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LES STATISTIQUES

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MAIS JE DEBLOGUE...

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7 juin 2009 7 07 /06 /juin /2009 07:17
La disparition de l'Airbus d'Air France devient une véritable affaire d'Etat, car il faut bien reconnaître que ce drame n'a pas encore d'explication rationnelle, alors que les spécialistes, condamnés au silence, savent fort bien qu'il y a déjà assez d'éléments techniques pour, au minimum, fournir une hypothèse fiable. On apprend jour après jour des éléments parcellaires, susceptibles de compléter un puzzle beaucoup plus concret que le fameux « nous ne savons rien ! » qui revient dans les bouches des officiels. Il règne donc inévitablement autour des causes de cet « accident » un climat de plus en plus suspicieux, comme s'il fallait attendre la semaine prochaine pour enfin approcher d'une vérité peu rassurante. L'Airbus, fruit d'une coopération européenne présentée comme exemplaire, ne doit pas survoler les élections. Surtout en France ! Cette dure réalité, qui résulterait d'une lente manipulation médiatique organisée par les cellules spécialisées, va tôt ou tard éclater. Personne ne s'est, par exemple, étonné que l'armée brésilienne prétende avoir repéré une porte de la soute, avant de battre en retraite et être contrainte de déclarer que ces débris...n'étaient pas les bons. Mais quel avion peut avoir, au-dessus de l'Océan, perdu une pièce de plusieurs mètres, sans que l'on en connaisse la provenance? Quel avion a donc bien pu perdre une partie sensible de son fuselage, sans qu'une catastrophe aérienne ait été signalée ? Les informations étaient pourtant très précises.
Le premier fragment de l'Airbus d'Air France qui aurait été récupéré était un "morceau de la soute à bagages", avait annoncé l'armée de l'air brésilienne. Cette pièce, ainsi qu'une bouée, avaient été hélitreuillées à bord de la frégate Constitution, pour être ensuite acheminées jusqu'à l'archipel de Fernando de Noronha, puis Recife, sur la côte nord-est du Brésil. Ces débris avaient été repérés par un appareil des forces aériennes brésiliennes, qui a immédiatement alerté la marine pour qu'elle dépêche le navire le plus proche, afin de procéder à leur récupération. Quelques heures plus tard, un démenti tombait... la soute n'était pas concernée et il ne s'agissait que d'une vulgaire palette en bois ! Dont acte : les pilotes n'avaient rien vu, et l'hélitreuillage annoncé n'avait pas eu lieu. Il est vrai qu'un morceau de soute pouvait, avant le vote de ce jour en France, alimenter une rumeur d'attentat ! Il n'en est pas question, même si des indices pour le moins significatifs, continuent de parler ! En fait, les premières affirmations sur un violent orage tropical tombent, et démontrent déjà qu'il y a eu emballement médiatique organisé.

EXIT L'ORAGE
Une information capitale dans les explications du crash de l'Airbus vient de tomber. Selon Météo France, les conditions météorologique sur le trajet du vol AF 447 d'Air France n'auraient pas été exceptionnellement mauvaises. «Rien n'indique» que le vol AF 447 ait rencontré sur son trajet «un amas orageux d'une intensité exceptionnelle» pour un mois de juin, a ainsi affirmé le directeur général adjoint de Météo France, lors d'un point presse. Cette constatation s'appuie sur des relevés infrarouges de la zone où l'avion a disparu. Alain Ratier a noté la présence d'un « cumulo-nimbus puissant », dont « la décroissance était toutefois déjà amorcée », avant que l'avion n'atteigne la zone supposée de son passage. Exit l'orage violent !
Mais « on ne peut conclure au caractère exceptionnel » de la météo sur zone, a-t-il estimé, soulignant que l'activité orageuse sur les côtes africaines, par exemple, était alors bien plus forte.
Cette nouvelle information est un rebondissement, puisque jusqu'à présent, l'hypothèse la plus couramment évoquée pour expliquer ce drame était celle d'un dysfonctionnement de l'appareil lié à des conditions météorologiques inhabituelles.
Sauf que pointe, derrière les nuages invisibles, une autre hypothèse comme pour amorcer un virage : lors d'une conférence de presse, le Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA) a donné de nouvelles informations sur l'enquête en cours, et l'hypothèse d'une bombe à bord du vol Air France 447 Rio-Paris n'est « pas exclue à 100% », mais n'est pas « très cohérente » avec les éléments dont disposent les enquêteurs, a estimé Paul-Louis Arslanian, directeur du Bureau d'enquête et d'analyses. Il n'y a « aucun élément ou piste qui nous permettrait de corroborer cela, mais l'enquête en cours n'a jamais exclu cela », assure Hervé Morin. Il indique aussi n'avoir pas été informé de menaces sur le vol ou d'une éventuelle revendication. Mais « dans la plupart des cas, quand il y a eu des actes terroristes sur des avions, il n'y a pas eu de revendication », souligne-t-il. C'est donc sur la base d'une « non revendication », et pas sur des constats, que cette hypothèse a été occultée.
Un commandant de bord de la compagnie espagnole Air Comet, qui volait entre Lima et Madrid, non loin de la zone du crash du vol Rio-Paris d'Air France, témoigne avoir vu un « intense éclat de lumière blanche, qui a suivi une trajectoire descendante et verticale et qui s'est dissipé en six secondes ». Ce récit a été confirmé par le copilote et une passagère... mais n'a pas eu de conséquence sur les partis pris médiatiques s'orientant, après le faux orage dévastateur, vers une piste technique liée à la vitesse de vol ! Ce qui ne fait pas, de toute évidence, l'affaire de ce splendide produit européen qu'est Airbus !

PAS DE DEFAILLANCE TECHNIQUE
Stewarts Law, cabinet d'avocats basé à Londres, a annoncé débuter une enquête sur la disparition de l'A330 d'Air France entre Rio et Paris, estimant que celle-ci aurait un lien avec un incident qui avait eu lieu, en octobre dernier, sur un avion du même type appartenant à la compagnie australienne Qantas. Stewarts Law enquête sur l'accident du vol 447 d'Air France, dans le cadre de ses investigations sur le vol QF72 de Qantas. L'incident Qantas, survenu en octobre 2008, a impliqué un Airbus A330 dont le système avionique a subi des défaillances, ce qui a amené l'avion à piquer du nez de façon non contrôlée. Le cabinet affirme représenter plus de 30 passagers ayant souffert de blessures à bord de l'A330 de Qantas lors du vol du 7 octobre 2008. Il indique passer en revue tous les liens possibles, et compte sensibiliser le public sur des questions pertinentes en matière de sécurité aérienne. Le journal britannique The Times avait déjà rapproché ces deux événements touchant un A330, long-courrier de l'avionneur européen Airbus. L'avion de Qantas avait été contraint à un atterrissage d'urgence, après avoir brusquement chuté de 2.000 mètres. Les autorités australiennes avaient alors évoqué la piste d'une anomalie informatique. Chez Airbus, on affirmait aussitôt « qu'il n'y avait pas de similarité » entre les deux cas. En effet, le système d'aide à la navigation mis en cause dans l'incident de Qantas, nommé ADIRU, n'a pas été conçu par le même fabricant que celui qui équipait l'avion d'Air France, souligne-t-on chez l'avionneur, interrogé par l'AFP. Il faut donc écarter la défaillance technique, si l'on en croit le constructeur, et donc aller vers une autre orientation de l'enquête. La tergiversation continue, et les unes de quotidiens ou des jités suivent, plus ou moins aveuglément, les manipulations « officiellement » officieuses ! Emerge cependant, peu à peu, le scénario d'une « explosion en vol »... Mais c'est un pur hasard !

UN MOYEN SIMPLE D' ENQUETE
Deux cadavres d'hommes, ainsi qu'une mallette contenant un billet du vol AF447 d'Air France ont été récupérés dans l'Atlantique, confirmant avec une quasi-certitude que le vol Rio-Paris disparu lundi avec 228 personnes à bord s'est abîmé dans la zone de recherches initialement définie. Les corps ont été remontés hier matin, à environ 70km au sud de l'endroit d'où l'avion a émis ses derniers signaux, à quelque 640km au nord-est de l'île de Fernando de Noronha, elle-même située au large de la côte nord du Brésil. Tous les éléments doivent être examinés à terre pour déterminer avec certitude leur provenance, mais cette fois, avec le billet, il semble peu probable qu'il puisse s'agir d'une méprise avec des débris d'autres avions ou bateaux. L'amiral brésilien Edison Lawrence a ajouté samedi qu'un sac à dos, contenant un ordinateur portable et un carnet de vaccination, avait aussi été retrouvé, ainsi qu'un siège d'avion bleu qui reste à identifier.
Le Bureau d'enquêtes et d'analyse (BEA) de l'Aviation civile française a déclaré samedi que l'Airbus A330-200 d'Air France avait émis 24 messages d'anomalies dans les dernières minutes de vol connues, dont l'un signalait la perte du pilote automatique, qui a été désengagé en raison d'"incohérences" dans les relevés de vitesse. On ignore si l'arrêt a été volontaire ou non, et si le pilote automatique a été remis en marche après ces messages, a souligné Paul-Louis Arslanian, directeur du BEA. Par ailleurs, le BEA a confirmé que les détecteurs de vitesse (pitots) n'avaient pas été remplacés sur l'appareil disparu, en dépit de la campagne de modification lancée par le constructeur, Airbus, après le signalement de dysfonctionnements concernant ces pièces sur l'A330. M. Arslanian a affirmé que les avions restaient cependant pilotables « avec des systèmes dégradés ». Il faudrait donc aller voir ailleurs. Un long chemin d'incertitudes attend sans doute également les proches des disparus du vol 447, dont des débris pulvérisés parsèment une zone de plus de150 km de long. Faute d'éléments techniques certains sur l'origine du crash, les familles sont, depuis plusieurs jours, confrontées à toutes les hypothèses. Hier, la thèse de l'attentat a ressurgi à la faveur de l'annonce d'une fausse alerte à la bombe sur un vol d'Air France à Buenos Aires quatre jours avant le crash du Rio-Paris. Pour sa part, Paul Arslanian, le directeur du Bureau d'enquêtes et d'analyses, a prévenu « ne pas être très optimiste » sur « la possibilité de retrouver les boîtes noires (NDLR : enregistreurs de vol)», indiquant qu'elles se trouvaient « dans un endroit profond et montagneux » de l'océan Atlantique. Et même si ces boîtes noires étaient retrouvées, le directeur de l'enquête a précisé qu'elles ne garantissaient pas à elles seules des réponses à toutes les questions... Il suffira pourtant, d'après quelques spécialistes, d'une autopsie des corps retrouvés pour définir la manière dont ces pauvres passagers sont morts. Les traces d'une explosion en vol existent, et dans quelques jours, soyez certains que vous aurez enfin un communiqué officiel qui démontrera que l'attentat est une rumeur sans fondement !
Mais je déblogue...
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6 juin 2009 6 06 /06 /juin /2009 07:17
Certaines ou certains d'entre vous hésitent encore pour savoir si dimanche il faut aller voter. Inutile ? Superflu ? Faiblesse ? Dégoût ? Résignation ? Manipulation ? Peu importe la cause, puisque désormais personne ne devrait se poser la question tellement la situation devient urgente. Mais où va-t-on ? Quelles seront les conséquences pour notre quotidien, dès lundi matin, si l'UMP se sent pousser des ailes, alors qu'elle agit au mépris de toutes les oppositions. Dans tous les pays européens, les partis gouvernementaux payent fortement leur incapacité à gérer une crise qu'ils accusent de tous les maux de la planète. En France, alors qu'absolument tous les indicateurs sont dans le rouge, que nous accumulons les signes inquiétants pour notre démocratie, on aura un triomphe sarkozyste... Quelle analyse feront les exégètes médiatiques de ce comportement collectif erratique !
En fait, depuis des semaines et des semaines, des événements pourraient pourtant réveiller les consciences de celles et ceux qui oublient que les démocraties meurent enlisées dans les sables mouvants du renoncement. La convocation au poste devient la seule réponse actuelle aux moindres critiques. Directement ou indirectement, un système s'installe. Il faut se méfier de ses écrits. Il est inévitable de surveiller ses paroles. Il est devenu dangereux d'exprimer publiquement une opinion défavorable aux maîtres des lieux. La délinquance n'est plus dans les faits mais dans les propos, les idées, les prises de position. Big Brother veille. Partout. Tout le temps. N'importe qui. Avec une discrétion calculée. Ne vous faites pas d'illusion, un jour ou l'autre votre tour viendra. Les téléphones sont surveillés. Les ordinateurs sont épiés. Les blogs, très suivis. Les manifestations sont filmées. Les trajets vérifiés. De plus en plus souvent les « fuites » ou les « erreurs » manifestes laissent percer un comportement qui se généralise. Dimanche, la réponse pourrait être un bulletin de vote, alors qu'elle ne sera qu'une absence coupable. Dans la série des « bavures » révélatrices, on a le choix.

SURVEILLEZ VOS SMS
Le 16 avril dernier, à cause d'un SMS transmis « de manière officieuse » à la police par l'un de ses salariés, un menuisier de 29 ans d'Abbeville, Stéphane, a passé 24 heures en garde à vue. Stéphane, faisant visiblement l'objet d'une mauvaise blague, reçoit le SMS suivant d'un de ses collègues : « Pour faire dérailler un train, t'as une solution ? » Une mauvaise blague qui coûte cher à celui qui la reçoit. Des policiers l'arrêtent, et il passe une nuit au poste. Motif officiel de sa garde à vue : « Non dénonciation de crime. » Rien que ça !
 Le menuisier s'est insurgé dans le Courrier Picard : « C'est totalement irréel. Je ne souhaite à personne de vivre ce que j'ai vécu. (...) C'était un véritable choc. En deux secondes, j'ai eu l'impression de devenir un vulgaire criminel. Je me retrouve dans une belle cellule jaune qui sent la pisse, j'ai l'impression d'être traité comme un chien. » L'auteur du texto a, lui aussi, été auditionné, et son domicile, perquisitionné. Question : comment le SMS, qui relève de la correspondance privée, a-t-il fini sur le bureau du procureur d'Abbeville Eric Fouard ? Un élément d'explication réside peut-être dans le fait que le téléphone de Stéphane n'était pas le sien, mais un téléphone de remplacement, prêté par l'opérateur.
Le procureur Eric Fouard, lui, a moins d'états d'âme, si on l'en croit ses déclarations au Courrier picard : « L'opérateur a le droit de consulter ces messages et le devoir d'alerter les autorités s'il estime qu'un crime ou un délit est susceptible d'être commis. » Il justifie la garde à vue par le « principe de précaution qui prévaut en matière de terrorisme ». On sent que l'affaire Coupat n'est pas très loin... et le reste le confirme !
Une Landaise de 49 ans a reçu fin mai une convocation de la police, après avoir laissé un commentaire sur internet, qualifiant la secrétaire d'Etat à la Famille Nadine Morano de menteuse, ce que Mme Morano a jugé "disproportionné", a-t-on appris hier de sources concordantes. Ouf !

ATTENTION A VOS COMMENTAIRES
Après avoir visionné une interview de i-TV datant d'octobre 2007, et reprise par Dailymotion, dans laquelle Mme Morano s'explique sur son apparition à un meeting de Ségolène Royal, Dominique Broueilh avait laissé un commentaire indiquant simplement « Hou la menteuse ». Une grave insulte de cour de récréation... et qui mériterait chaque jour que des dizaines d'écoliers soient convoqués au poste. La police a du travail devant elle, et ne risque pas les suppressions de postes ! en revanche les enseignants peuvent s'inquiéter, car leurs classes vont se dépeupler !
Après un dépôt de plainte de Nadine Morano en février, cette habitante de Saint-Paul-les-Dax a eu la surprise de recevoir une convocation de la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP).
« J'ai vu la vidéo, j'ai mis 'Hou la menteuse' parce que je faisais référence à la chanson de Dorothée, c'est tout. Ca aurait été un autre homme politique, ça aurait été pareil. En mettant la menteuse, je ne pense pas du tout que c'est une injure, ils se le disent entre eux, c'est un mot de tous les jours », a déclaré à l'AFP cette mère au foyer, dangereuse terroriste du net ! .
« J'ai écouté les informations, ce matin. Hier soir, ils ont dit bien pire sur la plateau de France 2 », a-t-elle relevé, faisant référence au vif échange de jeudi soir entre Daniel Cohn-Bendit et François Bayrou qui, il est vrai, ne concernait pas... un membre aussi efficace du gouvernement que Nadine Morano !
« J'ai reçu un appel d'un officier de police me disant que je suis convoquée dans les locaux de la BRDP. Je ne savais pas ce que c'était, j'ai cru à une blague », avoue-t-elle. Ne pouvant se déplacer à Paris, c'est finalement l'officier qui viendra au commissariat de Dax pour l'entendre... On va payer un déplacement (voyage, heures supplémentaires, frais...) à un fonctionnaire d'un Etat ruiné, pour auditionner une citoyenne qui a mis « hou la menteuse » sur un site visité par des millions de personnes ! Imaginez ce qu'on aurait fait si elle avait écrit « casse toi, pauvre conne ! »
« Quand j'ai reçu la convocation, j'ai commencé à paniquer », a-t-elle raconté, se disant « carrément dépassée », même si elle ne regrette « pas du tout » son commentaire sur le net, car « pour moi ce n'est pas une injure ». Enfin, elle a appris quelque chose. Elle ne se précipitera plus sur Internet pour visionner des extraits des propos de Nicolas Sarkozy, tenus en public, sur le pouvoir d'achat, le plein emploi, l'insécurité, la solidarité, la santé pour tous, le rôle des instituteurs et des religieux : « Hou le menteur ! » constituerait un crime de lèse majesté ! Heureusement que le bagne n'existe plus !

TOUS COUPABLES
Rappelons que les enfants sont aussi placés sous pression. L'arrestation des petits Floiracais : logique, formatrice, salvatrice. Deux véhicules de police, pas moins de six policiers et deux heures d'interrogatoire: c'est le dispositif déployé par la police en Gironde pour arrêter deux enfants pour un vol présumé de vélos. Le matin même, une mère de famille avait cru reconnaître le vélo volé d'un de ses enfants. Les deux garçons, âgés de 6 et 10 ans, ont donc été interpellés à la sortie de leur école élémentaire, à 16h30, devant leurs camarades de classe.
Au final, l'enfant de six ans a reconnu avoir «emprunté» le vélo la veille au soir. Mais, la mère de l'enfant de 10 ans interpellé a, elle, fourni une attestation sur l'honneur signée de la personne qui le lui avait offert (un adjudant-chef de la base aérienne de Mérignac), il y a un an et demi. Elle a dénoncé un «procédé honteux». Mais qui s'en souviendra en mettant son bulletin dans l'urne dimanche ? Qui se souviendra qu'une bagarre ayant eu lieu à Courdimanche dans le Val-d'Oise a amené un enfant de huit ans à être interrogé par les gendarmes... il avait été traité par son adversaire de menteur !
L'audition du jeune garçon, accompagné par son père, a duré une vingtaine de minutes. Il a reconnu s'être battu avec l'un de ses camarades de classe qui "cherchait à [le] manipuler", avant d'avouer qu'ils s'étaient depuis réconciliés.
Pour sa défense la gendarmerie invoque une « procédure normale », faisant suite à un dépôt de plainte. Logique, si on se réfère au déplacement de Paris à Dax d'un officier de police judiciaire pour auditionner une brave dame ayant osé un commentaire sur Internet ! Il est vrai que quelqu'un qui dit simplement « Sarkozy je te vois... » est aussi placé en garde à vue et condamné pour tapage injurieux. Tapage injurieux que de dire « Sarkozy je te vois » ? Rappelons que l'injure est constituée de tout terme outrageant ne contenant l'imputation d'aucun fait (Article 29 de la loi du 29 juillet 1881). J'espère que la procédure mentionne d'autres propos, mais ceux-ci semblent les seuls retenus dans la citation (sous toute réserve, Souvenons-nous de l'affaire du « Casse-toi pov'con ».
Brandir un écrit qui critique implicitement mais clairement le président est une offense. Crier une critique de la politique sécuritaire voulue par le président est un « tapage injurieux. » Prochaine étape : une pensée désobligeante sera-t-elle une atteinte à l'autorité de l'État ? Appeler à ne pas voter UMP deviendra peut-être une atteinte à la sûreté de l'Etat ? Il y a, dans ces affaires, une impression d'instrumentalisation du droit pénal pour faire une police politique qui devrait déplaire au plus haut point aux citoyennes et aux citoyens conscients. Quelle que soit la légitimité démocratique sur laquelle s'appuiera le pouvoir en place, il y aura des opposants qui le contesteront, parfois injustement, parfois ridiculement. Et c'est tant mieux. Il est vrai qu'en quelques années, le nom du président et de ses collaborateurs apparaissent presque toujours dans les procès verbaux des procédures d'outrage. Faites donc attention au commentaire que vous posterez sous cette chronique, elle risque de vous conduire au commissariat ou à la brigade. Après moi tout de même.
Mais je déblogue...
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5 juin 2009 5 05 /06 /juin /2009 07:17

Il arrive que l'on puisse faire confiance aux banquiers. Pas à ceux qui sont au quotidien derrière leur bureau pour accueillir un client ayant dépassé son découvert autorisé, car eux, parfois, ils sont logés à la même enseigne que celle ou celui qu'ils sanctionnent. Mais les ténors, ces gens bien sous tous rapports, qui ont plongé le monde dans la tourmente au nom du culte du profit. Ils détenaient la vérité... ils la détiennent encore ! Ce qui fait leur force, c'est qu'ils annoncent, avec une docte assurance, ce que chacun constate tous les jours, mais que les gouvernements de tous bords s'efforcent de minimiser. Ainsi, la Banque centrale européenne (BCE) a révisé en forte baisse ses prévisions pour l'économie de la zone euro, avec une récession attendue de 4,6% en 2009, comme l'a  annoncé hier son président, Jean-Claude Trichet. Elle misait jusqu'alors sur un recul de 2,7% en 2009. Pour 2010, l'institution de Francfort a également revu à la baisse ses prévisions : elle attend désormais une recul du PIB de 0,3%, contre une croissance nulle prévue jusque là. Comme quoi il faudrait relire quelques-unes de ces chroniques pour constater que dans le fond il ne faut pas être un grand spécialiste pour entrevoir la catastrophe. Et encore... on est bien loin d'avoir touché le fond de la piscine pour revenir à la surface.
Concernant l'inflation en zone euro, la BCE a légèrement abaissé sa prévision d'inflation, à 0,3% cette année, contre 0,4% jusqu'ici. Pour 2010, la BCE a maintenu hier sa prévision de 1%. Parallèlement, Jean-Claude Trichet a confirmé la décision relativement attendue de la Banque centrale européenne de maintenir inchangé son principal taux directeur, à un niveau historiquement bas de 1%. Cette décision illustre le marasme dans lequel se trouve cette Europe, tellement prospère, qu'une majorité de Françaises et de Français, figés dans leur opinion dominante par des rafales de sondages imprécis, est en passe de valider. Il est vrai que tout aura été fait pour que cette catastrophe, supérieure à celle des années trente, soit masquée par des faits divers exploités jusqu'à la limite de la caricature. L'insécurité sociale naissant de cette récession qui va s'accentuer durant la période estivale, provoquant un accroissement de la pauvreté et de la précarité,  s'est diluée dans une campagne ridiculement apolitique.
En fait, dimanche soir, l'ex-ministre de l'emploi promènera sa silhouette de gendre parfait sur les plateaux de télévision, en affichant le sourire satisfait des vainqueurs : l'UMP sera en tête ! Il aura réussi un exploit sans précédent. Sous le gouvernement dont il porte haut les couleurs et dans lequel il a exercé la responsabilité de mettre en œuvre la promesse de son mentor : « je serai le président du plein emploi ! » Voici ce que les retraités, les rentiers, les nantis de tous poils, apeurés par les incivilités et les drames inévitables dans une société qui a oublié que la principale violence est sociale, vont approuver à moins de 10 % des inscrits sur les listes électorales : avec les Dom, le taux « officiel » du chômage grimpe à 9,1%. C'est un chiffre "brutal", et cette situation "va perdurer", a commenté la ministre de l'Economie, qui a nié cette évidence durant de longues semaines mais dont tout le monde a oublié les propos rassurants !

EXCUSE : CE POURRAIT ETRE PIRE !
Le taux de chômage a pourtant encore augmenté : au 1er trimestre 2009, il a augmenté de 1,1 point, à 8,7% de la population active, contre 7,6% au quatrième trimestre 2008 (chiffre révisé). La ministre de l'Economie, Christine Lagarde, en a fait l'annonce hier sur Europe 1, ravie de savoir que l'UMP restera le premier des partis français ! « C'est évidemment un mauvais chiffre (...), on a une dégradation de la situation de l'emploi qui est tout simplement la conséquence de la dégradation de la situation économique depuis six mois de manière absolument nette », a déclaré la ministre sans se poser la question de savoir qui en était responsable. Le bouclier fiscal, les exonérations des heures supplémentaires, la fin des 35 heures, la déréglementation sociale, la mort des services publics, la destruction de la fonction publique... ne sont, bien évidemment, absolument pour rien dans cette fabuleuse « croissance négative » qui ne s'arrêtera plus !
Christine Lagarde a par ailleurs indiqué que le taux de chômage au quatrième trimestre 2008 a été révisé, passant de 7,8% de la population active en France métropolitaine à 7,6%.
Selon elle, ce mauvais résultat se situe « dans la moyenne de l'Union européenne »,  incitant ainsi les électrices et les électeurs à approuver un tel bilan. Ouf, ça aurait pu être pire ! En outre, la situation « se dégrade moins vite qu'ailleurs », a-t-elle souligné, en citant les cas de l'Espagne, de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis... dont on sait qu'ils n'ont aucune responsabilité dans la faillite de l'économie du profit outrancier. La France, qui avait atteint pendant une partie de l'année 2008 le plus bas niveau depuis 25 ans, avait terminé 2008 sur une nette remontée du chômage (+0,3 point sur un an), alors qu'il reculait depuis 2006...Désormais la plongée devient « convenable ». Ce serait risible, s'il n'y avait pas derrière ce constat un véritable mépris technocratique vis-à-vis des femmes et des hommes qui se trouvent dans la détresse absolue. Christine Lagarde se moque de celles et ceux qui vont voter contre son gouvernement, en choisissant toute autre liste que celle de la majorité présidentielle et européenne. Le libéralisme sera désavoué, mais il sortira heureux de ne pas avoir été laminé comme l'exigerait la situation.

ETONNANTE DEMANDE DE SOLIDARITE
Dans le même temps, alors que les gens souffrent et doivent avoir recours à la solidarité sous toutes ses formes, car ils n'ont plus les moyens de faire face à leurs dépenses fondamentales : manger, se loger, se soigner..., le Président de la République leur annonce froidement qu'il va falloir mettre encore davantage la main à la poche. Ayant exonéré les entreprises rentables des cotisations sociales, ayant oublié que l'Etat doit des milliards à l'assurance maladie, il a annoncé, lors d'une passage à Bordeaux, au cours duquel il a fait bloquer toute la circulation sur la rocade, pour sortir sans problème du restaurant où il était allé festoyer, que les mutuelles allaient devoir augmenter leurs... cotisations. Dans son discours, prononcé avant les agapes, Nicolas Sarkozy a fixé comme objectif "que soient confiées de nouvelles responsabilités aux organismes complémentaires, car les régimes de base ne pourront pas tout financer".
Pour le président de la République, qui s'exprimait à l'occasion du 39e congrès de la Mutualité Française, « la demande de solidarité n'a jamais été aussi grande qu'aujourd'hui, et la violence de la crise ne fait que la renforcer ». Diable ! Mais qui donc est au pouvoir dans un rôle capital depuis 7 ans ? Qui a créé ce besoin de solidarité par ses décisions politiques ? Mais « face à cette demande, les ressources de la solidarité nationale ne sont pas infinies » (mais qui a accordé les exonérations ?) et « la croissance de notre économie, même quand nous serons sortis de la crise, ne permettra sans doute pas aux régimes de protection sociale de base de couvrir l'intégralité des besoins nouveaux », a-t-il souligné. Mais pourquoi n'arrêterions-nous pas de faire des cadeaux fiscaux à celles et ceux qui ne vivent que sur les fortunes qu'ils accumulent en dormant ?

DE BELLES PAROLES
Nicolas Sarkozy a distingué trois thèmes parmi « les éléments constitutifs d'un partenariat nouveau entre l'assurance maladie et la Mutualité ». Le premier est la participation des assureurs complémentaires, aux côtés de l'assurance maladie, aux négociations conventionnelles dans les secteurs des frais d'optique et des soins dentaires ». Il ne va tarder à inventer la vraie mutualité française que les directives européennes sur la concurrence libre et non faussée ont tuée.
Le deuxième thème est celui des dépassements d'honoraires des chirurgiens, anesthésistes et gynécologues-obstétriciens. Pour le chef de l'Etat, "le secteur optionnel doit permettre un meilleur encadrement des tarifs que le secteur 2, assorti d'objectifs de qualité. Les libertés tarifaires seront mieux prises en charge par l'assurance maladie et les assurances complémentaires, ce qui permettra un meilleur accès aux soins". Nicolas Sarkozy envisage de demander au législateur de se saisir du problème. « Les dépassements d'honoraires dans les cliniques incitent certains de nos concitoyens à renoncer aux soins et ce n'est pas acceptable », a-t-il assuré. Mais comment l'empêcher quand le temps d'attente à l'hopital devient démentiel, faute de personnel et de moyens matériels ?
Le troisième thème avancé par le président est celui des maladies chroniques, pour lesquelles il souhaite que le gouvernement « étudie de façon approfondie la proposition du mouvement mutualiste » et que « des expérimentations soient lancées par le gouvernement et la Mutualité pour améliorer la qualité et l'efficience de leur prise en charge ».
De beaux mots qui se résument d'une manière simple : la Sécurité sociale est en passe de disparaître, pour devenir un service minimum, agrémenté de nombreuses options, que seuls celles et ceux qui le pourront, trouveront auprès des assurances ou des mutuelles devenues, grâce à l'Europe, des sociétés comme les autres. Encore une fois, cette annonce consiste à taper fictivement sur quelques privilégiés (médecins spécialistes), dont on sait qu'ils conserveront leurs privilèges car il existe une clientèle pour eux, et à rogner sur les avantages acquis par le plus grand nombre. La tactique reste la même, sauf que cette fois, les faits démontreront que les prévisions étaient bonnes et que personne ne se posera la vraie question : mais qui donc nous a conduits vers ce marasme niant égalité, liberté et solidarité ? Surtout dimanche !
Mais je déblogue...
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3 juin 2009 3 03 /06 /juin /2009 07:17
A priori, il vaut mieux, par les temps qui courent, ne pas trop se rendre à Paris quand on appartient à la caste des besogneux, c'est-à-dire celles et ceux qui croient encore en quelques valeurs politiques. Il se trouve, en effet, que je représente, par délégation d'Yves Lecaudey, Vice-Président ayant en charge les finances départementales, le département de la Gironde au sein de la commission des finances de l'Association des Départements de France. Cette structure mène actuellement, solidairement avec l'Association des Régions et l'Association des Maires, les « pourparlers » avec le gouvernement sur l'annonce de Nicolas Sarkozy concernant la suppression de la taxe professionnelle. Enfin, le mot « pourparlers » est erroné puisqu'à ce jour, il n'y a eu aucune proposition concrète de remplacement de ce mode de financement des collectivités locales lors des deux seules réunions organisées. L'une d'entre elles a failli ne pas avoir lieu, car les spécialistes du Ministère des Finances n'avaient aucune proposition à présenter. Pris de cours par un énième effet d'annonce présidentiel, les services de Bercy demeurent incapables de trouver des solutions fiables à cette suppression de la taxe la plus dynamique pour les communes, les Communautés de toutes formes et les départements. Ils tâtonnent, balbutient, avancent, puis reculent sous la pression de la Jeanne d'Arc du Medef, qui a annoncé haut et fort : « s'il y a suppression de la TP  il n'est pas question de la remplacer par un autre impôt ! » Or, on sait que c'est elle qui commande !
Le seul constat, c'est que lors de la commission qui s'est tenue hier, tous les élus présents de droite (ils ont été muets) ou de gauche (blasés et consternés) sont ressortis de la salle KO debout ! Les maigres avancées gouvernementales conduiront inévitablement au dépôt de bilan de conseils généraux, de communautés de communes ou même de communes... Ce n'est en effet qu'un ramassis de pièges, de duperies, de trucages en tous genres, servant à étrangler les collectivités locales et à les contraindre à ne plus emprunter, à licencier du personnel, et à augmenter les impôts locaux jusqu'à la limite de l'insupportable ! Il n'y aura aucun autre but : le pouvoir local doit céder, pour aider la France mal gérée, endettée pour son fonctionnement, ravagée par des exonérations sociales dévastatrices, en récession économique, et donc incapable de respecter les critères de Maastricht. On va lentement garrotter les forces d'opposition potentielle en leur coupant les vivres !
Dans l'état actuel des vagues propositions faites par Bercy pour la loi des finances 2010 (la réforme ne s'appliquerait qu'en 2011), il est admis que l'Etat, quasiment en cessation de paiement, assurera la compensation de la part de TP dévolue aux collectivités... Le premier problème, c'est qu'on ne sait pas (et c'est la première escroquerie) si ce sera sur les bases de 2007, avant les multiples et généreuses exonérations accordées et actuellement compensées, ou sur les chiffres de 2009 avec tous les cadeaux déjà accordés aux entreprises. La référence pour les compensations prend des allures décisives.

LES REGIONS MUSELEES
Le cabinet Michel Klophte, spécialisé dans les finances locales, a dressé un diagnostic à faire sombrer dans la plus profonde dépression n'importe quel élu chargé des budgets et de leur exécution. D'abord, il faut noter que les régions perdraient, de fait, leur autonomie financière (alors que l'on veut renforcer leur rôle !), puisque leur budget viendrait d'une part de la taxe sur ...les cartes grises, et la TIPP (taxe sur les produits pétroliers) de la cotisation minimale de Taxe... Professionnelle, et d'autres dotations complémentaires dont Bercy ignore encore la nature. Il n'y aurait plus de colonne région sur la feuille d'imposition locale directe, mais tout le monde serait mis à contribution par un impôt indirect ne tenant absolument aucun compte des niveaux de vie. Autonomie réelle de gestion : 0 contre un levier fiscal antérieur de 4,61 ! Pour cet échelon, ce sera une tutelle pure et simple, avec des recettes non maîtrisées par les élus mais collectées et décidées par l'Etat !
Les départements sombrent aussi, voyant passer leur levier fiscal direct de 19,03 à...5,78 puisque, eux aussi, seront alimentés par des dotations indirectes que sont la cotisation minimale de TP (sans vote des taux !), la TIPP (vive la bagnole et le camion), la taxe sur les... contrats d'assurances (TSCA) et des dotations complémentaires hasardeuses car indéterminées à ce jour. Il resterait aux conseils généraux la maîtrise du Foncier bâti pour sa part départementale, les Droits de mutation (part de l'Etat). Or c'est un piège grossier car la TIPP stagne, la TSCA baisse (sinistralité en chute et primes aussi) et les droits de mutation s'effondrent ! En fait, c'est une recette fiable et autonome à laquelle on substituerait des impôts indirects injustes, en perte de vitesse, et totalement en contradiction avec les options du développement durable.
La Taxe intérieure sur les produits pétroliers s'amenuise malgré l'augmentation du trafic puisque le nombre de véhicules diesel est passé en France de 4 à 62 % en 20 ans, et on connaît le poids du lobby routier pour s'opposer à tout ajustement du montant de la TIPP. En fait, pour faire plaisir à Madame Parisot, on va transformer le parc automobile français en « tout gazole » et on va transfèrer les difficultés des relations avec les camionneurs sur les collectivités locales ! En fait, ces compensations de bric et de broc, sans aucune cohérence, visent à contraindre les conseils généraux à abandonner d'eux-mêmes la clause de compétence générale qui leur permet de rester proches des communes ! Suprême habileté que personne ne verra, l'Etat se débarrasse actuellement de toutes les compensations qu'il verse aux collectivités locales pour masquer partiellement les exonérations faites aux entreprises ! Il n'aura plus à les débourser !

COMMUNES EN PERIL
Les communes et les Communautés de communes s'en tireraient un peu mieux. Elles continueraient à maîtriser toute la taxe d'habitation, le Foncier non bâti, le foncier bâti, la TP pour sa part foncière (création d'un foncier bâti professionnel), une taxe locale commerciale, une taxe sectorielle, une part des droits de mutation, actuellement récupérés par l'Etat, et des dotations supplémentaires encore inconnues ! A l'arrivée le levier fiscal direct des communes passerait de 39,25 à 38,06 soit un recul qui paraît minime. En fait, il ne faut pas oublier que les maires taxeront leurs administrés, et  non plus les entreprises qu'ils ont souvent contribué à installer sur leur territoire ! En définitive, on oubliera très vite que la seule certitude sur laquelle peuvent compter les Maires, ce sera l'imposition sur les ménages, et on sait bien, à Paris, qu'ils hésiteront à ponctionner leurs électrices et leurs électeurs qui réclament pourtant toujours plus, en espérant participer toujours moins à la couverture de leurs besoins sociaux.
Ces braves contribuables, un zeste poujadistes, oublieront que la part de péréquation de la TP qui venait des écrêtements des plus grosses taxes professionnelles (centrales nucléaires, grandes usines...) et qui transitait par le Conseil général, va disparaître ! Ils éluderont les subventions sur investissements ou fonctionnement que les départements et les régions ne pourront plus donner. En définitive, cette compensation aura des conséquences notoires sur le fonctionnement quotidien de la proximité et obligeront les maires à concéder au secteur marchand, sous une forme ou une autre, bon nombre des services publics qu'ils gèrent. On va vers la privatisation des structures d'accueil de la petite enfance, des écoles maternelles, de la restauration scolaire, de la dépendance du 3ème et du 4ème âge, des loisirs et même du sport....pour ne citer que des secteurs déjà attaqués.

DES ARRIERES PENSEES
Cette réforme, lancée comme un pavé dans une vitrine, va conduire à l'émiettement absolu des concepts de la gestion locale. Soumission à l'Etat dispensateur de mannes, qui s'étioleront au fil des ans, course à l'habitant pour avoir des produits stables, suppression des services de proximité, reprise en main des effets de la décentralisation. L'opération se déroulera en deux temps : fin septembre, début octobre, le Parlement se penchera sur le pseudo mille feuilles territorial.
Nicolas Sarkozy va affaiblir les « taureaux » qui tournent autour de lui dans l'arène (majorité des conseils régionaux et des conseils généraux des grandes villes pour la Gauche) avec des banderilles. Il poursuivra ensuite, dans la loi de finances, le travail commencé, en agitant, en pleine crise sociale, les chiffons rouges de l'augmentation des impôts locaux et il se présentera, en pleine arrivée des feuilles d'imposition, comme le défenseur des contribuables, accablés  par ces élus dépensiers.
La République française va souffrir, car sous prétexte d' économies, on détruit son tissu démocratique, et surtout on met à mal le principe de la participation équitable à l'effort collectif, via les impôts directs. En transformant la fiscalité en ponction  sous  forme de taxes à la consommation, on se prépare des lendemains angoissants. Chaque année, les budgets seront aléatoires, et donc la prise de risque sera constante pour des élus qui, rappelons-le, décident de 73 % des investissements publics en France. Il est sûr que ce projet mal ficelé, inutile dans la période actuelle (des ajustements pouvaient être envisagés sans cette annonce à l'emporte pièce), véritablement politicien, va animer la rentrée. On en oubliera presque une gestion gouvernementale qui ne peut pas afficher un seul résultat positif. Sauf peut-être dimanche soir, vers 22 heures, où ce sera le triomphe UMP !
Ouf ! enfin un résultat en croissance négative !

Mais je déblogue...
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2 juin 2009 2 02 /06 /juin /2009 07:17
Le débat reste la vertu fondamentale de la démocratie. D'ailleurs, elle a débuté sur des agoras, où l'on pratiquait l'affrontement verbal autour des problèmes de la vie ensemble dans la cité d'Athènes. C'est en effet en 507 avant J.C. qu'est née la démocratie dans la cité. Les grands principes de ce régime politique (littéralement "gouvernement du peuple par le peuple") n'ont aujourd'hui pas changé. À l'époque, environ 40.000 personnes sur les 250.000 qui peuplaient l'Attique étaient des citoyens, c'est-à-dire qu'il avaient obligatoirement plus de 20 ans, qu'ils étaient de sexe masculin, libres (non-esclaves) et nés de parents athéniens. Ceux-là, et ceux-là seulement, avaient le privilège de siéger à "l'Ecclésia" (l'assemblée du peuple). C'est simple : chaque village s'appelait une « dème ». Une de ces dèmes pouvait se trouver dans trois parties distinctes de l'Attique (région d'Athènes) : la partie "polis" (zone urbaine), la partie "paralia" (bord de mer), et la partie "mesogeia" ("terre du milieu", entre le bord de mer et la ville). 100 de ces « dèmes » étaient regroupées en 30 trytties. On formait alors 10 tribus, chacune étant composée  d'un peu de paralia, d'un peu de mesogeia et d'un peu de polis...ainsi, toutes les catégories de citoyens étaient représentées.
Chaque tribu élisait 50 représentants à l'Ecclésia : ils étaient nommés pour un an. Ensuite, chaque dixième d'année, une tribu présidait la Boulè (conseil de l'Ecclésia : cette institution décidait des lois à lui soumettre ; elle comptait 500 membres). Cette permanence était appelée « prytanie ». Puis, chaque jour, un membre de cette tribu était tiré au sort pour présider les débats : il devenait alors épistate. La Boulè décidait des ordres du jour, puis les lois étaient discutées et votées par l'Ecclésia (à main levée). Le tout se déroulait à l'agora d'Athènes ou sur la Pnyx, colline de la ville. Les textes légaux étaient affichés en ville : ainsi, tout le monde pouvait en prendre connaissance... Il semble bien que chaque jour qui passe, nous revenions en arrière, puisque le principe même du débat autour de la vie de la cité au sens large du terme, c'est-à-dire la « politique », est de plus en plus contesté.
Depuis plusieurs années, partout, au nom de l'efficacité, on a supprimé le débat politique, car il est, nous dit-on, inutile et ennuyeux. Il n'y a plus de confrontation idéologique : elle serait « dépassée » car elle reposerait sur des constats n'ayant plus lieu d'être.
En fait, les citoyens croulent sous une surinformation, que l'on se garde bien d'expliciter par des débats tournant autour d'autre chose que les personnes. La personnalisation outrancière vient de l'époque gaulliste, durant laquelle il était quasiment impossible d'aborder la gouvernance du Général sans se mettre en danger. Le débat, qui n'était qu'un affrontement entre idées de gauche et pratiques de droite, évolua progressivement vers un "pour ou contre" de Gaulle...Il faudra attendre mai 68 pour que les principes fondateurs de la démocratie servent de munitions aux véritables artisans de la révolte. Ils se feront finalement déposséder de leur « débat » par la CGT et le PCF qui ne toléraient plus que l'affrontement institutionnel leur échappe. En instituant l'élection présidentielle au suffrage universel, les gaullistes détruisirent définitivement la notion même de débat politique. Celui-ci a donc fini par sombrer dans la « clanification », résultante des outrances du coup d'Etat permanent. La dernière échéance présidentielle a enclenché un processus irréversible : plus question de débattre réellement, car cela ne mobilise absolument pas l'électorat, et c'est dangereux en cas de destruction d'une image personnelle patiemment créée. En fait, Nicolas Sarkozy a tout intérêt à ce que les médias n'offrent plus la moindre confrontation d'idées, puisqu'il a récupéré des symboles de la gauche (citations de Jaurés, lettre de Guy Mocquet, récupération du concept de résistance, fausses attaques contre la suprématie du capital, ouverture ministérielle factice...) pour tenter de toujours déposséder les autres de munitions idéologiques pouvant être utilisables à son profit.

VIRE SANS MENAGEMENT
La campagne électorale actuelle prouve à merveille que, désormais, il ne faut plus mettre en balance devant l'opinion publique les affirmations des uns ou des autres. La meilleure manière de gagner un combat c'est de laisser les autres se battre, pour intervenir quand ils seront tellement affaiblis qu'ils seront incapables de s'en remettre. On va donc fermer les robinets médiatiques pour que, cette fois, il ne soit même plus possible de mettre en œuvre des confrontations directes qui valorisent un adversaire ou qui mettent en péril les tenants de la ligne politique dominante. Et comme la télévision joue désormais le rôle d'agora, on apprend qu'elle va être progressivement garrottée.
L'émission de France 5 "Ripostes", présentée par Serge Moati, va donc être supprimée à la rentrée. « L'émission n'a pas démérité, mais il est temps de passer à autre chose » a confirmé le directeur des programmes de France 5. « J'ai reçu Serge Moati en début de semaine dernière pour l'informer de l'arrêt de Ripostes », précise-t-il. C'est donc irréversible : plus de débat « libéré » sur France 5, dont on sait comment a été nommé le directeur.
L'émission dominicale de débat politique sera remplacée par une « émission politique nouvelle », probablement moins dangereuse, et surtout contrôlée par un animateur « maison ». L'émission de Serge Moati était en panne d'audimat, selon la chaîne. « L'arrêt de 'Ripostes' ne s'explique pas par une baisse des audiences, mais par la volonté de renouveler les grilles. Après 10 ans de bons et loyaux services, nous avons décidé de passer à autre chose. Mais il est vrai que moins de 5% de part de marché (dimanche... de Pentecôte), ce n'est pas satisfaisant pour une chaîne du service public... qui n'a pas d'objectif d'audience mais plus exactement un devoir d'animation culturelle vis-à-vis des contribuables qui financent son fonctionnement. Interrogé par Le Figaro, Serge Moati a déclaré d'ailleurs « regretter » et « ne pas comprendre » l'arrêt de Ripostes, mais dans le fond, tout le monde se moque de son avis. Il est viré, un point c'est tout.

PLUS D'ESPACES A LA RENTREE
Au-delà, le cas Moati pourrait bien lancer un grand mouvement de redistribution des cartes à France-Télévisions. La chaîne réfléchit, en effet, à une vaste refonte de sa grille de programmes. La plupart des émissions de débat des chaînes publiques serait en effet sur la sellette. « Ce soir ou jamais », l'émission de France 3 présentée par Frédéric Taddeï pourrait, elle aussi, faire les frais de ces remodelages. Même chose pour « C dans l'air » ou encore « Mots croisés ». Si les rumeurs sont le lot quotidien du mercato télévisuel - on connaît la part d'intox et il est peu probable que toutes se vérifient à la rentrée de septembre - on remarquera que ce sont tous les espaces du débat citoyen qui semblent ici prioritairement remis en cause. Un constat qui ne laissera pas d'étonner, en ces périodes de « turbulences » économiques qui auraient largement mérité des confrontations de points de vue, surtout quand la parole publique est déjà presque réduite à un monologue.
Il devient capital pour le pouvoir actuel qu'à la rentrée il n'y ait plus d'espaces publics offrant des tribunes aux contestataires, puisque depuis l'origine, les chaînes privées se refusent à ce genre : Moati est la première victime, mais pas la dernière. Chaque jour, à la faveur d'un événement douloureux ou tout simplement pour occuper les écrans, le Président se rendra sur les lieux, au milieu de centaines de gardiens musclés de la paix sociale, ou effectuera une déclaration officielle prise pour parole divine. Comme il n'y aura plus aucune possibilité réelle d'exprimer un avis contraire, et que les réformes auront été légitimées par le fait que l'UMP aura « remporté » les Européennes, on entrera dans la seconde moitié du quinquennat avec une démocratie resplendissante. On usera et on abusera de la complicité bienfaisante des copains bien placés, ou fraîchement promus ! La presse écrite, financièrement moribonde, attendra les subsides de la propagande gouvernementale !

UNE SEMAINE D'ESSAI
Les annonces vont se succéder avant les vacances. Un ou deux feuilletons à l'eau de rose ou dramatique mettront la France des Juilletistes et des aoûtiens en condition pour qu'ils oublient que la politique reste la clé de leur quotidien. Il n'y aura bientôt plus qu'une pensée unique dominante qui grimpe dans les esprits : droite et gauche c'est bonnet blanc et blanc bonnet !
Les socialistes, pris entre deux feux, et surtout attaqués de tous côtés par des adversaires soucieux de leur tailler des croupières, vont lentement s'enliser dans les querelles de personnes, liées à la désignation de la (du) candidat(e) aux présidentielles.  C'est la rançon de la manière dont on a orienté les modalités de cette désignation , et ce serait encore plus grave s'il était décidé d'élargir le nombre des personnes  appelées à y participer. C'est le piège absolu, surtout après l'échec qui se profile.
La France est devenue une démocratie de petites phrases, d'images sans intérêt réel, de renoncements à exister dans la différence, de passivité grandissante, de pseudos informations sans intérêt. Cette semaine sera révélatrice de ce qui attend la République : accentuer l'abstention, faire voter sur des sujets différents de ceux qui sont concernés par le scrutin, privilégier les combats fratricides plutôt  que les affrontements de classes, et sans cesse pratiquer la fuite en avant, pour masquer le paysage qui se met en place ! Quand le réveil sonnera, la « riposte » sera inutile : le mal est irréversible !
Mais je déblogue...
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29 mai 2009 5 29 /05 /mai /2009 07:17
Il existe dans de nombreux films l'exemple de batailles navales gagnées par des amiraux roublards, utilisant le brouillard pour protéger leurs navires ou pour approcher de l'ennemi sans avoir à le combattre. L'exemple le plus célèbre reste la victoire de la flotte anglaise de Nelson sur l'armada espagnole le 14 février 1797 à une époque où l'union européenne, décidée par Bonaparte, se faisait à coups de canons. Il faut reconnaître que la campagne électorale actuelle met en évidence l'habileté manœuvrière remarquable du staff élyséen ayant en charge la manipulation de l'opinion dominante. Elle sait que l'utilisation du « brouillard » et le « refus du combat » sont deux principes qui peuvent aider à se sortir de mauvais pas et de laisser accroire que l'on reste puissant encore quelque temps, en évitant une défaite prématurée. Cette technique s'accompagne de celle du contre feu, consistant à ouvrir un front sur lequel on espère tenir quelques jours, le temps que le danger soit écarté. Il s'agit en effet d'une véritable stratégie du leurre, auquel mordent bien évidemment toutes celles et tous ceux qui ne peuvent supporter de rester passifs devant de telles pratiques. Nicolas Sarkozy, fort bien conseillé a donc lancé ces trois tactiques simultanément, pour sortir vainqueur sans combattre, des élections européennes. D'abord il a rassemblé ses troupes autour du sentiment permanent d'insécurité créé par des médias, téléguidés dans leurs orientations par la mise en exergue volontaire de faits dits divers, alors qu'ils sont fort bien orientés. C'est ce que l'on peut appeler le « choix du sujet ». Afin que ne soit pas abordée la déliquescence d'une Europe très éloignée des valeurs que les femmes et les hommes espéraient d'elle, on va trouver un leurre, mobilisant sur un autre sujet.
La véritable astuce c'est d'exploiter à son compte l'insécurité sociale.
Tous les sondages le démontrent massivement : il règne en France un climat d'angoisses cumulées. Angoisse vis-à-vis de l'avenir professionnel, angoisse vis-à-vis des moyens financiers, angoisse vis-à-vis de la démolition du système collectif protecteur, angoisse pour sa quiétude personnelle... Ce cumul des angoisses se cristallise sur un sujet unique : l'enfer ce sont les autres ! Les autres ce sont les terroristes, les casseurs, les révolutionnaires, les patrons, les élus, les étrangers, les profs, les jeunes... et on en arrive non pas à rassurer, mais à exploiter cette terrible vision sociale, pour transformer une préoccupation non avouée en certitude. Tout devient dangereux : les écoles pour les chères têtes blondes, les lycées pour les ados en échec, les cages d'escaliers, les rues, les espaces collectifs... Enfin, partout il existe un climat détestable qui conduit à penser que le moindre village n'est que le germe d'un Chicago potentiel ! En fait, c'est uniquement pour masquer les causes de ces « impressions », qui ne reposent sur aucune véritable appréciation sociale, que l'on monte en épingle des effets ponctuels ayant toujours existé mais n'ayant jamais été médiatisés. C'est le brouillard qui dissimule la faiblesse des forces dont dispose l'amirauté sarkozyste et ses échecs dans la construction des réponses. Alors que l'insécurité sociale repose sur la baisse du pouvoir d'achat et sur la crainte de la perte d'emplois, sur les suppressions massives de postes préjudiciables à celles et ceux qui ont accompli des parcours universitaires ou de formation ne leur ouvrant plus le droit au travail, on la focalise sur des incivilités éphémères !

LA TACTIQUE DE LA FUITE
Dans ce cadre-là, la supercherie consiste à compléter l'utilisation du rideau de fumée par l'histoire des Horaces er des Curiaces. On fuit le combat dès qu'il devient dangereux. Pas de débat, pas de contradiction, pour sans cesse conduire l'adversaire sur son terrain. Dans le rôle des Horaces on trouve les UMP et dans celui des Curiaces, le PS. Rappelons l'histoire. Sous le règne de Tullus Hostilius, une guerre meurtrière éclata entre les habitants d'Albe et ceux de Rome. Pour mettre fin à ce conflit, les chefs des deux « partis » conclurent un accord : trois frères défendraient chaque camp, les Horaces pour Rome et les Curiaces pour Albe. Dès le premier choc, le cliquetis des armes fit passer un grand frisson dans l'assistance ; tous en perdaient la voix, et le souffle. Mais au cœur de la mêlée, les trois Albains furent blessés, tandis que deux Romains tombaient, mourant l'un sur l'autre. Leur chute fit pousser des cris de joie à l'armée albaine : les légions romaines tremblaient pour leur unique champion, que les trois Curiaces avaient entourés. Par bonheur il était indemne, trop faible, à lui seul, il est vrai, pour tous ses adversaires réunis, mais redoutable pour chacun pris à part. Afin de les combattre séparément, il prit la fuite, en se disant que chaque blessé le poursuivrait dans la mesure de ses forces. Il était déjà à une certaine distance du champ de bataille, quand il tourna la tête et vit ses poursuivants très espacés.
Le premier n'était pas loin : d'un bond, il revint sur lui : Horace avait déjà tué son adversaire et vainqueur, et marchait au second combat. Poussant des acclamations, les Romains encouragent leur champion : lui, sans donner au dernier Curiace, qui n'était pourtant pas loin, le temps d'arriver, il tue l'autre. Maintenant, la lutte était égale, survivant contre survivant; mais ils n'avaient ni le même moral, ni la même force. L'un, deux fois vainqueur, marchait fièrement à son troisième combat ; l'autre s'y traînait, épuisé. Ce ne fut pas un combat : c'est à peine si l'Albain pouvait porter ses armes ; il lui plonge son épée dans la gorge, l'abat, et le dépouille. Rome triomphait pour avoir eu l'idée de la fuite victorieuse. Sur les Européennes, les leaders de l'UMP se défilent et partent avec, aux trousses, des socialistes affaiblis par les combats perdus antérieurement, et surtout désunis. Il suffit de les attaquer séparément pour les dominer et mettre en évidence leurs faiblesses. L'Elysée le sait et utilise cette manière d'opérer pour tout le monde, avec une certaine faiblesse dans le dispositif pour Bayrou, que personne n'arrive à bien saisir puisqu'il passe d'un camp à l'autre.

LA FUMEE DE PENTECOTE
Regardez bien le déroulement de la campagne : la semaine prochaine les sarkozystes vont allumer un nouveau feu, avec de la fumée. L'inénarrable Lefebvre va sortir un amendement le plus polémique possible pour focaliser toutes les « déchaînements » possibles. C'est une volonté et un sacrifice destiné à faire courir après lui le reste de la troupe. Tant qu'ils sont en course, ils vont continuer, avec des sondages fallacieux, destinés à influencer les masses hésitantes sur leur volonté d'aller s'exprimer ou de juger Sarkozy. Lors du week-end de pentecôte, on espère un accident meurtrier, un tueur en série ou des gamins volant un vélo pour occuper la une des jités de TF1 ! En attendant,  on va essayer de développer un rideau de fumée devant les résultats du chômage. La nouvelle poussée du chômage en France va disparaître derrière un long week-end ! Le nombre de chômeurs inscrits au Pôle emploi en catégorie A (sans aucune activité, même réduite) a pourtant connu une nouvelle hausse de 2,4% en avril, soit 58.500 demandeurs d'emploi supplémentaires, a annoncé Bercy vendredi soir dans un communiqué. Leur nombre s'établit à 2.506.700 en France métropolitaine. Sur un an, la hausse est de 24,6%. Le chômage des jeunes flambe (+39,9% sur un an) et les offres d'emploi diminuent, elles aussi, fortement.
La ministre de l'Economie Christine Lagarde n'a pu que "prendre note" de cette "hausse importante", dans un communiqué, mais ajoute qu'elle est "inférieure à celles des trois premiers mois de l'année" (90.200 en janvier, 79.900 en février, 63.400 en mars). Elle qui avait inventé la croissance négative se régale d'un nombre de chômeurs inférieur mais en oubliant de préciser que depuis la fin du gouvernement Jospin, et celui de Fillon, c'est un véritable désastre, qu'elle a totalement oublié. Un trou de mémoire qui évite toute comparaison ! En comptant les catégories B et C, c'est-à-dire les demandeurs d'emploi ayant une activité réduite, cette hausse en avril est de 90.800 chômeurs et leur nombre en France métropolitaine, avec ou sans activité réduite, s'établit à 3.571.500 (3.785.600 en comptant les DOM).
Sur un an, en comptant ces trois catégories, le nombre de demandeurs d'emploi augmente de 16,2%. Les jeunes paient le plus lourd tribu, avec un chômage des moins de 25 ans inscrits en catégorie A en hausse de 4,6% sur un mois et de 39,9% sur un an. Dans un contexte de crise, selon les statistiques diffusées par Bercy, les offres d'emploi collectées par Pôle emploi (né de la fusion de l'ANPE et des Assedic) ont diminué de 1,4% en avril, et de 26,1% sur un an. Au total, le nombre de demandeurs d'emploi inscrits à Pôle emploi en catégorie A s'établit à 2.506.700 en France métropolitaine fin avril 2009, précise Bercy dans son communiqué, soit un niveau équivalent au nombre de chômeurs de catégorie A que comptait la France en mars 2006, selon les statistiques de la DARES. Le gouvernement n'en parlera plus, dès mardi matin. Allez, bon week-end chers « enfumés » de la politique. C'est ainsi que les apiculteurs endorment les ouvrières des ruches pour les mettre ailleurs, dans une espace clos, au service d'une reine. Là, ce n'est que d'un roitelet, qui fait son miel avec l'indifférence de celles et ceux qui le servent !
Mais je déblogue...
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28 mai 2009 4 28 /05 /mai /2009 07:17
Dans toute l'Histoire connue de l'Humanité, les baisers ont tenu un rôle fondamental. On leur attribue la traduction de tous les sentiments et de toutes les arrières pensées depuis que Judas a inscrit le sien dans l'évangile. Pour ma part, je retiens cette séquence extraordinaire de mon film préféré « Cinéma Paradiso » quand, dans la boîte intacte, Salvatore découvre toutes les séquences de baisers que le curé a expurgées des films diffusés par Alfredo. Le comble de la tartufferie. Malheureusement, cette marque d'affection, sincère ou feinte, a été banalisée alors qu'elle a représenté une étape essentielle de la vie amoureuse. On se souvient de son premier baiser conquérant, passionné, maladroit ou timide... et on oublie ceux qui manquaient de sincérité. N'empêche que, depuis hier soir, le baiser est devenu un acte politique fort. Alors que des dizaines de caméras tentaient de saisir celui que Martine donnerait à Ségolène ou que Ségolène refuserait à Martine, les "messieurs je sais tout" qui déversent leurs commentaires impartiaux mais critiques sur le PS étaient à l'affût, et la France retenait son souffle. Un véritable thriller, retransmis en direct sur maintes télévisions avec un arrière goût de festival de Cannes, où tout le monde il est beau, tout le monde il est  gentil. Là, tous disséquaient ce qui devait être l'événement capital, en cette période électorale. Le temps était compté, car bien évidemment il ne s'agissait que d'une supercherie destinée à tromper l'opinion sur la réconciliation entre les deux « femmes ennemies » du PS. Ce n'est pas à l'UMP que l'on trouverait pareille situation, puisque tout le monde baise les souliers à talonnettes du maître des clés des réformes ! Quand François Fillon, le « collaborateur » du Chef de l'Etat qui fut républicain, serre la main de son « patron », c'est un signe fort d'amitié, d'estime et de reconnaissance, alors que quand Ségolène et Martine se retrouvent, on y voit la main du diable médiatique... une sorte d'embrassade à la Pyrrhus !
Si toutes les télés, les radios, les journaux, ne vous le ressassent pas assez , François Fillon va s'en charger, lui qui a « pris toute la France à la gorge ».
« Je crois savoir qu'à cette heure Martine Aubry et Ségolène Royal font meeting commun près de Nantes. Il a fallu des semaines pour savoir si ces deux personnalités allaient tenir une réunion ensemble et si elles allaient se serrer la main », a ironisé le Premier ministre lors d'un meeting à Mulsanne, petite ville près du Mans. Il a oublié que le suspense fut moins grand quand Nicolas Sarkozy a eu à serrer sur son cœur Poutine, Kadhafi, Bongo, Bush... et consorts ! Il est vrai que si les caméras sont aussi nombreuses pour fixer ces grands moments de gloire, ce n'est que par souci de montrer ce que peut représenter la sincérité en politique !
« Je ne doute pas qu'un vent de fraternité et d'amitié souffle sur la réunion de ce soir. Mais derrière les apparences, chacun sait que le Parti socialiste est divisé, et surtout, sur la question de l'Europe, il est sans idées » aurait pu tout aussi bien commenter le Premier Ministre actuel, comme il l'a fait hier sur le meeting du PS. Bien évidemment, les commentaires sont libres, et il faut admettre qu'ils soient ironiques.

LE PETIT BOUT DE LA LORGNETTE
Martine Aubry et Ségolène Royal ont donc scellé hier soir leurs retrouvailles à Rezé, près de Nantes, six mois après les déchirements de Reims et 12 jours avant les Européennes, appelant toutes deux à la participation et faisant assaut d'amabilités et d'hommages réciproques. Et voici la vision journalistique « officielle » d'une réunion sur les européennes : les deux dirigeantes PS avaient fait une entrée de stars, vêtues d'une veste blanche, dans la halle de la Trocardière, devant environ 3.000 personnes enthousiastes. Une avalanche de belles phrases politiques extrêmement importantes, que l'on destine à ridiculiser les échanges : « Ma chère Martine, notre première secrétaire », a lancé la présidente de Poitou-Charentes, parlant de son « bonheur » et de « Martine vaillante dans cette campagne ». La première secrétaire a parlé du « vrai bonheur » de retrouver le PS « tel qu'(elle) l'aime, soudé, combatif, mobilisé aussi ». Rendant un vibrant hommage à l'Afrique, que nous aimons « Ségolène et moi », elle a assuré que le PS a été fier quand Ségolène a dit à Dakar ce qu'elle pensait du discours de Nicolas Sarkozy. Ouf! on est sauvé, on approche de l'Europe... Enfin presque,  selon les comptes rendus destinés à toute la presse nationale et régionale.
Martine Aubry a offert à Ségolène Royal une statue africaine du Burkina-Faso, une « femme debout », en disant « On aime nous opposer. C'est vrai que nous sommes différentes. Après tout, ce n'est pas gênant. Nous avons l'essentiel en commun. Nous sommes indéfectiblement socialistes, et nous sommes des femmes, nous savons nous serrer les coudes quand c'est nécessaire ». On est toujours dans l'essentiel pour mobiliser l'électorat pour le 7 juin. Et l'on sent bien que le journaliste tient la plume dans l'intérêt même de la vie politique... et qu'il a été envoyé là pour parler de l'essentiel.
Comme Martine Aubry a rendu notamment hommage au « combat » de Mme Royal, on y voit de la flagornerie latente. Surtout quand elle dit : « je sais sa volonté de renouveler la politique française et elle a raison, il faut bouger les rangs et les choses, y compris dans notre parti . Ségolène, tu as porté nos couleurs, tu as combattu Sarkozy en disant : il vous ment. Aujourd'hui, tous les Français savent que tu as eu raison ». De tels propos, qui tombent pourtant sous le bon sens, ne peuvent pas être sincères, alors qu'il ne s'agit que d'un constat objectif de la situation actuelle.

EUROPE ABSENTE
En fait, dans toutes les descriptions du meeting, on sent un fort relent de misogynie. Vous savez, cette impression détestable que les histoires de « bonnes femmes » ne reposent que sur des futilités et des mesquineries. Ainsi, on a droit à moult détails sur les « cadeaux », qui sont censés ici ne plus entretenir l'amitié mais la haine. Ségolène Royal a offert à sa « rivale » une porcelaine de Deshoulières, entreprise en difficulté de la Vienne. Ensuite, elle a parlé environ 30 minutes (c'était là l'essentiel, puisque c'est ce qu'elle avait à dire qui était le plus intéressant !) et a lancé « un appel vibrant à la participation électorale ". Dans le fond, si elle avait apporté un cadeau de ces usines-là on en aurait davantage causé dans les postes. Avec le leitmotiv « l'Europe sociale a besoin de vous », l'ex-candidate à la présidentielle a fustigé « les logiques féroces du capitalisme financier » qui a conduit à plus de 3 000 licenciements par jour en France actuellement. Martine Aubry a ciblé pour sa part ses attaques contre Nicolas Sarkozy et le député Frédéric Lefebvre, porte-parole de l'UMP: « Si vous voulez savoir ce que pense Nicolas Sarkozy, regardez M.Lefebvre ! Il dit tout haut ce que Nicolas Sarkozy pense tout bas », évoquant l'amendement déposé par M. Lefebvre sur le télétravail lors de congés maladie. A la fin du meeting, Mme Royal est montée sur scène. Elle a reçu la statuette. Roses rouges et embrassades. Fermez le ban ! Le récit politique d'un meeting sur les européennes est terminé ! C'est la réalité médiatique actuelle, avec cette excuse de Jean Michel Apathie, exégète permanent des comportements des grands de ce monde, répondant sur le plateau de Canal + à un José Bové excédé par cette attitude : « ce n'est pas de notre faute si cette rencontre a lieu ». Certes, mais il est coupable de la transformer en simples minauderies entre femmes politiques, fâchées et réconciliées pour la forme. Que dirait-il si un jour Dominique de Villepin allait serrer, en  public,  la paluche de Nicolas Sarkozy ?

OABAMA EN RENFORT
La personnalisation outrancière de la vie politique, qui permet de substituer la forme au fond, va conduire à terme la démocratie dans une impasse. Le désintérêt pour les réunions publiques, pour les débats, pour les propos tenus par des responsables de l'action collective n'a pas d'autres raisons que ces présentations récurrentes des enjeux de personnes. Elle est lassante, puisque les arguments ne servent plus à rien. La couleur de la cravate ou la longueur de la jupe, la coupe de la robe ou celle du veston, le menu du repas ou la longueur de l'étreinte, sont devenus largement supérieurs aux idées défendues. On ne se déplace plus pour le menu fretin politique, qui d'ailleurs ne court plus de préau d'école en préau d'école. Il faut du spectacle, toujours plus de spectacle. Il faut du pain et des jeux. Il est indispensable de monter des coups, de faire venir des vedettes, pour « faire du monde ». A-t-on parlé avec autant de détails des autres meetings socialistes ? Il serait intéressant de mesurer l'impact médiatique de chacun d'entre eux depuis le début de la campagne, et de comptabiliser, ce matin, les minutes d'antenne ou la place accordées à celui de Rezé ! Il y a fort à parier que maintenant, à l'Elysée, on va chercher, pour la dernière semaine, une parade. On envisagera que Carla Sarkozy se rende sur le terrain en robe de grand couturier moulante, et en compagnie de « Chouchou », pour rassurer l'électorat de Gala ou Voici.
Tenez par exemple, la venue le 6 juin, veille du scrutin, de Obama (à ce propos, pour que les retombées soient meilleures, on a éliminé la Reine d'Angleterre des photos) va accentuer cette exploitation manifeste de l'image en politique. Avouez que c'est une coïncidence incroyable que celle qui permet au Président des Etats-Unis de venir apporter, de fait, son image à un scrutin européen. On rendra compte des tenues féminines, des poignées de mains, des envolées sur ces soldats morts pour libérer l'Europe, mais on oubliera celles et ceux qui ne peuvent plus manger à leur faim, qui luttent contre un sort défavorable, qui, après être tombés au champ du déshonneur du capitalisme financier, ont leur nom sur le monument aux morts de l'économie libérale... Il sera trop tard, alors, pour les opposants de se retrouver sur une estrade : le tour sera joué et le lendemain soir, 7 juin, sur le plateau des télévisions ruisselantes de bonheur,  Lefebvre exultera : les réformes sarkozystes peuvent continuer, puisque le Peuple se sera massivement réconcilié avec son Président !
Mais je déblogue...
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27 mai 2009 3 27 /05 /mai /2009 13:37

Le Dimanche 7 juin, les Françaises et les Français mettront, si l’on en croit les messages alarmistes des médias, leurs mains citoyennes dans leurs poches. On ne cesse de répéter que l’abstention atteindra des records, comme s’il fallait absolument persuader les électrices et les électeurs que celles et ceux qui se rendront aux urnes sont en décalage complet avec cette opinion dominante qui veut que l’on adopte comme devise républicaine « maison, gazon, télévision ». Dramatique pour l’Union européenne, mais surtout pour la République Française ! Or depuis hier, ils pourraient, si on les informait différemment, avoir des raisons concrètes de consacrer quelques minutes à s’exprimer ! Les entreprises, telles Goodyear, Altis, ABB ou EDA cette semaine, continuent à égrener des suppressions d'emplois portant sur des centaines de postes, au moment même où l'Unedic (régime d'assurance chômage) déclare s'attendre à 639.000 chômeurs de plus cette année.Comment ne réagissent-ils pas en se mobilisant, face à ce qui représente un véritable raz de marée social ! Dans l'hypothèse d'un recul de 3% du PIB, le nombre de chômeurs (catégories A+B+C, c'est-à-dire y compris ceux ayant une activité réduite, ainsi que les seniors dispensés de recherche d'emploi), qui s'élève actuellement à environ 3,5 millions d'individus, augmenterait de 639.000 en 2009. Les destructions nettes d'emplois salariés atteindraient 591.000, selon ces prévisions de l'Unedic, assombries par rapport à celles des mois de février et mars… Mais comme, récemment, François Fillon a annoncé que les chiffres allaient s’améliorer avant les Européennes, on peut dormir sur son canapé, rassuré ! Il est vrai que les experts n'ont toujours raison que… quand les faits démentent les politiques. Encore plus pessimiste, l'ex-directeur général de l'Unedic, Jean-Pierre Revoil, avait déclaré récemment à l'AFP que le recul de l'activité devrait mécaniquement faire « 900.000 chômeurs de plus cette année ». Il fait du mauvais esprit, car si Nicolas Sarkozy dit le contraire, nous devons le croire, et surtout ne pas aller voter. L'emploi, redevenu la priorité des Français, a pourtant été hier au coeur d'une journée interprofessionnelle d'actions, à l'appel des huit syndicats, qui réclament des engagements urgents de l'Etat et du patronat. Une rafale de suppressions d'emplois a été annoncée le même jour, notamment 820 licenciements dans la production de pneus automobiles, à l'usine Goodyear-Dunlop Tires d'Amiens-Nord, qui compte 1.400 salariés.


TOUJOURS SOUS PRESSION

 

Ces ouvriers, ces employés, ces cadres, doivent s’abstenir ou aller voter pour l’UMP, car ils sont certainement ravis de faire partie des convois de licenciés qui attendent sur les rails de la pauvreté. Cette décision, que le groupe américain a justifié par « sa stratégie de réduction de ses capacités de production dans les pays à coût élevé » et par le refus de la CGT d'accepter en juillet 2008 une organisation du travail en 4 x 8, n'est « pas une surprise » selon les syndicats, mais néanmoins un « coup de massue pour les salariés victimes de ces requins de la finance » selon Sud. Il s’agit simplement de la mise en œuvre de propos du Chef de l’Etat, pris au mot : « la crise est une chance pour la restructuration de notre économie ». La Picardie, déjà frappée par l'emblématique fermeture programmée de l'usine de pneus Continental à Clairoix, paie un lourd tribut aux restructurations. Et le pire, c’est que ce n’est pas fini ! Toujours hier, la direction de l'usine de composants électroniques Altis Semiconductor de Corbeil-Essonne a annoncé la suppression de 400 emplois sur environ 1.500. "Casse sociale", a dénoncé la CFTC, qui craint, comme les autres syndicats, une fermeture complète de l'usine en l'absence de repreneur rapide. 

Hier encore, le tribunal de commerce de Paris a prononcé la liquidation judiciaire du grossiste alimentaire EDA, en autorisant la suppression de 617 postes sur le territoire, et en validant l'offre de reprise partielle d'un concurrent qui conserverait 97 autres salariés. Enfin, le groupe d'ingénierie helvético-suédois ABB prévoit de supprimer, sur une demi-douzaine de sites en France, 540 postes. L'hémorragie risque de continuer cette semaine. Le tribunal de commerce de Versailles rendra demain sa décision sur une possible liquidation d'une filiale française de l'équipementier en télécommunications canadien Nortel, qui entraînerait 480 suppressions d'emplois sur 700 dans les Yvelines. Bien sûr, il s’agit dans tous les cas d’un problème de compétitivité, et sûrement pas d'une vision d’amélioration de la rentabilité des groupes d’actionnaires qui les soutiennent...


LA CRISE A BON DOS

 

Symboliquement, deux jours après la clôture du Festival de Cannes, des syndicats ont même décerné, sur le parvis de la Défense (Hauts-de-Seine), les prix des « pires dérives patronales » à Dexia, HP, Novartis, Total ou PPR qui, « avec la crise, profitent de l'effet d'aubaine », en détruisant des emplois malgré des bénéfices et des primes aux dirigeants. Les travailleurs temporaires, les jeunes, et les salariés peu qualifiés, sont particulièrement touchés par ce raz-de-marée. Mais eux aussi resteront sûrement chez eux, puisque la télé leur affirme, chaque jour, que c’est ce que va faire le plus grand nombre. Ils attendront devant TF1 le verdict des urnes, qui placera l’UMP en tête et qui verra sur le plateau, vers 22 h 30, tout le monde s’extasier sur cette abstention record et le fait que nous aurons conforté les réformes présidentielles !

Or, selon M. Revoil, « on n'a jamais vu une telle rapidité de croissance du chômage depuis l'après-guerre et peut-être la crise de 1929 ». Ce n’est pas encore suffisant pour transformer des consommateurs passifs en citoyens décidés à se faire entendre. Il faut bien avouer que toutes les tentatives de mobilisation se heurtent à un mur d’incrédulité. Les grèves se succèdent, mais ne mobilisent qu’une journée des gens motivés et décidés à, au moins, sortir de leur léthargie. La France, pays de plus en plus âgé, se résigne par peur du lendemain et surtout par nécessité financière. Tout le monde a son fil bancaire à la patte. C’est une réalité dans une civilisation de l’argent-roi. Cette dépendance inévitable pèse sur la citoyenneté, car elle favorise le renoncement collectif.


DIVISER POUR REGNER

 

Comment, en effet, croire à la différence ? Comment accepter de placer son espoir dans d’autres mesures ? Comment ne pas se détourner de personnes qui passent l’essentiel de leur temps à se pousser dans le fossé ? Comment aller voter pour des femmes et des hommes totalement inconnus, absents du terrain durant tout le temps de leur mandat ? Comment établir un lien positif entre ses propres préoccupations et une Union Européenne totalement anti-démocratique ? La proximité sauve parfois la démocratie. Et encore ! L’égoïsme social est devenu un axe essentiel de la vie politique et, d’ailleurs, le gouvernement sarkozyste en use et en abuse, en sectorisant ses attaques. Les licenciés d’une entreprise qui ferme ou va chercher des dividendes pour ses actionnaires ailleurs, se retrouvent seuls, très seuls, face à la réalité de leur désarroi.

On n’a pas cessé de répéter depuis des décennies que la réussite n’était qu’individuelle et que, dans le fond, « se soucier » de l’intérêt général, ou de la vie collective, relevait de la générosité inutile. Le système  a sérié les « rôles » : par exemple, parents d’élèves de maternelle, d’école élémentaire, de collège, de lycée… mais surtout « indépendants », car c’est plus chic, mais totalement inutile en impact social ! Ainsi, on peut, au niveau gouvernemental, gérer au mieux les réformes puisqu’il n’y a en face que des « parents » éparpillés, émiettés, sous informés, indifférents. La théorie du « diviser pour régner » reste une méthode productive, surtout quand les citoyens, mal informés et anesthésiés, redeviennent des « sujets ».

Mais je déblogue…

 

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26 mai 2009 2 26 /05 /mai /2009 07:17
Il faut bien convenir que les Britanniques ont un art consommé du supplice. Ils se délectent de ce qui fait mal et qui dure...et leur presse écrite adore faire durer ses scoops, en s'acharnant sur celles et ceux qu'ils tiennent. Il est vrai que les habitudes Outre Manche sont bien différentes des nôtres, et le sens de la liberté anglais va jusqu'à laisser aux journaux le soin de régler sur la place publique tout ce qui peut poser problème. Les femmes et les hommes politiques le savent et l'acceptent, car ils sont conscients que rien ne peut influer sur le cours des affaires. Le seul problème, c'est que ces attaques en règle reposent souvent sur des procédés douteux, et qu'il faut souvent se « boucher » le nez ou les yeux pour ne pas voir des évidences détestables.
Ainsi, le feuilleton du remboursement des notes de frais très diversifiées des parlementaires relève de cette méthode, puisque le CDRom aurait été acheté, pour des dizaines de milliers d'euros, avec comme intermédiaire un ancien des services secrets anglais. Mais rassurez-vous, c'est du journalisme efficace. Ce qui, au fond, semble être en cause, ce n'est pas tellement le comportement des élus du Parlement britannique, mais plutôt les largesses de la législation en vigueur, qui leur permet de se faire rembourser tout et n'importe quoi. L'enquête du quotidien anglais qui a révélé des abus ressemblant à un inventaire à la Prévert, montre, en effet, que les remboursements des frais engagés par les élus couvrent à peu près tout et n'importe quoi : les frais de déplacement, les nuits d'hôtel pour les périodes passées hors de leurs circonscriptions, mais aussi des travaux dans leurs résidences secondaires, le nettoyage de leurs piscines privées ou encore leurs arbres de Noël.
En pleine période de crise, et au moment où l'Europe s'enlise de plus en plus dans la récession, on peut juger la récente démission de Shahid Malik, Secrétaire d'Etat à la Justice, comme un moyen de calmer le jeu et d'apaiser la colère de l'opinion publique britannique.
Ce qui est reproché à l'ancien secrétaire d'État, c'est d'avoir demandé le remboursement, aux frais du contribuable, de l'équivalent de 75 000 € sur trois ans pour sa résidence secondaire, à Londres, alors qu'il était déjà locataire pour un loyer modique (moins de 500 € par mois) d'une maison de trois chambres dans sa circonscription. L'argent des contribuables lui aurait également permis de s'offrir un home cinéma d'une valeur de 1 050 livres. Dans ce contexte de crise, et à l'approche des élections législatives au Royaume-Uni, de nombreuses têtes pourraient encore tomber, notamment au sein du Parti travailliste, au pouvoir depuis 1997 avec la victoire de Tony Blair.
L'une des conséquences possibles du scandale serait une inquiétante montée de l'extrême droite en Angleterre, par le biais, notamment, du British National Party (BNP), connu pour ses positons radicales envers l'immigration et surtout envers les musulmans : certains de ses membres n'hésitent pas à les qualifier publiquement de « parasites ». Shahid Malik, musulman d'origine pakistanaise, né en Angleterre et qui a fait ses classes au sein du Parti travailliste a, par ailleurs, été l'un des plus fervents opposants à l'idéologie véhiculée par le BNP. La réalité est différente de ce que les gens veulent y voir, car, à l'arrivée, on se souvient des dérives des années trente dans d'autres pays !

UNE MINE A EXPLOITER
Le quotidien conservateur Daily Telegraph a mis la main sur des  quantités considérables de documents, des milliers de fichiers informatiques contenant le menu détail des notes de frais des 646 membres de la Chambre des communes. Cette mine d'informations explosives avait auparavant été proposée à trois autres journaux.
Dès le mois de mars, le Times et le Sun avaient été approchés par un mystérieux intermédiaire : ils refusèrent de débourser une somme comprise entre 70 000 et 300 000 livres (entre 80 000 et 340 000 €). Ces deux titres du groupe Murdoch ne trouvaient pas l'addition trop salée, mais plutôt manquaient de courage. Ils avaient « peur qu'on les accuse de mettre une bombe sous la Chambre des communes » explique un spécialiste des médias britanniques.
Le tabloïd Daily Express refusa lui aussi de payer, mais publia l'information selon laquelle la ministre de l'Intérieur Jacqui Smith s'était fait rembourser des films X loués par son mari.
La machine était lancée, afin de faire durer le feuilleton destiné à maintenir en haleine un lectorat avide de scandales. Peut-être les journaux étaient-ils aussi réticents à acheter des informations qui devaient de toute façon être publiées par le Parlement en juillet, au terme de longues années de batailles juridiques sur le droit à l'information. Fin avril, le dossier a fini entre les mains du Telegraph, qui a su parfaitement l'exploiter, à la fois pour produire un effet de scoop dès le premier jour, et pour faire durer l'histoire dans le temps. On en est ainsi arrivé à ce que la somme n'ait aucune importance face au côté cocasse de la dépense. Les films X ont fait rire tout le pays alors que la dépense remboursée est dérisoire.

UNE AUBAINE FINANCIERE
Contrairement à un scoop classique qui tient en une information simple, le journal a fait l'acquisition d'une énorme masse de données, l'équivalent de 200 DVD remplis de milliers de justificatifs et de factures patiemment numérisés par les services comptables du Parlement. Avant de sortir les premières révélations accablant Gordon Brown et ses ministres, pas moins de dix journalistes du service politique ont travaillé sur le dossier pendant une dizaine de jours. Pour éviter de griller toutes ses cartouches d'un coup, le journal se focalise chaque jour sur cinq ou six élus différents, respectant son engagement d'indépendance, en épinglant autant les conservateurs que les travaillistes. Pour s'assurer de la reprise de ses informations en bonne place dans les autres médias, le Telegraph communique dès 20 heures le contenu de ses pages à ses concurrents. Et le tour est joué ! La gravité de la situation repose sur la généralisation du mal, qui touche majorité et opposition réunies dans un même panier de crabes. Le scandale touche en effet tous les élus britanniques.
Les 646 parlementaires de Westminster perçoivent une indemnité annuelle de l'ordre de 65 000 livres sterling (73 000 euros), à laquelle s'ajoutent des notes de frais moyennes de 144 000 livres par législateur (160 000 euros). Il faudrait à ce sujet comparer avec les parlementaires français avant d'effectuer des extrapolations faciles. En effet, le « bon » citoyen a vite effectué l'amalgame, car le système français est totalement différent tant dans la méthode de paiement de salaires que de frais fixes dits de représentation. Mais personne n'analysera exactement la forme, puisque la condamnation est déjà acquise sur le fond.
Remboursements sur fonds publics de sommes versées à des jardiniers, des ouvriers ou du personnel de maison... la liste est longue. Du côté des formations politiques aussi, les têtes ont commencé à tomber. Le Parti travailliste a suspendu l'ancien ministre de l'Agriculture, Elliot Morley, soupçonné d'avoir reçu en notes de frais 16 000 livres (18 223 euros) de remboursement pour son crédit immobilier, et ce, plus d'un an et demi après la fin de l'échéancier. Chez les conservateurs, l'un des principaux conseillers économiques de David Cameron a démissionné, l'examen de ses dépenses ayant révélé une « situation inacceptable », selon le porte-parole des Tories.

UN VIRUS DANGEREUX
Selon le Daily Telegraph, des cadres importants du Parti conservateur se sont fait rembourser les frais d'entretien de leurs piscines, ou l'achat d'engrais pour leurs jardins. Pour calmer le jeu, le parti conservateur a assuré que les élus concernés rembourseraient les sommes perçues. David Cameron a précisé que quatre de ses principaux lieutenants, Michael Gove, Oliver Letwin, Andrew Lansley et Alan Duncan, rembourseraient au total quelque 16 000 livres (18 000 euros) de notes de frais indûment perçues. Le chef de file des Tories a ajouté qu'il rembourserait lui aussi une note de frais dont il n'a pas précisé le montant... mais maintenant, le mal est fait, car on peut se demander si les remboursements seront facturés en notes de frais !
En attendant, le débat de fond n'aura pas lieu : jusqu'où peut-on aller pour livrer la démocratie représentative à ses adversaires résolus ?
De la construction d'une « île pour canards » aux astuces comptables pour échapper à l'impôt sur les plus-values, les défraiements excessifs servent d'exutoires à un populisme angoissant.
Les ventes du journal ont grimpé en flèche, comme sa notoriété: au premier jour des révélations, le 8 mai, le journal a vendu quelque 85.000 exemplaires de plus que sa moyenne, d'environ 820.000 en avril, selon des fuites de presse, dans l'attente des chiffres officiels. Mais ce scoop a fait grincer quelques dents. Et pas seulement celles des députés stigmatisés, contraints d'aller se justifier, le rouge au front, devant les caméras des télévisions.
Il y quelque chose de foncièrement peu déontologique dans la façon dont cette information a été obtenue. Ce sera sans conteste le scoop de l'année, même s'il a été obtenu de façon douteuse.
Vendredi, le Telegraph annonçait avoir dépouillé les notes de frais d'environ 180 députés. La chambre des Communes en compte 646...On a encore beaucoup à apprendre des us et coutumes des lords et milords anglais. Mais surtout, que le mal ne gagne pas la France et les autres pays du monde comme une sorte de virus susceptible de provoquer une pandémie anti-parlementaire. Il est vrai que le système est extrêmement grippé.
Mais je déblogue...
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25 mai 2009 1 25 /05 /mai /2009 07:17

Parfois, il me prend l'envie de publier une chronique qui ne serait faite que d'extraits du contenu de l'une d'entre elles, accompagné dessous de dépêches ou d'articles de presse apportant simplement la preuve que ce qui était... annoncé s'est produit. Malheureusement, je n'en ai pas le temps, et je crains que ça ne fasse un peu trop présomptueux. Et pourtant, le risque pris dans cette compilation, commentée d'informations venant de diverses sources, vaudrait véritablement le temps passé. La vitesse avec laquelle l'opinion dominante oublie les événements est devenue telle que je suis certain que cet exercice serait bénéfique pour bien des lectrices et des lecteurs. Qui, par exemple, se souvient des tonnes de déclarations gouvernementales expliquant depuis des mois que la récession n'était pas à l'ordre du jour, que la France était mieux lotie que tous les autres pays, que le plan de relance était suffisant, que l'Europe secouée par un Nicolas Sarkozy maître du monde allait connaître une relance rapide, que les emplois seraient préservés, que le déficit national serait épongé en deux ou trois ans, que la dette de fonctionnement ne pénaliserait pas le pays... Terrible. Il faudrait des lignes et des lignes pour compiler ces déclarations qui endorment tout le monde comme les contes de fées le font avec les enfants qui ont sommeil.
En fait, le gouvernement et l'omniprésident se contentent d'affirmer, de pérorer, de promettre, de se glisser derrière chaque fait pour laisser accroire qu'ils possèdent une solution miracle permanente. Une sorte de méthode Coué qui tient lieu de ligne politique. Et il serait malhonnête d'affirmer que ce n'est pas efficace. L'art ultime consiste à dire tout et son contraire, à reculer des mois plus tard, à ne faire aucun complexe, à prétendre que la réalité est bien plus belle que la fiction des annonces. La vérité vient donc de plus en plus de l'extérieur, qui scrute la France avec moins de complaisance que ne le font des médias français, aux abois ou aux ordres.
Par exemple pour le Directeur de la Banque mondiale, la crise pourrait déboucher sur une « grave crise humaine et sociale » si des mesures adéquates ne sont pas prises à temps, a estimé, Robert Zoellick, dans un entretien publié hier en Espagne. « Si l'on ne prend pas de mesures, il existe un risque d'arriver à une grave crise humaine et sociale, avec des implications politiques très importantes. Les mesures de relance peuvent être déterminantes », a déclaré cet Américain, au journal espagnol El Pais.
« Ce qui a commencé comme étant une grande crise financière et est devenu une profonde crise économique, dérive aujourd'hui en une crise du chômage », a-t-il ajouté. « Si l'on crée des infrastructures qui mettent les gens au travail, cela peut être un moyen d'associer des défis à court terme à des stratégies à long terme », a poursuivi Robert Zoellick. « A mon avis, dans ce contexte, personne ne sait vraiment ce qui va se passer et le mieux est d'être prêt pour tout imprévu », a-t-il souligné. Erreur fatale : notre gouvernement sait ce qui va se passer, et il réfute toutes les demandes de mise en place rapide d'un nouveau plan de relance favorisant le pouvoir d'achat et la consommation. Point d'urgence, car nous ne sommes pas encore au fond du trou comme d'autres pays de cette merveilleuse Europe du profit et du capital.

LES SANGLOTS LONGS DE L'AUTOMNE
Par zones géographiques, l'Amérique latine s'est maintenue raisonnablement bien, même si le Mexique et l'Amérique centrale sont sous tension, car ils dépendent beaucoup du marché nord-américain. L'Europe de l'Est est dans une situation délicate, en particulier les pays Baltes ou d'autres comme la Roumanie. L'Asie remonte, alors que nous sombrons lentement mais inexorablement. Autres « zones d'ombre », avertit le président de la Banque mondiale: « les dangers liés au protectionnisme et à la dette privée dans le monde émergent, malgré les aides du FMI ». « Et il existe ce que j'appelle le 'facteur X', que l'on ne voit jamais arriver, comme la grippe porcine », a-t-il ajouté. Bien entendu, en France, tous ces facteurs ont été analysés et guident la politique actuelle du gouvernement, exclusivement orientée depuis des semaines sur le volet « financier » de la crise, alors que celui-ci est dépassé. Les milliards mis dans les banques ne sont pas retournés vers le monde économique, et encore moins vers le secteur de l'emploi. Les vacances vont voir fleurir les fermetures d'opportunité d'entreprises ou d'usines, la prolongation des congés, l'effondrement de la consommation, dès que les dépenses obligatoires de la rentrée vont être passées par là. Octobre sera un mois crucial avec des mouvements sociaux de grande ampleur.
La reprise économique va en effet être d'une faible intensité durable, et le chômage ne va pas cesser de continuer à augmenter. Une grande dépression est même fortement envisageable sans pessimisme excessif, surtout si les élections européennes renvoient une majorité politique soutenant Barosso, et la commission actuelle obsédée par la libre concurrence, pourtant en permanence faussée par les déséquilibres sociaux.

L'ARRIVEE DU RSA
Pour l'instant, en France, les deux grandes passions tournent autour de la fin du championnat de football de Ligue 1, le film diffusé par « Femmes Actuelles » montrant « Carlita » coulant un regard de biche à son Chouchou qui travaille dur pour la France, et plus encore les faits divers qui justifient tous les processus liberticides. Pour le reste, on s'est installé dans un « chacun pour soi et la crise pour les autres » qui favorise l'indifférence citoyenne prévue pour le 7 juin prochain. Dans le fond, les prévisions du Directeur de la Banque Mondiale n'égalent en rien le niveau des paris sur le duel entre Bordeaux et l'OM ! Ce n'est tout de même pas ce rabat-joie qui va nous annoncer une catastrophe sociale, alors que les médias dégoulinent de propagande gouvernementale sur les mesures en faveur de l'emploi ! En France, pays libéral qui hait les emplois aidés, puisqu'ils sont contre nature avec la loi du marché, dans quelques jours on va lancer avec fracas et avec ostentation le fameux Revenu de Solidarité Active (RSA) qui remplacera le RMI.
Dans une période où les emplois deviennent de plus en plus rares, où tous les postes de fonctionnaires non créés vont reporter vers d'autres secteurs tous les recalés des concours, où les jeunes vont arriver avec leurs diplômes professionnels dans les Pôles emplois, le RSA va surtout constituer une charge supplémentaire pour les Conseils Généraux déjà frappés de plein fouet par la chute vertigineuse des ressources tirées des droits de mutation. Il permettait (avant la crise) de retrouver un travail plus facilement, selon un rapport publié vendredi, qui soulignait aussi que la reprise d'emploi des plus démunis est fortement affectée par la crise économique.
La publication de cette évaluation intervient à moins de 10 jours de la généralisation dans toute la France du RSA, dont les premiers versements tomberont le 6 juillet. Il garantit aux bénéficiaires de minima sociaux qu'ils ne perdront pas d'argent s'ils reprennent un emploi. Encore faudra-t-il qu'on leur en propose un !

LA PAUVRETE GALOPANTE
La crise sociale menace, car alors que les bénéficiaires de minima sociaux connaissent déjà un très faible taux de retour à l'emploi, l'étude souligne que la crise a, depuis, considérablement aggravé leur situation en faisant chuter les taux de reprise d'emploi aussi bien en zone expérimentale qu'en zone témoin. Si un pic dépassant 4% est observé en juin et juillet 2008 dans les zones expérimentales, le pourcentage tombe à un peu plus de 2% en février, avec l'aggravation de la crise.
Le rapport montre aussi que la progression en 2008 du nombre d'allocataires en emplois avec un faible salaire (moins de 200 euros) est plus forte dans les départements qui ont appliqué le RSA. Moins d'un tiers des emplois occupés par les personnes ayant retrouvé un travail sont des emplois durables (CDI, CDD de plus de 6 mois), 25% sont en CDD de moins de 6 mois ou en intérim, 27% en contrats aidés. Environ 60% des emplois sont dans le secteur marchand... dont on connaît désormais l'avenir à l'échelle mondiale. Les attentes, elles, sont importantes. 3,1 millions de foyers doivent bénéficier du RSA et Martin Hirsch estime qu'il devrait permettre à environ 700.000 personnes de passer au-dessus du seuil du pauvreté, fixé à 880 euros. Il oublie simplement de préciser que le nombre des « pauvres » dans notre pays a augmenté à la même vitesse et que donc si le RSA se plante, c'est une déferlante de précarité qui se produira fin 2009 début 2010.
En fait, le libéralisme économique a atteint ses limites, mais les Françaises et les Français ne s'en sont pas encore aperçus tellement on les gave d'affirmations anesthésiantes. Le RSA, à une semaine des européennes, va contribuer à masquer la dure réalité.
Les plans sociaux qui vont alimenter à terme les listes des bénéficiaires ne viendront que durant les vacances... afin d'éviter d'affoler les électrices et les électeurs. Mais depuis hier, le patron des banques annonce la couleur et elle est véritablement noire !
Mais je déblogue...

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Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
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