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LES STATISTIQUES

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MAIS JE DEBLOGUE...

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22 avril 2007 7 22 /04 /avril /2007 12:11
Le 21 avril 2002 avait débuté comme un dimanche pas tout à fait comme les autres qui s’était terminé, pour moi, en désastre. Pas de soirée électorale collective mais un repli frileux dans un espace restreint comme ces escargots qui se replient dans leur coquille quand le danger menace. Il me restera de cette journée électorale parmi d’autres peu de souvenirs réels car je n’aime pas toujours partager les instants heureux ou malheureux. Je sais qu’il faut les mémoriser pour éviter que, dans un cas comme dans l’autre, ils prennent une importance trop grande dans une vie. La syndrome du repli dans le " désert " me touche parfois car je n’aime ni les exultations démonstratrices, ni les lamentations compatissantes. Tout aujourd’hui j’essaierai donc de récupérer dans le contact direct des bureaux de vote le maximum d’indices pour que la surprise soit la moins forte possible le soir.
En général, avant l’afflux des inscrits de cette année sur les listes électorales, Créon offrait des repères fiables qui donnaient en général 2 à 3 points de plus à la gauche et 2 à 3 points de moins à la droite. Le résultat national était donc aisé à prévoir.
Ainsi en ce 22 avril 2002, Jospin était ainsi arrivé… en tête avec seulement 18,57 % des suffrages exprimés ce qui, sur la base des scores habituels d’un candidat du PS, était manifestement insuffisant. Il sauvait donc l’honneur mais il ne pouvait pas résister nationalement quand on sait qu’en 81 Mitterrand avait réalisé 35,36 % et en 88 il était à 39,91 % pour être ensuite élu au second tour. L’écart était trop important pour ne pas annoncer une déroute car ce fut le plus faible score jamais réalisé depuis plus de trente ans par un candidat du PS. Comme Le Pen avait établi sa meilleure performance de tous les temps avec 14,33 % il y avait un signe interprétable comme avant-coureur de la " tornade ". Vers 20 heures j’avoue que j’aurai ces repères en tête de telle manière que je sois lucide sur la suite car il y a cinq ans j’ai été singulièrement pris au dépourvu.
L’ambiance globale du vote témoigne également du futur résultat. Quand les gens ne prennent pas le temps de discuter, d’échanger mais qu’il disparaissent vite sans aucune volonté de dialogue, on sait qu’ils viennent d’accomplir une tâche dont ils ne sont pas nécessairement très fiers. Le silence absolue, l’absence de sourires complices, la froideur mesurée, une certaine crispation annoncent que des lendemains qui déchantent. En observant attentivement durant quatre ou cinq heures de présidence d’un bureau qui vient voter et qui ne vient pas on possédait également un indice supplémentaire. Le problème c’est qu’aujourd’hui il y aura plus de 600 nouvelles électrices et nouveaux électeurs créonnais dont la très grande majorité ne s’est jamais exprimée localement. Comme dans la totalité du pays ils appartiennent à l’inconnue de l’équation du premier tour… dont on n’a pas mesuré l’impact !
UN VOTE REELLEMENT POLITIQUE
La mutation sociologique d’une ville n’est reflétée que par un vote réellement politique comme celui des présidentielles. Elle se traduit par des changements dans les options prises dans les " grands " scrutins nationaux puisque les interférences de personnes n’interviennent pas. Deux réalités vont donc probablement se conjuguer pour la première fois : le noyau dur qui globalement reste stable dans ses opinions et le témoigne ostensiblement et celui beaucoup plus mouvant des nouveaux arrivants sur lequel les aléas quotidiens pèsent davantage. Toutes les enquêtes réalisées sur Créon démontrent que ce sont les quartiers les plus récents qui cristallisent le plus de mécontentement en raison de leur manque de recul par rapport à leur ville d’accueil et à ses modes de fonctionnement.
Des querelles de voisinage, des conflits d’association de co-lotis, des constructions nouvelles, des nuisances occasionnelles incontrôlables, des enfants un peu trop turbulents, des usagers irrespectueux et Le Pen gagne des voix… au nom du principe voulant que l’enfer ce soit les autres et qu’il faille les éliminer ou au moins les écarter. Je suis désolé de répéter qu’une bonne part de l’horizon politique s’arrête souvent aux limites du pavillon dans lequel on a mis une grande partie de ce qui devait assurer le bien vivre et qui finit par faire que la préoccupation essentielle soit financière. Elle se double souvent d’un culte sécuritaire qui accentue la prise de position à cause de l’isolement social qu’il engendre. Les gens dans la difficulté ne sont pas seulement celles et ceux qui s’accrochent au RMI. On règle ses comptes par un vote protestataire ou extrémistes pour soulager son angoisse et se rassurer. Avec le recul des consultations électorales et une connaissance convenable du terrain social on arrive à radiographier les enveloppes déposées dans l’urne. Même si c’est impossible je rêve parfois de vérifier si mon pressentiment est exact afin de mesurer l’adéquation entre mes espoirs et la réalité. Il n’y a aucune curiosité malsaine mais simplement une soif de comprendre comment fonctionne un angement en favuer d’une personne ou d’une autre.
TENDANCE GENERALE
A partir de 7 hures 30 nous aurons installé, avec l’équipe des fidèles du petit matin, les bureaux de vote afin qu’à 8 heures soient accueillis les plus déterminés à exprimer leur vote. La première heure donne d’ailleurs la tendance générale de la journée. On sait par avance que, jusqu’à présent, le bureau 2, vote davantage et globalement plus à droite que le bureau 1 (+5 %) et si sa mobilisation s’affirme vite on a une certaine idée de la fin de journée. Lentement le processus va se mettre en route et aux habitués succèderont pas strates horaires des classes sociales différentes.
Dans la matinée nous avons vu beaucoup des jeunes inscrits ou les familles avec enfant qui avaient renoncé à une grasse matinée pour venir voter. Souvent le niveau de la participation repose sur leur venue ou leur absence. Et ils étaient là en très grand nombre puisqu’à 13 heures la barre des 50 % de votants aura été atteinte sans problème, ce qui constitue un événement unique dans la vie publique locale.
Il aura fallu également essuyer la colère de celles et ceux qui viendront voter alors qu’ils ne sont plus inscrits sur les listes électorales. En effet, bien des gens quittent la commune sans penser à aller s’inscrire dans celle qui les accueille et surtout sans trop se préoccuper de savoir s’ils ont été radiés… Ce sont des discussions sans fin quand parfois ces oublieux véhéments veulent imposer leur soif de démocratie alors qu’ils ne sont pas venus depuis deux ou trois ans. Encore une fois les règles devraient s’adapter aux individus mais parfois la situation est difficile à assumer car j’ai vu une dame pleurer de ne pas pouvoir exercer son pouvoir citoyen…
Cette réaction confirme l’immense sursaut de citoyenneté qui s’est emparé de la France. On aura certainement ce soir le plus fort taux de participation depuis bien des années. Créon dépassera les 80 % de votants (60 % à 13 heures!) ce qui serait un record absolu. C’est l’inconnu réelle que les sondeurs n’ont jamais évalué et qui bouleversera leurs pronostics car ces oubliés habituels de leurs panels feront certainement la décision et j’ai ressenti une forte envie de s’exprimer pour démontrer qu’à force de votre à leur place on les avait singulièrement agacés. La citoyenneté à Créon est impressionnante!
Les images ressemblaient étonnamment à la journée du référendum sur le traité constitutionnel européen. Une fronde était perceptible dans les regards et dans les attitudes. Le vote " utile " a joué à plein. C’est ma certitude tirée de ces 4 heures passées dans des bureaux de vote bondés. Reste à savoir maintenant à qui profitera réellement cet engouement… Et je suis certain que dans les états-majors des instituts de sondage on doit se faire du souci car on pourrait friser, une fois encore, le ridicule ce soir vers 20 heures.
Mais je déblogue…
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21 avril 2007 6 21 /04 /avril /2007 15:13
La campagne est close. On ne verra plus aujourd’hui sur les écrans de télévision la moindre image des candidats et surtout nous allons entrer dans le silence le plus rassurant : plus aucun sondage. Fini le bourrage des urnes via celui des cranes par l’empilage quotidienne d’orientations fournies par les partis ou les candidats eux-mêmes. Nous respirons durant 24 heures l’air pur du libre choix. Depuis 8 mois des centaines de résultats anticipés du scrutin présidentiel ont été assénés, distillés, répétés comme s’il fallait absolument que les médias deviennent les nouvelles pythies du suffrage universel. Beaucoup plus que la qualité de leurs informations les journaux de toutes sortes ont influencé la totalité de la durée de ce qui aurait dû être un débat fondamental de société par des prédictions réputées fiables. Aucune confrontation réelle n’a existé, en dehors des trois émissions consacrées au… choix interne du Parti Socialiste qui aura été le seul à mener un véritable échange démocratique en son sein. Aucun autre candidat n’a véritablement été désigné selon un processus similaire. Les autoproclamés ont réalisé des putschs internes avec d’ailleurs la plupart du temps le soutien bienveillant d’une bonne campgane de presse. L’affaire " Courant clair " soigneusement manipulée a servi de champ de batille externe aux rivaux potentiels pour la succession de Chirac. On a oublié depuis plusieurs mois (aucun adversaire de Sarkozy n’en a causé) que l’ex Ministre de l’Intérieur a réussi grâce à cette opération non pas à devancer dans une primaire ses rivaux mais à les éliminer par des révélations méticuleusement diffusées dans une opération soigneusement montée. Aucun d’eux n’a pu rester sur le chemin car victime directe ou indirecte des fameux " dossiers " que possède désormais tout homme politique influent.
En effet la résurrection (si j’ose écrire) de l’affaire Boulin à quelques jours de la fin de la campagne éclaire d’un jour cru les mœurs d’une monde dans lequel on hésite pas à tout utiliser pour débarrasser les allées du pouvoir des concurrents les plus encombrants. La technique moderne est devenue plus subtile : on demande aux services dévoués de monter des dossiers. Ce concept fait fureur à tous les niveaux. Il faut absolument au minimum déstabiliser l’adversaire en sortant une affaire au moment opportun. Des équipes travaillent dans l’ombre à collecter les preuves nécessaires afin soit de les échanger un jour contre un retrait forcé, une neutralité bienveillante, un soutien efficace. L’année écoulée aura été extrêmement révélatrice de cette tendance américaine qui peut aller d’une manière ou d’une autre jusqu’à entrer dans la vie privée des postulants à une responsabilité politique. Celle qui s’ouvre après le 6 mai sera celle de la décentralisation et du montage de quelques dossiers à une échelle plus restreinte mais similaire dans leur concept. On lancera des enquêtes diverses sur les mairies à prendre ou à déstabiliser, on tentera de fouiller dans les poubelles ou sur les ordinateurs pour calmer les ardeurs des adversaires les plus belliqueux.
DE 111 SONDAGES A … 260 !
Il faudra soigneusement examiner la campagne ayant précédé ce premier tour. Elle le mérite car, comme celle de 81 avait constitué un virage dans les parcours habituel des précédentes sous l’influence de la télévision, je demeure persuadé que 2007 entrera dans l’histoire de manière équivalente. Mitterrand avait réussi par sa présence médiatique à contrebalancer le pouvoir pourtant bien établi de Giscard qui demeurera le seul Président ayant perdu son fauteuil à l’insu de son plein gré. Il avait gagné sa place dans un défi permanent aux équilibres institutionnalisés après que le système Peyrefitte se soit effrité.
En optant pour la force tranquille, premier slogan non connecté à une notion politique mais à un comportement, Tonton avait bouleversé les repères habituels. On sortait de multiples affaires scandaleuses autour de Giscard alors que celles qui collaient au passé de Mitterrand (le fameux attentat de l’Observatoire) ou n’avaient pas encore été diffusées (La Francisque…). Le dossier contre dossier n’avait donc pas pu fonctionner. Les diamants de Bokassa, les avions renifleurs, les disparitions brutales de plusieurs anciens ministres gaullistes… appartenaient comme l’affaire Clearstream à la mémoire proche. Les repères étaient extrêmement clairs et le partage des espaces très nets.
Les sondages très coûteux n’avaient eu aucune influence sur le résultat. Il y aura eu durant la campagne actuelle près de… 260 sondages déclarés évaluant l’issue du scrutin alors qu’il n’y en avait eu que… 111 en 81. Cette inflation est en passe de faire basculer le contexte électoral. De 88, 95 et 2002 le nombre était resté stable puisqu’on enregistrait respectivement 153, 157 et 193… enquêtes. On était loin du déluge qui a façonné l’opinion depuis plusieurs mois. Si ce phénomène se poursuivait en 2012 il serait réellement catastrophique pour la démocratie et ce n’est pas de la sinistrose mais simplement un constat conjugué avec le faible niveau de la formation civique actuelle.
Le paradoxe c’est qu’échaudés par l’apparition imprévue de le Pen au second tour de 2002, les messieurs et mesdames " je sais tout " du paysage audiovisuel français ne cessent de ressasser que ces évaluations ne sont pas… très fiables alors que dans le même temps tous leurs supports s’échinent à les publier ou à les diffuser. Comprenne qui pourra !
FORTE PROPORTION D’INDECISION
Quand on examinera la première mi-temps 2007 on vérifiera très rapidement que la constante aura été la forte proportion d’indécision durant sa durée. Jamais jusqu’à quelques heures de l’ouverture du scrutin on aura hésité avant de choisir le bulletin que l’on va prendre. Encore une fois cette multitude de sondages que les gens sentent intuitivement comme frelatés ne les conduits pas à se comporter comme des godillots. Si je reconnais un avantage au déroulement de la campagne actuelle c’est qu’elle a tellement été outrancière par certains cotés qu’elle va rendre une frange de l’opinion extrêmement méfiante. Pour certains c’est raisonné mais pour beaucoup de celles et ceux que j’ai rencontré c’est intuitif. Selon les résultats réels de demain soir il faudra que les instituts " rasent " une fois encore les murs jusqu’aux législatives où soyez-en certains ils seront à nouveau omniprésents. Quelles que soient leurs erreurs ils échappent de toutes les manières à une sanction pour… publicité mensongère. Il n’y a dans le droit français aucune limite possible à la désinformation puisque personne ne lit véritablement le précautions d’emploi jointes à la fiche du sondage. C’est un peu comme si vous ingurgitiez des doses massives d’un tranquillisant sans prendre connaissances des effets secondaires. Les neuroleptiques IFOP, CSA, IPSOS, TNS SOFRES… sont en vente libre quotidienne sur le marché et dans les officines spécialisées. Ils endorment un peu dans la conduite citoyenne. Ils accompagnent fortement les traitements de choc effectués par les images de TF1 ou France 2. Ils conduisent à une forme de suivisme parfois catastrophique pour la vie démocratique mais comme peu de monde s’en soucie, la campagne va se poursuivre sur les mêmes bases. La seule chose qui m’intrigue c’est que les résultats sur le premier tour publiés en Suisse ou en Belgique sont totalement différents (écart infime entre Sarkozy et Royal et Le Pen troisième) de ceux que l’on publie en France. Sûrement que ce ne sont pas les mêmes critères qui sont utilisés ou que les Français interrogés ne sont pas représentatifs…
LA FAIBLESSE DES MEMOIRES CITOYENNES
La dernière nouveauté de ces derniers mois aura été constituée par la faiblesse des mémoires citoyennes. Elle est étonnamment courte. Ainsi les électrices et les électeurs ont totalement oublié le fait que Sarkozy ait participé ou ait cautionné les mauvais coups de la politique gouvernementale durant 5 ans. En trois semaines il a été absous de tout. A croire qu’il ne s’est rien passé en 5 ans ! Remarquez que la même défaillance aura frappé en faveur de Bayrou qui n’aurait jamais été un élu de droite et qui aurait toujours refusé de voter les mesures de Raffarin ou Galouzeau de Villepin… Incroyable combien le passé ne compte plus pour les gens ou alors il y a une forte dose de masochisme dans le peuple français !
Ils ont également occulté leur mobilisation de l’après 21 avril 2002 et les défilés dans les rues pour… faire voter Chirac ou celle qui avait jeté près de 1,5 million de personnes dans paris pour exiger le retrait des projets de Bayrou voulant supprimer la loi Falloux sur le financement des écoles publiques. Il faut avouer que peu de télés ont réalisé des rétrospectives sur les carrières respectives des gens en lice. On a préféré la pipolisation en traitant de leur enfance car c’est plus sympa. Il faudra donc dans l’avenir, pour tous les candidats, se trouver des copains d’école, de collège ou de lycée qui attestent que vous avez toujours rêvé d’être élu. Ils devront dire du bien de vous tout comme vos frères et sœurs dont on sait maintenant qu’il vaut mieux qu’ils n’appartiennent pas aux services secrets. Et quand à vos parents produisez leur arrêté de naturalisation en temps voulu car bien des citoyens ont oublié leurs origines…pour vous reprocher les vôtres.
" Le plus dur pour les hommes politiques c'est d'avoir la mémoire qu'il faut pour se souvenir de ce qu'il ne faut pas dire. " affirmait Coluche. Je pense que s’il revenait il aurait pu vérifier que son analyse s’applique parfaitement à une campagne où moins on en disait sur son programme (voir Bayrou) et plus on était estimé, moins on parlait de ce que l’on avait fait et plus on était populaire, moins on affirmait son attachement à la politique (au sens noble) et plus on était valorisé, moins on était précis et plus on devenait populaire… On a même vu des intervenants extérieurs venir donner des leçons aux spécialistes et des alttermondialistes ne plus se souvenir de la théorie d’appropriation des mouvements par le PC ou l’extrême gauche.
Maintenant il reste à espérer que ces analyses ne soient que des élucubrations fatiguées et que le résultat de demain les balaie d’un revers de main. J’en serai heureux… selon le résultat !
Mais je déblogue… 
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20 avril 2007 5 20 /04 /avril /2007 08:23
Il paraît que des citoyen(ne)s se posent la question de savoir si Ségolène Royal avait la stature nécessaire pour diriger un pays comme la France. Parmi ceux-ci on trouve des envieux, des déçus ou plus prosaïquement des jaloux. Le problème c’est que cette position appartient aux lieux communs qui ne font que refléter une opinion dominante basée sur des a priori. Impossible de lutter contre cette appréciation absurde des capacités dont bénéficieraient une femme pour faire face à des situations dans lesquelles des hommes agiraient de manière plus efficace.
Il est vrai que, quand on contemple les agissements de Sarkozy, Bayrou, Chirac, De Villepin et consorts on a une idée plus réelle de leur efficacité en matière de gouvernance. Mais bien entendu les rares expériences comme celle d’Edith Cresson ne constituent pas une référence susceptible d’effacer les réticences. Il faut obligatoirement aller chercher le réconfort au niveau local ou au-delà de nos frontières.
Par exemple un nouveau gouvernement finlandais de centre-droit, le plus féminisé au monde avec 12 femmes sur… un total de 20 ministres, a officiellement pris ses fonctions hier après sa nomination par la présidente de la République, Tarja Halonen. Le Premier ministre sortant Matti Vanhanen a formé son équipe à partir de son parti centriste, le Parti de coalition nationale (conservateurs), les Verts et le parti de la minorité suédophone. Il bénéficie d'une majorité de 125 sièges sur les 200 de l'Eduskunta, le parlement de ce pays nordique.
Le Centre a remporté les législatives du 18 mars avec un siège d'avance sur les conservateurs. Ces deux formations disposent de huit ministres chacun dans le nouveau gouvernement, les Verts et les suédophones se partageant les quatre portefeuilles restants.Le fait que 12 des 20 ministres soient des femmes constitue un record mondial, selon l'Union interparlementaire. Elles seront notamment chargées de l'Agriculture, des Transports, de la Santé, de l'Environnement, de l'Intérieur, de l'Education, de la Justice, du Travail, des Affaires européennes et de l'Immigration. Avouez que le palmarès a de quoi faire bien des envieuses dans de nombreux pays. On va beaucoup plus loin que la parité imposée puisque là il s’agit d’un acte volontaire non-garanti par la loi. En Finlande on ne se pose même pas la question de la " capacité " car elle est depuis longtemps entrée dans les faits. Le reste n’est qu’un phénomène culturel qui différencie nettement le sud et le Nord.
Il est tout de même symptomatique que les 4 femmes qui se présentent à l’échéance présidentielle soient dans le camp de la gauche et que, hormis, une Cécilia Sarkozy portée disparue et Marine Le Pen condamnée à faire les marchés pour papa, il n’y a pas beaucoup de valeurs montantes dans le camp adverse. Ségolène Royal aurait selon l’un des ceux qui la côtoie au quotidien une obsession qui la hante : " ma victoire ou mon échec auront une valeur symbolique planétaire pour les femmes " explique-t-elle un brin anxieuse.
UN MAIGRE PALMARES MONDIAL
Il faut constater que 4.76% seulement des pays sont dirigés par des femmes dans le monde en 2006. Angela Merkel, Chancelière en Allemagne, Khaleda Zia, Premier Ministre du Bengladesh, Portia Simpson Miller, Premier Ministre de Jamaïque, Luisa Diogo, Premier Ministre du Mozambique, Heln Clark Premier Ministre de Nouvelle Zélande occupent déjà des postes importants alors que seulement cinq femmes sont installées dans un fauteuil présidentiel : Michelle Bachelet, bien évidemment au Chili, Tarja Halonen en Finlande, Mary McAleese en Irlande, Vaira Vike-Freiberga en Lettonie te Elen Johson-Sirleaf au Libéria. En parcourant ce maigre palmarès on comprend pourquoi Ségolène Royal peut envisager son arrivée à l’Elysée comme un événement décisif qui briserait définitivement les réticences ailleurs. Hillary Clinton arrive et dans certains pays d’Europe de l’Est des candidates affichent quelques espoirs de victoire mais il n’y aura pas dans un proche avenir de tsunami féminin sur le pouvoir politique.
Cette lente évolution des mentalités paraît souvent le fait d’une position machiste ancrée dans la culture générale des peuples. Cette analyse approche de la vérité car ce sont des siècles de supériorité supposée des hommes qui pèsent sur les sociétés. Et pourtant, quand on se plonge dans l’histoire, on ne peut nier de l’influence forte de la gente féminine sur son déroulement. En France, cependant, il ne lui a été concédé que des rôles politiques de l’ombre car sous l’influence de la religion catholique, dont on oublie un peu trop qu’elle continue à tout faire pour nier un rôle actif aux femmes, le pouvoir a toujours appartenu aux hommes. La période de la royauté a ancré ce principe dans les esprits comme s’il s’agissait d’une vérité immuable.
Paradoxalement malgré les efforts très anciens d’Arlette Laguillier aucune candidate n’était apparue comme étant susceptible d’assumer la charge présidentielle. On oublie trop souvent de rappeler que la participation des femmes à la vie publique n’a qu’une soixantaine d’années. Un laps de temps extrêmement réduit par rapport à 19 siècles d’interdits et de dévalorisation. Ségolène Royal a raison quand elle voit dans son parcours un symbole décisif pour le changement des mentalités. En rendant déjà possible son élection elle a bouleversé les rapports futurs au sein de la Gauche. A droite c’est une autre question car la mutation n’est pas encore en vue au sommet de l’Etat compte tenu de l’attachement profond à des " valeurs " judéo-chrétiennes profondes.
MUTATION PROFONDE DES MENTALITES
En fait la place prise par les femmes dans le " petit " pouvoir local va générer dans les prochaines années une mutation profonde des mentalités. Bien que non obligatoire j’avais instauré la parité dans la vie communale depuis 1995 et, depuis 2001, je l’ai imposée dans l’exécutif de l’intercommunalité alors que rien n’était prévu en ce sens. L’apport des femmes à la gestion aura été décisif dans ces instances. Force est de reconnaître qu’elles ont une vision pragmatique, sereine, solidaire de l’action qui manque singulièrement à celle nombriliste de leurs collègues hommes. Sans aucune idéologie surfaite, sans aucune volonté de cirer des pompes, celles avec lesquelles je travaille politiquement (Françoise Cartron, Martine Faure) ou quotidiennement (je ne les citerai pas pour ne pas vexer les unes ou les autres) démontrent un sens de l’intérêt général illustrant parfaitement les incontestables apports de leur volonté personnelle de s’impliquer dans la vie publique.
Je sais fort bien qu’il ne faut surtout pas s’engager dans une comparaison des comportements au prétexte qu’il y aurait des atouts différents d’un coté que d’un autre. En effet cette simple démarche me parait détestable pour les femmes car elle est basée sur une sorte de comparatif de consommation qui est insultant. Il existe des hommes bourrés de défauts et il existe aussi des femmes porteuses de travers et ce n’est que face à l’épreuve que l’on constate les réalités des comportements. Le sexe des responsables n’a rien à voir dans les valeurs qu’ils portent.
Force est pourtant de constater que la tolérance, le sens du dialogue, le réalisme sont beaucoup mieux portés parmi les élues que chez leurs homologues masculins. Mais je crois que la différence fondamentale repose sur la notion de projet. Les femmes démontrent leurs qualités dans la naissance et le gestation d’un projet car elles savent qu’il faut donner du temps à toute construction humaine. Elles nourrissent la réflexion pour faire grandir une idée concrète. Elles ne renoncent rarement avant d’aboutir. La campagne de Ségolène Royal aura reflété exactement cette sensation née durant 25 ans de partage avec des femmes du pouvoir local.
Le problème réside cependant sur le décalage entre la perception qu’a la société de ce type de démarche. Influencés par la " gestion matérielle " et par " l’efficacité politique " à cause du pouvoir des hommes qui ne s’épanouissent souvent que dans le " profit " et la " construction " les gens n’ont peut-être pas perçu l’intérêt de sa démarche.
Le " résultat ", " l’intérêt ", " la rentabilité ", la répression ", appartiennent malheureusement au langage politique actuel et ils ont pris le dessus sur la " méthode ", la " générosité ", la " durabilité ", la " liberté "… C’est certainement ce refus d’utiliser des mots qui les révulsent qui causent le décalage entre les femmes et le pouvoir depuis longtemps. Il faudra probablement encore des années de travail local pour arriver à convaincre. Mais, incontestablement quel que soit le résultat final, cette campagne aura, grâce à Ségolène Royal, donné un sacré coup d’accélérateur à la cause des femmes. Surtout si elle gagne car dans le cas contraire j’entends déjà les commentaires " off " de ceux qui se dépêcheront de casser l’élan en en tirant des conclusions utiles à leur propre parcours.
Mais je déblogue…
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19 avril 2007 4 19 /04 /avril /2007 07:59
Depuis que je suis sur cette terre je n’ai vécu que dans la vie publique. Il faut dire que toute mon enfance s’est déroulée dans une Mairie et que dès mon départ du cocon familial je n’ai cessé de participer à des scrutions syndicaux, mutualistes, associatifs ou politiques. Je me suis amusé (quand je n’ai rien à faire) à tous les répertorier et j’en suis arrivé à…pratiquement une centaine. Personnellement, à ce jour je n’en ai perdu qu’un seul, celui des législatives de 93 avec Bernard Castagnet et ce n’est pas mon plus mauvais souvenir compte tenu du contexte d’alors. Tous les votes de feu le Syndicat National des Instituteurs ou de la MGEN se déroulaient par correspondance et je n’en conserve pas un souvenir aussi vivace que celui de ces journées formidables passées dans les bureaux tenus par ma mère et les conseillers municipaux sadiracais. Je crois avoir attrapé le virus des élections dans cette salle du conseil proche de notre cuisine et située au-dessus de ma chambre.
L’ambiance du dépouillement des scrutins locaux ou nationaux me poursuit encore. Le silence respectueux de celles et ceux qui déambulaient autour des tables de comptabilisation de quelques centaines de bulletins. Les regards complices de celles et ceux qui triomphaient. La mine renfrognée de celles et ceux que les résultats attristaient. Les commentaires qui suivaient quand les spectateurs s’étaient retirés. J’aimais ces moments avant que l’on ne m’expédie au lit sans que je puisse connaître la fin de l’aventure politique. Tous les épisodes de l’ère gaulliste et les élections législatives victorieuses dans des contextes difficiles qui virent le hussard noir de la République, René Cassagne puis un jeune que recevait respectueusement mes parents, Philippe Madrelle m’ont profondément marqué. La détresse du Maire André Lapaillerie battu deux fois aux cantonales restent dans ma mémoire comme des moments marquants.
DES JOURNES DE FETE REPUBLICAINE
Le rite de l’organisation du vote avec le casse-croûte organisé dans le secrétariat pour les équipes de scrutateurs, les moments de somnolence du début d’après-midi dans un bureau désert, la fébrilité de ma mère, secrétaire de mairie, comptant et recomptant les bulletins blancs et nuls pour que son résultat soit exact, le passage des gendarmes venant collecter les procès-verbaux appartenaient à ma vision du fameux suffrage universel. J’écoutais aussi les appréciations des observateurs avertis qui tentaient de prévoir le résultat en affectant à chaque famille et même à chaque électeur une appartenance politique. En général tout le monde savait quel bulletin était mis dans l’urne tellement les engagements étaient ancestraux et immuables. Certes il y avait des ajustements de circonstances mais globalement Sadirac votait… à droite au grand dam de mes parents, des instituteurs et de quelques communistes historiques.
Ces journées étaient des journées de fête républicaine permettant l’échange des informations personnelles, le dialogue avec le Maire présent à son poste durant toute la durée du scrutin, les relations sociales en tous genres. On emmenait la belle-mère à qui on tendait avant son entrée furtive dans l’isoloir le bon bulletin plié en deux. On sortait le grand-père qui n’était pas venu à la mairie depuis plusieurs mois. D’autres illettrés passaient chercher un conseil valorisant avant de tenter de retrouver le bulletin qu’on leur avait signalé. Les rares voitures allaient selon les intérêts de leurs chauffeurs quérir les absents(e)s pouvant apporter un soutien supplémentaire. J’adorais et j’adore encore la compétition électorale que je considérais comme une forme de sport passionnant.
LE SECRET DU VOTE DEVOILE PAR LES SONDAGES
Il semble que ce contexte que l’on retrouve un peu modernisé dans bien des communes de France soit voué à appartenir au rayon des souvenirs. Lentement le secret de l’isoloir a été dévoilé par les sondages. Les estimations ont remplacé l’incertitude du lent cumul des centaines de bureaux de vote. On ne vient plus s’exprimer dans le même climat de fierté d’exercer sa citoyenneté. En fait si vous décliniez votre catégorie socioprofessionnelle, vos revenus, votre âge, votre niveau d’étude et votre emploi on pourrait presque vous éviter de vous déplacer car on connaît le vote majoritaire de votre catégorie de sondage.
En plus depuis quelque temps certains veulent imposer la machine à voter qui occulte les bulletins, la petite enveloppe, l’urne plus ou moins transparente, les heures passées au dépouillement. Un clic, un bouton, un écran remplacent les gestes si durement acquis. Le " A voté ! " ponctuant le dépôt de son suffrage serait aseptisé, volatilisé face à la machine à voter. Cet instrument ne s’applique pas aux citoyens mais bel et bien à l’outil qui leur sert à exprimer leur choix.
Finie la sensation matérielle d’accomplir un acte exceptionnel par ses rites puisqu’un simple clic effacera les habitudes. Plus de bulletin à soigneusement plier derrière le rideau, plus d’enveloppe colorée qui descend parmi les autres, plus de recrutement de scrutateurs et de comptage méticuleux, plus de petites barres à faire sur les feuilles de pointage, plus de bulletins nuls avec des commentaires parfois d’un bel humour : un nouveau clic affichera le verdict réputé incontestable !
Quelques 1200 machines, agréées par le ministère de l’Intérieur, sont en fonctionnement dans les mairies françaises (si on estime le nombre moyen d’électeur par machine à un millier, cela concerne quelques 1,2 millions d’électeurs en France). Or, cet agrément ne peut plus avoir valeur de blanc-seing, derrière lequel élus et agents administratifs se retrancheraient comme derrière un bouclier. Les preuves scientifiques qui s’accumulent invalident et décrédibilisent l’idée même de machine à voter.
PLUS FLUIDES, PLUS NATURELS, PLUS FREQUENTS
Pourtant, ne nous y trompons pas, nous avons besoin de machines pour faciliter nos processus démocratiques, pour les rendre plus fluides, plus naturels, plus fréquents… Les machines à voter pourraient pourtant être utiles. Elles permettent de gagner du temps, de faciliter les procédures, d’économiser sur les coûts d’installation, d’impression et de traitement. Mais elles doivent être fondamentalement des machines aussi transparentes que les urnes de la République. Ne pensons pas une seconde que les machines qui vont être demain retirées des bureaux de vote seront la preuve supplémentaire que nos élus doivent faire de la politique sans consulter leurs concitoyens. Au contraire. C’est l’action citoyenne d’individus éclairés qui montrent, une fois de plus, que la fiabilité absolue de ces machines est une condition sine qua non à leur acceptation. Ce sont des citoyens eux-mêmes qui nous rappellent les standards auxquels ces machines doivent répondre. Il ne s’agit pas d’être un affreux réactionnaire dressé contre le progrès technologique mais tout simplement de ne pas systématiquement lui faire confiance quand il s’agit de transcrire matériellement des idées.
De nombreux citoyens, proposent pourtant depuis plus de 2 ans des recommandations simples à mettre en œuvre, dont il faut rappeler les deux principales concernant ces appareils. D’abord les machines fournissent une trace papier du vote, afin qu’un double enregistrement soit fait et que le votant puisse contrôler que la machine a bien voté comme il le lui a demandé. L’impression doit permettre de suivre le bulletin jusque dans l’urne. Ainsi il y aurait une possibilité de vérification matérielle de la réalité du vote exprimé en cas de panne, de fraude ou de contestation. Il est ensuite, selon les spécialistes, indispensable que le logiciel soit conforme aux principes de " l’open source " afin que tout un chacun puisse en contrôler le fonctionnement. Le but est de permettre aux pouvoirs civils d’auditer et de contrôler à tous moments les algorithmes de fonctionnement.
Bien des gens pensent donc que les machines " américaines " doivent atteindre le niveau de transparence et de confiance que l’on a aujourd’hui dans nos bulletins papiers et dans le décompte manuel et citoyen. Pour cela, il suffit de mesures simples et efficaces qui nous permettent de conserver la maîtrise de ces machines et de garder un œil sur leur fiabilité.
Les avatars américains, le renoncement irlandais à les utiliser doivent alerter l’opinion publique sur les dangers que représenterait le passage massif des grandes villes à un système électronique. Le citoyen robotisé approche et l’on peut véritablement s’interroger, sans être un nostalgique invétéré sur la perte de tous les rites et actes symboliques dans uns société de l’indifférence caractérisée. Dans le fond la vraie question c’est : " qui sont les " machines " à voter ? "  quand on voit depuis des mois comment on fabrique technologiquement l’opinion !
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18 avril 2007 3 18 /04 /avril /2007 14:04
Le fameux rêve américain tourne au cauchemar. Durant des décennies bien des gens du vieux continent et bien des candidats à l’immigration ont regardé les Etats-Unis avec les yeux de Chimène. La fameuse histoire Rockfeller lançant sa fortune en vendant des pommes dans les rues de New York a séduit des aventuriers ou des désespérés car il s’imaginait un avenir similaire. Les flots de films de fiction accentuent cette vision d’un pays qui a symbolisé la liberté absolue d’action. On y a vu durant des milliards d’heures partout dans le monde le bien triompher du mal grâce à sa puissance de feu. Tous les grands héros du Far West ont parfois des " tableaux de chasse " se chiffrant en dizaines de morts sans que les spectateurs s’effarouchent de la perception de la vie qui en découle. En fait quand on parle de liberté, égalité, fraternité chez nous on sait que la société américaine repose essentiellement sur profit, force, individu.
Forts de leur puissance, les USA inondent le monde des divers aspects de cette vision sociale voulant que le salut ne repose que sur la capacité individuelle à conquérir son statut social. Ce principe de conquête passe obligatoirement par l’utilisation de moyens niant la valeur des autres. Il n’y a plus de limites au respect de la dignité humaine car il est impératif de vivre le résultat sans trop se soucier des moyens. Le problème c’est que ce qui est présenté comme une profession de foi personnelle se transforme de plus en plus en système de pensée pour un Etat. Et pire, la situation ne cesse d’évoluer en ce sens à toute allure sous l’influence d’un Bush qui a transformé la politique en directives quasiment sectaires impitoyables. Le retour à un ordre moral épouvantable et le culte que la violence deviennent les seules solutions à tous les problèmes. Ils ont perverti le système dans de nombreux autres pays. La campagne électorale française ne se prive pas de le démontrer.
Désormais il ne faut pas aller fouiller dans le programme de Le Pen pour trouver des idées réactionnaires, autocrates, bonapartistes, en situation de monopole puisqu’elles ont été démultipliées par Sarkozy dans un autre langage. Le succès du dernier numéro de " Marianne " constitue à cet égard une véritable démonstration de ce comportement confirmé par l’allégeance faite à Bush. On vérifie de manière dramatique que la démultiplication des pratiques américaines n’est pas pour demain mais qu’elle est déjà en route. La violence du comportement, le règlement de comptes permanent, les menaces directes ou indirectes, le retour de la sécurité à tout prix, la moralisation apparente de la vie sociale, le renforcement de la réussite par le profit : autant de réalités qui conduisent à s’interroger sur les événements actuels de l’autre coté de l’Atlantique.
L’EVOLUTION SOUHAITEE DE LA SOCIETE AMERICAINE
Au risque de choquer (et je suis certain que je vais le faire) je considère que la tuerie de Virginie Tech ne me paraît pas plus dramatique que l’annonce de la mort quotidienne de dizaines de personnes (enfants, femmes, vieillards, jeunes…) dans les attentats d’Irak ou d’ailleurs. Je considère que cet horrible fait divers n’est dans un cas que la conséquence de l’évolution souhaitée de la société américaine sur son territoire et sous la responsabilité des hommes qu’elle a librement choisie pour la diriger. Dans la seconde situation ces morts (plusieurs dizaines de milliers) ne le doivent qu’à l’occupation désastreuse de lancer pays par ceux qui sont venus leur imposer leur conception de la… démocratie ! En fait les massacres à répétition aux USA ne sont que la conséquence de choix idéologiques forts.
Aux Etats-Unis, le port d'arme est en effet associé à la liberté individuelle. Il est autorisé par le deuxième amendement de la Constitution, juste après le droit à la liberté d'opinion. Les Etats-Unis ont acquis leur indépendance par la guerre, les affrontements sanglants, et conquis et protégé leur territoire avec des armes que l’on a vu dans tous les westerns. Pour un Américain, cette liberté est associée au droit de se défendre et donc de porter une arme. Les Européens se trompent en pensant que la législation ne bougera pas en raison du lobbying en faveur des armes à feu. S'il n'était pas relayé par l'opinion publique américaine, il n'aurait aucune conséquence. La National Rifle Association, puissant lobby, ne fait que refléter l'opinion américaine qui pense qu'une interdiction sur le mode européen ne profiterait qu'aux criminels qui, eux, sauront toujours trouver des armes. C'est pourquoi ni les Républicains, ni les Démocrates ne peuvent se permettre de prendre position contre le port d'arme. Ils laissent faire se contentant de se lamenter sur le sort des victimes : 63 % des morts violentes le sont par armes à feu !
La démocratie du colt n’est guère meilleure que celle du Kamikaze. La dictature de la croyance dans un ordre parfait n’est pas plus valable que celle de l’intégrisme religieux. Les excès conduisent tous à la violence surtout quand ils dressent des esprits fragiles contre la raison. Mais on peut s’interroger sur ce qui se serait passé si le tueur de Virginie Tech avait été un fan d'Al Quaïda. Le déchaînement aurait été mondial.
LE ENIEME ATTENTAT DEVASTATEUR DE BAGDAD
Il faut penser que les télévisions donneront la même importance demain matin au énième attentat dévastateur dans Bagdad et que l’on lira à l’antenne avec autant de précision les lettres de motivation laissées par ceux qui se suicident après avoir exterminé leurs congénères. Ce traitement médiatique qui présente toujours les plaies américaines comme superficielles alors qu’elles sont durables et profondes ne reflètent pas la réalité. L’acte fou de Cho Seung-Hui, 23 ans ne constitue que l’application démente de ce que les USA lui avaient appris.
Ce jeune homme fermé aux cheveux courts, portant de fines lunettes, solitaire, déterminé et méthodique attendait une Amérique puritaine et il a découvert qu’elle ne l’était que pour les autres. Il espérait une société rigoureuse et il n’a trouvé que la perversion du système. Il a appris que les femmes et les hommes peuvent s’ériger au nom de l’insécurité en justiciers. Il n’avait pas supporté la mort de son rêve comme tous ces soldats à qui ont a promis qu’il seraient accueillis bras ouverts par des Irakiens avides de liberté conditionnelle. Dans le fond Cho Seung-Hui n’est qu’un combattant fada de la cause du Dieu profit. Un illuminé comme un autre dont on ne connaît pas l’évolution intellectuelle exacte mais qui croit en une mission le dépassant. Et je en vous parle pas des extermination du Darfour !
Le problème c’est que ce comportement fait école et se répand sur la planète, exporté par une culture envahissante qui cultive le principe de " l’homme s’érigeant en loup pour les autres hommes ". Le mal rampe, se faufile, s’insinue via la télévision dans tous les esprits. Peine de mort, sanctions sur le principe œil pour œil dent pour dent, affirmation sur la caractère inné de la violence, marginalisation de celles et ceux qui ne sont pas dans le moule moral mènent tôt ou tard à remplacer le Karcher par la Kalachnikov !
Statistiquement, la probabilité qu'un tel événement se reproduise reste très élevée. Pourtant, les hommes politiques américains continueront à préférer gérer les conséquences du droit de posséder des armes plutôt que de s'attaquer au deuxième amendement car il faut l'accord des trois quarts des Etats et du Congrès. Une solution totalement improbable compte tenu des conséquences électorales pour celles et ceux qui se mouilleraient dans un telle interdiction du colt Ils envisageront seulement de sécuriser les campus ou d'armer les professeurs, par exemple. En outre, aux Etats-Unis, la gestion concrète de la sécurité intérieure est une affaire qui concerne chaque Etat et les universités américaines sont indépendantes. La mort du concept de l’Etat centra capable d’imposer une mesure générale dans l’intérêt du plus grand nombre n’appartient pas à la culture américaine. Chez nous elle disparaît chaque jour un peu plus en matière de sécurité.
Cette évolution sera paradoxalement au cœur de l’élection présidentielle mais chut ! il n’est pas question d’en parler car ce ne serait qu’une élucubration de gauche dont on sait fort bien qu’elle ne serait qu’idéaliste et partisane.
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17 avril 2007 2 17 /04 /avril /2007 07:39
Désormais toutes les rumeurs sont permises. Elles alimentent les conversations de bistrot ou circulent sur le net à une rapidité fulgurante. Toutes reposent sur des tuyaux en béton armé mais dont on ne connaît pas le constructeur. Elles tentent de motiver dans un sens ou dans un autre les électrices et les électeurs indécis. On leur accorde un pouvoir extraordinaire dans la mesure où la société actuelle n’est faite que de désinformation permanente. Le problème c’est qu’elles peuvent se dégonfler en un simple clic et donc se retourner contre ceux qui les ont expédiées.
Actuellement le jeu à la mode consiste cependant à organiser les pronostics du premier tour et à surtout diffuser des sondages divers et… avariés pouvant déstabiliser un camp ou un autre. Comme ce n’est pas suffisant on y ajoute des supputations sur les " services officiels " qui sont mis à contribution. Les Renseignements généraux dont on se doute aisément qu’ils ne connaissent pas leur ancien patron y vont de leur fuite organisée alors que le Centre d’Etude de la Vie Politique Française est cité à l’insu de son plein gré. Difficile dans un repas de ne pas trouver un homme ou une femme qui entendu l’homme ou la femme qui a appris par un homme ou une femme le résultat du premier tour… On consulte les voyantes extralucides, les numérologues pythagoriens, les diseuses de mauvaises aventures ou les marabouts de ficelle pour tenter de découvrir le verdict du suffrage universel. Bref on tente de percer le secret des urnes.
Or, force est de constater, que personne ne possède la clé des consciences et qu’actuellement on nage dans le flou politique le plus complet. Chacun y va de son analyse tout en affirmant qu’il a pleinement confiance dans… son jugement et surtout pas en celui du voisin. On accumule les indices sans posséder de preuves. On transcrit des états d’âmes que l’on fait semblant de prendre pour argent comptant faute d’avoir d’autres éléments concrets. En fait même en étant dans les secret des dieux ou des déesses on ne possède aucune certitude. Pour la première fois depuis que les présidentielles au suffrage universel existent le prévisions des résultats ressemblent à celles de la météo nationale à huit jours : des tendances !
LE VIRAGE TONITRUANT DE L’ELECTORAT
La première hypothèse en cours s’assimile à un scénario catastrophe qui situerait Sarkozy et Le Pen à 43 % cumulés. Un virage tonitruant du paysage politique français puisque ce serait l’équivalent des mutations enregistrées avant la dernière guerre mondiale dans certains pays ayant mal tournés. On trouverait un Sarkozy à 25 et un le Pen à 18 ce qui laisserait peu d’espace démocratique pour le second tour puisque Bayrou et Royal se seraient neutralisés aux alentours de 18 % tous les deux. Ce serait alors un remake ultra droite du soir du 22 mai. Quand on compare les deux échéances il suffirait que globalement Sarkozy-Le Pen dont le numéro de duettistes est loin d’être inefficace récupère globalement… 6 % de plus (Chirac+ Le Pen avaient réalisé à peu près 37 %). Prétendre que cette vision est totalement masochiste relève de l’absence totale de remise en doute. Si on considère que Le Pen améliore son score de 1,5 point (18 %) il reste à Sarkozy de confirmer les sondages les plus bas qui les situent à 25 % (5,2 points de plus que Chirac)… Il ne s’agit pas de résultats totalement irréalistes…
Cette version s’incruste sur certains sites car elle représente le rêve absolu pour Sarkozy qui sait que c’est son élection assurée, certes pas avec les 82 % de Chirac mais avec une marge suffisante pour dormir paisiblement entre les deux tours. On retrouverait simplement des partis de gauche contraints de reprendre la phrase célèbre du communiste Jacques Duclos refusant de choisir en 1969 entre Georges Pompidou et Alain Poher : " c’est bonnet blanc et blanc bonnet ". Les électrices et les électeurs de gauche iraient à la pêche selon ce principe. Rappelons tout de même que ce brave Duclos avait réalisé pour le PC la bagatelle de 21,5 % !
Il n’est pas certain que Sarkozy élu dans ces conditions réalise une opération parfaite car le troisième tour des présidentielles (les législatives) risque bien de le priver d’un majorité paisible pour… gouverner. Bayrou et son futur parti démocrate en profiteraient, au nom de la situation grave causée par la présence réaffirmée de Le Pen dans le jeu politique, pour rejouer le rôle du supplétif. Il reviendrait comme la Pomponnette de la femme du Boulanger de Pagnol au bercail ! Un poil de proportionnelle permettrait au FN de faire entrer ses cadres à l’assemblée nationale, sauverait des Verts en perdition et un PC en lambeaux ! Cette vision du premier tour me paraît très peu crédible car Chirac n’a pas bronché et s’il avait des indications sur sa forte probabilité il aurait déjà fait un geste pour se… donner le beau rôle !
LA VOIE SANS ISSUE
La seconde hypothèse répartit les 43 % de la même manière mais entre Sarkozy et Bayrou. C’est le pire des scénarios pour le Napoléon qui perce sous Bonaparte. Il lui faut récupérer à la fois des voix de gauche (sic) ou de chasser sur les terres d’un FN revenu à 16 %. Cruel dilemme que celui qui ne peut espérer arriver entre droite et extrême droite à seulement 40 %… Le défi sera plus aisé pour Bayrou mais le troisième tour sera encore plus dur pour lui.
De quel coté penchera le néo parti démocrate ? Il lui sera difficile d’aller jouer les harkis pour les députés UMP alors qu’ils auront contribué à nettoyer leur idole… et il ne lui sera pas facile de passer un accord avec les socialistes qu’il aura plongé dans les affres d’un nouveau Congrès en éliminant leur candidate. On entrera dans une période ressemblant étrangement à celle qui a marqué la fin de la IV° République avec un pays paralysé et déboussolé !
La tendance qui découle de ces calculs débouche sur un argument fallacieux : " votez utile pour battre Sarkozy, votez Bayrou ! ". L’intox absolue car l’utilité en cause engage le pays dans une impasse institutionnelle totale qui supposera circonscription par circonscription des arrangements locaux improbables. Les législatives ne dégageront aucune majorité stable et il y a fort à craindre que le principal vainqueur en soit la relève du FN qui aura un nouvel argument pour stigmatiser les arrangements entre amis. Bayrou réalisera un excellent score pour une formation coincée comme la tranche de jambon dans la sandwich politique actuel.
Cette issue du premier tour comble d’aise celles et ceux qui ont horreur de s’engager. Elle leur offre une sortie agréable du ni droite, ni gauche auquel de toutes les manières ils seront obligés de revenir en juin… avec plus ou moins de réussite.
SARKOZY SURESTIME
Enfin il reste le classique du genre pour gens peu compliqués. On trouve un Sarkozy toujours à 25 % car surestimé et rongé sur sa droite par la légère progression de le Pen (18 %). Il est talonné par Ségolène Royal à 25 % et un Bayrou à 18 %…La pire des situations pour Sarkozy contrairement à ce que tout le monde prétend car il est dans un étau. Même s’il drague encore plus à l’extrême droite pour racoler 60 % des voix FN il ne pourra que contrebalancer les 60 % de voix Bayrou que récupèrera Ségolène. L’égalité serait quasiment parfaite mais elle pourra être remise en cause selon qui sera… le troisième. Je crois en effet, que plus que les 2 premiers qui sonst,s selon moi acquis, dimanche soir le troisième larron (Bayrou ou Le Pen) deviendra en effet la clé du résultat final. Si c’est Le Pen Sarkozy sera difficilement " battable " en revanche dans le cas inverse, sans accord particulier, Ségolène Royal a de fortes chances de l’emporter. Et le plus important restera le taux de participation qui déterminera le " gâteau " à partager ! L’avantage pour Ségolène résidera dans le fait que les électrices et les électeurs de Bové, Schivardi, Laguiller, Besancenot, Buffet, Voynet, Nihous à des degrés divers ne pourront pas faire autrement que voter… contre Sarkozy. Le potentiel cumulé à récupérer est largement supérieur (13 %) à celui du seul… Villiers (1,5%). Et c’est là que l’on s’apercevra que les candidatures de la gauche de la gauche n’auront pas été un désavantage.
Il est vrai que cette hypothèse n’a rien de spectaculaire mais conduira à une remise en cause profonde des calculs d’appareils soucieux de jouer un rôle dans la distribution des rôles. N’ayant négocié avec quiconque, Ségolène sera en mesure de se constituer une majorité législative facile sur des bases claires car elle n’aura rien concédé.
Personnellement sans consulter les oracles, j’ai une confiance absolue dans ce scénario. Normal qu’il n’intéresse pas les médias car il n’est pas vendeur, il ne fait pas peur, il m’est fin à leur influence.
Alors, rassurez-vous, jusqu’à samedi circuleront sur Internet et ailleurs des thèses inquiétantes ou enthousiasmantes selon l’engagement de celui qui les liront…Seuls les 100 premiers bulletins de vote dépouillés de bureau de Créon, dimanche soir conforteront ou démentiront les rumeurs. Jusque là il faudra se contenter de croire en la théorie qui vous fait plaisir.
Mais je déblogue…
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16 avril 2007 1 16 /04 /avril /2007 07:41
La semaine dernière j’ai reçu un certain nombre de signaux différents démontrant un changement des mentalités qui a tout lieu d’interpeller avant les élections présidentielles. Ils illustrent en effet parfaitement un état d’esprit collectif qui tourne autour des concepts sarkozistes. Tant par mails, que par courriers ou sur ce site, les commentaires qui me sont parvenus méritent une analyse spécifique car tous portent d’une manière ou d’une autre sur le concept suivant : sanctionnez, sanctionnez, sanctionnez ! Et, avec comme sous-entendu, " si vous ne le faites pas c’est une preuve manifeste de votre laxisme…de gauche ". La société se durcit, c’est indubitable, sous l’influence médiatique pour des faits essentiellement dus à une carence évidente du civisme. Impossible de ne pas le ressentir quand la pression est quotidienne.
Une constante anime les récriminations : l’ennemi c’est le voisin ou la voisine, l’autre que l’on ne nomme pas mais que l’on voit tous les jours. Inutile d’aller chercher loin celle ou celui qu’il faut absolument rappeler à l’ordre. On le voit depuis la fenêtre du salon, depuis derrière la haie de tuyas, depuis sa terrasse. C’est celui qui laisse son chien déposer des crottes sur les trottoirs en regardant ailleurs. Celui qui, à la nuit tombée, va déposer ses sacs poubelles devant chez lui avant de partir en week-end. Celui qui rentre nuitamment en claquant les portes des voiture ou celui qui accompagne ses invités en bavardant. Celui qui ne respecte pas les limitations de vitesse en rentrant chez lui ou en allant chercher les gosses. Celui ou celle d’ailleurs qui tond sa pelouse un dimanche, Ceux qui circulent à fond la caisse sur leurs scooters pétaradants… Des dizaines de plaintes affluent pour que le Maire fasse le ménage dans un contexte présenté comme révoltant, insupportable, inadmissible.
A ces réactions à visage découvert lors de rencontres directes ou par des courriers auxquels je peux répondre s’ajoutent les commentaires anonymes qui deviennent facilement identifiables grâce aux technologies modernes. Le dialogue s’avère alors très difficile car il n’y a que le vide face à celui qui est mis en cause. Comment rechercher une solution avec l’absence d’interlocuteur et d’interlocutrice ? Ce comportement traduit en fait un manque absolu de confiance dans les élus réputés être devenus de dangereux schizophrènes incapables d’entendre la différence. Des Sarkozy prêts à se venger de la moindre critique. Et surtout ne croyez pas que cette appréciation ne concerne que des gens réputés être à droite. Bien au contraire…
La démocratie participative de Ségolène Royal aura bien du mal à s’installer dans le paysage avec un consentement majoritaire… des citoyens qui ne veulent pas nécessairement de la concertation mais purement et simplement de la répression ! Il faut réprimer à tout va pour avoir le sentiment que c’est bien l’autre qui est responsable de tous les maux de la planète.
OUBLIER LES CAUSES. INTERVENIR SUR LES EFFETS
Le problème essentiel posé par ces reproches en série c’est qu’elles ne posent jamais les véritables causes des faits signalés mais veulent que l’on intervienne sur les effets. Dans la majorité des cas il s’agit simplement d’un problème d’éducation et de citoyenneté impossible à régler quand il a ses racines ancrées depuis trop longtemps dans l’indifférence générale. Il faut inlassablement rappeler des principes de vie collective quitte à passer pour un vieux con moralisateur. Lentement mais sûrement on parvient alors à améliorer une tendance mais c’est un peu le mythe se Sisyphe car la mission est interminable. L’information directe, la diffusion de messages écrits ciblés, les campagnes bien organisées permettent d’éviter un pourcentage non négligeables des difficultés. Il ne faut cependant pas idéaliser le comportement humain qui n’est fait que de petites lâchetés.
La difficulté essentielle c’est que jamais il y aura une réponse absolue à toutes les infractions. Bien évidemment que, malgré tous les efforts accomplis, il est inconcevable de faire surveiller tous les citoyens 24 heures sur 24 au volant de leur voiture, lorsqu’ils vont sortir leurs poubelles ou qu’ils construisent au fond de leur jardin un abri pour la tondeuse et les râteaux. Il faut donc accepter que tout ne soit jamais parfait quand on préfère l’éducation. Et forcement faire admettre que ce qui est une solution à un problème pour les uns génère un inconvénient pour d’autres. La tendance actuelle se résume de manière très simple : " je suis parfait et donc vous pouvez y aller, tapez sur les autres ! " Alors qu’il suffit de gratter un peu pour trouver forcément une paille dans l’œil de celui qui n’a vu que la poutre dans celui de l’autre.
Pour vivre cette réalité il suffit d’aller par exemple chez la coiffeuse ou le coiffeur et d’écouter les conversations qui accompagnent le travail des ciseaux Il est impossible pour l’ouvrière ou la patronne de contredire les affirmations de sa cliente ou même de lui avouer qu’elle est à l’origine de la décision qu’elle critique. Allez donc dire à une habitante qui se plaint de la zone bleue en centre ville que c’est une mesure des élus sollicitée par… les commerçants eux-mêmes et que si ça gêne les habitants du cœur de la bastide ça réjouit ceux qui viennent de l’extérieur. Et il en va ainsi à tous les échelons de la société où on laisse à penser qu’en multipliant les avertissements, les contrôles, les sanctions, les arrêtés, les règlements, les lois on changera définitivement les esprits.
MANQUE ABSOLU DE MOYENS
L’autre facette de cette prolifération des remarques sur l’ordre réside dans le manque absolu de moyens dont dispose l’autorité sollicité pour le faire respecter. Personne n’a conscience que toute demande de cette sorte génère obligatoirement la création d’emplois. Des villes ont massivement recruté des policiers municipaux pour surveiller les propriétaires des toutous mal éduqués, ont installé des dizaines de distributeurs de poches pour la " crocrotte " aux " chienchiens ", ont ajouté des ramasseurs professionnels juchés sur des motos sophistiquées ce qui représente une belle augmentation de la pression fiscale condamnée par les… propriétaires des animaux " délinquants " et par tous les autres qui trouvent que l’on n’est pas encore assez sévère avec eux !
Dans la très grande majorité des communes françaises on ne se pose même pas la question du coût de telles décisions puisqu’il n’y a aucune possibilité de mettre en pace de tels services. Alors se pose inévitablement l’inadéquation totale entre les principes et leur application.
Comment exiger dans le même temps une répression accrue (majorité des gens) tout en approuvant la suppression des postes des fonctionnaires (même majorité de gens) chargés de la mettre en œuvre ? Comment nettoyer, avec du personnel supplémentaire, toutes les dépôts sauvages de déchets non ménagers dans les rues de la ville alors que l’unanimité se fait contre le montant trop élevé de la collecte ? Comment juguler les nuisances sonores des cyclomoteurs quand il n’y a pas de sonomètres disponibles dans les brigades de gendarmerie ? Comment mettre en place des opérations de contrôle quand on sait que l’Etat est incapable de respecter ses propres dispositions en matière de ratios de gendarmes en rapport avec la croissance démographique constatée ? Comment un maire peut-il intervenir pour sanctionner (ce que je fais puisqu’il m’arrive de dresser moi-même les procès-verbaux) des contrevenants quand il sait que sa décision peut être cassée par n’importe quel tribunal ? Comment tout simplement expliquer que la maire n’est pas responsable des attitudes déplorables des gens qui n’exercent leur liberté pour empiéter sur celle des autres ?
En fait la mode sarkosiste a tellement imprégné les esprits qu’il faut remettre partout de l’ordre chez les autres. Les délinquants sont partout. Les racailles des banlieues se sont installés dans les lotissements. Les enfants du voisins sont des délinquants nés. Le siens des Einstein potentiels, des Zidane en devenir, des vainqueurs de la Star’Ac en gestation. En revenant à la maison on ne dépasse jamais la vitesse autorisée. Il faut traquer les vendeurs de drogue qui sont à la sortie des établissements scolaires. Il faut être impitoyable avec ceux qui dépassent les horaires de la zone bleue. Il faut poursuivre les 4x4 en stationnement interdits. On se doit de traquer les chauffeurs qui transgressent le sens unique et entrent directement sur la Place par la rue Baudric. La démolition de la cabane de jardin du voisin doit être décidée.
Et si la France se contentait de ces exigences pour choisir son président ? J’en suis persuadé pour bien de ses électrices et ses électeurs.
Mais je déblogue… 
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15 avril 2007 7 15 /04 /avril /2007 13:16
Dans une semaine, les bureaux de vote créonnais seront ouverts et plus de 2800 électrices et électeurs viendront s’y exprimer. Malgré plus de 30 années ininterrompues de participation à toutes les échéances électorales, j’ai bien du mal à prévoir le résultat local, tant les opinions demeurent discrètes, mouvantes et parfois même surprenantes. Je suis pantois quand je vois les Renseignements Généraux afficher des certitudes dans un tel contexte. Leurs analystes doivent être très savants pour extraire, à partir des entretiens qu’ils réalisent, une prédiction fiable, d’autant que la leur va à l’encontre de tous les sondages dont on sait combien ils sont à prendre avec les pincettes de la raison.
Le climat n’est pas aussi flamboyant qu’il le fut antérieurement. L’affichage officiel, confié à une entreprise privée, a été inexistant durant toute la première semaine de la campagne. Le tractage boîte aux lettres a été limité à Ségolène Royal sur certains secteurs de la commune, quand il y avait un militant plus mobilisé que les autres. Aucun autre candidat ne s’est manifesté. Une seule réunion publique aura été organisée sous l’égide du Parti Communiste. Le dernier marché n’a pas reçu les visites habituelles, mais peut-être que le prochain regorgera de distributeurs de programmes. Un calme désarmant en une période où habituellement se manifestent des convictions fortes. La France s’en remet au système médiatique pour lui montrer a bonne voie et une frange s’époumone à suivre sur Internet les péripéties plus ou moins fiables d’un contexte " pipole ". Les anciens combattants de l’idéal se retrouvent dans quelques rencontres pour évoquer l’époque où les projets politiques constituaient le cœur des débats. Je suis de ceux qui pensent que jamais l’inculture citoyenne n’a été aussi forte.

CONFUSION TOTALE DES ENJEUX
Partout où je suis allé et où un débat a été ouvert, il y a une confusion terrible des rôles. Les gens rencontrés confondent l’élection présidentielle avec la nomination d’un premier ministre. Ils viennent, en l’avouant plus ou moins, chercher une mesure ponctuelle correspondant à leur situation personnelle ou familiale, plutôt que d’approuver ou désapprouver un projet global de société. Plus personne ne voit dans le système présidentiel de cette Vème République à bout de souffle les réalités des rôles. Il y a une distance considérable entre l’enjeu réel et les attentes quotidiennes des électrices et des électeurs. Ils ignorent massivement que le Président de la République doit, dans le système actuel, donner des orientations générales à un gouvernement chargé de les traduire en actions concrètes.
Cette vision confuse du fonctionnement de l’Etat pèse sur la campagne, car il transforme l’idéal en catalogue de la Redoute. On en arrive à le feuilleter pour aller y chercher le thème, le sujet, la mesure précise, concrète, déjà formalisée que l’on attend, en étant prêt à passer à une autre boutique de "vente par correspondance" si le choix n’est pas suffisant. Mieux, sur Internet on trouve de plus en plus de comparatifs de programmes style " Que Choisir ? ", attestant de cette mutation du statut d’électeur vers celui de consommateur, de celui de militant vers celui de client. On n'adhère plus à une vision globale de la société future, mais à un contrat d’assurance sans autre risque que celui d’être trompé.

LA COOPERATION FUSION LA PLUS RENTABLE
D’ailleurs les réactions de quelques socialistes influents démontrent que cette tendance leur convient. Tour à tour, dans un grand élan de boutiquiers habitués à prendre leur marge bénéficiaire sur les achats des autres, Michel Rocard et Bernard Kouchner se sont précipités pour proposer la " coopération fusion " qui leur parait électoralement la plus rentable. Michel Rocard, ancien Premier ministre, député socialiste européen, a ainsi plaidé en faveur d'une "alliance" entre Ségolène Royal et François Bayrou avant le premier tour, afin d'éviter une victoire de Nicolas Sarkozy au second tour. " J'ai une certitude de la victoire de Ségolène au second tour si beaucoup des voix de François Bayrou se portent sur elle. Sans cela je n'ai que le doute que révèlent les sondages. Et la recherche de ces voix appelle un engagement de réciprocité car le problème se pose dans les deux sens. ". C’est l’efficacité ou c’en est pas ! Il se place dans une hypothèse, ce brave Michel, celle où Bayrou arriverait derrière Ségolène Royal et qu’il accepterait de se faire harakiri politique… pour les législatives qui suivront. Mais a-t-il envisagé le désastre que serait sa théorie si par malheur Ségolène Royale arrivait derrière Bayrou ? Comment expliquer, lors des législatives, ce revirement brutal de tendance sauf si, par avance, il s’est réservé un poste de Ministre des Finances quel qu’en soit le résultat ? On nous refait le coup du " rien n’est plus important que de battre Sarkozy et vous devez renier vos engagements pour accepter la solution la plus efficace ! " Pauvre Rocard, que j’ai fidèlement suivi durant 25 ans dans ses propositions courageuses, mais que je ne peux plus souffrir tant il est devenu une caricature de notable arrangeant. Je l’ai aimé à contre courant sur l’autogestion. Je ne le suivrai plus jamais sur une divagation libérale auto valorisante !
Bernard Kouchner s'est prestement rallié à cet appel à une alliance entre l'UDF et le PS pour l'élection présidentielle. L’occasion était trop belle pour qu’il la laise passer en une période où Bayrou cherche un Premier Ministre potentiel de gauche. "Pour la première fois depuis trente ans, le parti de François Bayrou ne récuse pas la gauche réformatrice. Saisissons cette chance", déclare l'ancien ministre de la Santé de Lionel Jospin dans une tribune du Journal du Dimanche d’aujourd’hui sous le titre : "Assez de l'esprit sectaire!". Le parangon de l’intervention humanitaire vient au secours du père François et surtout refile un coup de pied terrible dans les chevilles de celle qu’il est censé soutenir… de toutes ses forces. Remarquez, Rocard a fait mieux, puisque sa déclaration est tombée le jour où, comme le fait savoir le rédacteur acéré du blog " Mitterand-2007 ", Ségolène Royal est... chez le " Ché ", et qu’elle se positionne résolument à gauche !
En général, les désistements ne se discutent qu’après les résultats du premier tour… Désormais, la boutique s’ouvre avant que les tarifs soient fixés ! On dit aussi dans les cercles parisiens que Borloo et DSK ont soupé ensemble chez un grand avocat parisien pour examiner comment ils pourraient éventuellement, dans une situation de crise (pas de majorité absolue UMP ou PS à l’assemblée nationale), faire un bout de chemin ensemble. C’est ce que Rocard avait appelé l’ouverture, avec le succès politique que l’on sait !
JE T’AIME MOI NON PLUS
Dimanche il faudra être sacrément convaincu pour se reconnaître dans ce jeu du " je t’aime moi non plus ", pour prendre son bulletin de vote. A force de vouloir tuer la gauche pour retrouver un pouvoir, certains de ses responsables finiront par occuper les strapontins idéologiques que la droite voudra bien leur laisser. A force de chercher un consensus à n’importe quel prix, on fait le lit du duo Sarkozy-Le Pen. La politique, ce n’est pas à mes yeux qu’un simple calcul mathématique de cumul des voix, c’est aussi un projet, une pratique, une volonté d’aller jusqu’au bout de ses engagements, quel qu’en soit le prix. Et n’en déplaise au " French Doctor " porteur de sacs de riz, la fidélité à des principes n’a jamais été une lubie " d’esprit sectaire ".
Le clientélisme devient tel en politique qu’un jour on verra bien un candidat ou un parti ouvrir un "supermarché à promesses". Il suffira d’y venir avec son sac recyclable pour y puiser les produits en promotion. On pourra même vous faire une petite remise sur votre feuille d’impôts à la caisse … selon les soldes du jour.
Le problème, c’est que désormais ces principes sont relayés par l’omnipotente télévision. Les Jités des chaînes dominantes se relaient inlassablement, et se délectent des prises de parole qui confortent l’abandon de toute ligne directrice politique forte. Eux, ils ont axés toute leur stratégie sur l’audimat, c’est à dire l’attractivité de leur information plutôt que sur la fiabilité de celle-ci. Au moins, c’est plus clair !
Il va falloir y réfléchir avant dimanche prochain pour que vers 20 heures les visages qui apparaîtront sur les écrans n’explosent pas à la face de celles et ceux qui auront détruit tous les repères.
Mais je déblogue…  
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14 avril 2007 6 14 /04 /avril /2007 08:03
La violence exercée contre les femmes par un partenaire de sexe masculin atteint des dimensions de plus en plus angoissantes. Au sein du foyer, les brutalités sont devenues, pour les Européennes de 16 à 44 ans, la première cause d’invalidité et de mortalité avant même les accidents de la route ou le cancer... En France, à cause des agressions masculines domestiques, six femmes meurent chaque mois – une tous les cinq jours –, un tiers d’entre elles poignardées, un autre tiers abattues par arme à feu, 20 % étranglées et 10 % rouées de coups jusqu’à la mort que peu de monde commente et dont on évite de causer. Celles de la délinquance sont abondamment commentées sur les plateaux de télé mais celles-ci échappent à toutes les émissions. Selon ces statistiques, l’agresseur est en majorité un homme bénéficiant par sa fonction professionnelle d’un certain pouvoir. On remarque une proportion très importante de cadres (67 %), de professionnels de la santé (25 %) et d’officiers de la police ou de l’armée. On est bien loin du poncif du pochard qui cogne en rentrant bourré su bistrot. Gendarmes et pompiers sur le Créonnais le vivent quasiment cahque jour.
Au Portugal, par exemple, 52,8 % des femmes déclarent avoir été l’objet de violences de la part de leur mari ou de leur concubin. En Allemagne, trois femmes sont assassinées tous les quatre jours par les hommes avec lesquels elles vivaient, soit près de 300 par an. Au Royaume-Uni, une femme est occise dans les mêmes circonstances tous les trois jours. En Espagne, une tous les quatre jours, près de 100 par an. Dans l’ensemble des quinze Etats de l’Union européenne (avant l’élargissement à vingt-cinq), plus de 600 femmes meurent chaque année – presque deux par jour ! – sous les brutalités sexistes dans le cercle familial
Une idée reçue consiste à penser que les violences de genre sont plus fréquentes dans les pays " machistes " du sud de l’Europe que dans les Etats du nord. Là encore, il faut pondérer.
La Roumanie apparaît comme le pays européen où la violence domestique contre les femmes est la plus grave : chaque année, en moyenne, pour chaque million de Roumaines, 12,62 sont tuées par leurs partenaires masculins. Mais, dans le sinistre palmarès des pays les plus " féminicides ", immédiatement après la Roumanie se situent des pays dans lesquels, paradoxalement, les droits des femmes sont les mieux respectés, comme la Finlande, où tous les ans, pour chaque million de Finlandaises, 8,65 femmes sont tuées dans le huis clos domestique, suivie par la Norvège (6,58), le Luxembourg (5,56), le Danemark (5,42) et la Suède (4,59), l’Italie, l’Espagne et l’Irlande occupant les dernières places. Ce triste hit-parade met en évidence un problème social qui paradoxalement ne cesse de progresser. Et on ne parle pas souvent des brimades morales liées à la gestion du foyer, à l’isolement non consenties, aux non partage des tâches quotidiennes, à la responsabilisation outrancière vis à vis des enfants, à l’abandon pur et simple…
" ELLES L’ONT MERITE "
Ces chiffres déjà terrifiants sont très sous-estimés, estime Marie-Dominique de Suremain, déléguée générale de la Fédération nationale solidarité femmes dans un article de l'hebdomadaire Le Point. Une enquête réalisée par les urgences médico-légales de Paris a chiffré à 60 par an le nombre de femmes tuées par leur mari ou compagnon seulement dans la capitale. Alors, combien dans le reste de la France ? " On ne sait pas non plus combien de femmes victimes de violences restent handicapées, mutilées ou blessées, rappelle le Mouvement français pour le Planning familial. Ni combien de temps elles vivent sous la terreur, si elles parviennent à porter plainte, et combien de ces plaintes ont été suivies de mesures de protection. " Tous les experts sont d'accord : les violences conjugales sont encore mal identifiées. "Plusieurs raisons expliquent l'existence de cette zone d'ombre honteuse dans notre société, pourtant adepte de transparence dans de très nombreux domaines."
rappelle le Mouvement français pour le Planning familial. Tous les experts sont d'accord : les violences conjugales sont encore mal identifiées. Plusieurs raisons expliquent l'existence de cette zone d'ombre honteuse dans notre société, pourtant adepte de transparence dans de très nombreux domaines.
Longtemps, les femmes victimes de violence ont été tenues pour principales responsables de leur sort. Provocantes et sortant seules, elles récoltaient le fruit mérité de leur impudence. Futiles, elles attisaient la juste colère de leur mari. " Bats ta femme tous les matins, si tu ne sais pas pourquoi, elle le sait " : combien de fois a-t-on entendu ce proverbe, qui nous viendrait d'une autre culture, mais que les Français emploient volontiers, en blaguant, bien sûr... En fait ce discours qui parcourt la société ne reflète qu’une triste réalité.
La campagne présidentielle n’abordera absolument pas ce pan de la vie secrète des couples que personne ne souhaite véritablement mettre en lumière. On causera de l’insécurité visible car elle " rapporte " mais on évitera soigneusement les sujets qui fâchent. La cigarette, le cannabis, le taux d’alcoolémie, les excès de vitesse… seront tôt ou tard au cœur du débat alors que les violences intra familiales ne feront pas dix secondes dans un débat télévisé. A moins que les faits concernent une personne de haut niveau comme ce fut douloureusement le cas pour l’affaire Trintignant-Cantat. Les fracas des couples célèbres permettent parfois de mettre en évidence la face cachée de la misère de ceux du quotidien. La violence demeure en effet une constante qui traverse l’ensemble des milieux lorsque la communication n’existe plus.
UNE MAIN COURANTE ORDINAIRE
Supposons que, dans le cadre des élections présidentielles, brutalement, une affaire du genre ordinaire éclate dans un couple dont l’un des deux prône en permanence la répression sans faiblesse des actes violents. Imaginons et, en pareille circonstance toute ressemblance avec un candidat existant ou ayant existé ne serait que pure coïncidence, que l’on apprenne qu’il ait frappé sur sa compagne. Celle-ci serait allée déposer, dès qu’il a eu le dos tourné, une main courante ordinaire, comme le font tant d'autres, au commissariat de plus proche avant, sous la pression, de tenter de la retirer sans savoir qu’une photocopie en avait été faite. Rien d’autre qu’une affaire banale comme il en arrive tant d’autres en France chaque jour, direz-vous. Le problème c’est que ce cas d’école poserait quelques jours plus tard un drôle de problème de conscience à des journalistes destinataires de la copie et de l’info.
La presse française contrairement à la britannique n’aime en effet guère se retrouver dans une telle situation. Elle hésite à entrer par les mauvaises portes dans la vie privée des gens qui comptent surtout dans le monde politique. Elle invoque souvent la déontologie, le risque d'atteinte à la vie privée pour ne pas se mêler des affaires censées la regarder. N’empêche que ce serait un sacré moment si une telle révélation intervenait avant le premier tour des présidentielles dans une campagne qui a placé le " pipole " largement au-dessus de la politique. Je n’ose imaginer la colère de l’intéressé qui devrait d’ailleurs déjà craindre le pire et l’avalanche de démentis que cette histoire de querelles de ménage ayant mal tournée pourrait générer… Mais rassurez vous mon histoire est totalement imaginaire et je me fais du cinéma. Vous ne la lirez pas ou vous ne l'entendrez pas.
Ce genre d’événement comme ce fut le cas pour l’agression de Papi Voise, ce vieil homme, qui a fait basculer le sort de Lionel Jospin et a ouvert le boulevard du second tour à Le Pen ne peut pas arriver dans un système médiatqiue verrouillé. Les gens importants ne sauraient tomber dans de tels travers et l’honneur d’une femme ne compte guère en pareille circonstance.
LES PUISSANTS LIENS DE L’AMOUR
dans ce cas hypothètique comme dans les autres une enquête révèle aussi les puissants liens de l'amour. Ainsi, 18 % des femmes en situation très grave, donc soumises à des violences physiques ou verbales répétées, se disent toujours " très amoureuses " de leur compagnon, et 47 % " seulement amoureuses "... Est-ce pour cette raison que les femmes taisent leur souffrance ? Fait troublant : près de la moitié des victimes interrogées ont parlé pour la première fois au moment de l'enquête des violences subies. " Le sujet est encore tabou, car, même dans nos sociétés modernes, le statut de femme battue est toujours plus infamant que celui d'homme violent ", explique Marie-Dominique de Suremain déléguée générale de la Fédération nationale solidarité femmes.
Ces victimes de violences conjugales éprouvent très souvent un fort sentiment de culpabilité. " Ma cliente a été rouée de coups, puis défigurée au cutter par son compagnon devant ses propres enfants, raconte Christian Guitton, avocat. Il a été condamné à douze ans de prison. J'ai été stupéfait de voir qu'après la sentence non seulement ma cliente ne lui en voulait pas, mais qu'en fait elle se reprochait même de l'avoir envoyé en prison ! " Prisonnières de leur culpabilité, les femmes acceptent ainsi que leur seuil de tolérance à la violence augmente. Un engrenage qui finit tôt ou tard pas mal tourner !
Dans tous les couples présidentiels on s’aime donc passionnément et dans Paris Match, dans Gala ou Voici, VSD... les photos sur papier glacé en attestent. D’ailleurs malheur à celui qui oserait en douter. Ce n’est pas chez ces gens là que l’on s’expédierait les assiettes à la figure et que l’on distribuerait des baffes car ça ferait mauvais effet sur le bon peuple. Il vaut mieux conserver une image lisse de ceux à qui l’on va confier notre destin collectif. La violnce c'est bien connu : ce n'est que dans les banlieues!
De toutes les manières on a moins une certitude, si mon histoire était authentique, ce qui n’est pas le cas bien évidemment, on aurait peut-être enfin un président de la République sachant de quoi il parle quand il causerait de la violence faite aux femmes. Il serait donc au moins compétent sur un point !
Mais je déblogue… 
 
Lire par curiosité sur le site http://francoismitterrand2007.hautetfort.com/ la chronique de hier...et peut-être aurez vous cette semaine une surprise.
 
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13 avril 2007 5 13 /04 /avril /2007 13:55

Deux soirs et… deux réunions de campagne dans le même lieu, à Langon. L’une locale consacrée avant-hier au soutien socialiste à Ségolène Royal avec Claude Bartolone, ancien Ministre de la ville. L’autre programmée comme étant le premier meeting national du candidat de Chasse Pêche Nature et Tradition, Frédéric Nihous. A deux reprises je me suis donc installé dans la salle en observateur attentif du décorum, des personnes, des contenus. Impossible, malgré tous mes efforts de ne pas me détacher du réflexe journalistique. Dans ma tête je cherche un angle d’attaque pour un papier. Je n’arrive pas à réagir en supporteur mais en critique aussi impartial que possible. La situation n’est guère facile puisque je suis engagé dans le processus électoral et qu’il ne fait pas bon par les temps qui courent déceler une faiblesse potentielle. Il faut « positiver » et surtout ne pas laisser, dans ce type de circonstances, la place au doute. L’exercice me plait pourtant beaucoup. Même s’il est risqué. Je ne peux m’en passer car il m’enrichit des différences.

En étant attentif aux détails et surtout en me forçant à aller voir chez les autres ce qui se dit et surtout comment ça s’y dit, j’ai l’impression de m’enrichir. Je me force à sortir de mes schémas de pensée, à remettre en cause mes opinions, à rechercher sans cesse l’acceptation de la différence. D’un soir à l’autre, dans la même salle, je suis passé d’un monde dans un autre, d’une citoyenneté à une autre. De référent reconnu je suis devenu spectateur anonyme, d’acteur privilégié j’ai accepté le statut de cible réticente. J’ai picoré des détails qui, cumulés forgeront mes positions ultérieures. 

Dans les deux cas condamné au silence je ne me suis préoccupé que de saisir des concepts et… déceler ces petits riens qui reflètent davantage la réalité que les mots. Le passage dans le journalisme m’a appris qu’il faut savoir capter ce que les autres ne veulent pas montrer ou ne veulent pas exprimer. Les apparences demeurent valables pour les inconditionnels pour qui la première impression est la meilleure. Ces deux soirées diamétralement opposées constitueront pour mois deux références sur cette campagne vue en direct et autrement que par le prisme de la télé. L’important comme aux jeux Olympiques, c’était donc d’y participer pour en vivre l’intérêt.

Je vais donc m’efforcer, durant les quelques jours qu’il reste et en fonction des opportunités, de vous proposer un carnet de campagne aussi diversifié que possible. Il ne prétendra pas à l’objectivité mais il aura au moins le privilège de vous rapporter ce que de toutes manières vous n’aurez pas majoritairement vécu.

ECRAN NOIR POUR NUITS BLANCHES

Mercredi soir, à peine plus de 300 personnes avaient souhaité préparer, salle Claude Nouagaro, sur l’écran noir de leurs nuits blanches, des rêves de succès pour leur candidate. Attentives, sages comme des images d’affiches électorales, respectueuses du talent des orateurs les gens présents étaient là pour se rassurer. Ils n’étaient pas, majoritairement, venus pour autre chose que pour raffermir leurs propres convictions en une période cruciale. Ils fonctionnaient un peu comme ces batteries génératrices de mouvements qu’il faut recharger à la source.

Des affiches méticuleusement posées par de jeunes militants désireux de témoigner de leur louable investissement personnel rappelaient le caractère officiel de la rencontre. Les socialistes ne se séparant jamais du processus pédagogique du maître seul face à la classe, un pupitre attendait tel un récif isolé dépassant de l’immensité plate de la scène, le porteur de bonne parole. Une impression de solitude pesante planait sur le lieu dont les intervenants successifs se tirèrent avec talent mais sans réellement parvenir à établir un lien avec la salle. La notion d’équipe solidaire autour d’une candidate était absente. Il est vrai que ce n’était que le respect d’un concept national. Dans un tel contexte seules quelques pointes d’humour franchirent la rampe comme si, sur le reste, était trop sérieux pour faire réagir. Un militant qui baigne dans la certitude n’a pas d’oreilles et ne participe pas à l’échange. Il admet, les yeux baissés sans se poser de question comme les bons élèves d’autrefois.

On manquait singulièrement d’enthousiasme comme les blasés qui ont blanchi sous le harnais.

Talentueux en diable, enthousiaste pour dix, caustique pour tous les timorés, compétent sur les sujets abordés, Claude Bartolone a tout tenté pour briser la chape de morosité ambiante. Sa faconde contrastait avec la froideur globale de son auditoire. Il semait son enthousiasme à gogo. Il ne récoltait qu’une attention polie dans une salle devenue trop vaste pour réduire la distance entre le prêcheur et ses ouailles. Celui qui a été appelé par Ségolène Royal pour l’aider à transformer ses désirs d’avenir en réalités du présent ne ménagea personne, appliquant le précepte mitterrandien : « dans une campagne il faut se choisir un seul ennemi et ne pas le lâcher ». Sarkozy eut donc droit à des rafales précises récurrentes. Peu de petites phrases simplistes mais des constats précis, des analyses construites, des préconisations durables. Dans le fond, malgré son art oratoire, Bartolone était pédagogique comme à l’ancien temps. Pas grand chose d’américain, de spectaculaire, d’outrancier dans une prestation politiquement de haut niveau face à un auditoire manquant d’exubérance.

Des petits groupes après plus de deux heures se séparèrent lentement commentant à voix basse une situation manquant pour eux de clarté. Retrouvailles entre amis de longue date, félicitations discrètes aux orateurs, tentatives de partage de certitudes rassurantes, prises de rendez-vous pour les prochaines échéances… avant de retrouver le chemin de la nuit. J'en ressors avec une fâcheuse impression de mal-être. Mais probablement suis-je pessimiste!

CHASSE AUX SUPPORTEURS ET PECHE AUX VOIX

 Hier soir, pour un meeting interrégional, d’une toute autre ampleur, Frédéric Nihous était là pour la chasse aux supporteurs et la pêche aux voix. Aucune similitude avec la veille. Une fumée, pas destinée à annoncer l’avènement d’un pape mais plus prosaïquement à porter le fumet des ventrèches grillées indiquait déjà une ambiance générale de kermesse. Le béret se portait comme un emblème. Les tee-shirts massivement distribués uniformisaient massivement une salle largement remplie. Des autobus avaient déversé des centaines de partisans issus de ces villages anonymes. On engloutit dans la demi-heure avant qu’arrive le candidat tous les stocks de grillades prévues ainsi que des centaines de godets de rosé. L’attribution de cartons bleus portant un « Nihous président » préparait une entrée à l’américaine dans un décor digne d’au théâtre ce soir. Sur scène derrière le même pupitre que la veille des figurants attendaient la vedette du jour. Costumés en « service public » (combinaison fluo DDE) en chasseur sans arme, en paysan d’antan ou en pêcheurs enfants ils étaient censés illustrer la diversité de la France profonde, celle qui résiste avec ses traditions et ses particularismes locaux. Le mot culte de « la ruralité » se déclinait visuellement grâce à une barrique installée à quelques mètres de l’écran géant amplifiant l’image lointaine des intervenants. Le contexte se voulait à l’image simpliste d’une société dans laquelle on ne fait plus confiance à personne sauf à ses repères du quotidien que l’on ne veut pas voir disparaître. Un coq déambule entre les jambes des orateurs donnant parfois un signe courroucé de l’indifférence qu’on lui témoigne. L’argumentation ressemble étrangement au décor. On tape avec délectation, comme dans une représentation de Guignol, sur tous les dépositaires d’un quelconque pouvoir réputé corrmpu. Les paroles changent mais l’air demeure le même : « ils ne valent pas plus les uns que les autres…Droite et gauche c’est du pareil au même… Ils vous oublient et ne pensent à vous qu’au moment des élections… Ils sont tous indifférents à notre ruralité… » Les formules sont dans un premier temps extrêmement lapidaires : « Est ce que vous voyez François en monsieur pièces jaunes dans une famille en or qui paie l’I S F ? » ; « de l’autre coté vous avez Nicolas et Pimprenelle qui jouent au marchand des able, vous endorment et ne vous ne proposent que des cauchemars… » ; « ne faites pas surtout pas confiance au nouveau ancien rural qui ne murmure plus à l’oreille des chevaux mais aux pots d’échappement des tracteurs… » avant que n’arrive le grand dessein de cette campagne présidentielle maintes fois ressasé : "nous devons devancer des Verts en perdition.Quand nous serons devant eux lance un Frédéric Nihous peu enthousiasmant pour un public qui réclame un tableau de chasse plutôt qu’un cours de « Sciences Po » nous serons devenus les écologistes que respectera le gouvernement ! ». le reste n’est que de l’habillage. L’objectif est au ne peut plus clair: être devant Voynet au soi du premier tour !

 

 

La porte ouverte laisse entrer la douce odeur de la ventrèche grillée. Nicolas Hulot passe sur le grill. « Le Père la pudeur de l‘écologie…qui donne des leçons à tout le monde mais qui parle surtout de lui-même  dans l’intérêt des autres ! ». Les pancartes s’agitent. Les cornes du virage sud retentissent. Les tee-shirts blancs s’agitent. «  Choisissez vous un ennemi et ne le lâchez pas, concentrez vos tirs sur lui » expliquait Miterrand. La tactique ne change pas…

La route du retour me paraît longue et plus sinueuse qu'à l'habitude. Seul je revis les images : elles me désolent de la politique! Ce soir ja vais ailleurs pour garder encore espoir.

Mais je déblogue….

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