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LES STATISTIQUES

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MAIS JE DEBLOGUE...

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13 août 2007 1 13 /08 /août /2007 07:59

 

 

Jamais peut-être n'ai-je eu autant l’impression, au cœur de ce mois d’août 2007, d’être atypique. Une petite interruption pour tenter d’effacer la campagne électorale des législatives, et, aussitôt le nez dans le guidon, pour m’apercevoir que désormais il n’y a plus de vacances. L’affluence pour solliciter une aide face aux avatars de la vie n’a pas faibli. Logement, emploi, place dans un établissement scolaire, difficultés administratives, surendettement… Rien n’a changé ! Alors je me pose des questions : suis-je dans la même France que celle que présentent les médias ? Ne suis-je pas trop partisan en voulant lutter contre l’opinion dominante ? Est-ce que je rencontre une réalité particulière ? Mon pessimisme naturel pèse-t-il sur mes chroniques, inspirées pourtant des dépêches d’agence réputées professionnelles ?
En fait j’ai parfois de belles satisfactions en constatant que l’évolution de l’actualité confirme mes prises de position mais comme, très souvent, il ne faut absolument pas avoir " raison " avant les autres, ce n’est qu’une maigre satisfaction morale. Mais surtout, ce qui me devient plus pesant de jour en jour, c’est le décalage terrible entre les appréciations que l’on nous assène sur la vie supposée et les constats quotidiens. Je n’arrive pas à me persuader qu’il y aurait un telle fracture entre un monde qui serait quasiment idyllique, et un autre inconnu ou factice.
Tenez, si vous prenez le week-end achevé de cette mi-août, vous avez une illustration parfaite de cette fracture proprement stupéfiante que personne ne met en évidence. D’ailleurs, je me demande s’il ne vaut pas mieux faire comme si elle n’existait pas, car en définitive en ne s’en porte pas plus mal. Pourquoi nager contre le courant et ne pas simplement renvoyer les personnes critiques au miroir des sondages ? Il est beaucoup plus confortable de se laisser porter par ce que pensent les électrices et les électeurs que  de vouloir démontrer à quelques-uns d’entre eux qu’ils se dirigent vers la cataracte ! Et je m’interroge sur la valeur des arguments raisonnables, face au monde médiatique des croyances.
Ainsi, je crois avoir écrit qu’avant de décréter la mise en place d’un système unique de forfait médical qui va faire payer aux plus malades d’entre nous le confort que peuvent attendre les moins malades, il aurait été préférable d’optimiser les recettes prévues par la loi. Mais rares sont celles et ceux qui mesurent cette catastrophe que représente le travail au noir pour le système social républicain. Sauf que hier, on apprend… qu’en…2005 le secteur des cafés, restaurants, hôtels, pratiquent à fond la caisse la tricherie sur les charges sociales. Trop compliqué. Trop cher. Trop pénalisant. Trop injuste. Connu de tout le monde.
LA LOI DU SILENCE
Plus d'un quart des hôtels, cafés ou restaurants fraudent l'Urssaf en faisant travailler des salariés non déclarés. C'est le résultat d'un vaste contrôle inédit, réalisé dans toute la France, à l'été 2005, par les Urssaf, organismes chargés de collecter les cotisations sociales. Le bilan 2006 de la lutte contre le travail illégal, réalisé par l'Agence centrale des organismes de sécurité sociale (Acoss), qui fédère les Urssaf, indique que, sur près de 2.400 établissements contrôlés, 26,5% étaient en infraction. 3% étaient suspectés de fraude. Et près d'un salarié sur dix était employé au noir. "La fraude est relativement homogène sur l'ensemble du territoire, à l'exception de l'Ile-de-France et des départements d'outre-mer""les taux de fraude sont très importants" avec respectivement 61% et 48% des établissements en infraction.Le taux de fraude est également "élevé" dans le nord-est (Alsace, Lorraine, Franche-Comté), où il atteint 26%. Sur le littoral et l'arrière-pays méditerranéen (Midi-Pyrénées, Languedoc-Roussillon, Provence-Alpes-Côte d'Azur et Corse), il est aussi élevé, "de l'ordre de 30%".
Vous remarquerez que l’on ne vous donne pas une évaluation des sommes qui ont été ainsi " volées " à la collectivité, car il serait aisé de les transformer en nombre de " forfaits médicaux " que l’on pourrait exonérer. En 2004, une opération similaire avait été lancée sur le littoral méditerranéen et atlantique et avait conclu à 30% d'établissements fraudeurs sur 1 500 contrôles. 4 millions d'€ de préjudice mensuel, selon les Urssaf de Bayonne, Montpellier et Toulon sur le seul secteur de la restauration.
Pour être candidate à un marché public, une entreprise doit démontrer qu’elle est en règle avec tous les organismes sociaux et produire des attestations sur l’honneur de refus du travail illégal. Pourquoi ne pas simplement instaurer ce système en obligeant les bars, les restaurants, les hôtels au lieu d’afficher la loi contre l’alcoolisme que personne n’a jamais lue et appliquée; il serait facile de délivrer une vignette annuelle, indiquant aux clients qu’ils fréquentent un lieu qui ne les escroque pas en leur faisant payer les charges sociales d’employés qui ne sont pas déclarés.
Hier soir, j’ai vu un jeune homme, visage masqué, qui confessait que son patron le déclarait à mi-temps alors qu’il travaillait à temps complet. Il recevait un chèque pour la moitié et en liquide de la main à la main pour le reste. Drôle de société que celle qui voit des jeunes hypothéquer leur vie ultérieure pour des gains faciles immédiats. La retraite ? Les indemnités journalières en cas d’accident du travail ? L’accession au logement ? L’absence totale de solidarité ? Personne ne condamnera, sur ces bases là, la débrouille de ce salarié complice avoué de son patron voyou ! Un sondage bien préparé pourrait même conforter la " valeur " de ce comportement que tout le monde rêve de pratiquer sans oser l’avouer !
UN PODIUM REVELATEUR
Même sentiment avec les mesures gouvernementales vendues avec brio par Nicolas Sarkozy. Toutes les supercheries passent comme du bon pain, car personne ne souhaite les analyser. On se fie à des grandes ligne sans un instant douter de la véracité de décisions dont l’application sera bien différente des promesses. Parmi les textes votés, celui qui suscite le plus de satisfaction est la possibilité de déduire de ses impôts une partie des intérêts d'emprunts immobiliers (87% des sondés se disent plutôt satisfaits), devant l'instauration de peines plancher pour les récidivistes (84%). La loi sur le service minimum dans les transports arrive en troisième position (72%). C’est le podium sarkoziste !
Il donne un portrait robot parfait du Français de l’opinion dominante, qui croit que les coureurs du Tour de France montent les cols comme des vélomoteurs grâce à des bidons à l’eau de Lourdes. Il triche avec les impôts, et essaie d’en payer le moins possible. Il croit que les déductions le concerne, alors que plus de 50 % des… 87 % satisfaits de  pouvoir déduire les intérêts des emprunts immobiliers ne payent pas d’impôt sur le revenu et que, sur cette moitié , 10 % à peine relèveront de la mesure sur les intérêts des emprunts. Personne ne se pose la question de savoir quel crédit on peut accorder à un tel sondage (87 % de satisfaits !) mais s’il est exact, il a de quoi désespérer les responsables de l’opposition. Ce Sarkoziste bien pensant admet que les délinquants sont forcément toujours les mêmes, et qu’il faut donc les sanctionner durement, sans se douter un seul instant qu’en trichant avec ses revenus ou ses salaires il entre dans cette catégorie. Il est farouchement pour le service minimum dans des services publics, qui disparaissent de son village ou de sa ville… sans qu’ils se sente véritablement concerné ! Il veut un accueil dans des écoles, des transports publics, des services de santé de plus en plus rares et défaillants par manque d’effectif. Comment lutter contre ce syndrome de la béatitude people qui permet de vendre de l’illusion ? Encore une fois, le problème essentiel de l’opposition ne sera pas de concocter pour le énième fois un programme auquel même la candidate ne croit pas, mais tout simplement de se poser la question de savoir comment on peut combattre un abrutissement de masse organisé. Inutile de rêver : tout passe par une éducation citoyenne intensive, destinée à combattre les vessies médiatiques que bien des gens se contentent de prendre pour des lanternes politiques.
PLUS D’OPPOSANTS RESOLUS
Près de trois mois après l'investiture de Nicolas Sarkozy, 64% des Français se déclarent "plutôt satisfaits" de la façon de gouverner du président de la République, selon un sondage IFOP. Alors, inutile de s’en faire : tout va pour le mieux. D’ailleurs, il n’a plus beaucoup d’opposants résolus puisque les grandes figures médiatiques du socialisme ont rallié son cap ou se préparent à le faire au niveau national. Ils ne sont pas très émus de constater que Le Pen leader, juge positivement les premières semaines du Président et souhaite qu'un membre du FN siège à la commission de réforme des institutions aux cotés de Jack Lang. Jean-Marie Le Pen s’est déclaré content du travail de Nicolas Sarkozy. Selon lui, le Président tient "un certain nombre de ses promesses électorales". Et Le Pen juge plutôt positivement les premières semaines au pouvoir de Sarkozy, "même si je le vois un petit peu comme un illusionniste. Mais c’est un illusionniste de grand talent". "Chacune de ses actions est mûrement réfléchie, pesée, très bien informée et jusqu’ici assez bien réalisée, il faut le dire", a déclaré Le Pen.
"Il fait une chose, qui est moralement positive, c’est qu’il tient, semble-t-il au moins, un certain nombre de ses promesses électorales, bien sûr pas toujours dans la dimension et la profondeur que pourraient attendre ceux qui ont voté pour lui, mais tout de même, il va dans cette direction-là", a-t-il dit. "Et c’est pour l’instant assez payant, dans l’euphorie qui accompagne toujours les vacances, il n’y a pas de sujet de contestation grave, il a passé la première phase de sa lune de miel avec assez d’efficacité" a-t-il dit.
Ne vous fatiguez pas trop : vous avez dans cette analyse une explication des 64 % du sondage de hier. Vous y ajoutez des miracles permanents comme seul Nicolas Sarkozy est capable d’en faire : libérer " sans contre partie " les otages bulgares alors que tout les autres avaient échoué, trouver des mécènes qui lui offrent des vacance des milliardaires toujours " sans contre partie ", contaminer (c’est lui qui le dit) sa femme et ses enfants avec une angine blanche opportune qui guérit en quelques heures, faire approuver par la majorité silencieuse des exonérations fiscales qui ne concernent que les plus riches… et vous comprenez pourquoi la raison n’a plus aucun rôle social.
Mais je déblogue…
 
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12 août 2007 7 12 /08 /août /2007 10:58

 


Après être allé  présenter ses hommages à Kadhafi, Nicolas Sarkozy a rendu une visite médiatique à son ami de quelques mois George Bush. Il est fort probable que ce sera son meilleur souvenir de vacances comme d’autres ramèneront des moments agréables d’une soirée barbecue au camping des flots bleus. Il est vrai que notre Président de la République a été reçu par une famille en or ayant tout de celles que certains suivent avec assiduité dans " Dallas ". Enfin le voici reconnu comme un grand parmi les grands puisque l’honneur de l’antre familiale de George et Laura n’avait été faite qu’à un autre démocrate irréprochable du nom de Poutine. On n’accueille pas n’importe qui chez les Bush père et fils et surtout pas pour rien.
Les parents du président Bush étaient présents, tout comme ses filles jumelles Jenna et Barbara, sa soeur Dorothy et son frère Jeb. Bush souhaite que le caractère informel du déjeuner aide à établir avec Sarkozy une relation personnelle qui faisait cruellement défaut avec son prédécesseur Jacques Chirac. Au moins c’est net : il faut remplacer Tony Blair sur l’échiquier mondial et donc le petit Français pourrait faire l’affaire. D’ailleurs un gars qui se pointe en jean et en veston trop long à un pique-nique " politco-people " ne peut pas être foncièrement mauvais. C’était déjà un signe culturel concret corroboré par le fait qu’il a parcouru quelques centaines de kilomètres pour déguster des hamburgers et des hot-dogs avec une bonne Budweiser ! Chirac aurait demandé une tête de veau ravigote avec une Corona. Avouez qu’il y a une sacrée différence pour la suite de la coopération franco-américaine.

 

Jacques et Bernadette, eux, se contentent de se faire payer leurs vacances à Saint Tropez par leur ami François Pinault. Ils n’ont jamais mis leur jean sur la pelouse de la propriété de Kennebunkport, sur la côte atlantique du Maine. Alors que Sarkozy est immédiatement entré dans le saint du saint de cette Amérique " blanche " du profit, de l’arrogance et détentrice de la vérité universelle.
Il fut une époque où les intronisations des vassaux avaient une autre gueule que d’une séance autour d’un barbecue. Car il ne faudrait pas vous tromper ce n’est surtout pas un acte politique qu’a accompli le nouvel Ivanhoé mais simplement " d'un déjeuner informel, amical et familial mais il est vraisemblable que des sujets d'actualité seront abordés, sans ordre du jour ", comme l’a précisé à Paris Pierre Jérôme Hénin, porte-parole adjoint de l'Elysée. On a même supprimé le homard habituel pour éviter d’augmenter le sentiment de vacances opulentes qui colle désormais à la peau de l’hôte français. C’est dire si la rencontre a de l’importance !
UN COUP BIEN PREPARE
Les Jités de hier soir ont d’ailleurs vite apporté, en ouverture, durant cinq bonnes minutes, avec une belle unanimité, une éclatante confirmation que ces vacances américaines résultaient d’un véritable calcul destiné à favoriser le retour de la France dans le giron atlantiste. L'invitation faite aux époux Sarkozy remonte en effet au mois de juin, lors du sommet du G8 en Allemagne. Les Etats-Unis, qui entretenaient des relations tendues avec l'Elysée du temps de Jacques Chirac, en raison notamment de désaccords sur l'Irak, souhaitent améliorer leurs relations notre pays à la faveur du quinquennat de Sarkozy. " A l'évidence, nous travaillons très étroitement avec la France actuellement sur un certain nombre de questions ", a déclaré Dana Perino, citant notamment les efforts diplomatiques conjoints de Paris et Washington à l'Onu sur le Liban, le Darfour et l'Iran. L'Elysée souligne également qu'il y a " de nombreux sujets de consensus entre les Etats-Unis et la France, notamment sur le terrorisme ".
Au moins on sait qu’il n’y aura pas davantage de remises en cause des décisions américaines au cours de ce pique nique qu’il y en a eu de celles des Libyens lors du passage sous la tente de Kadhafi. Les seules choses qui comptent : ce sont les images que porteront les médias de cette réception présentée comme aussi " peuple " que possible. Le seul problème c’est que les jours à la Maison Blanche de Bush sont comptés et qu’avant la fin de son mandat, Nicolas Sarkozy devra composer avec une autre arrivante qui risque bien de se souvenir du zèle déployé par l’hôte de l’Elysée pour rallier les thèses essentielles de la " minorité " républicaine. D’autant que sont programmé bien d’autres traversées de l’Atlantique.
Du 23 au 26 septembre, le président français se rendra en effet à New York pour l'assemblée générale des Nations unies et, quelques semaines plus tard, il effectuera une visite officielle bilatérale à Washington. Le président Sarkozy confirmera dans les faits les impressions du candidat Sarkozy, qui avait fait acte d’allégeance à George Bush lors d'une visite éclair à la Maison Blanche en septembre 2006.
UNE ANGINE CAPITALE
Pour que Voici, Gala, Closer, VSD, Paris-Match devenus des références en matière de magazines politiques (Paris Match a publié le seul entretien de Michel Rocard revenu des frontières de l’au-delà) ait matière à traiter le sujet Nicolas Sarkozy s’est rendu seul à cette invitation. Son épouse, Cécilia, n’a pas participé à la rencontre comme cela était initialement prévu. Cécilia Sarkozy et ses enfants ne se sentaient pas bien et que par conséquent ils n'assistaient pas au déjeuner informel organisé par les Bush.
A son arrivée, Nicolas Sarkozy a expliqué qu'elle souffrait d'une angine blanche. "Le pire, c'est que c'est moi qui lui ai passée", a-t-il ajouté… Ce qui donne une tonalité encore plus people à l’information. La France des vacanciers d’août a poussé un ouf de soulagement que l’on a entendu monter des campings, des plages et des sentiers de randonnées : ce n’est pas une brouille après l’utilisation qui a été faite de ses déplacements " officieux " en Libye. Il ne manquerait plus que la femme du président et sa " sœur " Rachida Dati, affichent leur mépris pour les hamburgers et les hot dogs ! Les Bush le prendraient très mal et les efforts de réconciliation seraient réduits à néant. A moins que la " famille " présidentielle française ait décidé de se contenter de prendre des vacances sans se soucier des allées et venues d’un Sarkozy frappé du syndrome de l’image.
Il lui faut sans cesse s’inviter partout, être sur le devant de la scène. Il n’a même pas pu éviter de rentrer dare-dare en France pour être au premier rang pour les obsèques du cardinal Lustiger. Il ira à la pêche aux requins dans le lac où il réside s’il le faut. Il peut même tenter de marcher sur les eaux ou multiplier les poissons. On murmure parfois qu’il aurait rendu George Bush intelligent après son passage ! Rien n’obligeait, le représentant de la France, durant des vacances qu’il veut strictement privées car financées par un ami bienveillant et qui, donc, d’une manière ou une autre n’est pas " officiellement " sur le territoire américain aller chercher l’onction d’un has been pour simplement se mettre sur la marche en dessous.
L’AMI DES AMERICAINS
"Est-ce qu'on est d'accord sur tout ? Non, parce que dans une famille, on peut avoir des désaccords. On peut être des amis et ne pas être d'accord sur tout. Je viens de lire la biographie de La Fayette (NDR : je vous le confirme ce gars là est un surhomme car il est partout et à même le temps de lire des bouquins de centaines de pages) Ça fait jamais pratiquement que 250 ans que la France et les Etats-Unis sont des alliés", a rappelé le président français. A la naissance des Etats-Unis, la France a choisi les Etats-Unis, à l'époque il y avait quatre millions d'Américains. La France était l'amie des Américains. Et après, quand nous, les Français, nous avons été en guerre, les Américains étaient avec nous", a ajouté Sarkozy en arrivant chez George. Il n’a pas parlé de de Gaulle, Jaurés et de Guy Moquet !
Il ne restait que de vérifier si cette démarche était approuvé par le bon peuple de France en pleines vacances. Et pour enfoncer le clou on utilise le baromètre du JDD (Journal du Dimanche) qui donne la tonalité parisienne depuis longtemps à la province. Près de trois mois après l'investiture de Nicolas Sarkozy, 64% des Français se déclarent " plutôt satisfaits " de la façon de gouverner du président de la République, selon un sondage IFOP. Ils ne sont que 36% à se dire "plutôt pas satisfaits" du style de présidence de Nicolas Sarkozy en première ligne sur la plupart des dossiers.
Par ailleurs, alors que Nicolas Sarkozy et son homologue américain déjeunaient dans la résidence familiale des Bush dans le Maine, 40% des sondés disent vouloir que les relations entre la France et les Etats-Unis "restent comme elles sont actuellement". En revanche, 33% souhaitent qu'elles se resserrent et 26% veulent au contraire que Paris "prenne davantage de distance" avec Washington. Depuis hier le jean présidentiel, les mocassins et la chemise blanche et le blazer bleu auront sûrement modifié ce léger désaveu. Un président français qui va manger des hamburgers et des hot-dogs , qui embrasse Madame Bush mère, qui prend George par les épaules ne peut que remettre la France au sommet de la politique mondiale.
Lorsque j’ai participé à une rencontre directe avec Ricardo Lagos, ancien président de la République du Chili, ce dernier nous a conté une conversation téléphonique qu’il avait eu avec George Bush au moment de l’intervention américaine en Irak. " J’ai eu droit dès le début à un tonitruant Hello Ricardo… chaleureux expliqua Ricardo Lagos. A la fin quand je lui ai expliqué que le Chili ne s’alignerait pas sur la position américaine, il a raccroché après m’avoir dit " good bye Mister Président ", le ton avait changé ". Dans le fond cette anecdote prouve que pour être considéré comme un véritable ami des Etats-Unis il suffit d’être d’accord avec eux !
Mais je éblogue…
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11 août 2007 6 11 /08 /août /2007 10:12

 

Comme m’a mémoire faiblit, je n’ai pas retrouvé la chronique dans laquelle j’évoquais la crise probable qui menaçe la société française en raison de l’endettement exagéré dans lequel s’enlisent des familles afin d’accéder à la propriété immobilière. Dommage car elle est d’actualité, même si la catastrophe arrive d’Outre Atlantique. Au cœur du mois d’Août, un système fragile de cartes s'effondre et entraîne dans sa chute les autres, en mettant en péril des pans entiers des économies reposant sur la construction.
En effet il est certain, sans se prendre pour un exégète spécialisé, que les crédits à long terme vont être de plus en plus serrés en Europe et en France car la peur va s’emparer des organismes préteurs. Certes, ils ont déjà renforcé les garde-fous, mais on sent bien la difficulté réelle qu’ont les couples en limite de solvabilité à bâtir un projet. D’autant que les prix ont atteint des niveaux faramineux.
La semaine dernière, comme la Mairie a décidé d’exercer un éventuel droit de préemption sur tout son territoire, j’ai pu constater que l’on atteint sur Créon des ventes à 3500 € le m² construit, ce qui n’a jamais été le cas. Les achats sont désormais réservés à des personnes de plus de 50 ans, effectuant des opérations tiroirs consistant à vendre un bien qu’elles ont fini de payer pour investir dans un bien plus proche des services, du centre ou pour un retour vers une " province " désormais bien structurée et surtout bien moins chère que les grandes agglomérations.
Il est vrai que la crise actuelle aux USA ,dont ne parleront certainement pas Nicolas Sarkozy et son nouvel ami intime George Bush, repose sur un système libéral, que la majorité actuelle souhaite importer pour faire décoller la croissance. Les fameux crédits immobiliers "subprimes" consistent en des prêts immobiliers dits "à risque" car consentis à des ménages à la solvabilité fragile, et à des taux d'intérêt très élevés. Depuis plusieurs mois, les taux d'emprunt ont augmenté, et cela s'est accompagné d'un baisse des prix de l'immobilier, notamment en raison d'un affaiblissement de la demande, diminuant d'autant "l'effet richesse" des ménages. Logique, puisque la montée des taux d’intérêt fait que les acheteurs ne peuvent plus envisager l’achat de leurs rêves, et donc ils font chuter le système qui ne progresse qu’avec ceux qui ont pris les risques antérieurement. Cette conjonction d'événements a rendu nombre de ménages incapables de rembourser leurs emprunts, mettant en danger les établissements de crédit.
Même si on n’en est pas encore là en France, il faut savoir que plus de nouveaux propriétaires que l’on  le croit revendent leurs biens dans les 5 premières années de leur installation. Les difficultés financières conjoncturelles, ou même parfois totalement prévisibles, génèrent de plus en plus de séparations familiales et donc des reventes de maisons couvrant parfois tout juste les frais engagés, quand les couples ont la sagesse d’éviter une mise aux enchères de leurs biens après saisie.
UNE VIE EN LEASING INTEGRAL
Un autre système anglo-saxon est arrivé sur notre territoire national, via la libéralisation totale des filières bancaires. On le connaît sous le qualificatif de "mortage". C'est un type de crédit immobilier utilisé dans les pays anglo-saxons. Il se distingue de l'emprunt tel qu'on le pratique en France, car il suppose que le bien acheté à crédit est hypothéqué et devient propriété du créancier, constituant alors une garantie permettant au ménage de souscrire d'autres crédits, à la consommation généralement, ce qui permet de stimuler l'économie. On ignore trop que ce système de prêt hypothécaire, dit " hypothèque rechargeable ", a été introduit cette année, en France, mais de façon discrète pour éviter qu’il  se développe trop vite. On a pourtant oublié d’informer les gens de  l'arrivée sur le marché de cette méthode, qui prétend doper la croissance par le… surendettement. En effet, elle permet de concevoir toute sa vie sur le crédit. On ne peut plus sortir du piège sans risques, et il faut éternellement gagner de l’argent pour " payer " son confort matériel. Une sorte de vie en leasing intégral !
Ce procédé est réservé aux initiés, qui tentent de développer un patrimoine très vite, en l’accompagnant des multiples apparences de la qualité de vie, achetées via des crédits à la consommation très chers. Le problème, c’est qu’avec le "mortage", le pouvoir d'achat des ménages est très largement dépendant de la valeur de leur bien immobilier. En cas de ralentissement et plus encore de retournement du secteur, comme c'est le cas aux Etats-Unis depuis plusieurs mois, l'effet richesse, créé artificiellement par la maison construite, se contracte et peut se propager au reste de l'économie, via un ralentissement de la consommation.
Là encore, il suffirait que la bulle immobilière actuelle éclate ou diminue, pour qu’en France bien des familles soient plongées dans le rouge. On sent que ça arrive, car les agences immobilières ont du mal à trouver des acquéreurs pour des biens surévalués par leurs vendeurs. Il faut que le rapport qualité-prix soit attirant, avec une propension à justement  trouver des acquéreurs pour les plus luxueux, alors que la maison ordinaire, dans le lotissement ordinaire, peine à trouver un acheteur. Il est certain que la crise en cours ne va pas permettre aux investisseurs potentiels de trouver une banque qui acceptera de couvrir un prix d’achat jugé trop élevé et donc trop risqué en cas de défaillance de l’emprunteur.
LA CASCADE DES DEFAILLANCES
Si les couples et les familles ne peuvent plus accéder à la propriété, il faudra fournir sans cesse davantage de logements. Les séparations familiales qui conduisent à avoir deux logements de même taille au lieu d’un seul accentuent la pénurie et donc l’augmentation des prix des loyers. La catastrophique loi de Robien qui a transformé le logement en outil de défiscalisation et non pas en outil social correspondant à un besoin  d’investisseurs " professionnels ". Des sociétés ont donc pour objet d'investir sur différents marchés, avec divers degrés de risques financiers. Parmi eux, les fonds spéculatifs sont spécialisés dans les investissements risqués, et certains ont choisi d'investir dans le juteux marché des "subprime" (voir au-dessus) qui leur permet d’effectuer de juteux profits sur le dos des ménages. Des établissements, qui ont consenti des prêts "subprimes", ont en effet transformé les crédits cumulés en "titres financiers" de façon à pouvoir les vendre sur les marchés. En achetant ces titres vous ne pariez pas sur des chevaux ou des joueurs de football mais sur des emprunteurs anonymes que vous estimez capables de payer des taux d’intérêt élevés en se saignant aux quatre veines pour trouver les sommes nécessaires. Comme dans tous les choix osés, il suffit d’une conjoncture défavorable pour que la ruine menace. Ainsi en raison du retournement du marché immobilier américain, les titres inspirés de ces prêts risqués ne trouvent plus preneurs. Ceux qui ont acheté ces titres font aussi les frais de la crise. La faillite ou le gel de plusieurs d'entre eux a affolé les marchés financiers car toutes les banques du monde avaient trouvé là une opération pouvant doper leurs produits financiers, offerts aux avides de profits rapides ! Elles ont pris peur, car leurs obligations de rentabilité vont leur coûter cher et diminuer les sacro-saints bénéfices qu’elles se doivent d’afficher ! Vendre. Mais à quel prix ? Quand ? A qui ?
LES PAUVRES QUI COULENT LES RICHES
Dans le fond, cette crise est essentiellement due aux… pauvres américains. Ces gens, que la société du profit exploite encore plus que les autres, sont en passe de couler l’économie mondiale. Leur faible pouvoir d’achat, la précarité de leur situation professionnelle, un système social dérégulé, les empêchant de rembourser des crédits usuraires, ne sont pas pris en compte par ces analystes financiers aussi froids que des croque-morts. Le mal semble profond, car les institutions de régulation des marchés ont été obligées, en quelques jours, de sortir plus de 320 milliards de dollars de leurs caisses pour enrayer la chute libre.
Celles et ceux qui s’enrichissent en dormant pendant que l’on vante à d’autres la " revalorisation de la notion de travail ", vont être contraints à se mettre au Lexomil. Les pertes annoncées en bourse vont  gâcher leurs vacances, car l’énergie coûte de plus en plus cher, les matières premières suivent et un ralentissement de l’économie se traduirait encore par… des cohortes de licenciements puisqu’il faudra bien maintenir les profits pour les investisseurs.Ce pauvre DSK va arriver au FMI au cœur d’une tempête. Il est certain que ses conceptions socialistes lui seront bien utiles pour redresser ce FMI. Il souligne que la remise à plat du risque crédit constitue une " saine correction et ne devrait pas conduire à un krach ", grâce à l'action préventive des banques centrales. Le rétablissement de la discipline de crédit à laquelle on assiste est pour le FMI une évolution positive. L'action promptement entreprise par un certain nombre de banques centrales pour fournir des liquidités au système devrait assurer que ce processus d'ajustement se déroule de manière ordonnée", affirme le Fonds.
Allez ne vous inquiétez pas trop : la situation ne gâchera pas le déjeuner entre Bush et Sarkozy. Ces deux là sont faits pour s’entendre. Ils n’ont pas besoin de crédit " subprime " pour payer leurs résidences. D’ailleurs, notre Président n’a même pas à régler ses vacances : il a des amis qui ont encore assez gagné d’argent à la Bourse pour les lui payer. Qu’il en profite, car ils vont rapidement réduire leur train de vie, et ne pourront plus lui offrir le privilège de vacances de rêve dans une modeste demeure américaine, achetée avec un crédit à hypothèque rechargeable. Auprès de qui ?
Mais je déblogue…
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10 août 2007 5 10 /08 /août /2007 08:07

 

Il paraît que quand on se rencontre et que l’on ne sait pas de quoi se parler, on cause de la pluie et du beau temps. C’est parfois un moyen comme un autre d’éviter d’aborder des sujets qui fâcheraient ou de nouer des liens pouvant déboucher sur des affinités. Chacun à son commentaire et surtout chacun a ses critiques à formuler, car je ne sais pas si vous l’avez remarqué, il y a rarement unanimité sur la qualité de la météo du jour. Qu’il pleuve, qu’il vente, qu’il neige, que la canicule ou les nuages soient au rendez-vous, et… obligatoirement il y a des satisfaits et des mécontents. Jamais on n'a vu de tels contrastes rapides entre deux situations. Beaucoup plus que le climat lui même, ce sont sa versatilité et l’ampleur de ces phénomènes qui provoquent des commentaires plus ou moins sérieux. Partout, on se pose la question d’un dérèglement global. Il est plus confortable de ne pas se prononcer sur cette réalité, qui implique que l’Homme a lui même bouleversé les fragiles équilibres antérieurs.
Cinq cents victimes de la canicule en Hongrie, des dizaines en Roumanie. De graves incendies en Italie, Grèce, Macédoine, Serbie, en Slovaquie. L'Indonésie noyée sous un demi-mètre d'eau tombée en trois jours. Et la Grande-Bretagne inondée par les pluies les plus diluviennes depuis un demi-siècle. Le chaos climatique menace. On y ajoute une violente tempête qui s'est abattue hier sur New York avec des vents de plus de 200 km/heure. Fortes chaleurs à Moscou, neige en Afrique du Sud et en Argentine, au Chili pour la première fois depuis un demi-siècle, inondations monstres en Asie du sud et en Grande-Bretagne...
C’est certain, le climat mondial semble se dérégler, mais les scientifiques se refusent à établir un lien avec le réchauffement planétaire. Celui-ci est pourtant bien réel et mesuré. Le Groupe intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), qui publie cette année sa quatrième synthèse sur le sujet, a déjà fait état d'une hausse moyenne des températures globales de 0,74°C en cent ans et prévoient 1,8 à 4°C supplémentaires d'ici la fin du siècle. Le GIEC s'attend également à ce que les chaleurs extrêmes et les fortes précipitations deviennent plus fréquentes et les cyclones tropicaux, typhons et ouragans, plus intenses, mais on évite de parler de ce qui fâche ! On ne veut pas donner du grain à moudre aux dénonciateurs de la responsabilité collective des pays développés qui sont les seuls en mesure de percevoir ces réalités.
Mardi soir, sur la Cinq, un reportage remarquable sur les conséquences de la disparition progressive du lac Tchad aura été regardé par trop peu de monde, alors qu’il illustrait parfaitement la mutation en cours. Une catastrophe écologique dont nos sociétés dites civilisées se moquent totalement. Il semble pourtant que le temps de l’indifférence et des supputations de comptoir soit passé.
Si la température de la planète a monté d'un cran, celle du débat scientifique devient très chaude. Longtemps, les chercheurs ont évité les discours alarmistes et les politiques se sont cachés derrière la fatalité. La prudence restait la règle d'or des membres du Giec, qui représente la voix officielle de la communauté scientifique. Ils hésitaient à lier le réchauffement global à tel événement particulier comme El-Niño ou le cyclone Katrina. Depuis quelques mois, le ton change. Et la discussion s'enflamme. On ose mettre en cause cette modification des données terrestres qui ne font que s’amplifier.
CHANGEMENT DE GRILLE D'ANALYSE
Début avril, pour la première fois, les experts ont affirmé que l'activité humaine était la principale responsable du recul des glaciers, des printemps précoces, du blanchissement des coraux ou des vagues de chaleur meurtrières. A peine publié, leur rapport a été critiqué: certains de leurs collègues leur reprochaient d'être trop optimistes ! Pour James Hansen, le spécialiste de la Nasa qui, le premier, a lancé l'alarme climatique en 1988, les experts sous-estiment la hausse du niveau des mers. D'autres spécialistes jugent que les modèles du Giec fournissent des pronostics faussement rassurants ! La météo folle de cet été ne risque pas de calmer le jeu. Au contraire, elle envahit l’actualité, même si bien des gens paraissent résignés face à des événements qui les dépassent. Les appels à la solidarité que l’on entendait autrefois en faveur des victimes d’inondations n’existent même plus ! Les images portent les malheurs, et les commentateurs distillent les nombres de morts !
Alors que le déluge s'abattait sur la Grande-Bretagne, la revue londonienne "Nature", référence internationale, publiait la première démonstration scientifique de l'influence humaine sur la pluie. Un groupe de scientifiques a comparé les observations météorologiques sur le terrain entre 1925 et 1999 aux résultats prédits par les modèles. En tout, les chercheurs ont examiné pas moins de 92 simulations différentes. Conclusion: les émissions de gaz à effet de serre ont fortement perturbé les pluies au XXe siècle. C’est indéniable !
Dans les régions tempérées de l'hémisphère Nord, l'activité humaine aurait fait augmenter les précipitations de 50% à 85%. Dans la zone tropicale et subtropicale Nord, au contraire, elle aurait réduit les pluies de 20% à 40%, aggravant les sécheresses au Mexique, au Sahara ou dans le Sahel. Enfin, l'homme serait responsable du doublement de la quantité d'eau tombée au sud de l'équateur, inondant le Brésil, l'Afrique australe et l'Indonésie. Ajoutons que d'autres équipes ont détecté une influence humaine sur la température de l'atmosphère, la pression au niveau de la mer et la chaleur des océans. Bref, l'homme est désormais un acteur du climat qu’il ne maîtrise pas, mais qu’il dérègle toujours plus !
CA MONTE PLUS VITE QUE PREVU
Par définition, les événements exceptionnels sont… rares. Il est donc extrêmement difficile d'établir des statistiques à leur propos. Pour l'Europe occidentale, les modèles prédisent des hivers humides et des étés de plus en plus secs et chauds, mais aussi de fréquentes tempêtes et précipitations estivales comparables aux orages tropicaux. 2007 est à l'image de ces prévisions. Sous les tropiques, l'activité des cyclones augmente. Juste avant Katrina en 2005, " Nature " publiait un article démontrant que l'énergie totale dissipée par les cyclones tropicaux avait presque doublé en trente ans sur les bassins nord de l'Atlantique et du Pacifique. Augmentation logique : les cyclones sont des moteurs thermiques qui puisent leur énergie dans la chaleur des océans. Ils sont "gonflés" par le réchauffement. Même si d'autres mécanismes interviennent, il reste que les tempêtes tropicales sont et seront de plus en plus dévastatrices et qu’elles remonteront vers les zones tempérées, car elles le seront de moins en moins. Les zones de confrontations entre des masses d’air chaud et d’autres, beaucoup plus froides, seront sujettes à des manifestations violentes, brèves et massives.
Le rapport des experts du GIEC donne une projection de 0,34 m d'ici à la fin de ce siècle pour l’élévation du niveau des mers. Préoccupant. Pas encore catastrophique. Seulement, voilà : la projection est fondée sur des modèles, et on ne sait pas tout modéliser. Au cours des dernières années, les glaciers du Grand Nord, les glaces du Groenland et celles de l'Antarctique Ouest ont accéléré leur glissement vers l'océan par suite d'effets d'amplification qui ne sont pas totalement compris. De ce fait, les glaces disparaissent plus vite, et le niveau des océans pourrait monter beaucoup plus que ne le prévoient prudemment les membres du GIEC. Certains sont beaucoup plus radicaux, car ils prévoient une montée… d’un mètre ! C'est assez pour inonder le Bangladesh, la Floride, les Maldives et toutes les côtes basses, dont l'ensemble des régions d'Asie, inondées par le tsunami de décembre 2004. Cette masse aquatique ponctionnée par l’évaporation liée à… l’augmentation de la chaleur ne va pas calmer la formation d’ouragans ou d’orages de type tropical.
UN PROCESSUS DIFFICILE A STOPPER
Ces réalités (et on le constate ces derniers jours) risquent d'aggraver l'inégalité entre pays riches et tiers-monde. Les régions côtières les plus exposées à la montée des océans se trouvent en majorité dans des pays pauvres. Le niveau des eaux a commencé à baisser mardi en Asie du Sud, après des pluies de mousson inégalées depuis des décennies. Elles ont fait près de 1.900 morts depuis juin en Inde, au Bangladesh et au Népal. Et ce sera probablement ainsi désormais tous les ans car des dizaines de millions de personnes habitent dans les deltas des grands fleuves d'Afrique et d'Asie, comme ceux du Nil et du Brahmapoutre. Les populations affluent pour… y trouver l’eau qui leur manque ailleurs. Elles ne cessent de renforcer les risques de désastres humanitaires directs, mais aussi indirects (épidémies, famines, exodes…) que personne ne maîtrise plus.
Même une action planétaire cohérente et solidaire ne permettra pas d'éviter le changement climatique qui est en cours. Elle pourrait peut-être le diminuer, car en moins de 200 ans, l'industrie humaine a fait augmenter de 50% la concentration des gaz à effet de serre dans l'atmosphère. D'après les données recueillies dans les carottes glacières, elle était restée stable pendant les 400 000 années précédentes.
Dans le scénario le plus optimiste, le thermomètre montera de 1,4°C dans les cent prochaines années. Selon les scientifiques, le seuil nécessaire pour commencer à freiner le réchauffement se situe autour de 60% de réduction des émissions d'ici à 2050. C'est l'objectif que s'est par exemple fixé le Royaume-Uni. Il est beaucoup plus ambitieux que ceux du protocole de Kyoto. A l'inverse, si l'on ne fait rien, le réchauffement atteindra de 4°C à 5°C, voire près de 6°C d'ici à 2100. Avec des conséquences dramatiques: famines, sécheresses, épidémies, disparition d'espèces, inondations et menaces de la montée des eaux sur New York, Londres ou Tokyo.
Porter un jean en coton "biologique", conduire une Toyota Prius, utiliser du rouge aux lèvres à la cire d’abeilles, ne changera pas grand-chose si nous continuons à consommer massivement et donc à produire massivement. La première cause du réchauffement est la croissance économique colossale des sociétés modernes.
Au rythme actuel, la population mondiale atteindra 10 milliards en 2100. Dans le même temps, la consommation d'énergie par individu aura aussi décuplé. La production totale d'énergie serait donc multipliée par 100 en trois siècles ! La seule solution sérieuse est une transformation radicale de notre mode de vie. A défaut de celle-ci, l'humanité ne sera pas forcément totalement menacée à la surface de la planète. Elle a déjà fait la preuve de sa capacité d'adaptation. Mais le coût du maintien de nos habitudes est une hypothèque sur l'avenir de l'espèce. Or, les préoccupations collectives sont autres. Les efforts ne sont que pour les autres. Les responsabilités ne concernent que les autres.
On risque bien, dans un siècle, de ne plus parler de la pluie et du beau temps… Mais alors qu’aura-t-on à se dire quand on ne veut rien se dire ?
Mais je déblogue…
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9 août 2007 4 09 /08 /août /2007 08:15

 

 

Durant les vacances présidentielles, tous les voyants se mettent au rouge, les uns après les autres. Le retour au pays risque d’être douloureux pour le Président aux amis qui ne comptent pas, car il faut prévoir une véritable crise économique, que les effets d’annonce ne suffiront pas à résoudre. Les seules statistiques positives sont celle qui permettent de jubiler sur la chute du nombre des chômeurs que l’on n’arrive pas à expulser des listes officielles de l’ANPE. Pour le reste, il faudra se pencher sérieusement sur une inquiétante évolution des paramètres standardisés, qui ont la particularité de n’intéresser absolument personne tant ils sont discrètement commentés.
Par exemple, hier, on a appris que le déficit commercial français a continué de se creuser au premier semestre, selon les chiffres publiés par les Douanes. Un véritable gouffre de 15 milliards d'€ contre 13 un an plus tôt et 13,7 au second semestre 2006. Le déficit commercial s'est même élevé à 3 milliards d'€ (somme quasiment historique) pour le seul mois de juin. Cet aveu atteste que les mesures annoncées sur le bouclier fiscal, les heures supplémentaires, les diminutions des charges ne changeront absolument rien à la réalité. En fait, tout dépend des origines de l'ardoise commerciale. Quand elle est provoquée par une forte chute des exportations, il convient de s'inquiéter, car cela signifie que la qualité des produits nationaux baisse ou qu'ils deviennent trop chers. C'est un vrai déficit de crise. Or même si les causes sont multiples : un euro fort et du pétrole cher, mais aussi et surtout, selon le gouvernement, un problème de compétitivité et de dynamisme à l'export des PME françaises, auquel il promet de s'attaquer. Après une année 2006 qui s'était soldée par un déficit record de 26,8 milliards d'€, 2007 n'annonce donc rien de meilleur, bien au contraire.
Une contre-performance due, et c’est là le plus gros problème, justement à des exportations flageolantes, notamment dans le secteur automobile. Au total, les ventes françaises n'ont augmenté que de 1,3% par rapport au second semestre 2006, à 198,9 milliards d'€, malgré la livraison de 145 avions Airbus, un record semestriel, et une nette progression des ventes de produits agricoles et agroalimentaires. Dans le même temps les importations ont progressé de 2%, à 214,1 milliards d'€ ce qui démontre l’incapacité de notre pays à faire face aux demandes réelles du pays dans certains domaines.
MANQUE DE COMPETITIVITE COMMERCIALE
Pour expliquer le fait que, depuis trois ans, la France voit son déficit commercial se creuser assez nettement, on avance généralement deux raisons principales. La première est l'augmentation des coûts de l'énergie, et donc du transport et de la production en règle générale. Il y a aussi l'euro fort qui décourage les investissements et freine énormément le tourisme. Mais si ces deux variantes ne sont pas négligeables, elles ne peuvent expliquer à elles seules la hausse du déficit commercial français. Une multitude d'autres facteurs interviennent.
Le plus important d'entre eux est sans nul doute la faiblesse de la France en terme de compétitivité, et pas tellement du coté des prix mais plutôt du coté de la…qualité des produits exportés. Par exemple, elle est trop peu présente sur le marché mondial du luxe. De plus, les délocalisations font perdre au pays de nombreuses exportations. Ce qui, par conséquent, augmente les besoins d'importations. Chaque fois qu’une entreprise française va fabriquer à l’extérieur le produit qu’elle revendra en France, ou même dans un autre pays, elle s’enrichit en plombant la balance commerciale. Par ailleurs, l'habitude de maintenir les marges lorsqu'il y a des difficultés pèse énormément sur ce déficit commercial. Ce sont donc tous ces facteurs, plus d'autres de moindre importance, qui pèsent dans la balance.
Et actuellement, il est vrai que la France est dans le rouge. Heureusement que Sarkozy n’a pas payé son séjour aux Etats Unis, car il aurait aggravé la situation. Il publiera un énième communiqué de l’Elysée qui se voudra incisif et rassurant, dans le genre : " vous allez voir ce que vous allez voir, dès que je suis de retour je prends ma carte de VRP ! "
Hervé Novelli, le secrétaire d’Etat qui présentait, hier, pour la première fois ces chiffres devant la presse, en a profité pour livrer sa vision pessimiste du commerce extérieur. La " variable " euro "n'est pas, à elle seule, susceptible d'expliquer nos difficultés ", a-t-il estimé. Quant à l'énergie, sa facture a diminué de 9,5%, et le solde, hors énergie, accuse pour la première fois un déficit (-2,6 milliards), ce qui est jugé " préoccupant " par le ministre.
Si la France " perd des parts de marché ", c'est surtout le fait de " facteurs structurels ", a-t-il expliqué, prenant pour " référence " l'Allemagne, premier exportateur mondial, qui a annoncé pour sa part, hier, un nouvel excédent commercial de 16,5 milliards d'€ en juin.
UN GROS PROBLEME DE QUALITE
Hervé Novelli a pointé le faible nombre d'entreprises moyennes en France (elles sont deux fois plus nombreuses outre-Rhin), susceptibles d'exporter. Pour le ministre, leur présence insuffisante sur les marchés porteurs (Europe centrale, Chine, Russie) et leur compétitivité " dégradée " entament les marges des entreprises. On laisse une grande part des marchés émergeants à nos rivaux beaucoup plus offensifs et surtout moins frileux vis à vis des risques. Et ce n’est pas nécessairement un problème structurel, comme le prétend Hervé Novelli, mais un problème de culture et d’éducation. Et ce n’est pas demain qu’il sera résolu : on préfère fabriquer moins cher ailleurs, que de qualité avec de la main d’œuvre qualifiée chez nous (textile, chaussures, automobiles…)
Dans bien des domaines, la qualité des produits français n'atteint pas celle de ses concurrents. L'industrie automobile est très révélatrice de ce phénomène, puisqu' aujourd'hui, les firmes japonaises vont bien au-delà des sociétés françaises. Là où on tente d’économiser sur le confort, la consommation, les alternatives énergétiques, les autres cherchent à les valoriser. A défaut de pouvoir être compétitive sur les prix, car il est bien évident que les coûts de production d'une firme française ne peuvent rivaliser avec une firme chinoise, les entreprises françaises doivent donc impérativement mener une croisade sur la qualité afin de s’installer sur d’autres créneaux que ceux des pays à bas prix. Les coupes sombres effectuées dans les budgets de la recherche, de l’éducation vont finir par coûter très cher. Si l’on veut redresser, dans plusieurs années, la situation, il faudra d’urgence accorder plus de place aux formations, mais on n'en prend pas le chemin…
Par ailleurs, l'une des choses dont on ne parle jamais dans les exportations, c'est de la créativité et des ressources culturelles des entreprises. Cela est paradoxal puisque la France se targue souvent d'avoir un patrimoine culturel important. Or, la balance extérieure dans le domaine culturel est quasiment déficitaire (cinéma, télévision, mode, arts…), ce qui dénote une crise profonde dont on évite soigneusement de parler. Bientôt on parviendra à ne plus avoir aucune exception française dans ce domaine. Il suffit d’ailleurs de constater la quantité de films américains sur les écrans de télévision pour s’inquiéter pour l’avenir !
Les services sont aussi, peu analysés. On continue, à tort, de croire que les exportations ne touchent que les autres secteurs, notamment celui des matières premières. C'était vrai hier, mais ça ne l'est plus aujourd'hui. De nos jours, les services tels que la téléphonie, l’informatique, par exemple, sont ce qui s'exporte le mieux. C'est donc pour cela que l'on doit orienter nos capacités d'exportation vers ce secteur, où nous sommes distancés dans tous les domaines. Par exemple, lors d’une voyage au Chili, j’ai personnellement constaté que, sur une propriété exemplaire de plusieurs centaines d’hectares, on ne trouvait que les barriques qui étaient françaises. Dans tout le chai, il n’y avait que du matériel allemand ou italien… alors que nous pourrions trouver des débouchés pour des technologies françaises performantes. La seule réponse que j’ai obtenue, c’est que les Français ne souhaitaient pas favoriser la concurrence des vins chiliens et ne diffusaient donc pas les outils permettant de les améliorer (pressoir, cuves inox, robinetterie…). Du moins le croient-ils !
LES ALLEMANDS EN FLECHE
Les exportations allemandes ont, par contre, progressé à un rythme soutenu au premier semestre, même si l'euro fort commence à peser. Une performance qui contraste avec les statistiques piteuses du commerce extérieur français. A mi-parcours, la première économie de la zone euro a dégagé un excédent commercial record de 73 milliards d'€, contre… 51 milliards un an plus tôt. L'Allemagne est en bonne voie pour défendre son titre de championne du monde des exportations, car pour la cinquième année consécutive, ses exportations ont bondi de 11,2% à 478,5 milliards d'€.
Ces chiffres contrastent cruellement avec ceux exposés ci-dessus. Comme par ailleurs la consommation des ménages, traditionnel talon d'Achille de la première économie de la zone euro, commence à décoller, le PIB a vraisemblablement progressé plus que prévu au deuxième trimestre, malgré un ralentissement de l'activité dans certains secteurs comme le bâtiment.
Pour l'instant, les entreprises allemandes résistent plutôt bien à l'euro fort. Ces dernières semaines, les poids lourds de l'économie allemande ont quasiment tous fait état de carnets de commandes pleins, à l'instar du conglomérat MAN. La monnaie unique européenne a pourtant inscrit fin juillet un nouveau record face au yen et au billet vert à 1,3852 dollar. Peu importe : commercialement les Allemands sont partout. En tant que président de la commission d’appel d’offres des Services d’Incendie et de Secours de la Gironde, lors d’un appel d’offres européen, j’ai été obligé de constater que les futures ambulances de la Gironde seront fabriquées chez Viesmann et expédiées depuis… Stuttgart. Elles sont d’excellente qualité, livrées dans les délais et… moins chères que celles de France ! L'Allemagne résiste donc mieux que la France pour plusieurs raisons. Les trois quarts des exportations de l'économie allemande se font à l'intérieur de l'Union européenne, et quasiment pour moitié dans la zone euro, où les effets de change ne jouent pas. Les industriels allemands sont par ailleurs très présents en Chine, actuellement en plein boum… où les Français hésitent beaucoup à tenter l’aventure.
Heureusement que la Libye va sauver les meubles avec ces contrats négociés depuis des mois et qui viennent miraculeusement de se concrétiser. Si en plus, Clavier refait un tabac avec " Les Visiteurs ", si Johnny revient avec son argent, si Doc’ Gynéco arrive à se sortir mieux de ses concerts en Suisse, et si tous les Ministres prennent leurs prochaines vacances en France, on peut espérer compenser les dégâts et améliorer la situation. La balance ne penchera plus à… gauche car bien évidemment tout ceci est de la faute des 35 heures, des charges sociales, des contrats de travail et du nombre de fonctionnaires. Les acteurs économiques et la droite n’y sont pour rien.
Mais je déblogue…
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8 août 2007 3 08 /08 /août /2007 07:45

 

La fièvre aphteuse, cette maladie virale très contagieuse, a terrorisé et terrorise encore tous les éleveurs de la planète. Durant des décennies elle n’a cessé de bouleverser la vie quotidienne de celles et ceux qui plaçaient tout leur avenir dans des troupeaux. Dans les villages, l’arrivée d’un cas ressemblait étrangement à celui de la peste et générait des comportements comparables à ceux du Moyen Age. Généralement non mortelle, elle touchait en un laps de temps très court les bovins et les porcs. Elle peut aussi infecter les cerfs, les chèvres, les moutons et d'autres animaux aux sabots fendus, aussi bien que les… éléphants, les rats et, incroyable,… les hérissons. C’est dire si elle se propage à une vitesse phénoménale, faute d’une mise à l’isolement absolu des étables contaminées.
Les chevaux n’y sont pas sensibles et les hommes très rarement. Ce qui fait que les conséquences d’une épidémie sont beaucoup moins néfastes pour la population que pour les économies. En fait, ce sont les abattages des troupeaux qui ruinent les propriétaires, et non pas la maladie elle-même qui n’est pas nécessairement catastrophique. La fièvre aphteuse sévit dans de nombreux pays, et infecte partiellement l'Europe, comme actuellement la Grande Bretagne, l'Afrique, l'Asie et l'Amérique du Sud. Jusqu’à maintenant, il faut reconnaître que quelques pays, dont l'Australie, le Canada et les Etats-Unis où elle a pu être supprimée depuis presque 8 décennies, en sont exempts. Comme elle peut frapper de nombreux hôtes, sa diffusion est rapide et représente pour le monde entier une grande préoccupation. Comme tout paraissait calme et circonscrit à quelques cas rares, la plupart des pays européens ont été reconnus comme n’étant pas touchés, si bien que ceux qui appartiennent à l'Union européenne ont cessé la vaccination. La notion de rentabilité a pris le dessus sur le principe de précaution. Et, depuis quelques années, on en voit les résultats.
D’autant que les dangers de propagation du virus augmentent de manière considérable avec le réchauffement climatique. Aussi incroyable que ceci puisse paraître, ce phénomène est probablement à l’origine de la contamination de la Grande Bretagne en 2001. Il aurait été lié, selon certains spécialistes, à un nuage de poussières venant d'Afrique subsaharienne au moment de l'Aïd-el-Kabir, fête religieuse musulmane, qui aurait entraîné un mouvement très important de moutons). Comme plus aucun bovin Outre Manche n’était vacciné… le virus a vite proliféré. Il peut être véhiculé par la poussière, par des animaux infectés introduits dans un troupeau sain, par les déplacements de l'homme, par la consommation par des animaux de produits animaux infectés. L'abattage des animaux touchés fut systématique. La dernière épidémie a traumatisé la Grande Bretagne puisque 2.030 cas avaient été identifiés entre février et septembre 2001 et… 3,75 millions d'animaux avaient été abattus. Cette crise a coûté 8 milliards de livres (11,9 milliards d'€) dont 250 millions à l'industrie touristique et le gouvernement avait été très critiqué pour sa lente réaction.
LA VACCINATION DELAISSEE
Le débat ne va tarder à surgir dans l’actualité sur l’efficacité de l’abattage systématique. La politique d’abattage préventif systématique semble pourtant aujourd’hui un mal nécessaire car elle représente le seul moyen d'éviter que la maladie s’installe et dure. D’ailleurs, cette politique est mise en œuvre pour d’autres maladies telles que la tuberculose ou l’ESB. La fièvre aphteuse est une des maladies les plus contagieuses et résistantes qui soit. De 1840 aux années 1980, les épidémies ont été fréquentes, nombreuses, et importantes (ainsi, en 1952, on a connu jusqu’à 340 000 foyers), occasionnant des pertes importantes : 10% des animaux atteints de fièvre aphteuse, souvent les plus jeunes, meurent et, lorsque l’animal guérit, il garde des séquelles qui peuvent être majeures et durables. Il n’a plus, parfois, de valeur marchande réelle !,
Pour lutter efficacement contre la maladie, on a d’abord pratiqué la vaccination, facultative puis obligatoire : cela a permis de réduire la présence de la maladie. Pour l’éradiquer, la France, dans les années 70, a donc décidé de combiner vaccination et abattage des cheptels touchés. Puis, dans les années 90, la disparition de la maladie du territoire européen, a conduit l’Union européenne à interdire totalement la vaccination. Nul ne peut savoir si la décision aura été positive, car les contaminations ont repris, avec des désastres économiques pour bien des éleveurs. Il faut bien convenir que l’on a soupçonné, en 2001, les Anglais d’avoir préféré l’abattage à la vaccination pour de basses réalités économiques !
Côté anglais, il y a certainement eu une histoire de gros sous qui est entrée en jeu car la destruction massive a été finalement remboursée à 60% par… l’Union européenne. A ce sujet, certains vont jusqu'à avancer que les Anglais auraient eu un immense intérêt à abattre massivement leurs troupeaux de moutons : celui de pouvoir ensuite reconstituer des cheptels avec des moutons achetés en Nouvelle-Zélande ou en Australie. Moutons qui ont pour spécificité génétique de ne pas pouvoir contracter la tremblante, une maladie qui touche régulièrement la Grande-Bretagne. Mais bien évidemment, ce ne sont que de basses calomnies ! Et pourtant, les faits de cette semaine confirment que les ovins semblent échapper à la contamination bizarrement venue d’un laboratoire. Il faudra cependant attendre pour ne pas… avoir d’autres certitudes que celles que la Grande Bretagne voudra bien donner !
DES LABORATOIRES PASSOIRES
En fait, on commence juste à évoquer une cause limitée à l’épidémie actuelle circonscrite aux bovins. Nommée 01 BFS67, ce type de fièvre aphteuse n’a pas sévi dans le pays depuis 1967. En revanche, elle est utilisée pour la production de vaccins, ou sert de base à quelques travaux de recherche sur le virus. Or, deux laboratoires spécialisés dans ces domaines campent justement à 6 kilomètres du site. L’un est utilisé par l’Institut pour la santé animale (IAH), un organisme gouvernemental qui constitue une référence en matière de recherche sur la fièvre aphteuse, testant et classant les souches repérées aux quatre coins du monde. L’autre abrite la compagnie pharmaceutique Merial, issue du rapprochement du laboratoire américain Merck et de son homologue français Sanofi-Aventis. Là sont mis au point des vaccins contre les différentes souches de la maladie. Si la responsabilité de l’un des deux sites est confirmée, le virus aurait eu deux options pour parvenir à la ferme infectée : "Soit s’échapper à travers le système d’aération, soit contaminer les vêtements d’un laborantin. Si l’un des deux cas se confirme, c’est qu’il y a eu une faille dans la stérilisation de l’air, de celle des vêtements ou des équipements." explique un responsable anglais. Ce week-end, l’IAH et Merial assuraient qu’ "aucune erreur" dans leur système de biosécurité n’avait été enregistrée. Mais, pour les deux instituts, les présomptions sont de plus en plus fortes. Merial a utilisé la souche pour mettre au point un lot de vaccins diffusés, étrange coïncidence, le 16 juillet dernier. Tandis que l’Institut d’Etat pour la santé animale afficherait des failles dans son protocole d’hygiène. C’est ce que concluait un rapport remis en 2002 par un organisme indépendant. Au lendemain de la crise de fièvre aphteuse qui avait ravagé le pays en 2001, celui-ci montrait déjà le labo du doigt, soulignant l’aspect non conforme de certains espaces. Les coupes budgétaires récentes et les réductions successives de personnel n’ont fait sans doute qu’aggraver les choses. Mais qui s’en souciera véritablement, dans la mesure où partout on entend le même leitmotiv : réduire les charges de personnels soit pour réduire les prélèvements fiscaux, soit pour augmenter les profits ! Peu de médias reprendront ce lien entre des emplois malmenés et les manquements à la sécurité, car elle s'adapte à de multiples autres secteurs de l’activité humaine quotidienne : nucléaires, médicaux, sanitaires…
LES CERTITUDES DE L’O.M.C.
Désormais, on va vite parler d’indemnisation, d’exportations et d’importations, de fermeture de frontières, mais on évitera soigneusement d’évoquer la loi implacable du marché et de la concurrence internationale dans le domaine de le secteur de l’agroalimentaire. La future " guerre mondiale " découlera, après le contrôle des ressources énergétiques, de celui de la nourriture. On le voit bien avec le faux débat engagé sur les OGM, car toute tentative destinée à mettre en garde contre les conséquences d’une dépendance mondiale des " semenciers " dominants se heurtent à la seule notion d’intérêt vital pour certains exploitants.
Ainsi, en septembre 2006, l’Organisation mondiale du commerce (OMC) a confirmé sa décision, prise en février, de condamner six Etats membres de l’Union européenne, dont la France, pour non respect des décisions prises sur la libre plantation et circulation des OGM. L’organisation internationale a reconnu que l’Union avait imposé un moratoire sur les OGM jusqu’en 2003, mais que celui-ci avait depuis lors été levé, rendant ainsi inutile toute condamnation sur ce point. En revanche, les mesures d’interdiction prises contre neuf produits génétiquement modifiés par l’Allemagne, l’Autriche, la Belgique, la France, l’Italie et le Luxembourg, et qui sont toujours en vigueur, ont été jugées contraires aux règles du commerce mondial.
L’OMC indique que l’UE " doit encore lever le moratoire complètement ", et estime que les produits biotechnologiques faisant l’objet d’une demande d’autorisation de mise sur le marché européen doivent faire face à des " délais injustifiés motivés par des raisons politiques ". L’OMC a rappelé que ces interdictions " n'étaient pas fondées sur des évaluations des risques au sens de l'accord international sur les mesures sanitaires et phytosanitaires ". Le principe de précaution s’efface devant la libre concurrence, imposée par les pays les plus puissants. On peut considérer que la fièvre aphteuse illustre la terrible menace qui pèse sur des filières soumises uniquement au rendement, à la rentabilité immédiate, car à la moindre secousse imposée par la nature, elles s’effondrent comme des châteaux de cartes. Un élevage tombe. Un second suit, et demain un troisième… L’essaimage du virus via un laboratoire de recherche réputé étanche devrait pourtant interpeller celles et ceux qui affirment péremptoirement que les cultures en plein champ des OGM ne peuvent pas avoir de conséquences au-delà de leur périmètre de plantation. Ce n’est pas être ringard, attardé mental, anti paysan, affameur de la planète, qu’affirmer qu’il vaudrait mieux être prudent quand on voit comment la fièvre s’empare d’un pays dès que la catastrophe se pointe.
Mais je déblogue…
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7 août 2007 2 07 /08 /août /2007 08:20

 

Il existe des formes d’intoxication diverses dont on ne mesure l’impact que lorsque l’on se trouve en état de manque, ou pire, quand les effets secondaires deviennent très prégnants. Tous les spécialistes vous le diront, dans un cas comme dans l’autre, les dégâts psychologiques peuvent être très graves et provoquer des réactions violentes. On sait, par exemple, que le sevrage n’est pas la démarche la plus facile, car elle conduit à un stress permanent. Celles et ceux qui décident d’arrêter de fumer connaissent cette détresse qui pousse parfois à des gestes d’énervement déplacés. Elle vient de frapper de manière très prévisible un intoxiqué plus célèbre que les autres : Nicolas Sarkozy !
Ce paisible vacancier ayant fui son redoutable quotidien pour rejoindre une bande de copains dans un gîte de groupe au bord d’un lac, espérait probablement, comme tous les gens ordinaires accablés par les contraintes de leur boulot, ressentir les effets de la fracture. Les vedettes ont toutes, à un moment ou à un autre, éprouvé ce terrible affrontement entre ce que l’on a tellement souhaité et ce que l’on finit par vouloir fuir, quand il ne vous est plus favorable. Heureusement que les " Jités " n’ont pas parlé hier soir de cette faiblesse brutale affectant celui auquel les Françaises et les Français ont pourtant confié leur destin. Lui, si sûr de lui, si présent, tellement empressé à utiliser du système médiatique, a cru qu’il arriverait à vivre sans sa dose quotidienne de caméras dociles en tous genres. Il avait imaginé se désintoxiquer durant un laps de temps suffisamment long de cette véritable drogue portée par l’omniprésence médiatique. En fait, il avait sous-estimé l’appétit permanent dont font preuve certains fauves du journalisme. En les " nourrissant " de morceaux choisis, et en jouant à les leur dissimuler pour éviter qu’ils n’aillent trop loin dans leur dégustation, Nicolas Sarkozy s’est lui même placé en fâcheuse posture. Il n’a pas envisagé que d’autres que lui aient besoin de leur dose de notoriété donnée par des journaux, des radios et des télévisions complaisantes. Il a pensé que la distance lui permettrait d’échapper aux conséquences de son expédition à Tripoli.
Seulement, le fils de Kadhafi, visiblement aussi mégalo que son père, a oublié de tenir sa langue et ne cesse d’alimenter une polémique dont se serait bien passé celui qui découvre que les secrets ne durent pas davantage que les roses dans le désert libyen. En fait, hier, ce jeune homme bien sous tous rapports, car représentant " d’un pays en voie de démocratisation " a tout déballé. De quoi rendre nerveux et irascible celui qui se croyait à l’abri de révélations cruelles, dans Newsweek, au moment même où Nicolas Sarkozy est à portée de la presse américaine.
UN JEU IMMORAL
Le fils du président libyen, Seif el-Islam Kadhafi, a affirmé à l'hebdomadaire américain que l'affaire des infirmières bulgares a été un "chantage", mais que les Européens ont aussi fait chanter les Libyens et ont " payé le prix " d'un " jeu immoral ". Et il s’y connaît en la matière ! Il indique aussi, dans l'édition internationale de l'hebdomadaire datée du 13 août, qu'un engagement de Paris dans le secteur de la santé en Libye se chiffre à des " centaines de millions d'€ " et qu'un projet de fourniture d'un réacteur nucléaire porterait sur des " milliards ". C’est pas bon du tout pour le moral des Françaises et des Français, qui voient leurs hôpitaux ramer en période estivale et au moment de la création de la franchise médicale pour payer la recherche.
Le bavard ajoute en effet qu'il en coûtera aux contribuables hexagonaux " pas moins de 300 millions d'€ pour l'hôpital de Benghazi ", pour rénover l'établissement libyen. Paris n'avait jamais donné le moindre chiffre sur le coût des travaux. Paris et Tripoli ont aussi signé, si l’on en croit les précisions fournies par Seif el-Islam Kadhafi, un projet d'accord sur une centrale nucléaire destinée à dessaler l'eau de mer ce qui nécessitera " un très gros et très onéreux " réacteur. Avouez qu’il y a de quoi gâcher vos vacances et  vous rendre furax vis à vis de ces médias qui, en France, utilisent beaucoup plus d’euphémismes, ou qui savent surtout se taire. Quand on tente de cocufier le monde, celui ci finit par se révolter.
Et il est certain que l’accoutumance sarkoziste pour les effets d’annonce ne va pas faciliter la cure de silence qu’il était censé s’imposer. D’ailleurs, il est vite sorti de sa cure pour aller devant micros et caméras répéter qu’il n’y avait eu aucune contre partie à la libération des otages bulgares et se faire clouer le bec par Newsweek quelques heures plus tard ! Ah ! Pourquoi ne pas être allé au Fort de Brégançon… et à la messe dominicale comme le faisaient avec tellement de talent Jacques et Bernadette ? Il a eu beau clamer avoir droit à des vacances familiales paisibles, il n’a pas été écouté par ces Américains, peu respectueux des convenances !
ALLERGIE MEDIATIQUE BRUTALE ET AIGUE
Est-ce cette déconvenue et quelques questions sur ses vacances dans " l’Amérique profonde " ou une crise de développement trop rapide de l’ego qui ont provoqué hier une brutale allergie médiatique répulsive ? On ne le sait pas véritablement. En tous cas, Nicolas Sarkozy a eu une poussée très forte d’agressivité, en constatant que les objectifs indiscrets traquaient encore un éventuel mensonge. L’habitude étant mauvaise conseillère et les tranquillisants habituels absents, il n’a pas supporté que des reporters débusquent Rachida Dati, Ministre de la justice d’un pays démocratique, tapie au fond d’un bateau.
Elle a en effet été photographiée par l'Associated Press sur un bateau, en compagnie du couple Sarkozy, sur leur lieu de vacances, alors qu’elle avait annoncé prendre du repos sur la côte méditerranéenne pour respecter les consignes présidentielles sur les possibilités de retour rapide des Ministres à Paris en cas de difficultés. Cette fois, les appareils photos n’étaient pas les bienvenus, car ils ne représentaient ni Voici, ni Gala, ni VSD, ni Paris Match, ni le Figaro Magazine dont le nouveau directeur de la rédaction, Etienne Mougeotte n’aurait pas toléré pareille incongruité ! Lorsqu'il a vu le photographe de l'Associated Press Jim Cole et celui de Sipa Vince DeWitt, Nicolas Sarkozy les a pointés du doigt et son bateau a commencé à voguer vers eux, selon Jim Cole. Une fois côte à côte, Sarkozy, portant son seul maillot de bain, a sauté à bord du bateau des deux photographes et a commencé à les invectiver en français (il n’a pas, comme bien des Français, l’Anglais facile). Il a retrouvé son calme après la promesse faite par Cole et DeWitt d'arrêter de prendre des photos. Le président français est remonté à bord de son bateau et a repris sa course sur le lac, suivi par un bateau transportant des agents du Secret Service, le service américain chargé de la protection des personnalités. La crise était terminée, mais les clichés étaient en magasin… Et cette fois, sans contre partie ! D’ici à ce qu’il faille s’engager dans la guerre en Irak pour récupérer les " otages français de Wolfeboro ", station maudite du New Hampshire... Il est vrai qu’une image de la Ministre de la Justice, prise en flagrant délit de mensonge, ce n’est pas tellement vendeur pour la France !
LA FRUSTRATION MENACE
Avouez que ce fut une journée estivale catastrophique pour celui qui a tellement l’habitude de compter sur les médias, plus que de les combattre. D’autant que l’on commence à mettre en doute l’angélisme de ses propos dominicaux sur les conditions de ses vacances : " Je suis venu à Wolfeboro parce que j'ai des amis qui viennent depuis des années et qui m'ont dit que c'était l'Amérique profonde, l'Amérique que l'on aime avec des forêts, des lacs, de la tranquillité. Ils y viennent depuis des années, ils ont loué une maison, ils nous ont invités, point". Il n'avait toutefois pas révélé l'identité de ces amis, comme après le repas au Fouquet’s et la mise à disposition d'un  yacht par ce brave M. Bolloré. Il semble que le second séjour donne lieu aux mêmes spéculations que le premier, puisque certains journalistes ont identifié Frédéric Otto, directeur général de la banque privée Edmond de Rothschild Luxembourg, comme pouvant être le généreux contributeur aux vacances présidentielles et ministérielles. On ne tardera pas, de toutes les manières, à le savoir via le Canard Enchainé, car pour les autres médias, on se contentera de vous assurer que ce n’est pas avec les pièces jaunes de l’Elysée !
La journée a pris encore une tournure plus terrible quand est parvenu le rappel vers Dieu du cardinal Jean-Marie Lustiger, qui a été archevêque de Paris pendant 24 ans, et est décédé à l'âge de 80 ans. Quelle idée a eu cet homme respectable de décéder en pleines vacances présidentielles, empêchant ainsi Nicolas Sarkozy d’assister à ses obsèques ? Serrault avait fait déjà le pitre en partant en son absence, c’est déjà beaucoup. Un manège s’effondre, et il ne peut pas aller sur place : c’est trop ! Quelle frustration. Il ne manquerait plus que l’été se mette à virer à la canicule pour que la catastrophe menace !Août (on se demanee bien pourquoi ce jour là ?) de 1,1 % ; que l’allocation de rentrée augmentera de… 4,56 € par rapport à l’an passé ; que la baguette de pain va prendre (ou a pris) de 5 à 7 % de plus ; que les fruits, les légumes s’envolent ; que le groupe Unilever ayant fait des profits faramineux annonce " 20.000 licenciements "… et que près de douze millions de Français ne partiront pas en vacances cet été, soit près d'un foyer sur cinq…faute de moyens financers suffisants. Tous ces gens seront certainement ravis d’apprendre que leur Président sera prochainement reçu par le Président Bush. Flatteur pour un homme qui n’aime pas les appareils photographiques et les caméras sur ses lieux de vacances. Ils parleront de la Libye ! Et la côte de popularité de Nicolas Sarkozy dans le JDD fera un bond de + 5 points !
Mais je déblogue….
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6 août 2007 1 06 /08 /août /2007 08:15

 

CNE ! Le contrat nouvelles embauches, qui permet aux entreprises de 20 salariés au plus de licencier sans motif pendant deux ans, est né il y a deux ans pile. Un bel anniversaire que le gouvernement actuel et les " Jités " ont totalement oublié de célébrer ce week-end. Et pourtant du temps où Sarkozy avait beaucoup moins d’amis qui l’invitaient à prendre des vacances gratis chez eux, cette mesure fut présentée comme devant bouleverser le marché de l’emploi. On aurait pu mettre deux bougies sur un gâteau fabriqué par un pâtissier CNE et les souffler devant les caméras.
Depuis 2 ans, plus de 900 000 intentions d’embauche en CNE ont été enregistrées. Ce contrat représente 5,4 % des intentions d’embauches dans les entreprises auxquelles il était destiné. Il instaurait une période dite de consolidation de deux années maximum (tiens donc) dont le point commun, avec la période d'essai, est de pouvoir être rompue, tant par l'employeur que par le salarié, et cela sans indication de motif. De plus, durant cette période, la rupture n’est pas soumise à l'article L. 122-14-3 du code du travail exigeant que le motif présente un " caractère réel et sérieux ". En revanche, une rupture abusive par l'employeur pendant la période de consolidation comme pendant la période d'essai pourra être sanctionnée par le juge.
Si l'employeur rompt un CNE pendant la période de consolidation, il doit verser au salarié une indemnisation correspondant à 8% de la rémunération totale (contre 10% pour l'intérim).
Cette rupture échappe à la procédure habituelle de licenciement : elle doit seulement être notifiée par lettre recommandée avec accusé de réception. Si la lettre mentionne expressément que le délai pour contester la rupture pendant la période de consolidation est d'une année seulement, le salarié ne pourra plus contester la rupture après l'écoulement de ce délai, solution particulièrement sévère. Le CNE n’a donc pas donné du travail qu’aux salariés des PME. Il a beaucoup occupé les juges avec plus de 800 litiges comptabilisés. Du coup, le nombre d’embauches en CNE n’a cessé de diminuer au fil des mois, dans un marché du travail en progression. Tous les reproches qui lui avaient été faits se sont révélés justes et des études indépendantes fiables… ont mis en évidence que cette précarisation officielle de l’emploi n’avait pas eu les résultats escomptés.
Selon celle du Conseil d'analyse économique de l'université de Paris I-Sorbonne, le CNE pourrait entraîner la création de 70 000 emplois supplémentaires à l'horizon de… 10 ans (soit une baisse de 0,5 points du taux de chômage) tout en augmentant l'instabilité du travail et " une légère détérioration des conditions de vie des demandeurs d'emplois, équivalente à une diminution de 0,47 % du revenu ". Une autre affirme cependant que " l’effet net sur l’emploi du CNE est au maximum de.. 35 000 emplois fin 2006 et qu'il n’en créera pas en 2007 ". Vous comprendrez aisément qu’un tel anniversaire ne rassemble pas beaucoup de monde alors que des centaines de milliers de convives étaient attendus au festin de l’insertion professionnelle.
UN FIASCO REEL
Lors de la campagne des présidentielles peu d’électrices et d’électeurs se sont déterminés sur le bilan du gouvernement sortant, auquel appartient l’admirateur de " l’Amérique profonde ". Ils ont occulté totalement, sous l’influence d’une " pipolisation " forcenée, les premiers ravages de l’ultra libéralisme pourtant tempéré par l’échec retentissant du CPE. Deux ans plus tard, on en a pourtant le résultat probant : un fiasco réel pour l’emploi, quand on ne tripatouille pas les statistiques de l’ANPE. Les décisions dogmatiques qui se préparent reposeront sur les mêmes principes, voulant que plus la précarité s’installe, plus l’embauche devient facile, et plus le chômage recule ! D’ailleurs, autour du berceau du CNE, on retrouvait la grande famille du CAC 40. On a ainsi eu, lors du faire-part de naissance, le message de félicitations du Fonds Monétaire International, vous avez, cet organisme socialiste que va présider DSK. Il avait envoyé un texte sympathique, dont l’essentiel se trouvait dans ces phrases prémonitoires (NDLR : je vous rassure ce n’est pas DSK qui signerait pareil contenu) : " Les ordonnances adoptées le 2 août en Conseil des ministres vont dans le bon sens parce qu’elles sont fondées sur une analyse pertinente des freins actuels à l’embauche et qu’elles apportent des réponses pragmatiques. " Ce soutien avait bien entendu été accentué par le chœur des vierges du MEDEF qui s’était " félicité " de l’efficacité de la mesure.
Le 2 août 2006, Laurence Parisot, la Présidente de cette docte assemblée désintéressée, avait déclaré sans ambages  " Les chefs d’entreprise n’ont qu’un désir, faire grandir leur entreprise, la renforcer, et donc embaucher ". Elle avait d’ailleurs rappelé aux MEDEF territoriaux combien leur mission de relais sur l’importance du CNE était cruciale. Voilà qui promettait de beaux jours à ce nouveau contrat. Pour informer les dirigeants d’entreprise des avancées législatives qui les concernaient, le MEDEF Paris organisait généreusement un cercle juridique et tenait, grâce à l’aide de… cabinets d’avocats, une veille sur son extranet. On sentait que les Présidentielles approchaient, et qu’il fallait absolument préserver ce qui avait été demandé mais se révélait, dans la réalité, une source d’ennuis pour les bons patrons de combat.
TECHNOCRATIQUE ET SANS INTERET
Il faut cependant reconnaître que certains d’entre eux étaient loin d'être favorables à l'instauration du CNE. Une organisation comme la Confédération européenne des indépendants s'était montrée plus que réservée à ce sujet, en revendiquant une baisse très significative des charges sociales sur le territoire français, au lieu de la mise en œuvre de cette mesure, à ses yeux, technocratique et sans grand intérêt. Dommage que les électrices et les électeurs aient davantage entendu la patronne des sondeurs que ceux qui savaient que ce ne sont jamais les opportunités législatives qui favorisent l’embauche dans le privé, mais tout simplement le niveau du marché.
S’il n’y a pas de chantiers, de commandes, de recherches, on ne voit pas pourquoi on ferait appel à un ouvrier, une vendeuse ou un ingénieur… de manière définitive ou précaire. La confiance dans l’avenir et un pouvoir d’achat serein constituent des supports beaucoup plus forts que tous les décrets et lois. Plus on précarise et plus on va à l’encontre des engagements utiles pour l’emploi.
Bien que la Fédération bancaire française et De Villepin aient recommandé  vainement aux banquiers de considérer le CNE comme un CDI pour l'octroi des prêts, les banques ont considéré, pour leur part, le dispositif comme les autres contrats de travail précaires. Avoir un conjoint en CDI permettrait d'avoir un crédit. Autrement, il fallait aller voir ailleurs. Concernant le logement, les contrats d'assurance " loyers impayés ", même verdict : quasiment impossible pour le salarié d’obtenir un logement. Lentement mais sûrement, le paradis promis tournait mal et les Présidentielles passées, on a oublié les bienfaits d’une mesure, farouchement combattue par la Gauche, dans l’indifférence générale. Les syndicats, et l'ensemble de la gauche, s’étaient élevés pour critiquer la précarité qui résultait du CNE pour le salarié, qui serait dissuadé de protester contre d’éventuelles mauvaises conditions de travail ou des heures impayées ou toute autre chose, de peur de déplaire à son patron et donc de se voir licencier. Les tribunaux sont encombrés de dossiers qui vont, deux ans plus tard, définir une jurisprudence qui sabordera définitivement le dispositif.
LE SCENARIO EST IDENTIQUE
Le problème c’est que le jour de l’anniversaire du CNE, l’Assemblée nationale renouvelée a adopté le " paquet des cadeaux fiscaux " sans que la France profonde (Raffarin avait dit la France d’en bas !) qu’a fui Nicolas Sarkozy se réveille, car préoccupée par un été pourri. Il faudra attendre un gâteau d’anniversaire pour que, dans deux ans, on fasse un bilan identique de l’exonération fiscale des heures supplémentaires. Le scénario est identique, puisque l’on retrouve le même cérémonial, les mêmes rites et les mêmes présents, autour des fonds baptismaux.
Tenez, voici pour vous en convaincre, les louanges de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris : " La CCIP accueille très favorablement cette détaxation des heures supplémentaires : la mesure encourage l’activité en abaissant le coût du travail et en favorisant le pouvoir d’achat ; elle a créé de la souplesse dans la gestion de la durée du travail, surtout dans les PME et les secteurs à fort besoin de main d’œuvre, qui sont confrontés à des difficultés de recrutement. Son intérêt symbolique est également grand pour le rétablissement de la " valeur travail ". Pour offrir toutefois de véritables marges de manœuvre supplémentaires aux entreprises et aux salariés qui souhaitent travailler davantage, et pour en libérer toutes les potentialités, le dispositif devrait être complété par l’adoption des propositions suivantes : relever le montant du contingent légal d’heures supplémentaires, pour aider notamment les entreprises non couvertes par un accord collectif et pour favoriser les métiers en tension ; autoriser les parties à recourir au forfait annuel en jours dans le contrat de travail ; assouplir la réglementation en augmentant le plafond légal d’heures complémentaires pour les salariés à temps partiel. " Toujours le même discours ! Toujours l’affirmation que la réglementation est néfaste à l’embauche ! Toujours la même soif d’accroître les marges par la diminution des charges de solidarité ! Toujours l’exploitation des opportunités offertes par le libéralisme.
Imaginez un instant que vous soyez un patron lucide et soucieux des dividendes de vos actionnaires. Si vous avez embauché un jeune en CNE, dépêchez vous de le licencier sans motif et sans risques, le plus vite possible, il ne vous en coûtera pas cher, et… offrez ses heures de travail en heures supplémentaires au reste du personnel. Vous serez doublement gagnant et vous améliorerez le marché de l’emploi ! A moins que vous ayez une confiance aveugle dans Nicolas Sarkozy et que vous attendiez le contrat unique d’embauche en préparation auquel cas vous pariez sur l’avenir et vous pourrez encore faire mieux en conjuguant tous les avantages. Un peu de patience : le soleil est revenu, et le Président se ressource. Dites, au fait : c’est encore loin l’Amérique ?
Mais je déblogue…
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5 août 2007 7 05 /08 /août /2007 18:28

 

Le quotidien de la vie sociale collective connaît des évolutions. Les problèmes se développent différemment d’une époque à l’autre, mais avec désormais une rapidité largement accentuée. Depuis plusieurs mois, tous les élus locaux des villes et villages un peu denses sont confrontés, par exemple, aux nuisances sonores des deux roues motorisés de toutes sortes. Cette nouveauté venant de la prolifération des achats effectués par les familles à des adolescents en quête de liberté agace singulièrement les riverains des places, rues ou squares, car les décibels sont parfois intolérables. Ces bruits désastreux pour la tranquillité publique à certaines heures de la journée et surtout de la nuit, s’accompagnent d’une tendance à passer et repasser par les mêmes itinéraires, et surtout à emprunter ceux qui augmentent les décibels par réverbération du son.
Dans les contacts réguliers avec les gens, ce comportement est de loin celui qui est le plus dénoncé. Et il faut bien convenir qu’il est très difficile à cerner et à sanctionner. D’abord, parce que les gendarmes ne sont pas dotés de sonomètres, même si leur simple appréciation du bruit suffit à générer une contravention. Ensuite, la législation n’obligeait pas à avoir une immatriculation des deux roues et donc rendait délicate l’identification des " récidivistes ". Enfin, il existe des " véhicules " de plus en plus diversifiés qui échappent dans les faits à des sanctions par " indulgence " comme les motos tout terrain qui ne devraient normalement être utilisables que hors des voies de circulation. Cette réalité permanente met également en jeu un volet de la qualité de vie, lié à la consommation de carburant, à la pollution, et surtout aux atteintes au milieu naturel quand on croise sur des chemins forestiers ou de randonnées ces deux roues, impossibles à " attraper ", car prompts à s’évanouir dans le paysage avant l’arrivée des forces de l’ordre. Dans certaines communes, la situation devient même extrêmement tendue face à ce phénomène de détérioration incontestable de l’environnement quasiment en toute impunité.
Depuis quelques mois une nouvelle pratique s’étend et renforce les dégâts : celle de l’achat de mini motos. Elles sont petites mais elles dérangent bien des habitants : pour cause de bruit et d’accidents, les mini motos, encore appelées "pocket bikes", sont, avec les " quads ", dans le collimateur de bien des maires. Ils accentuent le désarroi des élus locaux face à des utilisations outrancières de la liberté d’achat.
LE NOUVEAU FLEAU DES MINI MOTOS
Officiellement, les mini motos sont interdites de circulation sur la voie publique et les contrevenants risquent une amende de cinquième classe (jusqu’à 3 000 € dans les cas de récidive). Mais, elles sont pourtant en vente sur Internet et dans des magasins de grande distribution à partir de… 100 €. C’est un vrai problème : les mini motos sont considérées comme des jouets", et vendues dans des magasins qui ne mentionnent pas leur caractère dangereux pas plus que les revendeurs de pots d’échappement ne mettent en garde les acheteurs contre les modifications interdites qu’ils seraient tentés d’effectuer. Pour eux l’essentiel reste de… vendre ! Selon la commission de la sécurité des consommateurs (CSC), il y aurait en France plus de 40 000 mini motos dont les nuisances ne sont pas seulement sonores et environnementales. Ces petits engins, qui peuvent atteindre des vitesses dépassant 50 km/h, sont à l’origine d’accidents graves : le 5 juin, à Evry (Essonne), une petite fille de 5 ans a ainsi été grièvement blessé par un de ces engins. Le phénomène prend de l’ampleur et les protestations montent dans certains lotissements, sur cette nouvelle mode qui voit des… adultes ou des adolescents utiliser des " jouets " ou des " quads " lors d’interminables rondes vrombissantes.
Dans la hiérarchie des bruits gênants, les nuisances sonores générées par les deux roues à moteur sont le premier motif de plainte des maires et constituent un phénomène portant atteinte à la tranquillité d’un nombre toujours croissant de personnes. C’est incontestable.
Les bruits des deux roues motorisées ne sont à proprement parler ni de véritables bruits de voisinage, ni des bruits de circulation typiques. Pour cette raison, ils ne sont qu’imparfaitement traités par les dispositifs réglementaires propres aux bruits de voisinage ; il en va de même du traitement classique des nuisances sonores générées ou induites par les infrastructures de transports terrestres. La réglementation en vigueur est dense, complexe et disparate. De nombreuses infractions sont sanctionnables sur le fondement de plusieurs textes – défaut de dispositif d’échappement, dispositif d’échappement non homologué, utilisation d’un échappement modifié, comportements anormalement bruyants, mais il n’existe pas par exemple de visite de contrôle technique obligatoire pour ces " deux roues ", alors qu’ils sont pourtant immatriculés. On sait fort bien que le lobby des fabricants est plus puissant que celui des… Maires !
UN USAGE CONTROLE ET MESURE
Il n’est pas question de remettre en cause les motards, ou l’utilisation pour les déplacements de proximité des deux roues à moteur. Il est bien évident que ces engins sont très utiles pour de petits déplacements. Ils permettent à beaucoup de jeunes gens (voire à de moins jeunes) de circuler et de se rencontrer. C’est incontestable. Néanmoins, il faut bien admettre que les concentrations nocturnes ne favorisent pas la compréhension citoyenne. De plus, dans l’optique d’une société plus économe en carburant, il serait souhaitable probablement d’en développer l’usage. Mais cet usage doit être l’objet d’une attention particulière en matière de sécurité et rester conforme à la législation en vigueur. Ce qui n’est pas le cas !
Le bruit peut avoir bien sûr des conséquences psychologiques et physiologiques très importantes. Il représente également tout ce que l’on cherche à fuir en habitant ou en se promenant en montagne, dans un lotissement paisible, dans une petite cité détendue. Le silence est une des qualités essentielles recherchées par les nouveaux habitants qui viennent chez nous, et les plaintes arrivent vite dès qu’ils constatent que le… voisin et son fils s’évertuent à le détruire par des utilisations intempestives et surtout inutiles. Il n’est plus question désormais de choisir entre la liberté d’usage du deux roues et le droit au silence du citoyen. Elles présentent une différence d’échelle considérable. Un seul motard dérange potentiellement plusieurs dizaines de personnes en traversant par exemple le centre de Créon vers 2 heures du matin. Il monopolise cet espace alors que le bruit produit empêche tous les autres de trouver le calme nécessaire à leur équilibre, à leur activité, au sommeil…Un marcheur occupe un mètre carré et encore sans déranger personne….Le nombre d’utilisateurs de deux roues est très réduit par rapport au reste de la population mais leur pouvoir de nuisance est très élevé ! C’est un peu similaire aux aboiements des chiens qui arrivent forcément en seconde position des récriminations quotidiennes arrivant en Mairie.
PARFAITEMENT ILLEGAL
La circulation des engins à moteur est aussi formellement interdite dans le milieu naturel en dehors des voies ouvertes à la circulation. En particulier, la circulation des motos sur les sentiers ou dans les prés est parfaitement illégale. Cette loi est mal connue ou ignorée par de nombreux motards. Les motos non immatriculées ne peuvent circuler sur les routes (et encore moins sur les sentiers). Leur usage est réservé aux circuits prévus à cet effet et il est faux de prétendre que leurs propriétaires ne le savent pas en les acquérant. Désormais, les deux roues ont reçu en renfort les " quads " qui font " branchés ".
La France est désormais le premier marché européen pour ces engins. Réservés jusqu'alors à un usage utilitaire en terrain difficile, ou de loisirs en circuits fermés, on assiste aujourd'hui à une dérive d’utilisation de ces " quatre roues " en totale impunité, en raison de la réglementation en vigueur qui est sujette à diverses interprétations, et de l'ignorance, voire d'un certain laxisme des pouvoirs publics. Les fabricants ont tenté de masquer ces réalités en affublant ce nouveau loisir de l’adjectif " vert ", effet de mode, et surtout offensive commerciale massive de la part des constructeurs participent à ce succès. Certaines collectivités territoriales voient là un bon vecteur publicitaire. C'est ainsi que les rassemblements, salons et démonstrations de quads et de 4x4 se multiplient, et les achats explosent.
Le volume du marché s’établirait à plus de 40 000 unités par an depuis 2004. Ces chiffres de vente annuels ne représentent que les modèles immatriculés car, et c’est déjà un scandale, les chiffres n'existent pas pour le non homologué, ce sont juste des déclarations des constructeurs, mais certains n'en donnent pas. Les constructeurs japonais n'ont pas recours à l'homologation, où du moins pas directement sous leur nom. Pour ne pas voir leur responsabilité engagée ils utilisent des sous traitants ou d’autres marques qui les met à l’abri des contestations et surtout ils ne nuisent pas à leur image !
S’il existe un ministre courageux, il peut s’attaquer au problème global, car pour une fois,il  y  a là un sujet qui le rendrait populaire, tant le phénomène exaspère bien des gens simples, paisibles, seulement désireux de profiter de l’or de leur silence !
Mais je déblogue… 
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4 août 2007 6 04 /08 /août /2007 10:15
Les prises récentes de décision sur divers dispositifs touchant à la vie quotidienne des gens auront, c’est certain, des effets induits totalement ignorés à l’heure actuelle. Les règles actuelles du fonctionnement de la démocratie font qu’il n’y a jamais d’étude formelle d’impact indépendante avant la mise en place d’un dispositif ou d'un autre. On pratique la politique du constat et de la solution a posteriori, à la hâte et avec le plus souvent un effet d’annonce médiatique destiné à calmer les esprits. Il en va ainsi pour quasiment toutes les lois, les décrets, les normes : nul ne peut véritablement et honnêtement déterminer les dégâts collatéraux qu’ils génèrent. Comme ils sont inévitables on corrige le tir des mois ou des années plus tard en faisant un autre texte qui s’empile sur les précédents et provoque une nouvelle onde de choc.
Au cours de la semaine écoulée, le gouvernement a autorisé les fabricants de tabac à augmenter le prix de vente de leurs produits dont on sait qu’ils sont nocifs. Outre le fait que la France a été le seul pays d’Europe a accorder ce privilège à des multinationales déjà très largement bénéficiaires, on a vendu la mesure comme pouvant diminuer la consommation de cigarettes et autres produits dérivés. Un moyen de se donner bonne conscience, en cédant au lobby du tabac. Redonner un coup de fouet à la lutte contre le tabac. L'interdiction de fumer dans les lieux publics intervenue le 1° février s'est déroulée sans heurts dans les entreprises et les administrations, et a fait chuter la consommation de tabac en milieu professionnel : 80 % des salariés déclarent aujourd'hui travailler dans des lieux totalement non fumeurs (sans fumoir), contre 42 % en janvier. Mais le recul du tabagisme reste insuffisant, et a tendance à plafonner.
Après les hausses massives de tarifs en 2003 et 2004 (+ 40 %), les ventes de cigarettes avaient plongé de 30 %. Elles se sont stabilisées ensuite, et sont même légèrement reparties à la hausse depuis un an. Par ailleurs, une recrudescence est observée chez les jeunes car tout est fait par les fabricants pour attirer encore et toujours cette clientèle vers le retour à la cigarette.
Le gouvernement a donc fini par accepter d'entériner les hausses de tarifs réclamées par les industriels. Ces derniers, estimant le marché stabilisé, souhaitent reconstituer leurs marges écornées par les hausses de taxes du gouvernement Raffarin. Les tarifs augmenteront donc de 6 % lundi matin , à l'initiative des fabricants, sans que la fiscalité soit modifiée (les taxes représentent 80 % du prix du paquet). " La lutte contre le tabagisme est une priorité gouvernementale ", a insisté hier Eric Woerth, le ministre du Budget, mais il oublie de préciser que les taxes vont s’en trouver forcément augmentées… et comme il faut compenser les cadeaux fiscaux miraculeux de ces dernières semaines, le bonheur des uns fera aussi un mini bonheur pour Bercy, car si le taux de prélèvement n'augmente pas, les recettes fiscales vont obligatoirement progresser. Dans les services spécialisés, on a dû calculer une recette supplémentaire possible.
L’ETAT SE SERT AU PASSAGE
Les droits sur le tabac représenteraient déjà 9,3 milliards d'€, et sont, à 90 %, proportionnels au prix de vente. Il faut y ajouter 1,4 milliard d'€ de TVA (le taux est de 16,4 %), qui suit, là encore, les tarifs. Ainsi, à volumes inchangés, les recettes fiscales issues du tabac augmenteraient-elles de plus de 600 millions d'€ en année pleine. Un bonus qui contenterait tout le monde sauf qu’il est absolument théorique et conduira, à l’inverse, à une perte pour le budget global de l’Etat ou au mieux à un gain extrêmement minime.
D’abord parce que les Douanes anticipent un recul des ventes de 0,3 % à 0,5 %. Il existe un " noyau dur " de fumeuses et de fumeurs que personne ne sait véritablement réduire. Ils continueront à fumer même s’ils réduisent tant soit peu leur consommation. Les mesures actuelles se heurtent à cette réalité qui ne dépend pas nécessairement du prix de vente mais d’autres paramètres bien plus complexes à régler (stress, habitudes sociales, éducation, prévention…)
Ensuite, en raison d'un décalage de deux mois des recouvrements, le surplus de rentrées fiscales est estimé seulement à 100 millions d'€ par Bercy pour 2007. En 2008, il pourrait atteindre " entre 350 et 400 millions d'euros ". L'interdiction totale de fumer dans les bars et restaurants, à partir du 1er janvier, devrait cependant avoir un impact important sur la consommation de cigarettes, ce qui réduira alors farouchement les plus-values fiscales. On prévoit également le rachat par l’Etat ou la fermeture plus ou moins forcée de dizaines de débits de tabacs, dont on ne percevra plus les rentrées fiscales locales et les revenus liés aux emplois. Les buralistes, qui survivront et qui perçoivent respectivement 11,62 % et 8 % du prix de vente, seront les autres bénéficiaires. La Confédération des buralistes dénonce néanmoins la hausse des tarifs qui pourrait, selon elle, déstabiliser le marché et pénaliser les débitants frontaliers. En effet, avec cette hausse personne n’a envisagé les évasions des consommateurs vers des circuits parallèles que l’on ne peut plus combattre en raison de la suppression massive des postes de fonctionnaires chargés des contrôles. On sait bien que les Douaniers ne sont plus désormais en mesure que de cibler des gros trafics, et surtout saisir au collet quelques petits consommateurs traversant une frontière qui n’existe plus et se faisant pincer lors de contrêles par la fameuse " volante ".
LE CONTRIBUABLE REGULE LES ERREURS
En réponse, Eric Woerth garantit " le renforcement des contrôles pour empêcher toute reprise des petits trafics de proximité ", et souligne le bilan " largement positif du contrat d'avenir, en particulier dans les départements frontaliers où il a permis de pallier les baisses des volumes de tabac vendus ". Il ne dit pas combien ces contrats coûtent aux contribuables ! En fait une économie parallèle se met en place et elle échappe aux taxes mais continue à enrichir les fabricants. Des cigarettes achetées en Belgique, en Espagne ou en Italie sont toujours vendues au prix rentable pour la marque ! Les multinationales du tabac ont cette sérénité venant du fait que, quel que soit le pays, les bénéfices sont pour elles les mêmes. Les taxes ne les touchent pas d’un iota ! Le contrat reprend et renforce les cinq axes et engagements retenus en 2003, dans le cadre d’une enveloppe budgétaire stabilisée sur la période, avec la rémunération des débitants améliorée, avec un effort de concentration des aides sur les buralistes les plus modestes. Le principe de la compensation partielle de la baisse de chiffre d’affaires institué en 2003 est maintenu. Par ailleurs, pour la première fois depuis 1976, la rémunération sur la vente des tabacs progressera de 0,5 point sur les 4 ans du contrat. La diversification des activités des buralistes et la modernisation des débits sera encouragée par l’instauration d’un crédit d’impôt sur les dépenses de rénovation des linéaires, des vitrines ou d’acquisition de terminaux informatiques. Enfin, la lutte contre les trafics de tabac, qu’il s’agisse des trafics internationaux ou des petits trafics de proximité sera renforcée. Des objectifs annuels ambitieux sont ainsi fixés à la douane. L’enveloppe budgétaire du contrat d’avenir s’établit à environ 160 M€ en moyenne sur la période, à laquelle s’ajoute un crédit d’impôt de 12 M€ par an à partir de 2008 et une progression annuelle de la rémunération sur la vente de tabac de 16 M€ de 2008 à 2011. Que restera-t-il réellement des recettes supplémentaires escomptées ? En annonçant la fin des contrôles par la suppression des emplois de celles et ceux qui sont chargés de les effectuer, le Ministre du budget ouvre les vannes à tous les trafics.
LES REMEDES PIRES QUE LE MAL
Les mesures annoncées par le Président de la République, ayant beaucoup d’amis sur la planète susceptibles de le loger, le nourrir et le distraire en matière de franchise médicale, n’ont probablement pas été concrètement évaluées autrement que par un éventuel rapport financier global théorique. Et pourtant, divers phénomènes pourraient alerter les services concernés. Vous avez certainement constaté l’accroissement considérable des propositions de vente de médicaments par Internet. Certes il y a des " spécialités " dont on sait qu’elles ne donneront pas lieu à des pertes de recettes spectaculaires, mais on trouve des listes de plus en plus diversifiées. Là encore, il est certain que le contournement du système qui sera mis en œuvre va vite se développer. Des génériques vont traverser les frontières sans aucune véritable garantie sur leurs qualités, mais en revanche les prix seront nettement inférieurs et tenteront celles et ceux qui ne pourront plus accéder aux autres. Ainsi les douanes françaises ont saisi dans une épicerie parisienne plus de 20.000 médicaments, importés frauduleusement de Chine, d'une valeur globale de quelque 30.000 €.
Les douaniers du bureau des contributions indirectes de Paris ont saisi 21.691 cachets, gélules, flacons de différents médicaments qui avaient été importés en contrebande par la voie postale et étaient sur le point d'être commercialisés sans autorisation de mise sur le marché. Cette importante saisie a été réalisée lors du contrôle d'une … épicerie parisienne vendant notamment des produits parapharmaceutiques. Les produits découverts ont été remis à l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (AFSSAPS) pour expertise. Celle-ci a confirmé que la quasi totalité des produits découverts étaient bel et bien des médicaments, du fait de leur fonction (composition) ou de leur présentation (conditionnement) . Leur composition (antibiotiques, corticoïdes, anti-inflammatoires, anti-histaminiques,...), en l'absence de notice précise (posologie, contre-indications), rend ces produits dangereux pour les consommateurs. En outre, certains médicaments saisis sont censés soigner des maladies très diverses (médicament pour le traitement à la fois de l'ulcère, de l'acné, des lumbagos et de l'anorexie). Les Douanes présument que ce trafic avait cours depuis un certain temps, étant donné que "certains médicaments étaient étiquetés pour la vente et d'autres non. Il est certain que cette saisie, soigneusement médiatisée, dissimule un phénomène émergeant qui ne va pas faiblir, et les 0,50 € de franchise par boîte de médicaments ne vont pas atténuer la montée en puissance. Au contraire.
Mais je déblogue…
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Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
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