Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Texte Libre

LES STATISTIQUES

VISITEURS UNIQUES

1 074 692

PAGES LUES

7 113 288


MAIS JE DEBLOGUE...

Archives

12 avril 2007 4 12 /04 /avril /2007 15:02
Dans le programme sarkoziste un axe essentiel repose, pour flatter l’électorat le plus réactionnaire, sur la suppression d’un poste de fonctionnaire partant en retraite sur deux. Une sorte de dégraissage du mammouth " fonction publique " destiné à diminuer, selon un théorème simpliste, les dépenses de l’Etat, qui lui confèrerait l’image d’un gestionnaire rigoureux. Le coup marche dans tous les cas, car comme est ancrée dans l’opinion dominante le principe " élus, tous pourris ", stagne dans les esprits celle qui associe " fonctionnaires tous fainéants ". Il suffit de tendre l’oreille au comptoir d’un bistrot ou dans un repas de famille où l’on trouve une profession libérale ou un artisan, pour comprendre combien ces poncifs sont similaires.
Ce qui est formidable, dans ce type de proposition, c’est que personne ne l’associe à des cas de proximité. Quand on est parent d’élève, bien évidemment, ces coupes sombres ne peuvent pas être effectuées dans les écoles où les chères têtes blondes ne peuvent se sentir bien que dans des classes à cours unique, avec des effectifs restreints. On signe allègrement (sic) des pétitions courroucées contre des suppressions de postes d’enseignants, on se met en grève dans les collèges ou les lycées, face aux ajustements horaires, on défile pour réclamer des " accompagnateurs " scolaires, on râle quand il n’y a pas de remplaçants, mais… on applaudit ou on reste indifférent quand on sacrifie sur l’autel du libéralisme des milliers de postes d’enseignants pour redresser le déficit budgétaire. Le principal patron qui pratique le licenciement massif n’est autre, en 2007, que l’Etat lui-même et Sarkozy annonce encore mieux pour l’an prochain.
Bon nombre d’électrices ou d’électeurs pensent qu’ils ne seront pas concernés par ces tristes réalités et râleront dès qu’elles s’approcheront d’eux. Ce sentiment que, désormais, le local l’emporte en toutes circonstances sur le global, transparaît outrancièrement dans la campagne des présidentielles. Plus les mesures proposées sont politiques au sens général, moins elles touchent la population qui ne voit pas plus loin que son quotidien, la clôture du voisin ou le clocher du village… Alors pensez donc que la suppression de postes de fonctionnaires est assez vague pour ne toucher personne en particulier, et laisser l’impression que les retombées indirectes ne toucheront ni l’école du coin, ni le collège un peu plus loin, ni la Gendarmerie, ni le commissariat de police, ni l’hôpital dans lequel on espère ne jamais aller, ni les services de la DDE auxquels on n’aura pas recours pour un permis de construire, et encore moins la justice que l’on estime étrangère à sa vie… Il sera toujours possible, le moment venu, de s’épancher sur la nullité des fonctionnaires, leur paresse courtelinesque, leur incompétence notoire, leur inutilité crasse, leur coût exorbitant … Si vous écoutez bien, vous constaterez dans les discours dominants que l’enseignement est nul, la police incapable, la justice trop lente, l’hôpital inhumain, les contrôles inutiles. Bref que Sarkozy, Bayrou, De Villiers et Le Pen sont les gladiateurs qui vont sauver votre compte en banque. Surtout si vous ne payez ni impôts sur le revenu, ni impôts locaux !
L’AVANTAGE DE LA LENTEUR ADMINISTRATIVE ORGANISEE

Sarkozy a même inventé un système extraordinaire : priver les services publics de l’essentiel de leurs moyens humains et financiers pour en démontrer… l’inefficacité, et " marchandiser " leurs compétences. Si l’école publique ne marche pas : tant mieux, les parents iront vers le privé et ajouteront leur obole aux crédits de l’Etat réduits à leur plus simple expression. Si l’hôpital ne répond pas, malgré tous les efforts de ses personnels, à l’attente des malades : tant mieux. Ils iront dans les cliniques privées et cesseront de se plaindre, s’ils ont les moyen de payer !
Alors, fort de ce principe, il a marchandé l’incapacité de la justice à répondre à l’énormité de sa tâche actuelle. Il a eu l'idée géniale de vendre la longueur des procédures à… Chirac. Plutôt que de donner les moyens aux juges d’accélérer les procédures, il va en tirer bénéfice pour acheter le soutien de son ennemi devenu intime.
C'est pratique, la lenteur de la justice. On peut en profiter pour laisser des dossiers s'enterrer. Et parfois, on peut critiquer ce rythme d'escargot et décider d'arrêter une instruction. A en croire le Canard enchaîné de mercredi, Nicolas Sarkozy aurait choisi la seconde voie pour contraindre quelques juges à mettre au panier trois encombrants et poussiéreux dossiers concernant Jacques Chirac. Le candidat UMP et le chef de l'Etat auraient conclu, il y a quelques semaines, un accord secret, consistant à éviter au Président l'humiliation de finir sa carrière politique dans le bureau d'un juge.
S'il était élu, l’exterminateur de fonctionnaires ferait voter dès l'été un projet de loi visant à réformer l'ordonnance de 1945 sur les mineurs. Glissé dans ce texte, un article obligerait les magistrats à clore leurs enquêtes dans un délai de dix ans après les faits, et à carrément annuler les dossiers trop anciens. Ce qui est le cas de trois affaires touchant Jacques Chirac : celle sur les fausses factures de la Sempap, une ancienne imprimerie de la mairie de Paris ; celle des chargés de mission payés par la mairie alors qu'ils travaillaient pour le RPR ; et celle des emplois fictifs du RPR, qui a valu à Alain Juppé un an d'inéligibilité. Dans cette dernière affaire, une trace matérielle impliquant Chirac existe, ce qui nourrit l'hypothèse d'une convocation, une fois l'Elysée quitté et le statut pénal protecteur envolé. Il faut avouer que l’astuce est superbe : profiter d’un contexte pour acheter un soutien minimum relève du plus parfait machiavélisme.
IL NE RECULE DEVANT AUCUN SACRIFICE

Les fonctionnaires, au milieu de ce déferlement de démagogie, devraient se sentir pris en otages. Le problème c’est que certains ont dû être piqué par la mouche tsé tsé de l’apolitisme. Il paraît que dans les salles de profs bien pensants, Bayrou ferait un tabac alors que ce brave mi-chèvre mi-chou avait tout simplement rêvé de bouleverser la loi Fallloux et donc tuer à petit feu le service public d’éducation, mais on prétend que peu d'enseignants connaissent l'importance de la loi Falloux ! Certains témoignages attestent que, dans certaines administrations, la fermeté de Sarkozy vis à vis des usagers réputés inconscients rassureraient les ronds de cuir. On dit que dans la Gendarmerie ou la Police, alors qu’en aparté on se plaint de la maigreur des effectifs, la tendance serait à confondre répression et extrémisme de droite. On affirme que chez les agriculteurs qui hurlent contre la suppression programmée de la PAC, il y en aurait qui font les yeux doux à ceux qui proposent simplement de débarrasser la planète des incapables qui la gèrent… Tous font penser au gars assis sur la branche qu’il scie énergiquement avant de se plaindre de se retrouver un jour moribond sur la dureté du sol !
Chirac doit implorer le ciel électoral afin que ce programme ambitieux de mise à mal de la fonction publique (et spécifiquement de la justice) soit adopté par une large majorité. Il pourrait ainsi espérer que les dossiers qui traînent depuis, pourquoi pas sept ou huit ans, soient systématiquement mis au panier. Dans le fond, ce Sarkozy c’est un Einstein qui s’ignore puisque, lui, il tire profit de la lenteur en opposition de l'autre… et il l’organise. Un moyen comme un autre de persuader la France qu’un fonctionnaire ça ne sert que quand on en use. Le reste du temps : tant pis pour eux! 
Mais je déblogue…
Repost 0
Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
commenter cet article
11 avril 2007 3 11 /04 /avril /2007 07:29
Il n’y a plus aucun doute : les choix d’urbanisation constituent le fondement des réussites ou des problèmes actuels. Cette politique locale suscite désormais bien des débats et surtout bien des incompréhensions car elle est victime des a priori les plus ordinaires. Surtout de la part de celles et ceux qui ne cherchent jamais à comprendre avant de juger. Par exemple, il n’est plus possible dans une commune de proposer un programme de logements à loyer modéré ou en accession modulée à la propriété sans soulever pétitions, réunions houleuses ou débats infondés. Les bailleurs sociaux deviennent perplexes, car l’image des banlieues colle à tous les projets et il devient quasiment impossible d’argumenter sur le caractère indispensable de tous ces investissements. Le renouvellement des générations, la mixité sociale, le maintien des services publics, la réponse à un besoin crucial ne sont pris en compte que par celles et ceux… qui raisonnent avant de critiquer.
Qui connaît véritablement le système d’attribution du permis de construire ? Qui mesure la responsabilité directe réelle des Maires dans l’urbanisation ? Qui accepte la venue des autres, quelques mois après qu’il se soit installé en un lieu ? Qui connaît les contraintes mises à toute autorisation de construire ? Qui mesure les conséquences de la non structuration urbaine pour expédier vers des contrées éloignées les gens cherchant un droit obtenu par les autres ? Qui prend en compte les Schémas d’Aménagement à l’échelle de l’agglomération qui s’imposent aux volontés locales ? La plupart du temps, il ne s’agit que de poncifs colportés au nom de grands principes dont on ne mesure pas du tout les réalités sur le terrain.
Les choix d’urbanisme ne se gèrent pas sur une durée courte, mais sur des dizaines d’années tant le système de régulation est long et difficile. Un peu comme un paquebot, on n'en modifie pas la route sur une distance très courte. Il faut savoir avant toute discussion que l’élaboration ou même la révision d’un plan d’occupation des sols autrefois, ou d’un plan local d’urbanisme maintenant, demande au minimum deux ou trois ans de travail, de concertation, d’enquêtes publiques… n’intéressant la plupart du temps que deux catégories de citoyens : celles et ceux qui veulent spéculer sur leurs terrains, celles et ceux qui ne veulent personne à côté de chez eux ! Cette difficulté se complique avec les multiples recours qui ne manquent jamais d’intervenir dès la publication du document… L’exercice n’est pas sans risques. Quelle que soit l’issue de la démarche, elle nécessite un véritable courage politique, car plus la commune est modeste plus elle comporte de risques de révolte dans un sens ou dans l’autre.
LE DANGER TERRIBLE DU MITAGE
Le premier critère qu’il faut ainsi retenir réside dans sa tendance à consommer de l’espace. La loi Solidarité et Renouvellement Urbains (SRU) de Louis Besson avait pour objectif essentiel d’éviter le mitage de l’espace qui constitue le désastre réel de l’urbanisation en cours. Une ville qui se structure, se développe en utilisant au maximum l’espace est au cœur du texte de la loi SRU. Il faut absolument lutter contre l’étirement le long des routes secondaires des terrains à bâtir. Il faut absolument densifier les entités humaines existantes. Et si l’on veut maintenir une Poste, une perception, une maternelle, relancer le commerce de proximité, avoir des services à la personne (santé, social…) ou culturels, ou sportifs, il faut une dimension de ville, mais sans accepter qu’une maison standardisée et 4 habitants nouveaux consomment, en pleine campagne, à trois ou quatre kilomètres du bourg, 3 ou 4 000 m² de terrain !
Le problème, c’est que quand un POS a été établi il y a quarante ans sur la base du mitage, il est extrêmement difficile de le juguler et de le maîtriser. Sur une commune de 2500 ha, il est certain que 3 500 habitants disséminés partout sont moins " visibles " que 3500 répartis sur 300 ha, et que la perception n’en est absolument pas la même. Et pourtant, à l’arrivée, on ne critiquera pas l’élu qui met 100 maisons partout alors que l’on s’en prendra à celui qui les rassemble sur un espace réduit sous forme d’appartements ou de maisons de ville. Sauf qu’à l’arrivée, les dégâts écologiques sont incomparables.
La centaine de pavillons va, par exemple, stériliser environ 600 000 m² alors que l’autre va " coûter " 10 000 m². Elle nécessitera l’entretien de 15 à 20 kilomètres de voirie, alors que la seconde se contentera de 1 kilomètre. Elle génèrera environ, chaque jour, un parcours en voiture ou en ramassage scolaire d’environ 300 kilomètres cumulés, alors que l’autre se contentera de moins d’une centaine. Il faudra des réseaux d’eau potable plus longs, des assainissements non collectifs incertains, des réseaux électriques fragiles car non enfouis, des distances considérables pour la collecte des déchets ménagers ou les services ultérieurs à la personne. Et pourtant, vendeurs, acheteurs, voisins potentiels ne réclament que le mitage qui conjugue leurs intérêts !
La pire des situations naît de la mise en œuvre d’une telle politique d’urbanisation passive dans des collectivités dépourvues de tous services (école, commerces, loisirs…) car ils augmentent démesurément l’utilisation de l’automobile, mais satisfont forcement celles et ceux qui sont installés quelque part et qui ne souhaitent que voir les " autres " aller ailleurs !
INFORMER, CONSULTER, ASSOCIER
Dans le cadre du plan d’aménagement et de développement durable (PADD) qui doit désormais accompagner tout nouveau document d’urbanisme, il faut absolument présenter les axes " politiques " choisis par les élus. Ils doivent utiliser tous les moyens possibles pour informer, consulter, associer les habitants qui le veulent à cette phase. En ce qui concerne Créon la procédure dure depuis plus d’un an afin d’infléchir le futur PLU et renforcer les décisions antérieures. Certaines options se situeront dans le droit fil du respect de la loi SRU, avec la poursuite du développement de la couronne extra bastidaire accompagné d’une interdiction de toute construction nouvelle au-delà de 800 mètres des équipements publics. Cette mesure vise à favoriser  le développement des modes de circulation dits alternatifs à l’automobile. Il devra être assumé vis à vis des nombreux propriétaires qui attendent un droit à construire. Bien d’autres points découleront de cette décision de principe (désenclavement de certains quartiers, constitution d’une réseau intra communal de voirie pour circulation douce, augmentation des possibilités de création d’emplois sur site, création de zones naturelles publiques protégées…) mais aucun d’eux ne devra gêner l’indispensable développement d’une ville dans laquelle en 2007 le nombre de personnes de plus de 60 ans est largement supérieur à celui des moins de 11 ans ! Personne ne prend en compte ce phénomène qui va, dans une décennie, causer bien du souci à une territoire qui serait sanctuarisé.
REFUSEZ AUX AUTRES CE QUE VOUS M’AVEZ ACCORDE
Même si le propos peut paraître fuyant, il faut ensuite revenir sur le comportement citoyen vis à vis de l’urbanisation. Pas un seul de celles et ceux qui en font la critique ne peut affirmer qu’à un moment ou à un autre… ils n’en ont pas profité. Le problème récurrent se résume à une simple formule : " refusez aux autres ce que vous m’avez accordé. " Le reste s’ajoute sans aucun problème : " j’ai consommé de l’espace, j’ai utilisé les réseaux payés par les autres, j’ai bénéficié des services créés pas les autres, je veux payer le moins d’impôts possible et au nom de l’écologie… je ne veux plus voir personne. ". Le problème, c’est qu’ils exigent du Maire de ne pas appliquer l’équité républicaine consistant à respecter scrupuleusement les textes et règlements dont eux-mêmes ont bénéficié ! Ils sont prêts à demander à leur élu, forcément suspecté de complaisance malhonnête de… refuser ce qui est parfaitement légal car conforme au document de base adopté après enquête publique depuis des décennies. De toutes manières, il y a suspicion vis à vis de ce qui est fait pour les autres et naturellement pas pour soi !
Comment expliquer que l’instruction n’est pas, dans une commune comme Créon, faite par la Mairie mais par le Direction Départementale de L’Equipement, qui recueille tous les avis, analyse tous les détails, compare les propositions et tous les paramètres légaux avant de proposer une décision à l’élu. Il y a une transparence absolue. Quand le PLU est adopté, il est difficile de demander à la Mairie de ne pas l’appliquer, sauf à admettre que l’urbanisme se fait à la gueule du client !
Ce secteur de la gestion communale est actuellement le plus préoccupant, car les appréciations qu’il suscite sont souvent le reflet du mal moderne de notre démocratie : juger la politique à l’aune de ses propres intérêts ! La vison globale n’existe plus, et je crains que le notion de développement durable ne devienne qu’une arme réactionnaire pour jeter l’opprobre ou l’anathème sur toutes les formes d’urbanisation.
En attendant, on continuera à miter l’espace rural, à accroître la longueur du trajet domicile travail, à raréfier le foncier, et donc à renforcer la spéculation, à ne pas répondre au dramatique besoin de loyers modérés, à démultiplier les réseaux pour répondre aux besoins d’épuration des eaux, à augmenter le coût de la collecte des déchets, à protester contre les champs voisins qui ne seront plus entretenus, à râler quand le viticulteur traitera sa vigne ou quand le propriétaire interdira la cueillette des champignons dans son bois… Et on inscrira sur le fronton d’une splendide demeure, au milieu d’un vaste espace, le triptyque de la nouvelle République : maison, gazon, télévision !
Mais je déblogue…
Repost 0
Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
commenter cet article
10 avril 2007 2 10 /04 /avril /2007 07:41
Une campagne électorale n’est jamais finie. Il y même certains hommes politiques expérimentés qui prétendent qu’elle débute dès le lendemain d’une élection… Celle des présidentielles ne fait donc pratiquement que commencer quand on sait que les sondages ne portent que sur les gens prétendument certains de leur choix et que 4 sur dix ne l’ont pas encore effectué. L’expérience de plus de 30 ans de scrutins divers et variés me prouve qu’il arrive que la décision soit impulsive et se prenne au tout dernier moment. Dans de nombreux autres cas, les électrices et les électeurs arrivent avec le bulletin soigneusement plié dans la poche, sur les conseils d’un proche. Il faut bien convenir que les critères des votes ne sont pas nécessairement rationnels. Les programmes, les déclarations, les promesses… ne sont pas souvent les critères pris en compte par environ 30 % des votants. Leur adhésion à une candidature ne tient parfois qu’à un détail, une attitude, une rencontre. Ce comportement donne toute sa valeur à l’image. Son poids terrorise même les prétendants qui paient des consultants à prix d’or pour leur éviter des faux-pas pénalisants.
Il faut donc se rendre à l’évidence : la télé fait une élection présidentielle, et croire le contraire serait d’une désarmante naïveté. Elle n’influence pas les décisions des gens par la qualité de ses émissions politiques, mais au quotidien par ses choix éditoriaux. Il faut avoir, en France, compte tenu du fait qu’il n’y a plus de service public réel suffisamment influent, une sacrée conviction pour résister à la pression de ces options. Les exemples flagrants ne manquent pourtant pas, mais peu de monde relève leur incidence sur la vie démocratique, car tous sont éphémères. Ils ne relèvent pas du hasard, mais d’une appréciation orientée de l’actualité. En voulez-vous ?
DEUX LIVRES … DEUX TRAITEMENTS
Prenez par exemple la manière dont a été traitée par la télé la publication de deux livres témoignages différents sur Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy. Eric Besson, grâce à son pamphlet " Qui connaît Madame Royal ? " torché en quelques jours, a quasiment fait tous les plateaux qui comptent. Il a été l’invité de toutes les chaînes et a pu, durant plusieurs heures cumulées, déverser son fiel sur celle qu’il avait pourtant le devoir de soutenir. Il serait d’ailleurs intéressant de savoir de quel temps a véritablement disposé le député-maire sans que ce soit considéré comme comptabilisable par le CSA. Nul ne songerait à lui reprocher d’avoir fait la promo d’un livre qu’il n’a pas écrit, car il l’a faite avec la complicité des responsables d’émission ou de journalistes qui ont bondi sur l’occasion.
Il serait maintenant particulièrement probant de constater objectivement combien de temps ces mêmes animateurs réserveront au bouquin " Un mouton noir dans la baignoire " que l’ex-Ministre alibi, Azouz Begag, a consacré à son expérience gouvernementale, et notamment à sa cohabitation avec Nicolas Sarkozy. Là, on n’est plus sur la différence idéologique, mais sur les menaces physiques. Il relate notamment la crise née entre lui et le ministre de l'Intérieur, à la suite des propos de ce dernier à Clichy-sous-Bois en octobre 2005. Nicolas Sarkozy s'y rend après la mort de deux jeunes électrocutés et parle de "racaille". Azouz Begag s'oppose alors dans la presse, le lendemain à cette "sémantique guerrière". En novembre 2005, Nicolas Sarkozy "lui passe un savon tellement incroyable qu'il ne peut s'empêcher de le consigner sur le champ : 'Tu es un connard ! Un déloyal, un salaud ! Je vais te casser la gueule ! Tu te fous de mon nom… Azouz Sarkozy ! Je vais te montrer, moi, Azouz Sarkozy… Tu te fous de mon physique aussi, je vais te casser ta gueule, salaud ! Connard !'". "A chaque fois que j'essaie de placer un mot", explique Azouz Begag, "il me coupe : 'J'en ai rien à foutre, de tes explications ! Tu vas faire une dépêche à l'AFP pour t'excuser, sinon je te casse la gueule…". Soyez-en certain, il va pouvoir cette semaine aller partout pour donner sa vision du candidat Sarkozy qu’il a vu à l’œuvre !
VOUS PRENDREZ BIEN UN PERNAUT
Dans une chronique de " Libé ", on trouve une analyse terrible du rôle éminent de Jean Pierre Pernaut dans la campagne, puisqu’il est à la tête d’un Jité absorbé par plus de 7 millions d'électrices et d’électeurs chaque jour à 13 h. Je ne résiste pas au plaisir de vous livrer un extrait de l’analyse du contenu, faite par un… vrai journaliste. " Il est des moments où un journaliste se transcende. Prenez, au hasard, Jean-Pierre Pernaut : depuis le 20 mars qu'il accueille dans son JT de 13 heures de TF1, un Journal de campagne , il touche au sublime. Ni pléonasme, ni grosse blague, il s'agit là d'une pastille politique de dix minutes, posée au beau milieu du JT, entre "l'essence qu'augmente encore ma pauv'dame" et les 39e Olympiades des métiers d'Amiens. Mais c'est de la politique à la Jean-Pierre, celle qu'on discute au zinc, chaussé de bottes Aigle. Chaque édition commence par, dixit Pernaut, " " Le regard des gens " sur la présidentielle. Les " gens " de Pernaut sont, par exemple la semaine dernière, à Dronzy (Nièvre), bled réputé pour voter comme la France. Et, à Dronzy, il y a un bar ­ le Dronzy ­ où l'on s'envoie des blancs secs dès l'aube ... Et au Dronzy de Dronzy, il y a un poivrot qui a son idée sur la présidentielle: "Quand on voit la gauche, la droite, la droite, la gauche, toujours les mêmes conneries, hé ben, on vote pour Jean-Marie." Quelques jours plus tard, " Le regard des gens " de Pernaut est à Antibes, dans un salon de coiffure pour dames, avec les mémés, cheveux mouillés et serviette éponge autour du cou ­ : faudrait pas que le Régécolor tache la blouse. Arlette, la coiffeuse, raconte : "Un monsieur voulait pas payer, il me dit : "Je vous paye que si vous votez Ségolène." Fumiers de socialistes !…
Je suis certain que si vous êtes attentif vous devinerez que la campagne est pavée de mauvaises intentions. L’égalité des temps de parole n’a aucun sens, car elle masque des approches différentes du traitement de l’actualité, qui pèse beaucoup plus sur le résultat. Les faits divers prennent une importance particulière, les images sur l’immigration aussi, les contextes dans lesquels sont effectués les reportages également, et tout ceci échappe aux téléspectateurs. Et ces impacts ne se mesurent pas du tout, car ils appartiennent à la manipulation quotidienne discrète mais efficace.
LA LEGENDE QUI TUE
On trouve aussi ces jours ci un autre fait qui corrobore ces pratqiues. Dans la magazine Paris Match dont on sait qu’il doit se racheter d’avoir mis à mal la vie privée de Sarkozy (son directeur Alain Genestar l’a chèrement payé), un grand reportage photo a été consacré à Clichy sous Bois. Parmi les clichés, l’un d’eux a été pris dans le RER. Il montre quatre jeunes hommes noirs assis autour d'une jeune femme blanche, plongée dans un livre. Légende de la photo : "Sur les portables, la musique ­ du rap ­ joue à fond. La passagère, pas rassurée, se plonge dans sa lecture et n'en sort pas." La passagère s'appelle Mélanie Merlin. "Quand j'ai vu la photo, j'ai souri, quand j'ai vu la légende, j'ai bondi", raconte-t-elle à Libération, encore choquée du texte qui ne correspond en rien à la réalité : elle n'avait pas peur et était simplement absorbée par son livre. Mais le mal est fait : cette femme, professeur dans un lycée de Clichy-sous-Bois, se voit servir en classe un narquois : "Vous avez peur des Noirs, Madame ?" Mélanie Merlin demande un démenti à Paris Match, qui l'envoie sur les roses. Mais l'Humanité sort l'affaire et, la semaine dernière, Paris Match publie une "précision". Problème, elle est de la taille d'un confetti. Du coup, Mélanie Merlin vient d'assigner l'hebdomadaire du groupe Lagardère pour préjudice lié à son travail et demande la publication d'un démenti de la taille de la photo incriminée. Elle attendra des mois avant de savoir si son droit à l’image sera aussi bien respecté par Paris Match que l’a été celui de Madame Sarkozy. De toutes manières, le mal est fait… car, en l’occurrence, il ne s’agit absolument pas d’un fait mais d’une interprétation d’un contexte mis au service d’une vision sociale dominante.
Plus que jamais, les apparences seront trompeuses. Les pièges pour consciences fragiles vont se multiplier. Ce ne sera plus ouvertement mais insidieusement. D’ailleurs dans Groland la semaine dernière, sur Canal +, dans une caricature réussie, on proposait d’effectuer le recrutement pour " télé martyr " une émission qui élirait très vite celui qui remplacerait Papi Voise, ce vieux monsieur d’Orléans dont les images avaient fait la une des Jités à quarante-huit heures du premier tour des présidentielles… On le cherche chaque jour parmi les dépêches d’agence. Et soyez-en certains, on finira par le trouver !
Mais je déblogue….
 
JE VOUS AVAIS PREVENUS MAIS VOUS NE M'AVIEZ PAS CRU
Allez donc lire le papier ci-dessous
Repost 0
Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
commenter cet article
9 avril 2007 1 09 /04 /avril /2007 08:59
Il y a, de temps en temps, des coups de chaleur dans la campagne présidentielle. Ils s’inspirent, le plus souvent, de paroles imprudentes dans un camp ou un autre mais le vrai débat n’a pas encore débuté et il y a fort à craindre que l’on reste sur les sujets mondiaux sur des impressions plus que sur des certitudes. Il est vrai que l’élection du Président de la République demeure un sujet de préoccupation franco-française et que l’on a la fâcheuse impression que nous regardons notre nombril dans un monde qui continue pourtant à inquiéter. Ce particularisme qui nous porte à croire que notre pays est le centre de la planète ne fait plus recette vu de l’étranger.
Ainsi depuis des semaines, à Bruxelles, toutes les nations examinent les conséquences du réchauffement climatique sur l’avenir de la terre. C’est certainement l’une des conférences les plus importantes de ce début du XXI° siècle car elle pose les véritables problèmes qui marqueront les générations futures. Tous les signaux sont au rouge. Tous les scientifiques alertent les politiques. Toutes les prévisions convergent. Comme pour les débats sur la mondialisation économique ceux qui ont trait à la mondialisation écologique mettent en évidence la faiblesse dramatique du " politique ". Chacun est en effet venu à Bruxelles avec le désir inavoué de pénaliser le moins possible son économie et donc on est parti pour un accord à minima. Or il faudrait une décision collective vigoureuse, une volonté collective majoritaire pour enrayer un phénomène qui, malgré les incantations pseudo éclairées de Claude Allègre, conduit l’Humanité vers des problèmes insurmontables. Les perspectives ouvrent sur des horizons sombres.
Le bouleversement géographique provoqué par l’effet de serre (fonte de la banquise) permettra certes d'ouvrir de nouvelles voies de circulations maritimes en Arctique mais les écosystèmes deviendront vulnérables en raison de l'abaissement des barrières climatiques aux espèces " invasives " nouvelles sur certains territoires. Les modes de vie des communautés indigènes devront changer pour s'adapter. De nombreuses petites îles seront touchées par la hausse du niveau marin. Le risque de mort des coraux tropicaux, l'augmentation des tempêtes, l'érosion des côtes menacent déjà. Et pendant ce temps les palabres continuent. Pas un jour sans qu’un événement local vienne pourtant en France conforter cette évolution. Jamais encore un fait planétaire n’a mobilisé massivement mais par contre les constats limités successifs devraient sortir les citoyens de leur torpeur ou de leur indifférence. On a l’impression que personne n’a une vision générale des phénomènes qui ne sont jamais replacés dans un contexte planétaire. Ce ne sont que des accidents ponctuels auxquels nous pouvons encore faire face. On construit des digues, on créé des zones protégées, on interdit mais sans véritablement de cohésion et de continuité. On s’oppose à toute solution sans jamais se priver des causes qui ont conduit à l’envisager. On consomme comme des fous !
SUITE D’IMPACTS NEGATIFS
Dans le nord de l'Europe, le réchauffement climatique aura des bénéfices initiaux (baisse du chauffage, hausse des récoltes) mais sera suivi d'impacts négatifs lorsque la température continuera de s'élever. Dans le sud de l'Europe, les hautes températures et les sécheresses vont réduire l'approvisionnement en eau et le potentiel hydroélectrique, le tourisme d'été, la productivité des cultures. Une augmentation des risques sanitaires en raison des vagues de chaleur surviendra dans les villes et des incendies de forêts comme ceux qu’ont connu l’Espagne et le Portugal vont se répéter. Il n’y a aucune vision pessimiste de ces effets directs alors que nul ne peut en contester l’irréalité puisqu’ils se sont déjà produits. On annonce par exemple, pour les prochains mois, une sécheresse dramatique au sud d’une ligne Bordeaux Nice avec notamment une situation très critique dans le Gers, la Haute Garonne et l’Ariège. Mais il n’y a aucune anticipation, aucune mesure annoncée afin de ne surtout pas mécontenter le milieu agricole qui demeure le plus gros consommateur d’eau potable ! On réagira fin juin quand il sera trop tard ! Les manifestations d’usagers attireront les caméras dans des villages privés d’eau ou sur des champs paillassons ! La fin des vacances revenue on oubliera !
La fonte des glaciers dans l'Himalaya va augmenter la fréquence des inondations et les glissements de terrain, affecter les ressources en eau durant deux à trois décennies. Ce sera ensuite suivi par une diminution des débits des rivières durant l'été, au moment où elles sont le plus utilisées. L'approvisionnement en eau potable pourrait diminuer, ce qui affecterait plus d'un milliard de personnes d'ici à 2050. Le risque de famine devrait rester à un niveau élevé dans plusieurs pays en voie de développement. La morbidité et la mortalité dues aux maladies diarrhéiques associées aux inondations et aux sécheresses vont croître dans l'Est, le Sud et le Sud-Est de ce continent. Une augmentation de la fréquence et de l'intensité du choléra sur les côtes en raison de la hausse des températures est à prévoir.
PERTE IMPORTANTE DE BIODIVERSITE
En Amérique latine : un remplacement graduel des forêts tropicales par des savanes dans l'est de l'Amazonie avec une perte importante de biodiversité. La végétation semi-aride sera remplacée par des végétations arides car la fonte rapide des glaciers andins va bouleverser le régime des rivières utilisées pour l'alimentation en eau, les cultures irriguées et l'hydroélectricité. Au Chili une polémique arrive car il faut absolument envisager face à ces phénomènes qui vont détruire son indépendance énergétique le recours au… nucléaire. Et l’on sait que bien d’autres pays (Brésil, Argentine…) lorgne vers ces installations qui leur permettraient de compenser la chute de leurs ressources hydroélectriques et de répondre à une hausse constante de besoins liée à l’amélioration du niveau de vie.
Dans les zones sèches, la " salinisation " entraînera la désertification de terres agricoles et des afflux de population en détresse vers les conurbations déjà saturées et dépourvues de toutes les structures (réseaux d’eau potable et d’assainissement, de transports en commun fiables) . En Amérique du Nord la croissance possible des productions agricoles dans le nord des Etats-Unis et au Canada sera contrebalancée par une augmentation des incendies de forêts et des vagues de chaleur dans les villes.
D'ici à 2020, 75 à 250 millions de personnes seront exposées en Afrique à des difficultés croissantes d'alimentation en eau. La production agricole, dont celle pour l'alimentation, sera sévèrement compromise dans de nombreux pays. La pêche sera affectée le long des côtes et dans les lacs. Dans certains pays, les récoltes de l'agriculture pluviale pourraient diminuer de 50 % sur cette période. Les surfaces disponibles pour l'agriculture vont diminuer aux marges des zones arides et semi-arides. L'Afrique sera le plus vulnérable des continents en raison des impacts du changement climatique mais aussi de sa faible capacité d'adaptation. Et en France Sarkozy prétend que nous arriverons à maîtriser les flux migratoires par la création d’un ministère de l’immigration et de l’identité nationale. Dérisoire. Absurde. Ils vont s’accentuer face à une situation de vie ou de mort généralisée.
42 INFRACTIONS FRANCAISES
Entre 20 % et 30% des espèces de plantes et d'animaux seront en risque accru d'extinction si l'augmentation des températures dépasse 1,2 ° à 2,5 °. Sur plus de 29 000 séries de données d'observations provenant de 75 études qui montrent un changement significatif des systèmes physiques et biologiques, plus de 89 % correspondent à la direction attendue en réponse à un réchauffement. L'acidification des océans due à l'augmentation du gaz carbonique atmosphérique aura un impact négatif sur les organismes marins à coquille.Au-delà du XXIe siècle, la fonte d'une grande partie du Groenland et de l'Antarctique de l'Ouest pourrait élever le niveau marin de quatre à six mètres, inondant de nombreuses plaines habitées. Ce sont les constats effectués à Bruxelles. La France y participe et a donc l’occasion de prendre des positions nettes, claires et efficaces. Du moins en apparence.
Il faut en effet faire un rappel douloureux sur ces six dernières années : l’état le plus condamné à Bruxelles pour non-respect des directives européennes en matière d’environnement, c’est… la France! Pas moins de 42 cas d'infractions sont actuellement ouverts contre nous ! Nos préoccupations économiques ont toujours pris le dessus sur l’enjeu écologique et le bilan est plutôt inquiétant puisque notre pays se retrouve au quatrième rang mondial pour les espèces menacées. Une rivière sur quatre en France est en mauvais état. 86 % de l’électricité est produite dans des centrales nucléaires (contre 4,2% pour les énergies renouvelables souvent combattues par les populations proches). Selon L’INSEE elle même le nombre d'habitants par voiture en France rejoint progressivement le niveau américain que nous critiquons de manière véhémente (2,1 habitants par voiture contre 1,7 en 1998). Un doublement du parc automobile est attendu d’ici 2020. Et les autres statistiques sont toutes aussi affriolantes !
Nous sommes tous coupables, au quotidien, dans nos engagements et nos modes de vie. Nous sommes tous coupables de passivité. Nous sommes recroquevillés sur le coût de l’eau potable, de la collecte et du traitement des déchets, des carburants, de la construction… sans nous apercevoir que ce ne sont que les effets les moins importants de notre incapacité politique à régler les véritables problèmes. La forme l’emporte de plus en plus sur le fond jusqu’au moment où ce sera trop tard ! A Bruxelles on se bat sur les mots… dans une guerre froide sur le réchauffement climatique. Ailleurs on ne va pas tarder à en crever ! La terre brûle et les "pompiers" se réunissent pour se mettre d'accord sur la couleur du camion qui devrait peut-être intervenir et ne souhaitent pas s'en prendre aux pyromanes sous prétexte qu'ils donnent de l'argent pour les calendriers.
Mais je déblogue…
Repost 0
Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
commenter cet article
8 avril 2007 7 08 /04 /avril /2007 19:10

Dernière chronique de la période d'isolement. La panne est réparée : on avait changé mon code d'accés au serveur de club-internet à l'insu de mon plein grè. A partir de demain, L'AUTRE QUOTIDIEN retrouve son rythme normal. Je vous demande d'accepter mes excuses pour cette période d'inactivité forcée... Rassurez-vous l'inspiration va vite revenir. Pour ce jour de Pâques, une ancienne chronique sur l'oeuf dur...dont on ne vante pas assez les mérites!


Nous avons bien failli ne pas disposer d’authentiques œufs de Pâques pour respecter la tradition. Même si désormais peu de personne dissimulent encore dans leur jardin ou leur maison des œufs durs décorés, il faut convenir que la pénurie n’a jamais été aussi proche qu'en 2006… Le virus H5N1 a, en effet, bien failli mettre à bas une tradition séculaire, mercantilement dévoyée vers le chocolat qui d’ailleurs, bien souvent, n’en est plus.
La coutume d’offrir des œufs décorés, teints ou travaillés serait bien antérieure au christianisme. Il est sans doute le plus vieux et le plus universel symbole de vie et de renaissance notamment, et de multiples rituels lui ont été associés depuis la nuit des temps. Ainsi, les Egyptiens et les Perses avaient pour habitude de teindre des œufs aux couleurs du printemps et de les offrir à leurs proches pour symboliser le renouveau de la vie.


 OEUF GAULOIS DE SERPENT

 Chez les Gaulois, les druides attribuaient des qualités merveilleuses à "celui du serpent" (ce n’étaient en fait rien d’autre que des oursins fossiles qui abondaient dans certaines contrées) qu’ils croyaient formés de bave que jetaient les reptiles lorsqu’ils étaient entrelacés. La tradition voulait que l’on s’en envoie entre parents, amis et voisins, teints en rouge, en bleu et bariolés. Enfants et domestiques recevaient également des présents.
Ce ne serait qu’au XIIIème siècle, à Paris, que les clercs des églises, les étudiants de l’Université ainsi que les jeunes gens des différents quartiers s’assemblaient sur les places publiques et formaient un long cortège en tête duquel on retrouvait bannières, tambours et trompettes. Ils se rendaient en chœur sur le parvis de la cathédrale, où ils chantaient une partie de l’office appelée "Laudes", puis ils s’éparpillaient dans les rues, où ils faisaient la quête des œufs de Pâques. Il semble que, cette semaine, les étudiants actuels aient retrouvé cette tradition de se répandre dans les rues pour chasser les crânes d'oeufs du gouvernement !
Dans le courant des deux derniers siècles, on portait, à l’issue de la messe de Pâques, des corbeilles d’œufs dorés dans le cabinet du roi, qui les distribuait à l’assistance. On dit que Louis XIV fit parvenir à Melle de Lavallière un œuf de Pâques contenant un morceau de la vraie croix. Quant à Louis XV, il distribuait à ses courtisans des œufs gravés ou peints… Durant des siècles, on s’est donc contenté de faire bouillir ceux que l’on collectait dans le poulailler, sans trop se soucier de cette grippe aviaire qui certainement sévissait sans qu’on le sache.

 
LA CIVILISATION DE L'OEUF DUR

Tout ça n’a l’air de rien, mais la civilisation de l’œuf dur fout le camp. Celui qui représentait la simplicité historique de la nourriture n’est plus de mode. Tenez, si vous allez de temps à autre, encore vous asseoir au comptoir d’un véritable bistrot (je sais, eux aussi sont en voie de disparition) vous n’avez pas remarqué que rares, très rares sont ceux qui proposent désormais un présentoir avec des œufs durs pour les affamés. Vous savez, celui que l’on écalait avec le sentiment de pouvoir se payer un extra au moment de l’apéro.
Mieux, il faut maintenant tomber dans un restaurant véritablement "ouvrier" pour pouvoir trouver, à la carte ou au menu, les fameux "œufs durs mayo". Pas assez chic, pas assez sophistiqué pour mériter l’intérêt du client et du patron. On ne saurait se contenter de ce qui fut l’entrée la plus demandée durant des décennies. Elle représentait même, selon moi, la transition entre le monde rural, solide, frustre mais efficace, et celui des villes où l’on avait besoin de retrouver ses racines. En devenant majoritairement urbaine, la France a perdu les plaisirs ordinaires de l’œuf que l’on allait chaque soir ramasser dans les nichoirs ou dans des endroits habituels des poules pour le convertir illico en repas "gratuit", faute souvent d’autre chose.
A la coque, il avait le goût de l’enfance, car il constituait le repas du soir. Les sacro-saintes mouillettes taillées dans la miche et beurrées ou "margarinées" selon l’état des finances, offraient un repère sur les traditions familiales. Combien d’enfants actuels consomment ainsi ce qu’ils croient souvent n’exister qu’en chocolat avec un cadeau surprise à l’intérieur ?
Pour son plus grand malheur, les magazines féminins ont tué le plaisir dans l’œuf en l’inscrivant parmi les produits conseillés pour les régimes. En répandant l’idée qu’il pouvait soigner le mal être de la fausse obésité, les pourvoyeurs des menus miracles ont accrédité sa non-valeur nutritive. Un pauvre 80 calories par unité a réglé, dans les esprits, le sort de cette référence culinaire dont on devrait se souvenir qu’il ne se fait pas cuire n’importe comment. Il existe, en effet, un processus particulier pour obtenir l'oeuf parfait !


BONNE CUISINIERE OU NON

 

D’abord, il faut chasser l’idée reçue selon laquelle il suffit de plonger l’œuf  dans une simple casserole d’eau, de faire bouillir durant dix minutes, pour obtenir un produit mangeable. Le culte de la perfection en matière culinaire passe par ce geste que l'on croit banal, alors qu'il nécessite beaucoup plus de précautions et de talents.
En effet, la cuisson par ébullition incontrôlée provoque une coagulation brutale (donc une perte d'eau par resserrement du tissu protéinique) ce qui apporte cette intolérable consistance caoutchouteuse du blanc d'œuf cuit. Un dicton circulait autrefois dans les villages, voulant qu’en demandant à sa future épouse de vous faire un œuf dur, on savait si elle serait une bonne cuisinière ou non. En effet, le mets nécessite une surveillance particulière, et surtout pas un désintérêt coupable.
Ainsi, en réduisant, au bon moment, l'allure de chauffe, et en abaissant la température sous l'ébullition on évite une "pressurisation" interne... et on écarte tout risque de fissuration de la coquille. Ah ! L’œuf dur fissuré quelle catastrophe pour le gourmet : il prend l’eau et n’a plus du tout le même goût que celui dont on a réussi à préserver l’intégrité. Ce détail sert, dans un repas, de premier constat : si l’on vous sert un jour un œuf dont la coquille a explosé, vous pouvez en déduire qu’en cuisine, il y a des progrès à faire.


SECRETS DE L'OEUF DUR PARFAIT

Alors, en exclusivité, en ce jour de Pâques je vais vous livrer les secrets de l’œuf dur parfait. Ils partent d’un constat scientifique : le blanc contient de l’eau, ce qui fait que si vous faites chauffer trop vite et trop fort votre œuf, vous faites certes bouillir l’eau de la casserole mais aussi celle de l’intérieur. Si cela se produit, vous pouvez renoncer à la perfection !
 Il faut en effet savoir que le jaune cuit aux alentours de 70 degrés et le blanc autour de 60 ce qui fait qu’il ne faut donc jamais que l’eau de la casserole boue à gros bouillons. Autrement c’est … cuit ! Il faut donc de la patience et le mieux consiste non pas à baisser le gaz ou l’électricité mais à ajouter, de temps en temps, un peu d’eau froide et attendre une demi-heure pour obtenir un résultat idéal. On obtient alors, à la dégustation, un blanc moelleux et fondant, loin du blanc élastique habituel. Le jaune, quant à lui, laissera échapper ses arômes
forts, tout en restant fondant. Pas d'élasticité ni d'aspect caoutchouteux : le bonheur !
La seule chose que vous n’arriverez jamais à réaliser, c’est quand vous le couperez en deux d’obtenir que le jaune soit parfaitement centré car c’est totalement impossible puisque le jaune est plus léger que le blanc, contrairement à ce que bien des gens croient…

Je sais, ce ne sont qu’élucubrations pour crânes d’œuf…A moins, tout simplement, que ce soit un moyen comme un autre de vous rappeler que le bonheur se trouve souvent dans la simplicité absolue. Un principe qui tend à disparaître, sous la pression de la société de consommation. Regardez bien autour de vous aujourd’hui, et dites-moi si vous avez offert beaucoup d’œufs durs…Je sais, vous ne voulez pas être ridicule. Je le comprends !
Mais je déblogue…

Repost 0
Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
commenter cet article
7 avril 2007 6 07 /04 /avril /2007 10:55

Toujours en panne et probablement pour tout le week-end. A la suite de la multiplication toute récente des actes d'incivilité qui se produisent actuellement sur quelques communes ciblées de Gironde et en France, je me permets de vous redonner à lire cette chronqiue du... 7 novembre 2005 ! Je demeure persuadé que durant les jours qui viennent nous aurons droit à quelques phénomènes de proximité inquiétants... bien relayés par les médias. A qui profiteront-ils? A vous de choisir!


A QUI PROFITENT LES INCIDENTS ?

Le score enfle sur les écrans de télé. Chaque jour, le nombre de véhicules brûlés dans la nuit s’affiche sur le petit écran comme un record à battre. Les objectifs du lendemain sont affichés pour les banlieues : dépasser ce total et incendier un équipement public encore plus significatif qu’une école maternelle, un garage, un parking ou un collège… L’appel à projet de la " Star Ac’ " des émeutiers débutants ne se cache pas. L’imagination et le talent en la matière sont plus productifs en terme de notoriété que celle que vous apporterait une note convenable à une dissertation, un devoir d’histoire ou un CAP.

La télé réalité a besoin d’audacieux, de téméraires, d’artistes du cocktail Molotov ou de lanceurs habiles de pierres. Elle affiche d’ailleurs, pour les séduire, d’alléchantes récompenses : célébrité assurée avec un passage furtif, ou plus long, à la télé; honorabilité renforcée par une réception officielle, toutes affaires cessantes, par le Premier Ministre; mise en valeur garantie du rôle de la religion dans le processus social… Cette foutue télé qui ignore les véritables réalités toute l’année pour vendre du rêve, qui méprise le travail pour offrir les revenus d’une année de boulot acharné au moindre maillon fort susceptible de trouver la couleur du cheval blanc d’Henri IV, qui valorise toujours les mêmes comme s’il n’y avait aucun salut en dehors du vedettariat a une lourde responsabilité dans le comportement social actuel. Il est bien tard pour s’offusquer de cette situation* tant elle perdure avec la bénédiction générale. Comment en effet, se montrer critique, lorsque l’on a besoin, pour réussir sa carrière, de passages répétés sur le petit écran et notamment dans ce que l’on appelle les " journaux télévisés " ? Comment dénoncer des manipulations dont vous pouvez être un soir ou l’autre le bénéficiaire ? Comment vous en prendre à des méthodes journalistiques qui vous permettent, avec votre fameux " service de com. " toutes les manipulations ? Comment dénigrer des programmes qui satisfont pleinement une large part de votre électorat ? Comment juguler cette course à la présence télévisée à tout prix dont le " Roquet de Neuilly " s’est fait le champion et que "Crin Blanc" reprend aussitôt à son compte ? Alors, mieux vaut faire l’ignorant et expédier vos communiqués de presse avec l’espoir qu’une caméra bienfaisante se déplacera ensuite pour relayer vos positions. Et éviter des mises en cause douloureuses.

On ne peut pourtant pas se poser des questions fondamentales sur ces événements exceptionnellement graves pour les fondements de la République. Le premier tourne autour du rôle de l’Etat. Pour ceux qui connaissent les arcanes du pouvoir, il est impensable que les services du Ministère de l’Intérieur (et notamment les fameux Renseignements généraux), si habiles à surveiller les syndicalistes, les élus, les contestataires de tous poils, n’aient eu aucune connaissance réelle du " milieu " des cités… Ils ne savaient rien. Ils ne prévoyaient rien. Ils affichaient une distance, avec ces événements, qu’ils n’ont jamais eu en d’autres circonstances, avec par exemple des grèves ou des démarches sociales beaucoup moins dangereuses.

Les provocations incessantes de leur patron a mis en évidence la faiblesse de leur rôle. Accaparés par la recherche de renseignements sur le milieu islamique intégriste réputé, à juste titre, dangereux ils ont totalement oublié que la révolte pouvait naître d’une exaspération sociale forte décuplée par le sentiment d’être méprisé. Immédiatement, la République laïque a abdiqué devant… la religion. Elle a baissé pavillon devant les responsables du culte musulman appelés en renfort pour diffuser des valeurs qu’elle n’est plus capable de faire entendre. Cette capitulation est masquée, mais elle aura des conséquences fortes, car elle met en évidence que le pouvoir politique n’a plus aucune audience, plus aucune écoute et même plus aucune force. L’imam ou le " grand frère " ont plus d’influence que le Maire ou le CRS. Premier Ministre, Ministre de l’intérieur, Préfets…ont appelé à la rescousse les porteurs de principes moraux qu’eux-mêmes ne parviennent plus à faire entendre dans des territoires où ils ont battu en retraite, et qu’il est impossible de réinvestir en quelques jours. Et ce pari de se tourner vers d’autres médiateurs sociaux que ceux de l’Etat républicain n’est pas du tout gagné, car il repose sur le seul espoir que la " jacquerie " serait menée majoritairement par des musulmans sensibles aux injonctions religieuses. Ce qui est loin d’être la réalité, car les nettoyés potentiels au Karcher ou les catalogués dans la " racaille " n’appartiennent pas tous à cette " catégorie ".

Pour avoir toléré durant des années l’installation d’une économie parallèle, au prétexte qu’elle permettait dans le fond à des familles de survivre, la puissance publique a totalement perverti le système social. Quand un gamin ramène 150 € par semaine pour faire le guet au coin d’une rue, il ne songe pas à son orientation scolaire, car elle sera forcément moins rémunératrice et plus exigeante en temps de travail.

Quand les incertitudes pèsent sur le repas, sur l’électricité, sur le loyer, sur les transports, sur la santé, on n’est pas très regardant sur l’origine des revenus, et si le gamin traîne une partie de la nuit dans la ville ou dans les rues, on a tendance à fermer les yeux pour ne les ouvrir que sur un match de millionnaires du foot, sur les millionnaires du show-biz, sur les millionnaires des jeux télévisés, sur les millionnaires du loto. Les millions sont partout sauf dans les foyers qui en rêvent… Alors, quand les miettes sont au pied des immeubles, il est fort tentant de les ramasser.

La matraque ou la grenade lacrymogène n’ont jamais été des outils de médiation sociale. Ils sont en revanche ceux de la défaite et ce n’est pas en promettant des millions d’€ qu’il n’a pas, des fonctionnaires supplémentaires qu’il n’aura pas, des subventions qu’il ne peut déjà pas donner, des emplois qu’il a supprimés, que Crin Blanc réduira la fracture sociale devenue, depuis quelques années, un véritable canyon malgré les millions qui y ont coulé. Et comme le politique ne génère plus d’espoir, les banlieues s’en remettront à d’autres !

Le feu se calmera, mais les braises de la révolte seront toujours sous la cendre sociale jusqu’à ce que Sarkozy ou Le Pen viennent à nouveau souffler dessus… quelques jours avant les élections présidentielles ! Ce sera tout bénéfice!

Mais je déblogue…

Repost 0
Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
commenter cet article
6 avril 2007 5 06 /04 /avril /2007 15:34

Je suis encore et toujours isolé : pas de raccordement possible avec Internet... et malgré tous les efforts des uns et des autres, l'impossibilité de me sortir de l'ornière, sauf des dépannages circonstanciels. Il semble que le bug soit sur le central téléphonqiue de Créon et que ma ligne ait besoin d'un examen particulier réalisable dans... 7 jours.

 

 

Je crois que, de tous les mots de la langue française, l’un de ceux que je respecte le plus c’est celui-ci : ouvrier. Je n’ai pas écrit que c’est celui que j’aime le plus, car il porte en lui trop d’injustice et de souffrance, mais, dans le fond, je crois que c’est ce qui fait sa grandeur.
« Personne qui travaille comme salarié à un métier manuel dans une usine, un atelier, une mine, une entreprise agricole » indique le Larousse en dix volumes que mes parents m’ont acheté avec fierté il y a maintenant quelques décennies. Pour une fois, je ne crois pas ce que je considère comme ma Bible, car il ne donne pas sa véritable dimension à un statut beaucoup plus diversifié, beaucoup plus valorisant et dont on oublie désormais toute l’importance. L’ouvrier, « espèce en voie de disparition », va donc devenir plus rare dans un monde où le faire savoir a supplanté le savoir faire.
Il fut pourtant une époque où aucun progrès ne fut possible sans la qualité de son travail, sans son esprit à la fois loyal et revendicatif, sans son sens du partage des tâches qui transforma le mot compagnon en camarade et sans sa volonté farouche de ne jamais livrer autre chose qu’un ouvrage parfait. Il fut même progressivement « classé », selon son talent, afin de permettre aux plus consciencieux d’entre eux de devenir des « contre maîtres » ou des « maîtres ». J’ai pourtant toujours préféré ceux qui choisissaient la voie de la promotion par la seule estime que leur procurait leur talent. Le respect qu’ils inspiraient constituait leur véritable grandeur. Ils entraient dans la mémoire du village ou dans celle des familles. L’un de mes arrières grands-pères, compagnon du Devoir tué à la Grande Guerre avait ainsi « légué » son chef d’œuvre de charpentier, dont sa veuve ne se serait séparée sous aucun prétexte. L’un de mes grands-pères fut ouvrier maçon, et ses mains gercées adoucies à la vaseline, attestaient de la rudesse de son travail. Tous deux ont à leur façon marqué ma vie.

 

 LA SOLIDARITE DE CLASSE
Durant près de deux siècles, regroupés dans une nouvelle classe sociale, ces ouvriers ont construit un monde meilleur dont ils n’ont  jamais véritablement perçu les « bénéfices ». Sans cesse obligés de se battre pour imposer la valeur de leur participation au développement industriel, ils ont, en plus,  payé le plus lourd tribu dans tous les conflits dévastateurs de la planète. Au moment de la révolution industrielle ils avaient lentement supplanté les paysans dont les seuls revenus venaient des productions que la nature et leur sueur leur accordaient. Peu à peu, là où l’ambition se résumait à l’autosuffisance alimentaire, le système social substitua le poids de l’argent. La lutte des classes naissait. Elle semble morte et enterrée au nom de l'efficacité politique ! Le capital est intouchable. Le profit salutaire. L'ouvrier transformé en technicien ou en employé.

Confinés, durant toute l’Histoire précédente dans l’isolement égoïste de l’artisanat, les ouvriers basculèrent, sous la pression de la misère et du machinisme triomphant, dans la solidarité de classe.
La terrible caste des industriels capitalistes anglais fit en effet émerger, à cause de sa dureté, de son âpreté au profit, de son indifférence, de son mépris, le sentiment d’appartenance à une entité humaine détentrice d’un pouvoir chez les hommes et les femmes qu’ils exploitaient au maximum.

L’insécurité de ces derniers était totale : aucune garantie de maintien de l’emploi d’un jour à l’autre, un salaire misérable sous prétexte qu’il ruinait l’entreprise, les horaires épouvantables. Elle est de retour, car les mêmes causes produisent les mêmes effets, sauf que la solidarité a disparu !


DEMAIN NE RESSEMBLE PAS A HIER

 
J’ai donc une admiration infinie pour ceux d’entre eux qui eurent le courage de se lever, de refuser de subir, de lutter au prix de leurs maigres avantages pour que demain ne ressemble pas à hier. Et pas seulement pour eux, mais aussi pour les autres. Ce n’est pas forcément sur les champs de batailles ou dans des circonstances exceptionnelles que se révèlent les meneurs, ceux qui font avancer réellement la société mais, plus prosaïquement, dans la grisaille du quotidien.

Ce qui était devenu, au fil des ans,  la fameuse classe ouvrière, n’a jamais autant manqué à ces hommes alliant la qualité de leur travail et l’exigence légitime de la voir reconnue. Elle s’est donc inexorablement délitée, éparpillée, parcellisée pour céder la place à un ventre mou social dont on sait qu’il n’a plus rien de commun avec celui des origines. Désormais, la classe ce n’est pas d’être… ouvrier mais technicien. Que pèsent socialement un « meilleur ouvrier de France «  ou un « Compagnon du Tour de France » ?
Si les ouvriers au travail étaient 7,65 millions en 1975, ils étaient encore 6,15 millions en 2002. Leur productivité est passée de 3,4 en 1985 à 6,2 en 2000 mais leur part de cette création de richesse n’a pas suivi la même courbe de croissance.

UN PROCESSUS D'IMPLOSION
 


Un processus d’implosion affecte depuis longtemps la classe ouvrière : disparité des activités et des statuts, dualité entre les ouvriers stabilisés (momentanément) et les ouvriers précarisés (CNE, CDI et maintenant CPE). Il faut déjà noter que le noyau historique des ouvriers d'industrie n'est plus majoritaire au sein de la classe ouvrière (2,2 millions en 2002 soit 35,6% des ouvriers ayant un emploi). Les emplois sont donc beaucoup plus nombreux dans le commerce, les services marchands et non marchands et les transports. Il n’y a plus, c’est une évidence, de condition ouvrière solidaire, comme il y a deux siècles, car il y a maintenant de multiples formes d'exploitation, sources éventuelles de multiples formes de rébellion. La « classe ouvrière » n’existe plus, et les « ouvriers dits qualifiés » avec les départs massifs en retraite vont accentuer rapidement cette tendance dans le paysage social français.

On parle donc désormais de la catégorie des employés, que les sociologues décrivent comme « un archipel à la dérive » de 6,9 millions de salariés en 2001, soit 29% de la population active (les ouvriers en représentant seulement 27%). Là encore, le multiplicité extrême des conditions de travail et d'emploi et  le développement important des temps partiel, concernant la plupart du temps les femmes, va atomiser la conscience collective.
Les classes moyennes indépendantes ont été détruites par le mouvement accru de « salarisation » de la population active. Constituées de cadres, de techniciens, fortement ancrés dans les activités de service public, ayant un haut niveau de scolarisation, elles représentent un tiers du salariat.'
Le mot « ouvrier » va donc disparaître du langage quotidien.  Il ny aura bientôt plus que ceux… de la dernière heure qui feront le régal du 13 heures de Jean Pierre Pernaut. Certains d’entre eux sont déjà présentés comme des « survivants » ou des « dinosaures ». Ils ne donnent pas une image toujours positive d’une filière pourtant porteuse de tant d’espoirs. D’ailleurs, essayez par exemple un peu d'expliquer à une famille que l’avenir de leur rejeton, c’est d’être un bon ouvrier chaudronnier ou un excellent tailleur de pierres, ou un chapentier qualifié!
Mais je déblogue… 

Repost 0
Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
commenter cet article
5 avril 2007 4 05 /04 /avril /2007 07:40

 Toujours en panne... et avec des problèmes techniques compliqués (certains systèmes Wifi fonctionneraient et d'autre pas !). Cependant hier, après 18 mois d'existence, L'AUTRE QUOTIDIEN a dépassé les 300 000 connexions unqiues quotidiennes cumulées. Une occasion de faire le point sur l'acte d'écriture journalière imposé par ce blog et, dans cette période de suspicion permanente latente, de rappeler la valeur de l'indépendance... atypique ! Merci à vous toutes et à vous tous de contribuer à ces chroniques par votre visite. Voici ce que j'écrivais il y a 15 mois après divers incidents... oubliés!


L'AVENTURE QUOTIDIENNE CONTINUE

L’écriture constitue toujours une aventure. Pour l’avoir pratiquée dans la presse régionale et nationale, et la pratiquer encore, avec passion depuis plus de 30 ans, j’en ai mesuré l’exigence. Il y a en effet plusieurs niveaux dont on ne connaît les rites que lorsqu’on se retrouve face à la pire des angoisses : celle de la fameuse page blanche. Il n’y a rien de plus éprouvant que de se retrouver, seul face à la transcription de ce que l’on a vu ou ressenti, car la responsabilité pèse sur la pointe du stylo ou sur le clavier. On sait que, forcément, on ne sera pas jugé sur un " papier " par une personne comme dans le système éducatif où le prof note votre copie, mais par des milliers de gens totalement inconnus et dont le niveau de compréhension n’est pas identique. Quand, en plus, vous avez un délai impératif de livraison de votre copie, le stress monte et je vous assure que la tâche se complique. La forme prend alors trop souvent le pas sur la forme. Heureux sont ceux qui ont le temps…

Dans le journalisme sportif cette pression, sur les grands matchs comme sur les plus modestes, s’accentue depuis que la télé fixe elle-même les horaires du " spectacle " qu’elle achète et ce au mépris des obligations temporelles de la presse écrite. Il faut écrire, vite et bien, ce qui peut paraître incompatible mais constitue pourtant le fondement du talent. On a comme habitude de répéter, dans les rédactions, que l’on n'a jamais le temps de " faire court " mais désormais, on n’a jamais suffisamment de temps pour simplement " faire ". Sur ce blog j’ai, avec un infini bonheur, retrouvé cette angoisse stimulante de l’écran blanc. Je vibre, chaque nuit, quand il faut boucler mon texte, pour le lendemain, et ainsi respecter mon engagement vis à vis de lecteurs inconnus.

J’ai réappris, en revanche, que le plus difficile ne réside pas dans l’acte d’écrire car je l’ai toujours assumé avec un intense plaisir mais dans l’incroyable difficulté que l’on rencontre à écrire sur… ses amis. En un quart de siècle de journalisme, je reconnais que c’est le plus effroyable, voire le plus démoralisant. En 1982 j’avais déjà été traduit devant la commission des conflits du parti Socialiste pour quelques articles jugés " iconoclastes ". Personne n’avait osé réclamer mon exclusion, car l’atteinte à la liberté d’expression journalistique aurait été trop visible. Je croyais que ces méthodes seraient oubliées.

Or depuis que je me suis lancé dans une nouvelle aventure consistant en écrire et publier ce blog, je rencontre, à nouveau, ce dilemme : écrire vrai ou tomber dans la " brosse à reluire ", outil préféré de ceux qui se prétendent des amis, alors qu’ils n’ont pour vous que l’estime éprouvée pour un Kleenex ! D’ailleurs, j’ai remarqué que ce sont ceux qui livrent le plus d’informations à certains journalistes… qui sont les plus sévères à l’égard de ceux qui ne leur doivent rien ! Ils ne lisent que ce qui les concerne car ainsi ils évitent de réfléchir au reste. Ils m'ont souvent demandé d'écrire ou de faire écrire ce qui les arrangeait, oubliant qu'un jour, peut-être, je pourrais les déranger.

J’ai, voici 30 ans, trouvé dans un éditorial de Noël Couédel dans L’Equipe Magazine ces lignes que je dédicace à ceux qui confondent les auteurs des faits rapportés et celui qui se contente de les publier : " Rien n’est plus fatigant que d’écrire ce que vous pensez vraiment de Alain, Gilles, Pierre ou Paul, de ceci ou de cela. Honnêtement, c’est tuant. Vous déclenchez -dans le meilleur des cas- une avalanche de coups de fils, de lettres, de récriminations, de reproches. Y compris de la part de vos amis. Peut-être et surtout de la part de vos amis. Ce sont, en effet, ces derniers qui vous pardonnent le moins vos critiques. " Me faire ça à moi " qu’ils disent. Comme si le premier devoir que l’on devait à un ami, n’était pas la franchise. Le prix à payer est simplement l'inconfort quotidien. " J’adore véritablement ce texte, tant il est d’une criante authenticité.

La vedette du sport, le chanteur célèbre, l’homme politique installé ou en voie d’installation sont douillets. Ils ne souffrent même pas une égratignure. Ils  veulent que soit publié, exclusivement, que ce qui profite à leur image et jurent leurs grands Dieux, qu’ils n’ont jamais dit ce qui est écrit quand les réactions sont défavorables. Dans ces rapports du " donneur " et du " rapporteur ", l’intermédiaire joue un rôle clé. Si l’on sait, comme journaliste, ce qu’il y a derrière le poids des mots, on trouve vite l’équilibre durable, ou alors, faute de respect mutuel, le conflit arrive très vite. Malheureusement, on est dans le " donnant donnant " institutionnalisé. J’ai beaucoup souffert de cette dépendance à l’égard des convenances du milieu. J’ai mis fin à une certaine période de ma vie de journaliste, car je ne supportais plus d’être " complice ".

J’ai découvert que le blog offrait une véritable chance pour ceux qui acceptaient le risque d’être impopulaires par leur franchise. Je me suis jeté dans la mêlée (+ de 550 000 adresses différentes de blogs répertoriées sur over-blog.com) avec un enthousiasme juvénile et sans méfiance. Après 560 textes publiés, je commence à vérifier que les hommes changent, mais leurs réactions demeurent : coups de téléphone indirects, lettres de mise au point, concertations de rédaction, jugements péremptoires entre amis, enquêtes discrètes sur les sources, réponses par d’autres supports médiatiques interposés, commentaires injurieux anonymes… Les signes extérieurs d’agacement ne se cachent plus…

J’en suis heureux. Que Libération, Sud-Ouest, Le Républicain… aient fait référence aux contenus de " L’AUTRE QUOTIDIEN " n’est pas, je l’avoue, pour me déplaire. Je ne suis pas certain, en revanche, que ça fasse autant plaisir à tout le monde. Mais comme rien ne me dope plus que l’adversité et le sentiment d’être sincère, je pense que le bâillon n’est pas encore arrivé.

Mais je déblogue…

Repost 0
Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
commenter cet article
4 avril 2007 3 04 /04 /avril /2007 08:11

 Toujours en panne malgré de multiples relances auprès de Club-internet le système de connexion pour mon abonnement est toujours en panne. J'appelle une plate-forme dans un pays étranger qui avoue son incapacité à donner des délais et les raisons de cette défaillance qui dure depuis une semaine... Bien évidemment dès le rétablissement de ma connexion je quitterai cette plateforme. En attendant et en une épqoue du "Ministère de l'identité natioanle et de l'immigration" je vous propose ce texte... inspiré de ma propre vie.

L'IMMIGRATION UN FAUX PROBLEME
 
L’immigration alimente en ce début mai le débat national. Ce thème occupera, une fois encore, le devant de la campagne présidentielle et il suffira d’une étincelle naturelle ou artificielle pour provoquer une nouvelle déflagration raciste le moment venu. Malheureusement, sur ce sujet, comme sur  bien d’autres, les personnes en ayant vécu les réalités devraient être entendues et surtout écoutées. Les gens issus de l’immigration ne sont pas conviés à cette décision puisque aucun des Français possédant une expérience dans ce domaine, ne siège parmi les gens chargés de rédiger la loi. Et, il y a fort à parier que ce n’est pas demain ou même après demain qu’ils auront les moyens de soutenir leur vision de ce phénomène, pourtant aussi vieux que la société.
En effet, il suffit de se pencher sur un livre d’histoire, pour constater que de tous temps, il y a eu des flux migratoires plus ou moins forts entre les continents. Des milliers de Français sont partis vers les Amériques,  avec l'espoir d'y vivre, découvrir la précarité, le rejet, le combat pour la vie, ou pour bien d’autres destinations, au moment où le contexte économique les poussait à aller chercher un revenu vital minimum ailleurs. On oublie de dire que les jeunes sont d’ailleurs encore nombreux à quitter leur ville ou leur village pour trouver un boulot, plus ou moins instable, en Angleterre ou en Espagne. Logement médiocre, difficulté de communication, rythme de travail exigeant, regret du pays natal, retours fréquents vers la famille : ils traversent souvent des difficultés similaires à celles de celles et ceux qui veulent venir chez nous pour tenter enfin d’entrer sur le chemin de la réussite. Il faudrait les questionner, leur demander comment ils vivent ou ont vécu cette impérieuse nécessité voulant que, pour exister, il faille se rendre sur une autre terre.
L’immigration n’est vécue que sous sa facette médiatique et donc sur celle des apparences. Elle est rarement analysée à la lumière de l’histoire, car ce serait admettre des années ou des siècles d’erreurs, dont nous payons tout simplement l’ardoise. Comme la tentation française consiste à se considérer comme les seuls porteurs des grandes valeurs humanistes, il s’avère impossible de remettre en cause des pans entiers de ce qui constitue l’image d’Epinal de notre pays. Et ce, d’autant plus que tous les partis politiques actuels ne sont que les héritiers de ceux qui ont plus ou moins bien assumé les décisions sous toutes les Républiques successives.

EN CONNAITRE LES REALITES
Les hasards de la vie font que j’ai connu, comme petit-fils et fils d’immigrés, le contexte social existant autour de ce choix de vie. Je ne l'ai pas appris devant la télé; je l'ai vécu. J’ai toujours voulu en connaître les réalités, afin de pouvoir apprécier celles du présent. Ce qui m’a frappé, c’est la pérennité du processus.
Tout commence toujours par une terre ne pouvant plus nourrir les personnes qui y sont nées. Une famille nombreuse, une propriété insuffisante, une rentabilité nulle, et obligatoirement vient l’envie d’aller louer ses bras ailleurs. Aucun argument n’a raison de ce besoin, reposant sur une vision partielle des autres économies, obligatoirement meilleure que celle que l’on vit chaque jour. Toutes les difficultés présentées (difficulté du voyage, conditions d’accueil, rareté du travail, incertitudes administratives…) ne changent rien à ce qui constitue une obligation.
Mon grand-père, il y a un siècle, a donc été l’un de ces clandestins qui franchissent les frontières de nuit, à pied, pour ne pas se faire intercepter… Il avait accompli, à deux ou trois reprises, des voyages incertains entre la Vénétie italienne et le Nord de la France, comme saisonnier dans les immenses propriétés de Picardie. Chaque retour au pays renforçait sa volonté d’émigrer car les jeunes autour de lui ne parlaient que de départs vers l’Amérique (pour les plus riches) ou vers d’autres contrées plus proches ne nécessitant pas l’investissement d’une longue traversée.
Les filières existent depuis des siècles. Les passeurs aussi. Le financement de ces passeports vers une liberté "économique" n’a jamais disparu. Le premier qui réussit indique nécessairement aux autres les moyens de rejoindre ce qui est devenu un Eldorado.
Croire que ce système va disparaître, du jour au lendemain, par une loi, relève de l’utopie complète. Il y aura toujours des clandestins à régulariser, sauf à dresser un mur autour de l’Europe. Allez donc, durant quelques jours, partager dans un village du Burkina Faso les conditions réelles dans lesquelles vivent les candidats à l'émigration, refusez la chambre d’hôtel climatisée ou le repas aseptisé, et ensuite vous discuterez différemment de l’immigration clandestine. En rassemblant, récemment, pour une soirée conviviale, à Créon, tous les témoins de cette période d'avant-guerre où " les Italiens venaient manger le pain des Français ", les participants non concernés ont pris conscience que rien n’avait véritablement changé sur l’accueil réservé aux immigrés !

LES MACARONIS
Les premiers bénéficiaires de ce phénomène social constant sont en fait toujours les mêmes : les acteurs économiques. Mon grand-père endura le martyr dans les hauts fourneaux de Talange, tenus pas les fameux maîtres des forges. Son frère effectuait 16 heures consécutives de travail dans cet enfer, et lui ne sut jamais tenir ce rythme… Dans le quartier où s’entassaient les " Macaronis ", il ne rêvait que de rassembler sa famille constituée d’une épouse enceinte de mon père et d’une petite fille de quelques mois… Une unique pièce au-dessus d’un café hébergera tout le monde, arrivé bien évidemment dans la clandestinité. Il fallait en passer par là... et dire que ce problème va se régler en l'interdisant par une loi, c'est une fois encore jeter de la poudre aux yeux des citoyens crédules!
L’étape du rapprochement familial n’a pas changé et ne changera pas. Qui ose prétendre que cette envie est illégitime ? Que dirait-on si on interdisait à un Français expatrié de faire venir à ses côtés ses enfants et sa femme ? Qui peut, sans cynisme, assurer que la séparation familiale constitue une avancée pour le pays des droits de l’Homme ?
Légiférer sur ce sujet, comme sur bien d’autres, devrait impliquer une prise en compte des réalités, et pas seulement des batailles absurdes de mots à des tribunes, discréditées par leur incapacité à régler le sort des puissants. En se contentant de soigner les effets et pas nécessairement les causes d’un phénomène planétaire (et, pas comme on le fait croire, strictement européen) on met un cautère sur une jambe de bois !

PAPIERS TELLEMENT DESIRES
Mon grand-père mettra plus de vingt ans pour obtenir la nationalité française. Quand il arrivera à "toucher" ces papiers tellement désirés, il s’efforcera par tous les moyens de les respecter. Et, lentement, il empruntera l’ascenseur social traversant des étages plus ou moins difficiles.
Malgré tous ses efforts il ne devint jamais réellement Français. Il resta pour certains le "Macaroni". Mon père, malgré un mariage " mixte " comme ce fut le cas pour quasiment tous les gens de la seconde génération, restera lui aussi, durant des années le fils du Macaroni. J’ai en mémoire les propos tenus, un soir, dans une réunion publique des municipales de Sadirac, où avaient surgi les vieux démons d’avant-guerre. Un affront. La blessure demeure.
En fait, l’immigration ne pose un véritable problème que si le Pays où elle s’exerce traverse une crise sociale. Le racisme qu’elle génère, le rejet qu’elle suscite ont leurs racines dans l’absence d’avenir pour les femmes et les hommes qui voient arriver ce qu’ils prennent pour des hordes barbares, des sangsues sociales, des prédateurs d’emplois, des marginaux culturels.
On ne fait des lois que pour conforter l’opinion dominante. Il faut absolument, pour les gouvernants, aller dans le sens de ce que l’on croit être celui de l’histoire. La tendance s’accentue : l’Assemblée nationale ne fait que suivre ce qu’elle estime lui apporter la considération populaire et bien évidemment le Roquet de Neuilly ne se prive pas de conforter un processus désormais incontournable. La France éternue et les députés s’enrhument.
Ils ne régleront rien du tout avec un texte complexe, répressif, destiné à flatter l’ego d’une partie de l’électorat silencieux, inutile. Ils accentueront le désarroi de gens seulement en quête d’un espoir de vivre mieux. La loi Sarkozy va assurer aux entrepreneurs de pouvoir désormais s’offrir la possibilité d’effectuer des Contrats Première Embauche (CPE) pour étrangers. Des femmes et des hommes malléables, que l’on pourra opposer à ces jeunes Français, rebelles à la flexibilité. L’intégration ne sera pas meilleure, et l’immigration se stockera aux portes de l’Europe pour aller vers des pays plus accueillants. Mais les élections présidentielles proches exigent que l’on hurle avec les loups, qui demeurent des loups pour les hommes !
Mais je déblogue…  
Repost 0
Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
commenter cet article
3 avril 2007 2 03 /04 /avril /2007 12:08

Dans de très nombreues collectivités locales, cette semaine, on vote les budgets 2007 et donc les fameux impôts locaux. Cette période permet aux rubriques des quotidiens régionaux de titrer sur des hausses, des maintiens, des baisses... à un an des municipales. Dans la campgane présidentielle, on se contente d'effets d'annonce, alors qu'une réforme en profondeur serait indispensable. Voici une chronqiue de 2005 sur le sujet. Je suis en revanche toujours privé de liens Internet...

S’il est un mot épouvantable pour le Français moyen, c’est bel et bien celui ci : impôts ! Il semble que dès qu’il est agité sous le nez du citoyen, celui-ci a la même attitude qu’un taureau de combat face à la cape rouge du matador. Il fonce aveuglément, sans réellement mesurer la réalité de la situation, sans se douter que la provocation lui fait perdre ses forces dans une lutte inégale. En effet, la charge n’a aucun intérêt puisqu’elle repose uniquement sur le contexte dans lequel elle se déroule. Il est tellement aisé de lancer des certitudes fallacieuses sur ce thème, qu’il occupe souvent les repas de famille et sert aux journalistes à faire des titres aguicheurs.

Dans le fond c’est, comme à l’accoutumée, l’ignorance citoyenne qui permet une vision simpliste de l’un des fondements de la République. En effet, peu de personnes connaissent le système fiscal français et les citoyens se contentent de l’apparence des choses pour trouver (et je ne les critique absolument pas !) une vérité à bon marché. Dans notre pays, on confond aisément deux facettes du même problème. Il ne s’agit pas de jeter au panier les impôts directs, mais de se pencher sur l’égalité de chacun face à eux. C’est le combat que devraient mener les aboyeurs de la déréglementation permanente, et que les femmes et les hommes responsables devraient encourager, car c’est le seul qui soit utile. Malheureusement, il est volontairement occulté par la démagogie ambiante. Je sais que je suis un hérétique, en clamant que je prône davantage d'impôts sur ceux qui peuvent en payer, car que je sais que, sans eux, aucune vie collective n’est possible. En revanche, je défends avec opiniâtreté la notion d’équité en la matière. Ce qui n’est pas aisé et se situe très loin de la réalité!

Hier, toute la matinée, en compagnie de personnes non élues désignées sur une liste fournie aux services compétents du géomètre du cadastre, j'ai animé la commission des impôts locaux. Une instance ignorée de beaucoup, alors qu’elle illustre pourtant le chemin restant à parcourir pour atteindre la justice fiscale. Plusieurs centaines de cas ont été examinées sur le seul territoire communal en ce qui concerne les taxes sur le foncier bâti et le foncier non bâti… qui constituent les socles des ressources communales. Alors que le débat porte le plus souvent sur les taux applicables ayant le tort d’être portés par les élus locaux. Qui connaît réellement les modalités de calcul de la feuille d’imposition que tout le monde trouve forcément trop élevée ?


POUR VIVRE EXEMPTES, VIVEZ CACHES 

D’abord, la première inégalité repose sur l’évaluation de la base d’imposition. Elle dépend du travail plus ou moins précis des services fiscaux qui, à partir d’un barème d’une complexité absolue, détermine un montant qui servira à appliquer le pourcentage décidé par l’instance délibérative. L’injustice débute dans leurs bureaux puisque les fonctionnaires ne peuvent déterminer cette " base " qu’à partir d’une libre déclaration du propriétaire ou d’un acte officiel demandé et obtenu pas celui-ci (permis de construire, acte de vente…). Le principe clé de l’exemption fiscale demeure simple : pour vivre exemptés, vivez cachés !

Bon nombre de petits malins savent bien, par exemple, que la loi n’oblige pas, pour toutes les améliorations intérieures, à effectuer la moindre démarche pour une transformation. L’erreur fatale serait de modifier une fenêtre… car elle nécessiterait un permis de construire et donc le repérage de vos travaux. En revanche si, dans un immeuble réservé à un occupant unique, vous aménagez… 5 logements, sans aucune influence sur l’esthétique extérieure du bâtiment, vous échapperez à toute réévaluation des bases. Sur Créon, par exemple, plus de 150 taxes avaient été ainsi occultées… jusqu’au jour où méthodiquement, rue par rue, maison par maison, nous avons décidé de détecter toutes les anomalies. Anomalies qui pénalisaient doublement les finances publiques car, non seulement, les propriétaires ne payaient pas la taxe sur le foncier bâti mais ils privaient également la commune et le conseil général de la taxe d’habitation…et la collectivité concernée de la Taxe d’Enlèvement des Ordures Ménagères !


LE CHEMIN DE LA PERCEPTION

Certains contribuables potentiels ont ainsi retrouvé, au nom de l’égalité, le chemin de la Perception, après plusieurs décennies d’oubli impuni. Ils n’avaient jamais payé quoi que ce soit, laissant le soin aux autres pauvres constructeurs récents (eux ils trinquent illico) ou aux autres contribuables honnêtes (ils existent !) de pallier leur tricherie. Peu de contrôles ont lieu. Il faut donc une ténacité de chaque instant pour traquer la fraude. C’est relativement possible dans des communes rurales ou semi-rurales mais dans les grandes villes la déperdition atteint parfois 15 à 20 % des ressources procurées par cette taxe.

Ce matin nous avons, patiemment examiné près de 500 situations immobilières pour fixer une " catégorie " d’imposition à chaque maison nouvelle ou à chaque appartement " omis " depuis belle lurette à la grande surprise des commissaires présents " ravis " d’apprendre que leur voisin échappait aux impôts qu’ils paient plein… pot ! Il n’y a aucun mystère en la matière : seule la transparence peut conforter l’équité. Seulement voilà, elle ne se pratique pas chez nous, au nom d’une pseudo préservation de la liberté individuelle.

Cette commission banale, peu connue, apparemment ringarde, constitue le pivot d’une politique fiscale locale cohérente. Bien évidemment, toutes les décisions ne sont ni électoralement rentables, ni politiquement faciles mais elles me rassurent sur le sens des responsabilités.


EVITER LA MOINDRE EVASION

En matière de fiscalité, le scandale touche à l’impôt sur le revenu dont on sait qu’il figure au top des systèmes inégalitaires. Salariés ou retraités basiques vont bientôt voir leur cas " ficelé " pour éviter la moindre évasion : ils recevront une feuille de déclaration avec les montants à déclarer pré établis ! Ce n’est pas, contrairement à ce qui sera affirmé, pour leur faciliter la tâche mais tout simplement pour les persuader… que les services fiscaux connaissent très exactement le montant des subsides déclarés par leurs employeurs ou leur caisse de retraite. Pourquoi ne fait-on pas de même pour les plus values de la Bourse, pour les avantages en nature (voiture de fonction, téléphone faussement professionnel, repas payés…), pour les niches multiples et variées qu’un bon conseiller vous fera trouver…

Dans quelques pays nordiques on affiche en Mairie le montant des impôts sur le revenu payés par chaque contribuable domicilié sur la commune.

Aux dernières nouvelles, aucun d’eux n’est mort et aucun d’eux n’a perdu en Suède un poil de sa liberté. En revanche, le compte est bon pour la solidarité fiscale. Mais pour l'instant, aucun candidat aux présidentielles ne s'est avancé sur ce terrain de la transoarence

Mais je déblogue…

Repost 0
Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
commenter cet article