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LES STATISTIQUES

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MAIS JE DEBLOGUE...

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12 janvier 2007 5 12 /01 /janvier /2007 07:59
Lentement mais sûrement, le filtrage des candidats aux présidentielles s’opère. Un peu comme dans le cycle de la vie, ce n’est pas parmi ceux qui s’agitent le plus que se retrouvera l’heureux élu. Tout n’est en effet qu’apparence, car l’essentiel est de se frayer, au nom d’une candidature seulement annoncée, durant cette période d’incertitude absolue, une place même minime, sur le devant de la scène. La très grande majorité de celles et ceux qui prétendent à la charge suprême sait pertinemment qu’elle n’entrera même pas dans le vestiaire de départ. Alors, il lui faut absolument tirer profit de son annonce de " départ potentiel " ou même, on l’a bien vu… de son renoncement moyennant compensation ultérieure. Ce comportement fait totalement illusion, et il est à peu près certain que, sur la centaine de noms prétendument inscrite pour passer devant les électrices et les électeurs, il n’en restera même pas une dizaine. Le désastre du premier tour de 2002 pèse sur les ambitions potentielles des uns et des autres. On pratique l’esbroufe, l’intox, la démesure, pour tenter de tirer à soi la couverture médiatique.
En fait, derrière chaque désistement, on trouve le même problème : l’incapacité avérée à obtenir les 500 signatures d’élus locaux et notamment des Maires. Toutes et tous peinent tant la quête de ces paraphes est exigeante, désormais très ingrate, à quasiment un an des municipales. Il faut d’abord des fonds importants car, écrire à des milliers de premiers magistrats communaux, se déplacer chez eux pour essayer de les convaincre, utiliser quelques arguments sonnants et trébuchants, nécessite des sommes que tout le monde n’a pas. La très grande majorité des " partants " sait donc déjà qu’elle n’a plus aucune chance de passer le cap des 500 engagements écrits valables. Ensuite, une logistique (secrétariat, relations presse, soutiens matériels) devient indispensable. Enfin, le drame vient du fait que, de plus en plus, les Maires se méfient de l’impact sur leur vie publique ou personnelle de leur engagement.
Actuellement seuls Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal, François Bayrou,  et Marie Georges Buffet ont la certitude de voir leurs dépenses couvertes par les 700 000 € destinés à la première phase de leur campagne. Les autres, absolument tous les autres, doivent avoir les moyens d’avancer les frais sans aucune garantie de remboursement… Ce quatuor est donc le seul qui n’a pas besoin de se tracasser : il aura la première partie de l’examen de passage.

DES SITUATIONS TRES DIVERSIFIEES
A l’extrême droite, il faudra que des élus de la droite dite républicaine fassent un effort particulier pour que Jean Marie Le Pen obtienne son sésame pour…peut-être, faire battre Sarkozy ! La situation, paradoxale, est devenue tellement préoccupante que Bruno Mégret, le revenant, a appelé hier De Villiers à se retirer et à apporter son soutien au maître du F.N. Le Pen avoue un peu plus de 400 sésames et le Vicomte en comptabiliserait 300… Ils plafonnent tous deux et ils ne savent même pas si, début mars, ces promesses se transformeront en autant de signatures officielles. Leur sort va se jouer dans le mois de février !
A droite, Nicolas Dupont-Aignan est dans le doute. Il parcourt les départements mais les Sarkozistes déclarés et les Chiraquiens en sommeil ont verrouillé le système. Comme Chirac ne renoncera que le plus tard possible, les ouvertures n’existeront pour le trublion UMP que quand il sera trop tard. La chasse aux Maires risque donc d’être délicate pour lui, comme pour tous les autres.
A l’extrême gauche, la situation n’est guère plus brillante. Les adeptes d’Arlette Laguillier traquent fébrilement les Maires jusqu’à leur domicile tant ils sont inquiets : elle ne fait plus recette chez les élus locaux révoltés. Elle n’apparaît plus comme la Jeanne d’Arc de l’opprimé. Olivier Besancenot est, lui aussi encore loin, très loin du compte. Il lui faudra obligatoirement un coup de pouce du destin (les ennemis apparents d’aujourd’hui peuvent être alliés discrets de demain) pour qu’il puisse aller agacer les… socio-démocrates. Les soutiens ne lui viendront pas du PC, qui a en travers de la gorge l’attitude de la LCR sur le front anti-libéral; alors il sera contraint d’ aller les mendier ou les troquer chez les divers gauches, dont Ségolène n’aura pas nécessairement besoin pour garnir son carnet d’entrée dans le bal des prétendants.
Chez les verts, on voit rouge, car là aussi rien n’est gagné. Dominique Voynet n’est pas Noël Mamère et, pour le moment, c’est profil bas, car les promesses ne s’accumulent pas sur le bureau. Même l’emblématique Nicolas Hulot n’a pas réussi à récupérer un nombre de promesses en adéquation avec sa célébrité médiatique. Il est encore à plusieurs dizaines du cap à franchir. Il devait annoncer sa décision fin décembre. C’est reporté au 22 janvier, avec l’espoir que, ce jour là, s’il renonce, comme c’est probable, il le fasse en ayant… les 500 signatures ce qui donnera un certain panache à son retrait. Corinne Lepage n’aura pas ce privilège, car elle est loin, très loin de posséder le pactole destiné au Conseil constitutionnel. Le verdict est sans pitié : elle ne participera pas à ces élections, mais elle aura bien rentabilisé son… intention d’y participer ! Si elle réclame tant un droit de parole sur les Jités, c’est que ses jours de campagne sont comptés !
Tous les autres, excepté peut-être paradoxalement le candidat de Chasse Pêche Nature et Tradition, n’ont plus aucune chance de figurer dans les devantures des bookmakers anglais lors des paris sur les élections françaises. Ils sont incapables de présenter les soutiens indispensables. La vérité dérange mais elle est ainsi.

LES MOYENS ET LES FONDS DU MINISTERE
En fait, nous sommes dans les apparences, mais absolument pas dans la certitude. Une sorte de casting d’une télé réalité, dans laquelle un jury élimine les candidats avant qu’ils soient enfermés dans un château pour décrocher le titre de l’année. Un seul possède absolument tous les atouts pour se qualifier facilement, et il n’est autre que Nicolas Sarkozy avec les moyens humains et les fonds du Ministère de l’Intérieur. Même s’il n’en a pas besoin, il dispose d’une force de frappe, de moyens financiers et humains, cumulés avec notamment les fonds de son ministère, qu’il n’utilisera pas directement dans la campagne, mais qu’il saura néanmoins faire fructifier. En effet, les Maires sont sensibles aux subventions, et encore plus à leur versement rapide… et avec le nouveau budget 2007, les caisses ont été à nouveau remplies. Il attendra le dernier moment pour les vider à bon escient.
Par exemple, la vielle de quitter son ministère, pour aller à Matignon, Dominique de Villepin avait signé tous les arrêtés d’attribution de ce que l’on appelle dans le jargon des élus locaux : " la réserve parlementaire ". Des crédits attribués sans aucune autre base que celle du fait du prince ! J’en sais quelque chose, car c’est ainsi que la réfection des locaux de Judo a bénéficié de 50 000 € de cette manne. D’ailleurs, Sarkozy le sait. Il maîtrise bien ces paramètres indirects mais décisifs dans la période actuelle : le réseau des Préfets qui peuvent activer ou désactiver des intentions plus ou moins " bonnes ", celui des renseignements généraux dont on sait qu’ils ne font plus de politique (et mon œil), les informations sur ses adversaires. Il restera en place encore plusieurs jours et, d’après son propre camp, il ne partira qu’avec les archives et les caisses vides, après distribution généreuse des crédits disponibles

"JE FERAI LES DEUX"
Il n’en fait d’ailleurs pas mystère, en déclarant hier qu'il était en mesure d'être candidat à la présidentielle et de poursuivre intégralement son activité de ministre, comme le président Chirac le lui a demandé, soulignant: "il m'a demandé de faire les deux? J'obéirai". N’empêche que depuis l’Elysée, on a programmé la suite. Nicolas Sarkozy pourrait, selon le Canard enchaîné de la semaine dernière, dimanche, jour de l'investiture de l'UMP pour l'élection présidentielle, annoncer son "départ imminent" du ministère de l'Intérieur. C'est François Baroin, actuel ministre de l'Outre-mer qui lui succéderait. Selon l'hebdomadaire satirique, la nomination de ce dernier à ce poste interviendrait sur "ordre de l'Elysée"… Devinez pourquoi ? Il sera encore temps de modeler la liste des candidats de droite in-extrémis… et de ramener les réseaux au bercail.Ce sera la dernière chance de certains d’entre eux.
Baroin aura comme consigne de faire le coup " Jospin " à l’envers. Chirac bloquant par sa fausse indécision le clan " dur " de feu le RPR, il faudra susciter, si le laps de temps le permet encore, le plus de candidatures susceptibles d’affaiblir l’agité de Beauvau. C’est ce que craint le plus Sarkozy, et c’est la raison qui le pousse à tenir la boutique le plus longtemps possible. Le marché aux signatures ne peut pas s’ouvrir dans son dos. La semaine prochaine sera la semaine clé de cette campagne, et le conseil des Ministres de mercredi vaudra son pesant d’hypocrisie institutionnelle. La course par élimination va prendre un tour décisif. Elle ressemblera à ce que fut le stock-car autrefois. L’essentiel des efforts consistera à pousser les autres dans le décor. Un décor dans lequel ils disparaîtront beaucoup plus vite qu’il n'y étaient apparus. Tous leurs efforts ne serviront à rien, car rien ne sera laissé au hasard pour les empêcher de revenir en piste. On règlera ses comptes ensuite, entre habitués. Ce qui est infiniment plus rassurant que quand il faut supporter des empêcheurs de tourner en rond.
Mais je déblogue…
JE VOUS AVAIS PREVENUS MAIS VOUS NE M'AVIEZ PAS CRU... Relisez la chronique de L'AUTRE QUOTIDIEN "Des chiffres et des mots" puis allez
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11 janvier 2007 4 11 /01 /janvier /2007 07:46
Le loto d’avant élections présidentielles va reprendre. C’est un jeu qui ne coûte pas cher, mais qui peut rapporter gros électoralement. Il repose sur des nombres et des choix effectuées dans le secret des cabinets. Oui. Oui. Dans le secret des cabinets ministériels, pas dans les autres, afin que ça porte chance. Chaque soir, ou presque, jusqu’en mars, les résultats vous seront donnés durant les Jités de 20 heures. Vous saurez qui a gagné en étant extrêmement attentifs car, en général, il n’y a qu’une personne susceptible de percevoir le gros lot, alors qu’il y a des millions de joueurs à l’insu de leur plein gré. Ce loto est celui des statistiques 2006… Vous y avez forcément participé. Souvent donc, sans le savoir, et même sans le vouloir, car on  vous a rarement demandé votre avis, mais désormais on l'évalue.
En fait, les annonces s’effectuent, en règle générale, en pourcentages, afin qu’elles soient plus parlantes. Elles vont toucher, jour après jour, tous les secteurs essentiels de la vie et n’ont d’autre but que celui de prouver aux futurs " miseurs " des présidentielles que l’année écoulée a été exceptionnelle. Le travail de diffuseur de statistqiues est beaucoup plus délicat qu’on le croit au premier abord. Il faut savoir tricher sans que ce soit trop voyant, mais suffisamment pour que le résultat finisse par être significatif, pour impressionner le plus grand nombre. Le statisticien honnête ne remet qu’un résultat adaptable par un politique habilité à pratiquer soit l’omission perlée soit la mise en valeur ostentatoire.
Hier, on a eu un exemple exceptionnel de la qualité de ces fabricants de loto statistique, avec la publication des résultats de la délinquance sur le territoire national, ou ceux du nombre de tués sur les routes. Bien évidemment, en la matière, pour y voir un intérêt, il est indispensable d’être croyant mais surtout pas pratiquant. Demain, arrivera sur le devant de la scène, un autre résultat relatif au pouvoir d’achat, au nombre de logements sociaux construits dans le parc neuf, à l’indice annuel de l’évolution des prix… chaque fois, un pourcentage positif, c’est à dire, supérieur à celui de 2005, ou inférieur selon les besoins.  La technqiue est adaptable!

DES MOULINETTES A PROMESSES TENUES
Les ordinateurs deviennent donc, dans bon nombre de Ministères, des moulinettes à fabriquer des " promesses tenues ". Ils ajustent les réalités aux besoins des propagandes. Celui qui a rassemblé les chiffres sur la délinquance est particulièrement puissant, mais il ne met qu’un point final à une pyramide de petits mensonges organisés, mais cumulés à chaque étage de la collecte. Tous les fonctionnaires ayant en change le sécurité sur le territoire sont notés et appréciés sur la base de leurs… statistiques, et donc ils évitent discrètement de porter, sur leur fichier standard, ce qui pourrait les dévaloriser professionnellement. Ils se prémunissent contre des mutations ou des sanctions pour mauvaises statistiques répétées. Par exemple, rien de dit que, dans tous les commisssariats, tous les faits délictueux aient fait l’objet d’une plainte en bonne et due forme… " C’est inutile, monsieur, que vous portiez plainte, on ne retrouvera pas votre voleur… ", " Madame, si votre mari recommence, revenez nous voir, on verra… ", "  de toutes manières ça ne sert à rien, car on les relâche dès que nous les interpellons… ", "  On ne va pas lancer une enquête pour si peu… ", " Allez voir votre Maire, cette affaire ne nous concerne pas… " : autant de situations que le logiciel n’a pas prévues,  et qui font faire une cure d’amaigrissement aux statistiques.
Ainsi, dans la nuit de la Saint Sylvestre, une voiture peut brûler directement ou par " propagation ". L’une est comptabilisée. L’autre ne l’est pas. Le résultat est pourtant exactement le même pour le… propriétaire ! La seule bénéficiaire de ce choix subjectif effectué par le commissaire sera... la statistique du quartier, puis de la ville, puis  du département. C’est ainsi que le jour de l’An, la place Beauvau a annoncé que… " 313 voitures avaient été incendiées et que 84 autres avaient été brûlées par propagation ". L'année précédente, " 425 voitures avaient été brûlées " dans la nuit de la Saint-Sylvestre. Vite fait bien fait : le " Ministre-président-candidat " peut annoncer que la situation… s’est améliorée !

SELON L’INDICATEUR TRADITIONNEL
Hier donc, la délinquance, avec 3 725 588 crimes et délits constatés, a enregistré une baisse de… 1,33% en 2006, mais les violences contre les personnes ont connu une hausse de 5,55%, selon "l'indicateur traditionnel" (sic) du ministère de l'Intérieur. Imaginez combien il est aisé d’effectuer une variation d’à peine plus de 1 % sur 3 725 000 fait recensés ! Mais l’essentiel sera médiatiquement développé : la délinquance a encore baissé, pour l’influence de celui qui devait Karchériser les banlieues.
Pour TF1, il suffira de se donner bonne conscience en titrant qu’elle a légèrement baissé, afin que le téléspectateur citoyen, avide d’opinion dominante ne retienne que… " baissé ". Tenez, prenez comme exemple Le Figaro, qui a tressé hier des louanges du Ministre-président-candidat à partir des informations qu’une âme bien intentionnée, au Ministère de l’Intérieur (surtout pas le service communication), lui avait fournies en avant première : du donnant-donnant très répandu ! Le Figaro porte donc, en remerciement, à son crédit, le fait que "depuis 2002, les actes de délinquance ont chuté de 9,3%, alors que, de 1997 à 2001, ils avaient grimpé de 14%. C'est près de 400.000 victimes de moins, quand, sous le gouvernement Jospin, on enregistrait près de 600.000 victimes supplémentaires", souligne le journal dont vous apprécierez l’utilisation faite du mot " victime "  qui ne ressemble en rien à celui que hier le Ministre des transports utilisait en parlant de celles de la route ! Etrange connivence autour d’une simple qualification d’un état. La victime d’un vol de téléphone mobile et la victime d’un chauffard ivre sont dangereusement rapprochées par les statistiques.
Le bilan 2006 dressé par Le Figaro traduit "une plus grande efficacité policière: 35% de faits élucidés contre moins de 25% en 2001. La pression hiérarchique au quotidien pour obtenir du résultat n'a pas peu joué non plus", assure librement le journal. Seule ombre à ce tableau pour Le Figaro, "la hausse ininterrompue des atteintes contre les personnes (qui) ont augmenté de 13,9% depuis 2002. La dégradation est particulièrement visible pour les violences non crapuleuses (qui) ont grimpé de 9,8% l'an dernier". Le seul problème, c’est que ce sont les plus traumatisantes, les plus graves, les moins dissimulables dans les fichiers car ces agressions font l’objet quasiment systématiquement d’une plainte.

TRIOMPHE INCONTESTABLE DE LA REPRESSION
Dans le même temps, Dominique Perben, candidat putatif à la Mairie de Lyon et par ailleurs ministre des transports, sortait de son chapeau un autre pourcentage : celui du nombre des tués sur les routes en 2006. Triomphe incontestable de la répression devant laquelle il faut s’incliner puisqu’il est en chute significative, elle, de 11,6% par rapport à l'année précédente. Le ministre a annoncé que "depuis 2002, la baisse du nombre de personnes décédées" sur les routes " aura été de 43%" et ainsi, qu'en 5 ans, ce seront plus de 10.000 vies qui auront été épargnées et 100.000 blessés évités". Ce résultat ne souffre pas la contestation, sauf à écrire que ça dépend de ce que l’on inclut dans la notion de " tués sur la route " car la distinction est encore une fois subtile entre " tués dans un accident de la route " et " décédés des suites d’un accident de la route ". En effet, si une victime d’une collision meurt plus de 30 jours après une collision, elle n’est plus comptabilisée dans les statistiques. Sans humour noir, c’est le même système que pour les " voitures brûlées directement " et les " voitures brûlées par… propagation ! Dans Télérama du 2 juin 2002, Alain Rémond avait cette phrase qui résume la foule de statistiques, indices, taux qui déboule en ce moment : " Les chiffres : à force de les additionner, de les soustraire, de les multiplier et de les diviser on peut leur faire dire absolument n'importe quoi. " Jamais peut-être, pareille appréciation n’aura été plus salutaire, quand on sait qu’en plus de ces repères, réputés mathématiques, nous devons désormais subir la loi des pourcentages issus des sondages. Nous nous noyons dans des nombres complexes, qui dictent leur loi (alors qu’ils sont peu précis sur la méthodologie de leur élaboration), et finalement aussi vite oubliés qu’ils ont été annoncés ! ils ne laissent qu'une impression née de l'apparence de leur véracité. Un chiffre est plus crédible qu'un mot ! Ils effacent des maux ou créent des bonheurs éphémères. Les Guignols, hier soir, ont parfaitement résumé (une fois encore) la situation en publiant la baisse du nombre d'agressions en 2006, sur les... dinosaures! En fait, alors qu’ils devraient nous inciter à demander des comptes, ils servent à nous convaincre de vérités préfabriquées qui forgent les opinions dominantes. Ils sanctuarisent des affirmations en les étayant sur des graphiques, des courbes, des camemberts dont on sait qu’ils sont réputés valoir beaucoup mieux que les discours. Enfin, c’est ce que l’on dit !
Mais je déblogue…
 
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10 janvier 2007 3 10 /01 /janvier /2007 08:03
Le Dakar bat son plein. Gérard Holtz et ses collègues exultent. A eux, l’ivresse de l’aventure par pilotes interposés. A eux, l’ambiance enivrante des légionnaires qui sentent bon le sable chaud. A eux, les péripéties d’une épreuve scandaleuse, exclusivement destinée à " vendre " de la voiture, irrespectueuse de tout son environnement, à des fondus du 4x4 ou de la moto, pour adeptes du désamour de la nature. Il s’agit chaque soir de montrer au peuple ébahi, des chauffeurs irrespectueux de toutes les règles appliquées sur les territoires civilisés et dans des espaces la plupart du temps non soumis au diktat des véhicules à moteur.
Ce qui fut le Paris-Dakar (car il est parti chercher fortune ailleurs en Europe du Sud) repose essentiellement sur une fausse conception de l’aventure. Cette épreuve offre en effet la particularité d’imposer aux autres les nuisances que nous ne voulons plus chez nous. Traverser, pédale au plancher, des zones sensibles, foncer sur des pistes oubliées, négliger la présence des enfants dans des villages bouleversés, ne pas se préoccuper des conséquences de sa conduite, s’effondrer moralement pour un incident mécanique, sacraliser son véhicule : autant de réalités portées par cette course effrénée à la notoriété.
Hier, encore une fois, on a atteint le sommet de l’absurde, avec une nouvelle mort au beau milieu d’un désert. Elmer Symons s’est en effet tué accidentellement lors de la quatrième étape reliant Er Rachidia à Ouarzazate au Maroc. Le communiqué de la direction de course est tombé en début d’après-midi. "Le PC Course a reçu une alerte en provenance du km 142 . Parvenue sur les lieux par hélicoptère huit minutes plus tard, la direction de la course n’a pu que constater le décès, confirmé rapidement ensuite par l’hélicoptère médical ". Chef d’entreprise spécialisé dans l’exportation de pièces mécaniques des Etats-Unis vers l’Afrique du Sud, Elmer Symons participait à son premier Dakar en tant que concurrent. Il occupait une place enviable au classement général, et fonçait vers la ligne d'arrivée quand il a chuté. " L’organisation du rallye attendait ensuite l’arrivée de Kingsley Symons qui assure l’assistance de son frère, afin de lui témoigner son soutien et sa tristesse ", poursuit l’organisation dans un communiqué d’une sécheresse absolue. Une belle " béquille " à cette mortelle embardée !

LE RALLYE DE NOUVEAU ENDEUILLE
Il n’aura donc fallu que quatre étapes pour que ce que tout le monde craignait se produise une fois encore. Après les décès de José Manuel Perez et Fabrizio Meoni en course il y a deux ans, et les accidents réguliers autour de la course (3 morts en 2005, 2 en 2006), le rallye est à nouveau endeuillé cette année. "Priorité à la sécurité", avait pourtant clamé Etienne Lavigne, directeur de l’épreuve, avant le départ, concentré principalement sur les à-côtés du rallye. Mais c’est bien sur la piste du Dakar que le drame s’est produit hier. Bien entendu, Symons, vainqueur de la première étape au Portugal dans la catégorie Marathon, connaissait par avance les risques encourus en s’engageant dans ce type d’aventure, lui qui prenait pour la première fois le départ au guidon de sa KTM, mais nul ne rattache une épreuve sportive à la mort.
Le jeune homme, d’à peine 30 ans, en a payé le prix fort comme trop d’autres avant lui. En fait, il était venu perpétuer la suprématie du monde occidental, de sa puissance mécanique, de ses envahisseurs, sur la civilisation africaine. Le Dakar n’est guère différent des expéditions coloniales qui déferlèrent il y a plusieurs décennies sur des territoires qui ne demandent rien à personne. Il impose désormais sa présence par sa puissance financière, et  non plus par celle des armes.
Ce Sud-Africain n’est pas mort pour la gloire de la France ou de son pays, mais plus prosaïquement pour celle d’une marque de motos, désireuse de mettre une ligne supplémentaire à son palmarès. Ce dérisoire combat ne mérite absolument  pas le prix d’une vie. Pas plus celle d’un pilote que celle d’un enfant, comme l’an passé dans un village guinéen. Le problème, c’est que ces véritables " meurtres " sont commis par procuration, en notre nom, avec des fonds publics, et notamment la redevance que vous acquittez consciencieusement au profit de France Télévisions, sorte de héraut malsain d’une compétition très peu respectueuse des principes fondamentaux du sport.

EXHIBER UN LUXE INSOLENT
Les commentateurs lyriques du Dakar baptisent trop souvent " d’aventure humaine " la seule possibilité d’aller exhiber un luxe insolent, et de parader sans pudeur, grâce aux riches lobbies du pétrole et de constructeurs de 4X4. Peut-on appeler sans honte " aventure humaine " un coûteux loisir, fait sur mesure pour le bon plaisir d’une minorité de riches névrosés, en mal d’aventures, qui font chez les autres ce qu’ils ne toléreraient pas que l’ont fasse chez eux. La vraie " aventure humaine ", signe de courage, ne consisterait-elle pas plutôt à lutter concrètement contre la faim, les maladies et surtout contre l’exploitation éhontée des pays pauvres traversés par les pays riches, dont viennent absolument tous les concurrents. Simple, décidément trop simple, pour être admis par nos sociétés avides d’exotisme et d’exploits.
Les caméras qui suivent cette course n’ont la chance que de montrer des nuages de poussière enveloppant des enfants dépenaillés lorsqu’ils échappent aux roues de ce Dakar déferlant. En tout cas, les émissions de retransmission télévisée ne reflètent pas cette " expérience humaine " dont parlent les défenseurs du Dakar, ou alors elles le cachent bien, car on ne remarque en définitive que des gens très riches qui imposent une vrombissante cavalcade à des gens très pauvres. D’ailleurs, avec un brin d’esprit critique, on s’aperçoit que peu d’images des télévisions montrent les bolides traversant des zones habitées, comme s’il ne fallait pas rappeler de mauvais souvenirs. Même les reportages réalisés " à coté " sentent l’eau de rose, le club Méd ou le voyage organisé pour touristes se prenant pour des explorateurs. Les retombées de ce tsunami motorisé demeurent extrêmement faibles pour les zones empruntées. D’ailleurs, malgré toutes les annonces officielles, les populations n’apprécient guère ces autos et ces motos qui défoncent des pistes ou saccagent des espaces vierges de toute forme humaine de trafic

UNE AUTRE EPREUVE A INVENTER
Le Dakar porte les stigmates de ce qu’ont toujours été les rapports entre les grands pays européens et l’Afrique. Ce rallye est en effet très contesté, tout d'abord en raison des quarante-neuf décès qui ont eu lieu pendant son déroulement depuis 1979, soit en 28 ans, dont ceux de nombreux enfants, heurtés par des concurrents, malgré les diverses mesures de sécurité prises par les organisateurs depuis quelques années (limitation de la vitesse pour les concurrents dans les villages, avec sanction en cas de non-respect, prévention contre les dangers pour les habitants, avec affiches en langue locale,...). Le rallye est aussi condamnable en raison de l'agression écologique et du mépris humanitaire qu'il représente envers les pays africains.
Ne nous y trompons pas, le Dakar est une immense caravane publicitaire, dont le but est de vendre toujours plus de véhicules pour un semblant "d’aventure citadine". Par exemple, la marque Lada Niva avait augmenté de 67% ses ventes suite au rallye de 1983. Il faut convenir aussi qu’il permet à quelques excités de la moto de se croire, dans les campagnes ou les rues des villages, sur les pistes africaines… La vogue des véhicules écrasant tout sur leur passage, traversant tous les obstacles normaux de la route, stationnant n’importe où, polluant à qui mieux mieux, est née pour partie avec cette vulgarisation hivernale du " baroud " pour chauffeurs ou pilotes, transformés en héros des déserts pour des sociétés ayant absolument besoin d’exploits quotidiens.
Le Dakar synthétise en effet les trois piliers du libéralisme effréné : compétition, individualisme et pollution en toute impunité, puisque les pays traversés en sont les victimes quotidiennes. Il serait temps d’en finir une bonne fois pour toutes avec cet évènement inutile et irresponsable. A moins que l’on offre aux Africains les moyens de venir faire chez nous un " Vézelay- Saint Jacques de Compostelle " en 4x4 et moto par les fameux sentiers que de plus en plus d’entre nous adorent fréquenter pour leur silence, leur nature préservée et leurs haltes sympathiques. Je suis certain que ça plairait aux télévisions…
Mais je déblogue… 
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9 janvier 2007 2 09 /01 /janvier /2007 07:44
Désormais, autour des tables, entre amis, revient un sujet récurrent de discussion : la retraite. Toutes celles et tous ceux qui en jouissent tentent de se persuader que leur vie est plus paisible qu’antérieurement. Malgré tous leurs efforts, à les entendre, ils ont pourtant moins de temps de loisirs qu’au moment où ils travaillaient. En général, s'expriment dans ce registre les gens ayant eu le privilège d’anticiper sur la cessation d’une vie active. Ils s’investissent dans la vie collective, cherchant à satisfaire les plaisirs qu’ils n’ont jamais pu antérieurement assouvir, ou à pratiquer avec avidité des passions antérieurement enfouies. 
Les autres comptent fébrilement sur les doigts d’une ou deux mains le nombre des années leur restant à parcourir au boulot avant d’entrer dans ce monde réputé béni de l’activité libre rémunérée. On sent, chez eux, une certaine lassitude, comme si la dernière ligne droite était nettement la plus pénible. Ils fournissent la même impression que ces marathoniens qui ont une véritable envie de franchir la ligne d’arrivée, alors qu’ils savent que les ultimes kilomètres leur paraîtront interminables.
Enfin, il y a les jeunes qui se refusent à envisager une date tant elle leur paraît lointaine. Ils envisagent parfois des échéances proches ou postérieures à… 2050 ! Pour eux, parler de retraite dépasse leur vision de l'avenir, et voudrait dire qu'ils ont surmonté toutes les difficultés du présent. 
Justement 2050 est une année qui préoccupe beaucoup les spécialistes. Le Conseil d’Orientation des retraites évalue en effet le besoin de financement du système en 2050 "entre un peu moins de 2 points de PIB et près de 5 points de PIB", soit entre 30 et 80 milliards d`euros. L`Hexagone devrait, en effet, compter à cette date entre 1,3 et 1,4 actif pour un inactif de plus de 60 ans, contre 2,2 en 2005 et la catastrophe menace, car plus personne ne pourra assumer le financement des retraites sur les bases actuelles. Comment continuer, donc, à sauver la solidarité actuelle? La question, évidemment, à l’approche des élections, se pose face au vieillissement de la population, aux départs anticipés, qui ont rencontré un large succès avec la réforme de 2003 (autorisant cette mesure pour les salariés qui ont commencé à travailler jeune), et aussi face à l’évolution de la masse salariale moins favorable qu’il n’était anticipé", liée à un taux de chômage toujours élevé malgré les affirmations de Borloo.
En effet, tel le serpent de mer, le financement des retraites ne préoccupe que ceux qui la perçoivent ou qui sont en instance de la percevoir. Il ressurgit de temps à autres, comme un épouvantail destiné à effrayer les actifs, à qui l’on promet l’enfer : travailler plus longtemps avant d’imiter ces " jeunes vieux " qui s’éclatent en… bricolant pour leur compte, leurs enfants, leurs petits-enfants ou pour leur plaisir. Car le paradoxe repose dans cet extraordinaire phénomène voulant que le retraité soit plus actif que quand il était actif , comme s’il voulait donner des regrets à ceux qui l’ont poussé vers la sortie.

UN AUTHENTIQUE GACHIS
Dans un rapport qu’il doit remettre au Premier ministre, Dominique de Villepin, le Conseil d’orientation des retraites mise ainsi, entre autres, sur l’accélération de l’emploi des seniors que tout le monde s’accorde à reconnaître dans bien des métiers aptes à poursuivre leur engagement au service de la collectivité. Beaucoup d’entre eux représentaient un tel potentiel d’expérience et de… salaires taxables que leur départ constitue un authentique gâchis. En effet, c’est lorsque l’on approche de l’âge de sa cessation d’activité que l’on contribue le plus au financement de celle des autres. Le rapport souligne donc qu’il faut absolument… inciter les candidats au départ vers le farniente à renoncer à cette fantaisie anti-sociale.
Le Conseil prône donc, et c’est joliment énoncé, l’amélioration du taux d’emploi des seniors, qui reste "un des plus faibles parmi les pays européens" avec 37,8% des 55-64 ans contre 42,5% pour l’ensemble de l’Union européenne. Une position, qu’il juge "stratégique" pour redresser les comptes de retraite. Cette solution semble pourtant extrêmement difficile à mettre en pratique, face aux "réticences" des employeurs à… recruter ou à conserver des salariés âgés qui coûtent cher, ainsi qu’à "la démotivation" de certains demandeurs d’emploi qui ont "intériorisé la discrimination liée à l’âge" et ne veulent plus poursuivre la quête d’un emploi. Et ce, malgré le plan d’action pour l’emploi des seniors, bâti par le gouvernement et les partenaires sociaux en mars, et  dont les résultats ont été très en-dessous des prévisions.
Les plus de 60 ans sont réputés inemployables, car bourrés de certitudes, et de prétentions financières. Ils sont accusés d’être rétifs aux technologies modernes. Ils n’ont donc plus leur place dans le monde de l’entreprise rentable… jusqu’au jour où l’on prend conscience que leur " patrimoine " professionnel avait une valeur, qui manque finalement au profit qu’il faut assurer pour les actionnaires !

LES VŒUX PIEUX ET LA DURE REALITE
Le gouvernement doit, par ailleurs, examiner la question de la revalorisation des pensions courant 2007. Le COR prévient Matignon sur ce point, qu’une revalorisation du montant des pensions indexée sur l’évolution des salaires, et non plus sur les prix, qui ne serait pas accompagnée par des "mesures supplémentaires de redressement" financier, ne serait pas une bonne solution. On s’en serait douté, car une telle disposition accentuerait la situation financière "plus dégradée que prévue" de la branche retraite de la Sécurité sociale, dont le déficit devrait atteindre 3,5 milliards d`€ en 2007, contre 2,4 milliards d`€ en 2006.

Ce constat n’exclut pas, néanmoins, de s’intéresser aux écarts de traitement persistants entre hommes et femmes, liés à des "salaires féminins plus faibles, des carrières féminines plus courtes et le temps partiel imposé, générant des pensions inférieures", dénonce le Conseil. Le COR propose que les interruptions de carrière des femmes soient… "courtes et bien indemnisées" et qu’elles bénéficient "d’une offre accrue pour l’accueil des jeunes enfants". Extraordinaire, ce conseil, qui ne sait pas que la tendance actuelle va exactement dans le sens contraire : les politiques familiales vont en effet vers des congés parentaux augmentés en durée afin, dit-on, que les mères s’occupent plus longtemps des nouveaux nés, alors que c’est un moyen de diminuer le chômage en offrant des " remplacements " plus nombreux ! D’autre part, il ignore que la Caisse Nationale d’Allocations Familiales vient d’annoncer qu’en six ans, elle diminuera de 65 à 50 % ses aides aux collectivités locales pour toutes les politiques destinées à l’accueil des enfants, et qu’elle abandonnera toutes ses aides en faveur des contrats temps libre destinés aux jeunes.
C’est ainsi que, par exemple, le conseil d’une communauté voisine de celle du Créonnais vient très récemment de décider de refuser de construire une maison intercommunale de l’enfance, au prétexte qu’elle se révèlerait trop chère ! C’est dire que les préconisations de ce rapport seront suivis à la lettre par un gouvernement du type de celui que nous avons !

HARO SUR LES REGIMES SPECIAUX
On va donc aller au plus facile. Faute de pouvoir concilier les annonces permanentes de baisse des contributions individuelles à la vie sociale collective, et les besoins réels du pays, le COR s’alarme encore du système des régimes spéciaux (EDF-GDF, SNCF, RATP, clercs de notaires…), exclus de la réforme de 2003. Il est "difficile de ne pas imaginer que la nouvelle étape de hausse de la durée d’assurance prévue en 2008 ne s’accompagne pas de questions sur l’évolution des régimes spéciaux", estiment les sages, réitérant ainsi une remarque formulée en mars 2006 et reprenant les propositions de Sarkozy !
Bien évidemment, vous remarquerez qu’il s’agit surtout de " taper " sur des catégories sociales ayant été dans le giron des fameux services publics, et dont les salaires et la carrière encadrée étaient garantis. En les faisant travailler plus longtemps, on bouchera des filières entières d’emplois et donc on laissera les jeunes sur le carreau des ANPE-ASSEDIC. Plutôt que de financer les retraites, on financera avec les impôts le… R.M.I. pour des diplômés, ou on accordera des contrats emplois aidés à des gens qui attendent désespérément, dans la précarité, un poste stable pour financer par leur cotisation… les retraites des autres !
Diminuer le nombre de postes dans la fonction publique en refusant de les financer par l’appel à contribution sur les plus hauts revenus, sur les profits financiers, sur les bénéfices honteux ; repousser l’âge des départs à la retraite de certaines catégories ; allonger la présence au travail de certaines catégories sociales ne contribuera pas à améliorer d’un iota l’évolution du financement des retraites.
En revanche, augmenter les salaires les plus modestes pour que le pourcentage versé par les gens au travail vers les caisses de retraite soit plus important, serait une mesure indispensable. Exiger de toutes les structures qui ont recours à des emplois aidés par l’état qu’elle paient une " surcotisation " destinée à compenser les pertes liées à la création d’un emploi réel s'impose. Il ne serait pas inutile non plus de se pencher sur le plafonnement possible des retraites du système de répartition ! Autant de mesures, plus difficiles à prendre que celles d’un énième rapport qui tentera d’opposer encore les générations actuelles et futures, détruisant un peu plus le concept même de la solidarité intergénérationnelle.
Mais je déblogue…
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8 janvier 2007 1 08 /01 /janvier /2007 07:39
Jamais la France n’a été autant royaliste qu'en ce premier dimanche de janvier. Elle a consommé un nombre incroyable de couronnes pour transformer les moindres citoyens en rois éphémères ou en reines dénuées de trône, mais tout de même heureuses d’être choisies pour constituer un couple placé au centre de l’actualité familiale ou amicale. Cette tradition, en 2007, a une résonance particulière, mais il vaut mieux se méfier de tout commentaire humoristique ou de tout silence coupable, car la " guillotine " menace. La surveillance et les interprétations d’un mot ou d’un doute relèvent en effet, désormais, dans le monde socialiste, du militantisme de base. On surveille tout propos qui ne serait pas laudatif, ou tout enthousiasme qui ne serait pas débordant. Toute mesure est suspecte. Tout engagement raisonnable est sujet à caution. Alors hier, aucun complexe : il était possible d'accepter ou de refuser toute consécration royale, sans être accusé de traîtrise ou au contraire être considéré comme un rallié opportuniste. Le hasard offre cet avantage de ne pas nécessiter une justification idéologique. Il faut le prendre tel qu’il est, et en assumer les conséquences frustrantes ou bénéfiques.
Il paraît que l’idée de dissimuler une fève dans un gâteau daterait de l’époque romaine. Cette pratique trouverait son origine dans les saturnales, avant de ressurgir au XII° siècle. Elle coïncida peu à peu, avec la période religieuse, de la venue des rois mages à Bethléem, sans que l’on soit certain qu’il y ait un lien réel entre les événements. Il semble, - car comme dans toute coutume ancestrale les origines sont complexes - , que le choix de dissimuler une fève ait  traduit la volonté de démontrer, en période hivernale, la possibilité de renouveau potentiel contenue dans cette " graine " apparemment sèche.
Selon les époques, on conserva le symbole en le transformant en figurines ou en objets divers, afin de rendre plus attractive la cérémonie de la galette. Bien évidemment, la galette se différencia selon les régions et les ingrédients disponibles. Chacune d’entre elles illustre simplement les moyens dont disposaient les familles. Les recettes variaient et varient encore avec les moyens de celles et de ceux qui désirent poursuivre la tradition. Elles permettent d’aller du " bourratif " au plus " fin ", de " l’industrialisé " au " cuisiné maison ", du " roboratif " au "  savoureux ", du " fade " au subtilement " aromatisé ". Hier, les signes royaux ont été dissimulés dans des contenants justement plus ou moins bien élaborés. Il n’y avait pourtant pas lieu de se plaindre, compte tenu du fait que rares sont celles et ceux qui peuvent a posteriori modifier le choix effectué par la puissance invitante.

                                          AMELIORER L’ORDINAIRE DE LA COUR ROYALE
Ma préférée demeure la galette briochée ou dite dans les provinces : " galette parisienne ". Il paraît que c’est celle qui, comme dans beaucoup de domaines, s’impose dans le reste de la France. Elle est fourrée à la frangipane, crème à base d’amandes douces, de beurre, d’œufs et de sucre. Elle aurait été inventée par un noble italien, le marquis de Frangipani, au XIVe siècle, et Marie de Médicis lui aurait " piqué " la recette afin d’améliorer l’ordinaire lors de son arrivée à la cour royale. Cette pâtisserie aux apparences appétissante grâce à une dorure externe attrayante, pleine et parfumée, tente de plus en plus de candidats à la royauté. Elle s’impose sur le marché comme étant en adéquation avec les goûts actuels. Tous les sondages en attestent !
Mais la galette fourrée à la frangipane n’est pas la seule spécialité de l’épiphanie. Il existe la galette simple, sans garniture, principalement constituée d’une pâte feuilletée et de sucre. Depuis quelques années, une autre, fourrée à la pomme, est également apparue chez de nombreux pâtissiers. Dans le Créonnais, comme dans le Sud Ouest, le dessert traditionnel n’est pas une galette mais une brioche aux fruits confits, saupoudrée de sucre concassé.
Mais dans le fond, l’une des richesses gastronomiques de la France repose sur la très grande diversité de ses produits et, comme dirait les pragmatiques désireux de succès : peu importe la galette pourvu que l’on ait le sacre. C’est devenu une obsession qui, désormais, fait oublier allègrement le " contenant " pour ne s’intéresser qu'au seul " contenu ". Il paraît même que certains, pour collectionner les fèves, achètent des dizaines de gâteaux… afin d’embellir leurs étagères. C’est, paraît-il, à la mode que de s’intéresser à des parcelles de la vie plutôt qu’à ses fondements et on en arrive à oublier que l’essentiel, c’est la galette, et le superflu, la fève ! Un peu comme en politique depuis quelques temps !
                        
LA PART DU PAUVRE
Pour assurer une distribution aléatoire des parts de galette, il est de coutume que le plus jeune se place sous la table et nomme le bénéficiaire de la part qui est désignée par la personne chargée du service. Cette coutume est oubliée depuis belle lurette. Et on prétend qu’elle ne se pratique surtout pas dans le Conseil des Ministres actuel, car nul ne supporterait que la couronne soit attribuée à celui qui la réclame, en ne laissant justement rien au hasard. Malgré l’insistance qu’il met à se faire désigner, la semaine prochaine, il aura du mal à se parer d’office de la couronne. Nicolas Sarkozy ne connaît pas, en effet, toutes les facettes de l’Epiphanie.
Ainsi jadis, l'usage voulait que l'on partage la galette en autant de parts que de convives, plus une. Cette dernière, appelée " part du Bon Dieu ", " part de la Vierge " ou " part du pauvre " était destinée au premier déshérité qui se présenterait au logis. Or, il y aurait, paraît-il, à l'Elysée, un homme qui ne souhaite pas se retrouver sans travail lorsque le printemps sera venu. Il perdrait sa rente de situation, et surtout se trouverait menacé par toute autre issue que celle de décrocher un nouveau titre. Il ne veut donc pas partager totalement la galette, sans se réserver encore une part rassurante. Au cas où…
Tour à tour, ses proches se défilent pour éviter d’avoir à passer sous la table pour offrir une part royale à leur adversaire. Le Premier ministre, Dominique de Villepin, après Michèle Alliot-Marie et l’inénarrable Jean Louis Debré, ont déjà annoncé qu'ils ne participeraient pas au vote interne, inutile à l'UMP car…Jacques Chirac n'a pas encore annoncé s'il revendiquait une part de la galette (la dernière en réserve) ou s’il y renonçait. Ce congrès devrait introniser Nicolas Sarkozy comme candidat officiel de l'UMP puisqu'il est seul prétendant et que le processus ne prévoit pas de possibilité que ce soit un autre qui soit couronné : il s’accorde d’office tout le gâteau !

                                                    TOUT LE MONDE SERA SERVI
Dominique de Villepin sera tout de même autour de la table. "Je serai présent pour le déjeuner" du congrès UMP, au palais des Sports à Paris, car "c'est un moment de rassemblement pour notre famille politique, donc je serai là, mais je ne participerai pas au vote car il ne vous a pas échappé que, le président de la République ne s'étant pas prononcé, comme chef du gouvernement, je ne suis pas en mesure de participer à ce vote", a-t-il ajouté. Mais le Premier ministre est conscient de l'importance du menu à venir : "si on veut aligner une famille politique réunie derrière un candidat sous forme de petits pois ou de sardines dans une boîte, vous ne gagnez pas comme ça", a-t-il estimé. Preuve, s’il en fallait une, qu’il ne partage pas du tout la cuisine électorale en préparation !
Durant cette semaine les convives vont se décocher des coups sous la table, éteindre la lumière pour piquer toute la galette, attendre que les autres aient le dos tourné pour regarder sous les parts, afin d’enlever la fève du sacre, et contester le mode d’attribution de la couronne de prétendant. Le repas de dimanche prochain devrait être un grand moment de convivialité, avec un dessert parisien du meilleur goût !
Chaque jour ou presque, Jacques Chirac va présenter ou recevoir les vœux. Aux armées et aux autorités religieuses aujourd’hui, aux fonctionnaires demain, aux anciens combattants mercredi et surtout à la presse, jeudi ! Il lui faudra attendre vendredi à 17 heures pour recevoir la gigantesque… galette que vient, selon la tradition, lui présenter la Confédération des boulangers. Et il leur dira, comme il l’avait dit en 2003 : " je vous remercie de la confiance que vous avez évoquée. C'est pour moi, chaque année, un grand plaisir que de vous accueillir pour partager cette galette des rois, chaque année plus belle et peut-être un peu plus grande (…) . Cette galette des rois symbolise le partage et l'amitié, des valeurs dont notre société a besoin et qui, à travers ses traditions, depuis les Rois mages, rappelle l'essentiel. Aujourd'hui, en famille, entre amis, au travail, entre voisins, la galette des rois demeure en quelque sorte un rendez-vous du cœur ". Il lui suffira de le rechercher dans les archives, et de le relire cette année. La galette étant l'occasion d'un grand moment de sincérité politique, il pourra en faire livrer dimanche à l'UMP, avant le sacre de la semaine. Les fèves risquent d'être empoisonnées.
Mais je déblogue...
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8 janvier 2007 1 08 /01 /janvier /2007 07:17
Le lundi matin devrait être banni du calendrier. Je propose que, plutôt que de mégoter sur la suppression du celui de Pentecôte, un gouvernement lucide élimine tous les lundis de l’année afin de rendre la reprise de la semaine beaucoup plus aisée. En effet, quand vous pointez le nez, vers 8 heures (horaire de vacances) en mairie, vous ne pouvez que regretter de vous être levé. Inutile de jeter un œil sur l’horoscope de Sud-Ouest : il est forcément mauvais ! Ca se sent, mieux ça vous saute à la gorge, dès que vous entrez dans votre repaire.
En général, le premier élément se trouve d’abord sur la table avec les fax en provenance du centre de secours. Leur nombre atteste du nombre d’incidents ou d’accidents intervenus durant le week-end. Il reflète de manière extrêmement révélatrice les travers de la société. Relevage de personnes âgées tombées dans leur maison, feu de poubelle, secours à la personne… la vie qui bascule, qui se brise, qui s’effondre tient en quelques mots et une croix sur un listing. Ce n’est pas forcément le meilleur moyen d’ensoleiller le début de la semaine.
Ensuite, il faut absolument se persuader que la sonnerie initiale du téléphone complète celle du réveil matin. Elle surgit dans les minutes qui suivent le survol rapide du journal. En une seconde, vous apprenez que dans la nuit, les vitres de la cuisine du restaurant scolaire ont volé en éclats grâce à un as du lancer de cailloux. Les employés responsables de l’entretien des espaces verts ont eu l’idée, que quelques excités ont trouvé géniale, de recouvrir les massifs avec rosiers de jolis repères pour petits poucets. Une personne excédée me prend à partie pour ce qu’elle considère comme une faute grave. Elle exige que nous enlevions les pierres blanches que nous trouvions pourtant élégantes. En effet, nos Thierry le Fronde nocturnes locaux ont exercé leurs talents sur ses volets et l’ont donc empêché de dormir… Je l’assure que nous allons prendre en compte sa remarque, mais je n’ai pas l’impression d’être convaincant. D’ailleurs, une heure plus tard, il surgit dans le couloir de la Mairie pour hurler sa réprobation à la face de l’adjoint de passage…Une couche de beurre rance de plus sur la tartine du lundi !
Enfin, il y a le courrier qu’il faut ouvrir, pour découvrir des surprises similaires à celles que trouvent les joueurs possédés par leur addiction à la Française du Jeu. Chaque enveloppe ouverte porte en elle une bonne nouvelle, un ennui potentiel ou une démarche contraignante. Ce matin trois enveloppes similaires donnent les nouveaux barèmes de prise en charge financière, par ce qui reste de Caisses de Retraite, des heures d’aide ménagères… Rassurez vous c’est en baisse ! A charge au Centre Communal d’Action Sociale de se débrouiller pour expliquer aux personnes attributaires qu’il va falloir amputer un peu plus leurs revenus, pour assumer la dépense. Nouvel arrêté préfectoral sur les restrictions de l’utilisation de l’eau, qui déboule dans l’indifférence générale. Des factures. Beaucoup de factures dont celle que vient me porter le maçon venant de rénover totalement les salles d’eau des écoles. Il souhaite, ce brave artisan, être payé le plus tôt possible, car les fins de mois sont de plus en plus difficiles pour ces petites entreprises qui courent après des traites. Une petite heure d’un lundi matin comme les autres s’est écoulée… Neuf heures sonnent à l’église donnant un semblant de sérénité à un village qui en manque. C'est déjà trop tard!

UN PUZZLE DE PLUS EN PLUS EMIETTE
La vie quotidienne ne me paraît plus tourner autour d’importants problèmes de société auxquels personne ne s’intéresse, sauf s’ils ont un impact concret sur le cours d’une vie personnelle. Elle se construit comme un puzzle dont les pièces, de plus en plus réduites, de plus en plus compliquées, s’assemblent sans donner une vision générale.la différence essentielle entre la perception qu' ont les gens de la situation et la réalité. Tout tourne autour de l’individu, ses drames, ses misères, ses peines, ses soucis. Il sollicite de la collectivité une solution rapide, efficace, durable à ses problèmes personnels, ignorant consciemment ou inconsciemment les contraintes collectives éventuelles. C’est là que se trouvela réalité.
Le lundi demande donc un effort particulier pour établir les prémices de l’œuvre à accomplir. Quelle que soit la tâche, elle doit débuter ! Vous savez que vous ne pouvez pas vous y soustraire. Vous découvrez sans fin que cette phase du lancement du chantier demeure la plus douloureuse. Elle exige un enthousiasme permanent et plus encore une opiniâtreté que Sisyphe n’aurait pas renié. Le lundi est le début du parcours du rocher vers les sommets. Lentement, il s’ébranle, résiste, avance, pour inexorablement vous ramener au départ le lundi suivant. Les autres matins donnent davantage la sensation de progresser, d’aller vers un horizon plus large et surtout de pouvoir continuer sur une lancée. L’effet de surprise est passé… vous vous attendez à ce qui vous arrive !
RAPIECEUR DE CHAMBRE A AIR SOCIALE
Lentement, la pression du début de matinée se réduit. Elle permet enfin de parler des éléments essentiels et de recevoir les personnes ayant sollicité un rendez-vous, de se pencher sur les moments clés de la semaine qui s’ouvre. Vous avancez vers des sujets au spectre plus large : les "grands" chantiers en cours et leur évolution, les dossiers d’urbanisme en attente, les manifestations collectives à venir… Le sentiment de passer du rôle de " rapiéceur de chambre à air sociale " à celui de "monteur de bicyclette" ou encore à celui de "concepteur", vous donne enfin le sentiment d’être en conformité avec votre " emploi ". Quiconque ayant une responsabilité, un travail concret, doit ressentir cette envie d’éviter les " crevaisons " sur le parcours de sa vie professionnelle. Or la difficulté c’est qu’elles sont inexorables, et que, faute de l’admettre, la chute menace.
La " dépression " ne vient pas, en effet, souvent du rythme de travail, mais plus naturellement d’une accumulation de petits faits, de grains de sable, qui viennent obstruer un parcours que l’on croyait libéré de tout aléa. A force de rouler énergiquement, le nez dans le guidon, sans lever les yeux, pour éviter les clous sur la route, on se retrouve obligé de stopper de plus en plus souvent. Chaque halte devient plus stressante, plus pénible, plus humainement délicate à surmonter.
LA PRODUCTIVITE AFFIRME SA PREDOMINANCE
Mes lundis matins ne sont pas dramatiques, et je ne songerai pas à m’en plaindre car je les ai voulus et je les assume. Mais je songe sans cesse à ceux qui doivent imprétaivement regagner un boulot inintéressant, une ambiance professionnelle stressante, un contexte douloureux, un avenir incertain, ou tout simplement le vide de l'absence de travail. La société ne souffre plus l’inefficacité. Elle a bâti un monde dans lequel la productivité affirme sa prédominance idéologique, car elle a comme corollaire, d’une manière ou d’une autre, le profit. Stakhanov n’est pas mort. Il se réincarne dans un autre style de vie que même, parfois, les vacances ne peuvent pas faire oublier, car elles reposent désormais sur un activisme débordant. Il faudrait donc une grande campagne nationale de réhabilitation de deux concepts forts, pour lesquels je propose la création d’une association nationale de défense : la grasse matinée et la sieste !
Dans les programmes électoraux que les stratèges de tous poils sont en passe d’élaborer, ces deux éléments fondamentaux de la reconquête sociale devraient figurer en bonne place. Foin des 35 heures, mort aux primes de rendement : redonnons une place à une grasse matinée obligatoire (bien évidemment le lundi matin) et à une sieste courte mais réparatrice, sur le lieu de travail, comme dans d’autres pays on fait de la gym ou de la relaxation. L’Espagne n’a pas vu son PIB s’effondrer ou sa croissance défaillir alors que la sieste y est pratiquée intensément, en toutes saisons… Pas plus que les congés payés n'ont ruiné la nation, ces décisions renforceront le moral national, et ouvriront de nouveaux marchés à la consommation.
Mais, bien évidemment si, encore une fois, je suis le seul à bénéficier de ces deux avantages sociaux, on dira encore que les élus locaux du Peuple sont des trop payés et ne font rien : surtout le lundi matin !… Mais en revanche, quand, sur les bancs de l’Assemblée, un noble député ou un docte sénateur est surpris, par une caméra, en train de piquer un roupillon, c’est la résultante d’un surcroît de séances de nuit.
Mais je déblogue…
 
 
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7 janvier 2007 7 07 /01 /janvier /2007 10:24
Selon un reportage télévisé, aperçu lors d’un Jité, il n’y a jamais eu en France autant de joueurs de poker. La mode multiplie les clubs ou les rencontres privées qui rassemblent des amateurs décidés à se créer, en un soir, des fortunes virtuelles ou parfois très réelles. Ce jeu, venu d’Outre Atlantique, symbolise en effet à merveille l’évolution sociale car il conjugue la notion de profit rapide, de rouerie dans l’expression des sentiments, de calculs savants, de bluffs triomphants pour tromper les autres. Un résumé parfait de ce que recommande une certaine idée moderne de la réussite.
Il paraît donc que cette forme de mise en péril personnelle attire de plus en plus les cadres ayant un besoin permanent de relever des défis. Les analystes pensent même que, dans les prochains mois, la barre des 2 millions d’adeptes sera atteinte en France… alors que dans le monde la pratique est en croissance exponentielle. D’ailleurs les grands casinos vont rapidement tenter de récupérer cette passion soudaine, en organisant des compétitions ou en proposant des championnats nationaux, européens ou mondiaux destinés à attirer le public des passionnés. Tout mouvement de fond est exploitable, et quand on mesure l’engouement de la France pour le jeu, il serait étonnant que le poker reste à l’écart des…prélèvements de l’Etat !
Le problème, c’est que non seulement de vraies salles ont été créées pour accueillir cette masse de pratiquants collectifs, mais le phénomène prend une ampleur sans précédent sur internet où les paradis fiscaux hébergent des espaces anonymes qui proposent des gains intéressants. Les sites explosent et les propositions se multiplient ,sans que l’Etat ait trouvé la parade. Mieux, les chaînes de télé branchées médiatisent, avec de plus en plus de succès, des confrontations mondiales exotiques, accompagnées des commentaires " avisés " de Patrick Bruel. Elles accentuent ce que l’on présente comme le phénomène social à venir en 2007, car il s’agit d’une véritable renaissance d’une histoire ayant à peu près deux siècles d’existence.

             LE CARACTERE INDIVIDUALISTE DES SPECULATEURS
Les origines exactes du poker ne sont pas nettes. Il semble ,pour certains spécialistes, qu'il soit originaire d'un jeu de carte Persan du XVIème siècle, connu sous le nom de As Nas. Ce jeu était joué avec 25 cartes, composées de 5 couleurs différentes. On y jouait suivant un ordre de combinaisons semblables, comme par exemple le brelan. Quand les Européens ont commencé à jouer au poker, ils l'ont appelés " poque " ou " pochen ". Bien que les origines du poker résident en Europe et en Perse, c'est au Etats-Unis qu'il s'est vraiment développé.
Il fut largement joué à la Nouvelle Orléans au début des années 1800. Avant la guerre de sécession, le poker s'est rapidement répandu de la Louisiane à toutes les villes frontalières de l'Ouest avec des règles évolutives, mais son expansion fut le résultat du développement général, à cette époque, des jeux d'argent en tout genre. L'Ouest était en grande partie peuplé de spéculateurs et de voyageurs, des groupes d'individus qui aimaient  les risques semblables à ceux de leur vie quotidienne. Le poker correspondait bien, en effet, au caractère individualiste et aventureux des spéculateurs. Libérés des besoins familiaux et du stigma social des cultures du Sud et du Nord, les voyageurs s'autorisèrent à se livrer à ce vice pour leur propre divertissement. Plus tard, ils joueront à la bourse !
Les responsables de l'essor du poker furent néanmoins les joueurs professionnels, essayant d'élargir leur ruse. Le joueur professionnel considérait son occupation comme la quintessence de l'Amérique, comme l’esprit des conquérants, prêts à tout perdre ou à tout gagner en une seule nuit. Ils se voyaient comme de véritables hommes d'affaires audacieux, qui tiraient avantage de l'obsession grandissante de l'Amérique pour le jeu. Toutefois, la population ne partageait pas cette vision édulcorée des joueurs professionnels qu’elle accusait, souvent à juste titre, de n’être que des tricheurs. La ruée vers l'or californien amena une nouvelle manne pour le poker, car elle se traduisait par un large afflux d'hommes  qui voyageaient jusqu'à une terre nouvelle, cherchant à y trouver un filon, ce qui correspondait parfaitement à l’esprit aventureux, indispensable pour s’asseoir autour d’une table.

                        DES PROFITS PLUS QUE TRIPLES
Le poker " en-ligne " explosa pour sa part en 2004. La popularité croissante du jeu, et l'effet du paiement direct en ligne augmenta encore le nombre de joueurs aux tables virtuelles. Grâce à cela, les profits de l'industrie du jeu furent plus que triplés. L'industrie vit aussi de nouvelles arrivées sur le marché, avec de nouvelles compagnies comme Full Tilt Poker et Noble Poker. Désormais, il semble que les sociétés majeures de poker " en-ligne " s'apprêtent à entrer en bourse. " Paradise Poker " a fait l'objet d'une acquisition par Sportingbet, une compagnie de pari sportif " en-ligne " cotée en bourse, en octobre 2004 pour… 297.5 millions de dollars.
Actuellement, d'autres sociétés de poker en-ligne envisagent d'entrer en bourse. Party Poker, Empire Poker, et Pacific Poker sont tous des candidats potentiels pour une cotation en bourse. Elles sont devenues des affaires extrêmement productives et rentables. Il s'est aussi produit de récents changements sur le plan légal qui facilitent l’installation dans certains pays libéraux sur le plan du jeu, de plates-formes extrêmement sophistiquées. Le Royaume-Uni a ainsi dernièrement adopté un projet de loi qui autorise l'enregistrement et la réglementation des sociétés de jeux en-ligne. De là  à ce que ces salles de poker " en-ligne " fassent du Royaume-Uni leur mère patrie, délaissant Gibraltar ou les tribus Mohawk de Kahnawake, il y a encore de la marge, car il faut savoir, et pas seulement pour l’anecdote, que des indiens américains ont bâti leur fortune sur l’exploitation de la passion du monde pour les cartes. Désormais, dans beaucoup de cas, les parties disputées durant des nuits blanches, ne donnent pas nécessairement des idées noires, car les tournois sont dénués de toutes conséquences financières. N’empêche que des cas assez nombreux de dépendance sont constatés. En douce, devant leur ordinateur, avec leur carte bleue, des gens dilapident des sommes qui manquent en fin de mois. Et rien ne peut être fait, en ce moment, pour empêcher cette propagation du poker virtuel. Il est vrai qu’en France on est habitué à cette dimension du hasard. L’exemple vient de haut !

             LE PLUS HABILE DE TOUS LES JOUEURS DE POKER
Jacques Chirac a, depuis de longues années, préparé le terrain. C’est probablement le plus habile des joueurs de poker menteur de notre époque. Il l’a démontré, cette semaine, en tentant des coups de bluff qu’aucun autre n’oserait mener à bien. Sur la table, il a déposé sa mise, ce qu’il a de plus précieux, essayant de faire venir ses adversaires sur son terrain : sa fonction de Président de la République ! Il sait que celui qu’il veut plumer sera tôt ou tard obligé de s’installer et de se découvrir. Jour après jour, il pose des mises mirobolantes, faisant miroiter aux spectateurs des gains exceptionnels s’il lui font à nouveau confiance.
Hier, par exemple, il a proposé aux campagnes françaises de devenir des casinos à taxe professionnelle… qu’il a lui-même supprimée. Un coup dont il a le secret. Chirac a en effet inventé la création d'une Agence nationale chargée de favoriser l'industrialisation… des territoires ruraux. "Il faut regrouper l'ensemble des moyens de l'Etat dans une Agence nationale de l'industrialisation des territoires, dotée des moyens financiers nécessaires, et agissant de concert, naturellement, avec les collectivités régionales et locales", a-t-il déclaré en présentant ses vœux aux Corréziens, dans une… caserne de pompiers de Tulle. Une manière de dire qu’avec votre argent, il est capable d’avoir de grands desseins.
Dans son discours placé, ce grand joueur de poker électoral s'est également posé en garant des services publics. "La France s'opposera à toute initiative qui conduirait à mettre en cause la qualité du service public postal", a-t-il dit devant plusieurs centaines de Corréziens convaincus, et prêts à mettre leur fortune sur ses chances de conserver son titre de super menteur ! "Pour favoriser le développement de cette nouvelle ruralité, il faut des services publics innovants et performants, et la Nation doit en faire un véritable investissement pour l'avenir", a-t-il ajouté dans un troisième tour, encore plus convaincant que les précédents. Maintenant, il faut attendre ce que les autres ont à apporter, seulement pour "voir", mais s’ils tardent trop, ils n’auront plus rien à mettre sur la table des présidentielles. D’autant que cette semaine, il va y avoir encore de la surenchère, bien que l’idée de construire des villes à la campagne, concept piqué à Alphonse Allais, soit déjà le sommet de la maîtrise du bluff.
Allez, laissez vous convaincre ! mettez-vous, vous aussi, au poker en ligne ! Vous pouvez, en cherchant bien, trouver des sites sur Internet où vous pouvez participer à un tour de table des idées. N’hésitez pas, tout est possible durant trois mois. Lâchez vous ! Osez ! C’est gratuit et ça ne eut que vous rapporter gros, si vous êtes assidu en terme de carrière.
Mais je déblogue…
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6 janvier 2007 6 06 /01 /janvier /2007 07:31
Il arrive parfois que les Jités de 20 heures aient des trous de mémoire collective, des sortes d’omissions par prudence. Ils passent totalement, ou alors très vite, sur des sujets qu’ils décrètent inintéressants pour leur fans. Cette faculté à occulter des événements particuliers relève souvent d’un réflexe d’auto protection, car souvent, les faits concernent la télévision elle-même. Tenez, hier soir, si par bonheur vous avez pu regarder ces magnifiques exemples de vérité que sont les grands rendez-vous des trois principales chaînes hertziennes, vous avez sans doute vu des reportages et des commentaires sur une prise de position du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel.
Cette instance, quasiment dévouée corps et esprit à la majorité actuelle, présidée par un Dominique Baudis sur le départ, s’est fendu d’un communiqué sur la qualité du suivi de la campagne présidentielle. Beaucoup de militants ne cessaient de répéter, en se faisant accuser de malhonnêteté intellectuelle, que tous les médias, sans véritable exception, ont voulu et veulent encore fabriquer une confrontation Sarkozy-Royal. Elle offre toutes les garanties de succès, car elle possède les ingrédients qui font les audimats : inédite, jeune, " pipole ", duel entre homme et femme… Les autres, trop ringardes, ne correspondent pas à cette soif inextinguible de nouveauté qui parcourt chaque matin les rédactions. Il a fallu patiemment construire ce duo, qui va donner une dimension nouvelle, américanisée, à la campagne présidentielle. Même aux Etats-Unis ils n’ont pas eu un tel face à face dans leur histoire… C’est peu dire si journalistiquement, grâce aux sondages, il est important de façonner l’opinion.
Les personnes qui dénonçaient cet état de fait étaient immédiatement accusées de parti pris. C’était faux : la télévision n’a joué, ne joue et ne jouera aucun rôle dans la fabrication d’une vision " prêt à porter " de la démocratie. Elle ne faisait que respecter les fondamentaux de son rôle : construire une opinion dominante, la faire vivre et l’entretenir. Tous les " médiateurs " en titre faisaient expliquer que ce procès d’intention relevait du procès en sorcellerie.
Seulement, voilà que hier le CSA a purement et simplement dénoncé ce qui ne crève pourtant pas encore les yeux de téléspectateurs ne voulant pas voir. Dans un rapport, il a indiqué que "certaines chaînes" de télévision pratiquaient une "bipolarisation excessive au profit de deux candidats", et a déploré "l'insuffisance du temps de parole" accordé à d'autres candidats. Au cours de son assemblée plénière, il a examiné les temps d'antenne et de parole des candidats "déclarés ou présumés à l'élection présidentielle et de leurs soutiens relevés dans les émissions d'information" des chaînes hertziennes nationales: TF1, France 2, France 3, Canal+ (en clair) et M6, pour la période du 1er au 29 décembre dernier. Il n’est pas remonté entre le 15 octobre et le 15 novembre, car il n’y avait probablement pas de temps à perdre, mais ç’eût été intéressant. Il s'agissait, en fait, de la première période d'application de la recommandation de la haute autorité audiovisuelle, édictée seulement fin novembre, et qui est fondée sur des principes d'équité, prenant en compte la représentativité des organisations politiques. Et ce premier constat, que l’on ne peut pas taxer d’être porté par des " gauchos " égarés dans l’utopie, est sans nuances.

UNE BIPOLARISATION EXCESSIVE
"Le Conseil constate que certaines chaînes reproduisent la bipolarisation excessive constatée lors de la campagne de 2002 au profit de deux candidats", explique-t-il. Le CSA ne cite, bien évidemment, par prudence ou par lâcheté, ni les chaînes ni les candidats favoris des sondages, en l'occurrence Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal.
"La répartition des temps d'antenne et de parole fait par ailleurs apparaître l'insuffisance des temps de parole ou d'antenne accordés à certains des candidats au regard des critères d'équité", poursuit le gendarme de l'audiovisuel.
La haute autorité relève "un effort des chaînes pour assurer une certaine diversité des candidats déclarés ou présumés ayant accès à leur antenne", mais juge néanmoins que cet accès "reste réservé, sur certaines chaînes, à un nombre trop réduit de candidats".
Le Bayrou doit frétiller comme une truite dans un gave pyrénéen : il a été le seul à avoir le courage de dénoncer cette déviation indiscutable du rôle des médias qui font… depuis des mois l’élection avant l’élection.
Le CSA demande aux chaînes concernées de "veiller, au cours du mois de janvier 2007, à mieux respecter les dispositions de sa recommandation et à assurer une présentation et un accès à l'antenne des candidats, plus conformes au respect du principe d'équité". Un carton jaune sans ambiguïté qui vient brutalement mettre en lumière la réalité. Nous sommes bel et bien dans une manipulation collective à grande échelle, sur le principe : nous vous donnons ce que vous voulez recevoir ou qui va vous convenir ! Le CSA sait pertinemment que le retard pris ne se rattrape jamais en matière de campagne électorale. D’autant qu’il faut, pour ne pas avantager en janvier, le candidat Sarkozy, oublier chaque jour que, quand il est en Corse, c’est comme… Ministre de l’intérieur et que le 14 janvier, lors de son sacre à l’américaine, il ne sera que président de l’UMP ! Le déplacement en Chine de sa rivale médiatique fera aussi l’objet d’un traitement équivalent, en raison de l’importance du déplacement. Et il en ira ainsi malgré les injonctions de ce machin du CSA !

                                BAYROU JUBILE Les radios passeront au crible, la semaine prochaine, celles et ceux qui en ont assez d’être pris quotidiennement pour des rigolos, non seulement aveugles, mais aussi suspectés d’être sourds. Il est vrai que, quand ils vont tomber sur les temps de parole sur RTL, Europe 1 ou France Infos… ils auront du mal à contenir leur émoi de gens honnêtes. Inutile de préciser qu’en attendant le verdict, Bayrou s’est illico engagé dans la faille. "Le CSA, les élus, les citoyens et les téléspectateurs doivent tous réclamer que les règles de défense du pluralisme soient respectées", a déclaré le " petit " François qui grimpe chaque jour un peu plus dans les sondages. Mais attention, vous le savez bien les uns et les autres, si vous écoutez les tenants de la bonne parole, ce ne sont pas les sondages qui font l’opinion… car ils n’en sont que les reflets ! Ce qui devient bizarre c’est qu’on leur accorde plus ou moins d’importance selon les résultats : il faudrait aussi que la bande à Baudis se penche sur cette perversion des comportements médiatiques car s a position a été jusque là très peu crédible!
"Je suis heureux qu'on reconnaisse qu'en effet c'est un combat qui doit être mené, et que le CSA s'en saisisse, a ajouté Bayrou. Vous ne me ferez pas croire que le peuple français peut se résumer en deux candidatures et deux opinions". Au moins, la " gifle " du Président de l’UDF, décochée sur un plateau de TF1, aura eu une fois encore un écho positif pour lui et pour la démocratie. On est revenu sur le plan des principes, et on a brutalement quitté celui des apparences pour quelques heures, car ce serait être un grand naïf que de croire dans le pouvoir du CSA. Il aboiera de loin, pour le principe, quand un voleur approchera mais il se révèlera incapable de passer à l’attaque sur un sujet aussi sensible que les présidentielles.

                                                    LES CONSEILLERS S’EMANCIPENT
Pour mesurer son pouvoir réel, il faut rappeler que des rumeurs circulent actuellement sur la succession de Dominique Baudis. Les personnes citées sont toutes d’une indépendance indiscutable : Michel Boyon ancien directeur de cabinet de Jean-Pierre Raffarin ; PPDA, présentateur émérite de… TF1 et bien d’autres, qui sont à quelques jours de la décision de… Chirac. Dans un tel contexte, les conseillers actuels ont dû s’émanciper, et montrer qu’ils ne craignaient rien, mais il leur faudra tenir la distance. Il serait étonnant qu’ils puissent s’émanciper totalement de ceux qui les ont nommés dans une fonction pas trop stressante en temps ordinaires. Tenez, hier, comme " gardiens du temple ", ils ont rendu un avis " important " concernant Ségolène Royal, victime d’une plainte de Dominique Bussereau… soucieux d’équité.
Il avait en effet appelé l'attention du CSA sur l'utilisation, par les médias audiovisuels, de l'expression "présidente de Poitou-Charentes" pour qualifier les fonctions actuellement occupées par Mme Ségolène Royal à la tête de la collectivité territoriale. Le Conseil lui a répondu que, s'il partageait son point de vue quant à l'inadéquation formelle de cette terminologie au regard de la dénomination officielle de ces fonctions, il ne lui apparaît pas toutefois que ce raccourci, d'usage courant pour les présidents de conseils régionaux, soit constitutif d'un manquement au principe d'honnêteté de l'information… Il est vrai que le sujet était d’importance car, si ça continue, un pote de Chirac va déposer une réclamation contre TF 1 qui ne sait pas ce qu’il faut faire figurer au bas d’une image de Sarkozy durant un Jité : " Ministre de l’Intérieur et de l’Aménagement du territoire ", " Président de l’UMP ", " Président du Conseil Général des Hauts de Seine ", " Conseiller municipal de Neuilly " ou… " candidat à la Présidence de la République "…
Mardi prochain, la réunion risque d’être difficile pour formuler un avis unanime car, dans la " bipolarisation " qui s’installe, il va aussi falloir qu’il y ait équité. Et ça, dans les dernières semaines de la campagne, il y a fort à parier que la CSA manquera de temps pour vérifier avant le premier tour. Après, ce sera trop tard. Il faudra que Bayrou ramène sa science encore pour changer la donne. A moins qu’il soit entré dans le duo de tête. Auquel cas il ferait comme les autres : ils se tairait ! Mais au fait, il y arriverait à la place de qui ? Et que lui dirait alors Claire Chazal au Jité de 20 heures ?
Mais je déblogue…
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5 janvier 2007 5 05 /01 /janvier /2007 07:38
L’un de mes amis, qui participe à la vie de L’AUTRE QUOTIDIEN en animant les commentaires par ses positions incisives, posait hier soir une question aussi lapidaire que précise : " Chirac sera-t-il candidat ? " dans un message. Il me semble que, s’il lance cette interrogation comme d’autres le fond en expédiant une bouteille à la mer, c’est parce qu’il y a un sérieux doute sur la réponse. Est-ce de l’inquiétude pour le sort de Nicolas Sarkozy ? Je ne le pense pas, car je connais ses positions et je ne peux pas envisager qu’une défaite du " Ministre-Président-Candidat " puisse le chagriner en quoi que ce soit. Est-ce simplement jubilatoire de constater que Chirac est décidément égal à lui-même, et donc éternellement prêt à trahir son camp ? Je le crois un peu, car mon ami adore ce qui met du " piment " dans la vie politique et il voit venir avec intérêt les chamailleries que génèrerait une telle décision. Est-ce par dépit de ne pas voir surgir pour le camp de la gauche antilibérale un candidat crédible de consensus ? J’y pense, car il aurait aimé avoir une alternative à un vote socialiste bien pensant au premier tour. En fait, je finis par remarquer qu’il a tout simplement observé les évolutions des positions du camp majoritaire depuis quelques semaines et qu’il en naît une interrogation légitime.
En faisant incontestablement vivre le suspense, le Président de la République reste fidèle à lui-même, car il a plus qu’une dent à l’égard du candidat obligatoirement plébiscité par l’UMP, et le " vieux " ne lâchera pas le morceau aussi facilement qu’on l’imagine. Il y a toujours eu du Raminagrobis dans le personnage. Il semble dormir et induire la confiance, pour ensuite mieux croquer la " souris " trop aventureuse. Sarkozy a un avantage que n’ont pas eu les victimes du Grippeminaud du " chat, la belette et le petit lapin " : il a toutes les raisons de se méfier. Rappelons cependant le scénario
C'était un chat vivant comme un dévôt ermite,

Un chat faisant la chattemite,

Un saint homme de chat, bien fourré, gros et gras,

Arbitre expert sur tous les cas.

Jean Lapin pour juge l'agrée.

Les voilà tous deux arrivés

Devant sa majesté fourrée.

Grippeminaud leur dit : Mes enfants, approchez,

Approchez, je suis sourd, les ans en sont la cause.

L'un et l'autre approcha ne craignant nulle chose.

Aussitôt qu'à portée il vit les contestants,

Grippeminaud le bon apôtre

Jetant des deux côtés la griffe en même temps,

Mit les plaideurs d'accord en croquant l'un et l'autre.

Ceci ressemble fort aux débats qu'ont parfois

Les petits souverains se rapportant aux Rois.
.
Impossible de ne pas effecteur de rapprochement entre cette fable et la situation actuelle, au sein de ce qui reste la majorité, encore pour quelques temps. Chirac prépare méthodiquement ses coups de griffes mortels. Il va même les décocher jour après jour avec délectation, afin de se réinstaller dans la position d’un candidat potentiel. Croire qu’il travaille à l’inspiration, c’est le mépriser, car le bougre a plus d’un tour dans son sac à trahir. Il met en place une machination dont les rouages vont conduire à une décision durant la dernière semaine de janvier.

IL NE FAUT PAS SE FAIRE DESIRER
D’abord, il tente de réaliser ce que Lionel Jospin n’a pas réussi. Il a donc soigneusement examiné les erreurs de son rival malheureux de 2002 : il ne faut pas se faire désirer (c’est trop dangereux), mais il faut arriver à s’imposer selon la théorie du coup d’état permanent chère à… Mitterrand! Pour cela, il sait pertinemment que, pour apparaître comme le recours, le sauveur, il faut créer une situation de guerre ou tout au moins de conflit. Sans affrontement, il est impossible de devenir le rassembleur, l’homme ressource, le sage, capable de modifier une issue défavorable.
Il a donc envoyé en première ligne MAM qui est devenue un véritable stratège au contact des militaires de haut rang. Elle a appris qu’il ne fallait jamais affronter directement un ennemi supérieur en nombre sur son terrain favori. Elle a donc positionné carrément sa candidature hors de l’UMP, car elle sait qu’elle n’a aucune chance de l’emporter à l'intérieur. Michèle Alliot-Marie a adopté la tactique de la guérilla, faisant croire qu’elle a des moyens supérieurs à ceux de son adversaire… Elle harcèle les divisions sarkozistes. Elle les discrédite en les laissant seules, le 14 janvier, s’enferrer dans le principe " à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire ".
MAM entretient un réseau secret d’une bonne centaine de parlementaires discrets, qui n’ont pas… encore rejoint (événement bizarre) le camp du Bonaparte de l’UMP. Elle observe avec délectation les récents sondages qui le donne battu au second tour, et il y a fort à parier que les fonds secrets de l’Elysée vont en financer encore quelques-uns, pour détruire l’image d’invincibilité du " ministre-président-candidat ". Elle ne sert, en fait, que de pôle de fixation au camp chiraquien ! Elle occupe le terrain afin que les résistants à Sarkozy, qui existent en Province, ne s’éparpillent pas avant que Raminagrobis passe à l’attaque. Elle occupe le terrain. Comme De Villepin est aussi dans le coup, il y a fort à parier que, lentement mais sûrement, le complot se mettra en place.
Si MAM n’est pas candidate et si la majorité ne se délite pas dans une guerre fratricide, Chirac ne pourra pas taper sur la table et apparaître comme le… recours. Jospin n’a pas réussi car le PS n’a pas globalement bronché, et personne n’est encore venu le chercher… Chirac en a tiré la leçon : il génère lui-même la zizanie en sachant que plus elle sera forte, plus elle lui profitera ! La première marche vers la candidature va donc se construire dans les prochains jours. Plus la tension existera (MAM va se déclarer avant le 14 janvier), et plus Chirac aura de chances d’effectuer son grand retour fin janvier, début février, sponsorisé par TF1 !
UN VERITABLE PROGRAMME PRESIDENTIEL
La période est également propice pour se repositionner et se refaire une image. Le Président, lors de la longue série de vœux institutionnels, dispose d’une fenêtre de tir extraordinaire. Il a l’expérience des promesses qui plaisent au peuple. Il a l’art de transformer le plomb des mots en or électoral. C’est à la fois sa spécialité et sa force. Chaque jour, jusqu’au 14 janvier, il va donc occuper l’actualité en montrant qu’il est encore le patron et qu’il peut encore le rester. Il va mettre une pression terrible sur le gouvernement et des parlementaires, préoccupés par leur réélection !
Le soir des vœux, il lance le " droit opposable au logement " comme contre feu à l’annonce peu crédible de Sarkozy promettant qu’en 2008 plus un sans logis ne serait dans les rues. Sa majorité est au pied du mur et devra voter avant fin février. Il tance sciemment les Ministres, lors du premier conseil de l’année, sur la nécessité de " travailler " plutôt que de " battre la campagne ". Et il le fait savoir… Histoire de rappeler que lui, contrairement à d’autres, il bossera jusqu’au dernier moment, alors qu’il n’a rien fait depuis des mois. Il va, en fait, se construire chaque semaine un programme par effets d’annonce successifs.
L'impôt sur les sociétés doit baisser à 20% au cours du prochain quinquennat (tiens donc !) ; il fusionne l'ANPE et l'UNEDIC; une meilleure répartition des richesses entre salariés et actionnaires doit être recherchée ; la création d'une "sécurité sociale professionnelle" sera lancée ; l’adaptation au nouveau modèle économique (celui du développement durable) est indispensable. Il convoquera le Congrès "avant la fin" de la session du Parlement (ses plus chauds partisans sont au Sénat) ,pour adopter la réforme du statut pénal du chef de l'Etat, le texte sur la Nouvelle-Calédonie et l'inscription de l'abolition de la peine de mort dans la Constitution. Il se prépare à diverses sorties sur la scène internationale. N’en jetez plus, la cour des décisions urgentes est pleine. On vient d'ouvrir la cour des miracles électoraux!
UN ECHELON VERS UN ENIEME COUP TORDU
Il ne reste plus rien pour les autres candidats, qui vont désormais courir après lui. Ce Chirac là a relu le soir auprès de Bernadette " le lièvre et la tortue " ! il sait que rien ne sert de courir : il faut partir à point. Pourtant, le discours qu'il a prononcé hier, en fin de matinée, devant les "forces vives", à l'Elysée, n'était ni une déclaration de candidature ni un passage de témoin, mais tout simplement un échelon vers son énième coup tordu ! Le Président a esquissé, selon les observateurs ébahis, un EPENI (exercice politique encore non identifié) lors des vœux aux syndicats, patronat et monde associatif réunis à l'Elysée. "Mon intention, aujourd'hui, n'est pas de revenir longuement sur ce qui a été fait", a-t-il prévenu d'emblée, évacuant la question du bilan après douze années passées à la tête de l'Etat. Il a d’ailleurs interdit aux ministres le droit à inventaire ce qui, au cas où Sarkozy déraperait, ne justifierait pas son départ volontaire du gouvernement mais son éviction par remaniement ministériel, entre le 15 et le 20 janvier ! Il peut ne pas lui laisser le temps de démissionner ! Alors, cher ami interrogatif, je crois que même si Chirac n’est pas candidat, il fait tout comme. Ça a la saveur, la couleur, l’odeur d’une candidature, mais ce n’est pas encore une candidature. Il sait que de toutes manières, si ça ne rapporte rien, ça ne lui fait rien perdre. Au contraire. Le moment venu… il sera toujours temps de choisir. D’autant que hier, heureux hasard, les deux principaux candidats à l'élection présidentielle Ségolène Royal (-3) et Nicolas Sarkozy (-2) voient leur cote de popularité reculer en janvier, de même que Jean-Marie Le Pen (-4) et Michèle Alliot-Marie (-6), tandis que François Bayrou (+4) progresse, selon le baromètre TNS-Sofres pour Le Figaro Magazine et I Télé. Ceci s’arrose avec une Corona, même si sa popularité n'est pas au top, il sait que ce n'est qu'une question de promesses et d'apparences. Mais je déblogue… 
JE VOUS AVAIS PREVENUS MAIS VOUS NE M'AVIEZ PAS CRU Relisez la chronique de L'AUTRE QUOTIDIEN au-dessus puis allez sur http://tempsreel.nouvelobs.com/speciales/politique/elysee_2007/20070105.OBS5713/jeanlouis_debre_ne_votera_paspour_nicolas_sarkozy.html
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4 janvier 2007 4 04 /01 /janvier /2007 11:29
Quand une mode s’empare des médias, il est inutile de vouloir parler d’autre chose. La poudre aux yeux anesthésie tous les regards et tourne toutes les têtes. Actuellement il faut, pour être branché, s’intéresser aux SDF des grandes villes, car leur détresse, particulièrement visible depuis qu’ont fleuri les tentes de la honte, fait tache dans la période des sports d’hiver triomphants. On va bientôt en arriver à considérer que la résolution du problème de l’hébergement de ces personnes règlera l’ensemble des problèmes hexagonaux liés à l’exclusion. Un peu comme si cette dernière ne se situait que sous les ponts de Paris et dans le statut redoutable de dormeurs déshérités des rues. En fait, nous fabriquons des exclusions en permanence, et la machine continue à tourner à plein régime dans tous les villages français… loin de la capitale !
Le problème vient du fait que toutes les formes de « mise en marge sociale » ne sont pas télégéniques. Elles n’ont pas ce caractère concret du « droit opposable aux logement » qui fait fureur depuis trois semaines. Il faut bien convenir que le cumul de plusieurs facettes de la non intégration sociale n’arrange pas nécessairement le volet actuellement sous les feux de l’actualité. Pourtant, parfois, les racines s’avèrent aussi profondes que discrètes, mais nul ne veut véritablement les voir, car elles sont extrêmement délicates à éradiquer. L’exclusion à ceci de comparable au chiendent, c'est que si l’on n’arrache pas les parties souterraines, elle revient sans cesse à la surface pour envahir les parterres tranquilles des certitudes.
C’est ainsi qu’il faudrait examiner les difficultés liées au lieu de vie, à la santé et à la culture avant de parler des aspects matériels. Elles existent, en effet, la plupart du temps, dans la croissance de l’exclusion personnelle ou collective, mais elles ne sont traitées qu’a posteriori. Dès qu’une stabilisation est amorcée, il faut absolument chercher à améliorer ses bases pour éviter le pire; mais, comme elles ne sont pas palpables et rentables, on préfère les reléguer à des jours supposés meilleurs. Il est vrai que, par les temps qui courent, les médias valorisent les réalisations concrètes visibles, même éphémères, plutôt que les actions informelles, psychologiques, profondes. Cette tendance est surtout perceptible hors des grandes agglomérations où, justement, rien n’est proposé, mais où tout est à créer. Il ne s’agit pas, en milieu rural, de profiter de structures existantes car elles n’existent pas… suivant la commune de domicile, ce qui provoque la pire des exclusions : celle de l’isolement physique, sanitaire et moral.

                        L’ISOLEMENT UN FACTEUR REDOUTABLE D’EXCLUSION
 En effet, contrairement à ce que colporte l’opinion dominante, l’exclusion est infiniment plus insupportable à la campagne que dans une banlieue, aussi difficile soit-elle. En effet, les services de proximité existent dans tous les quartiers dits sensibles, alors que parfois, en Créonnais, ils se situent à quelques dizaines de kilomètres. Tous nos efforts depuis 6 ans, au niveau de l’intercommunalité, auront consisté à installer, dans un même lieu, le maximum de permanences accessibles aux gens traversant des difficultés provisoires ou durables. L’isolement constitue l’un des facteurs les plus redoutables, car il favorise le repli sur soi et donc l’aggravation de la situation personnelle. Comment peut-on socialiser à nouveau quelqu’un qui se trouve loin des lieux de vie collective, des espaces professionnels pour son accueil, des personnes ressources potentielles ? Impossible de

lui proposer sur place des outils ou des ouvertures sur le monde professionnel, indispensables pour entrer ou revenir dans la vie active : la distance se révèle un handicap.
Actuellement, en milieu rural, l’exclusion passe par un nouveau phénomène qui frappe surtout les jeunes : la non possession du permis de conduire. Autrefois, beaucoup d’entre eux, qui n’avaient pas les moyens de financer ce viatique vers la mobilité, l’obtenaient durant leur service militaire ou national. Désormais, un permis pour véhicules légers et encore plus celui pour le transport en commun ou les poids lourds nécessite un investissement qu’aucun effet d’annonce n’a réussi à diminuer. Faute de permis, le travail est impossible sur des territoires très peu desservis par les transports en commun, ou quand ils le sont, c’est essentiellement pour les déplacements scolaires. Ce constat s’aggrave surtout pour les jeunes filles, qui recherchent des heures de travail cumulées de services aux personnes âgées, ou pour les garçons ne pouvant entrer dans le monde de l’entreprise que par l’intérim ou les travaux saisonniers. Ensuite, il leur faut avoir les fonds pour acquérir un véhicule en état de marche… C’est une nouvelle galère qui débute. On est cloué dans son village, à attendre, par la force des choses, l’emploi qui ne viendra jamais. Inutile de compter sur Internet, car les « fameuses zones blanches » ne touchent point les agglomérations, mais les communes situées trop loin des centraux téléphoniques. Et, plus on développe la « toile », et plus ceux pour qui elle est inaccessible se trouvent marginalisés. Une commune sans école, ayant une mairie ouverte deux fois par semaine, sans aucun service privé ou public, fabrique tôt ou tard une exclusion toujours lourde à vaincre mais peu intéressante médiatiquement. Il n’y aura pas de tentes sur les pelouses des espaces publics !

                                      LA SITUATION HORS DES VILLES CENTRES
 Il faut aussi ajouter un nouvel élément qui intervient dans la descente aux enfers : la santé. Là encore, les penseurs ou les techniciens ne mesurent pas réellement la situation hors des villes centres. Trouver un médecin constitue le premier obstacle, avant que n’intervienne le second, consistant à savoir comment on va le payer. D’abord parce que les toubibs ont comme consigne de se déplacer le moins possible pour restreindre les frais pour Dame sécurité sociale, et donc il faut avoir un moyen de se rendre à la consultation (voir ci-dessus) et, si l’on est à la CMU, il faut éviter de tomber sur l’un de ceux qui s’arrangent pour ne pas vous recevoir. Ensuite, il est indispensable d' avoir de quoi avancer les frais qui ne vous seront plus remboursés en accéléré puisque la Caisse Primaire d’Assurances Maladie a décidé de supprimer ses permanences décentralisées. Et il faut bien avouer que, si vous relevez du régime agricole (MSA), vous rencontrerez encore plus de problèmes (éloignement, structures d’accueil, moyens financiers) pour tout ce qui est suivi social, services à la personne, remboursements… Là où, pour une urgence, il suffit, en agglomération, d’appeler SOS Médecins, en Créonnais il n’y a plus, dans certaines communes, de service de garde médicale du lundi au vendredi après 22 heures ou du samedi midi au lundi 8 heures, susceptible de se déplacer. La fameuse médecine de ville s’étend, et renforce ce sentiment d’abandon qui frappe les gens fragiles socialement et physiquement. Il faudra, tôt ou tard, mettre à plat le réseau médical et les obligations qui lui incombent, car une flagrante inégalité est en train de se creuser dans l’accès aux soins. Ce n’est pas l’incitation à l’automédication qui va arranger les choses, comme ne l’a pas amélioré le recours au 15 pour le « tri » des urgences dans des secteurs où les réponses sont déjà longues en raison des distances. L’exclusion n’est pas toujours le fruit du destin. Elle prospère sur l’isolement matériel.

            ESTOMPER L’ECART CULTUREL QUI SE CREUSE
Comment ne pas également aborder le volet culturel, sans affirmer qu’il prend une importance considérable dans la marginalisation sociale ? Si l’on peut considèrer, en étant optimiste, que le système éducatif apporte à chacun le même savoir, il ne parviendra plus, désormais, à estomper l’écart culturel dont on sait qu’il finit par faire la différence. Une bonne part de l’intégration sociale passe par le viatique de l’adaptation, favorisée par des acquis extrascolaires. L’école n’apporte plus tout pour réussir socialement, car elle n’a plus le temps, et surtout parce qu’elle n’arrive plus à lutter contre des influences qui lui échappent, dont celle de l’audiovisuel sous toutes ses formes.
Dans les secteurs ruraux, les seules références qui existent, quand la famille a effectué ou subi l’isolement, sont celles que porte la télévision. On parle du Cid ou de Victor Hugo à des ados qui ne sont jamais entrés dans un théâtre, qui n’ont jamais vu un spectacle vivant, qui n’ont pas d’autres références que la Star Ac’ ou la Ferme des célébrités, qui n’approchent pas un livre hors de l’école. Nul ne songerait à leur en faire le reproche, dans la mesure où on ne leur propose souvent rien d’autre.
Il y a une certaine fatalité contre la culture, considérée comme une sorte de luxe inutile, dans une société où le résultat des entretiens d’embauche reposera ensuite sur la différence entre des gens supposés posséder les mêmes savoirs techniques. Il arrive qu’à un niveau de compétence élevé, on ne se décide sur une embauche qu’après un examen minutieux du niveau culturel et de la nature des passions des candidats. Cette réalité est palpable quotidiennement. Un abîme se creuse entre les villes et les campagnes dans les propositions, même si elles ne sont pas suffisantes en milieu urbain pour régler l’absence de culture.
Je reçois très souvent des gens réputés « instruits » qui viennent me demander de leur rédiger un courrier ou de leur écrire… une lettre de motivation, pour tenter de décrocher un job. Ils ne savent plus communiquer, s’adapter à un contexte, une situation, tellement ils ont perdu (ou jamais acquis) la capacité de convaincre, donnée par une culture large. Echanger par la musique, la peinture, le théâtre, le sport, le partage d’un film, d’un spectacle, constitue la meilleure préparation à la vie sociale. Encore faut-il que les opportunités existent et que vous puissiez en profiter.
La lutte contre l’exclusion passe par de multiples filières.
Un gars sur un trottoir, une personne au RMI, un jeune en déshérence, ne sont que les « résultantes » d’un parcours beaucoup plus complexe que ne le voudraient les tenants de l’opinion dominante simpliste. Et croire qu’ils sont les seuls responsables de la situation dans laquelle ils se trouvent, c’est tout bonnement se bander les yeux pour ne pas voir la triste réalité. Et ce n’est pas en leur fournissant simplement des tentes pour abriter leurs corps que l’on résoudra les vrais problèmes !
Mais je déblogue
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Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
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