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LES STATISTIQUES

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24 mai 2009 7 24 /05 /mai /2009 07:17
De toutes parts les quolibets fusent, les reproches s'amoncellent, les attaques se multiplient : le Parti socialiste ne parlerait pas suffisamment d'Europe alors que le parti présidentiel et ses candidats « officiels », comme ce fut le cas sous Napoléon III (tous les ministres font campagne alors qu'ils ont encore des fonctions ministérielles), eux, se consacreraient à un projet véritablement construit pour l'UE. D'ailleurs, il y a eu un clip pour rappeler opportunément qu'en deux ans, notre immense Président de la République avait fait autant pour la construction européenne que De Gaulle, Giscard et Mitterrand réuni en 30 ans. C'est dire ! Or, il faut bien constater que l'UMP tire les ficelles habituelles de tous les votes nationaux, sans se soucier un seul instant de l'avenir européen. La seule chose qui compte, c'est que Nicolas Sarkozy ne soit pas jugé sur son bilan et que l'UMP arrive en tête avec son socle électoral retrouvé. Une réunion de tous les gens qui squattent 24 heures sur 24 un système médiatique complaisant a d'ailleurs mis en place une tactique, avec des phrases précises, de telle manière que deux thèmes soient sans cesse martelés avant le vote du 7 juin : sécurité tous azimuts et fausse ouverture politique, afin de faire oublier l'ultra libéralisme. On y va donc chaque jour de la valorisation de ces deux thèmes, ce qui permet de clamer que l'on ne parle pas assez d'Europe.
Un  "confidentiel" de l'Express confirme cette tactique découlant des premières attaques du PS sur la notion de sanction d'un bilan... national, mais pas européen. Le fameux clip, en positionnant Nicolas Sarkozy sur le niveau supérieur (message : il est l'égal de ses prédécesseurs et donc déjà entré dans l'Histoire), cherche à éviter que le débat national ait lieu ! On a donc conforté ce positionnement par une réunion tactique, alors qu'au PS on continue à considérer que la « com » doit être instinctive et personnelle, ressemblant à une guérilla, avec des pétoires récupérées sur l'ennemi. D'où l'échec mortel qui se prépare, face à une « armée » organisée, formatée, efficace.

ACTION CONCERTEE
Alors que la campagne pour les élections européennes allait vraiment démarrer avec le deuxième anniversaire de la victoire de Nicolas Sarkozy du 6 mai 2007, l'Elysée a en effet souhaité éviter qu'elle ne se focalise sur le bilan de ces vingt-quatre premiers mois. A l'issue d'une réunion du jeudi, à 7 h 30, autour du secrétaire général de la présidence, Claude Guéant, et du conseiller à la stratégie, Jean-Michel Goudard, les participants (les ministres Brice Hortefeux, Eric Woerth, Luc Chatel et Nadine Morano, ainsi que le secrétaire général de l'UMP, Xavier Bertrand, et le porte-parole du parti, Frédéric Lefebvre) ont reçu, en toute confidentialité, comme c'est le cas chaque semaine, la feuille de route qui désigne les relais médiatiques pour chaque thème d'actualité. Cette fois, la consigne était générale - "pour action : tous" (sic)- et demandait de combattre l'idée selon laquelle il serait déjà possible d'établir "un bilan" de la présidence Sarkozy au terme des deux premières années. Le PS, face à cette offensive généralisée, a battu en retraite et s'est réfugié dans les montagnes, laissant le champ libre à François Bayrou, car il était incapable de se tourner vers les électrices et les électeurs, puisque essentiellement préoccupé à « s'autoconvaincre » à l'interne.
La consigne du début du mois a été simple : accentuer la communication sur l'insécurité et démontrer que, face à ce fléau qui menacerait le quotidien des Français, on a fait preuve d'une fermeté purement artificielle. Montage en épingle des faits divers dans les banlieues ; satisfaction cachée de la « bavure » de l'arrestation des gamins girondins ayant emprunté un vélo (les déclarations critiques ne se traduiront par aucune sanction !); large écho donné aux graves événements  intervenus dans des établissements scolaires ; montée absurde au créneau,  en retour, du plus dévoué des parachutistes sarkozystes, Darcos, qui a beaucoup à se faire pardonner. Sommet de la démagogie que ses propositions en matière de résolution des problèmes rencontrés, alors que tout le monde prédit que ce sera pire en 2009-2010, avec la saignée dramatique effectuée dans les postes de l'éducation en une période où on en manque pour faire face aux réalités sociétales. Une terrible démagogie, uniquement destinée à répondre à  côté des causes, pour ne traiter que les effets.

DARCOS BON ELEVE
A l'occasion d'une visite le 15 mai au collège François Mitterrand à Fenouillet, où un élève de 13 ans a blessé d'un coup de couteau une enseignante, Xavier Darcos avait réaffirmé sa volonté de "sanctuariser" les établissements scolaires, et évoqué notamment l'installation de portiques de détection à l'entrée de bâtiments. Incroyable : alors qu'il détruit tout le système de l'enseignement public, en supprimant à tout va les moyens humains de surveillance, il se voit d'autant plus aisément investir dans des dispositifs techniques, qui seront payés par... les collectivités locales qui, par ailleurs, fourniront le personnel pour les faire fonctionner. Mais cette annonce absurde, déconnectée de toute réalité, n'est que de l'opportunisme électoral, et comme rares sont les personnes qui évoqueront ce qui ne sera qu'un nouveau transfert de compétences, la pilule dorée passera mieux !
Jeudi, le ministre de l'Education nationale a également émis l'idée de donner la "compétence d'officiers de police judiciaire à des chefs d'établissements, ou recteurs et inspecteurs d'académie" pour qu'ils puissent ordonner des fouilles (sic), et a proposé la création d'une « force mobile d'agents qui (pourraient) intervenir dans les établissements sur des missions de prévention et de contrôle ». Du type de celle qui est intervenue à Floirac face à un enfant de maternelle et un autre de Cours moyen?  Là encore c'est extraordinairement démagogue, mais ce sont les consignes élyséennes, destinées à rassurer le bon peuple de France et notamment les parents du petit Floiracais, auquel on a emprunté le vélo !
Même la Ministre de l'intérieur n'aurait pas imaginé pareilles annonces. Il est vrai qu'elle ne participe pas aux conciliabules du jeudi matin à l'Elysée. Michèle Alliot-Marie souligne que faire des recteurs des "officiers de police judiciaire", lui paraît un "peu compliqué".
« Ce ne sont pas des titres honorifiques, mais des compétences juridiques", observe-t-elle. "Ils sont attribués par l'autorité judiciaire, qui ne plaisante pas avec ses critères. Pour être OPJ ou APJ, il faut passer un concours ou un examen, et être formé très sérieusement », ajoute la ministre, pour qui il faut être « capable physiquement et psychologiquement de s'imposer sans violence ». Quant à la création d'une « force mobile d'agents », elle déclare que « faire de la prévention à l'intérieur des établissements » lui « paraît judicieux ». Mais, dit-elle, "on ne va pas installer des commissariats dans des écoles, ni morceler les forces de police pour créer une brigade spéciale pour chaque problème..."
Peu importe : c'est irréalisable.  Donc, le 8 juin, il suffira d'annoncer que c'est oublié, mais les élections seront passées, et dans les chaumières, on retiendra qu'on a enfin annoncé des « solutions » pour Karchériser les établissements scolaires.

OUVERTURE ALLEGRE
Sur la seconde volonté tactique de marginaliser le PS, on tente de démontrer que, dans le fond, les Socialistes historiques ne sont pas si éloignés que l'on veut bien l'écrire de la politique sarkozyste. Il a donc été convenu de faire monter l'information selon laquelle l'immense talent de Claude Allègre serait bientôt reconnu. Un pied de nez aux Jospiniens, que ce recrutement de poids de celui auquel les Hussards noirs de la République ne pardonneront jamais d'avoir tué les écoles normales d'instituteurs. On lui a demandé de faire part de ses envies irrépressibles de pouvoir, de paraître, d'exister... afin qu'on puisse laisser entendre que cet appel pathétique serait entendu ! Quand les élections européennes seront passées, on en reparlera, mais le mal est fait. D'ailleurs, l'ex-copain du Chef de l'Etat, Nicolas Hulot, déjà roulé dans la farine avec un Grenelle taillé en pièces et sans aucune mesure concrète, a vite réagi, condamnant quasiment les espoirs d'Allègre. Nicolas Hulot estime en effet que la nomination d'Allègre serait « un bras d'honneur aux scientifiques » et « un signal tragique », six mois avant le sommet de Copenhague où doit être conclu un accord mondial sur le climat.
Le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale Jean-François Copé a déploré pour sa part que le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner ne vienne « jamais » devant le groupe UMP. Une manière de lui rappeler qu'avant les Européennes, il devrait vendre davantage son âme au Diable !
Il avait auparavant mentionné « certains ministres d'ouverture » qui « considéraient qu'ils n'avaient pas à venir devant le groupe UMP alors que d'autres venaient très régulièrement ». Questionné sur la poursuite de l'ouverture lors du prochain remaniement ministériel, il a estimé que « l'ouverture (était) une très bonne idée ». Les Anglais avaient, eux aussi, trouvé que la venue chez eux des Bourgeois de Calais, pieds nus, la corde au cou,  pour implorer leur clémence, était une bonne idée. C'était d'ailleurs le début de la construction européenne !
Préparez-vous ! le flot d'insécurité va déferler durant ces quinze derniers jours. Nicolas va annoncer des mesures et des mesures, des réformes et des réformes : ça ne coûte rien, mais ça rapporte encore gros !
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23 mai 2009 6 23 /05 /mai /2009 07:17

La bataille la plus importante autour des Européennes a été lancée en cette fin de semaine, durant un week-end où les Françaises et les Français ont véritablement la tête à se passionner pour les élections. Elle tourne autour des clips... la nouvelle manière de faire de la propagande sans l'avouer car, tous les spécialistes de la communication vous le diront, quand on fusionne publicité et information on ne fait pas autre chose que de la propagande ! Dommage que dans les lycées républicains, plus personne n'explique à l'avenir d'une nation quelles réalités doivent recouvrir les mots suivant : information, publicité, propagande et communication... car ce serait aussi utile que bien des cours ésotériques détachés de l'époque actuelle. En quelques mots, voici la définition exacte et « scientifique » de la propagande, dont la cellule spéciale de l'Elysée, avec son bras armé du service d'information gouvernemental, se fait désormais une spécialité comme d'autres régimes en d'autres temps. La propagande est l'action de diffuser, de propager, de faire connaître, de faire admettre une doctrine, une idée, une théorie politique. Son but est d'influencer l'opinion publique, de modifier sa perception d'évènements, de personnes, de produits, de convertir, de mobiliser ou de rallier des partisans. La propagande prend la forme de campagnes de diffusion d'informations, toujours partiales et déformées, à grande échelle, parfois insidieuses.
La propagande, en tant que stratégie de communication d'un parti, d'un pouvoir politique ou militaire, est à la puissance civile ou militaire ce que la publicité est au secteur des biens marchands. La propagande moderne exploite les connaissances et les techniques de la psychologie et de la communication. Elle privilégie la manipulation des émotions, au détriment des capacités de raisonnement et de jugement.
La propagande est le terme officiel en France pour désigner les programmes et professions de foi dans les campagnes électorales. Le sens moderne du mot propagande, plutôt péjoratif, date de la Première Guerre mondiale. Dans le sens commun, la propagande correspond à la désinformation mise au service d'une cause politique ou d'intérêts particuliers. Les techniques de propagande ne sont pas l'apanage des dictatures, on les trouve également dans les démocraties, sous le nom de « communication politique ». Contrairement aux dictatures, utilisant des moyens coercitifs et le pouvoir militaire, dans les démocraties, les moyens de conquête ou de conservation du pouvoir sont fondés sur la persuasion et s'appuient sur le pouvoir des médias. Imaginez un peu qu'un professeur décortique ces principes, qui sont incontestables et qui servent de base à toute l'action gouvernementale actuelle... Des lycéennes et des lycéens risqueraient de devenir des citoyens lucides, capables d'apprécier ce qu'ils ingurgitent à longueur de journée... et de ne plus être des consommatrices et des consommateurs passifs ! Pour l'instant, c'est un sujet tabou : Darcos est préoccupé par d'autres objectifs afin de distiller, une fois encore, en toute impunité, sa propagande pseudo-sécuritaire !

UMP ET EGALITE REPUBLICAINE
Le Parti socialiste a "exigé" que soit suspendue la diffusion du clip télévisé du gouvernement incitant au vote aux élections européennes. "Ce n'est ni plus ni moins qu'un clip de l'UMP", a estimé le porte-parole du PS, Benoît Hamon, soulignant qu'il "ne comporte aucune image du Parlement européen, et se termine par des images du G20 et de Nicolas Sarkozy sans aucun rapport avec l'élection elle-même. Additionné au fait que dans sa campagne, l'UMP ne distingue pas l'action du gouvernement avec les déplacements des ministres candidats ou encore les meetings du président, trop, c'est trop", a-t-il estimé lors d'un point-presse. Et d'annoncer que le sujet serait abordé avec le président du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA), Michel Boyon, lors de la réunion consacrée au décompte du temps de parole du chef de l'Etat. Et dire qu'un homme politique de Gauche peut encore espérer quelque chose du CSA, qui n'est ni plus ni moins qu'une officine de Droite dévouée au Président qui l'a nommée pour cautionner sa politique de... propagande ? C'est de l'inconscience pure, ou de l'esbrouffe, car personne ne peut croire au CSA comme censeur des actes de propagande !
"Le combat commun mené par la droite et par la gauche pour l'Europe depuis des décennies, ça fait partie du patrimoine commun des Français", a répliqué le porte-parole de l'UMP, Frédéric Lefebvre, rappelant que le clip montre aussi François Mitterrand, Jacques Delors et Jacques Chirac - (on y voit aussi Robert Schuman, et VGE). Son adjoint Dominique Paillé a accusé le PS de "faire un mauvais procès" : "Le président de la République est le président de tous les Français, il a mené une action remarquable à la tête de l'Europe, saluée par l'ensemble des gouvernements, de gauche comme de droite, des Vingt-Sept, au titre de la France. Il est logique que dans un clip qui veut inciter les Français à aller voter, on retrace cette histoire française que les Français, j'espère, n'ont pas oublié", a-t-il argué sur BFM.
Force est de constater que, dans ce clip chronologique retraçant, sans grande originalité, plus de cinquante années de construction européenne, les brèves images de Nicolas Sarkozy pèsent d'autant plus qu'elles surgissent à la fin et que les spécialistes de l'impact des images sont unanimes pour décoder une « forme intentionnelle d'impression finale visuelle » des millions d'yeux qui absorbent, sans en comprendre la construction, cet outil médiatique.

MESSAGE SUBLIMINAL
On oublie surtout de leur mettre en sous titrage les informations suivantes, que peu de médias (autant écrire pas un) n'a véritablement ajouté à sa description de la critique. On est parfois étonné que personne n'ait fait par exemple référence à la technique de l'image subliminale. Un message subliminal est un stimulus incorporé dans un objet, conçu pour être perçu à un niveau au-dessous du niveau de conscience. Des techniques subliminales ont été utilisées dans la publicité ou la propagande... avec un succès quantifié très précis.
Durant sa campagne électorale de septembre 2000, George W. Bush a fait diffuser un spot télévisé dans lequel le mot « rats » (salaud) était incrusté juste après une photo de son adversaire politique Al Gore. Des internautes avaient aussi repéré, dans un générique de la chaîne américaine Fox 5 News, une photographie du candidat républicain John McCain et de sa femme Cindy. Le cliché n'apparaît que quelques dixièmes de seconde derrière le logo de la Fox. La vidéo, mise en ligne, a suscité une vive polémique sur le web, de nombreux internautes accusant la chaîne, réputée très proche des milieux conservateurs, d'avoir volontairement inséré une image subliminale... Il faut se rappeler par exemple que pendant la douzième édition de l'émission PopStars sur M6 (6 décembre 2001), un téléspectateur affirma avoir détecté trente-trois images de l'appareil photo Kodak Fun.
Le CSA (déjà très efficace) a mené une enquête au terme de laquelle elle a estimé « plausible » l'inadvertance (sic) de cette insertion. Remarquez qu'en République tchèque on a fait encore mieux, sans se poser des questions sur le sujet. Le scandale est venu par la télévision, qui a diffusé un spot électoral explosif en ce début de semaine. Un spot destiné à vanter les mérites du Parti National, l'un des deux partis radicaux qui essayent d'attirer les électeurs extrémistes et racistes. Le programme de ce parti à l'égard d'une communauté régulièrement stigmatisée est simple: employer la "solution finale", une formule employée pour traduire la politique hitlérienne d'extermination des Juifs, des homosexuels et des handicapés, et aussi des Roms. La première phrase de la séquence dit textuellement: "La solution finale de la question tzigane proposé par le Parti National est un mode d'emploi pour tous les états européens." A méditer, car cela n'a rien de subliminal : c'est le pays de la Présidence euroépenne ! Ce peut être une bonne idée de clip !
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22 mai 2009 5 22 /05 /mai /2009 07:17

Il faut bien reconnaître que les attaques multiples et variées qui fusent vers l'enseignement laïque, de sa base (maternelle) à son sommet (universités), puisent leurs racines dans un concept politique clair : marchandisation absolue de tous les actes de la vie sociale. Le « service public » est une conception que l'Europe de José Barrosso abomine. Tout doit s'acheter, se payer, se vendre, et la Commission européenne veille à ce que la France s'engage, avec le soutien ravi de l'UMP, dans cette voie. Nicolas Sarkozy, pas à pas, réforme après réforme, discours après discours, voyage après voyage, détruit tout le modèle social français, ce qui rendra probablement la démarche irréversible : il laissera le pays en lambeaux, écartelé, déchiré, parcellisé. En ce qui concerne l'éducation, la source de son projet, inspiré par les maîtres à penser du club de l'Horloge, vient du fameux discours de Latran. Tout a donc été mis en œuvre afin de confirmer les engagements pris ce jour-là vis-à-vis de l'électorat catholique.
« La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. » Cette vérité constitutionnelle est précieuse. Le discours prononcé le 20 décembre dernier par le chef de l'Etat au palais du Latran la menace. En condamnant les affrontements qui ont conduit à l'établissement de la laïcité, il demande à notre société de faire demi-tour. Après l'avoir mise en retrait, après l'avoir affaiblie, le chef de l'Etat a pris délibérément le risque de séparer encore davantage notre République de notre société.
« La République a intérêt à ce qu'il existe une réflexion morale inspirée de convictions religieuses », selon le chef de l'Etat. Inspirée de quelles convictions ? « L'Eglise enseigne que le respect envers les personnes homosexuelles ne peut en aucune façon conduire à l'approbation du comportement homosexuel ou à la reconnaissance juridique des unions homosexuelles » a déjà répondu, en juillet 2003, Joseph Ratzinger; vous savez, celui qui démontre une vision très humaniste de la société : le préservatif, les dignitaires négationnistes, les intégristes, l'avortement des fillettes violées... Depuis, on a pu vérifier que, de ce côté-là, la République avait des leçons à prendre de la part des religions et notamment celle que défend le Chanoine de l'Elysée.

LA BASE DE TOUT
A Latran, Nicolas Sarkozy avait tenu un discours sans ambiguïté, dont on ferait bien de se souvenir ce matin.
« La foi chrétienne a pénétré en profondeur la société française, sa culture, ses paysages, sa façon de vivre, son architecture, sa littérature. [...] Les racines de la France sont essentiellement chrétiennes. Tout autant que le baptême de Clovis, la laïcité est un fait incontournable dans notre pays. [...] Elle est devenue une condition de la paix civile. Et c'est pourquoi le peuple français a été aussi ardent pour défendre la liberté scolaire que pour souhaiter l'interdiction des signes ostentatoires à l'école. Je partage l'avis du Pape quand il considère, dans sa dernière encyclique, que l'espérance est l'une des questions les plus importantes de notre temps. Un homme qui croit, c'est un homme qui espère. Et l'intérêt de la République, c'est qu'il y ait beaucoup d'hommes et de femmes qui espèrent.
La désaffection progressive des paroisses rurales, le désert spirituel des banlieues, la disparition des patronages, la pénurie de prêtres, n'ont pas rendu les Français plus heureux. J'appelle de mes voeux l'avènement d'une laïcité positive, c'est-à-dire une laïcité qui, tout en veillant à la liberté de penser, à celle de croire et de ne pas croire, ne considère pas les religions comme un danger, mais comme un atout.
Dans la transmission des valeurs et dans l'apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l'instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur. »
Cette dernière phrase n'a pas soulevé l'indignation des parents des élèves confiés à l'enseignement public, comme ceux qui avaient des enfants dans diverses institutions. Et pourtant, il résume à lui seul le mépris absolu que le Chef de l'Etat a pour les enseignants du public. « L'instit' » d'antan est son épouvantail, son ennemi intime, son obsession : il faut le détruire ! Il fallait ensuite le démontrer. On a laissé à Bernard Kouchner le soin de revaloriser l'enseignement religieux mais surtout catholique.

UN DON DU CIEL
Le ministre des Affaires étrangères et européennes a en effet reçu, le 18 décembre denier avec les honneurs dus à son rang, Mgr Dominique Mamberti, secrétaire pour les Relations du Saint-Siège avec les Etats. A cette occasion, ils ont signé un accord sur la reconnaissance des grades et diplômes dans l'enseignement supérieur entre la France et le Saint-Siège, dans le cadre de la Convention de Lisbonne du 11 avril 1997 et du processus de Bologne.
Cet accord a pour objet de reconnaître " 
la valeur des grades et des diplômes canoniques (théologie, philosophie, droit canonique) ou profanes délivrés par les établissements d'enseignement supérieur catholiques et reconnus par le Saint-Siège, et de faciliter les différents cursus universitaires. »
Vous avez bien lu : « et profanes » car c'est là la clé de la visite. La catégorisation selon laquelle il existerait des diplômes d'enseignement supérieur canoniques par opposition à d'autres n'ayant pas cette qualité est donc inscrite dans la logique de l'action exécutive et, sans doute, dans l'accord. Il convient cependant de rappeler que l'adjectif qui s'oppose à profane n'est pas « canonique », mais « sacré » ;quant à celui qui s'oppose à canonique, c'est « apocryphe ». Ainsi verrait-on apparaître des diplômes universitaires canoniques et sacrés et d'autres diplômes profanes et apocryphes (on les dirait presque vulgaires). Or, la loi française n'a nullement prévu une telle distinction. On l'a bien remarqué : cette distinction nouvelle, qui va de pair avec une « reconnaissance », ne concerne que l'enseignement supérieur catholique, car on ne sache pas que l'Etat du Vatican ait vocation a représenter la totalité de l'enseignement supérieur privé, ni même l'intégralité de la théologie en tant que science sociale. Or, à ce titre, et au regard des lois régissant l'enseignement supérieur privé, un tel accord est contraire au principe d'égalité, qui ne différencie pas les religions assurant éventuellement cet enseignement.
Par ailleurs, il est clair que cet accord constitue une atteinte directe au monopole de la collation des grades par l'Université au nom de l'Etat. Enfin et surtout, la plupart des commentateurs ont mis en évidence sa caractéristique essentielle : une telle reconnaissance s'oppose au principe de laïcité de la loi de 1905, selon lequel l'Etat ne reconnaît aucune religion, que ce soit pour l'exercice du culte ou pour celui des activités connexes (qui tendent curieusement à se multiplier comme le montrent les arrêts du Conseil d'Etat en matière fiscale). On commence à voir combien le curé, l'imam ou le pasteur finiront bien un jour ou l'autre par être supérieurs à l'instituteur pris au sens générique du terme. C'est entré dans le faits.

UN BEL EXEMPLE DE SUPERIORITE MORALE
Quand à la question de la morale, les religieux sont parfaitement placés, car leur attitude est exemplaire. Dommage que hier en Irlande soit sorti un rapport accablant sur le travail éducatif effectué par des congrégations religieuses bien pensantes. Une commission d'enquête irlandaise a publié un véritable réquisitoire, dénonçant des décennies d'abus sexuels, parfois « endémiques », survenus à partir des années 1930 dans les institutions pour enfants, dirigées par l'Eglise catholique, accusée d'avoir gardé « le silence ».
Après neuf ans d'enquête auprès de plusieurs centaines d'écoles et institutions de l'île et plus d'un millier de victimes interrogées, la Commission, créée par le gouvernement en 2000, a rendu un rapport de 2.500 pages qui accable l'Eglise catholique, toute-puissante dans l'île, mais également le ministère de l'Education.
« Les abus sexuels étaient endémiques dans les institutions pour garçons », écrivent les auteurs du rapport, précisant que les filles étaient quant à elles « soumises à des abus sexuels (qui) n'étaient pas érigés en système ». Pendant la période concernée, de 1936 à la fin des années 90,
« les autorités religieuses savaient que les abus sexuels étaient un problème persistant dans les institutions religieuses masculines ».
L'Eglise catholique « n'a pas écouté les personnes qui se plaignaient d'abus sexuels survenus par le passé ou ne les a pas crues en dépit de preuves recueillies dans des enquêtes policières, de condamnations criminelles ou de témoignages ». Les abus sexuels commis par des membres des ordres religieux étaient « rarement portés à l'attention du ministère de l'Education par les autorités religieuses en raison d'une culture du silence », regrette la Commission d'enquête. « Quand le personnel religieux commettait des abus, le problème était plutôt traité avec des procédures disciplinaires internes et avec la loi canonique. La Gardai (police irlandaise, ndlr) n'était pas mise au courant » ajoute-t-elle, soulignant que « des hommes ayant déjà commis des abus sexuels quand ils étaient membres d'ordres religieux continuaient à exercer en tant qu'enseignants ». Le rapport stigmatise également le ministère de l'Education qui, « dans les rares occasions où il était informé, se rendait complice du silence »
Au fait, qui a déclaré sur la scène internationale : « Dans la transmission des valeurs et dans l'apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l'instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur» ?  Soyez rassurés, dès aujourd'hui l'Elysée va démentir, et publier un communiqué indigné sur les résultats du rapport irlandais, et annoncer que les suppressions des milliers de postes prévues dans l'enseignement public seront annulées.
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21 mai 2009 4 21 /05 /mai /2009 07:17

C'est à croire que ce gouvernement, qui a mis la main sur tous les rouages de l'Etat, veut absolument démontrer que nous entrons dans une ère post républicaine et que tout le monde, quel que soit son niveau social a intérêt à en tenir compte. Il n'y a plus aucune retenue et de jour en jour, sous l'influence d'un système de propagande extrêmement méticuleux, nous dérivons vers des abus que personne n'aurait tolérés en d'autres temps. La tendance ultra sécuritaire voulue par une opinion dominante gavée d'approximations par des télés ou des journaux aux abois sur leur « rentabilité » a généré un climat extrêmement dangereux. Désormais, il faut du chiffre, de l'efficacité, de la frime, pour satisfaire des citoyens incapables de réfléchir et de simplement se dire qu'un jour ce sont eux qui figureront dans les rubriques concernées, car dans ce cas-là, la tendance est extrêmement facile de s'en prendre aux... plus faibles, aux plus faciles à inscrire au tableau de chasse. Souvenez vous de ce poème de Jacques Prévert intitulé la « chasse aux enfants » Ce poème évoque la mutinerie d'août 1934, dans une maison de redressement.
Après que les moniteurs aient tabassé un pupille, les jeunes détenus se sont soulevés et enfuis. Une prime de 20 francs a été offerte à quiconque capturerait un fugitif. Cette mutinerie a déclenché une campagne de presse demandant la fermeture de bagne d'enfants... il pourrait être repris par tous les élèves de toutes les classes de France après ce qui a été constaté dans une école de Floirac en Gironde. Tout instituteur qui possède encore un brin d'esprit républicain devrait le lire devant ses élèves, sans aucun autre commentaire que celui de relater les faits qui viennent de se produire devant le groupe scolaire Louis Aragon, vous savez, l'ami d'Eluard qui a écrit « j'écris ton nom Liberté ! ».
(...) Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !
Qu'est-ce que c'est que ces hurlements
Bandit ! Voyou ! Voyou ! Chenapan !
C'est la meute des honnêtes gens
Qui fait la chasse à l'enfant
Il avait dit j'en ai assez de la maison de redressement
Et les gardiens à coup de clefs lui avaient brisé les dents
Et puis ils l'avaient laissé étendu sur le ciment
Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !
Maintenant il s'est sauvé
Et comme une bête traquée
Il galope dans la nuit
Et tous galopent après lui
Les gendarmes les touristes les rentiers les artistes
Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !
C'est la meute des honnêtes gens
Qui fait la chasse à l'enfant
Pourchasser l'enfant, pas besoin de permis
Tous le braves gens s'y sont mis
Qu'est-ce qui nage dans la nuit
Quels sont ces éclairs ces bruits
C'est un enfant qui s'enfuit
On tire sur lui à coups de fusil
Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !
Tous ces messieurs sur le rivage
Sont bredouilles et verts de rage
Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !
Si l'on a viré des Préfets car ils ne remplissaient pas les quotas en matière d'expulsions, d'étouffement des bruits des manifestations, de résultats électoraux, d'incompatibilité d'humeur avec un élu d'importance, un manque d'ardeur dans l'application des réformes on pourrait aussi penser à celles et ceux qui se croient investi d'une mission allant au-delà de principes républicains. Incroyable série de faits qui démontre un mépris absolu des principes sur la liberté, l'égalité, la fraternité. En acceptant la chasse aux enfants, on finit par tuer une société !

DEVANCER L'APPEL
Pour avoir conscience de ces tristes réalités il faut absolument rassembler des faits apparemment anodins. D'abord, il y a eu cette tentative de Rachida Dati de criminaliser les enfants de plus de 12 ans. Il faudrait peut-être se souvenir de ses déclarations qui prennent tout à coup un sens particulier. La commission sur la réforme de la justice des mineurs, avait remis à la garde des sceaux son rapport, libellant la suggestion d'infliger des sanctions pénales aux jeunes délinquants, dès l'âge de 12 ans en cas de crime ; l'idée avait convaincu Rachida Dati, qui avait "validé" cette proposition : "Ce serait une innovation importante dans notre droit, elle mérite d'être examinée avec beaucoup d'attention (...); sanctionner ne veut pas dire emprisonner (...); les juges pour mineurs doivent pouvoir disposer d'une palette de réponses adaptées qui vont jusqu'à l'incarcération (...). Dire qu'un mineur d'aujourd'hui peut justifier une sanction pénale à partir de 12 ans me semble simplement correspondre au bon sens", a déclaré entre autres, la ministre de la justice au cours de son intervention de circonstance, lors de la réception dudit rapport. Il existe donc des fonctionnaires qui ont enregistré le signal et qui font le maximum pour démontrer que ces mesures pouvaient être parfaitement appliquées.
Une question de "bon sens" pour la ministre de la justice, sévèrement critiquée par les magistrats récemment. Rachida Dati avait estimé qu' "un mineur a besoin d'autorité", qui devait "être exercée avec autant de fermeté que d'humanité". Rien de choquant donc, de fixer la majorité pénale en France à 12 ans, car la décision correspond à la moyenne appliquée par "les voisins" - 10 ans en Suisse et en Angleterre, 12 aux Pays-Bas, 14 en Allemagne, Espagne, Italie, et l'idée avait été approuvée par le Comité des droits de l'enfant de l'ONU en 2007 a fait savoir la ministre. Les policiers girondins ont donc mis en œuvre une loi qui... finalement a été abandonnée mais qui est restée dans certains esprits. Arrestation ostentatoire, garde au commissariat injustifiable, échec total sur le motif puisqu'il était totalement faux... peu importe, on est dans le symbole. Rachida Dati a une illustration des dégâts produits par des positions outrancières : 6 policiers et deux voitures pour arrêter deux gamins criminels potentiels! Ouf on est sauvé !
A six ans on peut vous infliger un sort que l'on ne réserve pas aux puissants pour des faits avérés que l'on juge probablement moins graves. Mise en garde à vue de cyclistes éméchés, sanction à l'égard d'une conductrice qui fume, à l'arrêt, au volant de son automobile, amendes constantes pour des dépassements de 3 ou 4 kilomètres des vitesses autorisées : les statistiques d'affaires résolues et surtout d'infractions constatées s'améliorent partout. On met même les bébés dans les centres de rétention : ça fait un point de plus sur la route de la reconnaissance officielle de mérites !

EXCES DE ZELE ?
Ce climat délétère s'installe dans un société qui hurle avec les loups. La sévérité de classe gagne tous les rouages avec des fonctionnaires dont le zèle dépasse l'entendement. Par peur, par lâcheté, par connivence, par souci de plaire, par conviction personnelle, beaucoup oublient qu'au-dessus des consignes il y a les consciences. Et dans ce domaine là il semble bel et bien que certains aient été victimes d'un lavage sarkozyste des cerveaux. Leur trouille de se voir sanctionnés, de voir leur carrière brisée, de constater que leurs primes ont baissé, de se fâcher avec leurs chefs est telle qu'ils devancent les souhaits inavoués du pouvoir. En fait, on entre dans une période tellement terrible que tout devient possible. C'est devenu tellement voyant que même les responsables de l'UMP ne peuvent plus le nier.
Le porte-parole du gouvernement, Luc Chatel, a qualifié par exemple hier de « malheureux excès de zèle » la procédure judiciaire contre un homme qui avait crié « Sarkozy je te vois ! » à des policiers effectuant un contrôle de police en gare Saint-Charles à Marseille. « Ni le président de la République, ni le ministre de la Justice n'étaient informés de cette procédure, puisqu'elle a été initiée par le tribunal de police compétent en la matière », a déclaré ce brave Chatel en rendant compte devant la presse des travaux du Conseil des ministres. Mais diable, il y a bien des autorités placées sous la responsabilité directe du gouvernement qui ont pris cette décision! Les policiers ne dépendent-ils pas d'un Préfet, d'un Ministre ? Les procureurs nommés par le Président dans les faits ne sont-ils pas redevables de leurs exagérations ? Le parquet n'a-t-il pas autre chose à faire que de juger un brin d'humour dans un régime républicain ? A combien évalue-t-on « casse toi pauvre con » lancé en public à un citoyen ordinaire ? Qui osera déplacer l'un d'entre eux pour excès de zèle ?
« Et en ce qui me concerne, j'ai le sentiment que l'on a plutôt à faire à un malheureux excès de zèle qu'à autre chose », a-t-il ajouté. L'officier du ministère public a en effet bravement requis mardi une amende de 100 euros contre un professeur de philosophie (n'est-ce pas hautement symbolique ?) qui, le 27 février 2008, était passé à proximité de deux policiers en plein contrôle d'identité et avait crié "Sarkozy, je te vois". Heureusement qu'à Floirac, lorsque les enfants sont partis dans le fourgon de police, personne n'a crié « Sarkozy je te vois... » car il aurait aussi, compte tenu du climat actuel, terminé à poil en garde à vue au commissariat, avec un contrôle d'alcoolémie, la vérification de ses papiers, un test ADN et une inscription au fichier Edvige .
Mais je déblogue...

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20 mai 2009 3 20 /05 /mai /2009 07:17
Le Parti socialiste découvre le supplice de l'étau ou des chaussures de fer que l'on réservait aux supposés hérétiques en période inquisitoriale. Cette torture consistait à serrer de plus en plus fort l'espace initial où l'on avait placé ses pieds destinés à la marche en avant. Les socialistes découvrent en effet chaque jour davantage que ,de tous les côtés, on les réduit à la portion politique congrue. Sur leur droite, la vis est méthodiquement tournée par un François Bayrou omniprésent dans les médias comme ce fut le cas lors des présidentielles, et sur sa gauche deux bourreaux s'évertuent  à le pressurer pour transformer son électorat en peau de chagrin : Mélenchon et Besancenot ! Dans un tel contexte, le repli sur soi, sur ses souffrances, et son incapacité à sortir du piège, devient inévitable. D'autant que derrière ce processus, on devine sans cesse la main de l'Elysée.
En effet, les tacticiens Sarkozytes extrêmement habiles, ont monté une opération millimétrée consistant à sécuriser d'abord, par diverses annonces, et une méthodique tournée des popotes UMP, la Droite basique qui ne changera jamais d'avis et qui tourne en France à un tiers de l'électorat. Ensuite, valoriser au maximum les rivaux potentiels du PS en les laissant libres de faire monter la mayonnaise anti-Sarkozy. De cette manière, les voix vont se concentrer sur... les listes européennes marginales, et réduire fortement l'impact socialiste. Rappelons pour la petite histoire politique que s'il y a des accord électoraux envisageables pour les Régionales (listes à la proportionnelle), ils devront être calculés sur la base des scores réalisés le 7 juin prochain ! Il ne sera visiblement pas facile de répartir les postes à gauche. A droite, ce sera infiniment plus facile, car le Modem dont le chef vitupère sur le Président de la « République UMP » laissera ses troupes, à la base, faire amis-amis avec les leaders déjà désignés dans chaque région. Personne de lucide ne peut en effet nier que si médiatiquement François Bayrou est soit-disant le meilleur opposant à Nicolas Sarkozy, localement, ses rares militants s'accommodent fort bien d'alliances dites de gestion avec l'UMP. Si, par exemple, on prend l'opposition de Droite au Conseil Général de la Gironde, elle peut compter sans failles sur les voix Modem !
Enfin, il est indispensable de laisser le champ libre à Besancenot  en « le » présentant comme un révolutionnaire intransigeant, beaucoup plus « dangereux » que des socialistes empêtrés dans leurs divergences internes. Cette stratégie politique, qui renforce artificiellement la « radicalité » du NPA, permet dans le même temps de marginaliser le PS et de compacter la peur de l'électorat UMP. Du « gagnant-gagnant » pur sucre !

TAPIE ET BAYROU
Martine Aubry voit se profiler un score un peu supérieur à celui de Michel Rocard en juin 1994. Il avait choisit d'être tête de liste aux élections européennes durant lesquelles il dut subir la concurrence de la liste radicale d'un certain Bernard Tapie. À la suite du mauvais score de sa liste (14%), une coalition Emmanuelli-Fabius l'avait mis en minorité au Conseil national du PS, et l'avait contraint à démissionner de son poste de Premier secrétaire le 19 juin. Bernard Tapie avait tout simplement joué le rôle de... François Bayrou, avec des listes médiatiques regroupant des vedettes diverses qui avaient capté les voix d'un Peuple déjà subjugué par le bling-bling.
La première secrétaire nationale du PS a donc intérêt à se sortir très vite par le haut de la nasse. Après les atermoiements de la campagne qui a fait passer la communication socialiste du vote « sanction » contre Nicolas Sarkozy au vote « efficace » en faveur des listes PS, tous assurent que cela était en fait très calculé. « Nous entrons dans une nouvelle phase de la campagne. Maintenant que l'idée du vote sanction est installée, on passe aux propositions », raconte un proche de Martine Aubry.
Cette dernière en a présenté, hier, une partie dans les quartiers nord de Marseille où elle rencontrait les responsables associatifs de la cité, dans une salle de boxe thaïe. « Si, le 7 juin, les socialistes renversent la majorité au Parlement européen, dès le 8 juin, nous nous sommes mis d'accord avec les 27 PS européens pour un plan de relance à 100 milliards d'euros. Si ce n'est pas le cas, MM. Sarkozy et Gaudin continueront comme avant », a lancé la première secrétaire du parti. Dans la campagne européenne, l'objectif des socialistes est désormais d'engager la confrontation directe avec l'UMP pour polariser le débat autour des deux formations. On oublie Bayrou que l'on tente, en musclant l'affrontement, de marginaliser comme un vulgaire opportuniste ayant découvert, pour son image personnelle, qu'il devait monopoliser le duel avec Sarkozy, ce qui agace fortement l'intéressé, qui n'aime pas cet adversaire dont il a bien peur d'avoir besoin lors des Régionales !

SONDAGE ANNONCIATEUR
Dans un tel contexte, les sondages s'en donnent à cœur joie. L'UMP avance en tête des intentions de vote avec 28% des intentions de vote, contre 27% il y a une semaine, selon le baromètre OpinionWay réalisé pour... TF1, LCI, Le Figaro et RTL, diffusé hier. Le PS perd du terrain (21% contre 22%). Une manière de vérifier que le piège fonctionne parfaitement.
A la question « si les élections européennes avaient lieu dimanche prochain, pour laquelle des listes suivantes y aurait-il le plus de chances que vous votiez? », 28% des personnes interrogées répondent UMP (+1% par rapport au 12 mai) et 21% PS (-1%). Le Modem est troisième avec 13% (inchangé), suivi d'Europe Ecologie, 10% (+1%) dont on ne parla pas beaucoup mais qui « laboure » le terrain, avec José Bové en vedette non américaine !
Le NPA et le Front national recueillent chacun 6% des intentions de votes, reculant tous les deux d'un point. Ils sont suivis de Libertas (MPF-CPNT) 5,5% (+0,5) et du Front de Gauche (PCF-Parti de Gauche) 5% (inchangé).
Lutte ouvrière (inchangé) et l'Alliance écologique indépendante (+1) obtiennent 2% et Debout la République 0,5% (-0,5). L'ensemble des "autres listes" totalise 1%. En fait, si on cumule les scores de la Gauche dite de « gouvernement », on arrive à 37 % ce qui rend Bayrou incontournable pour dépasser les 50 % et lui donnera la légitimité pour faire ou défaire une élection ! Le problème, c'est que pour les régionales le dilemme va être shakespearien ! Autant de sondés disent vouloir voter en fonction des enjeux nationaux (49%, -4) qu'en fonction des enjeux européens 49% (+4). 2% ne se prononcent pas et on peut prédire que ce sera identique dans quelques mois. Pour 45% (inchangé), donner son opinion sur l'action du président et du gouvernement ne sera pas l'essentiel, alors que 36% (-3) voudront exprimer leur « insatisfaction vis à vis de l'action du président de la République et du gouvernement », et 16% (+2) voudront exprimer leur « soutien » à cette action. 14% (=) des personnes interrogées voudront exprimer leur accord avec la manière dont est dirigée l'Union européenne, 38% (-3) leur désaccord et 44% (+1) ne voteront pas en fonction de la manière dont est dirigée l'UE. Les politiques peuvent s'époumoner : la résignation est telle que l'évolution de ces scores devraient être faible. L'espace socialiste risque donc de se transformer en une flaque d'eau sous le soleil, au niveau national comme au niveau européen !

COUPER L'HERBE SOUS LES PIEDS
Afin de réduire encore plus cette place du PS sur l'échiquier politique national, Nicolas Sarkozy utilise tous les moyens médiatiques en sa possession. Il se complait à brouiller au maximum les cartes avec un malin plaisir. Ainsi, en janvier 2008 : grande conférence de presse de Nicolas Sarkozy. Une journaliste demande  au chef de l'Etat s'il souhaite que « cette année soit celle de la fin des 35 heures ». Réponse sans ambages du président : « pour dire les choses comme je les pense, oui ». Le Premier ministre François Fillon enfonce le clou quelques heures après, en déclarant à l'Assemblée nationale que les 35 heures sont « l'une des erreurs économiques et sociales les plus graves qui aient été commises dans notre pays depuis 25 ans ».
Mai 2009 : les 35 heures sont toujours là. Hier à Urmatt (Bas-Rhin), le président Sarkozy a clairement nuancé sa position. « Le problème n'est pas les 35 heures en soi. Le problème, c'est qu'elles aient été imposées au pays, seul dans le monde », a-t-il affirmé. Une déclaration qui va à l'encontre même... de son programme de campagne, dans lequel il prévoyait la fin des 35 heures. La durée légale reste toujours en effet identique à celle décidée en 1997, même si de grandes facilités de dérogations ont été instaurées : le fameux « travailler plus pour gagner plus » avec des heures supplémentaires, exonérées de cotisations et d'impôts sur le revenu. La loi sur le temps de travail donne pratiquement toute latitude aux entreprises pour augmenter et organiser le temps de travail, sous réserve d'un accord avec les syndicats ou représentants du personnel.
Le 29 novembre dernier, Nicolas Sarkozy intervenait à la télévision pour expliquer la réforme du temps de travail. « La question pour moi n'est pas de supprimer les 35 heures, mais d'arriver au plein emploi, je ne veux pas revenir sur un acquit social », disait-il. Pourquoi de tels revirements ? D'abord parce que les 35 heures se sont ancrées dans le mode de vie des Français. Par ailleurs, la crise économique a paradoxalement remis au goût du jour la réduction du temps de travail : les jours de RTT ont permis dans un premier temps à beaucoup d'entreprises de retarder licenciements ou chômage partiel, même s'ils n'ont pas tous été évités. Et il faut provisoirement enlever un argument de campagne aux socialistes, en affirmant que, dans le fond, ce qu'ils risquent d'annoncer ne tient pas face au « néo-socialisme » sarkozyste. D'ailleurs, Claude Allègre et Bernard Kouchner qui l'ont compris voteront UMP aux européennes. Si ce n'est pas une preuve, ça !
Mais je déblogue...
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17 mai 2009 7 17 /05 /mai /2009 07:17
S'il est un principe économique d'actualité, c'est celui de « la variable d'ajustement ». On explique parfois cette attitude par une autre expression : « adaptation aux contraintes du marché ». Le résultat est le même, et se traduit généralement par une certitude, celle de la fin des emplois. Plus que jamais, pour maintenir les profits, et pire, pour les améliorer, on taille dans l'Humain. Il est certain que si, lors des fermetures d'entreprises,  on multipliait les audits financiers indépendants, on aurait une tout autre approche des plans sociaux consistant à faire payer par la collectivité les conséquences de décisions purement financières. Ce dispositif devrait être obligatoire et devenir décisif lors des licenciements collectifs.
Par exemple, l'usine Molex, qui doit fermer à Villemur-sur-Tarn, près de Toulouse, est économiquement viable, selon le rapport du cabinet d'expertise comptable SYNDEX, qui a été dévoilé hier par le comité d'entreprise.
« Les analyses du cabinet Syndex montrent qu'avec un chiffre d'affaires annuel de 32 millions d'euros (contre 42 en 2008) les performances industrielles du site permettent d'assurer l'équilibre économique et le maintien de 260 emplois sur les 282 actuels », dit le communiqué du CE de Molex. Depuis la fin 2006 et jusqu'en février 2009, le rapport montre, chiffres à l'appui, que « l'usine de Villemur a généré le plus fort taux de résultats parmi l'ensemble des sites de la division auto de Molex » preuve manifeste de la bonne santé de l'entreprise...Et comment peut-on expliquer qu'elle ferme, autrement  que par une volonté de transférer vers d'autres cieux les technologies que ce site possède, et qui le rendent incontournable ?
On apprend même, dans le rapport, que les sites de Kosice en Slovaquie et de Villemur, sont les plus rentables de la division automobile de l'entreprise, ce qui tend à démontrer que les délocalisations, lorsqu'elles sont examinées à la loupe, ne reposent que sur le souci de se délier de contraintes sociales. La plupart des déficits sont en fait enregistrés aux Etats-Unis, et donc, le sauvetage de ces usines américaines passe par la fermeture des autres, au nom du patriotisme capitaliste américain.
D'après le CE, la crise économique actuelle pourrait réduire les résultats de 10 à 15% au maximum. La direction de Molex dénonce, pour sa part, la non-prise en compte du « contexte de crise économique grave » par le rapport. Elle estime que pour atteindre les objectifs présentés par celui-ci « il faudrait une progression de la marge brute de 150% sur 3 ans (...). Or à ce jour le site de Villemur-sur-Tarn enregistre une perte de 3,5 millions d'euros sur les 9 derniers mois. » Il faut bien avouer que cette perte n'est jamais rapprochée des... bénéfices antérieurs ! En effet, il faudrait absolument repositionner la situation actuelle dans le contexte global de la société propriétaire.

ATTENTE INUTILE
Le secrétaire du CE, s'est réjouit de ce rapport qui conforte l'ensemble des salariés. Il ajoute que les « raisons invoquées pour la fermeture » ont été « démontées une par une ». Le délégué syndical attend que la direction reconnaisse « que cela fait partie d'une stratégie » et qu'elle ne prétende pas que « c'est une question de viabilité économique ». Selon le rapport, 48% de la production de Molex (connectique) arrive dans les usines de PSA (Peugeot-Citroën) et 20% chez Renault. Ce sont eux, les véritables patrons de la boîte, car ils imposent probablement des prix de fournitures les plus bas, et ne jouent absolument pas la solidarité dans le cadre de la crise. Les patrons financiers de Molex se contentent donc de prospectives, mais surtout en oubliant que derrière leurs chiffres, il y a des femmes et des hommes. Ces derniers espèrent que l'Etat fera pression sur les constructeurs français pour sauver leur usine... Mais compte tenu des conceptions ultra libérales actuelles, on sait que tout se résumera à des déclarations de principe, aussi fiables que celles faites à Gandrange vis-à-vis des sidérurgistes d'Arcelor Mittal.
Les salariés de Molex s'étaient fait remarquer le mois dernier en séquestrant pendant 24 heures deux dirigeants de leur entreprise. Ils souhaitaient protester contre la fermeture de leur usine, mais aussi contre la décision de créer une usine identique aux Etats-Unis sans que le CE en ait été informé. La justice doit se prononcer sur un éventuel « délit d'entrave » au CE le 19 mai... mais le mal est fait et on ne verra jamais les responsables de ces choix revenir en arrière. Pour eux, un seul mot à de la valeur : profit. Les seuls destinataires de leurs attentions, ce sont les actionnaires, puisque pour arriver à fermer Villemur, ils mettent eux-mêmes en péril la structure pourtant fiable qu'ils devraient au contraire valoriser.
Cette situation est extrêmement révélatrice de ce que la crise génère comme actions plus ou moins bien montées. Quand les leaders de l'UMP avouent qu'elle représente une « chance » pour l'économie, il faut absolument prendre leurs propos au premier degré. Les stratégies financières, qui permettent de récupérer les pertes boursières par le désengagement de l'industrie productive, constituent en effet bel et bien une opportunité masquée pour un certain nombre de décideurs. Elles permettent, de manière purement conjoncturelle, de « rentabiliser » au maximum les placements antérieurs, en réduisant les coûts par ce que l'on appelle une « variable d'ajustement ». Toujours la même : les salariés ou les salaires !

VERS LE SACRIFICE
Le loueur de voitures Hertz a demandé, par exemple, à ses cadres de renoncer à 5 % de leur salaire brut pendant trois mois dans le cadre d'un « effort de solidarité » pour « préserver au maximum les emplois » dans le contexte de crise. Confirmant une information révélée par le quotidien Libération , le délégué central CGT a indiqué jeudi que cette mesure avait été demandée à environ 150 personnes, et que 67 % d'entre elles auraient accepté. « Celles qui ont dit oui l'ont fait par peur de représailles, celles qui ont dit non sont surtout en région, plus loin de la pression du siège », a commenté le syndicaliste. Dans son édition de jeudi, Libération reproduit la lettre envoyée aux cadres, dans laquelle Hertz précise que la réduction sera effectuée « en pourcentage (du salaire brut) et en fonction du statut (5 ou 7,5 %, ndlr), pour une période de trois mois, soit du 1er avril 2009 jusqu'au 30 juin 2009, et sur la base du volontariat ». De son côté, la direction de Hertz a indiqué « ne pas avoir de commentaire à faire sur la politique salariale de l'entreprise ». La direction de Hertz, détenue par un groupe de trois fonds d'investissement... américains, a annoncé en janvier la suppression de 4.000 postes au niveau mondial. En France, des départs ne seraient pas remplacés.
Interpellé sur Europe 1, Laurent Wauquiez demande à voir, et se dit opposé à « du chantage dans cette période », mais n'a proposé aucune solution pour l'éviter. Et si un audit financier indépendant analysait la situation (une cour des comptes des entreprises qui vérifierait les raisons des mesures sociales prises ) ? Si c'est la même méthode que celle prônée par Renault, qui a dit à ses cadres "faites un effort sur vos congés, les ouvriers font un effort sur les congés et on ne licencie personne, c'est positif" , considère le secrétaire d'État à l'Emploi. Pour cinq jours de chômage partiel, les cadres et ingénieurs du constructeur automobile renoncent à une journée de RTT, ce qui vient alimenter le fonds d'indemnisation du chômage partiel interne à Renault. Encore une fois, les efforts sont demandés toujours aux mêmes, car ce sont eux qui ne pèsent jamais sur les décision prises par les conseils d'administration.

CA NE CADRE PLUS !
Le monde politique ne réagit pas. La gauche y voit une affaire de « privilégiés » alors qu'explosent les suppressions d'emploi (- 138 000 au premier trimestre, autant que sur toute l'année 2008). Mais la majorité ne mesure pas plus l'onde de choc de cette information. Le gouvernement en est encore à se demander quelle est la suite à donner au très mesuré rapport Cotis sur le partage des profits...alors que c'est essentiellement sa « clientèle » qui est concernée. Sarkozy l'a bien compris, puisqu'il tente de la satisfaire par de multiples rencontres avec ses « adhérents » ou ses « fans ». Pourtant, ce mouvement peut provoquer une forte secousse politique qui profitera à Bayrou. Peut-être même dans les urnes du scrutin européen dans un mois. Les cadres, cœur de son électorat, vont être touchés par une baisse sensible de leur pouvoir d'achat en 2009. Leurs rémunérations vont chuter cette année de 10 à 30%, avant impôts... sur les revenus de l'année précédente. Le très porte-voix de l'UMP, Frédéric Lefebvre, réserve sa réponse. Ah ! Si on avait le courage de sortir ses déclarations antérieures sur la croissance, le pouvoir d'achat, l'emploi... la crise ! Avec la complicité médiatique, il a passé des heures à expliquer à l'électorat sarkozyste qu'avec un brin de confiance dans... des déclarations sans lendemain, il serait épargné.
Mais en période de récession - le mot fait partie du vocabulaire officiel depuis vendredi avec une prévision de - 3% pour l'année 2009 - c'est sauve qui peut !  Ce sont d'abord les augmentations individuelles qui sont gelées. Puis les dispositifs d'intéressement : le rapport Cotis, remis mercredi à Nicolas Sarkozy, montre justement que la part des salaires dans la valeur ajoutée n'a pu se maintenir que grâce à une montée des plans d'intéressement et de participation. Leur poids a triplé en dix ans. En période de crise, ces plans sont ramenés à zéro ! Mais le phénomène nouveau, c'est l'arrêt des rémunérations dites « variables », qui permettaient des extras devenus impossibles ! Elles avaient doublé en dix ans. On verra sur les impôts 2010 les conséquences de ces constats en terme de recettes de l'Etat  ! Mais chut! on sait que le déficit ne se creusera pas plus que la récession. Parole de Ministre de l'Economie et des Finances, qui a changé au moins quinze fois de prévisions en un an !
Certes, les réductions de salaires restent soumises à un accord individuel. Mais les salariés ne sont guère en position de refuser. Les syndicalistes parlent de "chantage". Et ils ont raison. En fait, personne ne pose la question des efforts effectués par les détenteurs de capitaux, et les combines bancaires dans lesquelles ils ont sombré. Pour eux, le « paquet fiscal » et son bouclier, les exonérations sociales en tous genres, les défiscalisations toujours présentes, les revenus maintenus à un niveau qui n'est pas plafonné, leur permettent sans vergogne de faire afficher par de dévoués serviteurs des résultats financiers catastrophiques... et de faire jouer la « variable d'ajustement ».
Mais je déblogue...
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13 mai 2009 3 13 /05 /mai /2009 07:17
L'américanisation de la vie politique française s'accélère sous l'influence des stratèges sarkozystes, persuadés que l'avenir de leur idéologie, ultra-libérale sur le fond, mais masquée sur la forme, ne résistera que par une réforme en profondeur des institutions à la Française et leur « évaporation » progressive. C'est ainsi que le projet de réforme Balladur des collectivités territoriales constitue une étape supplémentaire sur la transformation de la décentralisation voulue par la gauche en un fédéralisme de fait. Réduction du nombre des régions pour leur donner l'épaisseur d'un « état américain » avec un « gouverneur » de fait (le Préfet de Région) flanqué d'une élu « professionnel » pouvant peser sur les enjeux nationaux. Le délestage en règle des pouvoirs régaliens républicains vers l'étage décisif que seront les régions va dans le même sens : éducation bientôt « communalisée » et « régionalisée », transports essentiellement confiés aux régions, activités économiques également attribuées à ce niveau, pouvoir de police confié aux métropoles (vidéo surveillance, fusion gendarmerie-police...), social délégué aux métropoles (cf l'application inégalitaire du RSA)... Tout concourt à cette lente agonie de la République « une et indivisible » avec, aux commandes, un système présidentiel et, de fait, un gouvernement bis basé à l'Elysée, qui supplante tous les ministères eux-mêmes dénués de toute marge de manœuvre. Contrôle des médias (nomination récente sur les chaines parlementaires du duo des Leclerc, favoris...de l'UMP) tant économiquement que politiquement, contrôle du système bancaire par abus de faiblesse, contrôle de tout le système administratif par un « spoil system » qui ne dit pas son nom, mais qui se met en place, fausse priorité accordée à la sécurité d'Etat qui autorise de multiples manœuvres strictement politiciennes : la liste devient tellement longue que, dans le fond, celui qui tenterait de l'énonçer perdrait toute crédibilité.

EN VOIE DE DISPARITION
L'américanisation se met en place également sur le plan social avec la marchandisation de tous les services publics, selon le principe sacro-saint que tout doit devenir rentable ou au minimum financé par ses utilisateurs. La péréquation sociale sombre chaque jour un peu plus avec la publication au Journal officiel de textes sur une réforme. En fait, il n'y aura bientôt plus aucune « régulation » dans les secteurs clés de la santé et de l'éducation : il faudra payer pour obtenir ce que l'on pense être le mieux ! On s'oriente vers le système de la grande distribution avec le haut du panier pour certains, le « discount » pour les autres et rien pour plus de 10 % de la population. Le royaume du consommateur a supplanté en cinq ans de gouvernement UMP celui de la citoyenneté reposant sur le partage, la solidarité et l'égalité.
Les syndicats disparaissent pour être remplacés par des « lobbies » très ponctuels liés à une catégorie professionnelle, et on assiste à une corporatisme dévastateur. Les attaques ponctuelles, ciblées, dans le système éducatif ont émietté, affaibli, marginalisé les réponses et, exactement comme aux USA, on ne retient que ce qui nous touche de près. L'égoïsme social « collectif » a pris le pas sur la défense commune de la fonction publique, des services publics, de tout ce qui doit avoir une dimension générale à l'échelle du pays. Et le sort des partis politiques va suivre, puisque leur américanisation est souhaitée par tous les dirigeants. De droite comme malheureusement de gauche.
Presque tous nient toute valeur à l'engagement militant durable, pour tabler sur des adhésions circonstancielles éphémères. Ils se transforment peu à peu en groupes de pression ou en groupes de soutien personnalisé, que l'on abandonne quand le résultat n'est pas conforme à ses ambitions. Ce virage a mis en évidence la force désormais incontournable dans nos institutions des « lobbies » à l'américaine.

PAS SI VIRGIN QUE CA
Le danger menace, avec la disparition du militantisme idéologique. Plus un seul jour sans que des groupes organisés dotés de moyens financiers lourds prennent de fait le contrôle de l'appareil politique. Les débats autour des lois Hadopi ou de l'hôpital viennent d'en témoigner. Qui auront été les plus efficaces ? les parlementaires ou les rassemblements d'intérêts, touchés par ces deux lois ? les citoyens ou les bénéficiaires des réformes ? On avait assisté, il y a quelques années déjà, à une scène surréaliste que tout le monde (ou presque) a oublié, puisque Virgin était venu faire sa pub pour le téléchargement dans l'enceinte même de l'Assemblée nationale... en toute impunité. Rétrospectivement, on peut rattacher cette polémique à l'examen laborieux de la loi Hadopi puisque c'est toujours la même majorité. Virgin avait en effet fait la promotion de ses systèmes de téléchargement de musique, dans l'enceinte de l'Assemblée nationale.
Cette présentation, réservée aux députés, avait été autorisée par la présidence de l'Assemblée nationale. Elle s'est tenue dans la salle des conférences, attenante à l'hémicycle. Les démonstrateurs étaient munis de badges d'accès, fournis par le ministère de la Culture. Mais la présence d'un groupe privé, à la sortie de l'hémicycle, avant le début de l'examen du projet de loi sur les droits d'auteur, avait été vécu comme une pression par les députés socialistes, qui avaient protesté contre cette intrusion commerciale.
« Nous sommes libres ! Nous n'avons pas de mandat impératif », s'est insurgé Patrick Bloche. Le député PS de Paris avait brandi dans l'hémicycle un tract promotionnel de la société, offrant une réduction de 9,9 euros aux députés. Intervenant à la suite de Patrick Bloche, le président du groupe socialiste Jean-Marc Ayrault avait demandé à la présidence de l'Assemblée de mettre bon ordre à cette « démonstration dans l'enceinte même de l'Assemblée nationale par des sociétés privées ». Le président de séance, Yves Bur (UMP), a annoncé peu après que Jean-Louis Debré avait « décidé d'interrompre immédiatement la présentation, dont il apparaît qu'elle ne se déroule pas dans les conditions qui avaient été prévues ». Que s'est-il passé sur la loi Hadopi?
Un fait parmi tant d'autres, quand on sait que chaque jour les lobbies pharmaceutiques, médicaux, éducatifs, sociaux, économiques, environnementaux entretiennent des liens directs avec des Ministères, des parlementaires, au seul prétexte qu'il faut que ces derniers soient informés ! Les « lobbies » valent tous les partis d'opposition réunis. Les médecins toussent, on leur donne un baume réparateur sur le tarif de leur consultation. La gauche n'a cessé de ressasser que la loi Bachelot sur l'hôpital conduisait à la catastrophe pour les patients... Bachelot et Sarkozy ont cédé devant les pontes médicaux pour la partie qui les concernaient (direction de l'Hôpital, statut, rémunérations...) mais n'ont rien concédé aux patients, qui n'existent pas médiatiquement comme un lobby organisé. Et il en est ainsi dans tous les domaines... La politique au sens noble est morte ou moribonde pour être supplantée par les organisations d'intérêts privés !

LE LOBBY ANTI LOBBY
C'est devenu tellement insupportable que des députés UMP viennent de se réveiller. Ils veulent se saisir de la réforme du règlement de l'Assemblée nationale pour mieux encadrer les activités de lobbying. Hier soir, le député UMP Patrick Beaudouin a soumis un amendement « visant à mettre en place un registre et un code de bonne conduite des lobbies ». Cet amendement, qui s'inspire des pratiques en cours au Parlement européen, a été cosigné par une cinquantaine de députés. Le député du Val-de-Marne a souligné que l'actuel président de l'Assemblée, Bernard Accoyer, avait lui-même plaidé pour « la mise en place de règles transparentes », lorsqu'il était président du groupe UMP en 2006.
Patrick Beaudouin et d'Arlette Grosskost (UMP) avaient déjà proposé un amendement pour un meilleur encadrement du lobbying après la polémique déclenchée par l'intrusion de représentants de Virgin près de l'hémicycle. Ils étaient venus faire la démonstration d'une plate-forme de téléchargement en plein examen de la loi sur les droits d'auteurs. Mais ce fut totalement oublié et enseveli dans d'autres préoccupations plus politiciennes. « Tout le monde fait du lobbying mais tous ne disposent pas des mêmes moyens de se faire entendre » a souligné hier soir Patrick Beaudouin. Le député a mentionné « les grandes entreprises qui bénéficient curieusement d'un badge, les groupes d'étude, les colloques, les voyages d'étude, parfois dénoncés comme les chevaux de Troie des groupes d'intérêt ». Belle déclaration de principes qui n'a convaincu personne car, on le sait bien, c'est superflu !
L'amendement de Patrick Beaudouin a donc finalement été retiré, car « il semble plus opportun d'inscrire l'encadrement du lobbying » dans une décision du bureau de l'Assemblée que dans le règlement, selon le député. Patrick Beaudouin a demandé un « engagement du Bureau sur la mise en œuvre et sur le calendrier de cette réglementation ». On verra donc plus tard... quand ils sera trop tard !
Début mai, Bernard Accoyer avait fait part de sa volonté de se rapprocher du Sénat afin de coordonner les initiatives. Une manière d'enterrer cette nouvelle velléité de réguler la démocratie authentique, pas celle des amendements, des temps de parole, des questions écrites, mais celle qui vit sur des principes clairs. La réponse a été habituelle : Gérard Larcher a annoncé la mise en place d'un groupe de travail sur les groupes d'intérêts. Un lobby parlementaire pour interdire les lobbies économiques. Ils vont avoir peur, et n'entreront plus dans les assemblées ou ne rédigeront plus  les amendements qui leur conviennent ou ne feront plus les règlemnts susceptibles d'améliorer leur rentabilité ou au moins de la garder.
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12 mai 2009 2 12 /05 /mai /2009 07:17
En fait, il faudrait remonter dans l'Histoire et reconstituer le parcours de ces hommes politiques ayant changé de camp dans les périodes les plus délicates. Toutes et tous ont un point commun, celui, quand ils arrivent chez ceux qu'ils ont éreinté durant plus ou moins longtemps, d'en faire beaucoup plus que celles et ceux qui les accueillent. Ils se mettent en quatre, oublient tous leurs principes antérieurs, se précipitent pour accentuer les courbettes, et surtout tentent par tous les moyens de démontrer leur loyauté absolue. Ils en font plus que leurs hôtes ne le leur demandaient. On l'a vu durant la sombre période de l'occupation, où les gens de la Milice étaient parfois plus zélés que la Gestapo,  on l'a constaté dans la période révolutionnaire, où les nobles convertis à la république naissante condamnèrent à tout va les gens issus de leurs propres rangs ; on l'a vérifié dans toutes les guerres, durant lesquelles les traîtres sont implacables. Bien évidemment, toutes proportions gardées et sans faire de comparaison désobligeante, il faut bien constater que les Ministres dits d'ouverture sont en passe de devenir plus sarkozystes que les sarkozystes les plus fanatiques. Il est vrai que pour sauver leur place dans le prochain gouvernement, il leur faut absolument oublier leurs états d'âme. Incroyable de constater combien il est facile de virer à 180 degré pour rester dans le vent. Il n'y a eu que Kouchner pour garder un zeste infime de lui-même, puisqu'il hésiterait encore à voter UMP ! Une manière comme une autre de se dédouaner, pour le jour où il annoncera que, tout bien réfléchi, il soutiendra son collègue Voyageur Représentant Politique Barnier : ce ne sera qu'au prix d'une douloureuse contorsion et après un sacrifice sur l'autel du Sarkozysme triomphant. Il ira simplement au secours de la « veuve et de l'orphelin », ou il ralliera le camp des vainqueurs, par absence de combattants.
Eric Besson est dans le fond beaucoup plus courageux : il assume d'être devenu plus UMP que le plus UMP des UMP ! Il a largement soutenu, dans une vie passée, les positions de la Gauche sur l'immigration; il a certainement participé à des assemblées générales de la Ligue des Droits de l'Homme ; il a certainement couvert de louanges des associations humanitaires qui l'invitaient dans sa province à des colloques comme député. Mais à l'époque, il n'avait rien compris à la liberté, à l'égalité et à la fraternité. Il se contentait d'en parler sans savoir que le demi-d'ouverture de l'Elysée le jetterait dans une mêlée confuse pour déblayer le terrain ! En fait, il a découvert que sa vocation était de faire les basses œuvres qu'aucun ministre n'avait osé accomplir depuis un demi-siècle. Il a même réussi au-delà des espérances de l'Elysée ! Et qui sait s'il ne finira pas Ministre de l'Intérieur ?

DES MOTS TERRIBLES
Seize associations de défense des droits des plus démunis et des immigrés jugent « préoccupant » le « mode de relation agressif » instauré, selon elles, par le ministre de l'Immigration Eric Besson, dans une lettre à celui-ci, dont l'AFP a obtenu copie. Edifiant, mais surtout consternant. Cette lettre, datée de hier, peu après des échanges très virulents entre M. Besson et la Cimade à propos de la réforme de l'assistance juridique aux étrangers en rétention, porte sur la controverse opposant le ministère  à ces associations en ce qui concerne le « délit de solidarité » instauré, selon elles, par le Code d'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (Ceseda). Ces associations rappellent que le ministre leur a « envoyé un courrier très critique » à l'occasion des rassemblements contre le « délit de solidarité » organisés le 8 avril dans 90 villes de France. Mais de quoi se mêlent-elles ? Pourquoi appeler à une manifestation ? Comment peut-on décemment calomnier un tel Ministre ?
« Le mode de relation agressif que vous semblez vouloir instaurer avec les associations qui interviennent sur des questions de précarité nous paraît préoccupant », écrivent-elles à Eric Besson. Et elles s'appuient sur des faits qui ressemblent  à un pur et simple règlement de comptes. La rédaction de l'article L 622-1 du Ceseda « est en contradiction avec vos dires, en ce qu'elle ne distingue nullement entre les passeurs qui exploitent la détresse des migrants et les citoyens agissant par humanité et pour la défense des droits fondamentaux », poursuivent-elles, alors qu'on ne cesse de leur répéter que ces citoyens ne risquent rien à part quelques heures de garde à vue ! Cet article punit pourtant de 5 ans d'emprisonnement et d'une amende de 30.000 euros « toute personne qui aura, par aide directe ou indirecte, facilité ou tenté de faciliter l'entrée, la circulation ou le séjour irréguliers d'un étranger en France ». Les mots « indirecte » et « facilité » n'ont aucun sens. Ils ne sont là, selon le ministre, que pour faire joli dans un texte anodin ! Et pourtant....
« Vous savez fort bien que des actions judiciaires ont été engagées, ces derniers temps, à l'encontre de militants de causes humanitaires, au seul motif qu'ils avaient porté secours à des personnes sans papiers », écrivent les associations. Elles font valoir que « même quand les poursuites ne se terminent pas par une condamnation, le mal est fait, l'intimidation crée des dégâts (...) destinés à empêcher toute aide aux personnes sans papiers ». Il en reste toujours quelque chose, et surtout cela peut décourager les meilleures bonnes volontés. A quand une condamnation pour avoir donné une pièce dans le métro à un sans papiers... et donc avoir favorisé son séjour sur le sol français ?

AMOUR COUPABLE
« C'est ce que nous dénonçons, c'est ce que vous défendez, en refusant de changer la loi », conclut le texte, signé notamment par Emmaüs France, la Cimade, la Fnars, le Secours catholique-Caritas, le réseau éducation sans frontières (RESF), le Groupe d'information et de soutien des immigrés (Gisti), Médecins du Monde et la Ligue des droits de l'Homme...Rien que des révolutionnaires qu'Eric Besson n'a jamais soutenus ou encouragés avant de devenir un Ministre génétiquement modifié ! Le procès en correctionnelle de Jennifer Chary, une jeune Française poursuivie pour « aide au séjour irrégulier » de son concubin marocain, a été renvoyé, après le rejet par son avocate de la procédure du « plaider coupable », a-t-on appris hier de source judiciaire. Avouez que ça tombe bien, et que, bien évidemment, il n'y a eu aucune intervention divine. D'ailleurs, tous les médias vous en ont parlé !  Cette Dijonnaise de 23 ans, vivait en effet en concubinage depuis dix mois avec son ami marocain, M'Hamed Naïmi, 24 ans. Ils devaient se marier le 11 avril à Dijon, mais M'Hamed Naïmi a été expulsé le... 2 avril. Arrivé en France à l'été 2006, il n'avait jamais fait renouveler son titre de séjour de six mois. Interpellé le 16 mars dernier chez un ami, futur témoin de son mariage annoncé, il avait été placé au centre de rétention de Lyon, avant d'être expulsé vers le Maroc. Première peine !
Cette « criminalisation de l'amour est scandaleuse et illégale », a assuré la Cimade dans un communiqué, affirmant que la loi incriminée prévoyait que « le conjoint ou le concubin d'un étranger en situation irrégulière ne peut être poursuivi ». Or, Jennifer Chary encourt jusqu'à cinq ans de prison et 30.000 euros d'amende selon l'article 622-1 du code d'entrée et de séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA). Mais bien sûr, ce n'est qu'une vision théorique puisque cette loi n'est jamais appliquée. Son procès devrait se tenir « en septembre prochain, dans le cadre normal d'une procédure de comparution devant le tribunal correctionnel » de Dijon, a déclaré Me Séverine Beuchet, avocate de Jennifer Chary. On verra donc le résultat, après les vacances et quand tout le monde aura oublié les faits ! Elle sera jugée pour collaboration avec l'ennemi, et peut-être tondue !

REVENIR SUR LE PASSE
Le 28 avril dernier, le ministre de l'Immigration Eric Besson soutenait « qu'en 65 années d'application de la loi, personne en France n'a jamais été condamné pour avoir seulement accueilli, accompagné ou hébergé un étranger en situation irrégulière ». Il ne fallait donc pas une tache sur son palmarès. Même si le Groupe d'information et de soutien des immigrés (Gisti) répondait par une première liste de 32 cas antérieurs de poursuites ou de condamnations de bénévoles qui avaient aidé des sans-papiers, puis une seconde « non exhaustive » qui portait à 61 cas le nombre des personnes poursuivies et/ou condamnées dans le même cadre. Pour une ouverture vers les droits de l'Homme, c'est donc une incontestable ouverture... Et le pire, c'est que le manège va se poursuivre !
On voit déjà poindre l'ineffable Claude Allègre, qui sera encore plus Sarkozien qu'il n'a été Jospinien. Il devrait être promu au Ministère de l'Ecologie : il  y règlerait en un tour de main les problèmes du réchauffement climatique  puisque,  selon lui,  ils n'existent pas. Jack Lang devrait revenir à la culture car, lui, il saurait régler le compte des contestataires avec TF1, car il entretient  avec la boîte des liens bien plus discrets que ceux qu'a Albanel, sœur Dominique perdue au milieu des dragons. Et si d'autres suivaient, ce ne serait pas en contradiction totale avec l'idéal qu'ils étaient prêts à défendre au moment de l'investiture que leur ont accordée les militants. Au fait, si l'on organisait, dans les lycées, un cours d'Histoire sur les carrières d'Adrien Marquet, l'ex-Maire de Bordeaux ; Marcel Déat, député de Charente en 39; de Pierre Renaudel, Député du Var... Eux aussi ont eu une certaine vision de l'immigration et de l'identité française. Eux aussi on cru que la meilleure façon de faire de la politique, c'était de s'adapter à l'opinion dominante. Eux aussi ont peut-être pensé qu'il leur fallait donner des gages d'efficacité pour être respectés. N'empêche que, quoiqu'il arrive, un retournement de veste, ça se voit. Surtout si elle passe du rose au noir !
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11 mai 2009 1 11 /05 /mai /2009 07:17
Après avoir déballé des tonnes d'autosatisfaction sur les deux années du mandat présidentiel sarkozyste qui viennent, ne l'oublions pas, après des années de participation aux postes clés du gouvernement, les gens qui comptent à l'Elysée vont encore se réunir pour effectuer un décompte des jours du mois de mai. Ils craignent, en effet, une explosion sociale qui s'appuierait sur une émeute, toujours possible, dans une banlieue. Tous les indicateurs sont au rouge car la crise économique touche fortement les foyers les plus en difficulté : loyers impayés avec menaces d'expulsion, dossiers de surendettement, factures d'énergie non réglées, chômage qui culmine à des niveaux jamais atteints, économie parallèle de plus en plus convoitée, disparition de la police de proximité, échec scolaire grandissant, services publics laminés... La situation est explosive et la moindre étincelle peut relancer une violence latente mais souvent passée sous silence par les médias pour ne pas « l'exemplariser ». On sait, dans les cellules de prospective, qu'il faut tenir jusqu'à l'arrivée du RSA, dont on ignore totalement le coût réel pour les conseils généraux qui auront à le mettre en œuvre. Ce sera peut-être une bouée de sauvetage provisoire, qui permettra de passer le début de l'été. Les analystes de la majorité gouvernementale ont encore en mémoire les émeutes grecques. Elles ont affolé les cabinets des Ministère concernés.
Comme nous l'avons déjà rapporté dans des chroniques antérieures, les privatisations sauvages, tant du système de santé que du régime des retraites grecques, avaient créé, en 2008, une situation de grogne sociale généralisée, mais légitime. Plus d'une semaine avant l'éclatement des violentes émeutes pour lesquelles la mort du jeune Alexis Grigoroupoulos a servi d'étincelle, les médecins, les infirmières et le personnel médical, qui manifestaient devant les ministères pour obtenir le paiement de leurs salaires, furent violemment matraqués.
Un journaliste du grand quotidien proche de la gauche Ta Nea souligne que, d'après tous les témoins oculaires, l'adolescent fut froidement abattu par un policier, et non pas lors d'une altercation. La réalité de la provocation est confirmée par le rapport des légistes, prouvant que la balle provenait d'un tir direct et non pas d'un ricochet. Le policier fut d'ailleurs immédiatement inculpé pour « homicide volontaire » et « utilisation de la gâchette ». Cependant, beaucoup d'observateurs se sont interrogés sur la rapidité étonnante avec laquelle les émeutes ont suivi la mort de ce jeune. Un membre des services des renseignements généraux affirme qu'il aura fallu moins de 20 minutes pour faire descendre les gens dans la rue. La mort du jeune, abattu à 21h03, fut annoncée sur Indymedia dès 21h30, accompagnée de mots d'ordre du type « vengeance pour le mort » et « tous dans la rue ». Ainsi, les émeutes étaient déjà énormes à 22h. La télévision grecque et les medias locaux, d'après des informations invérifiables, n'auraient appris la mort du jeune que quand les émeutiers les ont appelé en direct des rues d'Athènes ! Et c'est la hantise des spécialistes du Ministère de l'Intérieur français.

UNE SIMILITUDE INQUIETANTE
Les émeutes se sont en effet répandues, en Grèce, d'une façon quasiment instantanée à l'ensemble du pays. Dès le lendemain, près d'une cinquantaine de villes subissaient des batailles de rue, et des groupes d'émeutiers allaient de ville en ville pour allumer des conflits. La police grecque s'attendait à des émeutes pour la période de Noël depuis août 2008, et la nôtre les craint pour cet été, mais avec encore plus de certitude pour le dernier trimestre de 2009. La crise frappe, et le ton monte dans les conflits sociaux. Au moindre dérapage on ira au conflit musclé.
Si l'on croit que les mêmes causes peuvent provoquer les mêmes effets, il faut signaler la similitude, en termes de chômage des jeunes, entre la Grèce (22% pour les 15-24 ans) et d'autres pays européens ayant une tradition de protestation populaire, en particulier la France, l'Italie et l'Espagne.
Le 20 décembre dernier, le journal britannique l'Indépendant détaillait comment le « Syndrome grec » gagnait l'Europe : « Quand un étudiant grec éternue ou se fait arroser de gaz lacrymogène, les jeunes descendent dans la rue en France et maintenant en Suède. Hier, des jeunes cagoulés ont jetés deux bombes incendiaires sur l'Institut français d'Athènes. Les vitres ont été cassées mais le bâtiment ne fut pas trop endommagé. Ensuite des jeunes ont taggé deux slogans sur les murs. L'un disait : ‘Etincelle à Athènes, incendie à Paris, c'est l'insurrection qui vient' tandis que l'autre affirmait : ‘France, Grèce, soulèvement partout' ».
En Suède, à Malmö, une centaine de jeunes avait caillassé la police et allumé les poubelles pour protester contre la fermeture d'une mosquée. Comme en Grèce, la police suédoise pensait que des casseurs avaient cherché délibérément à « criminaliser » une contestation légitime. L'Independant examinait ensuite ce que pouvaient avoir en commun les étudiants grecs, les lycéens français et les jeunes suédois : « Les protestations ont des caractéristiques communes : un mépris pour les institutions gouvernementales et le monde des affaires, aggravé par l'effondrement du système bancaire provoqué par leur cupidité ; une alliance large, pas forcément confortable entre des jeunes étudiants blancs de gauche et des jeunes d'origine étrangère de la deuxième génération ; tous se pensent comme faisant partie de la ‘génération sacrifiée', celle des ‘600 euros' ». En France, dit l'auteur de cette enquête que l'on ne risque pas de lire chez nous, « trois facteurs supplémentaires : une hostilité envers le capitalisme et la globalisation, et le malaise persistant qui règne dans les banlieues des villes françaises. Après que Sarkozy eut reporté sa réforme de l'éducation, les étudiants furent encore plus nombreux qu'auparavant. Les étudiants interrogés dans les rues de Paris ne veulent rien savoir. Le président Sarkozy n'y peut rien, disent-ils. Il agit ‘sous les ordres de Bruxelles et de Washington' pensent-ils. Pour eux, le vrai motif des coupes dans l'éducation c'est ‘le renflouement des banques'. » C'est révolutionnaire comme analyse, mais c'est de plus en plus vrai, et l'inquiétude grandit notamment si la fin des remous universitaires n'arrivent pas très vite. D'ailleurs dès ce matin on se penchera sur les... émeutes qui viennent d'éclater au Portugal !

LE PORTUGAL S'ENFLAMME
Douze personnes ont été interpellées dans la nuit de samedi à dimanche dans le quartier Bela Vista, dans la banlieue de Lisbonne, théâtre d'émeutes pour la troisième nuit consécutive, ont annoncé des sources policières citées hier par les médias portugais. Elles ont été arrêtées pour violence, injures ou trafic de drogue, a indiqué la police de sécurité publique (PSP) dans un communiqué précisant avoir également saisi de la drogue, une arme à feu et une arme blanche sur un jeune de 12 ans.
Trois voitures et dix conteneurs d'ordures ont été notamment incendiées ces dernières heures à Setubal (environ 40 kilomètres au sud de Lisbonne). La situation a été « rapidement maîtrisée par les pompiers évitant ainsi la propagation des incendies », selon la police, qui reste en état d'alerte et est prête à renforcer sa présence dans le quartier pour contenir d'éventuelles « menaces pouvant mettre en péril l'ordre public ».
Ces émeutes ont débuté jeudi dernier, lorsque des jeunes du quartier se sont rassemblés devant un poste de police afin, selon eux, de protester contre la mort, quelques jours plus tôt, de l'un de leurs amis au cours d'une poursuite avec la police, après le cambriolage d'un distributeur de billets. Une étincelle qui s'appuie sur une détresse sociale extrêmement forte.
« Les incidents à Paris et Athènes ont commencé avec des épisodes identiques: la mort de jeunes, causée par la police », rappelle le quotidien Diario de Noticias à la une. « Bien qu'il n'y ait pas d'indices qu'il existe au Portugal des mouvements comme dans ces pays, capables de s'organiser à grande échelle, il faut être attentif. La police a demandé aux services de renseignements des informations sur la présence éventuelle d'éléments extrémistes », poursuivait le quotidien. Eux aussi sont à la recherche d'une « ultra-gauche » qui exploiterait la situation.

UN DUO GAGNANT-GAGNANT
En attendant, on valorise les extrêmes et notamment Olivier Besancenot, présenté comme un épouvantable comploteur, surfant sur la crise. La stratégie actuelle, qui consiste à s'appuyer sur le modèle de la Guadeloupe pour faire du NPA un parti de luttes, va être très utile au gouvernement. «On n'est pas dans une logique d'alternance, mais d'alternative», rappelait récemment un de ses proches .
En préparant le renversement du capitalisme, le bras de fer avec le président de la République a été jusqu'à présent du «gagnant-gagnant» pour les deux protagonistes. Le chef de l'Etat et l'UMP érigent Besancenot en leader de la radicalité pour diviser la gauche. « On va vous faire avec Besancenot ce que vous nous avez fait avec Le Pen », avait ainsi lancé Nicolas Sarkozy, le 7 juin 2008, à François Hollande, alors premier secrétaire du PS, dans un avion au retour de Beyrouth. Un NPA à 10 % qui, en ne s'alliant avec personne, empêche la gauche d'être majoritaire dans toutes les prochaines échéances électorales.
De son côté, Besancenot a vu tout le parti à tirer d'une stratégie «d'opposition frontale» en réponse à «la présidence de combat de Sarkozy», explique son entourage. Cette posture permet au facteur de Neuilly d'être régulièrement sacré « meilleur opposant » dans les sondages, au coude à coude avec Ségolène Royal. Elle pourrait néanmoins trouver ses limites avec, à terme, la disparition de la gauche d'alternance, mangée sur sa droite par Bayrou, et incapable de trouver des forces vives sur sa gauche.
Mais je déblogue...
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10 mai 2009 7 10 /05 /mai /2009 07:17
Le système médiatique, reposant sur la capture des auditoires ou des lectorats par la seule vertu du « sensationnel » plus ou moins établi, connaît actuellement une mutation profonde. Face à l'omniprésence massive de certains, on assiste à la disparition progressive d'autres. Ces deux mouvements renforçant les extrêmes conduisent à jeter un discrédit croissant sur le rôle des journalistes dans la société. Ils ne maîtrisent plus du tout les entreprises dans lesquelles ils travaillent, puisqu'elles sont devenues des pompes à fric ou des gouffres, sans cesse remblayés par de généreux donateurs, désireux de s'en assurer le contrôle. Les rapports avec les pouvoirs ne sont faits que de compromissions reposant sur des notions d'audience, de distribution de publicité, de soutiens matériels divers. L'AFP, qui distribue près de 75 % de ce qui est vu, entendu ou lu dans l'Hexagone a été mise sous tutelle, pour raisons économiques ou politiques, par des déclarations ukases, exprimées au nom de l'UMP et de l'Elysée par Frédéric Lefebvre. Un  fait avait déjà illustré cette mise sous tutelle.
L'affaire de la condamnation de Ségolène Royal pour ses rapports avec ses salariés n'était pas passée, et était restée bloquée en travers de la gorge du chef de l'Etat et des responsables du parti présidentiel : les médias, et en premier lieu l'AFP, avaient censuré leurs commentaires à propos de la condamnation en appel, le 10 avril 2008, de Ségolène Royal à payer des arriérés de salaires à deux anciennes collaboratrices. Devant un parterre de députés UMP, Nicolas Sarkozy avait ainsi, sans ambages et sans nuances, vertement critiqué l'AFP, l'Express et le Parisien pour ne pas avoir suffisamment relayé cette information. Ancien proche conseiller de Nicolas Sarkozy et porte-parole de l'UMP, Frédéric Lefebvre avait été particulièrement remonté contre l'agence de presse. Il l'accusait d'avoir à quatre reprises "censuré" des... communiqués ou des commentaires de son parti à propos de cette affaire. Le 1er mai dernier, il s'est même fendu d'une lettre ouverte comminatoire au PDG de l'AFP. Elle a été efficace, puisque désormais, Frédéric Lefebvre apparait absolument sur tous les sujets : il n'y a plus un seul de ses communiqués qui ne soit relayé nationalement par l'AFP. L'omniprésence est un choix de communication de l'Elysée, qui essaie avec des proches d'occuper l'essentiel du champ quotidien.
Hier soir, par exemple, lors de la finale de la Coupe de France de football, on a assisté à la caricature de ce dévouement médiatique vis-à-vis des conceptions présidentielles pour ce qui conbcerne leur rôle. La complicité de France Télévisions était caricaturale, puisque avant même que roule le ballon du match, les millions de téléspectateurs avaient eu droit à un entretien complaisant de haute volée avec... Nicolas Sarkozy qui, on le sait, est spécialiste de tout ! Pourquoi avant la rencontre, alors que parfois ces déclarations avaient lieu à la mi-temps (et pas systématiquement)? Parce que le taux d'audience est, on le sait, plus élevé avant le coup d'envoi ! Mais la télé du service public a encore fait mieux, en ouvrant son antenne à la mi-temps au secrétaire d'Etat à l'Europe, Bruno Lemaire, qui bien évidemment, a lancé devant la France du ballon rond la campagne des Européennes.

LE BALLON ROND S'Y MET
En trois jours, entre les cérémonies du 8 mai, le football, et le voyage en Allemagne... on aura eu, sur un week-end excellent pour la télévision, un véritable matraquage sarkozyste, qui ne peut exister qu'avec la complicité des responsables des rédactions ! Et ça marche, car il n'y a plus aucun garde fou à cette dérive qui échappe aux citoyens n'ayant pas une connaissance réelle des pratiques du monde des médias. Impossible en effet de croire que ce montage a pu être effectué sans que la direction de France Télévisions et l'Elysée aient eu un contact direct. Ce n'est pas ce pauvre Daniel Lauclair, porte-micro consentant, qui a eu ces brillantes idées journalistiques. Il mériterait d'entrer chez les Guignols, ou de passer en boucle sur le zapping de Canal Plus comme exemple d'un cire-pompes présidentiel ayant hérité de l'époque de l'ORTF de Peyrefitte ! Cette retransmission de la finale bretonne de la Coupe de France restera dans les annales du Sarkozysme triomphant. Comme ce n'est qu'un début, on peut s'attendre à mieux et à de performances supérieures dans les mois à venir ! Cette soirée aura juste valeur d'exemple pour toutes les rédactions. Il ne faut pas croire, en effet, que ce comportement est parisien, car la presse régionale se déchaîne aussi pour continuer à exister, transformant en événements exceptionnels des papiers de complaisance permanents.
On en arrive également à une caricature même de l'information avec des articles ou des reportages qui sont visiblement seulement faits pour entretenir la présence médiatique de certains. Facile, si l'on connaît le milieu, de constater par exemple que les déplacements sarkozystes en région Provence Alpes Côte d'Azur ne sont pas les fruits du hasard : Nice, la plage du débarquement dans le Var un 8 mai, alors que sa commémoration a lieu le 15 août, Avignon, et bientôt d'autres exploits... Relayées massivement par Le Provençal, Nice-Matin, France 3 et tout le reste, ces visites aux amis lancent tout simplement la campagne des régionales en PACA, qui reposera sur le résultat des européennes. Personne ne moufte dans les médias...locaux. Au contraire, c'est du pain béni ! Par intérêt ? Par complicité ? Par influence ? Par déférence ? Par absence de volonté de décoder ? Peu importe, la réalité est désolante.

DEVANCER LA DEMANDE
En Gironde, il est également facile de constater que si Alain Juppé ne mange plus de cerises en hiver, il se gave de médias en toute saison. Son livre, qui compile des idées générales que tout le monde, dans tous les camps, défend chaque jour, sert de prétexte à une omniprésence dans le quotidien régional républicain girondin. Le summum a été atteint récemment avec un beau papier expliquant que son bouquin se vend très bien, avec des détails dignes d'un reportage publicitaire pour le compte d'un éditeur... Il est accompagné de multiples autres allusions sur ses signatures, sur son classement au hit parade des ventes, sur le tabac que font ses cerises, alors que l'on sait parfaitement que l'omniprésence médiatique reste le meilleur moyen de vendre des... livres. Dommage pour tous les autres auteurs qui, eux, sont soupçonnés de vouloir se mettre en avant lorsqu'ils proposent un ouvrage du même type !
Alain Juppé est revenu en politique; il a fait oublier ses échecs pourtant énormes en Gironde (une seule victoire électorale depuis son arrivée dans le département : les municipales de 2008) grâce à cette pression indirecte exercée par les médias dominants. Pas une seule semaine sans que deux ou trois papiers soient librement consentis à cette personnalité, qui ne fait pas vendre un seul journal de plus dans un département qui vote à gauche. Un jour, on annonce qu'il va au gouvernement ? Le lendemain on assure qu'il n'y ira pas ? Un jour il est sarkozyste. Le lendemain il n'est plus Sarkozyste. Un jour il fait du vélo. Le lendemain il défend le grand contournement routier. Un jour il va placer une de ses protégées aux Européennes en rang éligible. Quelques jours plus tard un autre papier annonce que ce ne sera plus la cas, mais que c'est dans le fond une victoire. Jamais le moindre répit. Un mitraillage permanent. Mais ainsi, comme l'affirmait récemment un responsable de la rédaction du quotidien : « la différence entre Juppé et les socialistes girondins, c'est que lui ne nous demande jamais rien et qu'il est toujours satisfait de ce que nous faisons ». C'est désormais la règle fondamentale dans les médias  : devancer les désirs de ceux qui détiennent le pouvoir, pour espérer ne pas se faire tancer ou être privé des subsides économiques dont on a absolument besoin !

LE SILENCE DERANGE
Mieux : des journalistes émérites girondins s'extasient dès qu'un Ump éternue sur son blog, mais ils s'extasient encore plus quand il n'a rien à dire ! C'est-à-dire qu'un journal de référence arrive à faire du silence et du refus de critiquer une... indiscrétion de qualité!  Regardez nationalement comment est décodé le fonctionnement du PS, et vous constaterez que cette pratique ne cesse de s'amplifier. Ne pas « tailler » ses amis, refuser de participer au lynchage collectif contre les positions socialistes, ne plus accepter la disparition progressive de la liberté fondamentale de la presse, c'est se condamner à être mis au ban médiatique ! Au niveau national, on pratique donc la même technique. Se taire devient un événement dans ce monde où tout est fait pour exister par des déclarations plus ou moins provocatrices, approximatives, personnalisées ou dénuées de tout fond politique (au sens noble du mot). Le pire, c'est que pour beaucoup, la résignation gagne du terrain, et qu'il faut accepter le sort médiatique qui vous est fait, ne plus exister pour ne pas prendre des coups répétés sur la tête. On arrive au vide, car plus personne n'ose dénoncer ces pratiques constantes, et surtout ne veut défier un système qui, s'il a le pouvoir de vous valoriser, peut encore plus facilement vous détruire.
Mais attention, si ça arrange le camp adverse, les spécialistes se chargent, avec la complicité du réseau qu'ils entretiennent, de vous faire la pub nécessaire pour vous mettre en valeur. C'est ainsi que Dieudonné a remercié, vendredi, la majorité d'avoir évoqué une éventuelle interdiction de sa liste « antisioniste » aux élections européennes, ce qui, selon l'humoriste, a eu pour effet de le placer « au cœur du débat ». Lors d'une conférence de presse pour présenter ses colistiers pour le scrutin du 7 juin, Dieudonné a salué son « attaché de presse » en la personne de Claude Guéant. Le secrétaire général de l'Elysée a été le premier, dimanche dernier, à évoquer cette interdiction, accusant Dieudonné de faire « profession de foi exclusive d'antisémitisme ». Sa campagne a été lancée par une seule phrase du porte parole de l'Elysée, abondamment ressassée médiatiquement. Cherchez l'erreur !
Mais je déblogue...
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Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
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