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LES STATISTIQUES

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MAIS JE DEBLOGUE...

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11 juin 2009 4 11 /06 /juin /2009 07:17
Mais qui donc a pu voter pour les listes UMP aux Européennes ? Quand on constate que seulement 12 % des Françaises et Français inscrits sur les listes électorales ont soutenu « massivement » les candidates et les candidats du Sarkozysme triomphant, on a une idée exacte du nombre réel des déçus ! Mais comme tout est dans la présentation, on se contentera d'un effet d'annonce, comme au temps où parvenaient les informations sur les lointaines batailles gagnées par César. Un arc de triomphe médiatique a été dressé, et le Chef de l'Etat y passera et y repassera à satiété ! Il aurait réuni ses ministres pour qu'ils lui tressent une couronne de lauriers et qu'ils lui baisent les pieds, comme il est de coutume de la faire pour les demi-dieux, ceux qui sauvent les naufragés potentiels de leur triste destin. Hier, dans la salle où il réforme la France, il aurait, si l'on en croit l'un de ses collaborateurs, Eric Besson, félicité beaucoup de monde... mais chut! il faudra attendre le « Canard enchaîné » de la semaine prochaine pour connaître la liste des nominés. Il a une nouvelle fois salué le succès obtenu par la majorité présidentielle aux élections européennes, cette fois, devant ses ministres. Il leur a suggéré de continuer à "travailler" et "à rester modeste", a rapporté Eric Besson qui a certainement pris le conseil pour lui, modeste comme pas un ! "Il a considéré que c'était un succès pour la majorité parce qu'elle avait été unie. Il nous a suggéré de ne rien changer à notre cap, de travailler, de rester modestes et de ne pas sur-interpréter ce succès, et de faire notre travail comme d'hab", a indiqué devant la presse le ministre de l'Immigration à l'issue du Conseil des ministres. Il est vrai que lui, il sait ce que faire le boulot veut dire : les gardes à vue se multiplient, et en plus, il a des quotas à respecter. "Il estime qu'après une campagne électorale de ce type, il est normal qu'il demande aux responsables de partis, aux têtes de liste, -je ne sais pas exactement la composition des délégations -, ce qu'est leur point de vue sur la construction européenne, sur la situation française", a également dit Eric Besson en évoquant les rencontres prévues entre le chef de l'Etat et les chefs des partis représentés au Parlement de Strasbourg. César était magnanime et invitait ses adversaires à dialoguer avant de les jeter dans l'arène.

VOYAGE A CANOSSA
C'est vrai que quand François Bayrou va monter les marches de l'Elysée, il surveillera ses arrières, alors que Martine Aubry aurait pu arriver avec une douzaine de surveillants délégués par les courants et les sous courants. Il faut attendre avec curiosité quel responsable il rencontrera pour les listes de José Bové (un repris de justice dans le palais présidentiel !), Daniel Cohn Bendit (le symbole de Mai 68), ou Eva Joly (la juge la plus haïe !), puisque ce n'est pas à priori un parti !
Il devra se freiner pour ne pas les éclabousser de sa modestie. Le voici revenu au firmament des sondages, et avec une cote de popularité encore plus étonnante pour quelqu'un qui n'a rassemblé derrière lui que 12 % du pays ! Nicolas Sarkozy et François Fillon voient en effet leur cote de confiance bondir de 9 et 8 points en un mois, tandis que la "cote d'avenir" de Martine Aubry et François Bayrou fond, dans le baromètre TNS-Sofres-Logica réalisé au lendemain des Européennes.
L'enquête a été faite pour le... Figaro Magazine, à paraître samedi prochain, et dont le propriétaire, Serge Dassault est devenu inéligible pour avoir acheté des voix. A la question "faites-vous tout à fait, plutôt, plutôt pas ou pas du tout confiance à Nicolas Sarkozy pour résoudre les problèmes qui se posent en France actuellement", 41% des Français ont répondu positivement. Ils étaient 32% en mai... et donc tout va se redresser immédiatement! 57% répondent négativement, un taux qui reste largement majoritaire mais qui diminue de 8 points. 2% sont sans opinion. Nicolas Sarkozy retrouve ainsi son niveau de janvier 2009. Depuis, il avait régulièrement cédé du terrain, jusqu'au plus bas de 32%. Le Premier ministre, de son côté, voit la confiance en son action progresser de 8 points à 44%. 52% des Français ne lui font pas confiance (-7). 4% sont sans opinion. Alléluia... Alléluia... Alléluia... les bonnes nouvelles succèdent aux bonnes nouvelles. Et 12 % des électrices et des électeurs ayant manifesté leur soutien à l'UMP donnent, dans un sondage... 41 % de satisfaits ! Comprenne qui pourra ou qui voudra !

ELIMINATION DES CRETINS
"Lors d'un 'off' dans son propre avion, il m'a traité de crétin et de honte de la profession, ce qui était plutôt gentil de sa part." De qui s'agit-il? De Nicolas Sarkozy. Quant au destinataire de l'insulte et auteur de cette confession, il s'appelle Patrice Machuret, et travaille comme journaliste politique à France 3. Il était interviewé dans l'émission Temps Présent, diffusée sur la Télévision Suisse Romande (TSR) le 4 juin dernier. Intitulée "Sarkozy, vampire des médias", cette enquête condense les dérives médiatiques emblématiques du chef de l'Etat français. Les nombreux journalistes interrogés font tous état de "pressions".
C'est Alain Genestar, ancien patron de Paris Match, licencié suite à la publication des photos de Cécilia Sarkozy avec son nouveau mari (et qui ne reprendrait pas une telle décision aujourd'hui) ; c'est l'ancien rédacteur en chef du quotidien suisse Le Matin, qui avait sorti l'information de la rupture entre le Président et Cécilia ; c'est encore David Pujadas, qui juge "compliqué" le nouveau mode de désignation du patron de France Télévisions... Et Patrice Machuret donc, qui a publié "L'Enfant Terrible" livre dans lequel il raconte quelques temps forts de la vie privée de Nicolas Sarkozy, ce qui lui a valu ce gracieux "crétin"... Il est vrai que l'essentiel, c'est qu'on parle différemment de lui, comme ce fut le cas dans cette splendide vidéo de « Chouchou et Carla », surpris dans leur intense dialogue amoureux. Ce pauvre journaliste n'a pas encore compris que l'époque est à la vénération, et pas nécessairement à la critique, des images d'Epinal. On les distribuera bientôt aux enfants des écoles privées, aidées obligatoirement avec des fonds publics ,afin qu'ils les mettent sur leur table de nuit. Les journalistes sont « éliminés » un par un dès qu'ils ne plaisent plus au Prince, et on finira par n'avoir que des heureux de tout !

LES CHIFFRES OUBLIES
On peut penser que ce sont les 300 000 licenciés des douze derniers mois qui ont placé dans les urnes leurs espoirs dans des lendemains sociaux qui chantent. A mon humble avis, ils n'ont pas voté socialiste (bien que ce vocable soit à supprimer selon Manuel Vals). La hausse du taux de chômage, au sens du bureau international du travail, s'est en effet brusquement accélérée en ce début d'année : après un taux de 7,8 % au troisième trimestre 2008, puis de 8 % au quatrième trimestre, le taux a bondi à 9,1 % au premier trimestre 2009, soit une hausse de 13 % d'un trimestre à l'autre. C'est la plus forte progression trimestrielle enregistrée depuis plus de trente ans, et ce, malgré les nouvelles dispositions sur le chômage partiel qui permettent de freiner la hausse du taux global. Les salariés en chômage partiel ne sont en effet pas considérés comme chômeurs. Les succés de Nicolas Sarkozy ont éclipsé ces dures réalités que, semble-t-il, les Françaises et les Français ont oublié.
Cette envolée est surtout marquée pour les seniors : la hausse dépasse 17 % parmi les plus de 50 ans. Quant aux 15-24 ans, ils sont 23,5 % à être sans emploi : c'est l'un des plus mauvais chiffres enregistrés depuis 1996, date de l'apparition de statistiques comparables.
En un trimestre, la France compte ainsi 300 000 chômeurs supplémentaires, selon l'Insee. C'est 100 000 de plus que les chiffres publiés par... Pôle Emploi. Un détail que personne n'a soulevé durant la campagne. Les plombiers polonais ne viendront plus en France : il n'y a plus de boulot ! Les questionnaires des enquêteurs de l'institut national de la statistique permettent en effet d'identifier toutes les personnes sans emploi qui recherchent un travail, qu'elles soient ou non inscrites auprès du nouvel ensemble fusionné ANPE-Assedic. Ce sont eux qu'il faut faire taire : ce sont des crétins !
Un certain nombre de salariés licenciés se mettent par exemple immédiatement à la recherche d'un emploi, alors même qu'ils ne sont pas encore inscrits à Pôle emploi : ils ne seront comptabilisés que par l'Insee. Même chose pour les chômeurs qui n'ont pas assez cotisé et qui n'ont pas droit aux allocations chômage : ils sont rarement inscrits à Pôle emploi, mais recherchent pourtant activement un travail. L'enquête de l'institut de la statistique est également plus complète que les chiffres de Pôle emploi, parce qu'elle prend en compte des populations spécifiques qui s'inscrivent rarement ou jamais auprès de l'administration : les Rmistes, les dispensés de recherche d'emploi, les salariés en convention de reclassement personnalisée, etc. Ils sont intégrés dès lors qu'ils recherchent activement un travail. Résultat : l'augmentation du nombre de chômeurs version Insee est supérieure de 50 % à l'augmentation version Pole emploi. Il faudrait un sondage pour savoir ce que les Françaises et les Français, qui à 88 % n'ont pas soutenu l'UMP, pensent de ces réalités. Car à la limite, pour une fois, il est bon que Nicolas Sarkozy ait le triomphe modeste !
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10 juin 2009 3 10 /06 /juin /2009 07:17
Les lendemains d'élection sont les plus durs. Ils témoignent de la réalité après les périodes d'annonces multiples qui ont grisé ou abattu les électrices et les électeurs. Désormais, on revient sur terre, et il n'y pas pire que le quotidien pour ramener à leurs contradictions les uns et les autres. Et là, comme le veut la tradition, les lendemains déchantent. D'abord, il s'agit pour certains de récupérer les thèmes porteurs et de faire oublier les erreurs que l'on a pu commettre. Cap sur l'environnement. On va multiplier les bonnes intentions, les déclarations flamboyantes, les belles interventions, afin de se faire plus verts que les verts comme Coluche prônait la lessive qui lavait plus blanc que blanc ! on y est, et ce n'est pas fini !
La première sortie de Nicolas Sarkozy au lendemain d'élections européennes marquées par le triomphe des écologistes était consacrée, hier dans la vallée de Chambéry, au thème des énergies renouvelables. Ouf ! Il est sur le coup !
Mais, par son attitude et ses propos, le chef de l'État n'en a pas moins montré qu'il avait parfaitement entendu le message des Français dimanche. Et il leur répond que le premier écologiste de France, c'est lui ! tant pis pour celles et ceux qui ont cru que c'étaient José Bové ou Daniel Cohn-Bendit. Ces deux-là sont éclipsés par le Roi Soleil, celui qui ne pense qu'à la survie de la planète. On l'avait rarement vu aussi inspiré sur ce sujet, au point de se transformer en véritable militant des énergies renouvelables et de la biodiversité. Il va aller défiler avec les faucheurs anti-OGM. Il a, au passage, fait l'éloge du film Home de Yann Arthus-Bertrand, en justifiant le choix de France 2 de le diffuser deux jours avant le scrutin. « Il faut aussi le voir dans sa version longue !», s'est-il exclamé. Ce week-end déjà, il avait donné le DVD du film, sous-titré en anglais, à Barack Obama. Plutôt que de sortir de sa manche des annonces spectaculaires, Sarkozy a d'abord souligné que son quinquennat avait commencé à verdir dès 2007 : « Le Grenelle I sera voté d'ici à quelques semaines. Le Grenelle II, avant la fin de l'année », a-t-il promis, oubliant au passage les difficultés qu'avaient rencontré ces textes. Il a aussi affirmé qu'il fallait tirer deux leçons de la crise : « La première, c'est la régulation financière et la seconde, c'est la... croissance verte », a-t-il expliqué, comme si c'était une découverte. Il est devenu un petit bonhomme vert, débarquant sur une planète à peine susceptible de le porter.
Sur ce chapitre, il a voulu apparaître aussi bien comme le partisan de l'atome que du photovoltaïque : « Nous devons prendre des décisions pour que les énergies renouvelables soient aussi importantes que celles qui ont été prises par de Gaulle dans les années soixante en faveur du nucléaire », a estimé le chef de l'État pendant la table ronde. Il était accompagné, en l'absence de Jean-Louis Borloo, par la secrétaire d'État au Développement durable, Chantal Jouanno, et de Michel Barnier, longtemps élu de la Savoie.
Le président de la République a aussi rappelé qu'il fallait veiller à la cohérence du projet écologique, à tous les étages : « J'ai refusé (remarquez le ton !) l'exploitation des mines d'or en Guyane française pour protéger la biodiversité : quand on a fait le choix de la croissance durable, n'envoyons pas de symboles contradictoires », a-t-il lancé. Et ce n'est pas fini : il va faire de l'écologie à tout bout de champ. Quitte à fâcher son meilleur ami, Jean Louis Borloo !

BORLOO A TOUT FAIT
La percée d'Europe Écologie a au moins fait un heureux au sein du gouvernement : le ministre du Développement durable, Jean-Louis Borloo. Certes, le numéro deux du gouvernement salue d'abord le doublement du nombre de sièges de députés européens remportés par la majorité et souligne le rôle de son idole Sarkozy. Mais ce que Borloo savoure surtout, c'est le succès des listes écologistes... «L'Alliance écologiste indépendante et Europe Écologie représentent 20 % des voix, confie-t-il. Nous avons clairement participé à l'accélération de cette prise de conscience. Cela fait des trimestres et des trimestres que je m'explique, que je me bats et que l'on est entré dans cette mutation. » Ah ! Vous ne le saviez pas, mais Jean-Louis Borloo était au comité de soutien des listes vertes, et qu'ils ne flambent pas trop, car on va leur rappeler que leur succés n'est dû qu'à l'implication des ministres sarkozystes dans le développement durable !
Dès dimanche soir, l'ancien maire de Valenciennes et président du Parti radical s'était exposé aux sunlights des plateaux de télévision. « Les Français ont soutenu les listes qui ont parlé d'avenir, d'Europe et de planète », avait-il martelé, laissant déjà entendre que le succès des listes emmenées par Daniel Cohn-Bendit était un peu... sa victoire à lui,  oubliant ainsi tous les camouflets qui lui ont été infligés par ses amis ! Il les a oubliés !
Borloo est convaincu que son départ ne se fera pas à l'occasion du prochain remaniement, mais plutôt au printemps prochain, au moment des régionales de 2010 quand il faudra tirer des listes avec le Modem dans le Nord. « Je ne demande rien. Je pense que je vais rester encore un an ici. C'est le temps qu'il faut, à mon avis, pour que le Grenelle de l'environnement devienne tout à fait irréversible », confiait-il la semaine dernière au Figaro, ajoutant qu'il lui fallait aussi mener la négociation sur le climat à Copenhague en fin d'année. Grâce au score des listes vertes, ces mois qui le séparent d'un éventuel changement de portefeuille ministériel vont avoir plus de lustre et de poids. Lui-même reconnaît d'ailleurs volontiers que « le Grenelle est entré dans une phase opérationnelle il y a quelques mois et que cette phase est moins spectaculaire que la précédente ».
Le premier ministre François Fillon, qui a parfois pu s'énerver contre le numéro deux du gouvernement, semble maintenant plus disposé à faire davantage de place au développement durable. N'a-t-il pas promis dimanche que la France serait « en première ligne » pour relever le défi du réchauffement climatique.

C'EST REPARTI
Dans les autres domaines, on est dans la même tendance. Allègre a perdu son poste ministériel, car Nicolas Sarkozy n'a plus besoin de lui, et comme il va contrarier les écolos, il restera retraité de la trahison ! En revanche, pour Eric Besson, il va falloir se démener. C'est d'ailleurs parti dès hier.
Une habitante de Saint-Girons dans l'Ariège est poursuivie pour « aide à un étranger en situation irrégulière », pour avoir hébergé durant plusieurs mois chez elle un jeune Afghan de 16 ans. Elle risque 30.000 euros d'amende et cinq ans de prison, alors qu'Eric Besson n'a cessé, avant les élections, de clamer haut et surtout très fort, que la loi ne serait jamais appliquée en pareilles circonstances.
Passionnée par l'Afghanistan, « troublée » par le Commandant Massoud, elle a décidé de « consacrer sa vie » à son message, et a fini par s'intéresser aux réfugiés afghans en France. Elle décide de prendre en charge Obaïdullah Samari, un jeune de 16 ans, et le ramène en Ariège. Elle le fait soigner, l'héberge chez elle pendant plusieurs mois, lui donne des cours de Français et, dans le même temps, elle cherche à le faire régulariser. Inquiète de ses nombreux échecs, elle décide alors de l'amener à la préfecture et de demander à la France de le protéger. Mais, le soir même, il était placé dans un foyer à Pamiers.
En fait, pour le procureur de la République du tribunal de Foix « cela ne nous dérange pas qu'on s'occupe des réfugiés. Mais cela devient embêtant si on les dépose devant la préfecture quand les difficultés arrivent. C'est pour cette raison que nous la poursuivons, ajoute-t-il. Incroyable : elle risque une condamnation pour avoir tenté de faire régulariser la situation d'un jeune adolescent réfugié sur le territoire français. Elle comparaîtra devant le tribunal correctionnel de Foix le 21 juillet prochain. C'est pour cette France-là que l'UMP a été récompensée par le vote de 12 % des électrices et des électeurs, faisant de ce parti le triomphateur des Européennes ! Dans les faits, on relance la machine et il faut prévoir qu'Eric Besson va tenter de sauver son poste en étant plus royaliste que le roi !

MANIFESTATIONS INUTILES
Enfin, il faut savoir que les manifestations ont repris dès hier. Les sapeurs-pompiers professionnels sont descendus dans la rue, sans se rendre compte que leur manifestation ne servira à rien et que les SDIS, alimentés par les crédits des Conseils généraux privés de la taxe professionnelle, sont condamnés à « mourir » paisiblement.
Les cinq syndicats ont appelé à une journée nationale d'action hier afin d'obtenir une rencontre avec la ministre de l'Intérieur pour aborder les questions sociales et de financement. Les syndicats CFTC, CGT, Autonomes, FO et CFDT ont déposé de manière unitaire des motions dans les préfectures, et organisé des rassemblements dans plusieurs départements. Cette initiative intervient à la veille d'une rencontre prévue à la Direction de la Sécurité Civile (ministère de l'Intérieur).
Les syndicats entendaient aborder les questions du temps de travail, du financement des Services départementaux d'incendie et de secours et de l'aménagement des fins de carrière. Ils s'aperçoivent, le lendemain d'une élection, que leur souci c'est qu'ils n'ont pas rencontré Michèle Alliot-Marie depuis deux ans et que les organisations qui ont légitimité pour parler du statut, des volets social et technique de la profession, sont oubliés dans les négociations. Allez, ce n'est pas grave : ils soutiendront les élus qui se battent contre la réforme des collectivités territoriales et contre la suppression de la TP !
Pour le pouvoir d'achat, ils repasseront, comme les autres salariés qui n'ont pas vu que le Parti Socialiste européen et le Front de Gauche proposaient un SMIG. En France il existe, mais dans les faits, il est mort !
Le gouvernement l'avait implicitement annoncé, le groupe d'experts enfonce le clou: la revalorisation annuelle du Smic devrait se limiter, le 1er juillet, au minimum légal, de 1,25% à 1,4%, sans « coup de pouce » supplémentaire.  Dans son rapport, le groupe de cinq économistes...choisis par le gouvernement pour quatre ans, estime que « les hausses du Smic ont été particulièrement soutenues depuis une quinzaine d'années », avec « des omniconséquences incontestablement défavorables ». Le groupe a estimé devoir « privilégier à la fois la protection du pouvoir d'achat des salariés dont les rémunérations sont les plus faibles et le développement de leur perspectives d'emploi à court et moyen terme, compatibles avec le développement économique des entreprises qui les emploient ». Et décidé « à l'unanimité » de recommander que la prochaine revalorisation du Smic soit limitée au minimum légal prévu dans le code du travail. Voici les nouvelles du jour qui rassureront, probablement, toutes celles et tous ceux qui sont restés chez eux... dimanche !
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9 juin 2009 2 09 /06 /juin /2009 07:17
La valeur qui aura dominé le scrutin européen de dimanche n'est autre que celle de l'authenticité. Il faut en effet reconnaître que les électrices et les électeurs ont massivement voté pour les listes présentant les candidates et les candidats qui leur paraissaient les plus sincères, les plus vrais, les plus en phase avec une politique ne relevant pas, paradoxalement, des théories, mais des pratiques. Et ce n'est pas un mince paradoxe, car ce n'est pas nécessairement le vote de la raison, mais celui d'une sensation, d'une appréciation globale. La crédibilité des actes, qu'on les apprécie ou qu'on les rejette, a pesé sur les résultats de manière importante. Le pays n'a pas soutenu certaines listes car elles n'avaient absolument rien d'authentique ou de sincère. Elles ne représentaient pas les idées et les principes qu'elles prétendaient défendre. Ca se sentait. Ca se voyait trop. Et dans ces cas-là, le Peuple ne met pas longtemps à le ressentir.
Si les socialistes, le Modem et à degré moindre le NPA ont payé le prix fort, c'est qu'ils avaient le pire des scores en matière d'appellation d'origine contrôlée. Rien ne témoignait, après des mois et des mois de tromperies organisées, d'un changement réel d'orientation.
En fait, on ne soutient plus désormais que les élus qui se démarquent de la confusion ambiante. Les résultats reflètent donc une certaine vision de la politique.
Nicolas Sarkozy a, par exemple, (voir de nombreuses chroniques antérieures) accentué les certitudes de son socle électoral. Il a mis en scène l'insécurité, il a fait le tour des popotes pour galvaniser les certitudes, il a donné des signes forts de sa volonté personnelle de ne pas céder à la tentation du consensus sur des sujets non liés aux problèmes actuels. Il aura été dans le fond « fidèle à ses idées de droite » et si l'on doit bien lui reconnaître un certain mérite c'est celui de s'être affirmé comme un « capitaine de route » ferme et habile. L'électorat de l'UMP, mâtiné de quelques déçus de l'extrême droite, représente bien les 27,6 % qui se sont miraculeusement transformés en triomphe. Il aurait fallu rappeler, dans le même temps, que Nicolas Sarkozy a réalisé 31,18 % au premier tour de l'élection présidentielle de 2007... pour être certain que les listes UMP n'ont réalisé que le minimum attribuable à l'UMP, au Nouveau centre et à la Gauche moderne réunies ! Ce résultat a été obtenu en mettant en avant les idées forces du sarkozysme, sans complexe et sans renoncement : pseudo lutte contre l'insécurité, chasse organisée aux services publics, gages donnés au monde du profit, apparente opiniâtreté dans les réformes, et notamment face aux étudiants. Tout a conforté, dans le tiers irréductible depuis des décennies de la France de Droite, l'image d'un Sarkozy décidé à faire du Sarkozysme ! Il a patiemment modelé cette image de « sincérité » face à son électorat, en jouant sur les divisons du camp adverse.

DU ROSE D'ASSEMBLAGE
Dans le même registre, Jean-Luc Melenchon a récolté les fruits de ses déclarations, conformes à ses engagements. Il avait fait un choix : quitter le bateau socialiste, loin de porter le nom « Des copains d'abord », pour rejoindre les partisans de la barre, à bâbord toute. Sa décision a été entendue, malgré le parasitage des Communistes historiques, qui y ont vu une énième récupération de leurs équipages en perdition. Ce qui ressemblait au radeau de la Méduse a retrouvé du vent dans ses voiles en renouant avec une certaine forme, encore limitée, mais bien réelle, d'union de la Gauche. Le choix était clair pour le Front de Gauche : rompre avec le consensus mou, et ne pas se gêner pour rappeler que si l'on avait été contre le Traité constitutionnel, il fallait refuser l'Europe de la concurrence libre et non faussée. Avec leur cinquième place (6%), les troupes d'un Mélenchon authentique ont distancé un NPA qui a eu du mal à convaincre de son utilité.
Refusant l'idée même de toute alliance de gestion, ou de mettre les mains dans le cambouis pour résoudre les difficultés de celles et ceux qu'il souhaite défendre, Olivier Besancenot a perdu une part de sa crédibilité. Il a payé, en se prenant probablement pour une vedette (passage chez Drucker), la rançon d'une image de « révolutionnaire » ne prenant pas de risques. Plus d'authenticité, plus de voix !
Les socialistes ont fait le maximum, en mélangeant du blanc et du rouge, pour faire un rosé totalement imbuvable. Unis sur la base du plus petit commun dénominateur, ce qui ne traduit jamais une ambition idéologique forte, il a concocté d'improbables assemblages. Trichant sur les « appellations », en mettant des étiquettes sur des « produits » déconnectés du terroir, ils ont accrédité le sentiment qu'ils ne vivaient que dans les combines. Incapables d'effacer cette tromperie sur la marchandise, ils ont couru après une image de mépris pour les électrices et les électeurs.
L'erreur était inévitable, car la pression des ambitions individuelles, portées par des justifications d'équilibres de courants, mettait l'appareil parisien dans un étau. Les attaques contre le gouvernement ont renforcé l'idée que la seule chose qui soudait encore le PS, c'était cette opposition permanente. Là encore, ce comportement était imposé pour profiter de la présence parlementaire qui manquait au Front de Gauche et au NPA, mais il restait abstrait pour des électrices et des électeurs, confrontés à la dure réalité de la crise.

L'IMPOSSIBLE RECONCILIATION
Le pire moment de non sincérité a été donné à l'opinion publique par le meeting de Rezé, présenté comme celui de la réconciliation. Ca a sonné tellement faux que l'effet a été contraire à celui espéré. L'opinion publique n'a pas eu besoin des commentaires acerbes des médias : elle n'a jamais cru à cette regrettable mise en scène. Le PS, qui était déchiré entre les partisans du Oui au traité européen et ceux du Non écartelés entre leurs consciences et les consignes, n'a pas donné une image très conquérante;  il a sombré dans l'invraisemblable, avec un bulletin de vote totalement surréaliste, et une profession de foi sans aucune référence concrète, autre que celle qui affirmait que le Parti  Socialiste Européen réussirait l'unité que le PS n'arrive pas à faire !
Ce soir, au conseil national, on va s'étriper gentiment, et on va, sur le principe révolutionnaire, réclamer des têtes. Une moitié, qui n'a rien fait pour gagner, va s'en prendre à l'autre moitié, qui s'est épuisée à faire croire qu'elle allait gagner ! Mais il sera, encore durant quelques années, difficile de laisser accroire que les lendemains peuvent chanter juste quand, au plan national, aucun des "partenaires" ne possède  la même partition. Les socialistes ont fait de l'introspection permanente, se plaisant à se convaincre de leur engagement à gauche, mais oubliant que c'étaient les électrices et  les électeurs qu'il fallait convaincre. Ils vont continuer sur la même voie ce soir, en comptant leurs amis ou leurs ennemis, très éloignés des constats simples : dans les villages ou les villes où le Maire était engagé dans la campagne, le résultat est bon. Là où il était aux abonnés absents, c'est la déroute ! En fait, la seule satisfaction pour eux, c'est que le chemin de l'enfer du Modem est, lui aussi, pavé de mauvaises intentions.

LE MAUVAIS COUP DU PERE FRANCOIS
François Bayrou a commis un impair extraordinairement grossier, dans tous les sens du terme. Devant les caméras de télévision, il a cassé son image d'homme solide dans le combat. Ses troupes, partagées entre le besoin de se démarquer de l'UMP sans trop se démarquer au cas où..., vont profiter de cette bourde inutile dans la bouche d'un homme politique qui se prétend au-dessus de la mêlée malsaine, pour l'expédier faire des tours de tracteur en Béarn ! Grands perdants de ce vote, les centristes du MoDem vont se retourner contre leur chef solitaire, qui est brutalement apparu comme différent du  "gendre parfait". Le mouvement de François Bayrou jouait gros. Son avenir est désormais hypothéqué. Il est clair que la stratégie personnelle et antisarkozyste de son chef de file, le dérapage de fin de campagne à l'encontre de Daniel Cohn-Bendit, n'auront pas été payants, auprès d'un électorat lisse qui n'aime pas les coups d'éclats.
Le ministre de la Défense Hervé Morin, président du Nouveau centre et ancien lieutenant de François Bayrou, a estimé dimanche que le leader du MoDem était « en voie de chevénementisation », c'est-à-dire de marginalisation politique. François Bayrou se moquait pas mal des Européennes; il a voulu les transformer en une espèce de galop d'essai pour la présidentielle, au risque d'irriter toute une partie de son électorat. Son dérapage au cours du débat avec Daniel Cohn-Bendit a certainement ajouté au désarroi d'une partie de ses électeurs, mais il a surtout démontré son manque d'authenticité, contrairement à la gifle donnée à un gamin de banlieue ! Cet épisode a affecté "son avantage absolu, la construction d'une image d'homme d'éthique et de valeurs", estime un spécialiste de la communication. La marginalisation que François Bayrou a connu après son succès personnel à la présidentielle, d'abord aux législatives, puis aux municipales, se trouve confirmée, et c'est un grave handicap pour la suite. Les élus du modem vont aller fricoter avec l'UMP pour préparer utilement les régionales. Il va finir bien seul !
En fait, ce scrutin a mis en lumière les Verts et leurs alliés qui, eux, ne se sont pas posé la question de l'image, mais ont maintenu le cap, habitués qu'ils étaient à la marginalité, et surtout dénués d'ambition personnelle forte. Ils ont été récompensés, et leur étiquette « bio », bien évidemment très en vogue, a rassuré sur leur capacité à mener des combats apolitiques (c'est très à la mode), mais porteurs de valeurs désormais universelles.
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8 juin 2009 1 08 /06 /juin /2009 07:17
Monsieur Jourdain faisait de la prose sans le savoir... et il s'en étonnait auprès de celui qui le lui apprenait. Il semble que les Françaises et les Français avaient besoin qu'on leur apprenne qu'il était bon que les femmes et les hommes politiques ayant en charge leur avenir se mettent à faire de l'écologie. Beaucoup ne semblent pourtant pas savoir que souvent, au quotidien, leurs élus n'ont pas attendu des leçons de Cohn-Bendit ou de Bové pour se préoccuper de cet aspect fondamental de la vie planétaire. A priori même, ceux de gauche s'en préoccupent beaucoup plus que les autres... dépassant souvent les promesses électorales de certains. Mais qu'en savent-ils véritablement ? Pas grand-chose, car leur vision est inspirée par une inflation d'émissions télévisées qui s'attardent sur les catastrophes planétaires potentielles ou en cours, sans se rendre compte que les raisons en sont généralement les conséquences du profit à tout prix. L'opinion dominante veut que seuls celles et ceux qui haranguent les troupes sur les solutions à trouver en matière de protection de l'environnement soient les meilleurs pour agir. Leur image repose sur le fait qu'ils savent être « contre » et qu'ils savent le faire savoir. Ils basent leurs argumentations sur des constats incontestablement inquiétants, ressassés par les médias dont l'image est le métier.
Le documentaire consacré à l'environnement "Home" du photographe Yann Arthus-Bertrand, diffusé vendredi à 20H35 sur France 2, a réuni 8,3 millions de téléspectateurs en moyenne, soit 33% de part d'audience sur les 4 ans et plus, a indiqué samedi France Télévisions. Le nombre de téléspectateurs regardant le documentaire a même grimpé à 9,5 millions (et 37,8% de part d'audience) à 21h48, si l'on en croit l'Audimat.
Le débat sur le thème "Comment sauver la planète?" animé en deuxième partie de soirée par Yves Calvi, a rassemblé 3,16 millions de téléspectateurs (20,6% de part d'audience). Yann Arthus-Bertrand a participé à ce débat, et comme il a été d'excellente tenue, il a rapporté fortement aux « non politiques » qui clament depuis très longtemps qu'ils sont les sauveteurs de la planète.
« Ces très belles performances placent France 2 en tête des audiences tout au long de la soirée », a souligné, dans un communiqué triomphal, France Télévisions, qui a remercié Yann Arthus Bertrand pour sa fidélité au service public. « En le programmant, France Télévisions répond pleinement à la demande des téléspectateurs d'avoir une télévision publique de qualité capable d'alerter, de transmettre, d'émouvoir et de divertir », a déclaré Mme Albanel dans un communiqué, et le ministre de l'Agriculture, Michel Barnier, chef de file UMP aux élections européennes pour l'Ile-de-France, avait affirmé vendredi soir que « Home » était un film qui appelait l'Europe à « être exemplaire » en matière d'écologie. Le message est passé 7 sur 7, et les citoyennes et citoyens ont exprimé leur volonté de voir Barnier et ses amis s'occuper de l'insécurité planétaire (mais où en est-on de la disparition de cet Airbus ?) et leur souhait de confier à Daniel Cohn-Bendit le soin de défendre la planète montrée par « Home ». Ils ne croyaient pas beaucoup dans les socialistes pour le premier volet, et ils ne croient plus en eux pour le second, sauf quand ils constatent que les faits parlent en leur faveur. Ce constat ne sera surtout pas fait dans les deux camps, car il mettrait en cause le triomphalisme des uns et les comportements des autres. Alors, on cherchera dès ce matin à récupérer les thèmes enfourchés par les troupes de José Bové, Eva Joly et Daniel Cohn-Bendit, sans chercher à déjà valoriser tout ce qui est fait sur le terrain au quotidien, dans la proximité, par des élus motivés. Un documentaire généraliste présenté seulement quelques heures après un débat de « chacailleries » de cour de récréation, ou pire, de cages d'escaliers d'immeubles, a transformé le politique française, puisque sont propulsés sur le devant de la scène des gens que la société actuelle a condamné !

LE ROUGE VIF
Il faut en effet noter que les véritables triomphateurs de la journée d'hier sont le dangereux révolutionnaire soixanthuitard Daniel Cohn-Bendit, le taulard José Bové et la juge renvoyée dans son pays d'origine pour incompatibilité éthique avec la magistrature française. Incroyable quand on se souvient de ce que fut « Dany le Rouge », qui aura été ce que Nicolas Sarkozy et le club de l'Horloge ont le plus haï depuis des années : l'épisode de mai 68 ! Frère de Gabriel Cohn-Bendit, il est né en France de parents juifs allemands, réfugiés en France en 1933 pour fuir le nazisme. Daniel Cohn-Bendit est apatride jusqu'à l'âge de 14 ans, où il opte pour la nationalité allemande pour, dit-il, ne pas être soumis au service militaire en France. Il se définit toutefois comme « citoyen européen ».
Brièvement membre de la Fédération anarchiste, puis du mouvement Noir et rouge, il se définira plus tard comme « libéral-libertaire ». En 1967, il est étudiant en sociologie à l'université de Nanterre lorsque commence le mouvement de contestation qui deviendra le Mouvement du 22-Mars en 1968. Il est inscrit sur la liste noire des étudiants de l'université. À la suite de l'évacuation des locaux par la police le 2 mai, il fait partie des étudiants qui vont occuper la Sorbonne le 3 mai. Il sera, avec Alain Geismar et Jacques Sauvageot, l'une des figures de proue du « mouvement de Mai ». Le 21 mai, alors qu'il est en voyage à Berlin, il est interdit de séjour en France. Il y revient le 28 mai, cheveux teints et lunettes noires, pour un meeting à la Sorbonne, où il est acclamé.
Le slogan « Nous sommes tous des juifs allemands » résumera ce soutien des jeunes à celui que la presse nomme « Dany le rouge ». L'arrêté d'interdiction de séjour ne sera levé qu'en 1978... soit il y a 31 ans !
Dès la fin des « événements », il s'installe à Francfort-sur-le-Main, où il s'intègre à la mouvance contestataire. Il est successivement aide-éducateur dans une crèche autogérée, employé à la librairie Karl-Marx, mais il s'éloigne peu à peu d'une perspective contestataire : ayant jusqu'alors dénoncé les « élections bourgeoises », il entame une carrière politique, qui l'a vu hier soir réintégrer le panel des gens bien-pensants, ayant mis à genoux le PS. Il est entré dans la hiérarchie de la vie politique française par la grande porte... et il va disparaître. Lui, le révolutionnaire, est devenu, grâce à une monumentale erreur de François Bayrou, une victime des centristes. Un comble !

L'HABITUE DES PRISONS
La situation est encore plus extraordinaire pour José Bové, dont le parcours est parsemé d'événements, tous en contradiction avec les obligations qui vont être les siennes au Parlement européen. Réfractaire au service militaire et refusant le statut d'objecteur de conscience, José Bové, recherché par... l'armée, trouve refuge dans une exploitation agricole des Pyrénées. En 1973, il participe au rassemblement national contre l'extension du camp militaire sur le causse du Larzac, où il rencontre Bernard Lambert.
À l'été 1974, 50 000 personnes participent à l'opération  "Moisson pour le Tiers monde " sur le causse. Il se trouve parmi les quelques militants qui évitent à François Mitterrand, candidat battu quelques semaines auparavant, d'être lynché par des groupuscules maoïstes. Il fait partie des vingt-deux personnes qui investissent en 1976 le camp militaire et s'emparent de documents attestant la vente de terrains par divers paysans. Il fait trois semaines de prison préventive, et est condamné à quatre mois avec sursis et privation de ses droits civiques pour activités antimilitaristes. Ce n'est que le début d'une longue suite de démêlés avec la justice !
En 1987, il participe à la création de la Confédération paysanne, dont il devient l'un des cinq secrétaires nationaux. Un fait particulièrement médiatisé fut l'action menée par José Bové et plusieurs personnes, le 12 août 1999, contre le chantier d'un restaurant McDonald's à Millau. Le saccage du chantier, qualifié par ses participants de « démontage », a été sanctionné au cours d'un procès, dont le verdict a condamné José Bové à une peine de trois mois de prison ferme... qu'il effectua partiellement !
Dans son action syndicale ou politique, José Bové, assisté d'autres militants, a eu parfois recours à des méthodes illégales, qualifiées de désobéissance civile par ses défenseurs, et inspirées de la réflexion politique de Henry David Thoreau. Il va probablement étonner à Strasbourg, paré d'une extraordinaire aura, obtenue par ce suffrage universel qu'il a longtemps contesté ! Situation qui démontre la volonté de certains électeurs bobos de voir enfin leurs combats relayés au niveau national. José Bové leur donnera bonne conscience, car il sera leur révolutionnaire de service à l'échelon européen.

LA JUSTICIERE
Il reste Eva Joly ! Nommée en 1990 juge d'instruction au pôle financier au Palais de Justice de Paris, elle instruit des affaires connues, comme celle de Bernard Tapie, puis hérite du dossier Bidermann, qui conduit, via Elf-Gabon, à l'affaire Elf, qu'elle instruit avec Laurence Vichnievsky.
Le 5 juillet 1996, elle fait incarcérer le patron, Loïk Le Floch-Prigent, ancien PDG d'Elf et président en exercice de la SNCF. Puis, elle ouvre les dossiers de l'affaire des frégates de Taïwan et de l'affaire Dumas - Deviers-Joncour. Elle condamne len 2001 le président du Conseil constitutionnel,  qui démissionne. Mais Roland Dumas est relaxé en appel en 2003.
En 2002, elle se met en disponibilité de la magistrature, pour devenir conseillère du gouvernement norvégien dans la lutte contre la corruption et la délinquance financière internationale, déplorant au passage la complaisance, en France, à l'égard des malversations financières. Elle explique son départ en Norvège comme un véritable exil, pour se mettre à l'abri : « J'ai quitté la France. Je suis partie parce que je ne voulais laisser à personne les moyens et le temps de se venger. »
En 2005, elle crée, avec l'appui du ministère des affaires étrangères, le "Network". C'est un réseau privé de juges et d'enquêteurs, réputés pour leur intransigeance dans la lutte contre la corruption. Ses membres représentent notamment plusieurs pays en voie de développement, auxquels le Network apporte non seulement un soutien psychologique et moral, grâce aux échanges et réunions organisés régulièrement, mais aussi, à l'occasion, une aide matérielle, comme l'exfiltration d'un membre dont la sécurité serait menacée.
Comme le disent certains membres du réseau, cette initiative unique et salutaire ne pourra réellement avoir un impact significatif que si une cour internationale est créée afin de poursuivre les criminels financiers, seule façon de faire appliquer les lois communes en vigueur.
Dénonçant toujours la soumission de la magistrature au pouvoir politique, elle a critiqué le projet de Nicolas Sarkozy de dépénaliser le droit des affaires, et l'immunité judiciaire durant la durée de son mandat, du président de la république. On va donc peut-être en reparler, et les électrices et les électeurs qui lui ont fait confiance voudront sûrement voir avec quelle opiniâtreté, comme pour José Bové ou Daniel Cohn-Bendit, elle oubliera en route ses engagements antérieurs. En tous cas, ils sont au sommet. Ils ne peuvent qu'en redescendre, car ce n'est pas tous les jours que des révolutionnaires prennent le pouvoir.
Mais je déblogue...
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7 juin 2009 7 07 /06 /juin /2009 07:17
La disparition de l'Airbus d'Air France devient une véritable affaire d'Etat, car il faut bien reconnaître que ce drame n'a pas encore d'explication rationnelle, alors que les spécialistes, condamnés au silence, savent fort bien qu'il y a déjà assez d'éléments techniques pour, au minimum, fournir une hypothèse fiable. On apprend jour après jour des éléments parcellaires, susceptibles de compléter un puzzle beaucoup plus concret que le fameux « nous ne savons rien ! » qui revient dans les bouches des officiels. Il règne donc inévitablement autour des causes de cet « accident » un climat de plus en plus suspicieux, comme s'il fallait attendre la semaine prochaine pour enfin approcher d'une vérité peu rassurante. L'Airbus, fruit d'une coopération européenne présentée comme exemplaire, ne doit pas survoler les élections. Surtout en France ! Cette dure réalité, qui résulterait d'une lente manipulation médiatique organisée par les cellules spécialisées, va tôt ou tard éclater. Personne ne s'est, par exemple, étonné que l'armée brésilienne prétende avoir repéré une porte de la soute, avant de battre en retraite et être contrainte de déclarer que ces débris...n'étaient pas les bons. Mais quel avion peut avoir, au-dessus de l'Océan, perdu une pièce de plusieurs mètres, sans que l'on en connaisse la provenance? Quel avion a donc bien pu perdre une partie sensible de son fuselage, sans qu'une catastrophe aérienne ait été signalée ? Les informations étaient pourtant très précises.
Le premier fragment de l'Airbus d'Air France qui aurait été récupéré était un "morceau de la soute à bagages", avait annoncé l'armée de l'air brésilienne. Cette pièce, ainsi qu'une bouée, avaient été hélitreuillées à bord de la frégate Constitution, pour être ensuite acheminées jusqu'à l'archipel de Fernando de Noronha, puis Recife, sur la côte nord-est du Brésil. Ces débris avaient été repérés par un appareil des forces aériennes brésiliennes, qui a immédiatement alerté la marine pour qu'elle dépêche le navire le plus proche, afin de procéder à leur récupération. Quelques heures plus tard, un démenti tombait... la soute n'était pas concernée et il ne s'agissait que d'une vulgaire palette en bois ! Dont acte : les pilotes n'avaient rien vu, et l'hélitreuillage annoncé n'avait pas eu lieu. Il est vrai qu'un morceau de soute pouvait, avant le vote de ce jour en France, alimenter une rumeur d'attentat ! Il n'en est pas question, même si des indices pour le moins significatifs, continuent de parler ! En fait, les premières affirmations sur un violent orage tropical tombent, et démontrent déjà qu'il y a eu emballement médiatique organisé.

EXIT L'ORAGE
Une information capitale dans les explications du crash de l'Airbus vient de tomber. Selon Météo France, les conditions météorologique sur le trajet du vol AF 447 d'Air France n'auraient pas été exceptionnellement mauvaises. «Rien n'indique» que le vol AF 447 ait rencontré sur son trajet «un amas orageux d'une intensité exceptionnelle» pour un mois de juin, a ainsi affirmé le directeur général adjoint de Météo France, lors d'un point presse. Cette constatation s'appuie sur des relevés infrarouges de la zone où l'avion a disparu. Alain Ratier a noté la présence d'un « cumulo-nimbus puissant », dont « la décroissance était toutefois déjà amorcée », avant que l'avion n'atteigne la zone supposée de son passage. Exit l'orage violent !
Mais « on ne peut conclure au caractère exceptionnel » de la météo sur zone, a-t-il estimé, soulignant que l'activité orageuse sur les côtes africaines, par exemple, était alors bien plus forte.
Cette nouvelle information est un rebondissement, puisque jusqu'à présent, l'hypothèse la plus couramment évoquée pour expliquer ce drame était celle d'un dysfonctionnement de l'appareil lié à des conditions météorologiques inhabituelles.
Sauf que pointe, derrière les nuages invisibles, une autre hypothèse comme pour amorcer un virage : lors d'une conférence de presse, le Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA) a donné de nouvelles informations sur l'enquête en cours, et l'hypothèse d'une bombe à bord du vol Air France 447 Rio-Paris n'est « pas exclue à 100% », mais n'est pas « très cohérente » avec les éléments dont disposent les enquêteurs, a estimé Paul-Louis Arslanian, directeur du Bureau d'enquête et d'analyses. Il n'y a « aucun élément ou piste qui nous permettrait de corroborer cela, mais l'enquête en cours n'a jamais exclu cela », assure Hervé Morin. Il indique aussi n'avoir pas été informé de menaces sur le vol ou d'une éventuelle revendication. Mais « dans la plupart des cas, quand il y a eu des actes terroristes sur des avions, il n'y a pas eu de revendication », souligne-t-il. C'est donc sur la base d'une « non revendication », et pas sur des constats, que cette hypothèse a été occultée.
Un commandant de bord de la compagnie espagnole Air Comet, qui volait entre Lima et Madrid, non loin de la zone du crash du vol Rio-Paris d'Air France, témoigne avoir vu un « intense éclat de lumière blanche, qui a suivi une trajectoire descendante et verticale et qui s'est dissipé en six secondes ». Ce récit a été confirmé par le copilote et une passagère... mais n'a pas eu de conséquence sur les partis pris médiatiques s'orientant, après le faux orage dévastateur, vers une piste technique liée à la vitesse de vol ! Ce qui ne fait pas, de toute évidence, l'affaire de ce splendide produit européen qu'est Airbus !

PAS DE DEFAILLANCE TECHNIQUE
Stewarts Law, cabinet d'avocats basé à Londres, a annoncé débuter une enquête sur la disparition de l'A330 d'Air France entre Rio et Paris, estimant que celle-ci aurait un lien avec un incident qui avait eu lieu, en octobre dernier, sur un avion du même type appartenant à la compagnie australienne Qantas. Stewarts Law enquête sur l'accident du vol 447 d'Air France, dans le cadre de ses investigations sur le vol QF72 de Qantas. L'incident Qantas, survenu en octobre 2008, a impliqué un Airbus A330 dont le système avionique a subi des défaillances, ce qui a amené l'avion à piquer du nez de façon non contrôlée. Le cabinet affirme représenter plus de 30 passagers ayant souffert de blessures à bord de l'A330 de Qantas lors du vol du 7 octobre 2008. Il indique passer en revue tous les liens possibles, et compte sensibiliser le public sur des questions pertinentes en matière de sécurité aérienne. Le journal britannique The Times avait déjà rapproché ces deux événements touchant un A330, long-courrier de l'avionneur européen Airbus. L'avion de Qantas avait été contraint à un atterrissage d'urgence, après avoir brusquement chuté de 2.000 mètres. Les autorités australiennes avaient alors évoqué la piste d'une anomalie informatique. Chez Airbus, on affirmait aussitôt « qu'il n'y avait pas de similarité » entre les deux cas. En effet, le système d'aide à la navigation mis en cause dans l'incident de Qantas, nommé ADIRU, n'a pas été conçu par le même fabricant que celui qui équipait l'avion d'Air France, souligne-t-on chez l'avionneur, interrogé par l'AFP. Il faut donc écarter la défaillance technique, si l'on en croit le constructeur, et donc aller vers une autre orientation de l'enquête. La tergiversation continue, et les unes de quotidiens ou des jités suivent, plus ou moins aveuglément, les manipulations « officiellement » officieuses ! Emerge cependant, peu à peu, le scénario d'une « explosion en vol »... Mais c'est un pur hasard !

UN MOYEN SIMPLE D' ENQUETE
Deux cadavres d'hommes, ainsi qu'une mallette contenant un billet du vol AF447 d'Air France ont été récupérés dans l'Atlantique, confirmant avec une quasi-certitude que le vol Rio-Paris disparu lundi avec 228 personnes à bord s'est abîmé dans la zone de recherches initialement définie. Les corps ont été remontés hier matin, à environ 70km au sud de l'endroit d'où l'avion a émis ses derniers signaux, à quelque 640km au nord-est de l'île de Fernando de Noronha, elle-même située au large de la côte nord du Brésil. Tous les éléments doivent être examinés à terre pour déterminer avec certitude leur provenance, mais cette fois, avec le billet, il semble peu probable qu'il puisse s'agir d'une méprise avec des débris d'autres avions ou bateaux. L'amiral brésilien Edison Lawrence a ajouté samedi qu'un sac à dos, contenant un ordinateur portable et un carnet de vaccination, avait aussi été retrouvé, ainsi qu'un siège d'avion bleu qui reste à identifier.
Le Bureau d'enquêtes et d'analyse (BEA) de l'Aviation civile française a déclaré samedi que l'Airbus A330-200 d'Air France avait émis 24 messages d'anomalies dans les dernières minutes de vol connues, dont l'un signalait la perte du pilote automatique, qui a été désengagé en raison d'"incohérences" dans les relevés de vitesse. On ignore si l'arrêt a été volontaire ou non, et si le pilote automatique a été remis en marche après ces messages, a souligné Paul-Louis Arslanian, directeur du BEA. Par ailleurs, le BEA a confirmé que les détecteurs de vitesse (pitots) n'avaient pas été remplacés sur l'appareil disparu, en dépit de la campagne de modification lancée par le constructeur, Airbus, après le signalement de dysfonctionnements concernant ces pièces sur l'A330. M. Arslanian a affirmé que les avions restaient cependant pilotables « avec des systèmes dégradés ». Il faudrait donc aller voir ailleurs. Un long chemin d'incertitudes attend sans doute également les proches des disparus du vol 447, dont des débris pulvérisés parsèment une zone de plus de150 km de long. Faute d'éléments techniques certains sur l'origine du crash, les familles sont, depuis plusieurs jours, confrontées à toutes les hypothèses. Hier, la thèse de l'attentat a ressurgi à la faveur de l'annonce d'une fausse alerte à la bombe sur un vol d'Air France à Buenos Aires quatre jours avant le crash du Rio-Paris. Pour sa part, Paul Arslanian, le directeur du Bureau d'enquêtes et d'analyses, a prévenu « ne pas être très optimiste » sur « la possibilité de retrouver les boîtes noires (NDLR : enregistreurs de vol)», indiquant qu'elles se trouvaient « dans un endroit profond et montagneux » de l'océan Atlantique. Et même si ces boîtes noires étaient retrouvées, le directeur de l'enquête a précisé qu'elles ne garantissaient pas à elles seules des réponses à toutes les questions... Il suffira pourtant, d'après quelques spécialistes, d'une autopsie des corps retrouvés pour définir la manière dont ces pauvres passagers sont morts. Les traces d'une explosion en vol existent, et dans quelques jours, soyez certains que vous aurez enfin un communiqué officiel qui démontrera que l'attentat est une rumeur sans fondement !
Mais je déblogue...
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6 juin 2009 6 06 /06 /juin /2009 07:17
Certaines ou certains d'entre vous hésitent encore pour savoir si dimanche il faut aller voter. Inutile ? Superflu ? Faiblesse ? Dégoût ? Résignation ? Manipulation ? Peu importe la cause, puisque désormais personne ne devrait se poser la question tellement la situation devient urgente. Mais où va-t-on ? Quelles seront les conséquences pour notre quotidien, dès lundi matin, si l'UMP se sent pousser des ailes, alors qu'elle agit au mépris de toutes les oppositions. Dans tous les pays européens, les partis gouvernementaux payent fortement leur incapacité à gérer une crise qu'ils accusent de tous les maux de la planète. En France, alors qu'absolument tous les indicateurs sont dans le rouge, que nous accumulons les signes inquiétants pour notre démocratie, on aura un triomphe sarkozyste... Quelle analyse feront les exégètes médiatiques de ce comportement collectif erratique !
En fait, depuis des semaines et des semaines, des événements pourraient pourtant réveiller les consciences de celles et ceux qui oublient que les démocraties meurent enlisées dans les sables mouvants du renoncement. La convocation au poste devient la seule réponse actuelle aux moindres critiques. Directement ou indirectement, un système s'installe. Il faut se méfier de ses écrits. Il est inévitable de surveiller ses paroles. Il est devenu dangereux d'exprimer publiquement une opinion défavorable aux maîtres des lieux. La délinquance n'est plus dans les faits mais dans les propos, les idées, les prises de position. Big Brother veille. Partout. Tout le temps. N'importe qui. Avec une discrétion calculée. Ne vous faites pas d'illusion, un jour ou l'autre votre tour viendra. Les téléphones sont surveillés. Les ordinateurs sont épiés. Les blogs, très suivis. Les manifestations sont filmées. Les trajets vérifiés. De plus en plus souvent les « fuites » ou les « erreurs » manifestes laissent percer un comportement qui se généralise. Dimanche, la réponse pourrait être un bulletin de vote, alors qu'elle ne sera qu'une absence coupable. Dans la série des « bavures » révélatrices, on a le choix.

SURVEILLEZ VOS SMS
Le 16 avril dernier, à cause d'un SMS transmis « de manière officieuse » à la police par l'un de ses salariés, un menuisier de 29 ans d'Abbeville, Stéphane, a passé 24 heures en garde à vue. Stéphane, faisant visiblement l'objet d'une mauvaise blague, reçoit le SMS suivant d'un de ses collègues : « Pour faire dérailler un train, t'as une solution ? » Une mauvaise blague qui coûte cher à celui qui la reçoit. Des policiers l'arrêtent, et il passe une nuit au poste. Motif officiel de sa garde à vue : « Non dénonciation de crime. » Rien que ça !
 Le menuisier s'est insurgé dans le Courrier Picard : « C'est totalement irréel. Je ne souhaite à personne de vivre ce que j'ai vécu. (...) C'était un véritable choc. En deux secondes, j'ai eu l'impression de devenir un vulgaire criminel. Je me retrouve dans une belle cellule jaune qui sent la pisse, j'ai l'impression d'être traité comme un chien. » L'auteur du texto a, lui aussi, été auditionné, et son domicile, perquisitionné. Question : comment le SMS, qui relève de la correspondance privée, a-t-il fini sur le bureau du procureur d'Abbeville Eric Fouard ? Un élément d'explication réside peut-être dans le fait que le téléphone de Stéphane n'était pas le sien, mais un téléphone de remplacement, prêté par l'opérateur.
Le procureur Eric Fouard, lui, a moins d'états d'âme, si on l'en croit ses déclarations au Courrier picard : « L'opérateur a le droit de consulter ces messages et le devoir d'alerter les autorités s'il estime qu'un crime ou un délit est susceptible d'être commis. » Il justifie la garde à vue par le « principe de précaution qui prévaut en matière de terrorisme ». On sent que l'affaire Coupat n'est pas très loin... et le reste le confirme !
Une Landaise de 49 ans a reçu fin mai une convocation de la police, après avoir laissé un commentaire sur internet, qualifiant la secrétaire d'Etat à la Famille Nadine Morano de menteuse, ce que Mme Morano a jugé "disproportionné", a-t-on appris hier de sources concordantes. Ouf !

ATTENTION A VOS COMMENTAIRES
Après avoir visionné une interview de i-TV datant d'octobre 2007, et reprise par Dailymotion, dans laquelle Mme Morano s'explique sur son apparition à un meeting de Ségolène Royal, Dominique Broueilh avait laissé un commentaire indiquant simplement « Hou la menteuse ». Une grave insulte de cour de récréation... et qui mériterait chaque jour que des dizaines d'écoliers soient convoqués au poste. La police a du travail devant elle, et ne risque pas les suppressions de postes ! en revanche les enseignants peuvent s'inquiéter, car leurs classes vont se dépeupler !
Après un dépôt de plainte de Nadine Morano en février, cette habitante de Saint-Paul-les-Dax a eu la surprise de recevoir une convocation de la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP).
« J'ai vu la vidéo, j'ai mis 'Hou la menteuse' parce que je faisais référence à la chanson de Dorothée, c'est tout. Ca aurait été un autre homme politique, ça aurait été pareil. En mettant la menteuse, je ne pense pas du tout que c'est une injure, ils se le disent entre eux, c'est un mot de tous les jours », a déclaré à l'AFP cette mère au foyer, dangereuse terroriste du net ! .
« J'ai écouté les informations, ce matin. Hier soir, ils ont dit bien pire sur la plateau de France 2 », a-t-elle relevé, faisant référence au vif échange de jeudi soir entre Daniel Cohn-Bendit et François Bayrou qui, il est vrai, ne concernait pas... un membre aussi efficace du gouvernement que Nadine Morano !
« J'ai reçu un appel d'un officier de police me disant que je suis convoquée dans les locaux de la BRDP. Je ne savais pas ce que c'était, j'ai cru à une blague », avoue-t-elle. Ne pouvant se déplacer à Paris, c'est finalement l'officier qui viendra au commissariat de Dax pour l'entendre... On va payer un déplacement (voyage, heures supplémentaires, frais...) à un fonctionnaire d'un Etat ruiné, pour auditionner une citoyenne qui a mis « hou la menteuse » sur un site visité par des millions de personnes ! Imaginez ce qu'on aurait fait si elle avait écrit « casse toi, pauvre conne ! »
« Quand j'ai reçu la convocation, j'ai commencé à paniquer », a-t-elle raconté, se disant « carrément dépassée », même si elle ne regrette « pas du tout » son commentaire sur le net, car « pour moi ce n'est pas une injure ». Enfin, elle a appris quelque chose. Elle ne se précipitera plus sur Internet pour visionner des extraits des propos de Nicolas Sarkozy, tenus en public, sur le pouvoir d'achat, le plein emploi, l'insécurité, la solidarité, la santé pour tous, le rôle des instituteurs et des religieux : « Hou le menteur ! » constituerait un crime de lèse majesté ! Heureusement que le bagne n'existe plus !

TOUS COUPABLES
Rappelons que les enfants sont aussi placés sous pression. L'arrestation des petits Floiracais : logique, formatrice, salvatrice. Deux véhicules de police, pas moins de six policiers et deux heures d'interrogatoire: c'est le dispositif déployé par la police en Gironde pour arrêter deux enfants pour un vol présumé de vélos. Le matin même, une mère de famille avait cru reconnaître le vélo volé d'un de ses enfants. Les deux garçons, âgés de 6 et 10 ans, ont donc été interpellés à la sortie de leur école élémentaire, à 16h30, devant leurs camarades de classe.
Au final, l'enfant de six ans a reconnu avoir «emprunté» le vélo la veille au soir. Mais, la mère de l'enfant de 10 ans interpellé a, elle, fourni une attestation sur l'honneur signée de la personne qui le lui avait offert (un adjudant-chef de la base aérienne de Mérignac), il y a un an et demi. Elle a dénoncé un «procédé honteux». Mais qui s'en souviendra en mettant son bulletin dans l'urne dimanche ? Qui se souviendra qu'une bagarre ayant eu lieu à Courdimanche dans le Val-d'Oise a amené un enfant de huit ans à être interrogé par les gendarmes... il avait été traité par son adversaire de menteur !
L'audition du jeune garçon, accompagné par son père, a duré une vingtaine de minutes. Il a reconnu s'être battu avec l'un de ses camarades de classe qui "cherchait à [le] manipuler", avant d'avouer qu'ils s'étaient depuis réconciliés.
Pour sa défense la gendarmerie invoque une « procédure normale », faisant suite à un dépôt de plainte. Logique, si on se réfère au déplacement de Paris à Dax d'un officier de police judiciaire pour auditionner une brave dame ayant osé un commentaire sur Internet ! Il est vrai que quelqu'un qui dit simplement « Sarkozy je te vois... » est aussi placé en garde à vue et condamné pour tapage injurieux. Tapage injurieux que de dire « Sarkozy je te vois » ? Rappelons que l'injure est constituée de tout terme outrageant ne contenant l'imputation d'aucun fait (Article 29 de la loi du 29 juillet 1881). J'espère que la procédure mentionne d'autres propos, mais ceux-ci semblent les seuls retenus dans la citation (sous toute réserve, Souvenons-nous de l'affaire du « Casse-toi pov'con ».
Brandir un écrit qui critique implicitement mais clairement le président est une offense. Crier une critique de la politique sécuritaire voulue par le président est un « tapage injurieux. » Prochaine étape : une pensée désobligeante sera-t-elle une atteinte à l'autorité de l'État ? Appeler à ne pas voter UMP deviendra peut-être une atteinte à la sûreté de l'Etat ? Il y a, dans ces affaires, une impression d'instrumentalisation du droit pénal pour faire une police politique qui devrait déplaire au plus haut point aux citoyennes et aux citoyens conscients. Quelle que soit la légitimité démocratique sur laquelle s'appuiera le pouvoir en place, il y aura des opposants qui le contesteront, parfois injustement, parfois ridiculement. Et c'est tant mieux. Il est vrai qu'en quelques années, le nom du président et de ses collaborateurs apparaissent presque toujours dans les procès verbaux des procédures d'outrage. Faites donc attention au commentaire que vous posterez sous cette chronique, elle risque de vous conduire au commissariat ou à la brigade. Après moi tout de même.
Mais je déblogue...
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5 juin 2009 5 05 /06 /juin /2009 07:17

Il arrive que l'on puisse faire confiance aux banquiers. Pas à ceux qui sont au quotidien derrière leur bureau pour accueillir un client ayant dépassé son découvert autorisé, car eux, parfois, ils sont logés à la même enseigne que celle ou celui qu'ils sanctionnent. Mais les ténors, ces gens bien sous tous rapports, qui ont plongé le monde dans la tourmente au nom du culte du profit. Ils détenaient la vérité... ils la détiennent encore ! Ce qui fait leur force, c'est qu'ils annoncent, avec une docte assurance, ce que chacun constate tous les jours, mais que les gouvernements de tous bords s'efforcent de minimiser. Ainsi, la Banque centrale européenne (BCE) a révisé en forte baisse ses prévisions pour l'économie de la zone euro, avec une récession attendue de 4,6% en 2009, comme l'a  annoncé hier son président, Jean-Claude Trichet. Elle misait jusqu'alors sur un recul de 2,7% en 2009. Pour 2010, l'institution de Francfort a également revu à la baisse ses prévisions : elle attend désormais une recul du PIB de 0,3%, contre une croissance nulle prévue jusque là. Comme quoi il faudrait relire quelques-unes de ces chroniques pour constater que dans le fond il ne faut pas être un grand spécialiste pour entrevoir la catastrophe. Et encore... on est bien loin d'avoir touché le fond de la piscine pour revenir à la surface.
Concernant l'inflation en zone euro, la BCE a légèrement abaissé sa prévision d'inflation, à 0,3% cette année, contre 0,4% jusqu'ici. Pour 2010, la BCE a maintenu hier sa prévision de 1%. Parallèlement, Jean-Claude Trichet a confirmé la décision relativement attendue de la Banque centrale européenne de maintenir inchangé son principal taux directeur, à un niveau historiquement bas de 1%. Cette décision illustre le marasme dans lequel se trouve cette Europe, tellement prospère, qu'une majorité de Françaises et de Français, figés dans leur opinion dominante par des rafales de sondages imprécis, est en passe de valider. Il est vrai que tout aura été fait pour que cette catastrophe, supérieure à celle des années trente, soit masquée par des faits divers exploités jusqu'à la limite de la caricature. L'insécurité sociale naissant de cette récession qui va s'accentuer durant la période estivale, provoquant un accroissement de la pauvreté et de la précarité,  s'est diluée dans une campagne ridiculement apolitique.
En fait, dimanche soir, l'ex-ministre de l'emploi promènera sa silhouette de gendre parfait sur les plateaux de télévision, en affichant le sourire satisfait des vainqueurs : l'UMP sera en tête ! Il aura réussi un exploit sans précédent. Sous le gouvernement dont il porte haut les couleurs et dans lequel il a exercé la responsabilité de mettre en œuvre la promesse de son mentor : « je serai le président du plein emploi ! » Voici ce que les retraités, les rentiers, les nantis de tous poils, apeurés par les incivilités et les drames inévitables dans une société qui a oublié que la principale violence est sociale, vont approuver à moins de 10 % des inscrits sur les listes électorales : avec les Dom, le taux « officiel » du chômage grimpe à 9,1%. C'est un chiffre "brutal", et cette situation "va perdurer", a commenté la ministre de l'Economie, qui a nié cette évidence durant de longues semaines mais dont tout le monde a oublié les propos rassurants !

EXCUSE : CE POURRAIT ETRE PIRE !
Le taux de chômage a pourtant encore augmenté : au 1er trimestre 2009, il a augmenté de 1,1 point, à 8,7% de la population active, contre 7,6% au quatrième trimestre 2008 (chiffre révisé). La ministre de l'Economie, Christine Lagarde, en a fait l'annonce hier sur Europe 1, ravie de savoir que l'UMP restera le premier des partis français ! « C'est évidemment un mauvais chiffre (...), on a une dégradation de la situation de l'emploi qui est tout simplement la conséquence de la dégradation de la situation économique depuis six mois de manière absolument nette », a déclaré la ministre sans se poser la question de savoir qui en était responsable. Le bouclier fiscal, les exonérations des heures supplémentaires, la fin des 35 heures, la déréglementation sociale, la mort des services publics, la destruction de la fonction publique... ne sont, bien évidemment, absolument pour rien dans cette fabuleuse « croissance négative » qui ne s'arrêtera plus !
Christine Lagarde a par ailleurs indiqué que le taux de chômage au quatrième trimestre 2008 a été révisé, passant de 7,8% de la population active en France métropolitaine à 7,6%.
Selon elle, ce mauvais résultat se situe « dans la moyenne de l'Union européenne »,  incitant ainsi les électrices et les électeurs à approuver un tel bilan. Ouf, ça aurait pu être pire ! En outre, la situation « se dégrade moins vite qu'ailleurs », a-t-elle souligné, en citant les cas de l'Espagne, de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis... dont on sait qu'ils n'ont aucune responsabilité dans la faillite de l'économie du profit outrancier. La France, qui avait atteint pendant une partie de l'année 2008 le plus bas niveau depuis 25 ans, avait terminé 2008 sur une nette remontée du chômage (+0,3 point sur un an), alors qu'il reculait depuis 2006...Désormais la plongée devient « convenable ». Ce serait risible, s'il n'y avait pas derrière ce constat un véritable mépris technocratique vis-à-vis des femmes et des hommes qui se trouvent dans la détresse absolue. Christine Lagarde se moque de celles et ceux qui vont voter contre son gouvernement, en choisissant toute autre liste que celle de la majorité présidentielle et européenne. Le libéralisme sera désavoué, mais il sortira heureux de ne pas avoir été laminé comme l'exigerait la situation.

ETONNANTE DEMANDE DE SOLIDARITE
Dans le même temps, alors que les gens souffrent et doivent avoir recours à la solidarité sous toutes ses formes, car ils n'ont plus les moyens de faire face à leurs dépenses fondamentales : manger, se loger, se soigner..., le Président de la République leur annonce froidement qu'il va falloir mettre encore davantage la main à la poche. Ayant exonéré les entreprises rentables des cotisations sociales, ayant oublié que l'Etat doit des milliards à l'assurance maladie, il a annoncé, lors d'une passage à Bordeaux, au cours duquel il a fait bloquer toute la circulation sur la rocade, pour sortir sans problème du restaurant où il était allé festoyer, que les mutuelles allaient devoir augmenter leurs... cotisations. Dans son discours, prononcé avant les agapes, Nicolas Sarkozy a fixé comme objectif "que soient confiées de nouvelles responsabilités aux organismes complémentaires, car les régimes de base ne pourront pas tout financer".
Pour le président de la République, qui s'exprimait à l'occasion du 39e congrès de la Mutualité Française, « la demande de solidarité n'a jamais été aussi grande qu'aujourd'hui, et la violence de la crise ne fait que la renforcer ». Diable ! Mais qui donc est au pouvoir dans un rôle capital depuis 7 ans ? Qui a créé ce besoin de solidarité par ses décisions politiques ? Mais « face à cette demande, les ressources de la solidarité nationale ne sont pas infinies » (mais qui a accordé les exonérations ?) et « la croissance de notre économie, même quand nous serons sortis de la crise, ne permettra sans doute pas aux régimes de protection sociale de base de couvrir l'intégralité des besoins nouveaux », a-t-il souligné. Mais pourquoi n'arrêterions-nous pas de faire des cadeaux fiscaux à celles et ceux qui ne vivent que sur les fortunes qu'ils accumulent en dormant ?

DE BELLES PAROLES
Nicolas Sarkozy a distingué trois thèmes parmi « les éléments constitutifs d'un partenariat nouveau entre l'assurance maladie et la Mutualité ». Le premier est la participation des assureurs complémentaires, aux côtés de l'assurance maladie, aux négociations conventionnelles dans les secteurs des frais d'optique et des soins dentaires ». Il ne va tarder à inventer la vraie mutualité française que les directives européennes sur la concurrence libre et non faussée ont tuée.
Le deuxième thème est celui des dépassements d'honoraires des chirurgiens, anesthésistes et gynécologues-obstétriciens. Pour le chef de l'Etat, "le secteur optionnel doit permettre un meilleur encadrement des tarifs que le secteur 2, assorti d'objectifs de qualité. Les libertés tarifaires seront mieux prises en charge par l'assurance maladie et les assurances complémentaires, ce qui permettra un meilleur accès aux soins". Nicolas Sarkozy envisage de demander au législateur de se saisir du problème. « Les dépassements d'honoraires dans les cliniques incitent certains de nos concitoyens à renoncer aux soins et ce n'est pas acceptable », a-t-il assuré. Mais comment l'empêcher quand le temps d'attente à l'hopital devient démentiel, faute de personnel et de moyens matériels ?
Le troisième thème avancé par le président est celui des maladies chroniques, pour lesquelles il souhaite que le gouvernement « étudie de façon approfondie la proposition du mouvement mutualiste » et que « des expérimentations soient lancées par le gouvernement et la Mutualité pour améliorer la qualité et l'efficience de leur prise en charge ».
De beaux mots qui se résument d'une manière simple : la Sécurité sociale est en passe de disparaître, pour devenir un service minimum, agrémenté de nombreuses options, que seuls celles et ceux qui le pourront, trouveront auprès des assurances ou des mutuelles devenues, grâce à l'Europe, des sociétés comme les autres. Encore une fois, cette annonce consiste à taper fictivement sur quelques privilégiés (médecins spécialistes), dont on sait qu'ils conserveront leurs privilèges car il existe une clientèle pour eux, et à rogner sur les avantages acquis par le plus grand nombre. La tactique reste la même, sauf que cette fois, les faits démontreront que les prévisions étaient bonnes et que personne ne se posera la vraie question : mais qui donc nous a conduits vers ce marasme niant égalité, liberté et solidarité ? Surtout dimanche !
Mais je déblogue...
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4 juin 2009 4 04 /06 /juin /2009 07:17
Les notes de frais, voici la pire bombe à retardement des Travaillistes britanniques. Elles explosent chaque jour à la figure de tout le monde politique britannique, laminant Gordon Brown déjà au plus bas dans les sondages. Ces remboursements non plafonnés, et qui ressemblent à des listes à la Prévert, constitueront un poison mortel pour la démocratie à l'anglaise qui donnait, vue de loin, une impression de fiabilité supérieure à celles des autres pays européens. En fait, le vent de libéralisme qui a soufflé sur les terres de sa gracieuse majesté a contaminé toutes les couches de la société : plus de contrôles, plus de comptes à rendre, et l'affaire est dans le sac. On en arrive à la perversion intégrale de tous les rouages d'un Etat, livré à tous les vautours qui en exploitent les moindres défaillances. C'est la leçon qu'il faudrait tirer de ces péripéties, exploitées médiatiquement avec une opiniâtreté exemplaire par la presse d'Outre Manche. Un quatrième ministre britannique a ainsi annoncé hier son départ prochain, accentuant la crise au sein du gouvernement de Gordon Brown à la veille d'élections européennes et locales qui pourraient infliger un revers historique au Labour et redonner de la voix aux « rebelles ».
La ministre britannique des Communautés et des Collectivités locales, Hazel Blears, mise en cause dans le scandale des notes de frais qui a atteint le gouvernement de plein fouet, a expliqué qu'elle abandonnait son portefeuille, pour mieux se consacrer à son mandat de député. « J'ai annoncé aujourd'hui au Premier ministre que je démissionnais du gouvernement », a indiqué Mme Blears dans un communiqué, publié peu avant les questions hebdomadaires aux Communes, lors desquelles l'opposition a sommé le Premier ministre de s'expliquer sur les départs en cascade de ses collaborateurs. La ministre de l'Intérieur Jacqui Smith a confirmé implicitement hier, sur la chaîne Sky News, qu'elle quitterait elle aussi le gouvernement à l'occasion d'un prochain remaniement, qui pourrait intervenir dès vendredi, selon la presse.

LES RATS S'EN VONT
Deux autres ministres ont indiqué aux médias qu'ils étaient aussi sur le départ. C'est une véritable hécatombe... Le ministre des Finances, Alistair Darling, devrait également quitter son ministère, toujours selon la presse, après avoir, lui aussi, été éclaboussé par le scandale des notes de frais.
« Le gouvernement s'écroule devant nos yeux. Pourquoi (le Premier ministre) n'utilise-t-il pas l'autorité qu'il lui reste pour se rendre au palais (pour une entrevue avec la reine ndlr), demander une dissolution et convoquer des élections », a demandé le leader de l'opposition conservatrice David Cameron, au cours des questions hebdomadaires au Premier ministre. Nick Clegg, le leader des libéraux-démocrates, troisième parti britannique, a décrit la situation comme « une débâcle complète », soulignant que le « Labour était fini ».
« Les rats quittent le navire », titre le Daily Mail. « Les ministres sautent du bateau », ajoute le Financial Times. « Il est temps de se débarrasser » de Gordon Brown, conclut le Guardian, pourtant traditionnellement proche du Labour. A en croire la presse, le Premier ministre ferait face à une nouvelle rébellion de députés de son parti. Selon le Guardian, une pétition appelant à son départ a déjà recueilli cinquante signatures auprès d'élus travaillistes. Les rebelles comptent atteindre la barre des 70 députés, nécessaire pour déclencher une nouvelle nomination au sein du Labour.
Si des députés de tous bords ont été mis en cause par les révélations du Daily Telegraph sur les défraiements abusifs des députés et ministres, les sondages montrent que c'est le Labour qui en souffre le plus. Un large remaniement du gouvernement travailliste est attendu après la probable déroute du Labour aux élections européennes et locales, qui auront lieu jeudi au Royaume-Uni. En France, il faudra attendre quelques jours (probablement mercredi prochain), mais chez nous, ce ne sera pas pour un problème de notes de frais !

PAYES PAR LES AUTRES
Le Premier ministre, François Fillon, a « maquillé » ses dépenses officielles afin de les rendre en apparence moindres, affirme Le Canard enchaîné d' hier. « Obnubilé par la nécessité de montrer l'exemple (...), pour mieux jouer les vertueux, François Fillon joue avec les chiffres », affirme Le Canard, qui assure que le Premier ministre « préfère, comme ses prédécesseurs, laisser à d'autres le soin de régler les salaires de son équipe ». Pas moins de 40 des 62 membres de son cabinet étaient payées non pas par Matignon, au 1er janvier 2008, mais par le Conseil d'Etat, le Sénat ou d'autres administrations. Et 185 des 416 personnes du ministère sont payées par d'autres organismes, selon une réponse officielle des services du Premier ministre au député socialiste René Dosière, citée par le Canard. Mais chez nous, c'est normal et c'est une tradition. Les Ministres mélangent durant les campagnes électorales leur fonction et leur candidature, sans que la presse s'en émeuve.
La réponse au député socialiste stipule que le Premier ministre « bénéficie pour ses déplacements aériens des moyens (...) du ministère de la Défense. Il n'y a pas eu facturation ». Facture qui, selon le Canard toujours, aurait du dépasser « allègrement le million par an ». On a vu, par exemple, le « collaborateur » du Chef de l'Etat débarquer d'un coup d'aile sur le bassin d'Arcachon pour soutenir l'ami de vacances du président aux élections législatives. Bien évidemment, il sera difficile de vérifier si une... note de frais a été établie pour ce déplacement, comme pour beaucoup d'autres. C'est exactement le même cas quand Nicolas Sarkozy se rend en province pour un effet d'annonce décentralisé et... pour faire un coucou aux militants de l'UMP réunis pour la circonstance. Qui paye la note de frais ? Quand les Parlementaires UMP vont assister à une pince-fesses de motivation à l'Elysée, qui règle le traiteur ? Où est la note de frais ? La démocratie française ne se pose pas ce genre de questions mais il est vrai que les médias nationaux ne se préoccupent pas trop de ces réalités.
Cette réponse à René Dosière permet également d'apprendre que François Fillon a fait agrandir son logement de fonction pour lui permettre d'accueillir sa famille. Il est ainsi passé de 78,40 m² à quelque 309,72m2. Une réalité dont le Premier ministre « répugne à parler », indique l'hebdomadaire satirique, « tant il n'a de cesse de se montrer simple, modeste et économe ». Mais là non plus, personne ne posera la question de savoir qui a payé la note de frais, et plus encore, si le successeur s'installera dans ce même appartement. Et on est encore loin des dépenses présidentielles !

LIBERTE COÛTEUSE
La réaction de Gordon Brown a été véritablement... socialiste, mais elle n'est pas applicable chez nous, car le libéralisme bon teint à une véritable base électorale. Il a déclaré, le dimanche 31 mai, que des réformes constitutionnelles auraient lieu. Un projet de loi devrait retirer le droit octroyé aux parlementaires de fixer leurs propres rétributions. Une commission indépendante de supervision du Parlement devrait être créée pour surveiller les parlementaires et toutes les demandes de remboursement faites depuis quatre ans seront scrupuleusement étudiées. En fait il vient de réaliser que la libéralisation outrancière pervertissait absolument tous les systèmes.
D'ailleurs, dans le domaine de la finance, dans celui de l'économie ou dans le secteur social, les règles, les contrôles, les justificatifs, les codes n'ont jamais été inutiles dans les périodes difficiles.
Les Britanniques ont dernièrement été scandalisés par les remboursements faits en matière de prêts immobiliers, d'entretien de résidences secondaires, voire de location de vidéos pornographiques... D'autant plus qu'une grande majorité de la population a été sévèrement touchée par la récession. Les révélations quasi-quotidiennes dans la presse, depuis trois semaines, se sont transformées en l'une des plus importantes crises politiques de ces dernières années.
Gordon Brown s'est exprimé lors de l'émission "Andrew Marr show" sur BBC1 : « Il n'y aura plus d'autorégulation au sein du club de gentlemen, de cette société fermée. C'est de la politique du XIXe siècle. Nous avons besoin d'une démocratie ouverte, transparente ». Il s'est également dit « choqué » par le scandale : « Les gens veulent savoir où va l'argent du contribuable, si les bonnes décisions sont prises ».
Le scandale avait déjà provoqué la démission de Michael Martin, le président travailliste de la Chambre des Communes, le 19 mai. L'objectif était de maintenir l'unité de la chambre basse du Parlement. Il démissionnera aussi, en outre, de son mandat de député dans la circonscription travailliste de Glasgow Nord-Est. Par ailleurs, 12 députés ont annoncé qu'ils ne brigueraient pas un nouveau mandat lors des élections de 2010.
L'affaire a mis à mal le Labour. Selon un sondage ICM publié dimanche dans le Sunday Telegraph, si des élections législatives imminentes avaient lieu, le parti n'arriverait qu'en troisième position. 40% des Britanniques voteraient pour les conservateurs, et 25% pour les libéraux-démocrates. Chez nous, l'UMP arrivera en tête sur tout le territoire (sauf la Bretagne), dimanche soir. Comme quoi il ne faut pas s'inquiéter : tous les frais ne donnent pas de mauvaises notes !
Mais je déblogue...

 

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3 juin 2009 3 03 /06 /juin /2009 07:17
A priori, il vaut mieux, par les temps qui courent, ne pas trop se rendre à Paris quand on appartient à la caste des besogneux, c'est-à-dire celles et ceux qui croient encore en quelques valeurs politiques. Il se trouve, en effet, que je représente, par délégation d'Yves Lecaudey, Vice-Président ayant en charge les finances départementales, le département de la Gironde au sein de la commission des finances de l'Association des Départements de France. Cette structure mène actuellement, solidairement avec l'Association des Régions et l'Association des Maires, les « pourparlers » avec le gouvernement sur l'annonce de Nicolas Sarkozy concernant la suppression de la taxe professionnelle. Enfin, le mot « pourparlers » est erroné puisqu'à ce jour, il n'y a eu aucune proposition concrète de remplacement de ce mode de financement des collectivités locales lors des deux seules réunions organisées. L'une d'entre elles a failli ne pas avoir lieu, car les spécialistes du Ministère des Finances n'avaient aucune proposition à présenter. Pris de cours par un énième effet d'annonce présidentiel, les services de Bercy demeurent incapables de trouver des solutions fiables à cette suppression de la taxe la plus dynamique pour les communes, les Communautés de toutes formes et les départements. Ils tâtonnent, balbutient, avancent, puis reculent sous la pression de la Jeanne d'Arc du Medef, qui a annoncé haut et fort : « s'il y a suppression de la TP  il n'est pas question de la remplacer par un autre impôt ! » Or, on sait que c'est elle qui commande !
Le seul constat, c'est que lors de la commission qui s'est tenue hier, tous les élus présents de droite (ils ont été muets) ou de gauche (blasés et consternés) sont ressortis de la salle KO debout ! Les maigres avancées gouvernementales conduiront inévitablement au dépôt de bilan de conseils généraux, de communautés de communes ou même de communes... Ce n'est en effet qu'un ramassis de pièges, de duperies, de trucages en tous genres, servant à étrangler les collectivités locales et à les contraindre à ne plus emprunter, à licencier du personnel, et à augmenter les impôts locaux jusqu'à la limite de l'insupportable ! Il n'y aura aucun autre but : le pouvoir local doit céder, pour aider la France mal gérée, endettée pour son fonctionnement, ravagée par des exonérations sociales dévastatrices, en récession économique, et donc incapable de respecter les critères de Maastricht. On va lentement garrotter les forces d'opposition potentielle en leur coupant les vivres !
Dans l'état actuel des vagues propositions faites par Bercy pour la loi des finances 2010 (la réforme ne s'appliquerait qu'en 2011), il est admis que l'Etat, quasiment en cessation de paiement, assurera la compensation de la part de TP dévolue aux collectivités... Le premier problème, c'est qu'on ne sait pas (et c'est la première escroquerie) si ce sera sur les bases de 2007, avant les multiples et généreuses exonérations accordées et actuellement compensées, ou sur les chiffres de 2009 avec tous les cadeaux déjà accordés aux entreprises. La référence pour les compensations prend des allures décisives.

LES REGIONS MUSELEES
Le cabinet Michel Klophte, spécialisé dans les finances locales, a dressé un diagnostic à faire sombrer dans la plus profonde dépression n'importe quel élu chargé des budgets et de leur exécution. D'abord, il faut noter que les régions perdraient, de fait, leur autonomie financière (alors que l'on veut renforcer leur rôle !), puisque leur budget viendrait d'une part de la taxe sur ...les cartes grises, et la TIPP (taxe sur les produits pétroliers) de la cotisation minimale de Taxe... Professionnelle, et d'autres dotations complémentaires dont Bercy ignore encore la nature. Il n'y aurait plus de colonne région sur la feuille d'imposition locale directe, mais tout le monde serait mis à contribution par un impôt indirect ne tenant absolument aucun compte des niveaux de vie. Autonomie réelle de gestion : 0 contre un levier fiscal antérieur de 4,61 ! Pour cet échelon, ce sera une tutelle pure et simple, avec des recettes non maîtrisées par les élus mais collectées et décidées par l'Etat !
Les départements sombrent aussi, voyant passer leur levier fiscal direct de 19,03 à...5,78 puisque, eux aussi, seront alimentés par des dotations indirectes que sont la cotisation minimale de TP (sans vote des taux !), la TIPP (vive la bagnole et le camion), la taxe sur les... contrats d'assurances (TSCA) et des dotations complémentaires hasardeuses car indéterminées à ce jour. Il resterait aux conseils généraux la maîtrise du Foncier bâti pour sa part départementale, les Droits de mutation (part de l'Etat). Or c'est un piège grossier car la TIPP stagne, la TSCA baisse (sinistralité en chute et primes aussi) et les droits de mutation s'effondrent ! En fait, c'est une recette fiable et autonome à laquelle on substituerait des impôts indirects injustes, en perte de vitesse, et totalement en contradiction avec les options du développement durable.
La Taxe intérieure sur les produits pétroliers s'amenuise malgré l'augmentation du trafic puisque le nombre de véhicules diesel est passé en France de 4 à 62 % en 20 ans, et on connaît le poids du lobby routier pour s'opposer à tout ajustement du montant de la TIPP. En fait, pour faire plaisir à Madame Parisot, on va transformer le parc automobile français en « tout gazole » et on va transfèrer les difficultés des relations avec les camionneurs sur les collectivités locales ! En fait, ces compensations de bric et de broc, sans aucune cohérence, visent à contraindre les conseils généraux à abandonner d'eux-mêmes la clause de compétence générale qui leur permet de rester proches des communes ! Suprême habileté que personne ne verra, l'Etat se débarrasse actuellement de toutes les compensations qu'il verse aux collectivités locales pour masquer partiellement les exonérations faites aux entreprises ! Il n'aura plus à les débourser !

COMMUNES EN PERIL
Les communes et les Communautés de communes s'en tireraient un peu mieux. Elles continueraient à maîtriser toute la taxe d'habitation, le Foncier non bâti, le foncier bâti, la TP pour sa part foncière (création d'un foncier bâti professionnel), une taxe locale commerciale, une taxe sectorielle, une part des droits de mutation, actuellement récupérés par l'Etat, et des dotations supplémentaires encore inconnues ! A l'arrivée le levier fiscal direct des communes passerait de 39,25 à 38,06 soit un recul qui paraît minime. En fait, il ne faut pas oublier que les maires taxeront leurs administrés, et  non plus les entreprises qu'ils ont souvent contribué à installer sur leur territoire ! En définitive, on oubliera très vite que la seule certitude sur laquelle peuvent compter les Maires, ce sera l'imposition sur les ménages, et on sait bien, à Paris, qu'ils hésiteront à ponctionner leurs électrices et leurs électeurs qui réclament pourtant toujours plus, en espérant participer toujours moins à la couverture de leurs besoins sociaux.
Ces braves contribuables, un zeste poujadistes, oublieront que la part de péréquation de la TP qui venait des écrêtements des plus grosses taxes professionnelles (centrales nucléaires, grandes usines...) et qui transitait par le Conseil général, va disparaître ! Ils éluderont les subventions sur investissements ou fonctionnement que les départements et les régions ne pourront plus donner. En définitive, cette compensation aura des conséquences notoires sur le fonctionnement quotidien de la proximité et obligeront les maires à concéder au secteur marchand, sous une forme ou une autre, bon nombre des services publics qu'ils gèrent. On va vers la privatisation des structures d'accueil de la petite enfance, des écoles maternelles, de la restauration scolaire, de la dépendance du 3ème et du 4ème âge, des loisirs et même du sport....pour ne citer que des secteurs déjà attaqués.

DES ARRIERES PENSEES
Cette réforme, lancée comme un pavé dans une vitrine, va conduire à l'émiettement absolu des concepts de la gestion locale. Soumission à l'Etat dispensateur de mannes, qui s'étioleront au fil des ans, course à l'habitant pour avoir des produits stables, suppression des services de proximité, reprise en main des effets de la décentralisation. L'opération se déroulera en deux temps : fin septembre, début octobre, le Parlement se penchera sur le pseudo mille feuilles territorial.
Nicolas Sarkozy va affaiblir les « taureaux » qui tournent autour de lui dans l'arène (majorité des conseils régionaux et des conseils généraux des grandes villes pour la Gauche) avec des banderilles. Il poursuivra ensuite, dans la loi de finances, le travail commencé, en agitant, en pleine crise sociale, les chiffons rouges de l'augmentation des impôts locaux et il se présentera, en pleine arrivée des feuilles d'imposition, comme le défenseur des contribuables, accablés  par ces élus dépensiers.
La République française va souffrir, car sous prétexte d' économies, on détruit son tissu démocratique, et surtout on met à mal le principe de la participation équitable à l'effort collectif, via les impôts directs. En transformant la fiscalité en ponction  sous  forme de taxes à la consommation, on se prépare des lendemains angoissants. Chaque année, les budgets seront aléatoires, et donc la prise de risque sera constante pour des élus qui, rappelons-le, décident de 73 % des investissements publics en France. Il est sûr que ce projet mal ficelé, inutile dans la période actuelle (des ajustements pouvaient être envisagés sans cette annonce à l'emporte pièce), véritablement politicien, va animer la rentrée. On en oubliera presque une gestion gouvernementale qui ne peut pas afficher un seul résultat positif. Sauf peut-être dimanche soir, vers 22 heures, où ce sera le triomphe UMP !
Ouf ! enfin un résultat en croissance négative !

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2 juin 2009 2 02 /06 /juin /2009 07:17
Le débat reste la vertu fondamentale de la démocratie. D'ailleurs, elle a débuté sur des agoras, où l'on pratiquait l'affrontement verbal autour des problèmes de la vie ensemble dans la cité d'Athènes. C'est en effet en 507 avant J.C. qu'est née la démocratie dans la cité. Les grands principes de ce régime politique (littéralement "gouvernement du peuple par le peuple") n'ont aujourd'hui pas changé. À l'époque, environ 40.000 personnes sur les 250.000 qui peuplaient l'Attique étaient des citoyens, c'est-à-dire qu'il avaient obligatoirement plus de 20 ans, qu'ils étaient de sexe masculin, libres (non-esclaves) et nés de parents athéniens. Ceux-là, et ceux-là seulement, avaient le privilège de siéger à "l'Ecclésia" (l'assemblée du peuple). C'est simple : chaque village s'appelait une « dème ». Une de ces dèmes pouvait se trouver dans trois parties distinctes de l'Attique (région d'Athènes) : la partie "polis" (zone urbaine), la partie "paralia" (bord de mer), et la partie "mesogeia" ("terre du milieu", entre le bord de mer et la ville). 100 de ces « dèmes » étaient regroupées en 30 trytties. On formait alors 10 tribus, chacune étant composée  d'un peu de paralia, d'un peu de mesogeia et d'un peu de polis...ainsi, toutes les catégories de citoyens étaient représentées.
Chaque tribu élisait 50 représentants à l'Ecclésia : ils étaient nommés pour un an. Ensuite, chaque dixième d'année, une tribu présidait la Boulè (conseil de l'Ecclésia : cette institution décidait des lois à lui soumettre ; elle comptait 500 membres). Cette permanence était appelée « prytanie ». Puis, chaque jour, un membre de cette tribu était tiré au sort pour présider les débats : il devenait alors épistate. La Boulè décidait des ordres du jour, puis les lois étaient discutées et votées par l'Ecclésia (à main levée). Le tout se déroulait à l'agora d'Athènes ou sur la Pnyx, colline de la ville. Les textes légaux étaient affichés en ville : ainsi, tout le monde pouvait en prendre connaissance... Il semble bien que chaque jour qui passe, nous revenions en arrière, puisque le principe même du débat autour de la vie de la cité au sens large du terme, c'est-à-dire la « politique », est de plus en plus contesté.
Depuis plusieurs années, partout, au nom de l'efficacité, on a supprimé le débat politique, car il est, nous dit-on, inutile et ennuyeux. Il n'y a plus de confrontation idéologique : elle serait « dépassée » car elle reposerait sur des constats n'ayant plus lieu d'être.
En fait, les citoyens croulent sous une surinformation, que l'on se garde bien d'expliciter par des débats tournant autour d'autre chose que les personnes. La personnalisation outrancière vient de l'époque gaulliste, durant laquelle il était quasiment impossible d'aborder la gouvernance du Général sans se mettre en danger. Le débat, qui n'était qu'un affrontement entre idées de gauche et pratiques de droite, évolua progressivement vers un "pour ou contre" de Gaulle...Il faudra attendre mai 68 pour que les principes fondateurs de la démocratie servent de munitions aux véritables artisans de la révolte. Ils se feront finalement déposséder de leur « débat » par la CGT et le PCF qui ne toléraient plus que l'affrontement institutionnel leur échappe. En instituant l'élection présidentielle au suffrage universel, les gaullistes détruisirent définitivement la notion même de débat politique. Celui-ci a donc fini par sombrer dans la « clanification », résultante des outrances du coup d'Etat permanent. La dernière échéance présidentielle a enclenché un processus irréversible : plus question de débattre réellement, car cela ne mobilise absolument pas l'électorat, et c'est dangereux en cas de destruction d'une image personnelle patiemment créée. En fait, Nicolas Sarkozy a tout intérêt à ce que les médias n'offrent plus la moindre confrontation d'idées, puisqu'il a récupéré des symboles de la gauche (citations de Jaurés, lettre de Guy Mocquet, récupération du concept de résistance, fausses attaques contre la suprématie du capital, ouverture ministérielle factice...) pour tenter de toujours déposséder les autres de munitions idéologiques pouvant être utilisables à son profit.

VIRE SANS MENAGEMENT
La campagne électorale actuelle prouve à merveille que, désormais, il ne faut plus mettre en balance devant l'opinion publique les affirmations des uns ou des autres. La meilleure manière de gagner un combat c'est de laisser les autres se battre, pour intervenir quand ils seront tellement affaiblis qu'ils seront incapables de s'en remettre. On va donc fermer les robinets médiatiques pour que, cette fois, il ne soit même plus possible de mettre en œuvre des confrontations directes qui valorisent un adversaire ou qui mettent en péril les tenants de la ligne politique dominante. Et comme la télévision joue désormais le rôle d'agora, on apprend qu'elle va être progressivement garrottée.
L'émission de France 5 "Ripostes", présentée par Serge Moati, va donc être supprimée à la rentrée. « L'émission n'a pas démérité, mais il est temps de passer à autre chose » a confirmé le directeur des programmes de France 5. « J'ai reçu Serge Moati en début de semaine dernière pour l'informer de l'arrêt de Ripostes », précise-t-il. C'est donc irréversible : plus de débat « libéré » sur France 5, dont on sait comment a été nommé le directeur.
L'émission dominicale de débat politique sera remplacée par une « émission politique nouvelle », probablement moins dangereuse, et surtout contrôlée par un animateur « maison ». L'émission de Serge Moati était en panne d'audimat, selon la chaîne. « L'arrêt de 'Ripostes' ne s'explique pas par une baisse des audiences, mais par la volonté de renouveler les grilles. Après 10 ans de bons et loyaux services, nous avons décidé de passer à autre chose. Mais il est vrai que moins de 5% de part de marché (dimanche... de Pentecôte), ce n'est pas satisfaisant pour une chaîne du service public... qui n'a pas d'objectif d'audience mais plus exactement un devoir d'animation culturelle vis-à-vis des contribuables qui financent son fonctionnement. Interrogé par Le Figaro, Serge Moati a déclaré d'ailleurs « regretter » et « ne pas comprendre » l'arrêt de Ripostes, mais dans le fond, tout le monde se moque de son avis. Il est viré, un point c'est tout.

PLUS D'ESPACES A LA RENTREE
Au-delà, le cas Moati pourrait bien lancer un grand mouvement de redistribution des cartes à France-Télévisions. La chaîne réfléchit, en effet, à une vaste refonte de sa grille de programmes. La plupart des émissions de débat des chaînes publiques serait en effet sur la sellette. « Ce soir ou jamais », l'émission de France 3 présentée par Frédéric Taddeï pourrait, elle aussi, faire les frais de ces remodelages. Même chose pour « C dans l'air » ou encore « Mots croisés ». Si les rumeurs sont le lot quotidien du mercato télévisuel - on connaît la part d'intox et il est peu probable que toutes se vérifient à la rentrée de septembre - on remarquera que ce sont tous les espaces du débat citoyen qui semblent ici prioritairement remis en cause. Un constat qui ne laissera pas d'étonner, en ces périodes de « turbulences » économiques qui auraient largement mérité des confrontations de points de vue, surtout quand la parole publique est déjà presque réduite à un monologue.
Il devient capital pour le pouvoir actuel qu'à la rentrée il n'y ait plus d'espaces publics offrant des tribunes aux contestataires, puisque depuis l'origine, les chaînes privées se refusent à ce genre : Moati est la première victime, mais pas la dernière. Chaque jour, à la faveur d'un événement douloureux ou tout simplement pour occuper les écrans, le Président se rendra sur les lieux, au milieu de centaines de gardiens musclés de la paix sociale, ou effectuera une déclaration officielle prise pour parole divine. Comme il n'y aura plus aucune possibilité réelle d'exprimer un avis contraire, et que les réformes auront été légitimées par le fait que l'UMP aura « remporté » les Européennes, on entrera dans la seconde moitié du quinquennat avec une démocratie resplendissante. On usera et on abusera de la complicité bienfaisante des copains bien placés, ou fraîchement promus ! La presse écrite, financièrement moribonde, attendra les subsides de la propagande gouvernementale !

UNE SEMAINE D'ESSAI
Les annonces vont se succéder avant les vacances. Un ou deux feuilletons à l'eau de rose ou dramatique mettront la France des Juilletistes et des aoûtiens en condition pour qu'ils oublient que la politique reste la clé de leur quotidien. Il n'y aura bientôt plus qu'une pensée unique dominante qui grimpe dans les esprits : droite et gauche c'est bonnet blanc et blanc bonnet !
Les socialistes, pris entre deux feux, et surtout attaqués de tous côtés par des adversaires soucieux de leur tailler des croupières, vont lentement s'enliser dans les querelles de personnes, liées à la désignation de la (du) candidat(e) aux présidentielles.  C'est la rançon de la manière dont on a orienté les modalités de cette désignation , et ce serait encore plus grave s'il était décidé d'élargir le nombre des personnes  appelées à y participer. C'est le piège absolu, surtout après l'échec qui se profile.
La France est devenue une démocratie de petites phrases, d'images sans intérêt réel, de renoncements à exister dans la différence, de passivité grandissante, de pseudos informations sans intérêt. Cette semaine sera révélatrice de ce qui attend la République : accentuer l'abstention, faire voter sur des sujets différents de ceux qui sont concernés par le scrutin, privilégier les combats fratricides plutôt  que les affrontements de classes, et sans cesse pratiquer la fuite en avant, pour masquer le paysage qui se met en place ! Quand le réveil sonnera, la « riposte » sera inutile : le mal est irréversible !
Mais je déblogue...
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Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
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