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LES STATISTIQUES

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MAIS JE DEBLOGUE...

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18 mai 2009 1 18 /05 /mai /2009 10:23

Chère lectrice,
Cher lecteur,


Toujours des difficultés techniques indépendantes de ma bonne volonté et une chronique écrite qui s'est évanouie cette nuit dans je ne sais quelle catacombe informatique... Désolé.
J'essaie de soigner la bête qui aurait été touchée par la "grippe porcine", à moins que le virus ait une origine moins lointaine... et plus officielle !
Si vous avez toujours envie de lire des textes écrits par mes soins allez sur
http://www.jeanmariedarmian.fr
Vous y trouverez des chroniques ramenées de Bruxelles ! Ca vous changera de style et de lecture !
Merci de votre confiance, et si ce soir la bête va mieux... peut-être à demain matin ! Elle a été placée en chambre stérile entre les mains d'une spécialiste.

Jean Marie DARMIAN
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17 mai 2009 7 17 /05 /mai /2009 07:17
S'il est un principe économique d'actualité, c'est celui de « la variable d'ajustement ». On explique parfois cette attitude par une autre expression : « adaptation aux contraintes du marché ». Le résultat est le même, et se traduit généralement par une certitude, celle de la fin des emplois. Plus que jamais, pour maintenir les profits, et pire, pour les améliorer, on taille dans l'Humain. Il est certain que si, lors des fermetures d'entreprises,  on multipliait les audits financiers indépendants, on aurait une tout autre approche des plans sociaux consistant à faire payer par la collectivité les conséquences de décisions purement financières. Ce dispositif devrait être obligatoire et devenir décisif lors des licenciements collectifs.
Par exemple, l'usine Molex, qui doit fermer à Villemur-sur-Tarn, près de Toulouse, est économiquement viable, selon le rapport du cabinet d'expertise comptable SYNDEX, qui a été dévoilé hier par le comité d'entreprise.
« Les analyses du cabinet Syndex montrent qu'avec un chiffre d'affaires annuel de 32 millions d'euros (contre 42 en 2008) les performances industrielles du site permettent d'assurer l'équilibre économique et le maintien de 260 emplois sur les 282 actuels », dit le communiqué du CE de Molex. Depuis la fin 2006 et jusqu'en février 2009, le rapport montre, chiffres à l'appui, que « l'usine de Villemur a généré le plus fort taux de résultats parmi l'ensemble des sites de la division auto de Molex » preuve manifeste de la bonne santé de l'entreprise...Et comment peut-on expliquer qu'elle ferme, autrement  que par une volonté de transférer vers d'autres cieux les technologies que ce site possède, et qui le rendent incontournable ?
On apprend même, dans le rapport, que les sites de Kosice en Slovaquie et de Villemur, sont les plus rentables de la division automobile de l'entreprise, ce qui tend à démontrer que les délocalisations, lorsqu'elles sont examinées à la loupe, ne reposent que sur le souci de se délier de contraintes sociales. La plupart des déficits sont en fait enregistrés aux Etats-Unis, et donc, le sauvetage de ces usines américaines passe par la fermeture des autres, au nom du patriotisme capitaliste américain.
D'après le CE, la crise économique actuelle pourrait réduire les résultats de 10 à 15% au maximum. La direction de Molex dénonce, pour sa part, la non-prise en compte du « contexte de crise économique grave » par le rapport. Elle estime que pour atteindre les objectifs présentés par celui-ci « il faudrait une progression de la marge brute de 150% sur 3 ans (...). Or à ce jour le site de Villemur-sur-Tarn enregistre une perte de 3,5 millions d'euros sur les 9 derniers mois. » Il faut bien avouer que cette perte n'est jamais rapprochée des... bénéfices antérieurs ! En effet, il faudrait absolument repositionner la situation actuelle dans le contexte global de la société propriétaire.

ATTENTE INUTILE
Le secrétaire du CE, s'est réjouit de ce rapport qui conforte l'ensemble des salariés. Il ajoute que les « raisons invoquées pour la fermeture » ont été « démontées une par une ». Le délégué syndical attend que la direction reconnaisse « que cela fait partie d'une stratégie » et qu'elle ne prétende pas que « c'est une question de viabilité économique ». Selon le rapport, 48% de la production de Molex (connectique) arrive dans les usines de PSA (Peugeot-Citroën) et 20% chez Renault. Ce sont eux, les véritables patrons de la boîte, car ils imposent probablement des prix de fournitures les plus bas, et ne jouent absolument pas la solidarité dans le cadre de la crise. Les patrons financiers de Molex se contentent donc de prospectives, mais surtout en oubliant que derrière leurs chiffres, il y a des femmes et des hommes. Ces derniers espèrent que l'Etat fera pression sur les constructeurs français pour sauver leur usine... Mais compte tenu des conceptions ultra libérales actuelles, on sait que tout se résumera à des déclarations de principe, aussi fiables que celles faites à Gandrange vis-à-vis des sidérurgistes d'Arcelor Mittal.
Les salariés de Molex s'étaient fait remarquer le mois dernier en séquestrant pendant 24 heures deux dirigeants de leur entreprise. Ils souhaitaient protester contre la fermeture de leur usine, mais aussi contre la décision de créer une usine identique aux Etats-Unis sans que le CE en ait été informé. La justice doit se prononcer sur un éventuel « délit d'entrave » au CE le 19 mai... mais le mal est fait et on ne verra jamais les responsables de ces choix revenir en arrière. Pour eux, un seul mot à de la valeur : profit. Les seuls destinataires de leurs attentions, ce sont les actionnaires, puisque pour arriver à fermer Villemur, ils mettent eux-mêmes en péril la structure pourtant fiable qu'ils devraient au contraire valoriser.
Cette situation est extrêmement révélatrice de ce que la crise génère comme actions plus ou moins bien montées. Quand les leaders de l'UMP avouent qu'elle représente une « chance » pour l'économie, il faut absolument prendre leurs propos au premier degré. Les stratégies financières, qui permettent de récupérer les pertes boursières par le désengagement de l'industrie productive, constituent en effet bel et bien une opportunité masquée pour un certain nombre de décideurs. Elles permettent, de manière purement conjoncturelle, de « rentabiliser » au maximum les placements antérieurs, en réduisant les coûts par ce que l'on appelle une « variable d'ajustement ». Toujours la même : les salariés ou les salaires !

VERS LE SACRIFICE
Le loueur de voitures Hertz a demandé, par exemple, à ses cadres de renoncer à 5 % de leur salaire brut pendant trois mois dans le cadre d'un « effort de solidarité » pour « préserver au maximum les emplois » dans le contexte de crise. Confirmant une information révélée par le quotidien Libération , le délégué central CGT a indiqué jeudi que cette mesure avait été demandée à environ 150 personnes, et que 67 % d'entre elles auraient accepté. « Celles qui ont dit oui l'ont fait par peur de représailles, celles qui ont dit non sont surtout en région, plus loin de la pression du siège », a commenté le syndicaliste. Dans son édition de jeudi, Libération reproduit la lettre envoyée aux cadres, dans laquelle Hertz précise que la réduction sera effectuée « en pourcentage (du salaire brut) et en fonction du statut (5 ou 7,5 %, ndlr), pour une période de trois mois, soit du 1er avril 2009 jusqu'au 30 juin 2009, et sur la base du volontariat ». De son côté, la direction de Hertz a indiqué « ne pas avoir de commentaire à faire sur la politique salariale de l'entreprise ». La direction de Hertz, détenue par un groupe de trois fonds d'investissement... américains, a annoncé en janvier la suppression de 4.000 postes au niveau mondial. En France, des départs ne seraient pas remplacés.
Interpellé sur Europe 1, Laurent Wauquiez demande à voir, et se dit opposé à « du chantage dans cette période », mais n'a proposé aucune solution pour l'éviter. Et si un audit financier indépendant analysait la situation (une cour des comptes des entreprises qui vérifierait les raisons des mesures sociales prises ) ? Si c'est la même méthode que celle prônée par Renault, qui a dit à ses cadres "faites un effort sur vos congés, les ouvriers font un effort sur les congés et on ne licencie personne, c'est positif" , considère le secrétaire d'État à l'Emploi. Pour cinq jours de chômage partiel, les cadres et ingénieurs du constructeur automobile renoncent à une journée de RTT, ce qui vient alimenter le fonds d'indemnisation du chômage partiel interne à Renault. Encore une fois, les efforts sont demandés toujours aux mêmes, car ce sont eux qui ne pèsent jamais sur les décision prises par les conseils d'administration.

CA NE CADRE PLUS !
Le monde politique ne réagit pas. La gauche y voit une affaire de « privilégiés » alors qu'explosent les suppressions d'emploi (- 138 000 au premier trimestre, autant que sur toute l'année 2008). Mais la majorité ne mesure pas plus l'onde de choc de cette information. Le gouvernement en est encore à se demander quelle est la suite à donner au très mesuré rapport Cotis sur le partage des profits...alors que c'est essentiellement sa « clientèle » qui est concernée. Sarkozy l'a bien compris, puisqu'il tente de la satisfaire par de multiples rencontres avec ses « adhérents » ou ses « fans ». Pourtant, ce mouvement peut provoquer une forte secousse politique qui profitera à Bayrou. Peut-être même dans les urnes du scrutin européen dans un mois. Les cadres, cœur de son électorat, vont être touchés par une baisse sensible de leur pouvoir d'achat en 2009. Leurs rémunérations vont chuter cette année de 10 à 30%, avant impôts... sur les revenus de l'année précédente. Le très porte-voix de l'UMP, Frédéric Lefebvre, réserve sa réponse. Ah ! Si on avait le courage de sortir ses déclarations antérieures sur la croissance, le pouvoir d'achat, l'emploi... la crise ! Avec la complicité médiatique, il a passé des heures à expliquer à l'électorat sarkozyste qu'avec un brin de confiance dans... des déclarations sans lendemain, il serait épargné.
Mais en période de récession - le mot fait partie du vocabulaire officiel depuis vendredi avec une prévision de - 3% pour l'année 2009 - c'est sauve qui peut !  Ce sont d'abord les augmentations individuelles qui sont gelées. Puis les dispositifs d'intéressement : le rapport Cotis, remis mercredi à Nicolas Sarkozy, montre justement que la part des salaires dans la valeur ajoutée n'a pu se maintenir que grâce à une montée des plans d'intéressement et de participation. Leur poids a triplé en dix ans. En période de crise, ces plans sont ramenés à zéro ! Mais le phénomène nouveau, c'est l'arrêt des rémunérations dites « variables », qui permettaient des extras devenus impossibles ! Elles avaient doublé en dix ans. On verra sur les impôts 2010 les conséquences de ces constats en terme de recettes de l'Etat  ! Mais chut! on sait que le déficit ne se creusera pas plus que la récession. Parole de Ministre de l'Economie et des Finances, qui a changé au moins quinze fois de prévisions en un an !
Certes, les réductions de salaires restent soumises à un accord individuel. Mais les salariés ne sont guère en position de refuser. Les syndicalistes parlent de "chantage". Et ils ont raison. En fait, personne ne pose la question des efforts effectués par les détenteurs de capitaux, et les combines bancaires dans lesquelles ils ont sombré. Pour eux, le « paquet fiscal » et son bouclier, les exonérations sociales en tous genres, les défiscalisations toujours présentes, les revenus maintenus à un niveau qui n'est pas plafonné, leur permettent sans vergogne de faire afficher par de dévoués serviteurs des résultats financiers catastrophiques... et de faire jouer la « variable d'ajustement ».
Mais je déblogue...
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16 mai 2009 6 16 /05 /mai /2009 23:58

Tous mes amis ne cessent de me le répéter : "tu devrais changer d'ordinateur... le tien est dépassé ! " . Ils ont enfin eu raison, puisqu'il est véritablement mal en point, me privant depuis plusieurs jours de diffuser mes chroniques... Je vous prie de bien vouloir m'excuser pour cette interruption indépendante de ma volonté. Je fais faire tout ce qui est en mon maigre pouvoir pour reprendre les publications.
En attendant, je vous invite à rejoindre l'autre site
www.jeanmariedarmian.fr. Vous y trouverez des textes personnels, (comme ceux de l'AUTRE QUOTIDIEN), sur ma semaine bruxelloise.
A demain... si l'ordinateur le veut bien !

Jean Marie Darmian

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13 mai 2009 3 13 /05 /mai /2009 07:17
L'américanisation de la vie politique française s'accélère sous l'influence des stratèges sarkozystes, persuadés que l'avenir de leur idéologie, ultra-libérale sur le fond, mais masquée sur la forme, ne résistera que par une réforme en profondeur des institutions à la Française et leur « évaporation » progressive. C'est ainsi que le projet de réforme Balladur des collectivités territoriales constitue une étape supplémentaire sur la transformation de la décentralisation voulue par la gauche en un fédéralisme de fait. Réduction du nombre des régions pour leur donner l'épaisseur d'un « état américain » avec un « gouverneur » de fait (le Préfet de Région) flanqué d'une élu « professionnel » pouvant peser sur les enjeux nationaux. Le délestage en règle des pouvoirs régaliens républicains vers l'étage décisif que seront les régions va dans le même sens : éducation bientôt « communalisée » et « régionalisée », transports essentiellement confiés aux régions, activités économiques également attribuées à ce niveau, pouvoir de police confié aux métropoles (vidéo surveillance, fusion gendarmerie-police...), social délégué aux métropoles (cf l'application inégalitaire du RSA)... Tout concourt à cette lente agonie de la République « une et indivisible » avec, aux commandes, un système présidentiel et, de fait, un gouvernement bis basé à l'Elysée, qui supplante tous les ministères eux-mêmes dénués de toute marge de manœuvre. Contrôle des médias (nomination récente sur les chaines parlementaires du duo des Leclerc, favoris...de l'UMP) tant économiquement que politiquement, contrôle du système bancaire par abus de faiblesse, contrôle de tout le système administratif par un « spoil system » qui ne dit pas son nom, mais qui se met en place, fausse priorité accordée à la sécurité d'Etat qui autorise de multiples manœuvres strictement politiciennes : la liste devient tellement longue que, dans le fond, celui qui tenterait de l'énonçer perdrait toute crédibilité.

EN VOIE DE DISPARITION
L'américanisation se met en place également sur le plan social avec la marchandisation de tous les services publics, selon le principe sacro-saint que tout doit devenir rentable ou au minimum financé par ses utilisateurs. La péréquation sociale sombre chaque jour un peu plus avec la publication au Journal officiel de textes sur une réforme. En fait, il n'y aura bientôt plus aucune « régulation » dans les secteurs clés de la santé et de l'éducation : il faudra payer pour obtenir ce que l'on pense être le mieux ! On s'oriente vers le système de la grande distribution avec le haut du panier pour certains, le « discount » pour les autres et rien pour plus de 10 % de la population. Le royaume du consommateur a supplanté en cinq ans de gouvernement UMP celui de la citoyenneté reposant sur le partage, la solidarité et l'égalité.
Les syndicats disparaissent pour être remplacés par des « lobbies » très ponctuels liés à une catégorie professionnelle, et on assiste à une corporatisme dévastateur. Les attaques ponctuelles, ciblées, dans le système éducatif ont émietté, affaibli, marginalisé les réponses et, exactement comme aux USA, on ne retient que ce qui nous touche de près. L'égoïsme social « collectif » a pris le pas sur la défense commune de la fonction publique, des services publics, de tout ce qui doit avoir une dimension générale à l'échelle du pays. Et le sort des partis politiques va suivre, puisque leur américanisation est souhaitée par tous les dirigeants. De droite comme malheureusement de gauche.
Presque tous nient toute valeur à l'engagement militant durable, pour tabler sur des adhésions circonstancielles éphémères. Ils se transforment peu à peu en groupes de pression ou en groupes de soutien personnalisé, que l'on abandonne quand le résultat n'est pas conforme à ses ambitions. Ce virage a mis en évidence la force désormais incontournable dans nos institutions des « lobbies » à l'américaine.

PAS SI VIRGIN QUE CA
Le danger menace, avec la disparition du militantisme idéologique. Plus un seul jour sans que des groupes organisés dotés de moyens financiers lourds prennent de fait le contrôle de l'appareil politique. Les débats autour des lois Hadopi ou de l'hôpital viennent d'en témoigner. Qui auront été les plus efficaces ? les parlementaires ou les rassemblements d'intérêts, touchés par ces deux lois ? les citoyens ou les bénéficiaires des réformes ? On avait assisté, il y a quelques années déjà, à une scène surréaliste que tout le monde (ou presque) a oublié, puisque Virgin était venu faire sa pub pour le téléchargement dans l'enceinte même de l'Assemblée nationale... en toute impunité. Rétrospectivement, on peut rattacher cette polémique à l'examen laborieux de la loi Hadopi puisque c'est toujours la même majorité. Virgin avait en effet fait la promotion de ses systèmes de téléchargement de musique, dans l'enceinte de l'Assemblée nationale.
Cette présentation, réservée aux députés, avait été autorisée par la présidence de l'Assemblée nationale. Elle s'est tenue dans la salle des conférences, attenante à l'hémicycle. Les démonstrateurs étaient munis de badges d'accès, fournis par le ministère de la Culture. Mais la présence d'un groupe privé, à la sortie de l'hémicycle, avant le début de l'examen du projet de loi sur les droits d'auteur, avait été vécu comme une pression par les députés socialistes, qui avaient protesté contre cette intrusion commerciale.
« Nous sommes libres ! Nous n'avons pas de mandat impératif », s'est insurgé Patrick Bloche. Le député PS de Paris avait brandi dans l'hémicycle un tract promotionnel de la société, offrant une réduction de 9,9 euros aux députés. Intervenant à la suite de Patrick Bloche, le président du groupe socialiste Jean-Marc Ayrault avait demandé à la présidence de l'Assemblée de mettre bon ordre à cette « démonstration dans l'enceinte même de l'Assemblée nationale par des sociétés privées ». Le président de séance, Yves Bur (UMP), a annoncé peu après que Jean-Louis Debré avait « décidé d'interrompre immédiatement la présentation, dont il apparaît qu'elle ne se déroule pas dans les conditions qui avaient été prévues ». Que s'est-il passé sur la loi Hadopi?
Un fait parmi tant d'autres, quand on sait que chaque jour les lobbies pharmaceutiques, médicaux, éducatifs, sociaux, économiques, environnementaux entretiennent des liens directs avec des Ministères, des parlementaires, au seul prétexte qu'il faut que ces derniers soient informés ! Les « lobbies » valent tous les partis d'opposition réunis. Les médecins toussent, on leur donne un baume réparateur sur le tarif de leur consultation. La gauche n'a cessé de ressasser que la loi Bachelot sur l'hôpital conduisait à la catastrophe pour les patients... Bachelot et Sarkozy ont cédé devant les pontes médicaux pour la partie qui les concernaient (direction de l'Hôpital, statut, rémunérations...) mais n'ont rien concédé aux patients, qui n'existent pas médiatiquement comme un lobby organisé. Et il en est ainsi dans tous les domaines... La politique au sens noble est morte ou moribonde pour être supplantée par les organisations d'intérêts privés !

LE LOBBY ANTI LOBBY
C'est devenu tellement insupportable que des députés UMP viennent de se réveiller. Ils veulent se saisir de la réforme du règlement de l'Assemblée nationale pour mieux encadrer les activités de lobbying. Hier soir, le député UMP Patrick Beaudouin a soumis un amendement « visant à mettre en place un registre et un code de bonne conduite des lobbies ». Cet amendement, qui s'inspire des pratiques en cours au Parlement européen, a été cosigné par une cinquantaine de députés. Le député du Val-de-Marne a souligné que l'actuel président de l'Assemblée, Bernard Accoyer, avait lui-même plaidé pour « la mise en place de règles transparentes », lorsqu'il était président du groupe UMP en 2006.
Patrick Beaudouin et d'Arlette Grosskost (UMP) avaient déjà proposé un amendement pour un meilleur encadrement du lobbying après la polémique déclenchée par l'intrusion de représentants de Virgin près de l'hémicycle. Ils étaient venus faire la démonstration d'une plate-forme de téléchargement en plein examen de la loi sur les droits d'auteurs. Mais ce fut totalement oublié et enseveli dans d'autres préoccupations plus politiciennes. « Tout le monde fait du lobbying mais tous ne disposent pas des mêmes moyens de se faire entendre » a souligné hier soir Patrick Beaudouin. Le député a mentionné « les grandes entreprises qui bénéficient curieusement d'un badge, les groupes d'étude, les colloques, les voyages d'étude, parfois dénoncés comme les chevaux de Troie des groupes d'intérêt ». Belle déclaration de principes qui n'a convaincu personne car, on le sait bien, c'est superflu !
L'amendement de Patrick Beaudouin a donc finalement été retiré, car « il semble plus opportun d'inscrire l'encadrement du lobbying » dans une décision du bureau de l'Assemblée que dans le règlement, selon le député. Patrick Beaudouin a demandé un « engagement du Bureau sur la mise en œuvre et sur le calendrier de cette réglementation ». On verra donc plus tard... quand ils sera trop tard !
Début mai, Bernard Accoyer avait fait part de sa volonté de se rapprocher du Sénat afin de coordonner les initiatives. Une manière d'enterrer cette nouvelle velléité de réguler la démocratie authentique, pas celle des amendements, des temps de parole, des questions écrites, mais celle qui vit sur des principes clairs. La réponse a été habituelle : Gérard Larcher a annoncé la mise en place d'un groupe de travail sur les groupes d'intérêts. Un lobby parlementaire pour interdire les lobbies économiques. Ils vont avoir peur, et n'entreront plus dans les assemblées ou ne rédigeront plus  les amendements qui leur conviennent ou ne feront plus les règlemnts susceptibles d'améliorer leur rentabilité ou au moins de la garder.
Mais je déblogue...
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12 mai 2009 2 12 /05 /mai /2009 07:17
En fait, il faudrait remonter dans l'Histoire et reconstituer le parcours de ces hommes politiques ayant changé de camp dans les périodes les plus délicates. Toutes et tous ont un point commun, celui, quand ils arrivent chez ceux qu'ils ont éreinté durant plus ou moins longtemps, d'en faire beaucoup plus que celles et ceux qui les accueillent. Ils se mettent en quatre, oublient tous leurs principes antérieurs, se précipitent pour accentuer les courbettes, et surtout tentent par tous les moyens de démontrer leur loyauté absolue. Ils en font plus que leurs hôtes ne le leur demandaient. On l'a vu durant la sombre période de l'occupation, où les gens de la Milice étaient parfois plus zélés que la Gestapo,  on l'a constaté dans la période révolutionnaire, où les nobles convertis à la république naissante condamnèrent à tout va les gens issus de leurs propres rangs ; on l'a vérifié dans toutes les guerres, durant lesquelles les traîtres sont implacables. Bien évidemment, toutes proportions gardées et sans faire de comparaison désobligeante, il faut bien constater que les Ministres dits d'ouverture sont en passe de devenir plus sarkozystes que les sarkozystes les plus fanatiques. Il est vrai que pour sauver leur place dans le prochain gouvernement, il leur faut absolument oublier leurs états d'âme. Incroyable de constater combien il est facile de virer à 180 degré pour rester dans le vent. Il n'y a eu que Kouchner pour garder un zeste infime de lui-même, puisqu'il hésiterait encore à voter UMP ! Une manière comme une autre de se dédouaner, pour le jour où il annoncera que, tout bien réfléchi, il soutiendra son collègue Voyageur Représentant Politique Barnier : ce ne sera qu'au prix d'une douloureuse contorsion et après un sacrifice sur l'autel du Sarkozysme triomphant. Il ira simplement au secours de la « veuve et de l'orphelin », ou il ralliera le camp des vainqueurs, par absence de combattants.
Eric Besson est dans le fond beaucoup plus courageux : il assume d'être devenu plus UMP que le plus UMP des UMP ! Il a largement soutenu, dans une vie passée, les positions de la Gauche sur l'immigration; il a certainement participé à des assemblées générales de la Ligue des Droits de l'Homme ; il a certainement couvert de louanges des associations humanitaires qui l'invitaient dans sa province à des colloques comme député. Mais à l'époque, il n'avait rien compris à la liberté, à l'égalité et à la fraternité. Il se contentait d'en parler sans savoir que le demi-d'ouverture de l'Elysée le jetterait dans une mêlée confuse pour déblayer le terrain ! En fait, il a découvert que sa vocation était de faire les basses œuvres qu'aucun ministre n'avait osé accomplir depuis un demi-siècle. Il a même réussi au-delà des espérances de l'Elysée ! Et qui sait s'il ne finira pas Ministre de l'Intérieur ?

DES MOTS TERRIBLES
Seize associations de défense des droits des plus démunis et des immigrés jugent « préoccupant » le « mode de relation agressif » instauré, selon elles, par le ministre de l'Immigration Eric Besson, dans une lettre à celui-ci, dont l'AFP a obtenu copie. Edifiant, mais surtout consternant. Cette lettre, datée de hier, peu après des échanges très virulents entre M. Besson et la Cimade à propos de la réforme de l'assistance juridique aux étrangers en rétention, porte sur la controverse opposant le ministère  à ces associations en ce qui concerne le « délit de solidarité » instauré, selon elles, par le Code d'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (Ceseda). Ces associations rappellent que le ministre leur a « envoyé un courrier très critique » à l'occasion des rassemblements contre le « délit de solidarité » organisés le 8 avril dans 90 villes de France. Mais de quoi se mêlent-elles ? Pourquoi appeler à une manifestation ? Comment peut-on décemment calomnier un tel Ministre ?
« Le mode de relation agressif que vous semblez vouloir instaurer avec les associations qui interviennent sur des questions de précarité nous paraît préoccupant », écrivent-elles à Eric Besson. Et elles s'appuient sur des faits qui ressemblent  à un pur et simple règlement de comptes. La rédaction de l'article L 622-1 du Ceseda « est en contradiction avec vos dires, en ce qu'elle ne distingue nullement entre les passeurs qui exploitent la détresse des migrants et les citoyens agissant par humanité et pour la défense des droits fondamentaux », poursuivent-elles, alors qu'on ne cesse de leur répéter que ces citoyens ne risquent rien à part quelques heures de garde à vue ! Cet article punit pourtant de 5 ans d'emprisonnement et d'une amende de 30.000 euros « toute personne qui aura, par aide directe ou indirecte, facilité ou tenté de faciliter l'entrée, la circulation ou le séjour irréguliers d'un étranger en France ». Les mots « indirecte » et « facilité » n'ont aucun sens. Ils ne sont là, selon le ministre, que pour faire joli dans un texte anodin ! Et pourtant....
« Vous savez fort bien que des actions judiciaires ont été engagées, ces derniers temps, à l'encontre de militants de causes humanitaires, au seul motif qu'ils avaient porté secours à des personnes sans papiers », écrivent les associations. Elles font valoir que « même quand les poursuites ne se terminent pas par une condamnation, le mal est fait, l'intimidation crée des dégâts (...) destinés à empêcher toute aide aux personnes sans papiers ». Il en reste toujours quelque chose, et surtout cela peut décourager les meilleures bonnes volontés. A quand une condamnation pour avoir donné une pièce dans le métro à un sans papiers... et donc avoir favorisé son séjour sur le sol français ?

AMOUR COUPABLE
« C'est ce que nous dénonçons, c'est ce que vous défendez, en refusant de changer la loi », conclut le texte, signé notamment par Emmaüs France, la Cimade, la Fnars, le Secours catholique-Caritas, le réseau éducation sans frontières (RESF), le Groupe d'information et de soutien des immigrés (Gisti), Médecins du Monde et la Ligue des droits de l'Homme...Rien que des révolutionnaires qu'Eric Besson n'a jamais soutenus ou encouragés avant de devenir un Ministre génétiquement modifié ! Le procès en correctionnelle de Jennifer Chary, une jeune Française poursuivie pour « aide au séjour irrégulier » de son concubin marocain, a été renvoyé, après le rejet par son avocate de la procédure du « plaider coupable », a-t-on appris hier de source judiciaire. Avouez que ça tombe bien, et que, bien évidemment, il n'y a eu aucune intervention divine. D'ailleurs, tous les médias vous en ont parlé !  Cette Dijonnaise de 23 ans, vivait en effet en concubinage depuis dix mois avec son ami marocain, M'Hamed Naïmi, 24 ans. Ils devaient se marier le 11 avril à Dijon, mais M'Hamed Naïmi a été expulsé le... 2 avril. Arrivé en France à l'été 2006, il n'avait jamais fait renouveler son titre de séjour de six mois. Interpellé le 16 mars dernier chez un ami, futur témoin de son mariage annoncé, il avait été placé au centre de rétention de Lyon, avant d'être expulsé vers le Maroc. Première peine !
Cette « criminalisation de l'amour est scandaleuse et illégale », a assuré la Cimade dans un communiqué, affirmant que la loi incriminée prévoyait que « le conjoint ou le concubin d'un étranger en situation irrégulière ne peut être poursuivi ». Or, Jennifer Chary encourt jusqu'à cinq ans de prison et 30.000 euros d'amende selon l'article 622-1 du code d'entrée et de séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA). Mais bien sûr, ce n'est qu'une vision théorique puisque cette loi n'est jamais appliquée. Son procès devrait se tenir « en septembre prochain, dans le cadre normal d'une procédure de comparution devant le tribunal correctionnel » de Dijon, a déclaré Me Séverine Beuchet, avocate de Jennifer Chary. On verra donc le résultat, après les vacances et quand tout le monde aura oublié les faits ! Elle sera jugée pour collaboration avec l'ennemi, et peut-être tondue !

REVENIR SUR LE PASSE
Le 28 avril dernier, le ministre de l'Immigration Eric Besson soutenait « qu'en 65 années d'application de la loi, personne en France n'a jamais été condamné pour avoir seulement accueilli, accompagné ou hébergé un étranger en situation irrégulière ». Il ne fallait donc pas une tache sur son palmarès. Même si le Groupe d'information et de soutien des immigrés (Gisti) répondait par une première liste de 32 cas antérieurs de poursuites ou de condamnations de bénévoles qui avaient aidé des sans-papiers, puis une seconde « non exhaustive » qui portait à 61 cas le nombre des personnes poursuivies et/ou condamnées dans le même cadre. Pour une ouverture vers les droits de l'Homme, c'est donc une incontestable ouverture... Et le pire, c'est que le manège va se poursuivre !
On voit déjà poindre l'ineffable Claude Allègre, qui sera encore plus Sarkozien qu'il n'a été Jospinien. Il devrait être promu au Ministère de l'Ecologie : il  y règlerait en un tour de main les problèmes du réchauffement climatique  puisque,  selon lui,  ils n'existent pas. Jack Lang devrait revenir à la culture car, lui, il saurait régler le compte des contestataires avec TF1, car il entretient  avec la boîte des liens bien plus discrets que ceux qu'a Albanel, sœur Dominique perdue au milieu des dragons. Et si d'autres suivaient, ce ne serait pas en contradiction totale avec l'idéal qu'ils étaient prêts à défendre au moment de l'investiture que leur ont accordée les militants. Au fait, si l'on organisait, dans les lycées, un cours d'Histoire sur les carrières d'Adrien Marquet, l'ex-Maire de Bordeaux ; Marcel Déat, député de Charente en 39; de Pierre Renaudel, Député du Var... Eux aussi ont eu une certaine vision de l'immigration et de l'identité française. Eux aussi on cru que la meilleure façon de faire de la politique, c'était de s'adapter à l'opinion dominante. Eux aussi ont peut-être pensé qu'il leur fallait donner des gages d'efficacité pour être respectés. N'empêche que, quoiqu'il arrive, un retournement de veste, ça se voit. Surtout si elle passe du rose au noir !
Mais je déblogue...
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Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
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11 mai 2009 1 11 /05 /mai /2009 07:17
Après avoir déballé des tonnes d'autosatisfaction sur les deux années du mandat présidentiel sarkozyste qui viennent, ne l'oublions pas, après des années de participation aux postes clés du gouvernement, les gens qui comptent à l'Elysée vont encore se réunir pour effectuer un décompte des jours du mois de mai. Ils craignent, en effet, une explosion sociale qui s'appuierait sur une émeute, toujours possible, dans une banlieue. Tous les indicateurs sont au rouge car la crise économique touche fortement les foyers les plus en difficulté : loyers impayés avec menaces d'expulsion, dossiers de surendettement, factures d'énergie non réglées, chômage qui culmine à des niveaux jamais atteints, économie parallèle de plus en plus convoitée, disparition de la police de proximité, échec scolaire grandissant, services publics laminés... La situation est explosive et la moindre étincelle peut relancer une violence latente mais souvent passée sous silence par les médias pour ne pas « l'exemplariser ». On sait, dans les cellules de prospective, qu'il faut tenir jusqu'à l'arrivée du RSA, dont on ignore totalement le coût réel pour les conseils généraux qui auront à le mettre en œuvre. Ce sera peut-être une bouée de sauvetage provisoire, qui permettra de passer le début de l'été. Les analystes de la majorité gouvernementale ont encore en mémoire les émeutes grecques. Elles ont affolé les cabinets des Ministère concernés.
Comme nous l'avons déjà rapporté dans des chroniques antérieures, les privatisations sauvages, tant du système de santé que du régime des retraites grecques, avaient créé, en 2008, une situation de grogne sociale généralisée, mais légitime. Plus d'une semaine avant l'éclatement des violentes émeutes pour lesquelles la mort du jeune Alexis Grigoroupoulos a servi d'étincelle, les médecins, les infirmières et le personnel médical, qui manifestaient devant les ministères pour obtenir le paiement de leurs salaires, furent violemment matraqués.
Un journaliste du grand quotidien proche de la gauche Ta Nea souligne que, d'après tous les témoins oculaires, l'adolescent fut froidement abattu par un policier, et non pas lors d'une altercation. La réalité de la provocation est confirmée par le rapport des légistes, prouvant que la balle provenait d'un tir direct et non pas d'un ricochet. Le policier fut d'ailleurs immédiatement inculpé pour « homicide volontaire » et « utilisation de la gâchette ». Cependant, beaucoup d'observateurs se sont interrogés sur la rapidité étonnante avec laquelle les émeutes ont suivi la mort de ce jeune. Un membre des services des renseignements généraux affirme qu'il aura fallu moins de 20 minutes pour faire descendre les gens dans la rue. La mort du jeune, abattu à 21h03, fut annoncée sur Indymedia dès 21h30, accompagnée de mots d'ordre du type « vengeance pour le mort » et « tous dans la rue ». Ainsi, les émeutes étaient déjà énormes à 22h. La télévision grecque et les medias locaux, d'après des informations invérifiables, n'auraient appris la mort du jeune que quand les émeutiers les ont appelé en direct des rues d'Athènes ! Et c'est la hantise des spécialistes du Ministère de l'Intérieur français.

UNE SIMILITUDE INQUIETANTE
Les émeutes se sont en effet répandues, en Grèce, d'une façon quasiment instantanée à l'ensemble du pays. Dès le lendemain, près d'une cinquantaine de villes subissaient des batailles de rue, et des groupes d'émeutiers allaient de ville en ville pour allumer des conflits. La police grecque s'attendait à des émeutes pour la période de Noël depuis août 2008, et la nôtre les craint pour cet été, mais avec encore plus de certitude pour le dernier trimestre de 2009. La crise frappe, et le ton monte dans les conflits sociaux. Au moindre dérapage on ira au conflit musclé.
Si l'on croit que les mêmes causes peuvent provoquer les mêmes effets, il faut signaler la similitude, en termes de chômage des jeunes, entre la Grèce (22% pour les 15-24 ans) et d'autres pays européens ayant une tradition de protestation populaire, en particulier la France, l'Italie et l'Espagne.
Le 20 décembre dernier, le journal britannique l'Indépendant détaillait comment le « Syndrome grec » gagnait l'Europe : « Quand un étudiant grec éternue ou se fait arroser de gaz lacrymogène, les jeunes descendent dans la rue en France et maintenant en Suède. Hier, des jeunes cagoulés ont jetés deux bombes incendiaires sur l'Institut français d'Athènes. Les vitres ont été cassées mais le bâtiment ne fut pas trop endommagé. Ensuite des jeunes ont taggé deux slogans sur les murs. L'un disait : ‘Etincelle à Athènes, incendie à Paris, c'est l'insurrection qui vient' tandis que l'autre affirmait : ‘France, Grèce, soulèvement partout' ».
En Suède, à Malmö, une centaine de jeunes avait caillassé la police et allumé les poubelles pour protester contre la fermeture d'une mosquée. Comme en Grèce, la police suédoise pensait que des casseurs avaient cherché délibérément à « criminaliser » une contestation légitime. L'Independant examinait ensuite ce que pouvaient avoir en commun les étudiants grecs, les lycéens français et les jeunes suédois : « Les protestations ont des caractéristiques communes : un mépris pour les institutions gouvernementales et le monde des affaires, aggravé par l'effondrement du système bancaire provoqué par leur cupidité ; une alliance large, pas forcément confortable entre des jeunes étudiants blancs de gauche et des jeunes d'origine étrangère de la deuxième génération ; tous se pensent comme faisant partie de la ‘génération sacrifiée', celle des ‘600 euros' ». En France, dit l'auteur de cette enquête que l'on ne risque pas de lire chez nous, « trois facteurs supplémentaires : une hostilité envers le capitalisme et la globalisation, et le malaise persistant qui règne dans les banlieues des villes françaises. Après que Sarkozy eut reporté sa réforme de l'éducation, les étudiants furent encore plus nombreux qu'auparavant. Les étudiants interrogés dans les rues de Paris ne veulent rien savoir. Le président Sarkozy n'y peut rien, disent-ils. Il agit ‘sous les ordres de Bruxelles et de Washington' pensent-ils. Pour eux, le vrai motif des coupes dans l'éducation c'est ‘le renflouement des banques'. » C'est révolutionnaire comme analyse, mais c'est de plus en plus vrai, et l'inquiétude grandit notamment si la fin des remous universitaires n'arrivent pas très vite. D'ailleurs dès ce matin on se penchera sur les... émeutes qui viennent d'éclater au Portugal !

LE PORTUGAL S'ENFLAMME
Douze personnes ont été interpellées dans la nuit de samedi à dimanche dans le quartier Bela Vista, dans la banlieue de Lisbonne, théâtre d'émeutes pour la troisième nuit consécutive, ont annoncé des sources policières citées hier par les médias portugais. Elles ont été arrêtées pour violence, injures ou trafic de drogue, a indiqué la police de sécurité publique (PSP) dans un communiqué précisant avoir également saisi de la drogue, une arme à feu et une arme blanche sur un jeune de 12 ans.
Trois voitures et dix conteneurs d'ordures ont été notamment incendiées ces dernières heures à Setubal (environ 40 kilomètres au sud de Lisbonne). La situation a été « rapidement maîtrisée par les pompiers évitant ainsi la propagation des incendies », selon la police, qui reste en état d'alerte et est prête à renforcer sa présence dans le quartier pour contenir d'éventuelles « menaces pouvant mettre en péril l'ordre public ».
Ces émeutes ont débuté jeudi dernier, lorsque des jeunes du quartier se sont rassemblés devant un poste de police afin, selon eux, de protester contre la mort, quelques jours plus tôt, de l'un de leurs amis au cours d'une poursuite avec la police, après le cambriolage d'un distributeur de billets. Une étincelle qui s'appuie sur une détresse sociale extrêmement forte.
« Les incidents à Paris et Athènes ont commencé avec des épisodes identiques: la mort de jeunes, causée par la police », rappelle le quotidien Diario de Noticias à la une. « Bien qu'il n'y ait pas d'indices qu'il existe au Portugal des mouvements comme dans ces pays, capables de s'organiser à grande échelle, il faut être attentif. La police a demandé aux services de renseignements des informations sur la présence éventuelle d'éléments extrémistes », poursuivait le quotidien. Eux aussi sont à la recherche d'une « ultra-gauche » qui exploiterait la situation.

UN DUO GAGNANT-GAGNANT
En attendant, on valorise les extrêmes et notamment Olivier Besancenot, présenté comme un épouvantable comploteur, surfant sur la crise. La stratégie actuelle, qui consiste à s'appuyer sur le modèle de la Guadeloupe pour faire du NPA un parti de luttes, va être très utile au gouvernement. «On n'est pas dans une logique d'alternance, mais d'alternative», rappelait récemment un de ses proches .
En préparant le renversement du capitalisme, le bras de fer avec le président de la République a été jusqu'à présent du «gagnant-gagnant» pour les deux protagonistes. Le chef de l'Etat et l'UMP érigent Besancenot en leader de la radicalité pour diviser la gauche. « On va vous faire avec Besancenot ce que vous nous avez fait avec Le Pen », avait ainsi lancé Nicolas Sarkozy, le 7 juin 2008, à François Hollande, alors premier secrétaire du PS, dans un avion au retour de Beyrouth. Un NPA à 10 % qui, en ne s'alliant avec personne, empêche la gauche d'être majoritaire dans toutes les prochaines échéances électorales.
De son côté, Besancenot a vu tout le parti à tirer d'une stratégie «d'opposition frontale» en réponse à «la présidence de combat de Sarkozy», explique son entourage. Cette posture permet au facteur de Neuilly d'être régulièrement sacré « meilleur opposant » dans les sondages, au coude à coude avec Ségolène Royal. Elle pourrait néanmoins trouver ses limites avec, à terme, la disparition de la gauche d'alternance, mangée sur sa droite par Bayrou, et incapable de trouver des forces vives sur sa gauche.
Mais je déblogue...
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10 mai 2009 7 10 /05 /mai /2009 07:17
Le système médiatique, reposant sur la capture des auditoires ou des lectorats par la seule vertu du « sensationnel » plus ou moins établi, connaît actuellement une mutation profonde. Face à l'omniprésence massive de certains, on assiste à la disparition progressive d'autres. Ces deux mouvements renforçant les extrêmes conduisent à jeter un discrédit croissant sur le rôle des journalistes dans la société. Ils ne maîtrisent plus du tout les entreprises dans lesquelles ils travaillent, puisqu'elles sont devenues des pompes à fric ou des gouffres, sans cesse remblayés par de généreux donateurs, désireux de s'en assurer le contrôle. Les rapports avec les pouvoirs ne sont faits que de compromissions reposant sur des notions d'audience, de distribution de publicité, de soutiens matériels divers. L'AFP, qui distribue près de 75 % de ce qui est vu, entendu ou lu dans l'Hexagone a été mise sous tutelle, pour raisons économiques ou politiques, par des déclarations ukases, exprimées au nom de l'UMP et de l'Elysée par Frédéric Lefebvre. Un  fait avait déjà illustré cette mise sous tutelle.
L'affaire de la condamnation de Ségolène Royal pour ses rapports avec ses salariés n'était pas passée, et était restée bloquée en travers de la gorge du chef de l'Etat et des responsables du parti présidentiel : les médias, et en premier lieu l'AFP, avaient censuré leurs commentaires à propos de la condamnation en appel, le 10 avril 2008, de Ségolène Royal à payer des arriérés de salaires à deux anciennes collaboratrices. Devant un parterre de députés UMP, Nicolas Sarkozy avait ainsi, sans ambages et sans nuances, vertement critiqué l'AFP, l'Express et le Parisien pour ne pas avoir suffisamment relayé cette information. Ancien proche conseiller de Nicolas Sarkozy et porte-parole de l'UMP, Frédéric Lefebvre avait été particulièrement remonté contre l'agence de presse. Il l'accusait d'avoir à quatre reprises "censuré" des... communiqués ou des commentaires de son parti à propos de cette affaire. Le 1er mai dernier, il s'est même fendu d'une lettre ouverte comminatoire au PDG de l'AFP. Elle a été efficace, puisque désormais, Frédéric Lefebvre apparait absolument sur tous les sujets : il n'y a plus un seul de ses communiqués qui ne soit relayé nationalement par l'AFP. L'omniprésence est un choix de communication de l'Elysée, qui essaie avec des proches d'occuper l'essentiel du champ quotidien.
Hier soir, par exemple, lors de la finale de la Coupe de France de football, on a assisté à la caricature de ce dévouement médiatique vis-à-vis des conceptions présidentielles pour ce qui conbcerne leur rôle. La complicité de France Télévisions était caricaturale, puisque avant même que roule le ballon du match, les millions de téléspectateurs avaient eu droit à un entretien complaisant de haute volée avec... Nicolas Sarkozy qui, on le sait, est spécialiste de tout ! Pourquoi avant la rencontre, alors que parfois ces déclarations avaient lieu à la mi-temps (et pas systématiquement)? Parce que le taux d'audience est, on le sait, plus élevé avant le coup d'envoi ! Mais la télé du service public a encore fait mieux, en ouvrant son antenne à la mi-temps au secrétaire d'Etat à l'Europe, Bruno Lemaire, qui bien évidemment, a lancé devant la France du ballon rond la campagne des Européennes.

LE BALLON ROND S'Y MET
En trois jours, entre les cérémonies du 8 mai, le football, et le voyage en Allemagne... on aura eu, sur un week-end excellent pour la télévision, un véritable matraquage sarkozyste, qui ne peut exister qu'avec la complicité des responsables des rédactions ! Et ça marche, car il n'y a plus aucun garde fou à cette dérive qui échappe aux citoyens n'ayant pas une connaissance réelle des pratiques du monde des médias. Impossible en effet de croire que ce montage a pu être effectué sans que la direction de France Télévisions et l'Elysée aient eu un contact direct. Ce n'est pas ce pauvre Daniel Lauclair, porte-micro consentant, qui a eu ces brillantes idées journalistiques. Il mériterait d'entrer chez les Guignols, ou de passer en boucle sur le zapping de Canal Plus comme exemple d'un cire-pompes présidentiel ayant hérité de l'époque de l'ORTF de Peyrefitte ! Cette retransmission de la finale bretonne de la Coupe de France restera dans les annales du Sarkozysme triomphant. Comme ce n'est qu'un début, on peut s'attendre à mieux et à de performances supérieures dans les mois à venir ! Cette soirée aura juste valeur d'exemple pour toutes les rédactions. Il ne faut pas croire, en effet, que ce comportement est parisien, car la presse régionale se déchaîne aussi pour continuer à exister, transformant en événements exceptionnels des papiers de complaisance permanents.
On en arrive également à une caricature même de l'information avec des articles ou des reportages qui sont visiblement seulement faits pour entretenir la présence médiatique de certains. Facile, si l'on connaît le milieu, de constater par exemple que les déplacements sarkozystes en région Provence Alpes Côte d'Azur ne sont pas les fruits du hasard : Nice, la plage du débarquement dans le Var un 8 mai, alors que sa commémoration a lieu le 15 août, Avignon, et bientôt d'autres exploits... Relayées massivement par Le Provençal, Nice-Matin, France 3 et tout le reste, ces visites aux amis lancent tout simplement la campagne des régionales en PACA, qui reposera sur le résultat des européennes. Personne ne moufte dans les médias...locaux. Au contraire, c'est du pain béni ! Par intérêt ? Par complicité ? Par influence ? Par déférence ? Par absence de volonté de décoder ? Peu importe, la réalité est désolante.

DEVANCER LA DEMANDE
En Gironde, il est également facile de constater que si Alain Juppé ne mange plus de cerises en hiver, il se gave de médias en toute saison. Son livre, qui compile des idées générales que tout le monde, dans tous les camps, défend chaque jour, sert de prétexte à une omniprésence dans le quotidien régional républicain girondin. Le summum a été atteint récemment avec un beau papier expliquant que son bouquin se vend très bien, avec des détails dignes d'un reportage publicitaire pour le compte d'un éditeur... Il est accompagné de multiples autres allusions sur ses signatures, sur son classement au hit parade des ventes, sur le tabac que font ses cerises, alors que l'on sait parfaitement que l'omniprésence médiatique reste le meilleur moyen de vendre des... livres. Dommage pour tous les autres auteurs qui, eux, sont soupçonnés de vouloir se mettre en avant lorsqu'ils proposent un ouvrage du même type !
Alain Juppé est revenu en politique; il a fait oublier ses échecs pourtant énormes en Gironde (une seule victoire électorale depuis son arrivée dans le département : les municipales de 2008) grâce à cette pression indirecte exercée par les médias dominants. Pas une seule semaine sans que deux ou trois papiers soient librement consentis à cette personnalité, qui ne fait pas vendre un seul journal de plus dans un département qui vote à gauche. Un jour, on annonce qu'il va au gouvernement ? Le lendemain on assure qu'il n'y ira pas ? Un jour il est sarkozyste. Le lendemain il n'est plus Sarkozyste. Un jour il fait du vélo. Le lendemain il défend le grand contournement routier. Un jour il va placer une de ses protégées aux Européennes en rang éligible. Quelques jours plus tard un autre papier annonce que ce ne sera plus la cas, mais que c'est dans le fond une victoire. Jamais le moindre répit. Un mitraillage permanent. Mais ainsi, comme l'affirmait récemment un responsable de la rédaction du quotidien : « la différence entre Juppé et les socialistes girondins, c'est que lui ne nous demande jamais rien et qu'il est toujours satisfait de ce que nous faisons ». C'est désormais la règle fondamentale dans les médias  : devancer les désirs de ceux qui détiennent le pouvoir, pour espérer ne pas se faire tancer ou être privé des subsides économiques dont on a absolument besoin !

LE SILENCE DERANGE
Mieux : des journalistes émérites girondins s'extasient dès qu'un Ump éternue sur son blog, mais ils s'extasient encore plus quand il n'a rien à dire ! C'est-à-dire qu'un journal de référence arrive à faire du silence et du refus de critiquer une... indiscrétion de qualité!  Regardez nationalement comment est décodé le fonctionnement du PS, et vous constaterez que cette pratique ne cesse de s'amplifier. Ne pas « tailler » ses amis, refuser de participer au lynchage collectif contre les positions socialistes, ne plus accepter la disparition progressive de la liberté fondamentale de la presse, c'est se condamner à être mis au ban médiatique ! Au niveau national, on pratique donc la même technique. Se taire devient un événement dans ce monde où tout est fait pour exister par des déclarations plus ou moins provocatrices, approximatives, personnalisées ou dénuées de tout fond politique (au sens noble du mot). Le pire, c'est que pour beaucoup, la résignation gagne du terrain, et qu'il faut accepter le sort médiatique qui vous est fait, ne plus exister pour ne pas prendre des coups répétés sur la tête. On arrive au vide, car plus personne n'ose dénoncer ces pratiques constantes, et surtout ne veut défier un système qui, s'il a le pouvoir de vous valoriser, peut encore plus facilement vous détruire.
Mais attention, si ça arrange le camp adverse, les spécialistes se chargent, avec la complicité du réseau qu'ils entretiennent, de vous faire la pub nécessaire pour vous mettre en valeur. C'est ainsi que Dieudonné a remercié, vendredi, la majorité d'avoir évoqué une éventuelle interdiction de sa liste « antisioniste » aux élections européennes, ce qui, selon l'humoriste, a eu pour effet de le placer « au cœur du débat ». Lors d'une conférence de presse pour présenter ses colistiers pour le scrutin du 7 juin, Dieudonné a salué son « attaché de presse » en la personne de Claude Guéant. Le secrétaire général de l'Elysée a été le premier, dimanche dernier, à évoquer cette interdiction, accusant Dieudonné de faire « profession de foi exclusive d'antisémitisme ». Sa campagne a été lancée par une seule phrase du porte parole de l'Elysée, abondamment ressassée médiatiquement. Cherchez l'erreur !
Mais je déblogue...
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9 mai 2009 6 09 /05 /mai /2009 07:17

L'actualité déborde de faits dont l'importance n'est que véritablement circonstancielle. Ainsi, depuis des semaines, la France a découvert un sigle dont personne ne mesure véritablement l'importance : l'Hadopi. Cette appellation, que l'on croirait tirée d'un dessin animé pour enfants, ne recouvre qu'un fétu de paille, alors qu'un désastre menace de fait la société informatisée à outrance. En effet, on se concentre dans le débat sur le piratage de la création artistique qu'il faut absolument protéger, même si, dans toute l'histoire, les créateurs ont toujours souffert de l'exploitation de leurs talents. Les peintres des fresques sur les coupoles des églises, les sculpteurs des cathédrales, les musiciens écrivant pour un sacre ou un enterrement, ont toujours été victimes de l'utilisation de leurs œuvres, sans pour autant bénéficier des émoluments correspondants. Un joueur de quilles a toujours gagné plus d'argent qu'un poète. Malgré l'indiscutable importance du débat en cours, dont se sont d'ailleurs mêlés les artistes eux-mêmes dans un courrier adressé à Martine Aubry, en sa qualité de patronne du PS. Les ténors des artistes engagés depuis toujours à gauche comme Juliette Gréco, Maxime Le Forestier, Michel Piccoli, Bernard Murat et Pierre Arditi ont dénoncé une position politicienne du PS contre la loi Hadopi, symbole de l'action de la gauche : « En vous opposant, à l'occasion de la loi 'Création et Internet', à ce que des règles s'imposent aux opérateurs télécommunications (comme vous les aviez imposées naguère aux opérateurs de télévision et de radio) pour qu'ils cessent de piller la création, vous venez de tourner le dos de manière fracassante à cette histoire commune. Vous étiez la résistance à la déréglementation, à la loi de la jungle et du plus fort qui garantissait la diversité culturelle. Vous êtes désormais, par l'effet d'une étrange ironie de l'histoire, les avocats du capitalisme débridé contre les droits des artistes à l'heure du numérique. »
L'argument exaspère le député socialiste parisien Patrick Bloche : «Le Gouvernement trompe et instrumentalise les artistes. En imposant une surveillance généralisée d'internet, ce texte va à l'encontre des grands combats pour la liberté qu'ils ont toujours menés à nos côtés. Pis : la loi ne fournira pas un centime de plus à la création culturelle, contrairement au projet de contribution généralisée que nous défendions !» Et il n'a pas tort, car dans les faits, il s'agit encore d'un effet d'annonce dont personne n'a évalué l'impact réel. De son coté, Jack Lang savoure sa position pro-Hadopi et révèle donc qu'il est l'unique défenseur de la cause artistique à gauche. Un bon point pour l'ancien ministre de la Culture, qui montre qu'il va falloir encore compter avec lui pour... 2012. Tout a un sens, mais pas celui que sous-tend la loi. En fait, ce n'est qu'un atome du problème général du piratage
On s'étripe donc joyeusement à gauche sur une parcelle du phénomène «piratage», alors qu'à droite on compte les points, et que durant la bataille, d'autres aspects beaucoup plus graves mettent en évidence les dangers potentiels de la société de l'informatique. Et ce n'est pas le récent reportage d'Envoyé spécial qui aura rassuré les citoyennes et les citoyens, préoccupés par les vices cachés d'un système de moins en moins protecteur.

TRAFIC AERIEN MENACE
Plus rien n'est véritablement à l'abri d'interventions malveillantes et même potentiellement « terroristes », dans un contexte où les secrets individuels ou collectifs n'existent absolument plus ! Des pirates informatiques se sont en effet introduits à plusieurs reprises dans le système de contrôle du... trafic aérien des Etats-Unis au cours des dernières années, révèle un audit du gouvernement américain, disponible sur internet. L'étude met également en garde contre le recours à des logiciels auxquels tout le monde peut avoir accès, et le fait de se reposer de plus en plus sur la technologie d'internet, ce qui affaiblit les réseaux. Mais notre superbe loi Hadopi ne pourra absolument rien contre ce constat : quelles que soient les sanctions (qui les mettra en œuvre alors que 35 000 postes de fonctionnaires sont supprimables en 2010 ?), l'insécurité est telle que personne ne pourra être garanti totalement ! Le texte sera donc encore une fois inapplicable !
L'audit révèle également qu'un ordinateur de l'autorité de l'aviation civile américaine (FAA) a été la cible d'une attaque en février 2009. Les pirates ont ainsi pu obtenir des renseignements... personnels sur 48.000 employés actuels et passés de la FAA. En 2006, la FAA avait été obligée de fermer plusieurs de ses systèmes de contrôle aérien en Alaska, en raison d'une attaque virale qui s'est propagée par internet. Le rapport explique que la protection contre les cyberattaques « nécessite une attention accrue, car la FAA s'est tournée de plus en plus vers des logiciels disponibles dans le commerce et des applications basées sur le protocole IP pour moderniser ses systèmes de contrôle aérien ». Or, si l'utilisation de ces technologies améliore l'efficacité, elle "comporte inévitablement un risque accru". Certains pirates pourraient profiter de la vulnérabilité du réseau de la FAA pour installer des codes malveillants dans les ordinateurs, selon l'audit. Il cite un test de sécurité qui a identifié 763 failles permettant à un pirate d'avoir directement accès à un système informatique pour en prendre, par exemple, le contrôle à distance. Imaginez qu'un jour Ben Laden et son réseau aient les moyens de payer des pirates de haut vol !

LE TEMPS DES RANCONS
Ceux qui s'inquiètent au sujet du piratage des créations culturelles devraient être encore plus motivés pour l'informatisation des données médicales sensibles qui arrivent. Ils auraient constaté que, depuis quelques jours, les inquiétudes de très rares politiques sont justifiées, suite à la révélation qu'un pirate informatique a volé des données de plus de 8 millions de patients en s'introduisant dans le réseau informatique des professionnels de santé de l'Etat de Virginie aux Etats-Unis.
Le pirate exige une rançon de 10 millions de dollars sous 7 jours et a créé un back up, protégé par le chiffrement, de l'ensemble des données, pour garder la main mise dessus. Il détient donc un pouvoir extraordinaire, que personne ne peut contrer. On est bien loin de la copie d'un CD de Juliette Gréco. Cet incident est le plus récent dans une série d'incidents très médiatisés de pertes et de vols de données aux Etats-Unis, et montre qu'il y a encore du chemin à faire avant que la protection des données ne fasse partie intégrante de la stratégie de sécurité des organisations qui détiennent des informations confidentielles et sensibles.
Afin d'éviter ce genre de situation gênante et de réinstaurer la confiance du public, il est primordial que de telles organisations mettent en place des solutions technologiques robustes, comme le chiffrement, qui est le seul moyen d'assurer la sécurité des données personnelles. Dès que les informations seront chiffrées, elles ne pourront pas être consultées par des individus non autorisés. C'est en effet le comble de l'ironie que le pirate a lui-même ait chiffré les données volées pour protéger son butin. Le pirate a diffusé sur un site grand public sa menace. "J'ai en ma possession 8 257 378 dossiers de patients et un total de 35 548 087 prescriptions. J'ai fait une sauvegarde cryptée et j'ai supprimé l'original." Il bluffe ? Peut-être ! Etonnant en tout cas que personne ne se soit rendu compte du téléchargement de cette base de données. Encore plus que personne n'ait constaté sa disparition et sa modification. « Si vous m'envoyez 10 millions de dollars, je me ferai un plaisir de vous envoyer le mot de passe" souligne le pirate. Ce n'est qu'un début !

A TOUS LES NIVEAUX
Philip Gabriel Pettersson, un Suédois, connu aussi sous le nom de "Stakkato", a été par exemple inculpé d'intrusion dans un système informatique et de détournement de secrets commerciaux, a précisé le ministère américain dans un communiqué. Le jeune homme est accusé d'avoir pénétré dans le système informatique de Cisco, entreprise basée à San José, en Californie, et d'avoir dérobé un code opérationnel. Il est aussi soupçonné d'avoir pénétré, en mai et octobre 2004, dans les ordinateurs du Centre de recherche Ames de l'agence spatiale américaine et dans ceux d'un département de calcul informatique de la NASA, tous deux en Californie. Pour un de pris la main sur la souris, il y en a probablement des milliers, officiels ou cachés, qui effectuent exactement les mêmes manipulations en toute impunité. On va donc concentrer nos efforts, en France, sur le pillage des créations artistiques, au nom de la défense de la culture, alors que nous passerons à côté d'enjeux beaucoup plus importants. Mais c'est ainsi, dans une société du bling-bling et de la pipolisation outrancière. Les ravages ne font en effet que débuter. Les spécialistes des « puces » se régalent.
Si l'on prend un exemple précis, comme celui des permis de conduire québécois, qui vont arriver à un moment ou à un autre sur notre territoire, on a des raisons de s'affoler. En effet, des experts en sécurité informatique ont capté et «cloné» en quelques instants la puce IRF d'un permis dit « Plus » à partir d'une auto stationnée en bordure d'une piste cyclable, alors qu'un possesseur du permis Plus en poche, passait en vélo à 15 mètres. L'expérience a nécessité une antenne IRF (200 euros sur e Bay) reliée à un ordinateur portatif, ainsi qu'une puce IRF « vierge » pour recueillir le numéro subtilisé. À partir de là, il est très facile de recopier le numéro dans une autre puce. Avec quelques jours de calcul, l'ordinateur sera aussi capable de découvrir les mots de passe pour modifier ou désactiver le numéro du permis. Disponibles dans le commerce, les antennes IRF peuvent lire tous les numéros de permis Plus, sans nécessiter de configuration particulière. En effet, la technologie retenue ne fait appel à aucun chiffrement ou brouillage du signal. La puce envoie donc le numéro à n'importe quel appareil qui le lui demande, de façon invisible pour le détenteur du permis... Ce piratage là n'intéresse guère les parlementaires, mais il est vrai qu'il ne concerne pas les gens qui utilisent un chauffeur, dans une voiture dotée des dernières technologies pour écouter de la musique non piratée !
Mais je déblogue...

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8 mai 2009 5 08 /05 /mai /2009 07:17
L'Autre Quotidien a pour vocation essentielle de démontrer qu'il est extrêmement difficile d'accorder sa confiance aux médias actuels. Leur pouvoir, particulièrement prégnant en ce qui concerne les supports télévisuels, est en effet conditionné par leur souci de maintenir une opinion dominante, qu'ils entretiennent en lui présentant les faits qu'elle veut entendre. Hier, par exemple, à 19 heures, il était extrêmement intéressant d'écouter les informations sur les grandes radios nationales. La hiérarchie que France Infos, RTL, Europe 1 ou RMC a développé était en effet extrêmement édifiante. Une seule station a ainsi rendu compte sous forme de reportage de deux événements significatifs sur le mépris dont font preuve actuellement des chefs d'entreprise à l'égard de leurs employés. France Infos bien évidemment est au garde à vous, et ne signalait aucun des deux faits qui pourtant illustrent à merveille le déclin des libertés individuelles dans notre pays. Un phénomène qui n'inquiète toujours personne car, dans la société actuelle, il faut être concerné directement pour enfin croire à une autre information, à une autre éthique de son traitement, à une autre manière de la présenter ou de l'assembler.
Après le client de Bouygues Télécom placé en garde à vue sur dénonciation de son opérateur, pour un SMS, certes de mauvais goût,... reçu à l'insu de son plein gré, il y a aussi le cas du salarié de TF1, licencié (pas encore placé en garde à vue mais ça ne saurait tarder !) pour avoir expédié un mail sur la loi Hadopi à sa députée UMP ! Bien évidemment, sur TF1 et LCI on a fait l'impasse absolue sur ce sujet. Les radios « officielles », comme France Infos, ont eu un trou noir et ont occulté cette information, car elle risque d'ouvrir le débat sur les liens entre l'empire... Bouygues et le gouvernement Sarkozy ! Bizarre que dans les deux cas on retrouve,  au cœur de pratiques douteuses, cette entreprise exemplaire qui informe majoritairement les foyers français chaque soir !
Jérôme Bourreau-Guggenheim, trentenaire, responsable stratégique de TF1, décide un jour d'exprimer son mécontentement face à la loi Hadopi. Le rebelle écrit alors un e-mail, depuis sa boite personnelle, pour y confier son accord avec la lutte contre le piratage mais aussi son désaccord avec le dispositif de sanction mis en place contre les pirates. Le fameux mail est destiné - à l'origine - à sa députée UMP, Françoise de Panafieu... candidate contre Bertrand Delanoë à la Mairie de Paris. Cette gente dame utilise une pratique courante chez les députés de la majorité : elle appelle au secours le Ministère et tous ses conseillers pour répondre du tac au tac à l'internaute contestataire... qui, il faut le souligner, n'avait nullement rendu public sa prise de position. Las ! Il ne savait pas que nous avions changé de république et que désormais tout est contrôlé et... sanctionné directement ou indirectement.

MAIL MEURTRIER
Christine Albanel, illustrissime Ministre de la Communication, et fervente défenseur de la loi « création et Internet », reçoit alors le mail et s'étonne d'une telle divergence d'opinion venant d'un employé de la... chaine privée, proche du gouvernement, dont le propriétaire a été le témoin du second hymen de Nicolas Sarkozy et le parrain de son fils Louis ! Un directeur de Paris Match avait été viré pour une photo, un propriétaire de téléphone mobile placé en garde à vus pour un SMS imbécile et le cadre de TF1 serait sanctionné ! Jean-Michel Counillon, secrétaire général et directeur des affaires juridiques de TF1 est alerté par le Ministère de la Culture, garant de la liberté d'expression, et reçoit également le mail « scandaleux ». La chaine continue à se mettre en route : Arnaud Bosom, patron de la filiale Internet du groupe, est aussi prévenu de l'acte "simplement citoyen" de rébellion. Le brave trentenaire fait alors face à sa hiérarchie. Il précise qu'il s'agit bien d'un e-mail privé et qu'aucune communication officielle de la chaîne sur le projet Hadopi n'est passée. Bref, on ne plaisante pas avec Hadopi, Jérôme Bourreau-Guggenheim a été licencié et a échappé de justesse au Goulag... via la garde à vue, pour avoir écrit à une député, elle aussi garante des droits du citoyen !
Un nouvel exemple de censure peu rassurant... Mais Madame la Ministre regrette aussitôt cette décision, à laquelle elle ne s'attendait pas. Elle compte bien réparer les dégâts par un bon plan média, et des communiqués publiés par tous les supports, même  si ces derniers n'ont pas évoqué dans le détail cette affaire révélatrice des rapports  au sein du système médiatique dominant, où il est même interdit d'exercer ses droits fondamentaux. On ne trouvera plus de responsables et encore moins de coupables d'une telle atteinte aux libertés individuelles..., au moment précis où le parlement débat avec acharnement de la confidentialité des mails. En fait, tout le monde explique que c'est de la faute de cet employé qui n'aurait pas dû avoir la lumineuse idée de construire une argumentation contre une loi allant bien au-delà du piratage !

RIEN VU ET RIEN ENTENDU
La ministre de la Culture a tout d'abord expliqué ne pas avoir été... au courant des faits avant que ces derniers aient été rendu publics. Tiens donc, voici une Ministre qui avoue publiquement qu'elle se moque totalement des courriels qui lui sont transmis par une députée de son propre camp. La députée du XVIIe arrondissement a, quant à elle, affirmé que l'intéressé n'avait pas expressément demandé que sa correspondance reste confidentielle (retrouvez la séquence en vidéo). Dans un bref communiqué, le groupe TF1 confirme de son côté le renvoi de l'intéressé, mais parle de prises de position publiques.
« Renseignement pris, il s'avère qu'un mail a été adressé à Madame de Panafieu qui, donc, l'a adressé au ministère pour avoir des éléments techniques. Ce qui a été fait. Mais, à ma connaissance, il n'y a eu rien de plus », a expliqué Christine Albanel. Plus tôt dans la journée, son cabinet a pourtant tenu un son de cloche différent, reconnaissant avoir transmis le courrier concerné à la rue de Valois. « On n'a jamais réclamé la tête de ce salarié. La réaction de TF1 est très exagérée ! Cette décision est vraiment regrettable », indiquait en fin de matinée le cabinet de la ministre... qui pourtant ne savait rien, alors que c'est elle qui a la tutelle des télévisions ! Enfin elle le croit encore. « Ce que je veux dire solennellement, c'est que je n'ai jamais demandé à personne la tête de qui que ce soit. Ce n'est vraiment pas dans mes habitudes. Ce n'est pas dans ma nature. Je ne suis jamais intervenue dans les programmes ou dans la gestion des chaînes. Ça ne me viendrait même pas à l'esprit. Je ne suis pour rien dans cette affaire. Ce sont des décisions internes à la société TF1 », a ajouté Christine Albanel, que personne n'accuse d'ailleurs de ces pratiques. En fait c'est pire, car c'est l'évidence qui transparaît!
Il est vrai que dans les médias, on devance actuellement les désirs du Président. On évite d'avoir un téléphone : on publie ou on ne publie pas sur la base de ce qu'aimeraient ou n'aimeraient pas le Président et son entourage ! Chez TF1 on est habitué. Un cadre qui conteste, on sait qu'il faut s'en débarrasser, quel qu'en soit le prix !

LA ROUTE DES INDES
Silence radio et télé hier, sur une autre historiette exceptionnelle. A Castres, des patrons ont proposé à des salariés de partir en Inde pour un salaire de 3500 à 4500 roupies par mois, soit de 53 à 69 € mensuels. Eux n'ont pas le statut de grands patrons, et leur stock-options sont à la hauteur de leur statut. C'est la proposition faite par l'usine Carreman de Castres à ses neuf prochains employés licenciés, dans le cadre d'un plan de reclassement. Les deux patrons, Eric Baïsse et François Morel, du groupe textile castrais, présentent l'unique solution de reclassement proposée à ces neuf malheureux, qui vont perdre leur emploi le mois prochain : un travail d'opérateur de couture sur machine dans une usine en Inde, située à Bangalore exactement, dans l'une des unités du groupe Carreman. Salaire brut : 69 € avec un... treizième mois, une assurance médicale, et une caisse de prévoyance pour 8 h de travail par jour, 6 jours sur 7, en application de la législation locale du travail. Les salariés concernés sont restés sans voix, presque résignés. On leur a même indiqué oralement que l'usine participerait au déménagement pour ceux qui étaient intéressés.
Carreman dispose d'un établissement à New York. Mais ce ne sera pas pour eux. L'Inde, il y en a bien qui y vont en vacances, alors pourquoi ne pas y demeurer pour 69 euros par mois, salaire qui permet de se payer un bol de riz par membre de la famille ! Il est vrai qu'avec un seul jour de repos par semaine, ils ne dépenseront pas grand-chose pour les loisirs ! Ils sont donc neuf concernés par cette proposition véritablement révélatrice du mépris que le patronat manifeste, dans les faits, pour les emplois et ceux qui les occupent : quatre femmes et cinq hommes, qui vont prochainement recevoir leur lettre de licenciement économique, après avoir pris connaissance de la proposition de reclassement en Inde.
Peut-être que TF1 proposera à son licencié pour mail trop parfaitement argumenté, un poste au Tibet ou au Sri Lanka ? Que ce soit pour celles et ceux qui iront en Inde ou lui qui ira au Tibet, ils auront intérêt à surveiller leurs SMS et leur mails, surtout s'ils ont pris Bouygues comme opérateur. Ecoutez bien la radio, soyez attentifs à votre télé, et lisez votre quotidien régional demain : vous verrez qu'il y bien des sujets plus importants et moins dangereux à traiter !
Mais je déblogue...
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Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
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7 mai 2009 4 07 /05 /mai /2009 07:17
Jamais il n'y aura eu autant de bougies sur un gâteau d'anniversaire... Il aurait dû y en avoir deux ce matin pour fêter l'élection de Nicolas Sarkozy lorsqu'il a pris son déjeuner en compagnie de Carla. En fait on aurait pu en placer environ 7,9 millions ! toutes n'auraient pas illuminé l'environnement car elles n'auraient été qu'une petite flamme sans trop de vivacité, perdue dans la nuit d'un avenir incertain. En fait, chacune d'entre elles aurait symbolisé la réussite de ces deux années somptuaires passées par le Président du pouvoir d'achat à l'Elysée. Celui qui s'est copieusement augmenté son indemnité, qui a accru sans vergogne les frais de fonctionnement de la Présidence, qui a pris des vacances aux frais de ses amis milliardaires, qui a soupé au Fouquet's (mais c'est oublié depuis belle lurette) a en effet battu tous les records en matière d'accroissement de la pauvreté en France. En 2004, rappelle l'Institut, ce taux était de 11,7%, soit près de sept millions de personnes et... 2 ans plus tard on est arrivé à 13,2 %. Ouf! enfin un pourcentage en progression dans le palmarès sarkozyste. Il est vrai que cette publication tombe bien mal, car on imagine qu'actuellement on doit en être à 9 ou 10 millions, soit plus de 15 % de la population d'un pays réputé « riche ». Enfin il l'est, mais pas pour tout le monde ! On imagine qu'en 2012, quand l'Insee publiera son étude relative aux résultats de 2009, les médias qui répercuteront le chiffre ne seront plus légion. Ils préfèreront s'intéresser aux mensurations de Carla !
L'Insee rappelle en ce jour de gloire très discrète qu'en 2006, une personne vivant seule était qualifiée de pauvre quand son revenu disponible était inférieur à 880 euros par mois et à 1.320 euros pour un couple sans enfant. Près d'un tiers des personnes vivant au sein d'une famille monoparentale (30,3%) était confrontée à la pauvreté, soit une proportion 2,3 fois plus importante que dans l'ensemble de la population. Cela représentait plus de 1,6 million de personnes vivant sous le seuil de pauvreté. A noter que les familles monoparentales sont le plus souvent constituées d'une mère et de ses enfants (85% des cas).
A l'inverse, les ménages les moins touchés par la pauvreté étaient les couples sans enfant: seuls 6,4% des personnes en couple sans enfant étaient dans ce cas. Dans cette étude intitulée « Inégalités de niveau de vie et mesures de pauvreté en 2006 », l'Insee note qu'au cours des dix dernières années, la baisse de la pauvreté a plutôt bénéficié aux familles nombreuses (couples ayant trois enfants ou plus), dont le taux de pauvreté a diminué environ de cinq points, alors que la situation des personnes seules et des familles monoparentales a peu évolué.
L'emploi reste une protection contre la pauvreté, observe aussi l'Insee. Ainsi, en 2006, 9,8% des personnes actives, au sens du Bureau international du travail (BIT), c'est-à-dire occupant un emploi ou en cherchant un, avaient un niveau inférieur au seuil de pauvreté, alors que 15% des inactifs étaient dans cette situation.
Près d'un retraité sur dix (9,6%) avait un niveau inférieur au seuil de pauvreté, ce qui représentait 1,2 million de personnes. Les taux de pauvreté des enfants et des étudiants vivant chez leurs parents étaient élevés, respectivement 17,7% et 18,2%.

DES ACTES PARLANTS
De toutes les manières, les réformes sarkozystes ne peuvent qu'avoir amélioré les choses, car tout le monde l'a appris aujourd'hui cet homme fait des miracles, car il parle au monde ! Le porte-parole du gouvernement a vanté, lors du compte-rendu devant la presse hier, le bilan de « deux années d'action au service des Français » de Nicolas Sarkozy. Les deux premières années du mandat de Nicolas Sarkozy ont été marquées par le redémarrage de la « pensée universelle française », a-t-il affirmé. Rien que ça... Notre Président est donc désormais « universel », et surtout, il va exporter ses réformes géniales qui ont en fait paupérisé le pays dont il est responsable !
« Avec Nicolas Sarkozy, la politique est passée des paroles aux actes », a-t-il estimé sans aucune honte, et surtout sans faire référence aux repères socio-économiques de la France. Mais pour une fois, on ne peut qu' être d'accord avec un ministre de cette trempe : il y a eu de belles paroles (« pouvoir d'achat amélioré » et « plein emploi en 2013) et des actes : 800 000 chômeurs de plus prévus en 2009 et près de 2 millions de pauvres de plus !
« Pendant des années, nous avons eu des engagements dans les campagnes électorales, des engagements forts pris devant les Français, devant nos militants, sur des sujets de la vie quotidienne, je pense au service minimum dans les transports, à la réforme des régimes spéciaux de retraite, à l'autonomie des universités, qui étaient les marronniers de la vie politique française à droite dans les campagnes, mais qui n'étaient jamais mis en œuvre. Ce sont désormais des réformes qui sont derrière nous », selon lui. Il est vrai que ce sont des réussites qui ont changé totalement le quotidien des Françaises et des Français ! Le Service minimum dans les écoles a amélioré la réussite scolaire, comme c'est le cas dans les transports, les travailleurs peuvent aller jusqu'à... 70 ans pour toucher une retraite, les universités sont secouées par d'interminables soubresauts, ce qui les rend plus autonomes... Enfin, rien que des réussites ! Dommage que ces statistiques sur la pauvreté aient été publiées le jour où justement Nicolas Sarkozy devient « penseur universel », lui qui durant deux ans a eu pour « amis », George W. Bush, Kadhafi, Poutine, de grands philosophes planétaires.

FORTES DISPARITES
Les inégalités de niveaux de vie se creusent, la pauvreté s'accroît. Recouvrant les salaires, les retraites et les prestations sociales, et calculé après paiement des impôts directs, le niveau de vie médian s'établissait, en 2006, à 1 470 euros mensuels. En progression de 1,3 % en moyenne, sur 2005. Cette évolution recèle de fortes disparités. Le niveau de vie s'est en effet accru d'au moins 10 % pour un tiers des personnes, mais il a reculé d'autant pour un autre tiers. Plus précisément, on trouve en haut du tableau les chefs d'entreprise et les professions libérales, avec un niveau de vie en croissance de 8,3 %, suivis par les cadres du secteur privé, tandis que les employés et les ouvriers non qualifiés du privé connaissent l'évolution la plus défavorable (moins 2,2 %).
Selon l'INSEE, la pauvreté monétaire (définie par un revenu disponible inférieur à 60 % du revenu médian, soit 880 euros par mois) frappe près de 8 millions de Français, soit 13,2 % de la population, un pourcentage en progression depuis 2002.
Sans surprise, l'enquête indique que le taux de pauvreté est beaucoup plus fort chez les chômeurs (plus d'un tiers). Il atteint presque 10 % chez les retraités, soit 1,2 million de personnes. Et deux fois plus nombreux sont les enfants vivant dans un ménage pauvre : 2,4 millions, soit 30 % de la population totale en état de pauvreté. Autre trait marquant de cette photographie des inégalités, les familles monoparentales sont beaucoup plus sévèrement frappées que les autres : 30,3 %, soit 1,6 million de personnes, sont confrontées à la pauvreté, 2,3 fois plus que l'ensemble de la population.
L'enquête met enfin en relief un décalage entre la croissance du niveau de vie et celle du seul revenu salarial : entre 1996 et 2002, le premier a augmenté en moyenne de 12 %, le second de 6 %. L'évolution plus favorable du niveau de vie s'explique, d'une part, par « l'augmentation du nombre d'apporteurs de ressources » - conjoints et enfants de salariés contribuent plus souvent -, d'autre part, par la diminution de l'effectif des ménages. Phénomènes qui ont donc pu amortir quelque peu l'impact des politiques de « modération » salariales. C'est donc une réussite générale pour celles et ceux qui ont cru que l'agitation, les affirmations péremptoires, les apparences, les approximations suffisaient à changer une donne sociale justifiant de plus en plus la lutte des classes !

JEUNES ET VIEUX A TABLE
Les « bougies » ne prennent pas en compte les conséquences d'un partage totalement inéquitable du gâteau d'anniversaire. Elles regardent celles et ceux qui sont à table et continuent plus discrètement qu'avant à se goinfrer de stock-options, de retraites chapeaux, de profits considérables... Un chef d'entreprise, hier, rappelait que l'économie commençait à se redresser en faisant ce constat : « ça va mieux puisque les banques recommencent à inventer des produits toxiques ». C'est de l'humour mais c'est exact. La seule nouveauté, c'est que Pérol attaque "Médiapart" pour tuer un outil d'information doté de peu de moyens financiers, et le faire taire, en le faisant condamner par un tribunal dont le jugement sera rendu au nom du peuple français.
En définitive le « langage universel » c'est peut être celui qui consiste à maintenir les principes immuables, voulant que, dans le fond, il y a toujours eu ceux qui fabriquent le gâteau, et qui le servent sur un plateau pour que d'autres s'en régalent. Il est difficile à digérer... pour celles et ceux qui attendent encore des miettes.
Ce pavé indigeste dans la mare est passé quasi-inaperçu : depuis 1945, le niveau de vie par générations décroit en France ! Et schématiquement, 2009 oppose deux France. L'une âgée et aisée, celle des grands-parents. Et une "autre" appauvrie, celle des parents et enfants. L'information est officialisée du bout des lèvres par l'INSEE. Un cinquième de 18-24 ans sous le seuil de pauvreté; des familles monoparentales (mère-enfant) massivement dans la misère; 8 millions de pauvres en tout, désormais. Bref... il fallait naitre en 1945 ! Des jeunes pauvres dans un pays de vieux aisés ? Inutile d'ajouter que le nombre des ménages surendettés explose... de redire que tout le monde (et beaucoup d'enfants) ne mange pas à sa faim chaque jour, de préciser que se faire soigner devient impossible si on ne se présente qu'avec sa carte Vitale, car de plus en plus, dans les cabinets médicaux, on préfère la carte bleue, que les loyers restent impayés comme les factures d'eau et d'électricité... Bref que tout va pour le mieux dans ce monde subjugué par la « pensée universelle » de notre Président.
Mais je déblogue...
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