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LES STATISTIQUES

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MAIS JE DEBLOGUE...

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9 mai 2009 6 09 /05 /mai /2009 07:17

L'actualité déborde de faits dont l'importance n'est que véritablement circonstancielle. Ainsi, depuis des semaines, la France a découvert un sigle dont personne ne mesure véritablement l'importance : l'Hadopi. Cette appellation, que l'on croirait tirée d'un dessin animé pour enfants, ne recouvre qu'un fétu de paille, alors qu'un désastre menace de fait la société informatisée à outrance. En effet, on se concentre dans le débat sur le piratage de la création artistique qu'il faut absolument protéger, même si, dans toute l'histoire, les créateurs ont toujours souffert de l'exploitation de leurs talents. Les peintres des fresques sur les coupoles des églises, les sculpteurs des cathédrales, les musiciens écrivant pour un sacre ou un enterrement, ont toujours été victimes de l'utilisation de leurs œuvres, sans pour autant bénéficier des émoluments correspondants. Un joueur de quilles a toujours gagné plus d'argent qu'un poète. Malgré l'indiscutable importance du débat en cours, dont se sont d'ailleurs mêlés les artistes eux-mêmes dans un courrier adressé à Martine Aubry, en sa qualité de patronne du PS. Les ténors des artistes engagés depuis toujours à gauche comme Juliette Gréco, Maxime Le Forestier, Michel Piccoli, Bernard Murat et Pierre Arditi ont dénoncé une position politicienne du PS contre la loi Hadopi, symbole de l'action de la gauche : « En vous opposant, à l'occasion de la loi 'Création et Internet', à ce que des règles s'imposent aux opérateurs télécommunications (comme vous les aviez imposées naguère aux opérateurs de télévision et de radio) pour qu'ils cessent de piller la création, vous venez de tourner le dos de manière fracassante à cette histoire commune. Vous étiez la résistance à la déréglementation, à la loi de la jungle et du plus fort qui garantissait la diversité culturelle. Vous êtes désormais, par l'effet d'une étrange ironie de l'histoire, les avocats du capitalisme débridé contre les droits des artistes à l'heure du numérique. »
L'argument exaspère le député socialiste parisien Patrick Bloche : «Le Gouvernement trompe et instrumentalise les artistes. En imposant une surveillance généralisée d'internet, ce texte va à l'encontre des grands combats pour la liberté qu'ils ont toujours menés à nos côtés. Pis : la loi ne fournira pas un centime de plus à la création culturelle, contrairement au projet de contribution généralisée que nous défendions !» Et il n'a pas tort, car dans les faits, il s'agit encore d'un effet d'annonce dont personne n'a évalué l'impact réel. De son coté, Jack Lang savoure sa position pro-Hadopi et révèle donc qu'il est l'unique défenseur de la cause artistique à gauche. Un bon point pour l'ancien ministre de la Culture, qui montre qu'il va falloir encore compter avec lui pour... 2012. Tout a un sens, mais pas celui que sous-tend la loi. En fait, ce n'est qu'un atome du problème général du piratage
On s'étripe donc joyeusement à gauche sur une parcelle du phénomène «piratage», alors qu'à droite on compte les points, et que durant la bataille, d'autres aspects beaucoup plus graves mettent en évidence les dangers potentiels de la société de l'informatique. Et ce n'est pas le récent reportage d'Envoyé spécial qui aura rassuré les citoyennes et les citoyens, préoccupés par les vices cachés d'un système de moins en moins protecteur.

TRAFIC AERIEN MENACE
Plus rien n'est véritablement à l'abri d'interventions malveillantes et même potentiellement « terroristes », dans un contexte où les secrets individuels ou collectifs n'existent absolument plus ! Des pirates informatiques se sont en effet introduits à plusieurs reprises dans le système de contrôle du... trafic aérien des Etats-Unis au cours des dernières années, révèle un audit du gouvernement américain, disponible sur internet. L'étude met également en garde contre le recours à des logiciels auxquels tout le monde peut avoir accès, et le fait de se reposer de plus en plus sur la technologie d'internet, ce qui affaiblit les réseaux. Mais notre superbe loi Hadopi ne pourra absolument rien contre ce constat : quelles que soient les sanctions (qui les mettra en œuvre alors que 35 000 postes de fonctionnaires sont supprimables en 2010 ?), l'insécurité est telle que personne ne pourra être garanti totalement ! Le texte sera donc encore une fois inapplicable !
L'audit révèle également qu'un ordinateur de l'autorité de l'aviation civile américaine (FAA) a été la cible d'une attaque en février 2009. Les pirates ont ainsi pu obtenir des renseignements... personnels sur 48.000 employés actuels et passés de la FAA. En 2006, la FAA avait été obligée de fermer plusieurs de ses systèmes de contrôle aérien en Alaska, en raison d'une attaque virale qui s'est propagée par internet. Le rapport explique que la protection contre les cyberattaques « nécessite une attention accrue, car la FAA s'est tournée de plus en plus vers des logiciels disponibles dans le commerce et des applications basées sur le protocole IP pour moderniser ses systèmes de contrôle aérien ». Or, si l'utilisation de ces technologies améliore l'efficacité, elle "comporte inévitablement un risque accru". Certains pirates pourraient profiter de la vulnérabilité du réseau de la FAA pour installer des codes malveillants dans les ordinateurs, selon l'audit. Il cite un test de sécurité qui a identifié 763 failles permettant à un pirate d'avoir directement accès à un système informatique pour en prendre, par exemple, le contrôle à distance. Imaginez qu'un jour Ben Laden et son réseau aient les moyens de payer des pirates de haut vol !

LE TEMPS DES RANCONS
Ceux qui s'inquiètent au sujet du piratage des créations culturelles devraient être encore plus motivés pour l'informatisation des données médicales sensibles qui arrivent. Ils auraient constaté que, depuis quelques jours, les inquiétudes de très rares politiques sont justifiées, suite à la révélation qu'un pirate informatique a volé des données de plus de 8 millions de patients en s'introduisant dans le réseau informatique des professionnels de santé de l'Etat de Virginie aux Etats-Unis.
Le pirate exige une rançon de 10 millions de dollars sous 7 jours et a créé un back up, protégé par le chiffrement, de l'ensemble des données, pour garder la main mise dessus. Il détient donc un pouvoir extraordinaire, que personne ne peut contrer. On est bien loin de la copie d'un CD de Juliette Gréco. Cet incident est le plus récent dans une série d'incidents très médiatisés de pertes et de vols de données aux Etats-Unis, et montre qu'il y a encore du chemin à faire avant que la protection des données ne fasse partie intégrante de la stratégie de sécurité des organisations qui détiennent des informations confidentielles et sensibles.
Afin d'éviter ce genre de situation gênante et de réinstaurer la confiance du public, il est primordial que de telles organisations mettent en place des solutions technologiques robustes, comme le chiffrement, qui est le seul moyen d'assurer la sécurité des données personnelles. Dès que les informations seront chiffrées, elles ne pourront pas être consultées par des individus non autorisés. C'est en effet le comble de l'ironie que le pirate a lui-même ait chiffré les données volées pour protéger son butin. Le pirate a diffusé sur un site grand public sa menace. "J'ai en ma possession 8 257 378 dossiers de patients et un total de 35 548 087 prescriptions. J'ai fait une sauvegarde cryptée et j'ai supprimé l'original." Il bluffe ? Peut-être ! Etonnant en tout cas que personne ne se soit rendu compte du téléchargement de cette base de données. Encore plus que personne n'ait constaté sa disparition et sa modification. « Si vous m'envoyez 10 millions de dollars, je me ferai un plaisir de vous envoyer le mot de passe" souligne le pirate. Ce n'est qu'un début !

A TOUS LES NIVEAUX
Philip Gabriel Pettersson, un Suédois, connu aussi sous le nom de "Stakkato", a été par exemple inculpé d'intrusion dans un système informatique et de détournement de secrets commerciaux, a précisé le ministère américain dans un communiqué. Le jeune homme est accusé d'avoir pénétré dans le système informatique de Cisco, entreprise basée à San José, en Californie, et d'avoir dérobé un code opérationnel. Il est aussi soupçonné d'avoir pénétré, en mai et octobre 2004, dans les ordinateurs du Centre de recherche Ames de l'agence spatiale américaine et dans ceux d'un département de calcul informatique de la NASA, tous deux en Californie. Pour un de pris la main sur la souris, il y en a probablement des milliers, officiels ou cachés, qui effectuent exactement les mêmes manipulations en toute impunité. On va donc concentrer nos efforts, en France, sur le pillage des créations artistiques, au nom de la défense de la culture, alors que nous passerons à côté d'enjeux beaucoup plus importants. Mais c'est ainsi, dans une société du bling-bling et de la pipolisation outrancière. Les ravages ne font en effet que débuter. Les spécialistes des « puces » se régalent.
Si l'on prend un exemple précis, comme celui des permis de conduire québécois, qui vont arriver à un moment ou à un autre sur notre territoire, on a des raisons de s'affoler. En effet, des experts en sécurité informatique ont capté et «cloné» en quelques instants la puce IRF d'un permis dit « Plus » à partir d'une auto stationnée en bordure d'une piste cyclable, alors qu'un possesseur du permis Plus en poche, passait en vélo à 15 mètres. L'expérience a nécessité une antenne IRF (200 euros sur e Bay) reliée à un ordinateur portatif, ainsi qu'une puce IRF « vierge » pour recueillir le numéro subtilisé. À partir de là, il est très facile de recopier le numéro dans une autre puce. Avec quelques jours de calcul, l'ordinateur sera aussi capable de découvrir les mots de passe pour modifier ou désactiver le numéro du permis. Disponibles dans le commerce, les antennes IRF peuvent lire tous les numéros de permis Plus, sans nécessiter de configuration particulière. En effet, la technologie retenue ne fait appel à aucun chiffrement ou brouillage du signal. La puce envoie donc le numéro à n'importe quel appareil qui le lui demande, de façon invisible pour le détenteur du permis... Ce piratage là n'intéresse guère les parlementaires, mais il est vrai qu'il ne concerne pas les gens qui utilisent un chauffeur, dans une voiture dotée des dernières technologies pour écouter de la musique non piratée !
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8 mai 2009 5 08 /05 /mai /2009 07:17
L'Autre Quotidien a pour vocation essentielle de démontrer qu'il est extrêmement difficile d'accorder sa confiance aux médias actuels. Leur pouvoir, particulièrement prégnant en ce qui concerne les supports télévisuels, est en effet conditionné par leur souci de maintenir une opinion dominante, qu'ils entretiennent en lui présentant les faits qu'elle veut entendre. Hier, par exemple, à 19 heures, il était extrêmement intéressant d'écouter les informations sur les grandes radios nationales. La hiérarchie que France Infos, RTL, Europe 1 ou RMC a développé était en effet extrêmement édifiante. Une seule station a ainsi rendu compte sous forme de reportage de deux événements significatifs sur le mépris dont font preuve actuellement des chefs d'entreprise à l'égard de leurs employés. France Infos bien évidemment est au garde à vous, et ne signalait aucun des deux faits qui pourtant illustrent à merveille le déclin des libertés individuelles dans notre pays. Un phénomène qui n'inquiète toujours personne car, dans la société actuelle, il faut être concerné directement pour enfin croire à une autre information, à une autre éthique de son traitement, à une autre manière de la présenter ou de l'assembler.
Après le client de Bouygues Télécom placé en garde à vue sur dénonciation de son opérateur, pour un SMS, certes de mauvais goût,... reçu à l'insu de son plein gré, il y a aussi le cas du salarié de TF1, licencié (pas encore placé en garde à vue mais ça ne saurait tarder !) pour avoir expédié un mail sur la loi Hadopi à sa députée UMP ! Bien évidemment, sur TF1 et LCI on a fait l'impasse absolue sur ce sujet. Les radios « officielles », comme France Infos, ont eu un trou noir et ont occulté cette information, car elle risque d'ouvrir le débat sur les liens entre l'empire... Bouygues et le gouvernement Sarkozy ! Bizarre que dans les deux cas on retrouve,  au cœur de pratiques douteuses, cette entreprise exemplaire qui informe majoritairement les foyers français chaque soir !
Jérôme Bourreau-Guggenheim, trentenaire, responsable stratégique de TF1, décide un jour d'exprimer son mécontentement face à la loi Hadopi. Le rebelle écrit alors un e-mail, depuis sa boite personnelle, pour y confier son accord avec la lutte contre le piratage mais aussi son désaccord avec le dispositif de sanction mis en place contre les pirates. Le fameux mail est destiné - à l'origine - à sa députée UMP, Françoise de Panafieu... candidate contre Bertrand Delanoë à la Mairie de Paris. Cette gente dame utilise une pratique courante chez les députés de la majorité : elle appelle au secours le Ministère et tous ses conseillers pour répondre du tac au tac à l'internaute contestataire... qui, il faut le souligner, n'avait nullement rendu public sa prise de position. Las ! Il ne savait pas que nous avions changé de république et que désormais tout est contrôlé et... sanctionné directement ou indirectement.

MAIL MEURTRIER
Christine Albanel, illustrissime Ministre de la Communication, et fervente défenseur de la loi « création et Internet », reçoit alors le mail et s'étonne d'une telle divergence d'opinion venant d'un employé de la... chaine privée, proche du gouvernement, dont le propriétaire a été le témoin du second hymen de Nicolas Sarkozy et le parrain de son fils Louis ! Un directeur de Paris Match avait été viré pour une photo, un propriétaire de téléphone mobile placé en garde à vus pour un SMS imbécile et le cadre de TF1 serait sanctionné ! Jean-Michel Counillon, secrétaire général et directeur des affaires juridiques de TF1 est alerté par le Ministère de la Culture, garant de la liberté d'expression, et reçoit également le mail « scandaleux ». La chaine continue à se mettre en route : Arnaud Bosom, patron de la filiale Internet du groupe, est aussi prévenu de l'acte "simplement citoyen" de rébellion. Le brave trentenaire fait alors face à sa hiérarchie. Il précise qu'il s'agit bien d'un e-mail privé et qu'aucune communication officielle de la chaîne sur le projet Hadopi n'est passée. Bref, on ne plaisante pas avec Hadopi, Jérôme Bourreau-Guggenheim a été licencié et a échappé de justesse au Goulag... via la garde à vue, pour avoir écrit à une député, elle aussi garante des droits du citoyen !
Un nouvel exemple de censure peu rassurant... Mais Madame la Ministre regrette aussitôt cette décision, à laquelle elle ne s'attendait pas. Elle compte bien réparer les dégâts par un bon plan média, et des communiqués publiés par tous les supports, même  si ces derniers n'ont pas évoqué dans le détail cette affaire révélatrice des rapports  au sein du système médiatique dominant, où il est même interdit d'exercer ses droits fondamentaux. On ne trouvera plus de responsables et encore moins de coupables d'une telle atteinte aux libertés individuelles..., au moment précis où le parlement débat avec acharnement de la confidentialité des mails. En fait, tout le monde explique que c'est de la faute de cet employé qui n'aurait pas dû avoir la lumineuse idée de construire une argumentation contre une loi allant bien au-delà du piratage !

RIEN VU ET RIEN ENTENDU
La ministre de la Culture a tout d'abord expliqué ne pas avoir été... au courant des faits avant que ces derniers aient été rendu publics. Tiens donc, voici une Ministre qui avoue publiquement qu'elle se moque totalement des courriels qui lui sont transmis par une députée de son propre camp. La députée du XVIIe arrondissement a, quant à elle, affirmé que l'intéressé n'avait pas expressément demandé que sa correspondance reste confidentielle (retrouvez la séquence en vidéo). Dans un bref communiqué, le groupe TF1 confirme de son côté le renvoi de l'intéressé, mais parle de prises de position publiques.
« Renseignement pris, il s'avère qu'un mail a été adressé à Madame de Panafieu qui, donc, l'a adressé au ministère pour avoir des éléments techniques. Ce qui a été fait. Mais, à ma connaissance, il n'y a eu rien de plus », a expliqué Christine Albanel. Plus tôt dans la journée, son cabinet a pourtant tenu un son de cloche différent, reconnaissant avoir transmis le courrier concerné à la rue de Valois. « On n'a jamais réclamé la tête de ce salarié. La réaction de TF1 est très exagérée ! Cette décision est vraiment regrettable », indiquait en fin de matinée le cabinet de la ministre... qui pourtant ne savait rien, alors que c'est elle qui a la tutelle des télévisions ! Enfin elle le croit encore. « Ce que je veux dire solennellement, c'est que je n'ai jamais demandé à personne la tête de qui que ce soit. Ce n'est vraiment pas dans mes habitudes. Ce n'est pas dans ma nature. Je ne suis jamais intervenue dans les programmes ou dans la gestion des chaînes. Ça ne me viendrait même pas à l'esprit. Je ne suis pour rien dans cette affaire. Ce sont des décisions internes à la société TF1 », a ajouté Christine Albanel, que personne n'accuse d'ailleurs de ces pratiques. En fait c'est pire, car c'est l'évidence qui transparaît!
Il est vrai que dans les médias, on devance actuellement les désirs du Président. On évite d'avoir un téléphone : on publie ou on ne publie pas sur la base de ce qu'aimeraient ou n'aimeraient pas le Président et son entourage ! Chez TF1 on est habitué. Un cadre qui conteste, on sait qu'il faut s'en débarrasser, quel qu'en soit le prix !

LA ROUTE DES INDES
Silence radio et télé hier, sur une autre historiette exceptionnelle. A Castres, des patrons ont proposé à des salariés de partir en Inde pour un salaire de 3500 à 4500 roupies par mois, soit de 53 à 69 € mensuels. Eux n'ont pas le statut de grands patrons, et leur stock-options sont à la hauteur de leur statut. C'est la proposition faite par l'usine Carreman de Castres à ses neuf prochains employés licenciés, dans le cadre d'un plan de reclassement. Les deux patrons, Eric Baïsse et François Morel, du groupe textile castrais, présentent l'unique solution de reclassement proposée à ces neuf malheureux, qui vont perdre leur emploi le mois prochain : un travail d'opérateur de couture sur machine dans une usine en Inde, située à Bangalore exactement, dans l'une des unités du groupe Carreman. Salaire brut : 69 € avec un... treizième mois, une assurance médicale, et une caisse de prévoyance pour 8 h de travail par jour, 6 jours sur 7, en application de la législation locale du travail. Les salariés concernés sont restés sans voix, presque résignés. On leur a même indiqué oralement que l'usine participerait au déménagement pour ceux qui étaient intéressés.
Carreman dispose d'un établissement à New York. Mais ce ne sera pas pour eux. L'Inde, il y en a bien qui y vont en vacances, alors pourquoi ne pas y demeurer pour 69 euros par mois, salaire qui permet de se payer un bol de riz par membre de la famille ! Il est vrai qu'avec un seul jour de repos par semaine, ils ne dépenseront pas grand-chose pour les loisirs ! Ils sont donc neuf concernés par cette proposition véritablement révélatrice du mépris que le patronat manifeste, dans les faits, pour les emplois et ceux qui les occupent : quatre femmes et cinq hommes, qui vont prochainement recevoir leur lettre de licenciement économique, après avoir pris connaissance de la proposition de reclassement en Inde.
Peut-être que TF1 proposera à son licencié pour mail trop parfaitement argumenté, un poste au Tibet ou au Sri Lanka ? Que ce soit pour celles et ceux qui iront en Inde ou lui qui ira au Tibet, ils auront intérêt à surveiller leurs SMS et leur mails, surtout s'ils ont pris Bouygues comme opérateur. Ecoutez bien la radio, soyez attentifs à votre télé, et lisez votre quotidien régional demain : vous verrez qu'il y bien des sujets plus importants et moins dangereux à traiter !
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7 mai 2009 4 07 /05 /mai /2009 07:17
Jamais il n'y aura eu autant de bougies sur un gâteau d'anniversaire... Il aurait dû y en avoir deux ce matin pour fêter l'élection de Nicolas Sarkozy lorsqu'il a pris son déjeuner en compagnie de Carla. En fait on aurait pu en placer environ 7,9 millions ! toutes n'auraient pas illuminé l'environnement car elles n'auraient été qu'une petite flamme sans trop de vivacité, perdue dans la nuit d'un avenir incertain. En fait, chacune d'entre elles aurait symbolisé la réussite de ces deux années somptuaires passées par le Président du pouvoir d'achat à l'Elysée. Celui qui s'est copieusement augmenté son indemnité, qui a accru sans vergogne les frais de fonctionnement de la Présidence, qui a pris des vacances aux frais de ses amis milliardaires, qui a soupé au Fouquet's (mais c'est oublié depuis belle lurette) a en effet battu tous les records en matière d'accroissement de la pauvreté en France. En 2004, rappelle l'Institut, ce taux était de 11,7%, soit près de sept millions de personnes et... 2 ans plus tard on est arrivé à 13,2 %. Ouf! enfin un pourcentage en progression dans le palmarès sarkozyste. Il est vrai que cette publication tombe bien mal, car on imagine qu'actuellement on doit en être à 9 ou 10 millions, soit plus de 15 % de la population d'un pays réputé « riche ». Enfin il l'est, mais pas pour tout le monde ! On imagine qu'en 2012, quand l'Insee publiera son étude relative aux résultats de 2009, les médias qui répercuteront le chiffre ne seront plus légion. Ils préfèreront s'intéresser aux mensurations de Carla !
L'Insee rappelle en ce jour de gloire très discrète qu'en 2006, une personne vivant seule était qualifiée de pauvre quand son revenu disponible était inférieur à 880 euros par mois et à 1.320 euros pour un couple sans enfant. Près d'un tiers des personnes vivant au sein d'une famille monoparentale (30,3%) était confrontée à la pauvreté, soit une proportion 2,3 fois plus importante que dans l'ensemble de la population. Cela représentait plus de 1,6 million de personnes vivant sous le seuil de pauvreté. A noter que les familles monoparentales sont le plus souvent constituées d'une mère et de ses enfants (85% des cas).
A l'inverse, les ménages les moins touchés par la pauvreté étaient les couples sans enfant: seuls 6,4% des personnes en couple sans enfant étaient dans ce cas. Dans cette étude intitulée « Inégalités de niveau de vie et mesures de pauvreté en 2006 », l'Insee note qu'au cours des dix dernières années, la baisse de la pauvreté a plutôt bénéficié aux familles nombreuses (couples ayant trois enfants ou plus), dont le taux de pauvreté a diminué environ de cinq points, alors que la situation des personnes seules et des familles monoparentales a peu évolué.
L'emploi reste une protection contre la pauvreté, observe aussi l'Insee. Ainsi, en 2006, 9,8% des personnes actives, au sens du Bureau international du travail (BIT), c'est-à-dire occupant un emploi ou en cherchant un, avaient un niveau inférieur au seuil de pauvreté, alors que 15% des inactifs étaient dans cette situation.
Près d'un retraité sur dix (9,6%) avait un niveau inférieur au seuil de pauvreté, ce qui représentait 1,2 million de personnes. Les taux de pauvreté des enfants et des étudiants vivant chez leurs parents étaient élevés, respectivement 17,7% et 18,2%.

DES ACTES PARLANTS
De toutes les manières, les réformes sarkozystes ne peuvent qu'avoir amélioré les choses, car tout le monde l'a appris aujourd'hui cet homme fait des miracles, car il parle au monde ! Le porte-parole du gouvernement a vanté, lors du compte-rendu devant la presse hier, le bilan de « deux années d'action au service des Français » de Nicolas Sarkozy. Les deux premières années du mandat de Nicolas Sarkozy ont été marquées par le redémarrage de la « pensée universelle française », a-t-il affirmé. Rien que ça... Notre Président est donc désormais « universel », et surtout, il va exporter ses réformes géniales qui ont en fait paupérisé le pays dont il est responsable !
« Avec Nicolas Sarkozy, la politique est passée des paroles aux actes », a-t-il estimé sans aucune honte, et surtout sans faire référence aux repères socio-économiques de la France. Mais pour une fois, on ne peut qu' être d'accord avec un ministre de cette trempe : il y a eu de belles paroles (« pouvoir d'achat amélioré » et « plein emploi en 2013) et des actes : 800 000 chômeurs de plus prévus en 2009 et près de 2 millions de pauvres de plus !
« Pendant des années, nous avons eu des engagements dans les campagnes électorales, des engagements forts pris devant les Français, devant nos militants, sur des sujets de la vie quotidienne, je pense au service minimum dans les transports, à la réforme des régimes spéciaux de retraite, à l'autonomie des universités, qui étaient les marronniers de la vie politique française à droite dans les campagnes, mais qui n'étaient jamais mis en œuvre. Ce sont désormais des réformes qui sont derrière nous », selon lui. Il est vrai que ce sont des réussites qui ont changé totalement le quotidien des Françaises et des Français ! Le Service minimum dans les écoles a amélioré la réussite scolaire, comme c'est le cas dans les transports, les travailleurs peuvent aller jusqu'à... 70 ans pour toucher une retraite, les universités sont secouées par d'interminables soubresauts, ce qui les rend plus autonomes... Enfin, rien que des réussites ! Dommage que ces statistiques sur la pauvreté aient été publiées le jour où justement Nicolas Sarkozy devient « penseur universel », lui qui durant deux ans a eu pour « amis », George W. Bush, Kadhafi, Poutine, de grands philosophes planétaires.

FORTES DISPARITES
Les inégalités de niveaux de vie se creusent, la pauvreté s'accroît. Recouvrant les salaires, les retraites et les prestations sociales, et calculé après paiement des impôts directs, le niveau de vie médian s'établissait, en 2006, à 1 470 euros mensuels. En progression de 1,3 % en moyenne, sur 2005. Cette évolution recèle de fortes disparités. Le niveau de vie s'est en effet accru d'au moins 10 % pour un tiers des personnes, mais il a reculé d'autant pour un autre tiers. Plus précisément, on trouve en haut du tableau les chefs d'entreprise et les professions libérales, avec un niveau de vie en croissance de 8,3 %, suivis par les cadres du secteur privé, tandis que les employés et les ouvriers non qualifiés du privé connaissent l'évolution la plus défavorable (moins 2,2 %).
Selon l'INSEE, la pauvreté monétaire (définie par un revenu disponible inférieur à 60 % du revenu médian, soit 880 euros par mois) frappe près de 8 millions de Français, soit 13,2 % de la population, un pourcentage en progression depuis 2002.
Sans surprise, l'enquête indique que le taux de pauvreté est beaucoup plus fort chez les chômeurs (plus d'un tiers). Il atteint presque 10 % chez les retraités, soit 1,2 million de personnes. Et deux fois plus nombreux sont les enfants vivant dans un ménage pauvre : 2,4 millions, soit 30 % de la population totale en état de pauvreté. Autre trait marquant de cette photographie des inégalités, les familles monoparentales sont beaucoup plus sévèrement frappées que les autres : 30,3 %, soit 1,6 million de personnes, sont confrontées à la pauvreté, 2,3 fois plus que l'ensemble de la population.
L'enquête met enfin en relief un décalage entre la croissance du niveau de vie et celle du seul revenu salarial : entre 1996 et 2002, le premier a augmenté en moyenne de 12 %, le second de 6 %. L'évolution plus favorable du niveau de vie s'explique, d'une part, par « l'augmentation du nombre d'apporteurs de ressources » - conjoints et enfants de salariés contribuent plus souvent -, d'autre part, par la diminution de l'effectif des ménages. Phénomènes qui ont donc pu amortir quelque peu l'impact des politiques de « modération » salariales. C'est donc une réussite générale pour celles et ceux qui ont cru que l'agitation, les affirmations péremptoires, les apparences, les approximations suffisaient à changer une donne sociale justifiant de plus en plus la lutte des classes !

JEUNES ET VIEUX A TABLE
Les « bougies » ne prennent pas en compte les conséquences d'un partage totalement inéquitable du gâteau d'anniversaire. Elles regardent celles et ceux qui sont à table et continuent plus discrètement qu'avant à se goinfrer de stock-options, de retraites chapeaux, de profits considérables... Un chef d'entreprise, hier, rappelait que l'économie commençait à se redresser en faisant ce constat : « ça va mieux puisque les banques recommencent à inventer des produits toxiques ». C'est de l'humour mais c'est exact. La seule nouveauté, c'est que Pérol attaque "Médiapart" pour tuer un outil d'information doté de peu de moyens financiers, et le faire taire, en le faisant condamner par un tribunal dont le jugement sera rendu au nom du peuple français.
En définitive le « langage universel » c'est peut être celui qui consiste à maintenir les principes immuables, voulant que, dans le fond, il y a toujours eu ceux qui fabriquent le gâteau, et qui le servent sur un plateau pour que d'autres s'en régalent. Il est difficile à digérer... pour celles et ceux qui attendent encore des miettes.
Ce pavé indigeste dans la mare est passé quasi-inaperçu : depuis 1945, le niveau de vie par générations décroit en France ! Et schématiquement, 2009 oppose deux France. L'une âgée et aisée, celle des grands-parents. Et une "autre" appauvrie, celle des parents et enfants. L'information est officialisée du bout des lèvres par l'INSEE. Un cinquième de 18-24 ans sous le seuil de pauvreté; des familles monoparentales (mère-enfant) massivement dans la misère; 8 millions de pauvres en tout, désormais. Bref... il fallait naitre en 1945 ! Des jeunes pauvres dans un pays de vieux aisés ? Inutile d'ajouter que le nombre des ménages surendettés explose... de redire que tout le monde (et beaucoup d'enfants) ne mange pas à sa faim chaque jour, de préciser que se faire soigner devient impossible si on ne se présente qu'avec sa carte Vitale, car de plus en plus, dans les cabinets médicaux, on préfère la carte bleue, que les loyers restent impayés comme les factures d'eau et d'électricité... Bref que tout va pour le mieux dans ce monde subjugué par la « pensée universelle » de notre Président.
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6 mai 2009 3 06 /05 /mai /2009 07:17

Ce matin tous les supports médiatiques vont rappeler que Nicolas Sarkozy a été élu Président de la République de tous les Français il y a exactement deux ans. Cet anniversaire sera célébré comme il se doit avec de nombreux papiers ou éditoriaux qui expliqueront que, dans le fond, tout est de la faute... des « autres », qui s'ingénient à détruire toutes les excellentes réformes préparées par l'homme du libéralisme outrancier lequel, sous la pression des réalités, n'a tenu aucune de ses promesses politiques. En fait, durant ces deux années, il est resté Président de l'UMP, il est devenu distributeur de privilèges à un clan, il a accentué le verrouillage de la démocratie, il a tué toutes celles et tous ceux qui osaient le critiquer, enterré les rêves de pouvoir d'achat et navigué à vue en politique étrangère... Mais, par contre, il a parfaitement réussi la médiatisation de sa vie personnelle, avec un divorce clinquant et un mariage people, ce qui constitue en définitive l'essentiel de son action publique.
Inutile donc d'en faire des tonnes sur ce bilan qui se résumera à un ensemble très clair d'indices catastrophiques dans absolument tous les secteurs de la vie collective. Et encore, il faudrait être méfiant sur des statistiques plus ou moins tripatouillées. Les chiffres du chômage, la balance commerciale, le moral des ménages, les disparitions d'entreprises, le niveau des services publics, la dette publique, la place de la France dans le monde, les libertés individuelles... il n'est que les « fans » pour trouver des raisons de croire dans les vertus de la politique gouvernementale menée depuis l'Elysée ! Dans le fond, tout sera masqué par cette grande chance que constitue pour le Président de ce qui reste de République : la...crise !
En définitive, le plus inquiétant restera la destruction méthodique des valeurs républicaines : l'égalité, la liberté et la fraternité. Ce sont les trois axes du jugement à porter sur une gouvernance totalement opposée à ces principes. Que ce soit avec le paquet fiscal, avec les exonérations sociales multiples, les mesures sur la justice et plus encore l'équilibre médiatique, l'accès aux services républicains, la place de la religion, il est indiscutable que l'égalité n'est plus à la mode. Tout doit, selon un principe, s'acheter, se mériter, et il est donc peu recommandé d'être pauvre, sans travail et sans logement, car désormais l'Etat ne joue plus du tout son rôle compensateur.

IDEOLOGIE CALCULEE
En transférant à tour de bras ses propres responsabilités vers des collectivités locales, inégales en matière de moyens humains et financiers, on accentue chaque jour davantage le démantèlement de la République. En fait, le modèle américain hante les esprits élyséens avec le système inégalitaire de l'assurance, de l'assistance proportionnelle aux moyens financiers, de la capitalisation, devant récompenser les « bons » gestionnaires ! La certitude, comme l'affirme François Bayrou, c'est que l'on continue de penser que Nicolas Sarkozy n'avait que le goût immodéré du pouvoir, et que son projet était aléatoire ou flou. Or, c'est totalement faux, et Bayrou a raison. Le président a autour de lui des idéologues ravis de pouvoir mettre en œuvre leurs conceptions d'une société reposant sur l'individualisme triomphant, basée sur le culte du profit, renouant avec d'autres formes de privilèges que celles de l'Ancien régime, mais tout aussi révélatrices d'une volonté de récompenser une « cour institutionnelle ». De partout tombent à la fois les sanctions et les récompenses.
On mute, on met au placard, on change, on déstabilise, on détruit, alors que d'un autre coté on récompense, on alloue, on attribue, on arrange, on camoufle, on soutient... Cette propension à gérer ouvertement une république par un contrôle direct sur toutes les facettes de ses institutions ne figurera pas dans le bilan. Par exemple, qui soulignera qu'absolument tous les Préfets de région, cadres essentiels du pouvoir, ont été mutés ou mis au placard depuis deux ans : tous sont désormais renouvelés, et sans mettre en doute un seul instant leur impartialité, ils appartiennent plutôt plus que moins au sérail sarkoziste !

SOUS HAUTE SURVEILLANCE
Dans le secteur de la liberté, le réveil, après deux années de sarkozisme, risque d'être douloureux. Domination des amis les plus puissants du système médiatique, renforcement du contrôle direct sur les médias publics, omniprésence avec la complicité de rédactions soumises, montage d'opérations de discréditation des adversaires, mise en place de fichiers en tous genres, rôle accru de la surveillance globale sociale (voir par exemple le Ministère de l'Education nationale et ses appels d'offres), attaques en règle contre le droit de grève, diminution des prérogatives de l'opposition parlementaire... Impossible de nier que nous sommes entrés dans le système d'un Big Brother non outrancier mais bien réel. La preuve ? Un fait apparemment sans importance mais extrêmement révélateur d'un climat délétère qui ne révolte que les consciences déjà éveillées. En deux ans des pans entiers de la vie privée se sont effondrés. Un habitant d'Abbeville a été placé en garde à vue sur la foi d'un SMS, qui a été apparemment transmis par l'opérateur à la justice. Bouygues Télécom a annoncé hier l'ouverture d'une enquête interne. Mais, au fait, à qui appartient... Bouygues Telecom ?
L'affaire, révélée par le Courrier Picard, remonte au 16 avril lorsque Stéphane, un menuisier abbevillois de 29 ans, a été placé en garde à vue au commissariat d'Abbeville pour « non-dénonciation de crime » (sic). Il a été interrogé pendant 24 heures au sujet d'un message reçu sur un téléphone portable, prêté par l'opérateur de téléphonie mobile, en attendant la réparation de son appareil personnel: « Pour faire dérailler un train, t'as une solution? », demande un collègue dans ce SMS. « Mon téléphone est tombé en panne. Je l'ai mis en réparation dans mon agence à Abbeville et ils m'en ont prêté un autre. Ils m'ont rendu mon téléphone le 15 avril, et le lendemain j'étais... en garde à vue », a raconté le jeune homme à l'AFP. « On m'a dit que le 17 février, j'avais reçu un SMS que j'aurais dû dénoncer à la police. C'était une plaisanterie, pas forcément du meilleur goût, mais une plaisanterie », a-t-il ajouté.
Stéphane et l'auteur du SMS -interpellé puis placé en garde à vue à son tour- ont été libérés 24 heures plus tard. Bouygues Télécom a annoncé l'ouverture d'une enquête interne pour déterminer la façon dont le SMS a été transmis à la justice... car les opérateurs n'ont pas accès au contenu des SMS, et ils ne sont pas autorisés à délivrer le contenu des SMS, sauf sur réquisition judiciaire. Cette histoire, ajoutée à celle des mises en garde à vue systématiques pour des raisons plus ou moins légères (cyclistes à Bordeaux, sans papiers avec bébé, manifestants égarés...) témoignent d'une orientation générale plus qu'inquiétante en deux ans. La liberté est au minimum sous pression. Refusez les SMS sur votre mobile, ils peuvent être envoyés à l'insu de votre plein gré et vous valoir un séjour aux oubliettes ou à la Bastille ! Ne lisez pas cette chronique car elle est dangereuse pour votre avenir !

SOLIDARITE STIGMATISEE
Que dire de la fraternité ? Elle est écrasée par la concurrence poussée à son paroxysme. L'Homme doit redevenir un loup pour les autres Hommes. Montée en France du communautarisme, montée de l'antisémitisme avoué, montée du racisme... La chasse aux sans papiers, érigée en comportement vertueux, alors que la solidarité devient un délit, quoi qu'en dise l'ineffable Eric Besson qui est bien moins qu'un demi d'ouverture.
Sine Hebdo publie dans son édition de mercredi un manifeste, signé par plusieurs personnalités, pour demander l'abrogation de la loi qui "criminalise" selon eux l'entraide aux sans-papiers. Lancé « à l'initiative de Guy Bedos, Michel Onfray et Siné Hebdo », le "Manifeste des 144", ainsi intitulé, a recueilli les signatures de 144 personnalités de différentes disciplines qui « affirment avoir aidé des sans-papiers ou être prêts à le faire, et demandent l'abrogation de l'article L622-1 du CESEDA », le Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Parmi les signataires, figure l'ancien résistant Raymond Aubrac, les écrivains Cavanna et Régis Debray, l'humoriste Guy Bedos, les acteurs Pierre Arditi et Isabelle Adjani, le médecin Rony Brauman, le metteur en scène Patrice Chéreau, le philosophe Michel Onfray ou l'avocate Gisèle Halimi. Il manque Bernard Kouchner et Jack Lang ? Bizarre ? Vous avez dit bizarre ?
Les signataires soulignent que l'article en cause « permet de poursuivre toute personne qui aura, par aide directe ou indirecte, facilité ou tenté de faciliter l'entrée, la circulation ou le séjour irréguliers d'un étranger en France », ce qu'a toujours nié Eric Besson. Ainsi, « ce texte offre la possibilité au procureur de requérir une peine de cinq ans de prison et 30.000 euros d'amende à l'endroit des contrevenants. Pour le législateur, le passeur appointé et le simple citoyen sensible au sort de rescapés qui fuient la pauvreté ou la violence de leurs pays sont donc condamnables au même titre », font-ils valoir. « En vertu de ce principe, gardes à vue et perquisitions se multiplient chez des particuliers et des associations d'aidants », ajoutent les signataires. Il faudra faire figurer ça dans le bilan comme bien d'autres faits qui accentuent la fracture sociale et vont finir par impressionner des esprits faibles... Le ventre de la bête immonde est toujours fécond !
Mais je déblogue...

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5 mai 2009 2 05 /05 /mai /2009 07:17

Etrange Europe ! En ayant parcouru en moins de 15 jours la Hongrie, la Slovaquie, la Tchéquie, l'Italie à titre personnel, j'ai la désagréable impression d'une uniformité désarmante de la vie politique. En fait, il n'y a plus de débat idéologique, mais des affrontements via la pub, via les effets d'annonce, via les vies privées, via les révélations sans intérêt. Une constante qui traverse les frontières et se répand comme un cancer dans les médias. Plus rien ne concerne véritablement les peuples puisque la « pipolisation » a succédé à la politisation, le marketing a supplanté la force des convictions, l'admiration béate a mis à mal la lutte des classes... Dramatique quand, par exemple, on examine la manière dont est désormais traité un voyage officiel, comme celui du couple Sarkozy en Espagne. Cette construction européenne, reposant sur les vies de couple qui s'aiment ou ne s'aiment pas, va conduire à l'effondrement de la citoyenneté ! En Italie, où je viens de passer un week-end prolongé, il faut bien constater que Berlusconi a une longueur d'avance. Il ne gouverne que par le spectacle permanent, donnant du grain à moudre aux médias qu'il contrôle; il s'affranchit de tout pour devenir populiste afin de rester populaire, il n'hésite pas à fondre sa vie privée, ses intérêts privés dans ce qu'il considère comme la vie publique ou l'intérêt général. Depuis une semaine, Berlusconi, moins soucieux que son « ami » français de la valorisation de son épouse, a atteint le sommet de la pipolisation. Sa femme avait en effet dénoncé, la semaine dernière, la présence de plusieurs jolies filles sur la liste du parti du chef du gouvernement pour les européennes, contraignant ce dernier à en exclure certaines. Il avait pourtant choisi de promouvoir des « Veline » comme on les appelle en Italie, ces dames qui sont une illustration des proportions, bien différentes de celles du code électoral. Impossible, de l'autre côté des Alpes, d'échapper à la polémique de la semaine.

LES BELLES DE STRASBOURG
Le drame de l'Aquila est oublié, les conditions de plus en plus précaires de logement des sans-abri, le sort réservé aux immigrés, le rachat d'Opel par Fiat, le sacre probable de l'Inter et la grippe porcine, ont presque été relégués au second plan par les indiscrétions qui ont filtré sur les noms des futurs candidats et surtout des candidates que le PDL, parti de Silvio Berlusconi, devrait présenter aux prochaines élections européennes. Ce dernier, entendant réformer l'image du parti avec la présentation de jolies et avenantes jeunes femmes et de "nouveaux" visages, on pouvait penser que ce très louable projet aurait enfin permis de combler le retard italien en matière de rajeunissement et de féminisation de la classe politique... C'est louable. En apparence, car la sélection des "euro-candidates" a été effectuée en partant du constat suivant : les belles milanaises légèrement vêtues qui font les potiches à la télé font monter l'audimat. Elles sont donc parfaitement utiles pour le résultat des élections. Dramatique pour la politique, mais tellement révélateur de notre époque.
La présence d'avenantes jeunes femmes sur les listes du PDL devrait donc avoir le même effet sur le nombre de voix, et du coup, de "possibles" candidates ont été apparemment retenues plus pour leurs mensurations (plutôt avantageuses) que pour leur expérience en politique (aucune). Mais pas de panique, les journaux berlusconiens ont rapporté que les candidates avaient suivi une formation accélérée de droit communautaire et de culture générale, histoire de savoir ce qu'est l'OTAN, la BCE, le traité de Lisbonne, et où se trouve Strasbourg, au cas où elles se tromperaient à Linate et qu'elle partent à Salzbourg ! Les cours ont été dispensés par le ministre des Affaires étrangères, Franco Frattini, par le candidat à la présidence du Parlement européen, Mario Mauro, et par le Monsieur Propre de la Fonction Publique, Renato Brunetta, très célèbre pour son combat contre l'inefficacité des services publics italiens, et pour avoir affirmé que les femmes fonctionnaires passeraient leur temps à faire du shopping pendant leurs heures de travail. Effarant, mais passionnant pour un électorat qui ne vit que pour les apparences, et qui voue désormais un culte au plus macho de tous les chefs d'état en exercice ! Plus il est macho, outrancier, agressif, dominateur et plus l'Italie le bade !

DE TOUS LES AGES
La goutte d'eau qui a fait déborder le vase semble être la présence de Silvio Berlusconi au 18e anniversaire d'une jeune fille blonde, Noemi, qui appelle Berlusconi "papounet" (ça ne s'invente pas, et rappelons qu'il a 72 ans !)"Je ne peux pas rester avec un homme qui fréquente des mineures", a lancé Veronica Lario, sa femme, qui est évidemment cataloguée par les fans du Cavaliere de « femme de gauche » dangereuse !
Veronica avait déjà fait parler d'elle il y a deux ans, pour avoir exigé, dans une lettre ouverte à la presse de gauche, des excuses publiques de son mari, après que celui-ci eût proposé en plaisantant à une jeune députée de l'épouser. Il ne l'a pas fait, mais si elle avait obtenu les excuses de son époux et celles de la députée très accorte, elle a été humiliée, puisque Mara Carfagna est aujourd'hui ministre de l'Egalité des chances ! Si ce n'est pas de l'humour ! Il aurait pu la nommer Ministre des promotions « canapé » !
La Stampa affirmait lundi que l'entourage du Cavaliere était préoccupé par les conséquences politiques de ce scandale, à un mois des européennes, mais la plupart des analystes doutent de répercussions importantes sur une partie de son électorat, catholique et pratiquant régulier. Selon le dernier sondage de l'Institut Ipsos, le Parti du peuple de la liberté (PDL) de Silvio Berlusconi améliore encore son score des législatives d'avril 2008 avec 40% de soutien contre le Parti démocrate (PD, gauche), qui continue de s'effondrer, avec 26,2% des intentions de vote. Berlusconi a dit que cette affaire était un complot... de la gauche et les Italiens le croient.
Au bord du divorce, les époux Berlusconi se déchirent en public par presse interposée, une situation inédite dans la vie politique italienne, mais qui ne devrait pas trop nuire à la popularité du Cavaliere, selon des experts.
Le chef du gouvernement italien est passé lundi à la contre-attaque. Doutant fortement d'une réconciliation avec son épouse, il lui a demandé de s'excuser publiquement de ses accusations. Toute l'Italie suit le match avec passion, comme elle le ferait pour une rencontre sportive !

MIREILLE DUMAS ET DELARUE
C'est effroyable. On en arrive à une vie politique qui ne s'intéresse même plus au « pain » mais uniquement aux « jeux » ! Il faut maintenant se demander si la France est réellement à l'abri de ce type de télé-réalité permanente. Envoyer Mireille Dumas ou l'ineffable Delarue en Italie constituerait un acte de soutien à l'Europe ! Toute cette histoire autour de sa femme, de son divorce, est certainement orchestrée par Berlusconi lui-même. Il ne laisse rien au hasard, et il sait que lorsque les journaux parlent de sa vie privée, c'est bon pour sa popularité. Pour beaucoup d'Italiens, ses infidélités font de lui un « figo », un homme à femmes, sympathique et viril. Ils admirent davantage son style que celui d'un Prodi, par exemple, dont la femme est plus vieille et moins belle. Les gens se disent « Prodi ne pourrait pas avoir les femmes qu'a Berlusconi ». Bien évidemment, toute ressemblance avec d'autres chefs d'Etat existants ou ayant existé ne serait que pure coïncidence.
Deux ans après l'élection de Nicolas Sarkozy à l'Elysée, près de deux Français sur trois (65%) se déclarent déçus de son action, tandis que moins d'un sur quatre (24%) s'en dit satisfait, selon un sondage TNS Sofres paru lundi dans Metro. Les personnes interrogées sont 63% à juger son bilan plutôt négatif, 28% à le trouver plutôt positif. Par contre, Carla fait un tabac avec 64 % des français qui considèrent qu'elle représente bien la France à l'étranger (64 %) et renouvelle bien sa fonction (60 %). Ils étaient un peu moins nombreux (52 %) à considérer qu'elle exerce une influence positive sur son époux de président. Signe, sans doute, que la personnalité et l'action de Nicolas Sarkozy restent un motif de préoccupation et de mécontentement dans l'opinion, deux ans seulement après une élection pourtant incontestable. Du coup, les Français sont 54 % à souhaiter que Carla soit moins en retrait.
Il ne lui reste donc plus qu'à montrer son épouse partout, à faire les signes d'un gamin de CM2 s'ennuyant dans un cours vers son « amoureuse », à vanter sa beauté, à lui demander de mettre en valeur ses formes, pour éclipser les réformes et pour espérer se sortir de ce mauvais pas. Il est vrai qu'il a déjà utilisé le divorce pour incompatibilité d'humeur (mais seulement après les élections), et qu'une réconciliation serait bien malvenue... mais dans le fond, une réconciliation serait du plus bel effet. Tenez il y a fort à parier que Berlusconi la vendra, après les élections, à ses journaux, à ses radios et à ses télés !
Mais je déblogue...

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30 avril 2009 4 30 /04 /avril /2009 07:17

C'est toujours la même recette, car elle est aussi vieille que la démocratie : avant une échéance électorale il faut absolument donner des gages à votre socle électoral. Peu importe ce que génèreront les mesures annoncées ou prises, il sera temps, le moment venu, de revenir sur les avantages distribués. Nicolas Sarkozy à peine arrivé au pouvoir avait donné des gages forts à la catégorie sociale qui l'avait fermement soutenu, en décrétant l'urgence absolue du paquet fiscal. On sait qu'il ne reviendra plus sur cette décision de peur de voir s'effondrer tout le mythe de sa politique, et il ne le détruira pas, comme il ne se penchera pas sur l'ISF au prétexte que la France profonde le lui reprocherait. Cette tendance le conduit, à un mois des européennes, à faire feu de tout bois, et à soulager les restaurateurs en améliorant au 1er juillet leurs ressources de quasiment 15 % d'un seul coup ! La Ministre de l'Economie n'en est pas encore revenue, tant elle a reçu un accueil fastueux des tenanciers de gargotes ou de restaurants haut de gamme. Ils seront d'excellents propagandistes pour un Président qui a réussi à priver le budget de l'Etat de 3 milliards de recettes sur la seule année 2009 ! La ministre de l'Economie, Christine Lagarde, leur a demandé de se montrer « généreux envers les consommateurs », lors de la signature du contrat d'avenir qui engage la profession dans une baisse de prix ciblés, en échange de la baisse de la TVA.
La baisse de TVA à 5,5% aura « un coût annuel de 3 milliards d'euros, presque le montant d'un porte-avions de nouvelle génération », a-t-elle dit, ce qui révèle parfaitement les orientations gouvernementales. Elle aurait en effet pu convertir ce pactole en... postes d'enseignants pour la rentrée ou en postes dans les hôpitaux, mais il est vrai qu'un porte avions c'est tout de même plus parlant ! « Le contribuable est généreux », a dit la ministre qui s'exprimait devant plusieurs centaines de restaurateurs réunis lors des états généraux de la profession. « En retour, il est naturel que vous vous montriez généreux envers les consommateurs, envers les salariés et envers vous-mêmes, en investissant et en réinvestissant dans vos entreprises », a ajouté la ministre qui semble croire, comme une institutrice débutante, à la valeur de sa leçon de morale !
Un comité de suivi rendra compte tous les six mois de l'application des engagements du contrat d'avenir, y compris la baisse des prix. « Loin de moi, l'idée de réintroduire le contrôle des prix », (on respire dans les salles des restaurants!) a ajouté Christine Lagarde, mais nous contrôlerons que la baisse a bien eu lieu. Nous disposons de relevés de prix effectués ces dernières semaines, nous pourrons ainsi matérialiser précisément les baisses enregistrées ». Ouf ! On est sauvés. Seul problème, c'est que l'on va supprimer des dizaines de postes de contrôleurs à la Direction de la Concurrence et de la Répression des Fraudes... et tout le monde sait fort bien que le seul juge ne pourra être que le consommateur s'il vérifie la réalité de ces prix ! En fait, les voix du monde de la restauration ont été achetées à la hâte pour 3 milliards d'euros !

HOPITAL OU ENTREPRISE ?
En ce qui concerne la réforme Bachelot, elle bute sur les prises de position des plus grands chefs des services hospitaliers. Ces « pontes » vivent mal d'être placés sous le contrôle d'un directeur ne possédant pas les mêmes références qu'eux en matière de gestion. "En 1958, la grande réforme menée par le Professeur Robert Debré allait permettre à la médecine française de devenir en 30 ans « la meilleure du monde » rappellent dans une prise de position virulente une quinzaine de « pontes » parisiens !. Cinquante ans plus tard, le Parlement va-t-il voter la loi "Bachelot" qui porte en elle la disparition de cette médecine hospitalière au profit d'une médecine mercantile ? Le maître-mot n'est plus la santé mais la rentabilité. La préoccupation centrale n'est plus le malade mais le compte d'exploitation de l'hôpital. Et les premières victimes en seront les patients et les soignants".
Mais diantre ! ces gens là s'aperçoivent que le libéralisme n'est que le culte du profit. Ces hommes de grande valeur prennent brutalement conscience que la marchandisation des services publics est le crédo sarkozyste ? Mais ces personnes de valeur se réveillent en constatant que ce qui arrive aux universités, au système éducatif, à tout le secteur public les touche à leur tour. "Cette loi cale l'hôpital sur l'entreprise" clament-ils avec indignation ! Elle donne en effet tous les pouvoirs au Directeur de l'Hôpital, nommé et révoqué par le Directeur de l'Agence Régionale de Santé, lui-même nommé et révoqué par le Conseil des Ministres. Ce directeur pourra n'avoir aucune compétence médicale ou en santé. C'est pourtant lui qui arrêtera le projet médical de l'hôpital. Lui aussi qui nommera et révoquera les médecins responsables des structures de soins (pôles, départements, services...). Sur quels critères ? La tarification des actes est semblable dans les secteurs privé et public - comme si les pathologies et la continuité des soins y étaient comparables ! « La pensée marchande dont se prévaut cette loi réduit le qualitatif au quantitatif, le malade au tarif de sa maladie. Dans le même temps, on organise des suppressions massives et injustifiées d'emplois d'infirmières et d'aides-soignants. Bien sûr, l'hôpital public doit être réformé. Mais certainement pas de cette manière. » Mais n'est-ce point pareil dans les écoles, sur les rails de la feu la SNCF, dans tous les services républicains qui, il faut le rappeler, doivent être égalitairement accessibles à tous els citoyens ? Ces pontes doivent tous être... devenus socialistes !

LE CONTRAIRE DES BESOINS
Il faut en effet, selon eux, repenser l'organisation hospitalière pour répartir de manière harmonieuse sur le territoire, sans redondance, les structures de soins et les spécialités, en prenant en compte aussi leur niveau de technicité et l'accueil des urgences ; organiser la continuité des prises en charge, au fur et à mesure de l'évolution du type de soins que demandent les malades. Il faut réfléchir aux nouveaux métiers de la médecine ; prendre en compte la nécessaire pluridisciplinarité ; reconnaître et valoriser les actes des infirmières et des personnels paramédicaux (psychologues, diététiciennes, orthophonistes, etc.) ; promouvoir la prévention, le dépistage, l'éducation thérapeutique. Il faut impliquer toutes les unités de soins hospitalières dans des activités de recherche structurées, et adosser les orientations cliniques à un projet médical qui ne soit pas fondé sur la rentabilité mais d'abord sur les besoins de la population, l'évolution prévisible des grandes questions de santé publique, l'avancée des connaissances et des progrès technologiques.
Il faut un financement propre à l'hôpital, qui tienne compte de l'innovation, de la lourdeur des pathologies, de la précarité, des handicaps de la vie.
A cet effort-là, source de progrès et de solidarité, tous les médecins et personnels hospitaliers sont prêts à souscrire. Mais pas à cette loi destructrice et injuste.
« Soyons clairs. Si cette loi n'est pas amendée, elle s'appliquera sans nous, médecins et chirurgiens de l'Assistance Publique - Hôpitaux de Paris. Demain, côte à côte, et pour la première fois, infirmières, agents hospitaliers et administratifs, médecins seront dans la rue ». Preuve que les mentalités ont changé, que l'union est faite pour que soit supprimé le volet hospitalier de la loi "Bachelot" et pour que s'ouvre enfin un débat à la hauteur de l'enjeu : il est encore temps et il est urgent d'organiser les Etats Généraux de l'hôpital public.
La clientèle sarkozyste sait bien que le moment est venu de se manifester, si elle veut influer sur un texte qui l' affole, tellement il est dramatique pour les malades ! On va donc faire machine arrière, provisoirement, comme on a oublié que ce fut le cas pour les lycées ou pour de multiples autres réformes susceptibles de provoquer une lame de fond sociale. On verra plus tard, quand les élections seront passées... et il sera temps de faire passer à l'assemblée nationale le texte de départ, fin juin ou début juillet.
Mais je déblogue...

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29 avril 2009 3 29 /04 /avril /2009 07:17

Désormais, il devient indispensable de trouver une origine à la grippe. Autrefois, elle se contentait d'être prise en « grippe » alors que maintenant, elle se pare d'atours nouveaux à la fois plus précis et plus inquiétants. Il faut rappeler que la plus célèbre de toutes fut celle qui était venue avec le vent mauvais, de l'autre côté de la montagne. La grippe « espagnole » (1918-1919), juste après l'hécatombe de la Grande Guerre, a tué entre 20 et 50 millions de personnes. On sait, grâce à la biologie moléculaire, qu'il s'agissait d'une grippe A (H1N1), comme l'actuelle grippe mexicaine, mais on ne sait pas d'où elle est venue ni combien de personnes elle a touchées. On pense qu'elle aurait été causée par un virus recombiné d'origine mixte, aviaire et humaine. Elle fut particulièrement mortelle chez les nourrissons et les adultes jeunes... et elle a été arrêtée, à une époque où les échanges d'un pays à un autre étaient beaucoup plus limités qu'actuellement, et sans qu'on en connaisse exactement l'origine !
La grippe de 1918 fut particulièrement virulente et contagieuse. Cette pandémie a fait 30 millions de morts selon l'Institut Pasteur, et jusqu'à 100 millions selon certaines réévaluations récentes. Elle serait la pandémie la plus mortelle de l'histoire, dans un laps de temps aussi court, devant les 34 millions de morts (estimation) de la Peste noire. Son surnom de « grippe espagnole » vient du fait que seule l'Espagne - non impliquée dans la Première Guerre mondiale - a pu, en 1918, publier librement les informations relatives à cette épidémie. Les journaux français parlaient donc de la « grippe espagnole », qui faisait des ravages « en Espagne », sans mentionner les cas français qui étaient tenus secrets, pour ne pas faire savoir à l'ennemi que l'armée était affaiblie. En fait, en France, on mourait donc dans l'anonymat le plus complet !
Les débuts de cette pandémie avaient été discrets, car le virus n'était d'abord pas mortel. L'origine géographique du virus-père, reste donc très incertaine, d'autant que, à tout moment de l'année, divers points du globe subissent des épidémies de souches grippales différentes, bénignes et parfois endémiques. Faute d'études rétrospectives suffisantes sur le virus de la grippe espagnole lui-même, il demeure impossible de trancher sur son origine généalogique et de déterminer lequel des virus bénins alors en cours était le virus père. Impossible donc de déterminer son origine géographique précise. Les connaissances certaines sur son origine sont inexistantes : l'origine même de son nom est encore débattue, mais semble majoritairement considérée comme étant due au fait que ce ne fut que lorsque cette grippe frappa l'Espagne que l'on prit conscience de sa portée internationale.
Aussi, malgré le fait que les hypothèses sur l'origine géographique soient multiples, toutes convergent vers une même région : le Nord-Est des États-Unis d'Amérique, dans la région de Boston, lieu premier, semble-t-il, où la grippe devint mortelle, vers la mi-septembre 1918. Ce n'est qu'à partir de là que l'on suit avec certitude le virus en question. Cependant, la pandémie commença bien avant, avec le « virus père ». En voici les origines les plus développées expliquant son arrivée dans la région de Boston.

LA SOURCE CHINOISE
L'origine la plus communément admise, notamment par les instituts de santé publique tels que l'Institut Pasteur, fut l'Asie, la région de Canton plus précisément, en Chine. Bien qu'elle ne reposât sur aucune preuve indéniable, cette hypothèse s'appuyait sur deux constats effectifs : une épidémie de grippe bénigne, mais à forte contagiosité, avait sévi effectivement en Chine au printemps 1918 (ce qui reste fréquent). Cette région du monde, par son interaction entre les populations humaines, aviaires, et porcines, a toujours été la source principale des épidémies de grippe. Et on le constate encore, malgré le mutisme ou le trucage des chiffres par les autorités chinoises.
Le virus aurait atteint les États-Unis par le biais d'un bataillon américain revenant de cette région chinoise vers une base de Boston. Une autre hypothèse américaine, peu développée, pose comme origine possible de cette épidémie, les États-Unis, dans la région de la Caroline du Sud, où quelques cas mortels auraient été annoncés dès le printemps 1918. D'autres hypothèses encore, prétendent qu'elle serait originaire d'Europe. Ainsi, l'autre hypothèse la plus solide fait apparaître les premiers cas de grippe espagnole dans les tranchées françaises en avril 1918. Notamment dans des bataillons britanniques stationnés dans les environs de Rouen. Il y eut effectivement des morts, dus à une épidémie de grippe particulièrement contagieuse, mais les conditions d'hygiène des tranchées étaient amplement suffisantes à transformer une grippe des plus banales en maladie mortelle. On cherche encore son lieu de naissance et on ne lui donna un nom véritable que longtemps après son impact sur les populations du monde entier.

UNE QUESTION DE NOM
Au niveau humain, on estime donc le nombre de victimes compris entre 21 millions (d'après l'Institut Pasteur) et 50 millions d'individus (d'après l'OMS). Plus précisément, au cours de ces différentes vagues, les États-Unis, premier pays touché, perdirent près de 549 000 citoyens ; la France, modeste pays comparé aux États-Unis, en perdit pourtant près de 408 000, et le Royaume-Uni 220 000 « seulement ». De l'Allemagne et de l'Autriche, alors dans le chaos de la défaite, ne ressortent aucune étude statistique. Globalement, en Europe occidentale, ce furent sans doute près de 2 à 3 millions de morts. L'Inde et la Chine  eurent chacune environ 6 millions de morts. Le Japon en eut près de 250000... Des statistiques qui trottent dans les têtes de nombreux épidémiologistes. Pourtant, actuellement, la bataille porte davantage sur le nom et les conséquences politiques de cette montée de ce qui est devenu « la grippe porcine », une appellation qui cause des dissensions. Ainsi, le débat autour de la terminologie de ce fléau tourne à la plaisanterie. L'expression "grippe porcine" fait la une des journaux du monde entier depuis ce week-end. Mais l'Organisation mondiale de la santé animale s'est fendue une mise au point : « Le virus n'a pas, à ce jour, été isolé sur des animaux. Il n'est donc pas justifié d'appeler cette maladie grippe porcine. » La maladie serait en fait un « cocktail qui a été créé par des réassortiments de différents virus d'origine porcine, aviaire et humaine », précise le directeur général de l'OIE, qui confie être en discussion sur ce point avec l'Organisation mondiale de la santé (OMS). C'est en effet cette dernière qui a lancé dernièrement le terme de « grippe porcine » pour désigner le virus, identifié comme étant de type A/H1N1. Une erreur dramatique : dans le passé, plusieurs épidémies de grippe d'origine animale ont été nommées en fonction de leur origine géographique, par exemple la grippe espagnole (1918-1919) ou la grippe asiatique (1957-1958), c'est pourquoi il serait logique d'appeler cette maladie « grippe nord-américaine »... mais pas question, en cette période de crise, de dévaluer le système de santé américain. Alors, vive les porcs.

SAUVONS LE COCHON
Hier, la Commission européenne condamnait, elle aussi, l'expression « grippe porcine » qui pourrait avoir des conséquences économiques désastreuses pour l'industrie du... porc. Bruxelles propose de parler de « nouvelle grippe », car l'Europe a déjà assez de problèmes avec ses producteurs pour en déclencher un autre. Elle va donc tenter d'infléchir la médiatisation. « On a donné une mauvaise connotation concernant la consommation de porc (en parlant de grippe porcine). Or la consommation du porc est tout à fait sûre, à condition que cette viande soit cuite », justifie la commissaire européenne à la Santé. Même si plusieurs pays, notamment asiatiques, ont décidé d'arrêter les importations de porc en provenance du Mexique et de certains États américains touchés par le virus, les premières analyses montrent que les élevages de porcs ne sont pas responsables de l'épidémie. Mais c'est une forme déguisée de protectionnisme, en ces temps de crise économique. C'est encore mieux en Israël, où le terme « grippe porcine » est écarté pour raison confessionnelle. Le porc étant considéré comme un animal impur par le judaïsme, le vice-ministre israélien de la Santé a décidé de retenir le terme de « grippe du Mexique », car il préfère parler de grippe du Mexique, pour ne pas avoir à prononcer le mot "porc" . Et que dire des musulmans, qui vont aussi ajouter leur jugement. La religion arrive partout et prend le pas sur bien d'autres considérations. On se bat sur l'étiquette !
En France, l'UMP devrait l'appeler la « grippe royale »... Les socialistes auraient intérêt à la baptiser la « grippe Sarko ». Rien d'étonnant si les Israéliens se rabattaient sur la « grippe palestinienne » et le Hamas sur la « grippe juive » ou les Iraniens sur la « grippe sioniste » ... Et chacun irait de son utilisation à des fins de propagande d'un fléau mortel. Il faut cependant rappeler que nous sommes encore loin, très loin de la liste des victimes de la canicule de 2003 . Un épisode de notre vie sociale qui fut vite oublié, et qui n'a pas donné lieu à autant de médiatisation. Cherchez donc quel nom on aurait pu donner à cette période estivale ?
De toutes les manières, on ne va rapidement parler que des conséquences économiques de cette pandémie. Les bourses vont s'inquiéter. Les actions des transporteurs aériens vont chuter. Les agences de tourisme vont demander à être déclarées sinistrées. Et inévitablement, on cherchera à lier ce virus antilibéral et anti mondialisation des échanges,... à la crise !
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28 avril 2009 2 28 /04 /avril /2009 07:17

L'ensemble de la France est imprégné d'un double sentiment extrêmement difficile à éradiquer : l'angoisse du lendemain accompagnée d'un fort parfum d'injustice. Ces deux appréciations de la situation ne disparaîtront pas facilement, puisqu'elles concernent environ 3 français sur 4, ne laissant au gouvernement sarkoziste qu'un socle d'irréductibles de 25 % de la population. Eux vivent dans une autre peur : perdre leurs avantages actuels et la sécurité de leur situation ! D'ailleurs, lors de chacun de ses voyages spectacle en province, Nicolas Sarkozy leur rend visite afin de les rassurer et « fossiliser » cette base minimum, en vue des européennes. Il multiplie les réunions tupperware décentralisées, pour éviter la fuite vers d'autres horizons (FN ou Modem) de cet électorat qui a été touché par la crise, mais qui souhaite que soit préservé son statut et ses profits, même réduits. Le reste du pays va s'éparpiller dans des oppositions prenant des formes diverses.
C'est en cela que la journée du 1er mai pourrait constituer un temps fort, car elle fusionnera ce mécontentement, par delà les clivages « politiques ». Elle peut être vécue comme une cause d'insécurité par le quart de la population, et comme une promesse par une bonne partie de tous ceux qui se considèrent, à un titre ou un autre, comme « victimes » des réformes en cours. Certes, les médias influençables s'empresseront de mettre cette réaction massive sur le compte d'une crise imprévisible, en oubliant qu'il y a seulement un an, jour pour jour, la France était encore dans le sarkozysme people triomphant, et que de crise, il était à peine question ! Si l'on prend par exemple la situation de l'emploi, elle est analysée dans la durée, et donc sur les mesures prises par Nicolas Sarkozy pour éradiquer un chômage, dont il avait promis qu'il serait réduit à sa plus simple expression à l'issue de son mandat. Or, il semble que tout le monde ait oublié cette promesse de bravache, et que, malheureusement, la tendance soit absolument contraire : le gouvernement en 2009 établira un record absolu du nombre de demandeurs d'emplois. Le rythme d'aggravation de la situation est, certes, moins rapide que les mois précédents, mais la tendance est bien installée.
Après avoir augmenté de 100.000 en janvier et de 80.000 en février, le nombre de personnes inscrites au Pôle emploi en catégorie A, - c'est-à-dire ceux qui sont tenus de faire des actes « positifs » de recherche d'emploi et qui n'ont pas travaillé une seule heure dans le mois, -  a de nouveau progressé de 63.400 en mars (+ 2,7 % par rapport à février), soit une hausse de près de 250.000 au premier trimestre. Dans ses dernières prévisions, l'Insee tablait sur un chiffre assez proche (281.000 chômeurs de plus), mais, nuance de taille,... pour l'ensemble du premier semestre ! Il y a donc un secteur dans lequel la gouvernance sarkokiste a au moins de l'avance : les statistiques sur le chômage.

DIVERSION BIENVENUE
Sur un an, le chômage a déjà crû de 22,1 %. Un record toutes catégories, pour une majorité qui prétendait récompenser la valeur... du travail. Le nombre de chômeurs a atteint 2.448.200 à la fin du mois dernier, le seuil des 2,5 millions pourrait donc être franchi très rapidement. Si on ajoute les chômeurs ayant travaillé occasionnellement dans le mois, le nombre de demandeurs d'emploi s'établit à 3.480.700, en hausse de 77.000 en mars (+ 2,3 %). Les chiffres sont donc encore plus dramatiques que ceux qui sont commentés par les médias, très peu pédagogiques en la matière. Il est vrai que pour eux, les agapes royales espagnoles, la tenue de ces dames, les bisous sur des joues royales, ont un caractère plus vendeur que des courbes concernant la triste réalité du quotidien de leurs lecteurs, leurs téléspectateurs ou leurs auditeurs. Eclipsé, le chef de l'Etat, son impétuosité et ses provocations langagières. Pour cette quatrième visite officielle d'un locataire de l'Elysée depuis 1978, les médias ibériques n'ont d'encre que pour Carla Bruni-Sarkozy. « Matin, midi et soir, je suis contre l'ETA », a réaffirmé le chevalier Sarko dans l'avion présidentiel. Rien n'y fait, c'est la douce Carlita qui suscite l'intérêt.
«Les objectifs des caméras sont préparés pour le grand défilé de la Première dame», écrivait samedi le très sérieux journal El Pais, évoquant l'arrivée de «l'ouragan Bruni» à Madrid. Le Président sera «ravi d'être l'homme qui accompagne Carla Bruni», poursuivait le journal, faisant référence à une phrase prononcée par le président américain John F. Kennedy au sujet de son épouse Jackie, lors d'une visite en France dans les années 60. Car, «même si d'importants accords sont passés », tout sera « irrémédiablement éclipsé par la garde-robe printanière de Carla Bruni ». Véridique. Débarquée sur le tarmac en fin de matinée, la belle de l'Elysée avait les yeux de velours, le mollet galbé et le brushing parfait, et ce, dès sa descente d'avion.
Divinement sculptée par une petite robe noire signée Azzédine Alaïa, la jolie Méditerranéenne avait croisé sur son buste un boléro de coton blanc, et, oh surprise, risqué les talons hauts... A son poignet délicat, notre Carmen arborait une montre Chaumet en or jaune. Et si tous les "matadors" se retournaient, Carla, elle, serrait la main de son petit mari, et de l'autre côté une pochette de cuir vernie. Et le match des tenues de gala pouvait débuter avec les altesses royales espagnoles. Même à l'ambassade, le Président de la République a mis en avant sa Dulcinée, lui qui rêve d'être le Don Quichotte d'un monde en perpétuel conflit ! Il est vrai que ce déferlement médiatique à l'eau de rose a éclipsé le reste. Et le reste est plutôt à l'acide social le plus ravageur !

DEVELOPPEMENT DURABLE
Les évolutions de l'emploi en France sont particulièrement spectaculaires pour les moins de 25 ans, comme le craignait le gouvernement. Le chômage des jeunes a bondi de 4 % en mars, et sur douze mois, la progression représente... 35,8 % (et même 49,9 % pour les seuls hommes de moins de 25 ans). Ainsi, 451.600 demandeurs d'emploi de moins de 25 ans sont-ils inscrits au Pôle emploi en catégorie A. Quant aux motifs d'inscription, il se confirme que les fins de mission d'intérim sont en léger recul, et que les fins de CDD se stabilisent, les entreprises s'étant déjà largement séparées des salariés précaires.
En revanche, les inscriptions pour licenciements économiques ont bondi de 11,9 % en mars (46,1 % sur un an), même si elles restent relativement limitées en valeur absolue. La mise en œuvre des plans sociaux dans les mois à venir devrait peser sur cet indicateur. Si le gouvernement souligne le fait que la France fait mieux que d'autres pays - la hausse du chômage est bien plus violente en Espagne ou en Grande-Bretagne -, en mettant en avant les effets amortisseurs du plan de relance, il met aussi en garde sur la longueur de la crise. Quand bien même l'activité économique repartirait en 2010, le décalage sur les créations d'emplois serait d'environ un an, a prévenu la ministre de l'Economie, Christine Lagarde.
Le gouvernement espère ainsi une croissance positive en 2010, mais il estime que le chômage sera encore en progression l'an prochain, et il n'annonce pas de prévisions sur ce sujet. Quel sommet atteindra-t-il en fin d'année, quand les suppressions de postes dans la fonction publique, qui se traduiront pas une chute des recrutements, vont jeter encore plus d'étudiants sur le marché de l'emploi ? Dans le fond, l'idéal serait qu'il n'y ait pas de diplômes universitaires cette année, ce qui permettrait de faire redoubler une cohorte d'étudiants, et de diminuer ainsi les délais de leur arrivée sur un marché de l'emploi déjà au plus bas !

PRECOCCUPATION ESSENTIELLE
ll va falloir en effet se pencher très vite sur le financement de cette situation, jamais rencontrée dans un passé récent. Les exonérations accordées renforcent les déficits des organismes sociaux, alors que les demandes augmentent très vite ! Impossible de s'en sortir autrement que par une course effrénée au déficit structurel. Dans ces conditions, le financement du Fonds d'investissement social (Fiso), dont le comité de pilotage se réunit ce matin, fait l'objet de vifs débats avec les partenaires sociaux. Les syndicats, à l'instar de la CFDT, estiment que l'Etat pousse trop loin en mettant à la charge du Fiso l'ensemble des mesures sur l'emploi des jeunes, annoncées vendredi par Nicolas Sarkozy. Mais qui a envisagé les ressources qui vont avec ? Qui fait sans cesse croître les dépenses et diminuer les recettes ? L'Etat devrait contribuer à hauteur de 1,5 milliard d'euros, mais à crédit, car il n'a plus un sou vaillant. Le budget de l'emploi, revu à la hausse à deux reprises, devrait suffir en 2009, mais Bercy sait qu'il devra le maintenir à un niveau élevé en 2010, ce qui ne correspondra certainement pas à ce qui avait été inscrit dans la loi de programmation pluriannuelle.
Le gouvernement a indiqué qu'il relèverait sa contribution au Fiso autant que de besoin, en demandant aux partenaires sociaux (lesquels, puisqu'il les a exonérés de toute contribution réelle à l'effort de solidarité ?) de faire aussi un effort. Pour l'instant, ces derniers ont accepté d'apporter les quelque 360 millions du Fonds unique de péréquation de la formation professionnelle, mais pour le reste, ils font front commun pour refuser. Pendant ce temps, à Madrid, on cause « terrorisme » et chiffons, on compare les talons hauts de Carla à ceux de ses hôtes, on se gargarise de gestes « amicaux » factices, on se complait dans l'éphémère, en dépensant probablement des millions d'euros pour sauver les apparences. Car tous les médias se régalent ce matin d'un «  duel au sommet  » : la rencontre de l'ex-top model, chanteuse et première dame française, Carla Bruni-Sarkozy, 41 ans, avec la Princesse des Asturies, l'ancienne journaliste Letizia Ortiz, 36 ans. Un combat « d'élégance et de glamour, dont le moment phare a été le dîner de gala en robes longues offert hier soir par les monarques espagnols  », selon El Mundo. Après l'opposition Carla - Michelle Obama, la presse hispanique a lancé, dès la semaine dernière, le «match» entre les deux icônes de mode (et de tempérament) de la scène internationale, avec des articles sur leurs mérites comparés... Alors verra-t-on du Prada au Prado? La silhouette gracile de l'épouse du prince héritier Felipe de Bourbon fera-t-elle oublier les courbes nouvelles de la charmante Bruni? Ces dames porteront-elles le chapeau...? Pour l'instant, on n'a qu'une seule certitude, ce sont les fonctionnaires, les salariés, les employés, les cadres qui portent le chapeau de la crise ! En France et en Espagne. C'est ce que l'on appelle une visite utile !
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27 avril 2009 1 27 /04 /avril /2009 07:17

Il y a bien longtemps que, dans le monde politique, on n'avait pas évoqué la possibilité d'une révolution en France. Cette évocation parait même incongrue à une époque où il faut bien convenir que les « révolutionnaires » sont passés de mode, puisque même les socialistes ont abandonné dans leurs textes de référence la lutte des classes et tout ce qui l'accompagnait. Le paradoxe, c'est que celui qui a alerté l'opinion sur ce risque n'est autre qu'un membre éminent de la Droite et de l'UMP. Certes, il est en marge, mais il n'empêche que sa déclaration a secoué la torpeur de son camp. Il n'a fait pourtant que confirmer toutes les craintes de l'Elysée et du Ministère de l'Intérieur. Des signes évidents de crise, éventuellement insurrectionnelle, existent, sans que pour autant, ils soient analysés comme tels par l'opinion dominante. C'est ainsi qu'il faut décoder la vigueur des condamnations qui se succèdent, après la séquestration de quelques dirigeants d'entreprises fermant leurs portes. Il est indispensable d'enrayer ce qui pourrait, dans les prochaines semaines, prendre l'allure d'une « épidémie » dangereuse. On va donc faire donner l'artillerie lourde médiatique pour affoler les troupes, et veiller à discréditer les syndicalistes prônant ce mode d'action très extrême ! Toute retenue d'un patron reste, en matière de comportement social, légèrement « révolutionnaire », car susceptible de faire renaître la lutte des classes que l'on croyait enterrée. Même au PS, on se montre prudent, de telle manière que l'on ne puisse pas accuser ses responsables de pratiquer l'agitation irresponsable. N'empêche que rapidement, on va judiciariser ces actions, comme celles qui visent à occuper des locaux, ou a constituer des piquets de grève. Il ne faut absolument pas que ce type d'actions militantes s'amplifie, car il constitue le ferment révolutionnaire par excellence.
La première secrétaire du Parti socialiste a dit ne pas croire à « un risque révolutionnaire » ni à un Mai 2009 (à l'image de Mai 68), dans un entretien accordé au Journal du Dimanche. Elle regrette également que Nicolas Sarkozy « n'écoute personne ». La première secrétaire du PS a déclaré :  « chaque période historique est différente, on n'est pas en mai 1968 », en réponse à la question « un Mai 2009 est-il possible? ». Elle rappelle qu'à l'époque, « la colère est partie des facs, contre une société bloquée, trop autoritaire ». Ce n'est que plus tard « qu'elle s'est (...) étendue au mouvement salarié. Aujourd'hui, le mouvement part des salariés, des retraités et des agents des services publics ». Or, il faut savoir que les services publics n'existent plus... et que le « feu » aura bien du mal à prendre dans un secteur privé en pleine déconfiture ! La crainte de perdre son emploi accentuera cette passivité, légitime en période de crise. Et pourtant, Dominique de Villepin joue aux Pythonisses. Il a estimé hier qu'il existait un « risque révolutionnaire en France », plaidant pour des « mesures exceptionnelles » en matière sociale.

DANGER PATENT
« Oui, il y a une forte colère qui s'exprime dans notre pays, oui il y a un risque révolutionnaire en France », a souligné l'ancien Premier ministre lors du Grand rendez-vous Europe 1/Le Parisien/Aujourd'hui en France. « Les fermetures d'usines, l'augmentation du nombre de chômeurs donnent à un certain nombre de Français le sentiment de l'inégalité de traitement, l'inégalité de mobilisation », a-t-il constaté. Ils ont le « sentiment que l'on se mobilise beaucoup pour les banques, on se mobilise beaucoup pour aider les entreprises mais que les salariés, eux, font les frais de la crise, que ce sont toujours les mêmes qui souffrent ». Pour éviter des « comportements collectifs que nous ne parviendrions pas à maîtriser », Dominique de Villepin a jugé « urgent de passer à la vitesse supérieure en ce qui concerne les mesures sociales » et de « renouer avec un dialogue beaucoup plus développé avec les partenaires sociaux ». Même les socialistes n'osent plus s'exprimer ainsi. Certes, tout le monde sait que Dominique de Galouzeau de Villepin a un art consommé de l'erreur d'analyse, puisque c'est lui qui avait conseillé à Chirac de dissoudre l'assemblée nationale avec le succès que l'on connaît !
« Evidemment personne ne peut accepter les formes de violence » (voir ci-dessus) mais « si l'on veut apporter des réponses justes à ces situations, on est bien obligé de partir de cette inquiétude et de ce désespoir », a-t-il noté. L'ancien Premier ministre de... Jacques Chirac a ainsi plaidé pour des « mesures sociales très fortes pour maintenir la cohésion sociale, en matière fiscale, en matière d'aide aux jeunes ou en matière d'aide aux plus défavorisés. Des gestes forts sont "indispensables ». Il a cité un « relèvement temporaire » du bouclier fiscal « à 60% le temps de la crise », la création « d'une nouvelle tranche de l'impôt sur le revenu », également « temporaire ». Il a souhaité aussi un « geste » (sic) sur la rémunération des patrons, jugeant que le décret du gouvernement n'allait « pas assez loin ».
Dominique de Villepin a également considéré comme « opportun » de « sanctuariser aujourd'hui très clairement le budget de l'Education nationale » et « dire clairement que nous n'allons pas toucher à ce budget » car il sait que le seul danger qui menace le gouvernement viendra de ce secteur, soit en fin d'année scolaire, ou de manière plus certaine à la rentrée suivante. Il s'est prononcé contre les suppressions de postes, mais pour des « redéploiements ». A ses yeux, il ne faut « pas de réforme avec une logique comptable ». Pour lui la révolution peut arriver sur la base des licenciements croissants, de mouvements de grogne dans les facs et les lycées, les dégâts causés par une image du patronat de plus en plus critiquable !

LE FEU COUVE
Dominique de Villepin a commenté les récents mouvements sociaux, comme les « prises d'otages » de patrons comme le signe d'un phénomène qui ne traduit pas « seulement de l'inquiétude mais de la colère qui peut prendre des formes violentes », (...) « Personne ne peut accepter les séquestrations de patrons et la violence. Mais il faut prendre au sérieux ce désespoir et prendre des mesures exceptionnelles. » pour le Premier Ministre sortant, cette « situation difficile, voire dangereuse » dénonce la politique du gouvernement. « Il est important que l'Etat joue tout son rôle. Il faut passer à la vitesse supérieure » en matière sociale... alors que dans l'immédiat on ne songe, à l'Elysée, qu'à minimiser la montée en puissance d'une insécurité liée à la paupérisation grandissante. Dans les banlieues, le feu couve sous la cendre du chômage.
Des patrouilles de police ont été prises pour cible samedi soir, par des groupes d'individus dans le quartier sensible des Tarterêts, à Corbeil-Essonnes. Vers 22h30, des véhicules de pompiers et de police ont été caillassés par 70 à 80 jeunes cagoulés et masqués, alors qu'ils intervenaient pour éteindre un feu de voiture. L'incendie serait un "guet-apens", des jeunes du quartier l'auraient allumé volontairement, car ils voulaient en découdre avec les forces de l'ordre, selon la source policière. Pendant une demi-heure, les policiers ont dû faire face à des individus munis de cocktails Molotov et d'obusiers, sorte de tubes qui servent initialement à projeter dans l'air des feux d'artifice. Des renforts ont été appelés sur place. Un fonctionnaire souffre d'une entorse à la cheville après avoir poursuivi des jeunes qui prenaient la fuite. La police n'a procédé à aucune interpellation. Vendredi soir, des échauffourées avaient déjà éclaté aux Tarterêts. Celle de samedi est la quatrième altercation entre jeunes et forces de l'ordre dans ce quartier depuis une quinzaine de jours. Les premiers incidents avaient eu lieu le 10 avril, à la suite du contrôle, par une patrouille de police, d'un habitant du quartier qui faisait du rodéo sur une moto.
La cocotte minute donne des signes de remise en route. Il existe beaucoup plus d'incidents de ce type, mais police, justice, médias tentent au maximum de les masquer. Les policiers veulent les meilleures statistiques possibles, les juges condamnent à tour de bras sans être certains que les prisons pourront accueillir les jugés, les médias ont des consignes pour occulter ou minimiser ces incidents quotidiens. Pourtant, en France, il y a incontestablement un bouillonnement que certains tentent de dissimuler par des sondages ou par des effets d'annonce. La politique gouvernementale nécessite actuellement des démineurs plus que des artificiers. Cette modification va conduire Nicolas Sarkozy à muscler sa base, en allant partout haranguer ses fans. Il faut les préparer à des jours difficiles. La révolution les inquiète tellement, paraît-il, qu'ils en oublient toutes leurs déceptions. La peur reste le meilleur argument électoral de la Droite.
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26 avril 2009 7 26 /04 /avril /2009 07:17

Il y a des modes pour les mots comme pour les vêtements. Certains apparaissent quand d'autres disparaissent de l'usage quotidien. Leur passage sur le devant de la scène est parfois extrêmement éphémère, car l'actualité est très consommatrice de « petites phrases » bardées de mots décalés ou assassins. C'est ainsi que depuis plusieurs semaines il en est un qui revient dans le langage médiatique, et qui suscite bien des commentaires : excuses ! Il avait été oublié car désormais, dans notre société de rapports de force, s'excuser d'une erreur, d'une maladresse, d'une attitude nocive, c'est avouer sa faiblesse ! Il ne faut surtout pas s'excuser, car ce serait se mettre en position délicate et avouer l'inavouable : que l'on s'est trompé ! Imaginez par exemple une journaliste qui, après avoir publié une fausse information, accepte de présenter ses excuses : un drame pour son indépendance professionnelle. Envisagez-vous que le Président de la République, après avoir lancé un sonore « casse-toi, pauvre con ! » ait l'idée fâcheuse d'adresser ses excuses à la personne insultée !
Ne rêvez pas, pas un seul ministre ne s'excusera d'avoir commis une erreur fatale, en ayant cru dans une réforme qui ne produit aucun effet valable ! Vous vous rendez compte de la catastrophe qu'engendreraient les excuses publiques d'un policier ayant maltraité un citoyen ? Que penseriez-vous si une femme politique considérait que les fondements de nos principes républicains, foulés au pied par une déclaration fracassante, l'obligerait à présenter ses excuses. On a vu que la notion de pouvoir s'accommode très mal, et de plus en plus mal, de celle de « reconnaissance d'une faute ». Pour être reconnue, et surtout appréciée, une autorité se doit de faire preuve de sérénité dans l'affirmation de ses positions, même les pires, et même si les faits démontrent qu'elles sont totalement erronées !

EXCUSES MALVENUES
Ce principe est semble-t-il partagé par l'opinion dominante, qui considère que le mot n'est plus d'actualité. Que l'on marche par inadvertance sur les pieds de son voisin, que l'on bouscule une autre personne dans la rue ou que l'on passe avant une dame, ne nécessite plus une attitude humble, puisque le temps serait à l'arrogance dans l'outrance mensongère. La preuve ? Comme à l'habitude, elle vient de la vérité des sondages du fameux JDD, bible des repères sociaux les plus sûrs.
Selon un sondage publié dans le Parisien Dimanche/Aujourd'hui en France, près de sept Français sur dix pensent que Ségolène Royal a eu tort de s'excuser auprès... de José Luis Zapatero pour des propos attribués à Nicolas Sarkozy, qui l'aurait qualifié d'homme peut-être « pas très intelligent ». Les Français sont 68% à penser qu'elle n'aurait pas dû s'excuser, 22% pensent qu'elle a eu raison de s'excuser auprès du chef du gouvernement espagnol, et 10% ne se prononcent pas. Il est essentiel pour le quotidien des Françaises et des Français de savoir que ces excuses étaient inutiles, puisque cette information donne une fois encore un blanc-seing au président d'une République, désormais arrogant et surtout dénué de toute humilité !
Concernant les excuses que la présidente socialiste de la région Poitou-Charentes a exprimées au Sénégal sur les propos tenus par Nicolas Sarkozy en juillet 2007, les Français sont assez partagés: 46% pensent qu'elle a eu tort, 40% raison et 14% ne se prononcent pas. Le chef de l'Etat avait déclaré, rappelons-le, que « le drame de l'Afrique provenait du fait que « l'homme africain n'est pas assez entré dans l'histoire ». C'est moins grave que d'avoir voulu karchériser les banlieues ou d'avoir affirmé que les Sidérurgistes de Gandrange seraient préservés et, dans le fond, on ne va aller s'abaisser devant des « noirs » ! Cette attitude, très éloignée des vertus figurant sur les frontispices des bâtiments publics, est entrée dans les moeurs, justifiant la blague qui prétend que si les Français ont choisi comme symbole le coq, c'est parce que c'est le seul animal qui chante, les pieds dans la merde !

LA REFERENCE COLUCHE
Depuis cette fin de semaine, on est passé à la vitesse supérieure, avec l'arrogance extraordinaire du Conseil supérieur de la Magistrature. L'Affaire d'Outreau est en effet en train de devenir un fiasco à rallonges, une négation de toutes les affirmations voulant que les citoyens et les citoyennes soient protégés par leur justice de tous les abus d'un pouvoir exercé en leur nom. Après la « réprimande » infligée vendredi par le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) au juge Fabrice Burgaud - qui a instruit le dossier -, deux polémiques ne cessent d'enfler. Et, il y a deux raisons à ce remue-ménage dans le landerneau médiatique, prêt à s'enflammer pour les erreurs des autres, mais toujours très discret sur les siennes. Il y a tout d'abord la nature de la sanction. La réprimande est en effet la plus légère "sanction" possible qu'encourait le juge, et elle est perçue, selon Elisabeth Guigou, ancienne Garde des Sceaux socialiste, « comme une offense, par les victimes ». À droite, mêmes réactions. Le député UMP Philippe Houillon, qui fut rapporteur de la commission d'Outreau, estime que le mot de réprimande « résonne comme une farce ». Et d'insister: « Quand on pense aux 26 années de prison cumulées, aux nombreuses tentatives de suicide, aux familles séparées, cette sanction semble totalement disproportionnée ». Selon le député, la « réprimande » au juge Burgaud risque de creuser « l'écart entre les Français et leur justice ». Cette « sanction » rappelle que l'esprit de corps constitué est, en France, beaucoup plus fort que bien d'autres considérations éthiques. On se serre les coudes, au cas où... un jour on serait dans la tourmente à son tour ! L'autre constat, c'est que Coluche était un excellent sociologue, avec son sketch sur les risques encourus par le « flic » qui tond le chevelu beatnik :...
« Mais on ne rigole pas avec ces trucs-là, hein. Parce qu'au bout de 30 avertissements, on peut avoir un blâme. Et au bout de 30 blâmes, on passe devant un conseil de discipline et on peut être dégradé. Robert y s'en fout, lui, il est pas gradé... » Ne vous faites pas d'illusions, ce n'est pas la Ministre de la justice ou les journalistes qui ont appuyé les errances de Burgaud, qui vont présenter leurs excuses publiques aux victimes. 26 ans de prison cumulés c'est... pas très important, et une « réprimande » suffira comme démarche citoyenne !

MAIS OÙ EST LE PROBLEME ?
Et si la polémique a redoublé d'intensité, c'est aussi à cause d'une révélation qui pourrait entacher l'impartialité du CSM, cette instance présentée comme le rempart contre les abus de toutes sortes et sur laquelle, on le sait, le Président de la République n'a aucun pouvoir. Vendredi, l'un des avocats du juge Fabrice Burgaud annonce qu'un ancien magistrat de la chambre de l'instruction de Douai figurait parmi les onze membres du CSM qui ont sanctionné son client. Problème : ce magistrat avait refusé par deux fois la remise en liberté d'un suspect finalement acquitté..., mais c'est un détail sans grande importance. Ce gars-là n'était pas passé par l'ENA ou l'école de la Magistrature, et donc il ne méritait pas la considération promise aux autres. Et que dit la chancellerie ? La ministre de la Justice, Rachida Dati, a rappelé hier que le magistrat en cause « est membre du CSM et que lorsqu'il y a eu les débats, personne ne l'a mis en cause ». Circulez, il n'y a rien à voir, et on ne va pas s'abaisser à reconnaître simplement que c'est une « faute » ou au minimum une nouvelle « erreur » de ce système judiciaire qui devrait pourtant être irréprochable sur le fond comme sur la forme.
« Il est invraisemblable qu'un magistrat ait pu siéger au sein du CSM pour juger Fabrice Burgaud alors que lui-même avait siégé à la chambre de l'instruction, alors que la question de la détention est la question cruciale du dossier d'Outreau », avait déploré vendredi Me Patrick Maisonneuve, l'un des avocats de M. Burgaud. Ceux-ci entendent se servir de cette nouvelle péripétie pour demander l'annulation de la sanction devant le Conseil d'Etat, qui devrait examiner le recours de Fabrice Burgaud. Et on en arrivera à ce que le véritable siège du pouvoir dans notre pays, se déplace du monde politique vers le monde judiciaire, placé sous la pression d'un pouvoir médiatique, obsédé par sa toute puissance.
Les excuses ne sont plus à la mode. Ségolène Royal est encore une fois à contre temps. Il faut subir, dans cette société où la vérité ne repose plus sur la raison, sur l'analyse, sur la réalité mais sur l'apparence, la superficialité et la duperie toujours niée au nom de l'indépendance ! Quand on est du côté des victimes de ce type de comportement, on prend conscience de l'injustice qu'ils représentent, mais quand on est au pouvoir, il vaut mieux fermer les yeux.
Excusez-moi de vous avoir dérangé dans votre sommeil citoyen !
Mais je déblogue...

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Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
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