Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Texte Libre

LES STATISTIQUES

VISITEURS UNIQUES

1 074 692

PAGES LUES

7 113 288


MAIS JE DEBLOGUE...

Archives

28 août 2008 4 28 /08 /août /2008 07:37

Le libéralisme est une théorie de gestion économique qui ne s'assume jamais. En France, avec son élection, Nicolas Sarkozy en a fait la référence majoritaire puisque tout son programme vise à rétablir la vérité de la loi du marché. Libre concurrence, fixation du prix des matières premières selon la demande et l'offre, contribution solidaire du milieu économique à la vie collective réduite au minimum, augmentation des profits au détriment de toute autre forme de progrès... ces références alimentent sans cesse les réformes gouvernementales sauf que le système ne tourne plus rond. Toutes les catégories sociales qui, à ce jour, ont accepté la mise en œuvre d'un tel système sont d'accord sur un seul point : qu'il s'applique aux autres ! La moindre crise diminuant les profits n'est en rien assumée, au prétexte que les revenus doivent être si ce n'est améliorés, au minimum garantis.
Les producteurs de blé, de lait, de vin, d'huîtres, de foin, de myrtilles ou de haricots verts, tous enthousiasmés par une forme de libéralisme leur promettant de ne plus payer de charges, d'impôts fonciers, se tournent vers l'Etat pour solliciter des aides institutionnelles leur permettant de boucler leurs fins de mois. Les industriels espèrent que leurs licenciements seront compensés par des mesures sociales, imposées par l'augmentation du nombre de chômeurs. Les PME espèrent des exonérations toujours plus flagrantes de charges, sans se rendre compte qu'au bout du chemin, faute de pouvoir d'achat, les employés, les ouvriers ou les cadres ne participent plus à un système reposant essentiellement sur la... consommation !
Dans cet ordre d'idée Laurence Parisot, grande prêtresse du patronat angoissé par ses marges de manœuvre, a clairement annoncé la couleur. Dans un entretien au Journal du dimanche du 24 août, la présidente de l'organisation patronale dénonce en effet le retour de la « vision étatiste » et « certains signaux » jugés « inquiétants » en provenance de Matignon, comme si Fillon était brutalement devenu un ardent partisan de l'interventionnisme public. « Avec l'augmentation des prélèvements obligatoires, l'étatisme se renforce et nous nous en trouvons affaiblis », affirme celle qui n'espère d'un gouvernement que des exonérations toujours plus fortes, non pas pour accroître la compétitivité des entreprises ,mais les profits des actionnaires.
Peut-on assurer par exemple que le montant des exonérations sur les heures supplémentaires est systématiquement réinvesti dans l'entreprise ? A ce jour les réformes de ce genre se sont révélées négatives, puisque la compétitivité n'a cessé de baisser si l'on se réfère aux résultats de la balance commerciale. Les PME françaises exportent peu, et pas obligatoirement à cause des coûts de fabrication, mais plus certainement en raison de la faiblesse de leurs réseaux commerciaux dans lesquels elles répugnent à investir !

LE REVEIL DE CHEREQUE
« Attention à ne pas passer de l'échec de l'Etat-providence au fantasme de l'entreprise-providence » a prévenu la présidente du Medef en faisant référence au chèque transport potentiel, et surtout à l'imposition de 1 % sur le capital que voterait un parlement de droite en faveur de la mise en place du RSA. Il est exact qu'avec des dizaines de milliers de suppressions de postes de fonctionnaire, « l'Etat-providence » paraît bel et bien déjà condamné alors qu'il a été restauré pour les bénéficiaires du boucler fiscal. Car si ça, ce n'est pas un « Etat-providence », c'est à ne rien piger aux vertus du libéralisme. Quant à « l'entreprise-providence" ,il faut demander ce qu'en pensent les licenciés putatifs ou de précaution de chez Ford à Blanquefort ou de Renault à Sandouville ! En fait le libéralisme est foncièrement hostile à toute autre forme de solidarité que celle dévolue au profit.
On entend enfin des syndicalistes qui tentent de répondre à ce façonnement constant de l'opinion dominante voulant que toute aide aux actionnaires soit profitable aux salariés. Un mythe qui circule, mais dont on n'a jamais pu vérifier la moindre efficacité. François Chèrèque de la CFDT a récemment déclaré que « la présidente du Medef Laurence Parisot, qui a dénoncé "un échec de l'Etat providence », en estimant que cette providence bénéficie surtout au patronat, via des milliards d'allègements de charges". C'est à croire que brutalement le secrétaire national de la CFDT, ardent partisan de la négociation, vient de constater qu'il ne cesse de se faire rouler dans la farine gouvernementale.
« Je n'étais pas encore secrétaire général, que le Medef tenait le même discours sur le rôle de l'entreprise dans l'Etat providence. Laurence Parisot ne fait que reprendre une thématique forte », a déclaré François Chérèque devant la presse, en marge de l'université d'été de son syndicat à Dourdan. Il aurait pu demander des conseils aux plus anciens membres de la CFDT, qui lui auraient évité cette Lapalissade dramatique car elle constitue un aveu d'impuissance.
Etait-il nécessaire d'attendre si longtemps pour annoncer que, selon lui : « la présidente du Medef oublie de dire que les entreprises bénéficient de 24 milliards d'euros d'allègements de charges, sans aucune contrepartie maintenant alors qu'avant elles étaient en contrepartie du temps de travail et que les heures supplémentaires sont maintenant détaxées et défiscalisées, ce qui fait 6 milliards d'euros en plus », a-t-il ajouté.
« Je trouve que « l'Etat providence », il est « Etat providence » pour le patronat. Si  Laurence Parisot veut remettre en cause cet Etat providence-là , alors on est prêts à en discuter", a-t-il ironisé. Cette mascarade mérite-t-elle l'ironie, alors qu'elle aggrave quotidiennement la situation économique d'un pays incapable d'assumer ses contradictions. Ce contexte qui se dégrade va tout simplement multiplier les appels à l'intervention de l'Etat qui, privé de toute marge de manœuvre se révélera incapable de proposer autre chose que des effets d'annonce jamais suivis des faits.

LA PROVIDENCE DE SAINT NICOLAS
En fait, Laurence Parisot a parfaitement raison. Il faut mettre fin à l'Etat providence. C'est ainsi que parfois des actes décidés ou proposés par Nicolas Sarkozy relèvent d'une véritable... providence divine. François Chérèque, affirme aussi que Nicolas Sarkozy a envisagé une loi d'amnistie pour les bénéficiaires des financements occultes de l'UIMM (patronat de la métallurgie), dans un livre à paraître début septembre.
Il rapporte différentes conversations avec le chef de l'Etat, notamment en avril 2004 sur la privatisation partielle d'EDF-GDF, mais aussi, le 26 octobre 2007, un mois après la révélation d'importants retraits d'argent liquide sur des comptes de l'UIMM entre 2000 et 2007. L'enquête est toujours en cours et neuf personnes sont mises en examen.
« Ce jour-là, écrit François Chérèque, Nicolas Sarkozy me dit : « Bien entendu, il faudra en passer par une loi d'amnistie, comme ça a été le cas pour les hommes politiques avant la loi sur le financement public des partis ».
François Chérèque comprend alors que le président de la République « lui tend la perche" au cas où la CFDT aurait pu déraper. Le leader CFDT « imagine aussi » que Nicolas Sarkozy « ne doit pas être sans savoir que cette caisse de l'UIMM a servi à rémunérer des hommes politiques pour bons et loyaux services ». Le conseiller social du président, Raymond Soubie, présent lors de l'entretien, enfonce le clou et laisse entendre que le nom d'un militant de la CFDT pourrait apparaître dans l'affaire. Si ça, ce n'est pas de « l'Etat providence » c'est à désespérer de tout.

DECISIONS PROVIDENTIELLES PERMANENTES
Dans le cadre des bienfaits de « l'entreprise providence » on a eu hier un panel révélateur de cette tendance.
ERDF, filiale d'EDF chargée de la distribution de l'électricité, réclame par exemple une augmentation de ses tarifs de 15,1% pour rénover son réseau, affirme La Tribune de hier. La filiale qui gère 95% de la distribution de l'électricité produite par EDF en France propose d'étaler cette hausse sur trois ans, selon le quotidien économique. Dvinez pour qui sera la... providence.
Une rentrée à l'université n'est jamais facile, surtout lorsque l'on apprend quelques jours avant que la bourse sur laquelle on comptait va être très difficile à obtenir. C'est le cas des 2 500 étudiants handicapés boursiers, pour qui les critères d'attribution des bourses ont été modifiés. En effet, les points de charge supplémentaires, de deux à quatre selon le handicap, qui leur étaient accordés ont été supprimés. Certains auront donc une bourse rognée, d'autres n'auront plus de bourses du tout. Il va falloir avoir recours à la « providence » pour une modification des textes pourtant pondus par le Ministère. Pour les autres catégories aussi, car en fait les études ne peuvent plus se concevoir sans un « boulot » permettant de survivre lorsque la famille ne peut pas... payer !
En fait le libéralisme n'a pas d'autres visées que celles de créer une insécurité sociale généralisée qui rend les femmes et les hommes d'un pays inertes et apeurés par les conséquences éventuelles d'un engagement citoyen contestataire. Mais c'est le financement de la protection sociale qui sera le dossier le plus révélateur de la rentrée. Le Medef milite pour que les entreprises cessent de contribuer à la politique familiale et plaide pour un transfert progressif du financement de l'assurance-maladie des entreprises vers... les ménages.
Le patronat a ainsi critiqué le prélèvement exceptionnel de 2 milliards d'euros sur les organismes complémentaires pour réduire le déficit de la "Sécu". Le Medef craint que cette mesure ne se traduise par une hausse des cotisations des contrats de prévoyance conclus par les entreprises pour leurs salariés. Il semble que Laurence Parisot ait une fâcheuse tendance à croire volontairement que la solidarité doit être... remplacée par cette notion de providence, car si l'une relève de la responsabilité humaine, l'autre ne saurait être que divine !
Mais je déblogue...

Repost 0
Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
commenter cet article
27 août 2008 3 27 /08 /août /2008 07:49

La France est, depuis le passage de Nicolas Sarkozy, un pays sûr dans lequel la délinquance chute en permanence si l'on en croit les statistiques officielles. La situation s'est bien améliorée grâce à la karchérisation des banlieues et tout le monde sait que les actes de violence urbaine n'existent quasiment plus. Du moins, on évite d'en parler dans les médias dominants, car ce n'est pas de bon ton de publier des faits divers qui nuiraient aux certitudes ancrées dans les esprits de celles et ceux qui ne sont pas au contact des réalités.
Prenons un exemple : le nombre des véhicules incendiés ! Officiellement ces actions de violence gratuite n'existent quasiment plus sur le territoire. Rien que ces derniers jours 3 automobiles sont parties en fumée à... Erqueline (frontière belge), 3 autres à Cholet, 13 dans les quartiers sud du Blosne et de la Poterie, à Rennes, 4 à Castres, 12 à Figanières (Var). Partout le même phénomène que l'on planque, en évitant de prendre les plaintes dans des créneaux horaires précis faisant entrer ces actes dans les dégradations volontaires aux biens privés.
Pour la nuit du 13 au 14 juillet, 297 véhicules ont été incendiés en France, dont 211 en Ile-de-France, selon les chiffres officiels du ministère de l'Intérieur. En outre, 295 véhicules ont été incendiés et 98 personnes ont été interpellées la nuit suivante. L'année dernière, plus de 46 000 véhicules avaient été incendiés par ce que la terminologie officielle nomme des « jeunes ». Un mot à traduire par « criminels allogènes de moins de 45 ans ». Au-delà de cette polémique entourant le nombre des voitures brûlées, le week-end du 14 Juillet a été agité un peu partout dans les banlieues. Incendies ou affrontements entre jeunes et policiers sont cependant presque passés inaperçus. Un peu comme si un soir de 14 Juillet, c'était normal. Déjà, en décembre 2007, le ministère de l'Intérieur avait annoncé 397 véhicules brûlés, au lieu des 878 comptabilisés après une seconde estimation. Les Villes concernées, elles, ont été dépassées par ces violences urbaines du mois de juillet, et appellent le gouvernement à prendre ses responsabilités.
Les chiffres, rendus publics par la préfecture de l'Essonne, sont aussi sans appel. Alors qu'en juillet 2007, le département avait enregistré 794 agressions physiques, on en a comptabilisé 963 en juillet 2008. Soit une augmentation de près de 21 %. Une hausse qui traduit une radicalisation du comportement des délinquants, qui n'hésitent pas à frapper, à menacer avec une arme ou à asperger de gaz lacrymogène, pour dérober une voiture ou un téléphone portable. La France n'arrive absolument pas à juguler ces phénomènes. Les exemples pourraient être largement diffusés mais... chut ! C'est l'autocensure qui règne !
La France un grand pays, alors qu'un récent événement nous range plutôt dans la catégorie des républiques bananières, dans lesquelles il existe des bandits de grand chemin ou des... pirates ! Extraordinaire : on pourrait demander aux GIGN allemand de venir au large de la Corse pour  sauver ses ressortissants dévalisés et pris en otages durant quelques heures ! On nous a assez ressassé que ce type de délinquance n'existait qu'en Somalie, au Yemen, aux Philippines, au Vietnam ou au large de l'Afrique mais, chez nous, en France, il était impossible que se produisent de tels faits !

UN PAYS REELLEMENT PEU SÛR
Un commando de malfaiteurs embarqué à bord d'un canot pneumatique est passé à l'abordage du Tiara, un voilier de 55 mètres, fleuron de la plaisance pour vacanciers fortunés. Le navire, en provenance du port de Porto Cervo, en Sardaigne, avait été loué pendant douze jours par neuf allemands appartenant au monde de la finance, heureux de mouiller au large de l'île de Beauté. Vêtus de combinaisons sombres, le visage dissimulé par des cagoules, les braqueurs sont montés à bord du navire, qui mouillait dans les eaux du golfe de Porto Novo à quelques encablures de Porto-Vecchio. Selon le procureur d'Ajaccio, "les malfaiteurs portaient des armes de poing et des fusils à canon scié. Ils ne sont pas restés plus de 10 minutes à bord, ne se sont pas intéressés aux bijoux et aux possessions des passagers, ils ont immédiatement exigé d'être conduits au coffre du navire". Menacé, le capitaine du bateau, un ressortissant franco-américain, les a conduits au coffre, une caisse métallique renfermant... 138 000 euros en billets non marqués (tiens donc !), une somme que la compagnie de location, met à la disposition de l'équipage pour régler les dépenses du bord tout au long de la croisière. Un somme inimaginable, en espèces, alors que normalement ce type de manière de financer des activités économiques est formellement interdite par la loi française, car elle favorise le blanchiment de fonds.
Le Tiara, qui se loue à partir de 180 000 euros la semaine, est l'un des voiliers de location les plus prestigieux du monde. Ses caractéristiques sont significatives : navire de grand luxe dessiné par le célèbre architecte naval Ed Dubois, pour le compte des chantiers néo-zélandais Alloy, ce palace des mers, battant pavillon des îles Caïmans, compte cinq cabines et une aire d'atterrissage pour... hélicoptère sur le pont arrière. Le Tiara a aussi été conçu pour être le plus important navire à pouvoir passer sous les ponts américains qui annoncent l'entrée dans le canal de Panama. Des attributs qui n'ont pas vraiment impressionné les pirates des mers français certainement parfaitement renseignés et qui ont laissé aux passagers leurs biens personnels... afin qu'ils puissent donner un pourboire substantiel au personnel !

L'APPÂT DU GAIN
Les actes de piratage, ailleurs dans le monde, sont parfois de simples chapardages nocturnes, mais aussi, souvent, des actions violentes menées par des bandes organisées, puissamment armées, avec prises d'otages, rançons, tortures, assassinats, arraisonnements. Des cargos sont maquillés, rebaptisés, vendus. Avec la mondialisation, c'est 97 % de marchandises, 60 % de produits pétroliers, qui circulent sur la mer. Les exactions commises accroissent les coûts, menacent la sécurité des marins. Les attaques sont en effet plus nombreuses (+10% en 2007). En plus de la violence et l'intimidation, via l'usage des armes à feu et des couteaux, les assaillants n'hésitent désormais pas à employer des moyens encore plus radicaux : lance-roquettes et fusils d'assaut. Leur but ? L'appât du gain. Aucun motif politique ni religieux, seul l'argent compte. Ce n'est pas en France que ce serait ainsi, car la Police veille !
Un thonier espagnol, avec 26 membres d'équipage à bord, avait été pris d'assaut par des pirates alors qu'il pêchait au large des côtes de la Somalie. Le Playa de Bakio, dont le port d'attache est au Pays Basque, avait été abordé et l'équipage «apparemment séquestré» alors qu'il pêchait «dans les eaux somaliennes», mais aucun membre n'avait été blessé pendant l'assaut, a précisé le ministère espagnol des Affaires étrangères. Un voilier de luxe français, le Ponant, avait été pris d'assaut par des pirates somaliens le 4 avril. L'équipage a été libéré une semaine plus tard à la suite du paiement d'une rançon, et six pirates ont été appréhendés par les forces françaises et amenés en France pour y être jugés. Les pirates somaliens ont l'habitude de diriger les navires pris d'assaut vers la côte somalienne pour négocier ensuite une rançon. A tous ces faits il faut ajouter désormais le précédent corse !

PROGRESSION MUSELEE
En fait, l'insécurité n'a jamais été aussi forte en France car la violence gratuite ou organisée progresse. La statistique de la délinquance présentée périodiquement par les pouvoirs publics résulte des faits constatés par les services de police et de gendarmerie, qui sont traduits dans un outil appelé « état 4001 », centralisé par la direction centrale de la police judiciaire au ministère de l'Intérieur. Cet état, utilisé depuis une trentaine d'années, a fait l'objet d'améliorations et de validations interministérielles, mais il ne couvre qu'en partie la délinquance.
En effet, le souci premier des services n'était pas d'étudier ce phénomène mais de disposer de chiffres concernant leur activité. Aussi, l'évolution de la statistique publiée par le ministère de l'Intérieur reflète la propension des victimes à se plaindre, autant que l'initiative des services de police et de la gendarmerie : deux éléments dont les variations se surajoutent à celles propres à la délinquance.
La présentation actuelle ne tient pas compte de toutes les sources statistiques disponibles : lui échappent notamment les contraventions, y compris celles de la cinquième classe (les plus graves) tels que les délits routiers ; lui échappent également, en tout ou en partie, les faits relevés par d'autres administrations habilitées à constater des infractions, comme les douanes, le fisc, la répression des fraudes, la concurrence et consommation.
Des voitures brûlées, des agressions sur les personnes en augmentation, des pirates sur les mers, des banlieues dans lesquelles une étincelle suffit à mettre le feu aux poudres, vols en tous genres en explosion, le trafic et la consommation d'héroïne augmentant  sans cesse, une inscription dans le Guiness Book pour le nombre de prisonniers actuellement dans les établissements pénitentiaires : la France réelle est bien différente de celle que présentent les statistiques et les médias. Il est vrai que la campagne électorale des présidentielles est passée, et TF1 n'a aucune raison de mettre en évidence ces phénomènes sociaux qui ne vont pourtant pas diminuer. Et dans le fond, la situation n'est pas si catastrophique que ça, puisque des marins peuvent détenir 138 000 € en liquidités, ce qui démontre un sacré pouvoir d'achat légal !
Mais je déblogue...

Repost 0
Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
commenter cet article
26 août 2008 2 26 /08 /août /2008 07:30

Dans les communes dotées d'une école cette semaine se révèle décisive pour la préparation de la rentrée. Nettoyage des locaux, élaboration des menus du restaurant scolaire, stockage des fournitures, derniers coups de peinture...les mairies tentent de répondre à leurs obligations. Elles se résumaient jusqu'à présent à des objectifs simples : offrir aux enfants de leur territoire des conditions matérielles aussi bonnes que possible pour que s'exerce le service public d'éducation sous la responsabilité de l'Etat. Il en est ainsi depuis que l'école est publique, laïque et obligatoire.
Cette véritable séparation des « pouvoirs » entre l'Etat et la commune n'avait, avant la prochaine rentrée, jamais connu de mise en cause. Tous les maires lucides découvrent que la donne a changé et que, lentement mais sûrement, l'Etat va se décharger sur les collectivités locales de ce qui pèse le plus sur son budget : l'acte d'enseignement. Dans les prochains jours, la répartition des rôles va évoluer à l'insu du plein gré des élus locaux. Prise par leur volonté de satisfaire les parents électeurs, les nouvelles équipes municipales se démènent dans des nouveaux textes dangereux pour l'avenir. Les autres savent que la vérité d'une rentrée n'est jamais celle de l'année suivante. Pas un ministre depuis un demi-siècle qui ne soit pas lancé dans une réforme, histoire de devenir le Jules Ferry de son époque. Pas un ministre qui n'ait prétendu qu'avant lui l'école marchait mal et que désormais chacune d'entre elles serait un Lourdes du savoir puisque s'y règlerait, par miracle, toutes les fractures sociales, tous les traumatismes psychologiques, toutes les inégalités économiques. Cette année sera celle des réformes Darcos !
En cette rentrée 2008 jamais les principes républicains n'ont été autant menacés, dans l'indifférence quasi générale. La seule préoccupation c'est celle de Jean-Pierre Pernaud qui a annoncé, avec son sourire de faux cul, que les prix des fournitures avaient baissé de 7 à 8 %, hier dans son journal télévisé de campagne électorale permanente. Tout se résume à des histoires de budget, de fric, de profits. L'école a été sacrifiée sur l'autel des nécessités budgétaires. Les fondements républicains voulant que l'Etat soit le garant de l'équité de l'accession au savoir ont été sapés par des textes s'appuyant sur l'opinion dominante mais oubliant l'enfant.
Qui peut intervenir dans les médias pour expliquer que ce ne ont jamais les cahiers qui font les bons devoirs, les stylos qui font la réussite, les factures de supermarchés qui donneront les résultats des examens ? Qui aura la possibilité de décortiquer concrètement la réalité des mesures Darcos ? Qui peut mettre les parents citoyens face aux contradictions de leurs revendications ? Quel élu osera dire que la communalisation de l'école est en route avec ses conséquences financières ? Comment, en ce jour de rentrée, sonner le tocsin pour une école méprisée, démantelée, sacrifiée sur l'autel des sondages d'opinion ? Impossible, car personne n'écoute plus. Les conseils d'école, où chacun vient jouer son rôle d'enseignant insatisfait, de parent mobilisé et d'élu victime expiatoire ne se préoccupent jamais du fond mais de la forme, exclusivement de la forme.
Les réformes qui seront mises en œuvre la semaine prochaine sont des embuscades mortelles pour la gratuité, l'égalité, la laïcité, mais il ne faut absolument pas compter sur une mobilisation quelconque des partenaires de l'école. ils sont pourtant tous victimes de mesures poudre aux yeux et inapplicables sans un transfert des compétences. L'Etat s'esquive en profitant de cette indifférence coupable. Elles reviennent sur des décennies de principes fondateurs des équilibres actuels.

LE PERSONNEL LESE
Exemple : l'application stricte et généralisée de la semaine de 4 jours ! Personne n'a véritablement flairé le piège. Ni les élus inattentifs, ni les enseignants, ni les employés communaux et surtout pas ces parents béats d'admiration devant une telle décision, avantageuse pour leurs week-ends Or les premiers, depuis quelques jours, se retrouvent face à une première difficulté. Les emplois du temps annuel des ATSEM (assistantes techniques spécialisées d'école maternelle) reposent en effet sur un nombre de jours scolaires effectifs, puisque leur principale action se déroule en temps pédagogique. Or, pour la prochaine année scolaire, 14 jours de classe ont été supprimés par diminution de l'horaire hebdomadaire global ! Que faire du personnel titulaire ? Comment redonner leur temps de travail global à des gens qui n'interviendront plus auprès des enfants durant 14 jours ouvrés. Darcos s'en soucie peu. Aux maires de se débrouiller : lui, il parade avec le collaborateur du Président en milieu urbain. Il n'y a pourtant que trois solutions : augmenter l'horaire quotidien de travail, ce qui est totalement inutile puisque les horaires scolaires journaliers, eux, n'ont pas varié ; diminuer l'horaire annuel de travail (temps partiel) et appliquer aux non-titulaires le fameux « travailler obligatoirement moins pour gagner moins » des supermarchés, puisque qu'il faut diminuer les salaires ou licencier (environ un poste sur 10) ; diminuer les jours de congés, pour faire revenir travailler le personnel sur ce qui était une part des vacances scolaires, pour « occuper » l'école sans élèves !
Le nombre des repas servis dans les cantines va également baisser, nécessitant moins de personnel et surtout, par le jeu des ratios, va faire monter le prix des repas (sur une commune comme Créon ce sont 5 000 repas en moins de prévus à personnel équivalent). Un détail dont on reparlera au budget communal 2010 au moment des tarifications ! Même constat pour les accueils périscolaires pour les heures de ménage : on va tailler dans les horaires de travail et donc diminuer forcément le pouvoir d'achat déjà très modeste d'employés payés sur des grilles indiciaires faibles. Qui l'a expliqué à ces familles ravies de la semaine de 4 jours ? Certes ce n'est pas leur problème.

L'IMPOSSIBLE SOUTIEN
Pour les enseignants, c'est la quadrature du cercle. Il leur faut prendre en charge 2 heures par semaine les enfants ayant besoin de soutien. Super, se sont dit les parents ! Sauf qu'actuellement il n'y a que trois solutions : accroître la durée de travail scolaire d'une heure sur 2 journées, alors que l'on sait qu'un enfant en difficulté a déjà du mal à absorber les 6 heures actuelles ; donner une demi-heure quotidienne sans aucune valeur, car entre le temps de rassemblement, de mise en route et de séparation il ne restera que 7 à 8 minutes de travail réel ; faire revenir les élèves le mercredi ou le samedi matin, sans transport scolaire et avec des écoles fermées (les mairies devraient financer la réouverture et le personnel présent pour des effectifs très faibles). On attend les premiers conseils des maîtres dans les mairies pour connaître le verdict, en sachant que de toutes manières, il faudra mettre la main à la poche. Les élus locaux deviennent les otages d'une décision ministérielle. Que pourra faire un maire déjà dans la semaine de 4 jours si le soutien se déroule le samedi matin. Quel ramassage scolaire, pour ces enfants dont on sait par avance qu'ils n'auront pas forcément chez eux le... soutien pour revenir à l'école ? Comment vont-ils vivre ces « rations » supplémentaires, ressemblant étonnamment aux « colles » d'antan ? Quelle sera l'efficacité réelle (qui effectuera le bilan ?) de cette mesure consistant à refuser une individualisation pédagogique de l'enseignement pour lui préférer une récupération des éclopés du système au bord du chemin d'une réussite standardisée ? d'une école à l'autre, d'un village à l'autre, on aura des écoels différentes avec eds moyens différents et des niveaux différents, d'autant que désormais, Darcos veut confier aux communes l'accompagnement scolaire moyennant une aumône financière annuelle. Il faut trouver des bénévoles motivés, compétents, dévoués, efficaces pour remplacer les « fonctionnaires » ou les « salariés » qui coûtent trop cher !

COMMENT VONT-ILS PAYER ?
Ah ! Qu'ils sont heureux les parents. Le Ministre les a entendus et leur a offert un jour de grève pour lequel ils n'auront plus à se soucier de leur progéniture prise en charge, dans les faits, avec leurs impôts locaux (l'indemnisation ne couvrira jamais les frais). Les parents sont heureux : ils ont résolu « leurs » problèmes au détriment du droit de grève des enseignants, mais la majorité ne se soucie pas de cette babiole démocratique ! ils ont totalement zappé sur le fait que l'avantage est infime pour la réussite scolaire, alors que 14 jours d'école en moins ne les a guère perturbé. Or, sauf mouvement de grève puissant comme en mai 68, un élève ne « perd » en moyenne que 6 jours de classe dans toute sa scolarité élémentaire.
Par contre, on a oublié de leur dire que le passage à la semaine de 4 jours va les obliger à rechercher... 14 journées de garde supplémentaires dès le 2 septembre. Jusqu'à présent ils ne les finançaient pas. Dès cette rentrée, ils devront payer une « gardienne », le centre de loisirs, ou se débrouiller pour payer. Les communes ou les communautés de communes, abandonnées par la CAF, devront financer les structures d'accueil 14 jours supplémentaires. Ainsi sur le Créonnais, une famille de deux enfants payant plein pot le centre de loisirs aura... environ 900 € de dépenses supplémentaires pour avoir... le service minimum éventuel pour une éventuelle journée de grève. Les maires ont aussi découvert, dans l'article 2 du texte sur le service minimum, qu'ils auraient à fournir le personnel, lorsque l'éducation nationale ne pourra pas remplacer un enseignant... c'est le début de la fin de l'école maternelle française.
Rendez-vous ici dans quelques années et vous constaterez qu'un jardin d'enfant, avec personnel municipal, remplacera les petites sections et que peu à peu on transférera vers la commune la responsabilité de ce qui deviendra un système d'accueil communal ultra inégalitaire, car il y aura encore une fois un fossé entre écoles rurales et écoles parisiennes ou urbaines, et entre communes pauvres et communes riches. Allez ! bonne rentrée à toutes et à tous, mais elle n'aura pourtant jamais, depuis que je suis préoccupé par ce jour spécial, jamais été aussi préoccupante pour l'avenir. Pierre à pierre, la démolition débute... Rendez-vous aux prochaines vacances pour voir le résultat du chantier!
Mais je déblogue...

Repost 0
Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
commenter cet article
25 août 2008 1 25 /08 /août /2008 07:59

Durant des siècles, les exécutions capitales drainèrent des milliers de curieux ou des déchaînés de la vengeance dite populaire. On jouait sur l'exemplarité supposée de la sentence, et le spectacle était proposé aux gens de toutes origines afin qu'ils puissent avoir peur. En fait, on n'a jamais démontré la véracité de ce principe de l'exemplarité du spectacle proposé. Une exécution capitale au Moyen Age est déjà un spectacle d'une rare intensité et extrêmement attendu par la foule. C'est un grand moment de la vie médiévale, d'autant plus qu'elle est rare. Une fois la sentence de mort prononcée, l'exécution capitale a lieu de façon quasi immédiate, et elle se déroule en suivant un rituel très strict. Le mode d'exécution varie selon le statut social ; en général les nobles sont décapités, avant d'être pendus, et ils gardent effectivement leurs vêtements distinctifs, fourrures et éperons, alors que les roturiers sont déshabillés et pendent, en chemise, au gibet. Le mode d'exécution capitale varie aussi selon la nature du crime commis.
Les auteurs de meurtres sont traînés sur une claie avant de subir la pendaison qui, en général, est réservée aux larrons. Les criminels de lèse-majesté sont décapités. En revanche, les faux-monnayeurs sont en principe bouillis dans un grand chaudron, les sorciers et sorcières, comme les hérétiques, sont brûlés, les auteurs de crimes sexuels comme la bestialité, l'homosexualité ou l'inceste. sont aussi brûlés. Les femmes sont plus facilement enfouies, vivantes, dans une fosse au pied du gibet ou brûlées comme les hommes, mais certaines peuvent aussi être pendues.
La peine de mort la plus répandue est la pendaison, à laquelle n'échappent pas ceux qui sont décapités, y compris quand une partie de leurs membres restent fichés sur des lances, pour être présentés sur des places publiques ou aux portes de la ville. Ce qui subsiste de leur corps est pendu au gibet, où il est parfois mis en sac.
Le cheminement vers le lieu d'exécution et l'exécution elle-même sont l'objet d'une cérémonie dont tous les moments ont un sens. La rue qui conduit au supplice est, dans chaque ville, toujours la même et elle doit être peuplée par un abondant public : le cortège passe donc de jour, à une heure d'activité, si possible un jour de marché, afin que tout le monde puisse en profiter.
La foule peut aussi être sollicitée lors des arrêts du cortège, en général aux carrefours, pour insulter le condamné ou lui jeter des pierres et de la boue. Le condamné est mis dans une charrette, la charrette d'infamie qui est aussi celle des ordures. Au moment de l'exécution, un responsable de la justice crie l'acte d'accusation au peuple qui l'écoute. Puis le bourreau fait son office. Les gestes et les cris qui scandent ces cérémonies ont un sens symbolique. La peine doit prendre une valeur exemplaire, et le pouvoir affirme ainsi sa force. Il manifeste aux yeux de tous qu'il peut être pouvoir de mort. Et le roi lui-même disait qu' on ne punit pas le malfaiteur pour le méfait mais pour l'exemple.
Enfin, à partir du XVI siècle, l'éclat des supplices devient un spectacle terrorisant, en particulier quand il s'agit de lèse-majesté. D'ailleurs les gibets, placés en dehors des villes et à proximité des murailles, ont un effet dissuasif. La foule est donc là pour prendre exemple et, parce qu'elle est terrorisée, pour être dominée. Mais la foule est aussi là pour participer à l'exécution et sa présence est nécessaire à l'accomplissement de la peine. Elle est témoin de l'infamie qui, peu à peu, au cours du rituel judiciaire, rejette le condamné hors du monde des vivants, l'exclut comme inutile au monde et irrécupérable. On sait fort bien que ces pratiques ont perduré jusqu'à il y a un peu plus de 79 ans, avec le même succès !

UN GOUT PRONONCE POUR LE SANG
En raison du comportement scandaleux des spectateurs lors de l'exécution capitale d'Eugène Weidmann le 17 juin 1939, le président de la République Lebrun interdit les exécutions publiques dès le 29 juin, pour la sanction appliquée à Jean Dehaene. Weidmann doit être guillotiné , le 17 juin, à l'entrée de la prison de Versailles par le bourreau officiel de la République. L'exécution se déroule dans des circonstances très particulières. Une erreur (peut-être délibérée) cause un retard de 45 minutes dans l'exécution. Le soleil est déjà bien haut dans le ciel quand Weidmann parait aux yeux de tous, ce qui permet à des journalistes de prendre la plus importante série de photographies d'une exécution capitale. De plus, la foule qui assiste au « spectacle », parvient à déborder le service d'ordre, et certaines personnes se précipitent au pied de l'échafaud pour tremper leur mouchoir ...dans le sang du supplicié. On tombe dans le terrible, dans le comportement irrationnel, dans les plus bas instincts pouvant animer la nature humaine.
C'est ainsi qu'Eugène Weidmann est entré dans l'histoire de la justice française comme le dernier guillotiné en public. Le gouvernement s'émeut de ces désordres, et le 24 juin, le président du Conseil Edouard Daladier promulgue un décret-loi abolissant les exécutions capitales publiques. Désormais, les condamnés à mort seraient exécutés dans l'enceinte des prisons, à l'abri des regards de la foule, en attendant la suppression définitive de la peine de mort. L'ultime montage de la guillotine fut effectué dans la prison des Baumettes à Marseille le 10 septembre 1977 pour l'éxécution de Hamida Djandoubi.

DECLINAISON DE FOIRE
Il manque apparemment de tels spectacles « formateurs » à la jeunesse française, puisque les forains tentent d'exploiter un filon vieux comme le monde. On a vu arriver sur les foires aux attractions une nouveauté qui atteste que le ventre de la bête immonde est toujours fécond. Un mannequin en latex, dans un grand parallélépipède de verre illuminé de néons bleuâtres, simule le condamné perpétuel. Lors de « l'exécution à l'américaine » c'est à dire par chaise électrique, ce mannequin, actionné par un vérin hydraulique synchronisé, pousse des cris, se contorsionne, de la fumée sort de ses chaussures, puis sa tête retombe. Avouez que ce type d'animation payante en donne pour son argent.
Au Moyen Age, personne n'avait eu l'idée de faire payer ! Des forains ont pourtant fortement misé sur cette attraction phare pour l'ouverture de la fête foraine du Bois de Boulogne, prévue à partir du 30 août, mais la vive polémique et la Mairie de Paris peuvent avoir raison de cette attraction pour le moins douteuse. Stéphane Camors avait importé des Etats-Unis une attraction « chaise électrique » pour 10.000 dollars. Déjà interdite à Milan puis à Fréjus, cette attraction risque de ne pas être installee à Boulogne pour la Fête à Neu Neu. Bertrand Delanoe ayant demandé au Préfet de ne pas accorder d'autorisation pour cette attraction, on attend le positionnement des autorités, mais il est inimaginable que l'on continue à espérer faire du fric avec une telle offre.

TOUT EST EXPLOITABLE
Les spécialistes de la foire du Trône pourraient imaginer une réplique de la guillotine pour couper des cous en matière plastique ou mieux, pour trucider des animaux divers et variés. Les spectatrices et les spectateurs repartiraient avec une fiole de sang numérotée. Pourquoi ne pas relancer la culture du gibet en Place de Grève ? C'est peu coûteux, mais en série ça pourrait avoir de la gueule ! On imagine le succès qu'aurait le garrot, car il aurait l'avantage de faire durer la démonstration. Et il est certain qu'une bonne crucifixion avec distribution des morceaux de la couronne d'épines drainerait les foules. Pour le profit, il n'y a plus aucune limite à l'exploitation de la bêtise humaine. La société est entrée dans le virtuel.
Les jeunes en viennent à ne plus faire véritablement la différence entre le réel et sa représentation. Les simulations se rapprochent tellement de ce qu'ils croient savoir de la réalité qu'une sorte de translation s'effectue en permanence. La mort sous tous ses aspects n'a plus aucun sens, puisqu'elle se finit, dans les jeux vidéo, par un résurrection permanente. L'électrocuté des foires est éternel, laissant l'impression que sa disparition n'a pas de conséquences sur son existence. Qu'une brochette d'affamés de sensations fortes se présente, et en quelques secondes la démonstration repart, banalisant au maximum un acte d'une extrême gravité.
La firme écossaise Traffic Games a lancé une mouture virtuelle de l'assassinat de Kennedy. L'équipe de développement n'avait rien d'autre que du respect pour l'ancien président, et avait également envoyé une lettre au Sénateur pour l'avertir de son projet. Techniquement parlant, elle met en avant la thèse selon laquelle il n'y a eu aucun complot, ce seraient en tout cas les convictions profondes du personnel qui a travaillé sur le projet. Le but du jeu est de tirer trois fois sur le président dans son véhicule et vous incarnez, en toute logique, Lee Harvey Oswald, l'assassin présumé. Toucher les vrais points d'impact dans le bon ordre et le bon temps donne des points supplémentaires, alors que tirer par exemple sur sa femme Jacky vous en enlèvera. Les séquences de tirs peuvent être ralenties tout en décalant les angles de caméra et les balles peuvent être suivies dans leur voyage jusqu'à les voir entrer dans le corps du défunt président. On nage au cœur du bon goût mais ce n'est qu'une question... de rentabilité !
Mais je déblogue...

Repost 0
Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
commenter cet article
24 août 2008 7 24 /08 /août /2008 11:15

Dans quelques heures, un vent artificiel  va éteindre la flamme olympique sur Pékin. Tel Harpagon, les pays vont compter leurs médailles et les aligner dans les statistiques comparatives destinées à mesurer leurs réussites ou leurs échecs. Inutile de commenter les résultats obtenus , car on sait fort bien que ce sera comme sur les plateaux de télévision un soir de scrutin national : il n'y aura que des vainqueurs ! Les catastrophes massives seront occultées par des victoires diverses ou anecdotiques. Les exploits réels disparaîtront, noyés dans la masse des doutes entourant désormais les performances sportives. Le monde n'a plus une confiance admirative dans ses champions qui, comme les idoles, peuvent être déboulonnés de leur piédestal par quelques traces infimes de produits chimiques mal dissimulés. En fait, des années d'efforts se résumeront parfois à des centièmes de secondes, à des millièmes de points ou à des millimètres ayant fait basculer des destins sportifs. Tout le reste deviendra marginal pour l'opinion dominante, qui se laissera bercer de rêves dorés, de belles histoires imprévues, ou d'aléas normaux transformés en drames planétaires.
Des réceptions joyeuses propulseront les héros du stade sur des scènes de récupération politique ou sociale. On exhibera les médailles comme le font les anciens combattants le jour des commémorations officielles. Les rois, les reines, les présidents plus ou moins légitimes, dans tous les pays, s'approprieront les succès , mais dédaigneront les ratés. Question d'image !
A Pékin, on dressera un bilan forcément positif de ces quinze jours durant lesquels la Chine a été au cœur des préoccupations de milliards d'individus de toutes les origines. On n'imagine pas que Hu Jintao ne sable point le champagne avec son entourage, pour avoir parfaitement berné la planète. Maîtres dans l'art de l'appropriation des réalisations des autres grâce à leurs extraordinaires talents collectifs, les Chinois ont méticuleusement exploité les failles dans un système social reposant  essentiellement sur la médiatisation. Avec leur propension à ne rien laisser au hasard, ils ont su à la fois innover et résister, pratiquant avec délectation l'art raffiné du supplice infligé à des visiteurs subjugués ou soumis. Ainsi, dans tous les pays du monde,  on couvrira d'une fine pellicule d'or, d'argent ou de bronze les déclarations faites sur la défense des droits de l'Homme. Que diable, pourquoi gâcher une si belle fête ? Pourquoi mettre en évidence qu'aucun des engagements n'a été tenu ? Pourquoi rappeler tous les propos lénifiants ou tonitruants qui ont permis de justifier des cautions morales désormais bien dérisoires ?
Les droits de l'homme n'auront pas toujours été à la fête à l'occasion de ces Jeux. Comme on pouvait le redouter, les autorités chinoises ont réussi à verrouiller toute tentative de transmettre un message différent du discours officiel. Avec subtilité, mais avec une volonté farouche d'ensevelir la moindre voix dissonante sous des tonnes de bonnes résolutions. Dans la mesure où la cérémonie d'ouverture était passée, et formidablement bien passée, avec la présence de chefs d'état ayant beaucoup promis mais sans agir, plus  rien ne pouvait arrêter le rouleau compresseur des compétitions, qui écrasait dans les faits les rares contestations. Les dissidents chinois n'ont pas existé. Même si elles affirment le contraire, les autorités ont contraint les dissidents au silence, et plusieurs d'entre eux ont été interpellés dès le mois de juillet. D'autres ont été obligés de quitter Pékin, ils ont regardé les J.O. dans un village oublié... et ils y méditeront sur le soutien apporté par les politiques européens.

UN VERROU INCONTESTABLE
On est par exemple sans nouvelles de la femme de Hu Jia, lui-même condamné à plus de trois ans de prison pour ses écrits sur les Jeux. Deux Chinoises, expulsées de leurs logements, qui avaient demandé l'autorisation de manifester dans les espaces réservés à cet usage, ont aussitôt été condamnées à un an de rééducation par le travail. Il n'y a pas eu la moindre goutte qui ait réussi à perler à travers le couvercle mis sur la déjà très faible marmite de la contestation. Du côté des étrangers, à peine plus d'une dizaine d'opérations ont été menées, surtout de la part de l'organisation d'étudiants américains « pour un Tibet libre ».
Quelques dizaines d'activistes ont été interpellés et remis dans l'avion, après avoir déployé des banderoles ou des drapeaux tibétains, sans que cela ait eu un véritable impact sur les Jeux. Ils sont rentrés sans médaille et avec le sentiment d'avoir été abandonnés par tous ceux qui avaient pourtant assuré qu'ils exigeraient la liberté d'expression. Pour l'ancien numéro 2 chinois, Bao Tong, limogé et emprisonné en 1989 pour avoir pris la défense des étudiants de Tienamen, « rien n'a changé. Une médaille pour les droits de l'homme aurait été, dit-il, plus importante que toutes les médailles d'or. »
Complices par intérêt personnel ou collectif, les responsables du Comité Olympique international vont souffler sur la flamme pour qu'elle s'éteigne le plus vite possible. Leur couardise permanente va les conduire à ne retenir qu'il n'y a pas eu d'incidents, que les caisses sont pleines et qu'ils ont échappé à leurs responsabilités historiques. Ils vont quitter le cœur léger « Beijing » avec le sentiment du devoir accompli !

CA NE NOUS REGARDE PAS
A quelques heures de la cérémonie de clôture des JO de Pékin, Reporters sans frontières (RSF) dénonce "le cynisme des autorités chinoises" et l'incapacité du CIO à faire respecter la Charte olympique. Mais personne ne s'en soucie puisque les communiqués triomphaux ne parleront que de bilan positif. Que pèsent dans la balance politique des J.O. 22 journalistes étrangers « agressés, interpellés ou entravés dans leur travail. » Dans le fond ils l'ont bien cherché car l'essentiel pour eux c'était ce qui se déroulait dans les stades, les gymnases, les tatamis, les rings ou les plans d'eau. Il fallait qu'ils fassent leur cette formule extraite d'un sketch des Inconnus sur le journalismes sportifs : « mais ça ne nous regarde pas ! » . Que pèse par rapport à la valeur médiatique marchande de Phelps, Bolt au moins 50 militants des droits de l'homme pékinois placés en résidence surveillée, harcelés ou contraints de quitter la capitale et au moins 15 citoyens chinois arrêtés pour avoir simplement demandé le droit de manifester.
Robert Ménard a tout tenté pour faire entendre une autre voix, en ne s'étonnant pas des mensonges permanents chinois avant, pendant et après les jeux. Il est parfaitement lucide lorsqu'il évoque le silence du Comité Olympique et ses raisons : « L'an prochain, en 2009, il y aura une réélection du président du CIO. Comment voter pour Jacques Rogge, comment imaginer qu'on puisse réélire à la tête du CIO quelqu'un qui aura montré une lâcheté et une couardise sans comparaison depuis sept ans ». Le pauvre il ne se souvient plus que la corruption a régné au sein même du CIO et que l'élection du Président sera faite pour... bons et loyaux services rendus à la Chine et à d'autres pays (dont la France) dont il aura légitimé les actes durant cette période.
Encore moins tendre avec les dirigeants occidentaux, il balance avec son franc-parler qui en fait pour l'instant le seul véritable opposant à l'opinion dominante pro-J.O. : « Les Japonais, Bush, Sarkozy, ils ont tous perdu leur honneur de démocrates dans cette affaire ». Mais étaient-ils véritablement soucieux de leur honneur ? Ne pensaient-ils pas « accords commerciaux », « stratégie internationale », « cours du yuan » ? Pour le président de RSF, « Sarkozy est devenu le champion du retournement de veste ». Le Président de RSF  ajoute: « l'argent conduit vraiment à l'aveuglement, je suis sûr que notre président ne ramènera pas une seule part de marché ». Mais il n'a pas encore compris que toute ne repose sur des « images » et des « effets d'annonce » !

LE GRAIN DE SABLE
La France obtiendra donc une huitième médaille d'or celle des faux culs pour la visite du Dalaï Lama. Cette course effréné à la photo finish pour arracher l'ultime écharpe blanche délivrée par sa Sainteté aura été pitoyable. Elle mérite amplement une place sur le podium tant elle aura été remarquable de la lâcheté que haïssent d'ailleurs les Chinois. On sait qu'ils ne sont pas dupes de ce type de comportement car ils savent bien qu'ils ne traduisent qu'une irresponsabilité française. L'exploitation du passage de celui qui prétend incarner le Tibet démocratique aura été honteuse mais révélatrice de la faiblesse d'un pouvoir aux abois. Rien n'a été obtenu des Chinois, à part leur dédain pour nos gesticulations médiatico-politiques.
L'esclandre de Cohn-Bendit au Parlement européen avait secoué la torpeur mais comme à son habitude le parlementaire vert a vite baissé pavillon quand on lui a proposé une récupération dans les ors de la république. J'espère que dès ce soir, il va faire une grande déclaration, les sanglots dans la voix, pour réclamer à Nicolas Sarkozy le sort qui a été réservé à sa fameuse liste des dissidents à libérer. Bizarre depuis le retour de son voyage éclair avec ses potes à Pékin pour l'ouverture des Jeux (aux frais de la République), le Président n'en a jamais reparlé. Les Chinois lui ont déjà répondu tellement il a dû insister pour, qu'avant l'extinction de la flamme, Pékin agisse car, dans une dizaine d'heures, ce sera trop tard ! Tant pis pour eux ! ils croupiront dans une prison ou un village d'exIL; Cohn Bendit va-t-il demander des comptes ? Qui l'entendra ? Qui se souciera de cette mascarade demain matin?
Robert Ménard continue, pour sa part, à faire preuve de lucidité concernant les actions menées dans la solitude par RSF, qu'il qualifie de « semi-échec étant donné que personnes n'a été libéré ». En fait nous savons à l'issue des ces J.O. que sommes devenus un grain de sable à l'échelle planétaire. L'important était de participer mais nous n'avons même pas su le faire. Certes c'est aller à contre courant de ne pas sauter au plafond avec des médailles au cou. J'en ai conscience. Comme la Chine a pris le contrôle du monde il vaut mieux ne pas se trouver sur la liste des dissidents contestant l'euphorie générale : je serai tôt ou trad sur une liste et je demanderai aux Chinois de venir me libérer!
Mais je déblogue...,

Repost 0
Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
commenter cet article
23 août 2008 6 23 /08 /août /2008 10:43

Les journaux télévisés du soir vont reprendre leur rythme de croisière en faveur du modelage d'une opinion dominante. Ils apportent aux Françaises et aux Français peu curieux plus de 80 % de leur « information » et décident donc, selon leur choix, des orientations de la majorité d'entre eux. Il se trouve qu'en 1983 (oui je sais, c'est une autre époque), j'ai effectué un stage de journalisme au sein de la rédaction sportive de ce qui s'appelait alors Antenne 2. J'ai donc eu le privilège, en doublon avec Roger Zabel, de participer aux conférences de rédaction déterminant la hiérarchisation du JT que présentait alors... PPDA ! Ah ! si l'on pouvait un jour filmer, en caméra cachée, un tel moment de vérité et ensuite la diffuser sur les antennes, à un moment de grande écoute, sous la forme d'un documentaire, bien des gens prendraient enfin conscience de la réalité des choix faits par quelques responsables de l'ombre.
 Impossible de rester insensible à cet équilibre instable qui est installé entre éthique et nécessité d'audience, entre peur des représailles et volonté de fouiller les sujets, entre reportages et prêts à diffuser... Chaque matin, le combat a lieu entre différents « courants » qui traversent forcément les équipes. Quand on a été spectateur de ces temps forts, on n'a plus envie de croire dans un système ayant de moins en moins d'indépendance.
Pourtant, à partir de lundi soir, le paysage audiovisuel va changer puisque les profits de TF1 sont en berne. Le CAC 40 se moque bien du contenu informatif des 20 heures. Il surveille l'audimat, qui déteint sur les tarifs des écrans de publicité précédant et succédant à une séquence aussi importante que celle du Jité. Poivre d'Arvor a donc été prié d'intellectualiser ailleurs, alors qu'il se croyait intouchable ! Alors qu'il avait établi, avec la venue de Nicolas Sarkozy sur son plateau, le 29 novembre 2007, un record absolu d'audience, avec 12 072 000 téléspectateurs. Ce jour-là, il a cependant signé son arrêt de mort, en persiflant sur l'arrivée sur la scène internationale du meilleur ami de son patron. Il s'est cru intouchable, alors que si la gauche n'avait jamais pu faire quelque chose contre lui, il a suffi d'un vœu élyséen pour qu'il dégage le décor. Ses remplaçants estivaux ont même démontré qu'il n'était plus indispensable sur le créneau de l'information-sensation pouvant captiver un auditoire passionné, comme ces dernières semaines, par un crime horrible, et par quelques « pipoleries » diverses.
Premier constat des audiences estivales : plus que jamais, le JT de TF1 est le pilier principal de la première chaîne de France. De tous les programmes diffusés par la Une, non seulement il demeure le plus regardé, mais il creuse l'écart. Prenons par exemple, la journée du 15 août : TF1 fait un "petit" 25,8 % de part d'audience en moyenne. Le JT de 20 heures culmine, ce soir-là, à 38,7 %. Soit treize points au-dessus de la moyenne. Ceci est tout à fait propre à TF1. Sur France 2, ce phénomène n'existe pas. En part d'audience, le JT de la Deux - qui oscille entre 20 et 22 % de part d'audience - est largement devancé, en temps ordinaire, par Télé Matin de William Leymergie ou, en ce moment, par les JO de Pékin, diffusés l'après-midi, environ 27 %. La France geint de temps en temps sur les tromperies de l'information, mais continue massivement à les faire vivre.
SEULEMENT UN MARCHE
L'expression Part de marché (PDM) et l'expression part d'audience( PDA) sont synonymes, ce qui dénote une vision très mercantile de ce système médiatique : un téléspectateur passif, présent devant son écran, suffit au bonheur des patrons d'une chaîne. Il s'agit de la part que représente le volume d'écoute d'un média (chaîne de télé, station de radio...) dans le volume d'écoute global. La part de marché d'une émission se calculera en faisant le rapport suivant : nombre moyen de spectateurs devant le programme divisé par le nombre moyen de spectateurs devant le média pendant le même moment.
Ce calcul est valable aussi bien pour une émission de télé-réalité que pour... un journal d'informations, et la tendance est inéluctable de voir le fonctionnement de l'un rejoindre le fonctionnement de l'autre, puisque l'objectif est le même. Et c'est là que se situe le problème : l'information est devenu un spectacle, et elle est régie par exactement les mêmes principes. Plus aucun reportage télévisé qui ne découle d'un choix rédactionnel préalable, avec éventuellement mise en scène, répétitions, décor et même un bis si le sujet est bon. Il faut réaliser des parts de marché, et donc en donner pour leur bonne volonté à celles et ceux qui regardent.
L'actualité a, par exemple, tourné durant des semaines au vaudeville avec portes dorées qui claquent, mari trompé, nouvelle épouse et dépenses inconsidérées. Ce fut un échec. Qu'à cela ne tienne, on passe à la tragédie, avec la responsabilité qui pèse sur les frêles épaules d'un Cid Campeador obligé de se battre contre les envahisseurs maures. On peut aussi faire dans la comédie avec, côté jardin, les anciens ennemis intimes de hier qui se rabibochent sur le dos de ceux qui font passer leurs idées avant tout le reste. Et on pourrait décliner en permanence, sur cette base, les dix ou onze sujets quotidiens d'un 20 heures. En plus, il faut une vedette en tête d'affiche. On ne vend pas une bonne pièce de théâtre quotidienne sans un grand nom, correspondant à la mode du moment et nanti d'une notoriété préalable.
LA VEDETTE ARRIVE
Lundi soir, l'Olympia du Jité de TF1 va changer de vedette. Le pari est osé. Laurence Ferrari, dont l'arrivée est déjà ultra-médiatisée à la présentation du journal de TF1, a expliqué à l'AFP qu'elle ne voulait pas   «révolutionner » mais faire des « changements progressifs » dans ce JT, qu'elle dit aborder « concentrée », et en toute humilité. La journaliste de 42 ans, fille de l'ancien député-maire UDF d'Aix les Bains, Gratien Ferrari, elle est passée par le Figaro Magazine, et les annexes d'Europe n°1. Elle oscille en permanence entre le rôle d'animatrice et celui de présentatrice, puisque, pour ma part, je ne considèrerai jamais que celui qui apparaît à 20 heures dans une étrange lucarne effectue un travail profond de journaliste. C'est un peu comme ces grands chefs de cuisine qui se contentent de soigner la présentation d'un plat préparé par des dizaines de marmitons spécialisés. C'est l'ambiguïté de ce métier de journaliste, puisque à l'écrit la signature responsabilise celui qui délivre une information, alors qu'au 20 heures l'assembleur n'apparaît jamais comme susceptible d'être mis en cause pour les contenus qu'il met en valeur. Récemment, on a constaté que les pires erreurs peuvent être avalées par un auditoire captivé par le spectacle. Ainsi un soir , en toute fin du journal de 20 h, l'envoyée spéciale de TF1 dans la Drôme, département où se déroulaient les recherches pour retrouver le garçonnet disparu, avait indiqué que Louis avait été retrouvé, mort. « Je viens d'apprendre de façon officieuse mais malheureusement sans doute certaine, que le petit Louis vient d'être retrouvé, et il semble qu'il ne soit plus en vie », avait annoncé l'envoyée spéciale. Quelques minutes plus tard, la chaîne avait diffusé un déroulant lors de l'émission "Koh-Lanta" pour rectifier son erreur et annoncer que l'enfant avait été retrouvé vivant. Rappelons que fin avril, Europe 1 avait annoncé, là aussi de manière erronée, la mort de l'animateur Pascal Sevran, qui était alors très malade. Pascal Sevran est décédé début mai. Le président de la station, Jean-Pierre Elkabbach, avait été remplacé à son poste quelques semaines plus tard, mais Europe 1 avait indiqué qu'il n'y avait pas de lien entre ces deux événements. A TF1, le rédacteur en chef... était occupé à visionner un reportage et donc il n'est surtout pas coupable, d'autant que l'audimat ce soir là avait été extrêmement satisfaisant. Que dire sur cette passivité citoyenne ?
DES PRINCIPES SIMILAIRES
En fait, la présentation de l'actualité moderne emprunte simplement les principes de la tragédie classique. L'unité de temps : la durée de l'histoire ne doit pas dépasser 24 heures. L'idéal est que la durée de l'histoire coïncide avec la durée du spectacle (demi-heure environ), mais comme c'est rarement réalisable, on admettait qu'elle s'étende sur une journée. Au-delà, le décalage était trop grand et devenait préjudiciable à la vraisemblance.
L'unité de lieu : le lieu devait être un lieu unique durant toute la pièce (pas de changements de lieu, donc pas de changements de décors). Les auteurs tragiques situent donc leur histoire dans un lieu qui peut être traversé par n'importe qui (le Roi mais aussi les valets, les confidents...) : il s'agit souvent de manière générale, du palais ou de l'antichambre. L'unité d'action : elle n'est pas synonyme d'action simple, mais implique que tous les fils de l'intrigue soient fortement tissés, et que toute action (ou parole) d'un personnage ait une conséquence sur les autres. C'est donc un principe de cohérence : rien n'est gratuit, rien n'est superflu : tout est calculé ! Le journal télévisé prétend aussi remplir une fonction morale, conforme ainsi au principe d'Aristote appelé la catharsis. En montrant les conséquences ultimes et catastrophiques des passions, le jité purge l'âme du spectateur de ces mêmes passions et l'incite à ne pas imiter les héros tragiques. Le théâtre rendrait ainsi les hommes meilleurs... comme on l'a constaté avec le drame intervenu en Afghanistan où, véritablement, on a atteint les sommets de la ressemblance entre la tragédie et le journal télévisé. Quel flot de principes moraux ! mais que les faits ont été véritablement occultés ! Ainsi va la vie médiatique, et lundi, Laurence Ferrari prend place sur le devant de la scène. Le monde en sera meilleur.
Mais je déblogue...

Repost 0
Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
commenter cet article
22 août 2008 5 22 /08 /août /2008 07:35

Le monde politique est en décomposition totale, et c'est certainement une menace grave pour la démocratie. Parmi les habitudes qui discréditent le système aux yeux des citoyennes et des citoyens, peu regardants sur les différences entre un camp et l'autre il y a celle, catastrophique, de l'autosatisfaction. En décalage total, parfois, avec le ressenti des « gens », elle se pratique avec la complicité dramatique d'un monde médiatique peu curieux sur les effets réels de cette tendance à ne plus parler vrai. Pas une seule réforme gouvernementale, si l'on en croit les ministres de tous bords, qui n'ait débouché sur un triomphe. Il faut d'ailleurs les poursuivre, les multiplier, les accentuer, de telle manière que les succès économiques évidents, enregistrés par la droite depuis maintenant 6 ans et notamment depuis 18 mois, soient inscrits au Guiness des records !
La Marseillaise n'a plus lieu d'être. Elle doit absolument être remplacée, après chaque intervention ministérielle, par le fameux tube de Ray Ventura et ses collégiens : « Tout va très bien Madame la Marquise ! ». La mort de « la jument grise », « l'incendie qui détruit l'écurie », « le château est en flammes », « monsieur le Marquis s'est suicidé », mais le valet continuera à affirmer que tout va très bien ! Tout le monde peut le constater : avez-vous entendu un seul Ministre sarkoziste effectuer une analyse objective de la situation ? Au contraire, tous ne cessent de convoquer la presse pour lui asséner des vérités en prêt à porter, qu'elle se contentera de transmettre avec la délectation de ceux qui sont nourris sans efforts.
Hier, on a eu la preuve flagrante de ce décalage extraordinaire entre la réalité sociale et l'appréciation suffisante que fait la Marquise Christine Lagarde des mesures prises en faveur du pouvoir d'achat. C'en est tellement comique que plus personne n'a confiance en une affirmation gouvernementale et, par ricochet, en une critique de l'opposition. Le problème, c'est en effet que ces facéties finissent par laisser indifférents les femmes et les hommes occupés à... régler les difficultés de leur quotidien. Et quand les gens plongent dans l'indifférence, tous les dangers peuvent surgir.
Madame la Marquise de Lagarde a réussi un numéro exceptionnel hier, en expliquant aux salariés qui triment, aux petits retraités n'ayant parfois les moyens que d'un repas par jour, aux fonctionnaires trucidés en série, aux jeunes qui rament, aux personnes sans logement, que le « paquet fiscal » avait eu un effet bénéfique sur... leur pouvoir d'achat ! Elle a même des évaluations de son ministère qui le démontrent ! Tous les indices plongent dans le rouge, et jamais la très grande majorité du pays n'a autant douté de son avenir. Et cette belle dame, qui n'a pas un seul chiffre positif à son actif (en dehors de l'inflation !), lui annonce qu'elle a bien de la chance puisque les cadeaux faits aux nantis ont amélioré son triste sort. Si ce n'est pas une illustration du principe voulant qu'il faille dire du bien de soi dans la mesure où les autres se chargeront de dire du mal !
QUELLE CROISSANCE ?
Heures supplémentaires, crédit d'impôt sur les intérêts d'emprunt, bouclier fiscal à 50% : un an après son entrée en vigueur, la loi Tepa a permis de limiter le ralentissement de la croissance, selon la Marquise. Ouf ! on imagine ce qu'aurait pu être notre situation si le bouclier fiscal n'avait pas été voté ! Tenez, nous serions en récession ! Votée l'été dernier, la loi Travail, emploi, pouvoir d'achat, communément appelée « paquet fiscal », devait créer un « choc de confiance et de croissance » et apporter à la France 0,3 point de croissance. Le choc a eu lieu. Aucun problème. Mais pas dans le sens prévu : baisse constante de la cote de popularité présidentielle, effondrement du moral des ménages et des chefs d'entreprises, effets d'annonce sur la croissance démentis par les faits, balance commerciale dramatiquement déficitaire, trou croissant dans l'équilibre budgétaire : braves gens vous n'avez rien compris, reprenez en chœur « Tout va très bien Madame la Marquise ! »
Cette loi, « adoptée au moment précis où la crise financière internationale produisait ses premiers effets (...) a ainsi largement atténué les conséquences du ralentissement économique ». Un véritable trait de génie présidentiel, qui nous a sauvés du désastre que... connaissent tous les autres pays ! Pour s'en convaincre, il suffit d'ailleurs de « croire » dans le sarkozysme comme les croyants croient dans les vertus de l'eau de Lourdes pour soigner leur tétraplégie !
MOINS PIRE QUE LE PIRE PREVU
La marquise de Lagarde a simplement déclaré qu'elle n'était « pas déçue » par les effets de la loi Tepa, ajoutant qu'il n'est « pas question » de réviser les prévisions de croissance. « Je ne suis pas déçue. Si on n'avait pas injecté ces 7,7 milliards d'euros dans l'économie (laquelle ? Celle des plus nantis du pays ?) on serait moins bien ». Remarquez bien que personne ne sait si elle aurait le courage politique de reconnaître un seul échec. Elle ne cesse de se prendre des claques par ses propres « statistiques » et d'être la cible des autres pays européens, mais c'est amoral puisqu'elle a réussi à ce que « le pire actuel soit moins pire que le pire potentiel ».
La Marquise, s'est surtout réjouie du bilan des heures supplémentaires exonérées et défiscalisées : « plus 40% au premier trimestre 2008 par rapport au premier trimestre 2007, c'est clairement un succès qui résiste même à une croissance ralentie », a-t-elle lancé. Dommage que l'association nationale des URSSAF, qui justement pourrait justifier ces effets mirobolants, ait précisé ne pas être en mesure, à partir des déclarations des entreprises, de chiffrer le nombre de salariés faisant des heures supplémentaires.
Dommage pour l'autosatisfaction, car il faut ajouter que d'autres « hérétiques » encore plus circonspects, soulignent que les entreprises ont pu transformer des primes ou hausses de salaires en heures supplémentaires pour payer moins de charges. Des heures, autrefois effectuées au noir, auraient également pu être blanchies. Il y a même un « sorcier » anti-sarkozyste, et même pas socialiste, qui a osé prétendre que "si une heure supplémentaire travaillée rapporte un peu plus qu'avant, cela coûte aussi plus cher à l'Etat ». Mais où va-t-on si certains passent leur temps à détourner le miroir servant à répondre à la question : « Miroir, mon beau miroir, peux-tu me dire qu'elle est la meilleure de ce gouvernement ? » En supposant que le dispositif apporte 0,2 point de Produit intérieur brut supplémentaire, il creuse donc le déficit d'autant, a calculé bêtement un « valet » spécialisé en économie réelle ! Mais bien évidemment, on se contente de présenter le rapport putatif, mais absolument pas le coût constaté !
A QUI PROFITE LE CRIME ?
Quant aux autres mesures, Madame la Marquise a oublié de rappeler qu'elles bénéficient principalement aux plus aisés, dont la propension à consommer est justement la plus faible, et que la quasi-totalité d'entre eux a épargné ou tenté d'effectuer des profits financiers encore plus grands. Le bouclier fiscal à 50% a certes coûté cette année moins cher que prévu : quelque 213 millions d'euros ont été reversés au premier semestre, alors que son impact budgétaire était chiffré à 600 millions d'euros. Pour Bercy, c'est la preuve que la loi Tepa n'était pas « un cadeau aux riches, mais un effort budgétaire devant profiter à tous », sauf que personne ne donne la seule statistique intéressante : la strate des revenus ayant bénéficié de cette remise gracieuse ! Seuls...2398 contribuables sur des millions ont ainsi bénéficié de cette restitution. 2398 contribuables qui se partagent 121 107 041 euros, et ont donc évité, par leur générosité dans les investissements, la décadence économique de la France. Qui peut croire ça ?
Madame la Marquise a vanté aussi la superbe réussite qu'aura été la déduction des intérêts d'emprunts immobiliers, qui a bénéficié à 320.000 foyers de mai 2007 à fin décembre 2007. Cette mesure a été prise au moment où le cycle immobilier a commencé à se retourner, et les économies réalisées par les ménages ont donc été annulées par la hausse des taux d'intérêt progressifs qu'ils avaient accepté, à une époque de faible inflation. Résultat nul ou presque nul pour le pouvoir d'achat.
Selon Bercy, la loi Tepa représente en 2008 un investissement de 7,7 milliards d'euros, soit moins que les 10 milliards prévus l'an dernier. En fait, le gouvernement ne peut pas reconnaître et ne reconnaîtra jamais qu'il a grillé dans un seul texte toutes ses munitions pour faire face à la crise latente. Par pure idéologie, par volonté présidentielle, par orgueil, par volonté de remercier son électorat élitiste, le président a brûlé d'entrée ses marges de manœuvre.
Allez reprenez avec moi en chœur et réconciliez-vous avec la vraie politique :
« Bien ! Voila, Madame la Marquise,
Apprenant qu'il était ruiné,
A pein' fut-il rev'nu de sa surprise
Que M'sieur l'Marquis s'est suicidé,
Et c'est en ramassant la pell'
Qu'il renversa tout's les chandelles,
Mettant le feu à tout l'château
Qui s'consuma de bas en haut ;
Le vent soufflant sur l'incendie,
Le propagea sur l'écurie,
Et c'est ainsi qu'en un moment
On vit périr votre jument !
Mais, à part ça, Madame la Marquise,
Tout va très bien, tout va très bien... »

Mais je déblogue...

Repost 0
Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
commenter cet article
21 août 2008 4 21 /08 /août /2008 07:51

Impossible que le syndrome de Big Brother ne vous rattrape pas un jour. De toutes les manières, même si vous courez vite et que vous avez l'impression d'être au bout du monde, vous n'échappez jamais à celui qui veut tout savoir de vous. La situation est angoissante car, en plus, la filature s'exerce à votre insu et sur tous les terrains, sans aucune autre autorisation que celle que vous avez vous-même donnée. Utiliser un téléphone mobile, une carte de péage d'autoroute, un ordinateur connecté sur internet, une carte bancaire, un GPS... contribue à votre traçabilité citoyenne. N'importe quel organisme officiel ou officieux sait à tout moment où se trouve, s'il en éprouve le souhait, n'importe quel utilisateur de ces outils électroniques du XXI° siècle. Dans une journée, vous semez derrière vous des indices permettant de reconstituer vos choix (caisse d'un supermarché pour vos achats), votre parcours (autoroutes ou GPS), vos conversations (mobile). En fait, tout ce que la société présente comme des outils libératoires ne sont que des chaînes supplémentaires, nous rendant esclaves d'un pouvoir de moins en moins respectueux de l'indépendance individuelle, au nom de la sécurité collective.
Par exemple, un éditeur thaïlandais met en vente FlexiSpy, un logiciel proposé par l'éditeur Vervata, présenté comme un petit programme inoffensif, qui doit être « consciemment installé et paramétré par un utilisateur pour fonctionner ». Seulement, rien ne vous empêche d'installer ce détective privé sur un téléphone portable, avant d'offrir ce dernier à un proche ou à un employé. Une fois en planque, FlexiSpy opère de la manière suivante : il enregistre dans un fichier l'historique des communications téléphoniques passées par le propriétaire du mobile, reçues ou envoyées, ainsi que les adresses url des sites visités. Une fois le ventre plein, il transfère ces données au serveur spécialisé sur lequel vous n'avez plus qu'à vous connecter - via login et mot de passe - pour prendre connaissance des faits et gestes du propriétaire.  Mais Vervata ne compte pas s'arrêter en si bon chemin. Une seconde mouture de FlexiSpy est en préparation, qui verra l'extension de la surveillance aux MMS ainsi qu'aux courriels, et vous permettra d'écouter furtivement, et en direct, les communications passées depuis le téléphone piégé. En vente sur Internet prochainement, et... utilisable par n'importe qui en quelques minutes.
Il existe même sur le marché un téléphone espion facile à placer. Il s'agit d'un mobile Nokia modifié, qui permet d'espionner tout ce qui se passe autour du mobile, sans que personne ne s'en rende compte ! Le Nokia 3310 vous permet d'espionner occasionnellement diverses personnes. Dans ce cas, vous faites semblant d'oublier votre mobile espion dans un endroit quelconque (bureau, chambre, voiture...). Lorsque vous appelez sur le portable, celui-ci va décrocher automatiquement sans sonner, sans vibrer, sans clignoter, et personne ne se doutera de rien, puisque le mobile n'aura, en apparence, aucune réaction ! Et une fois l'espionnage terminé, vous raccrochez tout simplement ! Aussi simple dans un cas que dans l'autre. Il se murmure même que, si votre portable est éteint, des spécialistes peuvent, à distance, l'activer pour entendre vos conversations hors temps de connexion ! En fait, il ne faut surtout pas parler de choses confidentielles devant son téléphone !
BRACELETS EN OR
La nouvelle trouvaille réside dans l'utilisation, hors système judiciaire, du bracelet électronique. On vient d'imaginer que l'on pourrait l'utiliser pour des malades, des bébés, des personnes à surveiller de tous ordres. Dans une maternité jusqu'ici sans histoire, la géolocalisation des nouveau-nés a fait son entrée, il y a déjà un an. Équipés d'un bracelet électronique, les bébés peuvent être localisés à tout instant par le personnel soignant. Dès qu'un nourrisson s'éloigne du périmètre de la maternité, l'ordinateur central déclenche une alarme... L'objectif est véritablement simple : prévenir tout risque d'enlèvement. Une dérive pour le moins discutable du principe de précaution. Alors que 600 naissances ont été enregistrées depuis la mise en place du bracelet, moins d'une dizaine de familles ont refusé l'offre de coller au pied de leur progéniture un mouchard électronique.
En Grande Bretagne, les bracelets sont proposés dans de nombreuses situations. Et, dans le fond, rien n'empêche quelqu'un qui en a les moyens de s'offrir un outil de ce genre, fabriqué pour ceux qui y sont acquis, en France, en Israël... Pour vous rassurer,  vous pourrez bientôt mettre un tel objet, frappé du logo d'une marque chic, à votre enfant, pour savoir s'il est au collège, avec qui il sort, quel chemin il emprunte et surtout s'il s'absente sans votre consentement. Finie l'école buissonnière et les cours séchés : le bracelet veillera. Bien évidemment, c'est une pure vue d'un esprit mal tourné, et vous pensez bien que ce type de comportement n'existera jamais. Pourtant, même en maternelle, on en est arrivé à voir des bambins qui viennent en classe avec leur mobile... et le règlement des écoles doit préciser l'interdiction d'utiliser ce type de téléphone durant le temps scolaire, mais ne peut pas interdire de l'amener dans son cartable.
 L'adhésion des familles au dispositif bracelet dans les maternités donne un signe fort de ce qui attend, en effet, les futures générations. Elle a été largement à la hauteur des espérances des promoteurs de cette utilisation. L'hôpital a récemment reçu une plainte de parents s'indignant que leur enfant se soit vu retirer son bracelet toute une journée pour maintenance informatique. « À ce moment-là, j'ai réalisé que pour certaines familles, la géolocalisation de leur enfant constituait désormais un droit », constate un responsable de l'établissement pilote. La paranoïa d'une société obsédée par le risque zéro va causer des ravages pour les libertés individuelles. Pourquoi ne pas le demander pour sa femme, son mari, son ouvrier, son chauffeur, sa femme de ménage ?
SUIVIS A LA TRACE
Ce n'est pas plus rassurant avec les abus d'utilisation du GPS. Le « Zoombak » est fait pour n'importe quelle personne susceptible de vouloir connaître les déplacements d'une cible. Il remplace avantageusement le détective privé, qui risque de se faire repérer. Le Zoombak est une sorte de GPS permettant de localiser son chien ou sa voiture via une carte en ligne. La nouveauté : l'entreprise offre désormais un service de localisation à la demande, Mobile Location Request, moyennant un abonnement mensuel. Après avoir glissé subrepticement le Zoombak au fond d'un sac, et déterminé un périmètre sur votre carte en ligne, vous serez averti, par email ou SMS, toutes les fois où "votre chose" quittera la zone définie. Ce service ne fonctionne pas hors Etats-Unis. Ouf ! Mais pour combien de temps...?
A Pékin, cité de la démocratie triomphante depuis que notre Président a déposé la liste des prisonniers politiques à libérer (mais au fait pourquoi les médias libres ne nous disent-ils pas combien ont été libérés ?), on a déjà appliqué le système. L'ensemble des 70.000 taxis de Pékin ont été équipés, durant les trois dernières années, d'un appareil permettant d'écouter à distance les conversations des passagers. Le dispositif consiste en un simple microphone, ostensiblement installé à côté du volant, et relié à un système de localisation par satellite, dans le but officiel d'assurer la sécurité des conducteurs. Mais, selon le quotidien américain, l'appareil peut être déclenché à distance sans même que le chauffeur s'en rendre compte. Tant pis pour les pro-Tibet qui auraient la langue trop longue !
L'INQUIETUDE DE LA CNIL
Pour Alex Türk, Président de la Commission nationale de l'informatique et des libertés, le bracelet électronique, comme les autres techniques de géolocalisation des personnes et des biens marque « véritablement un changement de civilisation puisque, d'une certaine manière, il n'existe plus de droit à l'oubli. On se réveillera un jour en se demandant : quelle société a-t-on fabriqué? », prédit-il, observant qu'il revient à la CNIL de « mettre en garde contre les dérives potentielles », mais pas de les empêcher, puisqu'elle n'a pas de pouvoir réglementaire. Le président de la Commission nationale de l'informatique et des libertés s'inquiète de l'usage que l'on peut faire du bracelet électronique: « le double traçage dans le temps et dans l'espace » que permet cette technique constitue, « en matière de liberté individuelle, l'une des évolutions les plus dangereuses de nos sociétés », estime Alex Türk, en soulignant que la CNIL n'a pas les moyens juridiques de s'opposer à de telles évolutions. Ce Türk qui fut Ump est très fort !
Invité à se prononcer sur l'usage du bracelet électronique dans des maternités et les services prenant en charge des malades d'Alzheimer, il considère que le bénéfice de cette technique « semble bien maigre » dans le cas des maternités. « On s'abandonne ainsi à l'idée que la technologie peut remplacer la surveillance humaine. Que se passe-t-il si le système ne fonctionne pas? », s'interroge-t-il, dans un entretien au journal La Croix de ce matin.
Pour ce qui est du recours au bracelet pour les personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer, Alex Türk juge le cas encore plus complexe. Si son usage « ne doit pas être l'occasion de desserrer les liens », la technologie « peut venir en aide aux familles et aux soignants » remarque-t-il. Tout est, en fait, une question de seuil, de limite. Tout dépend de l'usage que l'on fait du bracelet, « l'information et le consentement libre et éclairé constituent une condition sine qua non de l'utilisation » de ce dispositif. Tenez, je propose qu'à l'école maternelle on mette un bracelet à tous les élèves, et que l'on remplace les enseignants par... une employée municipale qui surveille leurs déplacements sur un écran de contrôle. Ca coûterait moins cher, et les parents seraient rassurés. C'est essentiel pour la réussite scolaire !
Mais je déblogue...

Repost 0
Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
commenter cet article
20 août 2008 3 20 /08 /août /2008 13:41

Chaque fois qu'il a rencontré son ami pour quelques mois encore, George W. Bush, le Président de la République française s'est senti obligé de faire du suivisme, afin de démontrer qu'il appartenait aux « grands » de ce monde. Ce choix politique, car il s'agit bel et bien d'un choix politique, a conduit la France à intégrer le dispositif de première ligne de l'OTAN, et donc à participer avec beaucoup plus de moyens aux dispositifs en place sur divers théâtres d'opérations militaires. Ces prises de position consistant à annoncer aux responsables américains que notre armée, en piteux état sur le plan matériel, allait accroître sa présence en Afghanistan, alors que quelques semaines plus tard, il fallait annoncer qu'elle n'avait même plus les moyens de maintenir son niveau de présence sur le territoire national. Tous les analystes objectifs avaient à ce moment-là prédit que l'envoi d'un contingent supplémentaire de quelques centaines d'hommes constituait une erreur, dans la mesure où personne ne savait trop si nous avions les disponibilités humaines. Annoncer des milliers de suppressions de postes, des réductions de crédits d'équipement drastiques colle mal avec une volonté démonstrative de jouer dans la cour des grandes puissances. Le niveau des différents engagements (Liban, Côte d'Ivoire, Tchad, partiellement Afghanistan...) suffisait amplement aux possibilités qui sont les nôtres. En effet, bien des casernes sont vides, en raison des indispensables rotations sur les lieux d'intervention et, surtout, les matériels s'avèrent très insuffisants.
Dès le lendemain du 11 Septembre 2001, la France avait suivi les États-Unis dans sa chasse aux talibans et à Al-Qaida. D'abord, avec son aviation puis, dès 2002, avec ses troupes au sol. Elle a hérité du contrôle alterné de Kaboul, la capitale. Une zone stratégique, mais pas la plus dangereuse. La France, qui participe aux frappes aériennes, est aussi chargée de la formation des officiers et forces spéciales de l'armée afghane, ainsi que du déminage du secteur. La décision, prise ce printemps par Nicolas Sarkozy, d'envoyer 700 hommes supplémentaires, porte à 2 600 le nombre de Français qui seront sur place d'ici la fin du mois. Ces renforts ont été envoyés dans la province de Kapisa, au nord-est de la capitale, pour prendre le relais des Américains. La France vient aussi de reprendre le commandement de Kaboul, qu'elle partage avec l'Italie et la Turquie, et où elle compte aujourd'hui 1 400 hommes. Une lourde responsabilité dans un contexte où les talibans, alimentés par des combattants venus de l'extérieur, reprennent l'offensive avec un soutien plus ou moins grand de la population de certaines provinces.
UNE ATTAQUE TRES INQUIETANTE
Pour masquer la faiblesse pathétique des moyens engagés par l'armée française en Afghanistan, et surtout la totale incapacité de la France à déployer 3.000 hommes sur n'importe quel théâtre d'opérations sans travailler auparavant quarante ans sur le projet, pour finalement recourir à la logistique américaine, on a parlé du très  «impressionnant » dispositif aérien, qui se résume en fait à sa plus simple expression, faute de moyens disponibles : deux Super Etendard, appareils dont le premier prototype a volé en... 1974, et trois Mirage 2000, appareils dont le premier prototype a volé en... 1978, et qui était conçu, au départ, pour être un intercepteur et un avion de supériorité aérienne. Aucun hélicoptère de combat (officiellement), seul type d'appareil actuellement en service dans l'armée française, pouvant être efficace pour les missions d'appui-sol... et qui a singulièrement manqué hier. Certains prétendent que ce sont les soldats eux-mêmes qui s'achètent des treillis convenables ou des gilets de combat, afin d'être plus opérationnels. On affirme aussi que les engins de transport des troupes les rendent vulnérables, car ce ne sont que des « véhicules de transport », sans véritable protection en cas d'attaque. Pas de système de détection des bombes disposées sur les itinéraires...et pas de protection du plancher de certains véhicules en aluminium. Bien évidemment,  si quelqu'un publiait une analyse de ce type, il serait immédiatement taxé d'être un traître à la Patrie !
Les talibans ont eu l'initiative de l'attaque meurtrière ayant laissé 10 morts sur le terrain. La colonne française était, selon les exégètes militaires, attendue au sommet d'un col. Les talibans, même s'ils ont perdu des hommes au cours de l'action, avaient décidé où, quand, et comment agir,   et c'est probablement un signe très inquiétant pour l'avenir. Les Français n'ont pu que réagir face à un adversaire invisible sur le terrain, et qui sait que les Forces françaises manquent cruellement de moyens de renseignements sur place. A la guerre, avoir l'initiative est, en général, plutôt un signe d'efficacité.
PAS LES MOYENS
Des moyens aériens, drones, hélicoptères, avions, auraient pu précéder la colonne et reconnaître les lieux. mais la France n'a pas de drones en Afghanistan, et elle ne possède que deux très précieux hélicoptères Caracal, qui ont été utilisés pour l'évacuation sanitaire dans l'urgence. Cette faille dans l'intervention française est bien connue désormais de Talibans, de mieux en mieux structurés, et qui connaissent l'importance des moyens aériens du type hélicoptères dans la guerre afghane. Les Russes pourraient, dans ce domaine, donner d'utiles conseils !
Avant de franchir le col, les paras auraient débarqué des véhicules légers qui leur assuraient une protection, très minime dans un tel contexte, pour aller reconnaître les lieux à pied, et ils ont été pris sous le feu de l'ennemi qui les attendait, pour les avoir vu arriver de loin. La réalité de l'armée française est celle-ci.
En effet, on a trop tendance à penser qu'un soldat partant hors de ses bases habituelles est « opérationnel » sans accompagnement logistique. Cette conception « cinématographique » des combats permet seulement d'effectuer des effets d'annonce, mais pas de se lancer dans la « police » du monde. Avons-nous réellement les moyens d'une ambition de ce type ? Avons-nous la certitude que l'envoi de centaines de soldats supplémentaires pour se refaire une virginité auprès des Américains s'accompagnera des crédits budgétaires nécessaires ? Les attaques répétées et violentes des extrémistes talibans sont en passe de mettre en échec cette volonté occidentale, puisque le prix à payer est extrêmement lourd : 176 soldats sont morts depuis le début de l'année. Dans certaines régions, la violence a augmenté de 50% par rapport à 2007, et l'embuscade de hier démontre qu'elle ne faiblira pas. Et qui dit situation complexe, dit ambiguïté déontologique.
PARTOUT ET NULLE PART
Ceux qui soutiennent la présence française, « pour la liberté », affirment qu'un retrait signifierait céder face au terrorisme. D'où la nécessité d'une présence, mais peut-être dans de meilleures conditions. Déjà des experts britanniques se prononcent pour des effectifs autrement plus nombreux... et la France va donc se lancer dans l'aventure consistant à se substituer aux forces armées afghanes. L'objectif initial des forces internationales reste de reconstituer un état aussi solide que possible, dans un pays dans lequel les références démocratiques demeurent hésitantes. En fait, comme souvent, c'est la faiblesse des moyens mis dans le développement social, dans l'éducation, dans la construction, qui génère la mise en œuvre des dispositifs militaires. Faute de pouvoir convaincre, les tenants du pouvoir cherchent à vaincre. Faute de savoir rassurer, ils s'évertuent de séparer. Faute d'éduquer, ils se proposent de condamner. On continue à croire dans les vertus de la force, pour imposer « nos » pseudos valeurs sociales ,qui ne reposent plus nécessairement sur des bases très solides.
Dans l'opération Licorne, une force de quelques milliers de soldats français est stationnée en Côte d'Ivoire,  sur une mission de maintien de la paix des Nations Unies. Ces troupes ont été initialement envoyées dans le cadre d'un pacte de protection mutuelle entre la France et la Côte d'Ivoire, mais la mission a depuis évolué dans le courant de maintien de la paix des Nations Unies. Les armées françaises ont également joué un rôle de premier plan, dans le cadre de la mission de maintien de la paix des Nations Unies, sur la frontière entre le Liban et Israël, dans le cadre du cessez-le-feu. Actuellement, la France a 2000 militaires déployés le long de la frontière, avec de l'infanterie, des blindés (les rares qui peuvent être opérationnels), de l'artillerie et de la défense aérienne. Il se murmure que l'on a retiré quelques unes de ses armes efficaces (mitrailleuses sophistiquées) à cette force, positionnée au Liban, pour l'envoyer d'urgence en Afghanistan. Notre pays n'a plus les moyens de financer trois théâtres d'opérations, sur 3 continents différents, et avec des types de mission différents. Le fameux « livre blanc » de la défense a des pages parsemées de sang depuis hier, mais on ne peut pas doter les plus nantis d'un bouclier...fiscal et offrir aux militaires celui qui leur permettrait d'exercer leur métier dans des conditions convenables.
Mais je déblogue...

Repost 0
Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
commenter cet article
19 août 2008 2 19 /08 /août /2008 07:17

Bizarre, on n'entend plus du tout le président en exercice de l'union européenne. Il avait pourtant montré ses muscles, quitté sa villégiature, mobilisé les avions idoines, sacrifié ses câlins familiaux, pour régler en deux coups de cuillère à pot le conflit entre les Russes et les Géorgiens. Son nouvel ami Medvedev, qui sert de couverture à Poutine, l'attendait à bras ouverts pour régler avec lui un différend qu'il n'a pas du tout envie de régler. Ensuite, il devait aller à Tbilissi afin de mettre à la raison ceux qui avaient ouvert le feu, et qui ensuite appelaient les pompiers leur ayant promis une assurance tous risques.
Tout le ban et l'arrière ban des journalistes de toutes les rédactions nationales avaient été mis dans les bagages, afin de pouvoir témoigner de ce périple pacificateur, accompli au nom d'une Europe incapable de se mettre d'accord et, même, comme les Polonais, prête à jeter de l'huile sur le feu. Cette virée, ponctuée de cocoricos sur l'efficacité d'un négociateur d'envergure planétaire, ayant libéré les otages bulgares, les otages du Tchad, Ingrid Betancourt, ayant délivré les prisonniers politiques chinois (ou presque), devait obtenir la signature des deux camps. Du cousu main !
Le conflit russo-géorgien a été déclenché par une offensive de Tbilissi, dans la nuit du 7 au 8 août, contre les séparatistes pro-russes d'Ossétie du Sud. Les forces russes ont contre-attaqué, repoussant l'armée géorgienne pour finalement prendre position en Géorgie, et selon certains journalistes, remonter assez près de la capitale géorgienne. L'armée russe a affirmé avoir mis la main sur plus de cent blindés géorgiens, dont 65 chars et cinq véhicules armés de missiles sol-air, dans la zone de conflit entre la Géorgie et l'Ossétie du Sud. Il y aurait des milliers de morts pour les envahisseurs et moins de 200 pour les attaquants. Nicolas Sarkozy passé par Moscou le 13 août, avait obtenu toutes les garanties des Russes, probablement terrorisés par les risques de sanctions que pourraient prendre une Union Européenne en pleine récession économique. Il avait jugé « normal » que la Russie veuille « défendre les intérêts des russophones » hors de ses frontières, tout en réitérant la nécessité de respecter « l'intégrité » territoriale de la Géorgie.
La Russie avait confirmé, devant l'Union Européenne, l'arrêt de son offensive dans le pays...du moins sur le papier, car sur le terrain, elle n'est pas encore effective. Il est passé par Tbilissi où on ne pouvait pas faire autrement que d'accepter un texte ménageant la chèvre dévoreuse et le chou dévoré. En fait, le document n'a servi qu'à gagner du temps pour une Armée rouge soucieuse de bien nettoyer le terrain, et de s'assurer que les Géorgiens ne pourraient plus revenir leur contester l'annexion de fait de l'Ossétie du sud et de l'Abkhazie. Hier, pas un seul char russe n'avait pris le chemin du retour, rendant le plan de Paix totalement inutile, car la communauté internationale est bel et bien incapable de mettre à la raison n'importe quel envahisseur dans le monde !
LA POLOGNE EN SOLO
Au nom de la solidarité européenne, les Polonais ont effectué un croc en jambe terrible à ce pauvre Président temporaire d'une Union européenne en lambeaux. Ils ont donné un signe fort de confiance dans l'UE à laquelle ils ont adhéré, puisque pour assurer leur sécurité, ils ont conclu un accord sur l'implantation sur leur territoire d'éléments du bouclier antimissile américain, après que les Etats-Unis eurent amélioré les termes de l'accord à la suite de la crise géorgienne. C'était le moment idéal pour conforter la... démarche de Nicolas Sarkozy.
Cet accord repose sur le déploiement des missiles de Patriot en Pologne, et renforce la coopération militaire polonaise-américaine, comme elle avait été proposée à la Géorgie, le moment venu. Le gouvernement polonais veut surtout l'argent et le matériel militaire des États-Unis, afin de moderniser son armée de l'air et obtenir des missiles tout neufs. Les Etats-Unis vont ainsi pouvoir installer, sur le sol polonais, à l'horizon 2012, dix intercepteurs capables de détruire en vol d'éventuels missiles balistiques à longue portée. Ce système est lié à un puissant radar qui sera installé en République tchèque.
Le gouvernement est si heureux de recevoir cette aide militaire des États-Unis, qu'il a même accepté d'augmenter le contingent polonais en Irak. Est-il certain que pour cette démarche, le pays d'accueil de cette dizaine de missiles intercepteurs d'autres missiles, a sollicité l'accord des autres pays de l'UE ? Si c'est le cas il faut avouer une volonté collective de jouer avec le feu . Il semble que personne n'ait en mémoire la crise majeure provoquée par la volonté soviétique d'installer des fusées à Cuba à la même distance des Etats Unis que celles qui seront posées sur le sol polonais, pour Moscou.
Cet accord ne peut qu'augmenter les tensions entre la Russie et les Etats-Unis, déjà envenimées par le conflit en Géorgie. Le président russe Medvedev n'a pas caché l'irritation de Moscou, et il a affirmé que le moment d'annoncer l'accord sur le bouclier avait été choisi de telle sorte qu'il montrait clairement que ce système antimissile avait pour cible la Fédération de Russie. Les accords obtenus par Nicolas Sarkozy ne pèsent rien après cette décision polonaise, et les Géorgiens n'ont pas fini de voir passer sur leurs routes des colonnes de chars russes.
SAUVES PAR LES RUSSES
Tout va, en effet, être fait par les Russes pour se prémunir contre les difficultés énormes rencontrées en Tchétchènie. Ils vont pourtant reproduire le scénario tant vanté par certains négociateurs occidentaux : le droit d'ingérence ! En Géorgie, les entraves au processus de paix s'accumulent donc chaque jour. Alors que la communauté internationale s'attache, depuis quelques jours, à convaincre la Russie de respecter le cessez-le-feu négocié la semaine dernière et signé samedi, l'Ossétie du Sud se met, elle aussi, à faire de la résistance. L'astuce est habituelle : les Russes n'ont rien demandé, ils sont simplement venus au secours d'un peuple opprimé, et d'ailleurs la population les réclame à cor et à cri. Le président de l'Ossétie du sud a fait savoir qu'il n'accepterait pas la présence d'observateurs internationaux dans sa province. Or, ce point faisait précisément partie du plan de paix négocié sous l'égide de la présidence française de l'Union européenne. Circulez, y a rien à voir dans cette partie du monde : les chars y resteront tranquilles. Il a expliqué ne pas faire « confiance à ces observateurs internationaux, à ces gens qui déforment la vérité. » Il a, par ailleurs, ajouté avoir l'intention de demander à la Russie d'établir une base permanente sur sa province, et envoyé les Etats-Unis balayer devant leur porte. « Nous demanderons aux dirigeants de la Fédération russe qu'il y ait une base militaire russe sur le territoire d'Ossétie du Sud, parce que des citoyens russes vivent ici. (...) Laissons les Américains décider de leurs propres problèmes et le peuple d'Ossétie du Sud décider lui-même de son avenir. Le point de vue de l'Amérique ne m'intéresse absolument pas. L'Ossétie du Sud ne fera jamais partie de la Géorgie». Outre ces déclarations acérées, le président ossète a proclamé l'état d'urgence pour un mois, en réponse aux dégâts causés par le conflit, et limogé son gouvernement. Un véritable pied de nez aux occidentaux, certains de la vérité de leur attitude dans ce conflit. Il faut reprendre l'avion, et aller rencontrer ce brave démocrate pour le persuader du bien fondé du cessez le feu !
LE CHEMIN A CONTROLER
Le monde est devenu une formidable pétaudière, dont personne ne contrôle absolument plus aucun levier. Chacun règle ses comptes dans son coin, persuadé que le temps qu'une éventuelle réaction s'organise, il aura réglé ce qu'il souhaite régler. Qui a montré que l'on pouvait envahir un pays pour des raisons fallacieuses et y demeurer autant que nécessaire ? Qui a prouvé que la dimension économique passait avant toute autre considération ? Qui cherche dans ce conflit à contrôler les axes de circulation du gaz et du pétrole ? Soucieux de voir s'achever la plus importante opération militaire russe à l'étranger depuis l'effondrement de l'URSS, en 1991, Européens et Américains pressent donc maintenant la Russie de se retirer sur le champ de cette région du Caucase, stratégique pour leurs approvisionnements, car dans le fond, le sort des populations ne les émeut guère.
Et il y a fort à parier que très rapidement le sort du Président géorgien sera réglé.
Jugée désastreuse par ses alliés occidentaux, son aventure militaire en Ossétie du Sud s'est soldée finalement par la mort de milliers de ses compatriotes, par l'humiliation de son armée, par la destruction des infrastructures militaires et civiles du pays (les russes les font sauter les unes après les autres, avant de repartir) et sans doute par la perte définitive de ses provinces sécessionnistes ossète et abkhaze. Il ne résistera pas au verdict des urnes, et faites confiance à ses « alliés » pour lui trouver un successeur plus mesuré.
Tout en se refusant à menacer Moscou, Bernard Kouchner a répété que, faute d'amorce de retrait, Paris, qui assure la présidence tournante de l'Union européenne, serait amené dans les jours qui viennent à convoquer, en urgence, une réunion du Conseil européen. Si ça, ce n'est pas une menace, c'est à désespérer de la diplomatie européenne. Enfin il faut le croire.
Mais je déblogue...

Repost 0
Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
commenter cet article