
Pendant ce temps et en attendant le passage du bulldozer français, les Slovènes terminent leur présidence sans démériter, mais plutôt dans la discrétion. Beaucoup moins "riches, strass et paillettes", ils auront fait avancer l'Union en réalisant les activités préparatoires à la mise en œuvre du Traité de Lisbonne (pour 2009).
En cette Année européenne du dialogue interculturel, les Slovènes ont organisé à Athènes le dialogue avec les pays méditerranéens les Balkans occidentaux et les autres régions, et en instituant l'université euro-méditerranéenne de Piran. Sous leur présidence, l'Europe aura mis en œuvre des programmes nationaux de réformes, négocié sur le "paquet climat-énergie" et surtout ouvert de nouvelles perspectives vers les Balkans. Mais ce sera vite oublié avec le passage de la tornade sarkozyste qui va révolutionner ce continents e permettant de multiplier les « recommandations » à la France (finances, logement, droit de l'Homme...). Alors il les Irlandais pouvaient rabattre le caquet à tout le monde ce serait plus facile !
DES RECALCITRANTS RECIDIVISTES
On va donc retrouver sur la place publique en France, les mêmes arguments que ceux déployés lors du vote sur le traité constitutionnel. Les « nonistes » sont des attardés mentaux, inconscients et égoïstes qui ne voient pas où se trouve leur bonheur. On sent poindre une campagne identique à travers la presse qui pense bien. On y écrit que « des années de négociations, dans lesquelles l'Europe a investi beaucoup de temps et d'énergie, seront réduites à néant . Le coup sera rude, comme l'a été il y a trois ans le double non de la France et des Pays-Bas. La crise, dont l'Europe avait cru se sortir, sera de retour.
Les progrès attendus du nouveau traité, qui devait, selon ses promoteurs, renforcer le rôle de l'Union européenne dans le monde, seront à remiser au rayon des illusions perdues. Ceux qui ne veulent pas de cette Europe-là s'en réjouiront, ceux qui jugent positifs les changements promis s'en désoleront ». Le Monde cité ci-dessus va entamer quatre jours de croisade anti-irlandaise de culpabilisation !
Ce ne serait pourtant pas la première fois que l'Irlande choisirait de faire cavalier seul. En juin 2001, les Irlandais avaient rejeté, à 54 %, le traité de Nice. En octobre 2002, consultés une seconde fois, ils l'approuvaient par 62,89 % des voix. Entre-temps, les Européens, dans une déclaration solennelle, les avaient assurés que leur neutralité serait garantie. Grâce à une forte participation, le oui l'emportait au second essai. De cette adoption ou non du traité dépendait l'élargissement de l'Union aux anciens pays communistes dont on sait qu'elle a été extrêmement profitable.
Un tel scénario peut-il se répéter ? C'est l'une des hypothèses envisagées au cas où les Irlandais voteraient non le 12 juin. A supposer qu'ils disent oui dans un second temps, moyennant de nouvelles garanties, le calendrier des réformes serait retardé, mais non abandonné. Mais il n'est pas sûr que les Européens puissent demander deux fois de suite aux Irlandais de se dédire. En attendant, si le seul pays appelé à se prononcer par référendum sur le traité de Lisbonne le rejette, c'est mauvais signe pour l'Europe libérale que Nicolas Sarkozy souhaite présider pour sa gloire personnelle. Il n'y a qu'une certitude qui se dégage de cette attitude : l'Europe est incapable de se « vendre » auprès de citoyennes et de citoyens qui n'en perçoivent pas l'intérêt puisque elle est contre toute mesure d'adoucissement de la pression économique écrasant la volonté politique éventuelle. L'un des arguments récurrents des opposants au traité est qu'ils ne voient pas pourquoi voter pour un texte dont ils ne comprennent pas les objectifs et les méthodes. Les eurocrates ont cru malin de faire un texte incompréhensible sans penser qu'il pouvait ne pas passer par le filtre simple de personnes ayant simplement envie de savoir ce pourquoi ils votent. Dommage mais en démocratie (plus chez nous) il peut y avoir des couillons qui cherchent à comprendre avant d'(approuver quelque chose qui leur arrive d'en haut. Ils sont tellement couillons qu'ils ne sont pas décidés à se laisser berner par des mots. Comme je les comprends.
Mais je déblogue...
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6 juin 2008 5 06 /06 /juin /2008 07:17
Lors d'une rencontre en cercle réduit avec un Laurent Fabius en proie au doute le plus complet après l'échec des présidentielles de 2002, sollicité pour donner mon humble avis sur le mal dont souffrirait la France dans les prochaines années je lui avais dit qu'avant tous les autres problèmes apparents celui du logement deviendrait la préoccupation principale. C'était en octobre 2002... Et je ne regrette absolument pas, ce jour là, lors d'un déjeuner avec plateaux, un mercredi au siège du PS où l'ancien Premier Ministre jouait encore un rôle important, avoir simplement restitué le ressenti des contacts permanents que j'avais avec le terrain.
Tous les semaines je reçois une bonne dizaine de demandes de logements et la situation empire depuis des années. Rien n'est résolu et rien ne sera résolu tant qu'il n'y aura pas une véritable politique solide, volontaire, concrète de développement du logement à loyer modéré. J'ai en effet horreur que l'on parle bêtement? au nom de l'opinion dominante, de logements sociaux car personne ne sait qu'ils sont une infime partie du parc actuel et futur.
Cette vindicte imbécile qui monte dès que le moindre programme est envisagé dans une ville ou une commune est à rapprocher des commentaires faits par cette Europe vénérée qui ne cesse de tancer la France sarkozyste pour son environnement (condamnation pour la pollution de nos cours d'eau), pour ses finances (lettre de remontrance sur les déficits), pour le non respect des Droits de l'Homme (prisons...) et maintenant pour sa politique du logement. Heureusement que ce ne sont pas des socialistes qui se sont permis pareille admonestation car Rachida Dati les auraient immédiatement accusés d'avoir rien fait depuis... 6 ans !
Le comité européen des droits sociaux a tout bonnement jugé que cette politique du logement est non-conforme avec la Charte sociale européenne... dont on nous a vanté les mérites en matière de progrès pour le peuple européen.  Les points qui chagrinent les observateurs postés à Bruxelles sont: l'insuffisance de l'offre de logement social (Bingo !), les carences de la politique d'aide aux sans-abri (Bingo !), le manque de place d'accueil aux sans-abris ou le trop grand nombre de logements « indignes ». Un véritable réquisitoire qui confirme objectivement ce que tous les élus au contact des réalités quotidiennes savent fort bien. « Entre 400 000 et 600 000 logements (soit plus d'un million de personnes) continuent d'être exposés à des risques sanitaires dus à des conditions de vie médiocres », écrivent notamment les experts de l'organisation auteurs du rapports. Incroyable : personne ne l'a jamais dit !
Le Comité des droits sociaux avait été saisi en 2006 de deux réclamations émanant l'une d'ATD Quart Monde (Aide à toute détresse), l'autre de la Fédération des Associations Nationales de Travail avec les Sans-Abri (FEANTSA).
« Sur une population de 60 millions d'habitants, 100.000 sont sans abri, trois millions sont mal logés et 5,6 millions sont dans une réelle vulnérabilité résidentielle », avait estimé Marc Uhry, expert de la FEANTSA, lors d'une audience publique en septembre dernier. Il aurait dû en parler à Martin Hirsch, l'alibi anti-précarité du gouvernement Fillon car il est certain qu'il serait intervenu pour réduire cette véritable fracture sociale aggravée souvent par du travail de plus en plus partiel, des situations de sans-papiers angoissantes, un pouvoir d'achat en chute libre.
NOUVELLE RECOMMANDATION
Le comité répond positivement sur les deux premiers points soulevés par ces associations de solidarité tout en précisant que ses conclusions ne tiennent pas compte de la loi... du 5 mars 2007 sur le droit au logement opposable (loi Dalo) qui est postérieure à la prise en compte des deux réclamations. Il est vrai qu'à ce jour il y a un seul cas d'application de ce etxte tellement surréaliste que personne ne sait si un jour il se traduira par une application concrète.
Après ce rapport, le comité des ministres du conseil de l'Europe devrait adopter une résolution ou adresser une « recommandation » (encore une seconde gifle) à la France pour l'inviter à se mettre en conformité avec la charte sociale. Il est vrai que le mot « social » donne des boutons en conseil des ministres à toutes celles et tous ceux qui sont autour de la table. Il est vrai aussi qu'il ne va tarder à disparaître... des textes du PS effrayé par ses conséquences budgétaires de son affirmation. Au détour d'un des rapports, l'un des objectifs de la loi Dalo est d'ores et déjà jugé insuffisant par une Europe libérale plus... sociale que la France de Sarkozy. Un comble !
« Même si toutes les mesures envisagées étaient menées à bien, c'est-à-dire si 591.000 logements sociaux étaient réalisés d'ici 2009, on observerait toujours un déséquilibre considérable par rapport au nombre de demandes de logements sociaux », estiment les experts. Sur Créon il y a actuellement plus de 300 demandes pour environ... 5 à 6 logements disponibles annuellement dans un parc locatif social atteignant les 20 % conformément à la Loi SRU ! A ce rythme là dans un demi-siècle tout le monde sera satisfait et l'Europe aura envoyé des dizaines de recommandations à cette France qui vit hors de son époque !
L'interprétation du Comité va évidemment peser sur le contexte de mise en œuvre du droit opposable. Dans ses décisions, le Comité se fonde essentiellement sur l'Article 31-1 de la Charte sociale européenne (NDLR : révisée. Merci). Celui-ci prévoit « qu'en vue d'assurer l'exercice effectif du droit au logement, les Parties s'engagent à prendre des mesures destinées [...] à favoriser l'accès au logement d'un niveau suffisant », autrement dit à un logement salubre. Or le comité constate « qu'en dépit de la mise en place par le gouvernement de mesures visant à éradiquer le problème des logements ne répondant pas aux normes minimales, de graves problèmes subsistent », au-delà des « délais raisonnables » accordés aux Etats Parties pour se mettre en conformité avec la Charte.
FAIBLESSES D'UNE POLITIQUE
Les deux décisions passent aussi en revue toutes les faiblesses de la politique française en la matière. Elles estiment ainsi que le système français - et notamment la loi du 29 juillet 1998 d'orientation relative à la lutte contre les exclusions - « n'apporte pas, ni en droit ni en fait, les garanties exigées, en particulier pour le relogement ». Elles pointent aussi l'insuffisance des mesures mises en place pour réduire le nombre de sans abri et constatent un manque de place en structures d'hébergement d'urgence.
En matière de logement social, le Comité est tout aussi sévère. Il souligne à la fois la construction insuffisante de logement sociaux (tout en reconnaissant le redressement opéré depuis 2005) et les dysfonctionnements du système d'attribution, qui « ne garantit pas suffisamment d'équité et de transparence, car le logement social n'est pas réservé aux foyers les plus pauvres ». Les deux décisions n'hésitent pas à remettre en cause le concept de « mixité sociale » - ou du moins son application - en expliquant qu'il « conduit souvent à des résultats discrétionnaires ». Conséquence : une « insuffisance manifeste de l'offre de logements d'un coût accessible aux personnes les plus pauvres », en violation de l'Article 31-3 de la Charte, qui fait obligation de « rendre le coût du logement accessible aux personnes qui ne disposent pas de ressources suffisantes ». Les deux décisions concluent sur le constat des discriminations dans l'accès au logement à l'encontre des populations immigrées et des gens du voyage (avec les retards des collectivités dans la mise en place des aires d'accueil). Si elles n'ont pas d'effet pratique direct, ces deux décisions du Conseil européen - qui, sous une approche juridique, s'apparentent à un réquisitoire... contre des années de politique du logement - ne devraient pas manquer d'alimenter le débat sur la préparation et la discussion du projet de loi de mobilisation pour le logement... qui sera n'en doutons pas très concret !
DECALAGE AVEC LA DEMANDE
Mais si l'on s'en tient au fait, il faudra attendre encore 5 à 6 ans pour que le droit au logement opposable soit appliqué, pour que toute personne privée de logement puisse enfin réclamer des comptes aux autorités publiques. D'ici là, le problème reste entier : il faut multiplier les offres de logement, des offres qui doivent correspondrent à la demande, aux revenus réels des ménages. Et Patrick Doutreligne, Délégué général de la Fondation « Abbé Pierre » de souligner que « l'on n'a jamais autant produit de logements depuis 7-8 ans, mais l'on a jamais été autant en décalage avec la demande réelle ». A Créon comme ailleurs et cela pour plusieurs raisons.
D'abord le nombre de logements sociaux ou privés à loyers accessibles stagne ou ne progresse que très légèrement, alors que 10% de la population française (50% à La Réunion) vivent en dessous du seuil de pauvreté. L'égoïsme de voisinage créée tellement de problèmes que c'est devenu quasiment impossible d'en construire ! Les jeunes couples et les personnes âgées sont les premiers à souffrir de cette crise. Ils n'arrivent pas à se loger. « La France est le 5ème ou 6ème pays le plus riche au monde et a encore, en 2007, 3 millions de mal-logés : 1 million vivent dans des logements surpeuplés, 1 million dans des logements ou insalubres ou inconfortables (manque d'eau, de toilettes...) et 1 million n'ont pas de domicile permanent et vivent dans des centres d'hébergement, des hôtels, des campings à l'année. Par rapport à l'année dernière, la situation s'est encore aggravée malgré le plan de cohésion sociale et la timide relance de production de logements depuis 2 ans. On marche sur la tête, poursuit Patrick Doutreligne. Depuis 5-6 ans, le prix des logements anciens a augmenté de + 110%, des logements neufs de + 93%, le prix du foncier de + 113% : ces chiffres dépassent la raison ».
Après 10 ans d'une production insuffisante qui a généré un écart offre-demande à l'origine de la flambée des prix, il manque actuellement... 800.000 logements en France. Concrètement, il faudrait aujourd'hui produire 350.000 logements par an pour répondre aux besoins de la Métropole et de La Réunion. Alors que le gouvernement prétend ne jamais avoir autant produit de logements sociaux que ces dernières années - entre 90 et 110.000 selon les estimations officielles et réelles - Patrick Doutreligne, à partir des propres données du ministère, soutient quant à lui le chiffre de 31.000 par an depuis 2000. Il ne compte pas, comme le gouvernement, les logements intermédiaires qui ne sont pas sociaux, et prend en compte le temps de mise en chantier. Mais dans le fond quand on a un toit, que sa fille ou son fils, ses petits-enfants ne sont pas confrontés au problème... on considère que le logement à loyer modéré n'est fait que pour les cas sociaux, vous savez ceux qui vivent au crochet de cette société de l'opulence qui se fout pas mal de leurs difficultés.
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5 juin 2008 4 05 /06 /juin /2008 07:51
Barack Obama a gagné le droit de participer au scrutin pour occuper la maison Blanche, le 4 novembre prochain - même si cela n'était pas officiel hier soir, Hillary Clinton n'ayant toujours pas reconnu sa défaite il a la certitude d'être désigné par la convention démocrate. Le plus dur reste à faire pour celui qui n'avait aucune chance au départ face à Hilary Clinton. De quoi faire rêver bien des candidats actuels du PS au poste de premier secrétaire!
Pour un géographe qui a analysé les primaires du parti, comté par comté, le problème d'Obama tient au fait que son électorat se restreint au noyau dur de l'électorat traditionnel démocrate. Le sénateur de l'Illinois l'emporte dans les comtés universitaires, ceux majoritairement noirs, ou encore dans les Etats traditionnellement démocrates, comme l'Oregon. Ce n'est pas forcément un signe positif pour celui qui devra convaincre les soutiens de sa concurrente de le rejoindre. En effet à l'inverse, Hillary Clinton s'arroge les votes des retraités et les comtés à forte population ouvrière blanche, deux catégories susceptibles, comme lors des scrutins de 2000 et 2004 perdus par les Démocrates, d'échapper au parti. Evidemment, la résistance de l'électorat ouvrier blanc à l'endroit du candidat métis (père kenyan noir, mère américaine blanche) pose la question du facteur racial.
D'après Anne Toulouse, de l'Ifri, qui prend l'exemple de la Virginie occidentale, où Clinton a recueilli 67 % des voix contre 26 % pour Obama, « parmi les électeurs qui n'ont pas voté pour lui, un sur deux reconnaît que le facteur racial a joué un rôle ». Il ne faut donc pas rêver le parcours du vainqueur des seules primaires démocrates sera encore très difficile dans un pays de plus en plus conservateur. La rancœur de cet électorat à l'endroit des minorités - les Noirs et les Hispaniques - dont il croit qu'elles l'ont supplanté dans l'échelle des priorités du parti et la méfiance à l'encontre d'un candidat considéré comme trop conceptuel constitueront les points faibles d'un candidat qui ne partira pas absolument favori.
George W. Bush, bien conseillé, a immédiatement félicité, le sénateur démocrate pour être devenu le premier Noir d'un grand parti candidat à la Maison Blanche. Pour le président américain, cette victoire historique démontre que les Etats-Unis ont "beaucoup évolué". En surface peut-être. En profondeur il faut attendre ! « Le fait que le démocrate Barack Obama devienne le premier candidat noir d'un parti à la présidentielle américaine montre que les Etats-Unis sont "un pays extraordinaire », a surenchéri la secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, qui est elle-même noire. La ministre, membre du parti républicain et la femme noire la plus haut placée dans l'administration Bush, a ajouté de pas vouloir intervenir plus en avant dans la campagne électorale. Ces félicitations sont peut-être inquiétantes pour celui que les Républicains voulaient comme adversaire de leur vénérable champio John McCain !
L'ASCENSEUR SOCIAL
Il est vrai que celui qui porte en plus de Barack le prénom « délicat » dans un pays conservateur de Hussein est le seul Noir à siéger au Sénat américain. Une particularité oubliée dans notre pays qui se plaint souvent de la non présence des « minorités visibles » dans les assemblées nationales. Il a 46 ans et est né le 4 août 1961 à Hawaï d'une mère américaine blanche du Kansas et d'un père noir du Kenya. Il a passé une partie de son enfance en Indonésie, un pays musulman. Sur le site Internet du candidat, on peut lire que son père, qui s'appelait également Barack Obama, a grandi dans un petit village kenyan où il gardait des chèvres avec son propre père... Il est donc véritablement un fils d'immigrés. En effet les parents de Barack Obama se sont rencontrés à l'université d'Hawaï. Son père, qui avait obtenu une bourse pour aller étudier aux Etats-Unis, a ensuite regagné le Kenya, quittant sa famille alors que son fils était âgé de deux ans. Le jeune Barack est resté vivre à Hawaï avec sa mère, Stanley Ann Dunham, qui s'est remariée avec un étudiant indonésien. Il a ensuite passé quelques années en Indonésie où il a été scolarisé dans un établissement laïque et public, ouvert à toutes les confessions, avant de s'installer à New York où il a étudié à l'université de Columbia.
En 1985, il déménage à Chicago pour travailler avec une organisation affiliée à une église cherchant à améliorer les conditions de vie dans les quartiers pauvres ravagés par la criminalité et le chômage. Il reprend ses études et sort diplômé de droit de la prestigieuse université de Harvard en 1991. Peu après, il retourne à Chicago pour exercer comme avocat spécialisé dans les droits civiques et enseigner le droit constitutionnel.
En 1996, il est élu au Sénat de l'Illinois, où il siégera huit ans, entamant ainsi une brillante carrière politique. Il franchit un palier supplémentaire en remportant en 2004 le siège de l'Illinois au Sénat des Etats-Unis, devenant le cinquième Afro-Américain de l'histoire à siéger à la chambre haute du Congrès.

En février 2007, il déclare sa candidature à l'investiture démocrate pour l'élection présidentielle de 2008. Il remporte le premier rendez-vous des primaires, les caucus de l'Iowa le 3 janvier et malgré la résistance d'Hillary Clinton, qui avait longtemps fait figure de favorite de la course à la nomination, finit progressivement par prendre l'avantage.
Faisant campagne sur le thème du changement, et ayant pour slogan de campagne "Yes we can" ("oui, nous le pouvons"), il est soutenu par de nombreuses personnalités, dont l'influent sénateur Edward Kennedy, frère de l'ancien président assassiné John F. Kennedy, la populaire animatrice noire de télévision Oprah Winfrey ou encore le cinéaste Michael Moore.
Il est connu pour son opposition farouche à la guerre en Irak : il propose d'ouvrir un dialogue direct avec des pays "ennemis" des Etats-Unis comme l'Iran et Cuba. Mais il n'a pas exclu de recourir à la force contre Téhéran si nécessaire sur le dossier du programme nucléaire. Il a d'ailleurs renouvelé ces positions hier pour sa première déclaration de candidat démocrate à la Présidence.
L'élection opposera donc un jeune sénateur noir de 46 ans, totalement inconnu hors de Chicago il y a encore 4 ans, à un héros de la guerre du Vietnam âgé... de 71 ans, vétéran du Sénat où il siège depuis 21 ans et où il s'est forgé une réputation de franc-tireur à l'humour facile. C'est un duel totalement surprenant dont l'issue est très indécise sur le papier. John McCain devra faire campagne malgré George W. Bush, qui est pour lui un désastre, qui a empoisonné le terrain pour tous les Républicains, la guerre en Irak est une catastrophe, l'économie est au plus bas, les prix de l'essence, les prix de l'alimentation, s'envolent. Ces réalités économiques vont peser sur l'élection puisque McCain est probablement le plus ultra libéral des candidats qu'aient connu les Etats Unis. L'affrontement sera musclé et surtout placé sur une opposition frontale de deux hommes que tout oppose sur le plan idéologique. Il n'y aura pas de consensus mou sur les thèmes essentiels.
Le débat qui a commencé requiert l'attention des Américains et de beaucoup de citoyens du monde. Le démocrate et le républicain, candidats présomptifs jusqu'aux conventions de leurs partis, sont certes tous deux des réformateurs. Ils promettent de régénérer un système politique à bien des égards usé. Mais leurs options économiques, sociales et de politique étrangère sont radicalement différentes. McCain se situe dans la continuité des choix faits par Bush, tandis que Obama entend rompre avec les dogmes économiques néolibéraux et avec la vision du monde néoconservatrice. On croît rêver quand on constate que c'est aux USA où l'on s'oppose davantage sur le fond davantage que sur la forme !
UNE REVOLUTION NON TERMINEE
Le chef de l'Etat sénégalais Abdoulaye Wade a estimé à Dakar le choix du sénateur métis de l'Illinois Barack Obama comme candidat du parti Démocrate à l'élection présidentielle américaine de novembre prochain est « une révolution ». Il s'est exprimé en marge d'une réunion sur les changements climatiques en Afrique organisée par la Banque mondiale et le Banque africaine de développement . « Je pense que le fait qu'aujourd'hui des Blancs puissent choisir un candidat noir, c'est une bonne chose », a réagi le président Wade qui ajoute que « c'est une révolution dans les mentalités aux Etats-Unis ».
Le chef de l'Etat sénégalais a invité les autres pays occidentaux à regarder ce qui se passe aux Etats-Unis. « Un Américain, c'est un Américain », a dit Abdoulaye Wade, qui précise que Barack Obama n'est pas le seul à avoir ses racines en dehors des Etats-unis et « c'est pourquoi d'ailleurs, il a un si grand succès ». En fait le Président sénégalais sous entend que le candidat démocrate aurait rassemblé sur son nom tous les suffrages des immigrés de toutes les confessions et de toutes les races comme s'il leur fallait un symbole pour « s'intégrer » définitivement dans la vie américaine. Que l'un d'entre eux puisse parvenir au sommet de l'Etat qui les a accueillis constitue un moment important. Reste à savoir s'il n'y aura pas des crispations fortes dans cette Amérique profonde encore raciste et sécuritaire. Jusqu'à présent le « mâle blanc » puissant, ayant réussi par l'argent ou les médias constituait en effet le modèle auquel s'identifiait des millions de « cow-boys » potentiels. Obama n'a pas de ranch. Obama n'est pas couvert de médailles. Obama n'a pas fréquenté Hollywood. Obama a réussi ses études. Obama n'appartient pas aux extrémistes religieux. QUELLE AMERIQUE ?
La partie la plus importante de cette histoire, pourtant, reste encore à être écrite. « Ce soir, nous marquons la fin d'un voyage historique et le début d'un autre. Un voyage qui va amener une nouvelle et une meilleure Amérique », affirmait Barack Obama devant des milliers de partisans en liesse. Mais ce voyage, qui consiste à installer le premier président noir à la Maison-Blanche quarante ans à peine après la lutte pour la conquête des droits civiques des Noirs américains, est encore plein d'inconnues. La population noire? Pas assez nombreuse pour lui garantir la victoire. Les jeunes? Trop imprévisibles. Les démocrates instruits et aisés des grandes villes américaines? Ils sont eux-mêmes un peu déconnectés de la réalité profonde du pays. Les indépendants, enfin, dont la part grandit au sein de l'électorat américain? Ce sont eux que John McCain vise précisément en priorité. Les élections à venir sont encore une bouteille d'encre. Tout reste possible. Ce n'est pas en France que l'on prétendra le contraire car on sait qu'être brillamment désigné ne signifie pas être finalement élu. Le rêve américain que génère... la candidature d'Obama risque bien de s'évanouir rapidement devant les réalités américaines.
Mais je déblogue...

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4 juin 2008 3 04 /06 /juin /2008 18:47
Ségolène Royal s'est exprimée sur sa vision globale des réformes mises en œuvre par Nicolas sarkozy depuis un an. Une sorte d'examen de fin d'année dont le résultat n'évitera pas quel qu'en soit le verdict... le redoublement pour l'intéressé. Elle a dénoncé le « ratage généralisé » des réformes lancées par la droite, s'attaquant tout particulièrement au nouvel assouplissement des 35 heures. « Ce à quoi on est en train d'assister aujourd'hui, c'est un ratage généralisé des réformes qui sont en cours », a jugé la présidente de Poitou-Charentes sans pour autant répondre précisément à une question sur sa position personnelle sur la réduction du temps de travail, réforme emblématique du gouvernement Jospin. Pendant la campagne présidentielle, elle avait en effet ouvertement critiqué les conséquences négatives des 35 heures pour une partie des salariés... mais elle a probablement constaté les conséquences discutables de cette suppression.
« Plus on ouvre de fronts, plus on ouvre de conflits, plus on avance dans la déréglementation du pays », a estimé la candidate au poste de premiers ecrétaire du PS. Elle a accusé le gouvernement de « trahison de la parole syndicale » sur les 35 heures portées par Martine Aubry, par son avant-projet de loi qui va plus loin que la « position commune » signée entre des syndicats et le patronat début avril. Les responsables syndicaux ont été « piétinés » par le ministre du Travail Xavier Bertrand, a-t-elle estimé.
Sur le fond, « la question arithmétique des 35 heures est une question idéologique », a jugé la dirigeante socialiste. Pour elle, on ne doit jamais isoler les questions sur la durée du temps de travail de la « nature du dialogue social dans les entreprises ». Ce qui peut laisser croire que l'horaire pourrait donc être modulé par une négociation particulière. En fait elle aurait pu s'inspirer pour sa conférence de presse sur les réformes sarkozystes d'un texte précis, concret, indiscutable publié par Vincent Drezet du Syndicat national unifié des Impôts (SNUI). Il démontre, barèmes en mains, comment on peut, à revenu égal, être plus imposé en effectuant des heures supplémentaires contrairement à toutes les affirmations gouvernementales dont on nous rebat les oreilles.
«Travailler plus pour gagner plus», le fameux slogan présidentiel a notamment pris la forme d'une exonération des revenus des heures supplémentaires de l'impôt sur le revenu (IR) explique ce syndicaliste. Applicable dès cette année pour les heures supplémentaires effectuées à partir du 1er Octobre 2007, cette exonération paraît simple dans son principe, mais elle n'en recèle pas moins des effets cachés qui ne manqueront pas de surprendre bon nombre de ses bénéficiaires. Quels sont-ils ? Prenons un exemple. La méthode est implacable et permet mieux que toute critique « politique » de démontrer que derrière les réformes apparemment désordonnées il y a une véritable volonté politique.
SUIVEZ LE GUIDE
Jean est salarié. Il est célibataire (ce que nous montre ce cas demeurerait valable dans une autre situation personnelle). Le salaire qu'il déclare s'élève à 15.000 €. Il n'a pas effectué d'heures supplémentaires. Il devra payer cette année 27 euros d'impôt sur le revenu.
Martin, son collègue, lui aussi célibataire (la symétrie des situations personnelles est indispensable pour une juste comparaison), déclare un salaire de 15.000 € également. Mais il a effectué des heures supplémentaires pour 2.000 € de plus qui seront déclarée à part des 15.000 (son salaire imposable) et qui seront exonérés d'impôt sur le revenu. Son impôt s'élèvera à ... 413 € !
Pourquoi une telle différence ? L'explication tient en une formule : l'empilement du dispositif de l'exonération des heures supplémentaires et de celui de la prime pour l'emploi (PPE). La PPE, destinée aux salariés qui gagnent moins de 1,4 Smic, est calculée à partir du «revenu fiscal de référence». Or, les revenus des heures supplémentaires, s'ils sont exonérés d'impôt sur le revenu (ils ne passent pas à la moulinette du barème progressif), sont intégrés... au revenu fiscal de référence (tour comme d'autres revenus non soumis au barème de l'IR, comme les plus values par exemple). Dans notre exemple, le revenu fiscal de référence de Martin est supérieur de 2.000 € à celui de Jean, ce qui vient mécaniquement diminuer sa PPE (plus on gagne, moins la PPE est élevée, et à partir de 1,4 Smic, elle est nulle). Pour calculer l'impôt à payer, on passe donc les 15.000 € au barème de l'IR pour obtenir un impôt brut auquel on soustrait le montant de la PPE, lui-même calculé à part. La Prime pour l'emploi de Martin étant moins élevée que celle de Jean, la somme qu'il doit payer est sensiblement plus élevée.
Les 2.000 euros supplémentaires du « travailler plus pour gagner plus » supporteront donc un taux effectif d'imposition à l'IR de 19,3 % (413 - 27 = 386 € d'impôt sur le revenu supplémentaire. 386/2000 = 19,3 %). A titre d'exemple, c'est le taux effectif d'imposition global que supporte un salarié célibataire qui déclare 55.000 euros...
UNE COUCHE SUPPLEMENTAIRE
Pour Martin, l'affaire ne s'arrête pas là, car le revenu fiscal de référence sert aussi de base de calcul au dégrèvement qui vient diminuer la taxe d'habitation en deçà d'un certain niveau de revenu. Et comme le revenu fiscal de référence de Martin sera plus élevé que celui de Jean, son abattement sera moins élevé que celui de Jean.
Ainsi, par exemple, toutes choses étant égales par ailleurs (même valeur locative, même commune, même situation familiale), pour une taxe d'habitation avant abattement de 600 €, Jean paiera 62 € de moins que Martin en taxe d'habitation.
Cet exemple n'est pas un cas d'école. Avec près de 9 millions de bénéficiaires de la PPE et un salaire médian évalué par l'Insee à 16.430 € (données 2005), il est facile de comprendre que de nombreux salariés peuvent avoir ce type de surprise en fin d'année à la réception de leurs avis d'imposition.
Ne nous y trompons pas : Jean n'est pas fiscalement privilégié car de manière générale, le système fiscal français pénalise en réalité autant Jean que Martin. Tous deux paient la TVA (50 % des recettes de l'Etat), des impôts locaux, des taxes sur la consommation (TIPP...) et aucun des deux n'a les moyens de défiscaliser. Cet exemple montre surtout que la profusion des mesures dérogatoires (dont les fameuses niches fiscales) n'est bon ni pour une juste répartition de la contribution commune, ni pour la compréhension de l'impôt, ni, enfin, pour sa légitimité. On n'ose penser que c'était but recherché. La démonstration vaut toutes les interventions à la tribune de l'assemblée. Elle n'est malheureusement pas connue de la plupart des « victimes » qui ne constateront les dégâts qu'en 2009 quand ils auront travailler plus. D'ici là... Nicolas Sarkozy espère que tout ira mieux. En attendant on pleurera sur le temps de travail oublié mais il sera trop tard.
SERVICE MINIMUM COUT MAXIMUM
Même exemple pour les rythmes scolaires. Depuis maintenant plus d'une décennie en Gironde les écoles travaillaient sur la base de la semaine de 4 jours. Les enfants qui n'effectuaient que 24 heures par semaine devaient aller 10 jours de plus par année scolaire dans leur établissement. Les familles n'avaient donc pas si l'on croît le ministre de soucis graves pour faire accueillir leur progéniture. La grande réforme fait que ce génial Darcos a eu l'idée de réduire la durée hebdomadaire d'enseignement à 24 heures : superbe et populaire ! Sur les 10 jours il économisera les journées consacrées à la concertation, aux formations car il n'aura pas de... remplacements à effectuer. L'économie réalisée sera substantielle pour l'Etat.
Les parents qui sont tellement préoccupés par... une journée de grève se sont-ils posés la question de savoir comment ils vont faire pour compenser... 10 jours de non classe en 2008-2009 ? Ont-ils calculé combien va leur coûter ce désengagement de l'Etat ? Vont-ils réclamer un service minimum ? un accueil collectif par les collectivités ? Sont-ils prêts à déduire de leur pouvoir d'achat 10 jours supplémentaires de centre de loisirs ou de « gardienne » agréée qu'ils trouvent déjà trop élevés ? Sur le Créonnais le CLSH revient à... 36 € par jour et par enfant ? Qui va régler les 360 € multipliés par 108 enfants soit près de 40 000 € supplémentaires ? En focalisant contre els enseignants qui défendent simplement par une journée de grève la qualité de l'enseignement altérée par les suppressions de postes Xaxier Darcos a joué au « marchand de sable »
Sur ces deux constats j'attends avec impatience une contestation des conséquences catastrophiques pour les familles les plus modestes, celles sui souffrent déjà de l'augmentation du prix du carburant, celles qui voient les intérêts de leurs prêts bancaires monter, celles qui ne se rendent pas comptent que tout n'est dans la « réforme » que dirigé vers un seul but : rendre plus riches ceux qui travaillent le moins et plus pauvres ceux qui bossent le plus ». Le reste n'est que discours sur le sexes des anges sarkozystes. Ce matin sur Canal + Eric Woerth le grand argentier du gouvernement se déclarait très pessimiste sur le climat social. Il a de bonnes raisons de le penser. C'est même pire qu'il le croît !
Mais je déblogue...
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3 juin 2008 2 03 /06 /juin /2008 07:38
L'économie aurait donc besoin d'être modernisée pour être plus efficace et renforcer le pouvoir d'achat des consommateurs. Drôle de démarche que celle qui consiste à expliquer que des libéraux veulent encore et toujours réguler la loi du marché en lui ouvrant les grands espaces de la concurrence. En fait c'est reconnaître que jusqu'à cette loi la fameuse concurrence qui doit tout réguler pour diminuer les profits effectués par la grande distribution ne sont pas soumis à cette règle fondamentale du système libéral.
Les députés se sont donc attaqués au texte sur la modernisation de l'économie (LME), qui veut relancer la croissance par la baisse des prix, et risque de créer des tensions entre l'exécutif et sa majorité UMP, toujours à la recherche d'un compromis sur les grandes surfaces. Un de plus car les pommes de discorde sont en solde actuellement dans la majorité présidentielle. Impossible de trouver un sujet sur lequel il n'y a pas de risque de la voir se briser au détour d'un amendement.
Après avoir concédé que « les caisses sont vides », Nicolas Sarkozy, convaincu par Edouard-Michel Leclerc, compte sur cette loi pour améliorer le pouvoir d'achat par la concurrence et la baisse des prix. « Je pense que ce n'est pas foutu! », aurait-il lancé avec l'espoir que dans deux ou trois ans il aura tellement laissé s'implanter de discounts en France qu'ils dicteront leur loi aux autres grandes enseignes réduites à la portion congrue.
Le secrétaire d'Etat à la consommation Luc Chatel a estimé que la LME peut faire baisser l'inflation de 1,6 point sur trois ans. En présentant le projet de loi en avril, c'est le Premier ministre qui tablait sur « 0,3% de croissance supplémentaire chaque année et 50.000 emplois par an » grâce à la LME. Ce serait la panacée aux maux actuels sur les denrées alimentaires de base ou sur les produits de première nécessité. « Je suis incapable de vérifier la pertinence de ce calcul », a avoué le député UMP qui va défendre le texte à l'Assemblée, Jean-Paul Charié. Une tâche difficile tellement le poids des lobbies écrase le débat. Ils sont tous là dans les couloirs de l'assemblée pour tenter de décrocher des amendements encore plus favorables ou surtout défavorables. Les permanences parlementaires ont reçu des fax. Quelques ténors ont été approchés pour les convaincre de les conduire à créer des groupes organisés pour défendre le fond de commerce de l'Ump : le « petits » commerçants et le « petit » artisan !
LE BATON DE MARECHAL DE LECLERC
Avant la discussion générale qui s'est ouverte, le Premier ministre a négocié tout le week-end avec les députés UMP opposés à l'un points-clés de la LME, l'assouplissement des conditions d'installation des grandes surfaces dans les villes au nom de la concurrence voulue par le gouvernement. Une catastrophe pour la grande majorité des « ruraux » ou des représentants de « petites » villes centres. En fait c'est surtout un nouveau transfert des responsabilités de l'Etat vers des élus locaux qui récoltent tout ce que ce dernier ne veut plus (ou ne peut plus) assumer. Le service minimum dans les écoles publiques d'Etat, la confection des pièces attestant de la nationalité (Cartes nationales d'identité, passeports biométriques...) et maintenant l'urbanisme commercial ! La grogne est remontée de tous els cotés car les maires attachés au libéralisme économique le sont jusqu'à un certain point, celui de rupture avec leur électorat habituel un tant soit peu poujadiste. Sarkozy ne l'a pas encore compris mais Fillon l'a senti !
Il a vite effectué machine arrière en admettant qu'il « ne veut pas que les maires soient les arbitres de la concurrence », selon son entourage. « Que le maire ait plus de pouvoir sur l'urbanisme, sur l'organisation, d'accord, mais ce n'est pas à lui de dire s'il y a assez de surfaces commerciales dans tel ou tel secteur », ajoute-t-on chez les proches du « premier collaborateur » du Président.
En fait tout le monde admet que cette loi a été voulue et prônée par Michel-Edouard Leclerc qui est devenu le penseur de l'Elysée en matière de pouvoir d'achat. Oui, il a eu une très forte influence. Il a une faculté de persuasion assez forte. Sur l'histoire des 1000 m2 ce n'est pas tellement Leclerc. Il a surtout influencé sur la négociabilité, pour donner plus d'aisance aux centrales d'achat pour négocier plus facilement les prix. "Ça fait 5 ans que je travaille sur ce dossier, et j'ai vu que ça négocie déjà très dur entre la grande distribution et les fournisseurs. Le risque est qu'ils vont souffrir plus. Certain vont même couler. Mais j'ai fait passer un amendement qui va dans un sens de protection. Le distributeur sera obligé de justifier lorsqu'il demande au fournisseur de baisser ses prix. Si on avait écouté Leclerc, il n'y avait rien du tout.  Leclerc n'a pas toujours raison sauf à croire qu'il est un défenseur du consommateur. Sarkozy a un peu trop tendance, parait-il, à écouter ses arguments. Il ne dit pas que des choses vraies, il a sa façon de mentir avec élégance » explique Michel Raison député Ump spécialisé sur ce sujet. Il examine le contexte avec lucidité car il sait fort bien que les idées fondatrices de la LME ne peuvent se traduire dans les faits qu'avec le soutien très appuyé des grandes enseignes de distribution. On annonce donc en France, plus de 915.000 m2 de centres commerciaux créés d'ici 2009 même si le dynamisme du marché dépendra aussi du contexte économique général.
FOURNISSEURS EN DANGER
La LME prévoit aussi que les grandes surfaces pourront négocier librement leurs tarifs avec leurs fournisseurs. Avant de soutenir la loi, ces derniers ont plaidé devant le chef de l'Etat pour obtenir des garanties. C'est, dans les faits, un texte rédigé pour la grande distribution, car des distributeurs comme Leclerc attendent avec impatience la loi pour payer leurs produits moins chers. Ce système de libre négociation entre distributeurs et fournisseurs - dit de négociabilité - mettra fin à la pratique des fameuses « marges arrières », réformées régulièrement depuis 2004. La CGPME (Confédération générale du patronat des petites et moyennes entreprises) et la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles), les représentants de l'agroalimentaire, des grossistes s'inquiètent de la «suppression de milliers d'emplois» et «l'asphyxie des PME».
7.500 professionnels ont signé une pétition qu'ils ont remise aux députés. En effet il va y avoir des « morts » sur le carrelage car il faudra tenir compte de la flambée du prix des matières premières qui vont réduire déjà considérablement la rentabilité des productions. Les fournisseurs vont se retrouver avec la pression de la base qui va réclamer son dû et la pression des centrales d'achat qui vont tenter des les étrangler. Il leur faudra forcément chercher un peu d'oxygène...qu'ils trouveront nécessairement sur la masse salariale qu'il faudra partout et tout le temps rogner pour dégager au moins des profits équivalents.
C'est en cela qu'il faudrait se méfier absolument de la notion de « concurrence » en tant que consommateur puisqu'en fait, plus nous achetons bon marché et plus nous sommes responsables des licenciements, des délocalisations, des mouvements de révolte dans les pays producteurs... Cette loi va renforcer cette réalité qui a fait oublier au consommateur qu'il était aussi un citoyen. Michel Edouard Leclerc aurait dû expliquer cette donne à un Président qui joue son avenir sur cette LME qui, dans les faits, ne pourra faire effet que dans plusieurs mois voire plusieurs années.
LE MAIRE EN DANGER
En fait Michel Sapin, ancien ministre socialiste de l'Economie, a résumé parfaitement le contexte que va créer cette LME : « Le maire sera confronté à un arbitrage difficile entre l'intérêt du consommateur et l'intérêt de sa commune", analyse-t-il. Il existe en France un oligopole, ce sont les grands groupes de distribution. Quand vous leur donnez plus de pouvoir, vous les renforcez. Et c'est au détriment des consommateurs et des producteurs de taille moyenne .Cette analyse est beaucoup plus lucide que celle qui voit les prix baisser de 1,3 %... en 2010 ! La chasse aux terrains disponibles va en effet battre son plein. Les maires vont voir débarquer les dénicheurs d'espaces d'implantation pour 300 m² de surface de vente qui, selon l'impact constaté, deviendront ensuite des 1 000 m² ou plus. Le seuil de 300 m² pour les nouvelles implantations sera donc relevé à 1.000 m2 mais en parallèle les pouvoirs du maire de la commune d'implantation seront renforcés via trois amendements selon un pacte conclu entre gouvernement et députés Ump.
Un accord de principe donnera aux maires un pouvoir de préemption renforcé (avec quels fonds en dehors de celui des contribuables) et la possibilité de saisir l'autorité de concurrence créée par la LME.
 Enfin, dans les communes de moins de 15 000 habitants, les édiles pourront saisir la Commission départementale d'aménagement commercial (CDAC) sur les projets de plus de 300 m² s'ils estiment ne pas avoir les éléments nécessaires pour juger. Il y a fort à parier que rien ne sera changé car tous iront devant cette instance pour se « couvrir » vis à vis des commerçants de proximité. Au cours des 15 dernières années les seuls moments difficiles vécus dans la vie locale auront été les conséquences de prises de position en ex- Commission Départementale d'Equipement Commercial.
D'abord avec une forte contestation venant des acteurs économiques du centre ville. Ensuite à la suite de toutes les tentatives du maire de bordeaux hostiles à la structuration commerciale d'une ville en expansion de la seconde couronne urbaine. Enfin de la part des enseignes différentes de demanderesses ce fut en permanence le travail souterrain hostile. Le milieu est impitoyable et l'élu local aura toutes les peines du monde à résister à ce contexte difficile surtout que les enjeux financiers seront considérables. La modernisation a bien des égards a des allures de retour en arrière.
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2 juin 2008 1 02 /06 /juin /2008 07:27
La tenue, à Paris, d'une réunion des « reconstructeurs » du Parti socialiste, donne une idée exacte de la manière dont les médias traitent la vie politique française. En effet, hier soir la télévision insistait à nouveau, toutes chaînes réunies sur les désaccords portant sur les femmes et les hommes du PS sans trop se soucier du sentiment des militantes et des militants présents et qui avaient simplement sacrifié une dimanche pour garder l'espoir de voir un véritable débat d'idées s'installer au sein de leur parti. Globalement tous les journalistes étaient d'accord : ils avaient déniché, en Martine Aubry, une nouvelle « mounaque » sur laquelle ils allaient pouvoir expédier des balles de son comme on le fait sur les stands des kermesses.
Le fond, le contenu les interventions, les critiques à l'égard du gouvernement n'ont eu aucune prise sur les analystes. Le jeu demeure extrêmement simple. Les socialistes sont des rigolos, incapables de s'entendre, démunie de tout esprit solidaire, englués dans des querelles de personnes, inaptes au renouvellement des générations. Aucun d'eux ne vient à ce type de rencontre pour apprendre mais uniquement pour conforter la ligne éditoriale qui correspond à la nature de ce qu'il faut offrir aux téléspectateurs. Les reportages sont construits à l'avance et donc seront, quoi qu'il advienne, conformes à l'attente de la rédaction. Pas question de prendre un angle différent, car on chasse sur les mêmes terres et avec les mêmes consignes.
Tous les présents reconnaissaient que le plus brillant des intervenants avait été Laurent Fabius... mais on n'a pas eu droit à une seule seconde de son propos pour se contenter de l'extrait identique relative à son opinion sur l'avenir de Martine Aubry. « Le Monde » sur son site internet pose d'entrée son point de vue : « attelage hétéroclite (sic), dimanche 1er juin, au rassemblement des "Reconstructeurs". Regroupement transcourant constitué pour faire barrage au duel annoncé entre Ségolène Royal et Bertrand Delanoë, ce pôle regroupe aussi bien des partisans de Laurent Fabius, de Dominique Strauss-Kahn, d'Arnaud Montebourg que de Martine Aubry ». En choisissant le mot « attelage » passéiste, méprisant, sous-entendant que les acteurs sont des mules, des percherons ou des chevaux de trait le ton est donné. Si l'on ajoute « hétéroclite » on insiste bien sur le caractère « archaïque » ou même style « grenier » ou « brocante » qui sied parfaitement à l'idéologie de ces « partisans » (mot bien différent de militant) dépassé par les événements et par le modernisme supposé des « amis » de Ségolène Royal ou Bertrand Delanoé. Les commentaires accompagnant les images des journaux télévisés étaient bien entendu de la même veine car il était impossible de passer d'autres appréciations qui détonneraient avec l'opinion dominante que l'on doit entretenir avec l'engrais des certitudes.
UN ATTELAGE HETEROCLITE
Il est vrai que hier également on a eu un exemple flagrant de l'unité de la Droite sarkozyste dont vous n'avez par contre pas entendu parler dans votre étrange lucarne. Des déclarations révélatrices de l'état de déliquescence de la majorité ont du être oubliées sur les tables des chefs de service politique. Si vous ne le croyez pas regardez donc ce matin votre quotidien favori et comparez la place accordé à « l'attelage hétéroclite » et celle donnée aux déclarations de Copé ou de Hortefeux.
 Bien entendu chez les socialistes la direction est fragmenté, traversée par des rivalités de personnes, recroquevillée sur ses « anciens dirigeants », préoccupée par des enjeux de pouvoir. Ce qui vous le pensez bien n'est absolument pas le cas à l'Ump et plus encore à la tête de l'Etat. Or de l'aveu même du plus inconditionnel des Sarkozystes le Président de la République passera une part de cette matinée de lundi à court-circuiter son... premier ministre. C'est moins grave, probablement que la venue dans une même salle de Bartolone, Moscovici, Aubry, Fabius et consorts...
Brice Hortefeux a en effet présenté...les sept ministres réunis régulièrement par Nicolas Sarkozy comme un « septuor chargé d'aider le chef d'orchestre à mettre en musique sa politique ». « Ce ne sont ni les sept mercenaires, ni les sept piliers de la sagesse, ni les sept merveilles du monde », a ironisé le ministre de l'Immigration. L'habitude prise depuis la mi-mai par Nicolas Sarkozy de réunir toutes les semaines sept ministres et secrétaires d'Etat (Brice Hortefeux, Xavier Bertrand, Eric Woerth, Xavier Darcos, Luc Chatel, Nadine Morano et Laurent Wauquiez) à l'Elysée sans François Fillon a été unaniment interprétée comme une volonté de marginaliser le Premier ministre. Pourquoi ne pas parler alors « d'attelage hétéroclite entre Fillon et Sarkozy entre Bourin et Amara, entre Bertrand et Devedjian ? Pourquoi de ne pas en pareille circonstance mettre en évidence la gravité de cette situation pour la France de deux conseils des ministres parallèles et peut-être contradictoires ? Pourquoi cette cacophonie serait-elle plus grave au PS qu'au sein même du gouvernement ? Demandez-vous pourquoi cette situation ne donnera lieu qu'à un entrefilet sur une colonne dans votre quotidien habituel.
LE GOUVERNEMENT BIS
« Le Premier ministre rencontre très régulièrement ses ministres », a répondu Brice Hortefeux, précisant qu'il déjeunerait cette semaine avec M. Fillon. Il a expliqué que les sept constituaient « un échantillon représentatif du gouvernement ». Brice Hortefeux lui-même, va beaucoup plus loin que les journalistes eux-mêmes, car il a reconnu que l'organisation de la majorité n'était pas parfaite. « Il y a eu des couacs, pas si nombreux et pas si graves », a-t-il relativisé comme si son « septuor » n'était pas constitué pour mettre en difficulté Devedjian et Fillon. Il ne s'agit pas de « chevaux de retour » pour sortir de l'ornière un attelage embourbé mais de purs sangs libres de courir à leur guise sur le champ de course électoral.
D'ailleurs Brice Hortefeux fait du journalisme critique puisqu'il explique que l'Ump manque au moins autant de cohésion que le PS avec comme différence essentielle c'est qu'elle est au pouvoir et garante du quotidien des Françaises et des Français. Fidèle de Nicolas Sarkozy depuis trente ans, il rappelle « trois réalités » incontournables à ses amis de la majorité. D'abord qu'ils doivent « le succès à la présidentielle et aux législatives quasi exclusivement à Nicolas Sarkozy ». Avis donc à ceux qui dans la majorité laissent pointer leurs critiques contre l'hôte de l'Élysée. Ensuite que « le gouvernement est divers » et que « la diversité peut entraîner la richesse (sic) mais ne doit pas empêcher la solidarité et la cohésion gouvernementale ». Brice Hortefeux précise d'ailleurs que le premier ministre est « le garant de cette solidarité » et donc l'arbitre des conflits comme ceux qui ont pu opposer Nathalie Kosciusko-Morizet et Jean-Louis Borloo, son ministre de tutelle, ou Fadela Amara et Christine Boutin. L'UMP, enfin, a vocation « à stimuler le gouvernement », explique-t-il, mais aussi à expliquer et à relayer ses initiatives : « L'un ne va pas sans l'autre », a-t-il assuré. Mais c'est normal et ça ne mérite pas un titre de une !
FAUT-IL EN FAIRE UN PSYCHODRAME ?
Jean François Copé dans le JDD a été un ardent défenseur du pôle des « Reconstructeurs » quand il juge son attitude à l'égard de Sarrkozy. Au PS quand Fabius, Aubry, Cambadélis s'exprime face aux actes politiques de Ségolène Royal ou Bertrand Delanoé ce sont des « querelles ridicules » mais quand le président du groupe Ump à l'assemblée déclare : « On dit tant de choses! Faut-il tout prendre au pied de la lettre? Les propos que l'on prête à Nicolas Sarkozy à mon sujet sont-ils toujours authentiques? J'en doute. Moi je me refuse aux petites phrases, c'est un principe, c'est déstabilisant et contre-productif. Je connais Nicolas Sarkozy depuis longtemps: je connais son caractère. Nous sommes différents. C'est ainsi. Quand les uns et les autres ont des avis contraires, faut-il le vivre comme un psychodrame?. il lui faudrait expliquer ceci aux commentateurs politiques qui classent de telles déclarations dans la catégorie des actes de bravoure alors que chez les socialistes elles sont signalées comme étant des attaques personnelles dépassées.
La pesanteur médiatique produit des effets néfastes dont on a pu hier encore constater les conséquences pour la démocratie. Dans l'élection partielle du Rhône, au second tour, il y a eu... 29 % de votants ! Une véritable catastrophe qui confirme le total désintérêt de la population pour les enjeux politiques. Comment pourrait-il en être autrement quand on constate la présentation que l'on en fait sur les télés et dans les hebdos ou quotidiens qui comptent. Comment convaincre que rien de remplacera dans une démocratie, la diversité, le débat sur les idées et que les confiner à des affrontements de personnes c'est tôt ou tard se préparer des réveils difficiles. Pourquoi est-il inconcevable que des militants pas plus hétéroclites au PS qu'à l'Ump, qu'à l'UDF, que chez Besancenot aient une autre vision que celle du « libéral-socialisme » ou du « social libéralisme d'ouverture » ou le « ni...ni » ?
Ce matin en prenant votre café ou en circulant dans le tram lisez attentivement votre gratuit que vous réaliserez que nous sommes anesthésiés par un système qui nous persuade que toute réflexion raisonnable n'a aucun intérêt en ce monde des certitudes préfabriquées.
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1 juin 2008 7 01 /06 /juin /2008 13:47
La xénophobie prend des allures planétaires car, quel que soit le pays, on est toujours l'immigré que l'autre ne peut pas voir. Les récents incidents graves en Afrique du sud ne sont en fait que la parie visible de phénomènes quotidiens moins médiatisés. Soixante-deux personnes ont été tuées et 670 blessées au cours de la récente vague de violences xénophobes, a indiqué la police révisant à la hausse un précédent bilan de 56 morts. Selon elle, le bilan s'est alourdi car « certains des blessés sont décédés à l'hôpital ». Mais « aucun incident majeur ne m'a été rapporté dernièrement », a-t-on officiellement assuré. La plupart des victimes ont été recensées dans la province du Gauteng, où se situent la capitale économique Johannesburg et la capitale politique Pretoria. Cinquante deux personnes y sont mortes massacrées par des expéditions punitives.
La police a procédé à 1.433 arrestations et la grande majorité des personnes interpellées restaient en détention. Le gouvernement avait indiqué jeudi que des tribunaux spéciaux seraient organisés pour juger les auteurs des violences xénophobes qui ont débuté le 11 mai dans un quartier pauvre de Johannesburg avant de se répandre dans toutes les provinces du pays. La situation s'est calmée progressivement depuis la fin de la semaine dernière mais des dizaines de miliers de personnes -- 35.000 selon le gouvernement, 100.000 selon les ONG -- ont fui les bidonvilles par peur de ces attaques. Les violences ont été imputées notamment à la frustration des Sud-Africains pauvres, qui attendent toujours 14 ans après la chute de l'apartheid l'amélioration de leurs conditions de vie.
L'Afrique du Sud a beau être la première puissance économique du continent, 43% de sa population vit avec moins de deux dollars par jour et deux adultes sur cinq sont au chômage. Dans ce contexte les immigrés, en majorité Zimbabwéens et Mozambicains, sont accusés de voler les emplois et de participer à la criminalité.
Une partie des immigrés sont rentrés dans leur pays, le Mozambique ayant ainsi rapatrié plus de 30.000 ressortissants. Les autres se sont réfugiés dans des commissariats ou des centres sociaux, dans des conditions souvent précaires. Cette situation véritablement désastreuse dans un pays africain se reproduit partout sur la planète selon le principe voulant que l'enfer ce soit les autres. Un haut diplomate africain, qui a préféré gardé l'anonymat, a exprimé sa vive préoccupation au sujet de la réaction tardive du gouvernement sud-africain alors que 50 immigrés africains innocents avaient déjà été tués et des milliers d'autres blessés. Il n'a toutefois pas écarté la possibilité que les querelles internes au niveau du parti au pouvoir, le Congrès national africain (ANC) aient encouragé la violence.
UN POPULISME DANGEREUX
Il a également pointé du doigt ceux qui ont perdu le pouvoir et qui auraient pu se servir des populations vulnérables et marginalisées de la société en leur disant que depuis la chute de l'apartheid en 1994 ils n'ont vu aucun changement significatif par rapport à leurs conditions de vie. « Le tollé provoqué par ces violences à travers l'Afrique est justifié, parce que les pays africains ont mauvaise conscience parce que le peuple à qui ils ont apporté soutien durant la lutte contre l'apartheid et l'oppression ne leur a pas rendu la monnaie de leur pièce », a souligné le diplomate africain. Pour lui, que la violence soit spontanée ou planifiée, elle aurait dû être contenue immédiatement.
Il a regretté le fait que le gouvernement sud-africain ait choisi d'être passif et négatif quand leurs frères africains qui ont pris le risque de partager la victoire et le nouveau paradis avec les Sud-africains sont maltraités alors que les portes du pays ont été largement ouvertes aux investisseurs étrangers.
L'afflux massif de réfugiés économiques et politiques en Afrique du Sud, en particulier ceux du Zimbabwe constitue le fondement de cette xénophobie organisée . L'attitude bienveillante du président Mbeki vis-à-vis de Robert Mugabe est en partie à blâmer car elle a permis de laisser filer une immigration liée à la situation politique chez les voisins sud-africains. Mbeki qui a mis beaucoup de temps à réagir récolte aujourd'hui les fruits amers de sa fidélité à un ancien compagnon des luttes de libération nationale qu'il n'a pas su condamner alors qu'il a tourné au despote incompétent. La montée en puissance d'un populisme incarné par l'homme qui a défait Thabo Mbeki au dernier congrès de l'ancien mouvement de libération (Jacob Zuma) constitue également un facteur accélérant le processus des représailles envers des travailleurs, là-bas comme chez nous, exploités par des entreprises sans scrupules. Les émeutiers d'Alexandra attaquaient d'ailleurs les étrangers en entonnant le chant de ralliement des supporters de Zuma, même si ce dernier a catégoriquement condamné ces comportements.
Jacob Zuma, inculpé après avoir été accusé d'avoir bénéficié de la corruption d'un groupe d'armement français, et relaxé après avoir été accusé de viol, prétend incarner la base contre l'élite, agitant un discours un peu démago aux accents populistes. Il se trouvait la semaine dernière à Paris, où il vantait le « style de Nicolas Sarkozy... »
LA RUSSIE AUX RUSSES
Autoroutes quasi-inexistantes, capacité hôtelière déficiente ou archaïque, stades à construire ou rénover, violences de hooligans ou skinheads xénophobes, la Pologne et l'Ukraine devront beaucoup travailler pour assurer le succès de l'Euro-2012 de football. La Pologne a également un sérieux problème de hooliganisme. Pendant le Mondial-2006 en Allemagne, les polices des deux pays ont mis en place tout un dispositif pour empêcher des débordements de supporteurs polonais. Si les hooligans polonais ont finalement renoncé à aller en Allemagne, ils peuvent causer de sérieux dégâts chez eux. L'an dernier, des supporteurs du Legia de Varsovie ont dévasté une partie du centre de la capitale, lors d'un violent affrontement avec les policiers.
En Ukraine, les ambassades étrangères mettent en garde contre les attaques de skinheads racistes et xénophobes. En Russie les incidents se multiplient mais par égard avec le tsar Poutine on évite soigneusement d'en parler. Il est vrai que désormais il est reçu comme un chef d'Etat (qu'il n'est plus) en France. La montée de l'extrémisme en Russie ne se résume pas à l'existence de groupes de « crânes rasés » (ils seraient, selon les données du ministère de l'Intérieur, de 15 à 20 000 dans le pays). La guerre en Tchétchénie et les attentats commis par les extrémistes tchétchènes, en particulier la prise d'otages dans une école de Beslan, en Ossétie du Nord, petite république voisine de celle-ci, le 1er septembre 2004, n'ont pas seulement attisé la haine des partis ultra-nationalistes et des bandes fascisantes, ils ont été utilisés par le pouvoir dans des buts électoralistes. Les déclarations d'importants responsables régionaux, comme le gouverneur du territoire de Krasnodar, région du sud de la Russie regroupant un grand nombre de minorités nationales, Alexandre Tkatchev, ou sa collègue de Saint-Pétersbourg, Valentina Matvienko, jouent avec le feu en accusant les migrants de tous les maux et en reprochant aux médias de trop mettre l'accent sur les crimes racistes. Les procès intentés pour incitation à la haine raciale ou même pour meurtre à caractère raciste se soldent bien souvent par des peines trop clémentes.
La Russie a toujours été un pays multinational et les conflits qui ont éclaté dans les Etats post-soviétiques ont en outre entraîné un afflux de réfugiés sur son sol, en particulier dans les régions méridionales proches des zones frontières. Par ailleurs, il existe une émigration économique importante en provenance non seulement des anciennes républiques soviétiques, mais aussi de Chine et du Vietnam. Les marchés des grandes villes russes accueillent également des commerçants originaires du Sud-Caucase et d'Asie centrale, accusés de faire monter les prix. Lors d'une enquête effectuée en juin 2005 par le Centre d'étude de l'opinion publique Levada (institution indépendante), 58 % des Russes interrogés ont dit être « d'accord » ou « plutôt d'accord » avec le slogan « La Russie aux Russes ». Fait notamment préoccupant, les jeunes sont particulièrement nombreux à partager cette vision des choses. Il n'y a donc pas qu'en Afrique du Sud que la xénophobie couve sous la cendre fasciste.
CHASSE AUX ROMS EN ITALIE
Encore plus près de chez nous, en Italie, les dernières élections viennent de mettre en évidence une résurgence forte de la xénophobie. Berlusconi et surtout ses alliés ont beaucoup joué sur ce rejet des nouveaux arrivants venant des pays de l'Est. Les autorités roumaines et les associations des Roms de Roumanie, pays de l'union européenne, ont été contraintes de dénoncer en bloc les dérapages racistes apparus en Italie. L'indignation a été exacerbée par un message apposé à l'entrée d'une entreprise d'usinage de bois de Pieve di Soligo (nord-est de l'Italie) et repris dans la presse roumaine, qui annonce « le lancement de la saison, durant toute l'année, de la chasse aux animaux sauvages migrateurs comme les Roumains, les Albanais, les Kosovars, les Musulmans, les talibans, les Afghans, les Tziganes et les extracommunautaires en général ».
Ce tract n'a donné lieu à aucune autre... dénonciation officielle italienne que celle de la Confédération générale italienne du travail (CGIL) par laquelle l'affaire a été révélée. L'ambassade de Roumanie à Rome a demandé des mesures contre les auteurs de « ce texte à caractère extrémiste et xénophobe prononcé ».
L'association des Roms de Roumanie, Romani Criss, dénonce, quant à elle, « l'extrémisme » de la nouvelle politique italienne d'immigration. « Il est inconcevable que, dans l'Europe de 2008, on combatte la délinquance selon des critères ethniques, il s'agit là d'une politique d'inspiration extrémiste, a affirmé son dirigeant, Marian Mandache, par ailleurs avocat. Il ne resterait plus que de contraindre les Roms à porter une étoile ou une banderole pour que l'on revienne soixante-dix ans en arrière, à une époque dont on ne veut plus se souvenir ».
Les allusions au nazisme se multiplient en Roumanie et risquent de nuire aux bons échanges économiques entre les deux pays. 23 000 entreprises italiennes sont implantées en Roumanie et des milliers de Roumains travaillent en Italie. L'organisation Caritas estime à 556 000 le nombre de Roumains installés dans la Péninsule mais, selon d'autres estimations, leur nombre, qui aurait fortement augmenté depuis l'adhésion de la Roumanie à l'Union européenne en 2007, pourrait atteindre 1 million de personnes. Montrée du doigt comme la première responsable de la délinquance pendant la campagne des élections législatives italiennes d'avril, qui a vu le triomphe de la droite, cette communauté se sent aujourd'hui fragilisée. Les Tchétchènes en Russie, les Zimbabwéens en Afrique du Sud, les Roms en Italie... la constante demeure la même : chasser l'autre de son territoire que l'on pense susceptible de se développer sans présence étrangère. Le rejet monte de partout surtout en cette période de tension économique forte. Quand on a l'impression que l'autre vient vous manger votre pain toujours plus rare et toujours plus cher il est difficile de prendre du recul surtout quand personne ne le dénonce véritablement.
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31 mai 2008 6 31 /05 /mai /2008 17:57
L'éparpillement des informations entre de multiples rubriques et surtout sur une multitude de supports fait que désormais il est quasiment impossible d'avoir une appréciation globale des situations. En matière économique il faudrait publier de temps en temps un tableau synthétique de la situation réelle du pays plutôt que d'émietter des annonces ponctuelles parfois contradictoires. En fait il est quasiment impossible d'appréhender l'avenir quand on ne possède que des références éparpillées. Ainsi on vient pas exemple d'annoncer une légère baisse du chômage en France mais on la déconnecte des autres paramètres ce qui permet d'occuper le devant de la scène médiatique en dissimulant le reste.
Par exemple la première estimation de l'inflation en zone euro constitue un élément décisif dans le débat sur l'avenir de l'emploi mais il est oublié car peu porteur ou pour ne pas altérer davantage le moral des « ménages ». Alors que l'ensemble de l'Europe proteste contre la flambée des prix du pétrole, l'inflation, qui est la hantise de la Banque européenne, aurait de nouveau accéléré en mai pour revenir à son record... historique de 3,6% sur un an. Ce chiffre excessif, déjà atteint en mars, est inédit depuis la création de la zone euro en 1999.
L'inflation avait connu une légère décélération en avril, à 3,3%, mais de courte durée. Le baril de pétrole désormais proche de 130 dollars contribue beaucoup à cette hausse et comme l'on sait pertinemment qu'il ne va s'arrêter en si bon chemin pour les pays et les compagnies qui l'exploitent, il y a lieu de craindre le pire... pour les entreprises soumises à son utilisation. Une envolée qui suscite une montée de protestations en Europe des secteurs les plus touchés, pêcheurs, agriculteurs ou routiers. Le débat grandit parallèlement parmi les responsables européens sur une éventuelle réponse politique à apporter à cette hausse des prix pétroliers car chaque jour la situation s'aggrave.
DES AUGMENTATIONS RECORDS
Cette nouvelle hausse des prix à la consommation, attendue par les économistes, est très au-delà de la limite tolérée par la Banque centrale européenne (BCE), dont l'objectif à moyen terme est une inflation en zone euro légèrement inférieure à 2%. L'inflation dépasse ce niveau de 2% depuis septembre 2007 dans la zone euro ce qui démontre l'ancrage fort de la tendance. Après un tassement d'un mois, l'inflation a repris son accélération par exemple en mai en Belgique pour atteindre son plus haut niveau depuis 23 ans, à...5,21% sur un an, après 4,15% en avril, a annoncé le ministère belge de l'Economie. Il faut remonter à mai 1985 pour trouver un niveau supérieur, de 5,53%, a-t-on précisé au ministère belge. Le prix des voyages à l'étranger, des pommes de terres et des fruits frais a également augmenté, dans une moindre mesure. En revanche, les prix des médicaments et des véhicules neufs ont légèrement baissé.
D'autres pays européens battent également des records historiques. Le rythme de l'inflation en Espagne, qui avait marqué le pas en avril, a lui aussi accéléré en mai pour atteindre 4,7% sur un an, niveau le plus haut depuis au moins onze ans, selon des chiffres provisoires publiés jeudi. En Allemagne également, l'inflation a connu un regain en mai, à 3% sur un an, nourrie par la montée des prix de l'énergie, après une détente en avril (2,4%), selon des chiffres publiés mercredi.
De partout le carcan de la BCE craque et la menace est très forte sur les économies désormais solidaires sur le territoire européen. Ce qui a fait la force de l'Euro risque bien dans quelques mois de faire sa faiblesse ce qui n'améliorerait pas la facture énergétique et entraînerait une spirale dangereuse.
TENSION SUR LES TAUX
Les taux longs européens se sont une nouvelle fois tendus, affectés par une série d'indicateurs qui montrent que les craintes inflationnistes restent importantes en zone euro et renforcent le scénario d'une prochaine hausse des taux par la banque centrale européenne.
Autre fait inquiétant, l'indice de confiance des consommateurs en zone euro qui recule à son plus bas niveau depuis septembre 2005. Ce repli est à mettre sur le compte de l'inflation élevée alors que la flambée des prix du carburant inquiète de plus en plus les ménages européens et entame leur appétit d'achat.
De l'autre côté de l'Atlantique, la croissance américaine a été révisée en hausse à 0,9% au premier trimestre (en rythme annuel), au lieu de 0,6% annoncé précédemment. Toujours aux Etats-Unis, les demandes hebdomadaires d'allocations chômage ont crû de 4.000, pour porter sur 372.000 dossiers au cours de la semaine terminée le 24 mai, là où les analystes attendaient un chiffre légèrement moins élevée de 370.000 demandes.
De leur côté, les stocks américains de brut ont fortement chuté de façon imprévue la semaine dernière, de 8,8 millions de barils à 311,6 millions de barils, alors qu'ils étaient annoncés stables par les analystes, entraînant une nouvelle flambée de l'or noir.
Cette accumulation de signes « noirs » ne va pas arranger les prévisions du gouvernement français qui prend ses espoirs pour des certitudes. Impossible de tenir très longtemps si les taux du crédit remontent car déjà que la consommation s'atténue chaque jour davantage, on va retrouver une récession et... le plan de rigueur qui ne dira jamais son nom pour ne pas affoler les électrices et les électeurs. « Avoir des prix stables est essentiel », juge le président de la BCE, le Français Jean-Claude Trichet. « Non seulement ils protègent la valeur des revenus de tous et en particulier des plus vulnérables », mais ils scellent la crédibilité d'une banque centrale et « créent des conditions favorables à une croissance durable et à la création d'emplois ». Cette prise de position résume parfaitement la doctrine actuelle : si l'on ne peut pas amortir l'augmentation DES coûts sur les matières premières et l'énergie... il faut nécessairement le faire sur la masse salariale. A partir de là il n'y a plus que deux solutions. La première consiste à délocaliser pour obtenir une diminution massive des coûts de production. La seconde repose sur le concept maintes fois répétés par tous les poids lourds du gouvernement et le Président de la République : « travailler plus pour produire plus mais finalement gagner moins ». On y va tout droit car c'est inévitable compte tenu du contexte global actuel.
DES BESOINS TERRIBLES
Pendant ce temps la planète crève de faim dans certaines de ses zones déshéritées. Il faut trouver des fonds pour tenter d'enrayer la famine liée au prix des denrées fondamentales. La Banque mondiale a annoncé qu'elle mettait 1,2 milliard de dollars (770 millions d'euros) de nouveaux prêts à disposition pour contribuer à surmonter la crise alimentaire internationale.
Elle a également précisé qu'elle porterait son soutien à l'agriculture et à l'alimentation à 6 milliards de dollars (3,9 milliards d'euros) l'an prochain, contre 4 milliards de dollars en 2008.
Robert Zoellick, président de l'organisation qui compte 185 pays membres, a expliqué qu'un plan d'action clair était nécessaire en raison de la hausse des prix de l'alimentation, qui ont mis en danger des populations et des pays.
Il a précisé qu'une aide devrait être fournie pour répondre à des besoins humanitaires immédiats. Il a jugé qu'une assistance sur le plus long terme devrait aller à de petits agriculteurs, afin de leur donner des graines et des engrais afin qu'ils puissent augmenter leurs cultures. Le problème c'est que dans le contexte actuel pas grand monde ne veut contribuer financièrement à ce soutien car les budgets deviennent extrêmement serrés. On est donc parti pour des demi-mesures qui ne donneront pas des résultats satisfaisants d'autant que les diverses catastrophes en Asie rendent les perspectives de redressement encore plus difficiles.
Tous les gouvernements essayent surtout de sauver leur peau face la montée du mécontentement. Pour beaucoup il faut laisser faire la loi du marché, celle qui va éliminer les canards boiteux, les plus fragiles pour conserver les systèmes les plus durs et les plus riches. C'est la loi du genre... Personne n'est prêt à l'admettre alors que beaucoup vont le subir.
Mais je déblogue...
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Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
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