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LES STATISTIQUES

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MAIS JE DEBLOGUE...

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1 janvier 2007 1 01 /01 /janvier /2007 09:58
Ce matin, vous consultez votre boîte à mails garnie de vœux en tous genres. Vous avez l’esprit clair, si vous avez su raison garder, mais n’empêche que l’horloge vous a paru tourner plus vite que d’habitude. Vous avez du mal à réaliser que ce premier jour de l’an sera forcément plus court que tous les autres, car il a été amputé d’une partie de cette matinée de récupération éventuelle. Le seul fait que vous vous penchiez sur ces lignes dénote de votre part un courage particulier, et une marque de confiance qui rendrait heureux bien des chroniqueurs, mais je ne sais si vous y trouverez matière à vous donner confiance en l’an nouveau.
Depuis minuit hier soir, vous croulez sous les souhaits de toute nature et de toutes origines. Tous sont sincères, tendres et amicaux. Tous essaient, en définitive, de vous prémunir contre les sautes d’humeurs du destin, un peu comme ces offrandes que les croyants posent devant une icône ou une statue de leurs dieux. Ils démontrent que le fond d’irrationnel qui sommeille en chacun de nous ne demande pas grand chose pour se réinstaller dans notre quotidien. Tous les magazines font fortune, en éditant des horoscopes annuels détaillés, qui se ressemblent tous dans leur exactitude globale : il y aura en 2007 des bons et des mauvais moments. Nul ne peut les situer temporellement, mais il est impossible de prédire le contraire. Alors, je vais me livrer à mon tour au petit jeu de la prédiction.
Ce matin j’ai étalé, devant moi, le marc du café extrêmement fort que j’ai été obligé de prendre pour réveiller ce qu’il me restait de conscience. C’est l'un des arts divinatoires traditionnels qui nous vient de Florence et s’est développé en Europe à la fin du 17è siècle. C'est le plus sûr et le moins pratiqué, car il faut aimer le café plus que de raison.
J’ ai donc laissé dans la cafetière le marc que le café y a déposé; qu'il soit vieux ou frais, il donne des résultats, pourvu qu'il soit à peu près sec quand vous voudrez l'employer. Vous jetez un verre d'eau sur ce marc; vous le faites chauffer jusqu'à ce qu'il se délaie. Vous prenez ensuite une assiette blanche sans tache, essuyée et séchée. Vous remuez d'abord le marc avec une cuiller, vous le versez sur l'assiette, mais en petite quantité et de façon qu'il n'emplisse l'assiette qu'à moitié. Vous l'agitez en tous sens avec légèreté, pendant une minute ; ensuite vous répandez doucement tout le liquide dans un autre vase. Par ce moyen il ne reste dans l'assiette que des particules de marc de café disposées de mille manières, et formant une foule de dessins hiéroglyphiques. Si ces dessins sont trop brouillés, que le marc est trop épais, que l'assiette ne ressemble à rien, vous recommencez l'opération.
On ne peut lire les secrets de la destinée que si les dessins de l'assiette sont clairs et distincts, quoique pressés. Les bords sont ordinairement plus épais; il y a même souvent des parties embrouillées dans le milieu, mais on ne s'en inquiète point; on peut deviner, quand la majeure partie de l'assiette est déchiffrable. Et ce matin, du premier coup, tout était lisible. Il valait mieux d’ailleurs, car j’étais moins lucide que... le marc du café ! Et pour la divination c’est beaucoup plus facile.

QUELQUES MAUVAIS SIGNES
J’ai ainsi constaté que le nombre des ronds ou cercles plus ou moins parfaits ne l'emportait pas sur la quantité des autres figures, et ce signe annonce déjà qu'on ne recevra pas beaucoup d’argent en 2007… car les caisses de l’Etat français n’ont jamais été aussi vides. Malgré tout, on continuera à vous persuader que vous finirez par vivre dans un pays pouvant répondre à toutes les préoccupations de ses habitants en payant de moins en moins d’impôts.
Vous allez bien écouter, dans les prochaines semaines, s’allonger la kyrielle des promesses qui n’engageront que celles et ceux qui les écouteront. Sarkozy est prêt à tout. Il signera tous les protocoles qu’on lui soumettra en faveur de l’environnement, des SDF, des retraites, de la vie chère, de la suppression de la fiscalité.... Il a écouté les probables derniers vœux, hier soir, de Chirac, et il sait que l’on ne risque pas grand’ chose : ça fait onze ans qu’il promet de raser gratis demain, et depuis cinq ans, il n’a jamais été mis en péril malgré le fait qu’il ait fait largement payer leur soutien à celles et ceux qui ont voté pour lui.
Des figures carrées, en nombre, annonçaient des désagréments en raison de leur nombre, alors que des figures ovales promettaient du succès dans les affaires, car elles étaient nombreuses ou distinctement marquées. Toutes celles et tous ceux qui travaillent pour des multinationales doivent donc s’attendre, selon le résultat des échéances électorales de 2007, à ce que les actionnaires continuent à faire passer leur profit avant les emplois. C’était net dans l’assiette blanche : les carrés côtoyaient les ovales et ils paraissaient même inséparables. Les délocalisations ne vont pas cesser, et s’accentueront même courant 2007, avec une menace particulière sur l’usine Ford de la Gironde !

DES TRIANGLES ET DES CERCLES
Lorsque j’a évoqué le résultat potentiel des législatives, j’ai découvert un triangle laissé par le marc : c’est la promesse d’un emploi honorable. Et pour les présidentielles, en pensant à la candidate socialiste, j’ai déniché trois triangles à peu de distance l'un de l'autre, qui constituent un signe heureux. En général, cette figure est un présage, au moins aussi bon qu’un sondage de l’IFOP. Vous pouvez même avoir davantage confiance en mon marc, car le dépôt du résidu de votre café matinal ne prétend pas être scientifique, et donc les tripatouillages sont moins évidents. Pour être plus clair, il semble que 2007 sera une année royale.
J’ai également découvert dans l'assiette la figure d'une maison à côté d'un cercle. C’est tout bon pour les " sans logis ", car ce signe porte à croire qu’ils ont une chance de posséder une maison. Je ne peux pas dire si elle sera à la ville, car je n’ai pas vu un X dans le voisinage, ou à la campagne, car je n’ai pas distingué auprès de ce signe la forme d'un arbre, d'un arbuste ou d'un plante quelconque. Il est vrai qu’avec toutes les promesses qui leur sont faites, toutes les visites potentielles, tous les médiateurs qui ont été nommés, ils ont désormais des chances de se retrouver… avec des tentes plus confortables, au même endroit, l’an prochain.
Enfin, ceux qui auront survécu ! J’ai même cru reconnaître la figure d'un ou plusieurs petits poissons qui annoncent qu'ils seront invités à quelques bons dîners par des gens généreux, mais j’ai été incapable, malgré ma bonne volonté, d’identifier la figure d'un oiseau qui aurait présagé, pour eux comme pour toutes celles et tous ceux qui vivent dans la précarité, un coup de bonheur. Si l'oiseau semble pris dans un filet, c'est un procès.

ATTENTION AU REPTILE ET VIVE LA ROSE
En revanche ce matin, dans le marc de mon café du premier de l’an, je suis certain d’avoir remarqué la silhouette d'un reptile qui annonce une trahison. Je ne sais pas encore si elle me concerne, ou si elle sera dirigée vers un personnage plus important. Selon les analyses plus fines, on devrait le savoir fin janvier 2007… mais il y a tellement de monde qui peut être trahi en ce moment, que ce serpent devrait inquiéter bien du monde. Au moins, en ce qui me concerne, je suis prévenu. Les autres n’auront qu’à demander que je leur réalise une prédiction spécifique, mais je crains qu’ils soient tellement nombreux que je n’aurai pas le temps de boire suffisamment de café pour livrer un verdict.
Il paraît que Chirac a déjà fait des réserves sur le sujet, et qu’il a beaucoup de mal, chaque fois qu’il s’essaie à la lecture de l’avenir, à ne pas voir apparaître la figure du reptile. Ce serait même une constante dans tous les marcs examinés en sa présence. Il aurait donc changé, tentant de  deviner ce qui l’attend dans la mousse de sa Corona. Donc il n'a pas pu, comme moi il y a quelques minutes, identifier une rose qui donne la santé pour certains et certaines!
Il n’a ainsi, comme certains d’entre vous, pas vu la forme d'un saule pleureur, qui vous fera pencher, durant la campagne qui s’ouvre, vers la mélancolie et le regret d'idées perdues. En fait, ce qui m’inquiète le plus c’est que j’ai malheureusement observé la forme très nette d'une roue, dont vous pouvez être sûr qu’elle annonce un accident. J’espère que la date prévue ne sera pas celle du 22 avril 2007, car nous avons déjà donné en la matière. Ce fut pire qu’un accident, ce fut une catastrophe ! Je comprendrai mieux, alors, cette fenêtre avec plusieurs carreaux joints qui, ensemble, formaient une espèce de croisée, car ils m’avertissaient que vous  rIsqueriez d’être ensuite volés...
Mais rassurez-vous, quand j’ai tout effacé pour recommencer, tout à l’heure, après mon second café, afin de savoir ce que je pouvais vous souhaiter personnellement, est apparu un bouquet composé de plus de quatre fleurs ce qui constitue le plus heureux des présages… Foi de spécialiste du marc : vous aurez une belle et heureuse année 2007. Mon marc ne peut pas plus mentir que Chirac !
Au fait j’ai oublié de vous dire que hier soir, mon réveillon en compagnie de vrais amis, a été très arrosé de grands crus. Alors, pour vérifier ce que j’ai pu lire, regardez les " jités " de chaque soir. C’est plus sûr ! Eux, ils ne disent que la vérité !
Mais je déblogue… déjà en 2007 !
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31 décembre 2006 7 31 /12 /décembre /2006 09:59
Au moment de tourner la dernière page de 2006, les rétrospectives vont se succéder. Elles traiteront de la politique nationale, internationale, du sport ou des faits divers. Les journalistes de service auront fouillé dans les archives pour retrouver des images de ce qui fut une actualité vivante mais qui, désormais, est relégué parmi les archives mortes. Or on sait que beaucoup d’entre elles ne ressusciteront qu’au hasard d’événements douloureux, ou pour d’indispensables démonstrations liées à la vie quotidienne. Les autres attendront des jours meilleurs, ou ne reverront jamais le petit écran ! On recherchera demain dans les " congélateurs " pour mémoires défaillantes ces repères nécessaires pour résister au tsunami quotidien de la consommationde sensationnel mondiale. On aura du mal à trouver autre chose que de la bouillie médiatique, assaisonnée au gré des intérêts des uns ou des autres.
Heureusement que pour sauver définitivement 2006 de l’oubli complet, il y eut hier la pendaison publique de Saddam Hussein, décrétée avant que les fêtes de fin d’année tournent les têtes vers les cotillons et le champagne. Il était absolument nécessaire que, médiatiquement, cette exécution, discutable dans son fondement, intervienne en cette période où tous les regards des pays dits civilisés sont braqués sur la télévision. La preuve : on attendra quelques jours encore pour envoyer chez les martyrs, ses complices. L’impact sur les esprits n’est pas le même ! Les sondages et les cellules de manipulation de l’opinion de la CIA en ont décidé ainsi et ont donné, in-extremis, ses lettres de " noblesse à 2006 !
Toute cette année aura donc été marquée, jusqu’à son dernier souffle par la manipulation médiatique secrète ou évidente. Tout désormais ne sera plus comme avant, c’est évident.
Dans tous les domaines, la société de la raison et des convictions a laissé sa place en France, en peu de mois, à celle des effets d’annonce et des apparences. Bien évidemment, aucune rétro ne sera bâtie autour de cette mutation, car elle casserait les outils que les gens qui doivent compter essaient de s’approprier et de manipuler. En plus, cette méthode n’intéresserait personne, car elle détruirait le confort douillet des consciences, dans lequel nous aimons bien nous blottir. Il faudra donc ce contenter d’un album d’images 2006, présenté dans l’ordre chronologique, ce qui n’engage en rien le rapporteur, et permet d’éviter toute analyse globale.
2006 aura été pour moi " l’année de la tête ". Tous les événements qui resteront ont été marqués par l’importance de cette partie du corps humain dans toutes les décisions qui sont prises. Le monde a perdu des têtes pensantes pour créer des têtes médiatiques. Qu’ils soient soigneusement calculés ou justement irréfléchis, les actes commis durant douze mois ont illustré l’importance décroissante de la réflexion dans la gestion sociale. Désormais, il s’agit surtout de se ranger dans le moule de l’opinion dominante, de ne pas détonner, de ne pas paraître aller contre l’avis supposé général, sous peine de se voir immédiatement stigmatisé et piétiné par une horde moderniste qui cause " efficacité, réalisme, rentabilité, popularité ".

LE COUP DE TETE FATAL
En 2006, celui qui aura par exemple perdu la tête, sans discussion possible, aura été ce pauvre Zinedine Zidane en finale de la Coupe du monde, mettant en un éclair un terme aux espoirs de victoire du Peuple bleu. On ne gardera probablement aucun autre exploit en mémoire quand la poussière du temps aura par exemple estompé ceux de Laure Manaudou, mais le coup de boule ou le coup de sang de Zizou reviendra dans toutes les synthèses. La réaction " zidanesque " a mis un point d’orgue discordant à ce qui aurait pu être l’accession irrésistible au statut de tête éternellement couronnée. La France qui avait mis tous ses espoirs dans l’inspiration de son " albatros " a été abasourdie par cette erreur manifeste, mise sur le compte d’une provocation italienne du plus bas étage. Elle s’est donc vite fait une raison : la faute incombait à l’autre et l’honneur était sauf. Il demeure le Français le plus populaire. Et de loin !
Tout le monde adopta également la technique exemplaire de Galouzeau de Villepin, qui avait su durant des semaines faire contre mauvaise fortune bon cœur. Il a démontré un sens de l’humilité à nulle autre pareille et une inconstance, à faire tourner la tête de n’importe quel citoyen censé. D’abord parce qu’il a plié sans rompre face à la vague protestataire anti CPE en pratiquant la Raspa : un pas en avant et deux pas en arrière ! Chahuté, conspué, obligé de reculer honteusement, désavoué, haï, il a conservé la tête froide, refusant de se dissoudre dans l’anonymat politique. Ensuite, quand Sarkozy lui a pris la tête avec l’affaire " Courant clair" , il a su se fondre dans le paysage pour éviter, une fois encore, de prendre un coup mortel. Ce gars là à un art de l’esquive et du dribble chaloupé qui a de quoi impressionner. Il ne risque pas le carton rouge avant l’issue du combat qu’il mène contre le Materrazzi de la Place Beauvau, sans cesse en train de le provoquer, de le narguer, de l’agacer. Il fait du Chirac en  le sachant. Une lutte souterraine, obscure, l’a opposé à Sarkozy ? une lutte de faux culs où les coudes jouent autant que le reste du corps . Elle va reprendre, dans le courant du mois de janvier, dans le même registre.
De Villepin a inventé en 2006 la gouvernance sans queue ni tête, mais qui permet de rester en place. Plus rien ne sera comme avant : désormais, quel que soit le scandale, quelle que soit la pression de la rue, on sait que ceux qui sont à la tête de l’Etat sont intouchables… et n’en font qu’à leur tête. Ils se sont décrétés au-dessus des migraines du quotidien !

TERRIBLE CRISE DE CONFIANCE
L'ouverture des travaux de la commission d'enquête parlementaire sur la "catastrophe judiciaire" d'Outreau (treize acquittements et quatre condamnations après deux procès en 2004 et 2005) dont l’audition télévisée du juge d'instruction, Fabrice Burgaud, a été le sommet, a tenté de remettre dans le droit chemin une justice ayant été cul par-dessus tête. Extraordinaire pays que celui qui s’offre une terrible crise de confiance en son système judiciaire pour accoucher d’une réformette par carence. Chirac aura en revanche gracié son pote Drut au nom de la bonne bouille olympique de ce dernier. Le Président n’en fait qu’à sa tête… et sait qu’un jour son tour viendra !
Tout, ou presque, aura été ainsi en 2006 : on aura stigmatisé, on aura analysé, on aura examiné, mais on aura rebroussé chemin au moment de passer à l’acte. En la matière, la France est devenue certainement le pays où le nombre de rapports morts-nés est le plus dense. Les cimetières des Ministères sont submergés sous les cadavres de propositions intelligentes qui sont enterrés sans fleurs ni couronnes. L’essentiel demeure de faire bonne figure à la télé, comme cette brave femme à qui on a greffé un visage nouveau en 2006. Les femmes et les hommes politiques qui comptent ont changé d’apparence au fur et à mesure qu’évoluait la situation. Ils se font réaliser des implants d’opinion dominante, pour être certains d’être en tête des sondages !
Sarkozy aura fait en la matière un véritable festival. Pas un mois sans qu’ait germé dans sa petite tête une idée nouvelle, destinée à plaire à un électorat avide d’ordre juste. Le ministre- Président-candidat demande un jour aux préfets d'augmenter les reconduites à la frontière d'étrangers en situation irrégulière. Un projet de loi sur "l'immigration choisie", qui durcit les conditions d'entrée et de séjour des étrangers en France, est adopté le 30 juin… et il annonce…la régularisation de 6.924 parents sans papiers d'enfants scolarisés. Le Réseau éducation sans frontières annonce en novembre que 26.614 demandeurs ont été déboutés. Pour les uns 2006 aura été porteur d’espoir, pour les autres l’angoisse est au rendez-vous. Ces mesures provoquent de nombreuses manifestations de parents et de lycéens et des maires parrainent des familles menacées d'expulsion. Le dossier rebondit le 17 août avec l'expulsion des centaines d'Africains, qui squattent depuis trois ans un bâtiment universitaire de Cachan (Val-de-Marne). Certains, refusant le relogement, sont accueillis dans le gymnase de Cachan, d'où ils sont expulsés le 11 octobre. La réalité est toujours différente des effets d’annonce : 2006 a accentué le décalage. Il faut une bonne tête pour rester sur le territoire. En attendant, les portraits des dossiers serviront, le moment venu, à repérer plus facilement les familles à expulser !
LA TETE DURE ET L’IMAGE
Heureusement, il y en a encore quelques-uns qui ont la tête dure et qui tentent de résister. Laurent Fabius a voulu rappeler qu’en politique on pouvait rester ancré sur des principes bien que votre tête ne revienne pas à la majorité. Il a constaté, à ses dépens, que son discours ne pesait rien face à une image triomphante et savamment cultivée. Du moment que vous avez une tête bien faite on ne vous demande plus de l’avoir bien pleine… 2006 aura fait entrer l’américanisation dans la vie politique, et je crains que l’on ne revienne plus en arrière. Il faudra s’y faire !
Certains autres hommes politiques font encore de la résistance et s’accrochent désespérément aux idées. Ce n’est pas un hasard si les plus têtus de 2006 ont été béarnais : Jean Lassalle, avec sa grève de la faim, puis François Bayrou avec ses déclarations courageuses contre le diktat des médias, ont illustré cette catégorie des gens ayant encore la tête près du bonnet. Lionel Jospin n’a pas eu la même opiniâtreté. Il a pris la tangente quand le combat est devenu incertain. Et il a été dans la tendance générale de l’année, qui a vu bien des candidats potentiels, bien des élus ambitieux, changer de camp, rendre les armes sans combattre avec, à la clé, la promesse d’une part ultérieure du butin. Les déserteurs de l’idéal se sont installés l’an passé dans tous les camps. Ils campent à la télé en compagnie des " je sais-tout " qui pérorent sur le sort des autres, sans en connaître les dures réalités.
Une attitude qui contraste singulièrement avec celle de certains qui resteront les véritables symboles de ce que peut être la lutte pour un idéal. Qui se souviendra dans quelques mois que la journaliste d'opposition Anna Politkovskaïa, 48 ans, a été tuée de deux balles dans la… tête au pied de son immeuble, à Moscou. Le meurtre de cette journaliste, célèbre pour sa couverture très critique de la guerre en Tchétchénie, a soulevé l'indignation internationale, mais elle n’en sera pas canonisée pour autant. Elle ne sera même plus là, comme tant d’autres, pour parler, voir, restituer autrement les faits dont elle était témoin. Elle n’aura été que la victime voyante d’un régime qui ne prend même plus de gants pour distiller le Polonium dans les déjeuner entre amis.
Chez nous, on pratique l’intoxication plus indolore, plus insidieuse, plus régulière. Elle aura progressé en 2006… Cherchez pas, docteur, c’est la tête. Je vous dis que c’est la tête qui est touchée !
Mais je déblogue…

 
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30 décembre 2006 6 30 /12 /décembre /2006 00:03
Le plus célèbre des Polonais dans notre pays fut anonyme. On ne le connaissait pas réellement, mais il constitua, durant plusieurs mois, un symbole qui fit débat. On se le jeta à la face avec inquiétude pour les uns, avec ironie pour les autres. Son arrivée annoncée devrait se faire discrète pour éviter d’affoler le travailleur hexagonal. Alors que le Pape régnait sur le catholicisme, le plombier originaire de Varsovie allait déstabiliser le Peuple. Il ne reçut aucune bénédiction et fut jugé responsable de l’échec de la future Bible européenne.
Les délocalisations, combinées avec une arrivée massive de travailleurs venus de l’Est mirent en effet à mal les principes libéraux d’un Traité réputé sécuriser le monde économique, mais pas nécessairement celles et ceux qui le faisaient vivre. On oublia, aussi vite qu’il avait surgi sur la scène politique, cet ouvrier spécialisé dont manque la France. Le Traité ayant été renvoyé aux calendes grecques, on évita une " immigration incontrôlée " comme le souhaitait le projet de directive Bolkestein, du nom de l’ancien Commissaire au marché intérieur, le libéral néerlandais Frits Bolkestein, visant à libéraliser le marché européen des services, à l’image des biens, des capitaux et des hommes.
L’eldorado des pays à salaires élevés ne constitua point le miroir aux alouettes prévu et, face à la montée de la contestation, l’ami Frits dut atténuer grandement son projet initial. On conserverait le droit social du pays d’accueil et non pas celui du pays d’origine, afin de ne pas détruire le tissu économique fragilisé par la mondialisation. Mais désormais, un paramètre nouveau est intervenu : lundi, l'Europe se fera à 27 ! La donne va être à nouveau bouleversée.

DES PROGRESSIONS DE 45, 24 ET 27 %
Le Ministre de l’emploi a donc effectué récemment le bilan de cette immigration maîtrisée en provenance de l'Est. Il a fait état de 1.545 demandes d'autorisation de travail permanentes de mai à octobre 2006, contre 1.061 en 2005, soit une progression de 45%. Les demandes d'autorisation provisoires ont, quant à elles, progressé de 24% à 1.216 sur la même période après 978 en 2005. C'est le travail saisonnier agricole qui reste l'activité la plus demandée avec 8.215 requêtes enregistrées sur la période janvier-septembre 2006, contre 6.777 au cours de la même période en 2005, soit une augmentation de 27%.
Les Polonais sont les principaux demandeurs, avec environ 80% des demandes d'autorisations permanentes et 74% des demandes provisoires, devant les Hongrois (9% des demandes permanentes) et les Tchèques (10% des demandes permanentes)… Le courant prévu entre l’Est et l’Ouest augmente de façon spectaculaire, même s’il n’atteint pas encore des niveaux significatifs.
N’empêche que désormais, une nouvelle inquiétude pointe avec l’entrée lundi dans le giron européen de la Bulgarie et de la Roumanie. Cette nation, réputée déjà exportatrice de main d’œuvre peu qualifiée, a tout lieu de poser des problèmes en raison de ses salaires à un niveau extrêmement bas (245 € mensuels). On sait qu’il existe déjà des filières de travailleurs clandestins en provenance de certaines régions roumaines… et elles ne donnent pas une image positive de ce pays industrialisé, ayant un fond de culture française. Il faut verrouiller avant que le mal gagne vers l'Ouest!

UN VERITABLE PROBLEME STRUCTUREL FRANCAIS
"Le 1er janvier, les travailleurs roumains et bulgares pourront, dans 62 métiers qui ne trouvent pas aujourd'hui de réponse en termes d'offres d'emploi, rentrer dans ces métiers", a déclaré le ministre délégué à l'Emploi lors d'une conférence de presse. Il verrouille donc cette entrée potentielle sur le marché français d’une main d’œuvre à bas prix en ajoutant sans être véritablement sûr du résultat : "c'est donc une ouverture maîtrisée, progressive, autour des métiers en tension, qui est appliquée aux nouveaux entrants", a-t-il souligné, en rappelant que les mêmes conditions sont en vigueur depuis le 1er mai pour huit autres pays d'Europe centrale et orientale, dont l'adhésion à l'UE remonte à mai 2004. Ces déclarations satisfaisantes sur la forme, cachent un véritable problème structurel français. En effet, le Ministre, par son choix de 62 professions autorisées à entrer sur le territoire national, dresse une liste désolante des carences de notre système social.
En effet, ces 62 métiers dits "en tension" relèvent de sept secteurs économiques qui sont le BTP (ouvrier du béton, charpentier, carreleur, couvreur, menuisier, conducteur de travaux, etc.), l'hôtellerie et la restauration (cuisinier, serveur, etc.), l'agriculture (maraîcher-horticulteur, arboriculteur-viticulteur, éleveur de volailles, de porcs, de lapins, etc.). On recense également la mécanique et le travail des métaux (chaudronnier-tôlier, régleur sur machine-outil, tuyauteur industriel, ajusteur-mécanicien, etc.), les industries de "process" (dans l'agroalimentaire, le verre, le papier-carton, etc.), le commerce (vente à distance, représentant à domicile, attaché commercial, etc.) et la propreté (laveur de vitres, agent d'entretien, etc.). extraordinaire liste à la Prévert qui démontre l’inadéquation entre le marché français de l’emploi et celui des formations choisies par les jeunes.
Une filière " sous tension " cache en fait des besoins pressants en matière de recrutement pour des entreprises, incapables de faire face aux chantiers ou aux commandes actuelles ou futures. Dans tous ces secteurs, les capacités de formation existent, mais les vocations manquent, et il y a fort à parier que les conducteurs de travaux roumains ou les régleurs de machine-outils bulgares de bon niveau seront peu nombreux à se présenter à un poste frontière, tant ils doivent être rares dans leur propre pays.

IMMIGRATION CHINOISE REGULIERE
L’annonce prend toute sa saveur quand, dans le même temps, les Roumains ouvrent largement leurs frontières à des travailleuses chinoises, alléchées par des salaires deux fois supérieurs à celui qu’elles ont dans leur pays… Le nouveau membre de l’UE manque en effet singulièrement de main d’œuvre et recrute en Asie des couturières pour garnir… les usines délocalisées par les fonds de pension anglo-américains. Extraordinaire paradoxe que celui qui voit la France quérir en Roumanie... des techniciens qu’elle ne sait pas trouver chez elle, alors que, dans le même temps, les Roumains accueillent des Chinoises pour faire fonctionner les entreprises françaises ayant quitté nos villes pour aller accroître les profits de leurs actionnaires. Le système libéral a des arcanes qui échappent à tout entendement.
La Roumanie est devenue ces dernières années un centre de production à bas coût en concurrence directe avec la Chine pour de grandes marques de confection. La proximité géographique permet à ces dernières de surveiller de près la qualité des vêtements assemblés dans ces ateliers.
Mais l'émigration massive d'ouvriers roumains en quête de salaires supérieurs en Europe de l'Ouest - et les perspectives de hausse progressive des salaires en Roumanie à mesure que le pays se rapprochera des standards européens - est synonyme de difficultés pour ces entreprises.
Depuis la chute de Nicolae Ceausescu, en 1989, plus de deux millions de Roumains, soit la bagatelle de 10% de la population, ont déjà quitté le pays, avec pour conséquence un déficit de main d'œuvre dans les secteurs… du BTP, du textile ou de la santé. Et cette émigration pourrait s'accentuer après le 1er janvier, car la pénurie menace. L’entrée dans l’Europe va accentuer les départs et mobiliser sur place, grâce aux crédits structurels, ses conducteurs de… travaux ! Et il ne reste plus qu'à espérer que les Roumains recrutent nos couturières.
Mais je déblogue..
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29 décembre 2006 5 29 /12 /décembre /2006 08:08
La seule chose qui ne va pas nécessairement couler à flots dans les prochains jours, c’est l’eau du robinet. On lui préfère celle qui, à prix d’or, vient de sources réputées pures ou celle qui est enrichie de bulles réconfortantes. Il est vrai que quelques litres valent un m3 de l’autre, dont l’anonymat absolu n’est brisé qu’au moment où arrive dans la boite aux lettres la fameuses facture. Rares sont les citoyens qui, dans le sillage de personnalités comme Danielle Mitterrand, tentent de persuader les autres de l’importance fondamentale de cette ressource. Il est pourtant certain que les générations futures se  battront pour l’eau potable avec la même dureté que les nôtres le font pour le pétrole. L’échéance approche et ce ne n’est que l'histoire d’une poignée de décennies.
En cette fin d’année, je viens de vivre la réalité de demain à l’échelle communale, car la situation locale constitue une simple anticipation des problèmes qui attendent nos pays industrialisés : la qualité et la quantité des nappes. Apparemment, Créon n’avait pourtant, depuis des années, aucun problème en la matière, puisqu’elle était dotée d’un forage suffisant à l’alimentation de sa population. Personne ne se préoccupait guère de cet aspect de la vie quotidienne, sauf en ce qui concernait le prix du service.
Le premier coup de semonce est venu de l’absolue nécessité en Gironde d’économiser la nappe dite de l’Eocène, qui traverse le département de La Réole à Soulac en passant sous Bordeaux, à entre 100 et 500 mètres de profondeur. Les roches qui composent notre sous-sol peuvent être très âgées, jusqu’à plusieurs centaines de millions d’années. L’eau qui y circule se renouvelle, même si elle est parfois très âgée, à l’échelle humaine. Au droit de Bordeaux, ces roches dites de l’Eocène sont âgées de 33 à 65 millions d’années, alors que l’eau qu’elles contiennent n’a, elle, que 20 000 ans. Cet âge correspond au temps nécessaire pour que de l’eau de pluie, tombée du temps des hommes préhistoriques, s’infiltre jusqu’à la verticale de Bordeaux. Elle n’est pas, contrairement aux apparences, fossile, car elle se renouvelle en permanence, bien que très lentement. Malheureusement, le puisage actuel pour doter partiellement la Gironde des… 310 millions de m3 dont elle a besoin, conduit à de vives inquiétudes sur l’avenir de cette ressource. Il faut collectivement économiser 10 %, alors que la demande est sans cesse plus importante. Inverser une tendance liée à un comportement n’est pas chose aisée, mais la ramener en arrière relève du défi.
L’autre facette de l’avenir tourne autour de la qualité de cet eau, qui relève des normes de l’eau minérale, mais pas de celles qui, en Europe, ont été arbitrairement fixées pour l’eau potable. En lavant les roches qui la conservent comme une éponge le ferait, l’eau se charge de sels minéraux, en doses légèrement au-dessus des normes. Et c'est là son malheur ! Celle distribuée à Créon est bactériologiquement et chimiquement irréprochable, mais elle contient trop de fluorures (210 microgrammes/ litre) et trop de sulfates (350 microgrammes/litre) alors que les doses admises sont respectivement de 150 et 250… Ces dépassements ont conduit les administrations concernées à donner à la Mairie, responsable de cette situation, la date butoir du 31 décembre 2006 pour se mettre en conformité, sous peine de se voir interdire de distribuer cette eau, dont les dangers sont strictement théoriques pour la santé des consommateurs. Nul n’est censé s’opposer à une norme sanitaire européenne.
Cette double préoccupation, économiser et standardiser, deviendra celle de très nombreux élus dans les cinq prochaines années. Le temps presse, et faute de décisions concrètes, le retard pris sera dans ce domaine, comme dans beaucoup d’autres, extrêmement dangereux.

IL N’Y A PAS DE PETITES MESURES
Le fondement d’une politique d’économie réside dans un sentiment simple : il n’y a pas de " petites " mesures, mais c'est justement le cumul de certaines dispositions qui permet d’atteindre les objectifs. Deux volets ont donc été décidés par l’équipe municipale avec, d’abord les usages publics de l’eau, et ensuite ceux ayant trait aux usagers domestiques. L’un repose sur des investissements, et il est donc aisé à réaliser. L’autre s’appuie sur des modifications de comportement et c’est beaucoup plus délicat.
Nous avons donc recensé tous les postes sur lesquels la mairie pouvait réduire sa consommation. La plus importante de toutes était celle de l’arrosage de la pelouse du stade municipal, qui représentait, selon les années, l’équivalent du puisage annuel sur le réseau de 30 foyers. Un luxe dont il fallait se priver.
Créon a donc été l’une des premières si ce n’est la première à mettre en place un bassin de récupération de toutes les eaux reversées dans la nature ou venant de la nature pour, lorsque le besoin est là, remplacer l’apport unique d’eau potable. Ce système a permis, selon les années, une économie de 2 à 3 000 m3. Tous les systèmes d’arrosage de massifs floraux ont également été temporisés et programmés la nuit : économie environ 400 m3. Dans les bâtiments publics, comme à la maternelle, les salles d’eau ont été rénovées avec des systèmes empêchant le gaspillage par négligence. Bien évidemment, rien n’est parfait, et la marge de manœuvre paraît toujours infime par rapport au 250 000 m3 puisés annuellement dans l’Eocène, mais pourtant Créon a été considérée comme pilote en la matière.
Par ailleurs, afin d’inciter tous les abonnés à surveiller leur consommation, un tarif incitatif inversé à été mis en place. Il est unique en Gironde. En effet, toute consommation annuelle supérieure à 150 m3 est surtaxée ! Une mesure impopulaire qu’il a fallu assumer, mais qui permet à la commune d’avoir la plus faible consommation par compteur de toute la zone, avec seulement 107 m3, quand les autres sont à… 160 m3. Ce comportement représente une véritable fierté, car elle démontre qu’il ne faut jamais désespérer du comportement citoyen quand les enjeux sont expliqués et clairs. La maîtrise de la quantité se traduit maintenant par un puisage sans rapport avec l’augmentation démographique de la commune et le renforcement de ses équipements.

UN IMMENSE PARTAGE DES EAUX DISPONIBLES
Il restait les normes à respecter. Un immense partage des eaux disponibles sur un vaste territoire a donc été inventé, afin que des mélanges deviennent possibles. Créon avait anticipé en se liant par des connexions importantes aux réseaux voisins, mais il lui restait à assumer aussi son fluor, en trouvant une ressource autonome dans une autre nappe. La commune a proposé de tenter un forage dans la nappe beaucoup moins minéralisée de l’oligocène. Discrètement, un forage a été réalisé, pour trouver à 65 mètres une eau potable… dénuée de tous fluorures et de tous sulfates, sur l'espace du stade municipal. Elle permettra à terme, par mélange, de régler le problème de la ressource actuelle. En attendant, environ un kilomètre de canalisation a été tiré depuis le réseau du syndicat voisin de Bonnetan, pour assurer une mixité des eaux.
Hier matin, cette opération a été bouclée dans les délais, et, la semaine prochaine, l’eau des robinets créonnais sera donc en conformité avec les normes européennes, ce qui ne changera absolument rien à son goût et à son aspect, mais qui évitera bien des problèmes administratifs. La mission aura été menée à bien en moins de deux ans. Elle représente une masse de soucis et de travail invisible pour les usagers.
Là encore, les investissements ont été significatifs dans un contexte où il n’est pas concevable d’augmenter la part publique sur le m3. Ils ont servi à satisfaire des problèmes de " riches " pouvant se permettre de chipoter sur des microgrammes de minéraux, alors que dans bien des endroits de la planète, on ne se poserait même pas la question de la potabilité ou de la "minéralité".

L’EAU DOUCE EST DEVENUE EXTREMEMENT RARE
L’eau, conforme ou non conforme, va manquer. C’est une certitude que la majorité ne veut pas reconnaître. L’eau douce, facilement disponible est devenue en effet extrêmement rare (0.65%), et très mal répartie. Dans certains pays du Sahel, on arrive difficilement à trouver 10 litres d’eau par jour et par personne. Or, selon l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé), 30 litres par jour serait le minimum nécessaire à une personne pour vivre, et 50 litres par jour seraient suffisants. La consommation aux Etats-Unis est en moyenne de 400 litres par jour, et de 150 litres par jour en France, soit environ 50 m3 par an.
Aujourd’hui, 40% de la population mondiale souffre déjà de pénurie d’eau. 1.5 milliard d’êtres humains (400 millions d’africains, plus de la moitié de la population du continent) n’a toujours pas accès à l’eau potable. 2.5 milliards ne bénéficient d’aucun service d’assainissement. Avec l’augmentation rapide de la population, la quantité d’eau disponible par personne s’en trouvera réduite. De 1940 à 1990, la consommation d’eau dans le monde a quadruplé. Et d’ici à 2050, 65 pays manqueront d’eau (ou 7 milliards de personnes), soit 65% de la population mondiale.
Les difficultés créonnaises sont bien évidemment sans aucune mesure avec cette situation catastrophique, mais cette " goutte " démultipliée sur tout le territoire, finira par constituer un enjeu vital. Il y aura un énorme effort pédagogique à effectuer pour persuader les plus jeunes des usagers qu’une part de leur avenir sur la planète dépendra de ce qui coule au robinet de leur domicile. Au moment du réveillon, à Créon, on pourra en consommer sans modération. C'est déjà ça!
 Mais je déblogue… 
JE VOUS AVAIS PREVENUS MAIS VOUS NE M'AVIEZ PAS CRU Relisez le chronique de L'AUTRE QUOTIDIEN intitulée "Ca chauffe pour nous" et allez sur http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/international/ameriques/20061229.OBS4888/une_plateforme_de_glacea_la_derive.html
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28 décembre 2006 4 28 /12 /décembre /2006 08:02
Il ne faut jamais désespérer de la citoyenneté. Certes elle est devenue beaucoup plus fragile qu’antérieurement car elle est instable, fugace, indifférente, mais elle ressurgit quand on la croit désespérément amorphe. Les médias et les grand faiseurs d’opinion s’en étaient aperçu à leurs dépens lors du vote sur le Traité constitutionnel européen. Un réveil brutal, considéré comme absurde par les analystes de l’opinion dominante, miraculeux par celles et ceux qui cultivent l’esprit critique, inquiétant par les adeptes de la pensée unique, révoltant par les gens de plus en plus nombreux qui n’aiment que ce qui conforte leur propre choix, dépassé par les tenants d’une démocratie anti-potiches.
Depuis quelques jours, dans une mairie désertée durant cette semaine d’entre deux fêtes, je sens monter une désillusion pour bien des apôtres de la consultation populaire. Hier en aura été l’illustration parfaite avec, événement étonnant à Créon, la queue dans le secrétariat. Ils étaient venus, ils étaient tous là, jeunes moins jeunes, célibataires endurcis, couples officiels ou officieux, familles solidaires, comme si, quand le temps presse, on pressent que l’on ne peut pas rester en marge de l’événement. Toutes et tous arrivaient avec leurs papiers, qu’ils présentaient avec satisfaction, parfois timidement, parfois ostensiblement, mais avec le sentiment de faire un premier pas décisif vers leur devoir. Certains avouaient en un souffle qu’ils n’avaient encore jamais réalisé cette démarche. D’autres, arrivés de fraîche date, lâchaient le nom d’une grande ville des brumes parisiennes et du " neuf trois ". Une étonnante leçon de géographie pour les deux employées qui avaient fait l’impasse sur ce viaduc institutionnel, pour une journée épuisante de révision des départements et de leurs préfectures. Le défilé aura été ininterrompu, avec des pointes dans le courant de l’après-midi. Toutes et tous venaient s’inscrire sur les listes électorales : plus de 330 nouveaux noms seront ainsi à porter sur les listes en contre partie de quelques dizaines qui vont disparaître, pour être partis sous d’autres cieux. Le constat est le même quasiment partout.

INSCRIPTIONS DOUBLEES OU QUADRUPLEES
Les mairies de différentes villes ont constaté en effet hier, à trois jours de la clôture des listes électorales, une étonnante augmentation du nombre d'inscrits. Par rapport à décembre 2001, il y a 12% d'inscrits en plus à Marseille, 60% de plus à Nancy, 76% de plus à Amiens et… 90% de plus à Trappes.
A Clichy-sous-Bois, ville d'où est partie la crise des banlieues de l'automne 2005, l'augmentation avait été enregistrée juste après les émeutes, soit un bond de 1.000 nouveaux inscrits. Par rapport à 2005, les inscriptions ont doublé à Lyon et quadruplé à Metz.
A Toulouse, 23 826 personnes se sont inscrites entre février et décembre 2006 (7 420 en 2005). Le 22 décembre, Nantes enregistrait 19 985 nouveaux futurs électeurs (9 140 en 2005). A Roubaix, les chiffres ont été multiplié par dix entre novembre 2005 et novembre 2006, passant de 52 à 577. Plusieurs mairies parlent de "rush" depuis 15 jours. A Périgueux par exemple, 56 demandes ont été enregistrées en deux heures hier. Et à Créon dans une seule journée ce sont 32 nouvelles personnes qui se sont présentées…
Un véritable " tsunami" qui, s’il se poursuit jusqu’à samedi, va conduire la commune à approcher les 3 000 électrices et électeurs, ce qui la placerait nettement en tête des communes du canton, et selon toute vraisemblance en troisième position dans la 9° circonscription. L’enjeu créonnais deviendra important.

AUGMENTATION SIGNIFICATIVE DANS LES CITES
Selon les premiers constats, l'augmentation des inscriptions est particulièrement significative chez les jeunes des cités. Cette mobilisation peut s'expliquer par l'année mouvementée (crise du CPE, violences urbaines) ainsi que par les initiatives lancées par diverses associations: bus citoyens à Lyon, SMS envoyés en Midi-Pyrénées, campagne "Vote mon pote" par SOS Racisme, "atelier citoyen" organisé par une MJC à Nancy. Il faut donc faire dans le "marketing" pour espérer désormais intéresser les gens à la vie politique, et il est vrai que dans ce domaine, plus rien ne sera comme avant. La " clientèle " électorale créonnaise a l’air, comme les autres, d’être passionnée par les " têtes de gondole " qui s’installent dans le supermarché présidentiel. Elle veut pouvoir effecteur le tri et consommer son droit à la politique. Elle n’a pas eu besoin d’incitation à " s'inscrire " pour le festin de 2007, car sa motivation semble intacte !
Une rapide discussion avec quelques nouveaux inscrits prouve à l’évidence que leur démarche repose en effet sur une volonté réelle de ne pas rester le 22 avril et le 6 mai en dehors de ce qu’ils considèrent comme un événement décisif de 2007. Ils ont envie d’y participer, d’utiliser le pouvoir que leur donne la carte qui leur sera adressée dans quelques semaines. Ils le disent, ce qui constitue une incontestable preuve de motivation, dont on peut être certain qu’elle sera durable ! Je n’ai pas osé leur demander quel serait leur choix dans l'isoloir, car ils auraient eu une piètre opinion de leur Maire, mais la tentation était grande. J’aurais aimé pourtant connaître leur tendance, ne serait-ce que parce que je me serais senti plus intelligent…au sujet de ce mouvement citoyen de fond qui est incontestable. 
J’ai donc tenté de deviner si tous ces " jeunes " avaient au moins une idée prédéterminée de leur choix, mais c’est le mystère du suffrage universel. Mes talents, très incertains en la matière, ne me permettent que d’espérer qu’ils se préparent à voter… contre quelqu’un. Je ne prends pas grand risque, car depuis que l’élection présidentielle existe, l’essentiel du choix consiste à écarter un candidat ou un autre au profit de celui qui paraît moins dangereux. Il m’ont semblé dans cet état d’esprit, et vouloir éviter une nouvelle erreur de casting... Mais au-delà, je ne suis pas certain que tous aient véritablement fait leur choix.

L’ACTION AURA ETE ESSENTIELLE
Cet empressement à figurer sur les listes électorales va néanmoins influer sur le résultat, car on sait qu’en France, la fluctuation de l’électorat faisant basculer une élection n’excède pas 4 à 5 points. Si le nombre des inscrits nouveaux, ou effectuant leur changement de commune de vote pour ne pas rester dans la nature des inscrits ne sachant plus où ils le sont, est à la hauteur de ce pourcentage, l’action décidée par un certain nombre de personnalités "pipoles" ou d’associations aura été essentielle dans le résultat.
Les rappeurs, les vedettes du show-bizz issues de banlieues, les militants non encartés, les animateurs socio-culturels, les syndicats, auront joué un rôle qui devra interpeller les structures habituelles, dont on sait combien elles ont du mal à délivrer les messages reçus par celles et ceux qui déclarent ne plus leur faire confiance.
Les statistiques officielles chiffrent à deux millions le nombre d'électeurs potentiels qui ne sont pas inscrits. Des responsables d'associations avancent le chiffre bien supérieur de cinq millions de personnes.
Au total, 41 millions de Français étaient inscrits sur les listes électorales en 2002 et 29,5 millions ont voté le 21 avril de cette année-là, au premier tour de la présidentielle, ce qui prouve qu' une inscription massive peut faire bouger les lignes. Fin janvier, on saura exactement combien Créon compte d’électrices et d’électeurs aptes à s’exprimer le 22 avril prochain… on saura quelle importance réelle auront les nouveaux, on mesurera l’effort militant à effectuer pour transformer une intention en réalité. Mais dans ce domaine là, les candidat(e)s auront un rôle prépondérant… pour convaincre qu’être devenu citoyenne et citoyen a un sens politique. Je demeure persuadé qu’il y a encore du boulot !
Mais je déblogue…  
JE VOUS AVAIS PREVENUS MAIS VOUS NE M'AVIEZ PAS CRU... Relisez la chronique de l'AUTRE QUOTIDIEN "le nouveau loto social" puis allez sur http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/economie/social/20061228.OBS4682/23_millions_de_chomeursinvisibles_selon_un_collectif.html
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27 décembre 2006 3 27 /12 /décembre /2006 00:07
Il y a deux ans, dans le confort de la semaine d’entre deux fêtes, les premières images du tsunami terrorisaient la planète. La vague géante entrait dans toutes les maisons et n’allait cesser de les envahir, au fur et à mesure que l’on mesurait l’étendue réelle des dégâts. Nos 95 morts ou disparus, en pleines vacances ensoleillées de fin d’année, allaient vite supplanter les milliers d’autochtones, eux aussi emportés par les éléments déchaînés. Un immense élan de solidarité naissait durant les semaines qui suivirent, pour… submerger les associations institutionnelles chargées de les répartir sur un terrain totalement inaccessible. Les pays sinistrés devaient bénéficier de ces dons ayant atteint 13,6 milliards de dollars (10 milliards d'€) promis, mais ces sommes fabuleuses, dans les contrées sinistrées, ont toujours du mal à arriver jusqu'aux victimes. Et des organisations non gouvernementales ont été contraintes de reporter leurs projets de reconstruction, leurs partenaires ou sous-traitants ayant disparu, une fois les fonds versés… avec les promesses de secours aux victimes. La reconstruction est très en retard, et les stigmates du tsunami sont loin, très loin d’être effacés.
Le 26 décembre 2004, un séisme de magnitude 9, aspirant les flots au large de l'île indonésienne de Sumatra avant de provoquer le déferlement ultra-rapide de vagues géantes, avait semé la mort et le chaos dans une douzaine de pays. En Indonésie, pays le plus durement frappé, avec plus de 130.000 morts et 37.000 disparus, on attend encore la mise en œuvre des plans de reconstruction prévus. A plusieurs centaines de kilomètres de là, des dizaines de milliers d'habitants vivent toujours dans des foyers temporaires, dans la province d'Aceh, région la plus touchée par le tsunami, qui a connu ces derniers jours des inondations meurtrières. Au Sri Lanka, où le tsunami a coûté la vie à 35.000 personnes, la guerre civile est venue ajouter des souffrances supplémentaires à la misère des rescapés, et retarde les efforts de reconstruction… Deux ans plus tard, on vit toujours dans l’angoisse et le provisoire. Tout n'a pas été fait. Loin s'en faut!

UN AUDIT SUR LES FONDS ENVOYES EN THAILANDE
A titre d’exemple, 7 pays donateurs occidentaux ont donc exigé un audit des fonds envoyés en Thaïlande après le tsunami de 2004 pour participer à l’identification des victimes. Ils ont adressé un courrier à la police thaïlandaise,  affirmant que des centaines de milliers de dollars pourraient avoir été mal employés. La lettre, dont une copie est diffusée sur le site Internet du quotidien "The Nation", appelle également les autorités à accélérer l’analyse d’échantillons d’ADN qui pourraient permettre de donner un nom à 400 corps découverts après le tsunami et qui sont toujours non-identifiés. Citant une source diplomatique, le journal explique que jusqu’à 60% des 1,6 millions de dollars destinés au centre thaïlandais d’identification des victimes pourraient être concernés.
"Il y a peut-être eu une mauvaise utilisation des fonds donnés par nos gouvernements respectifs pour participer au processus d’identification des victimes de la catastrophe", souligne cette lettre datée du 22 novembre et signée par les ambassadeurs américain, britannique, finlandais, allemand, français, suédois et néerlandais. "Pour garantir que ces soupçons sont définitivement écartés, nous demandons que les archives comptables du centre fassent l’objet d’un audit professionnel", ajoutent-ils. Un responsable de l’ambassade des Etats-Unis a confirmé, sous couvert d’anonymat, que la lettre avait été envoyée à la police thaïlandaise qui semble avoir utilisé les fonds à d’autres fins.
Le général de police qui dirige le centre d’identification des victimes, a reconnu… l’existence de soupçons concernant l’utilisation des fonds. Mais il en a imputé la faute aux comités étrangers qui ont géré les fonds jusqu’en mai, lorsque la gestion des 800 000 dollars restants a été transférée à la police. Il a ajouté que la police avait demandé un audit pour l’argent dépensé avant mai 2006.
Le tsunami a tué plus de 5 400 personnes en Thaïlande alors que 349 ressortissants thaïlandais et des dizaines d’étrangers sont toujours portés disparus. Le centre d’identification, où travaillent des experts internationaux en médecine légale sous la direction de la police thaïlandaise, a consacré les deux dernières années à l’identification des corps retrouvés après la catastrophe. Alors que des centaines de cadavres ont été identifiés, certaines voix se sont élevées pour affirmer que des erreurs avaient été commises et dénoncer la lenteur des autorités pour poursuivre le processus.

UN RAPPORT MITIGE DE LA COUR DES COMPTES
La cour des comptes s'est, elle aussi, penchée sur l'utilisation par 32 ONG ou fondations françaises de l'argent des dons destinés à assister les victimes du tsunami du 26 décembre 2004 en Asie du sud, dans un rapport qui sera rendu public le 3 janvier mais dont on connaît déjà les grandes lignes. Le rapport final, auquel ses auteurs mettent la dernière main, sera adopté ces jours-ci en "chambre du conseil", par dix magistrats de cette juridiction financière, et il devrait être "mitigé" car il y aurait "des bons et des mauvais élèves. Ce n'est pas un satisfecit total".
Médecins sans frontières (MSF), Médecins du Monde (MDM), Action contre la Faim (ACF), Handicap international, la Croix-Rouge ou encore le Secours populaire figurent parmi les ONG dont les activités ont été passées au crible par la Cour. On attend avec inquiétude, dans quelques états majors, le rapport des sages.
Rappelons que les Français avaient spontanément donné plus de 300 millions d'€ aux ONG après la vague destructrice, et les associations tricolores s’étaient fondues parmi des milliers d'autres du monde entier qui s'étaient précipitées pour aider les populations touchées, créant parfois des effets pervers - stocks de médicaments inutilisés à détruire en raison de leur toxicité, manque de coordination, inflation des prix, mauvais choix des équipements…
Le 4 janvier 2005, MSF, qui cantonne ses actions à "l'urgence", avait annoncé suspendre sa collecte, estimant que les dons excédaient déjà ses besoins, une déclaration dont il faut se souvenir qu’elle avait été très mal perçue par d'autres ONG, favorables à une aide allant au-delà des premiers jours, pour la reconstruction.
Certaines ont en effet décidé de s'engager sur plusieurs années, notamment la Croix-Rouge qui a ainsi précisé pourquoi elle n'avait pas dépensé "tout l'argent qui lui a été confié" (16% des dons fin 2005), en expliquant que les dépenses seraient échelonnées sur cinq ans. Fin 2006, l'organisation humanitaire a dépensé 39,2% de ces dons  s'élevant à 113 millions d'€, soit 45,3 millions. La Croix-Rouge avait dépensé 73,6% des dons fin 2007 et quelque 100 millions d'ici à 2009. "Si l'on reste longtemps, c'est parce qu'il faut du temps pour remettre les personnes dans une situation de dignité", a-t-il déclaré. "Que la cour des comptes se penche sur un événement comme le tsunami, cela prouve qu'il s'agit d'un phénomène exceptionnel", a-t-il encore estimé.

8 000 MAISONS SUR 50 0000 PROMISES
En Asie du Sud-est, les deux tiers des personnes qui ont perdu leur maison dans le tsunami de décembre 2004 attendent toujours qu’elle soit reconstruite. Et pourtant, la BBC, qui a eu accès à une banque de données du département Aide et développement des Nations unies, affirme que la moitié des dons envoyés par les particuliers, les entreprises et les gouvernements pour aider les victimes n'a pas encore été utilisée et dort sur des comptes qui ne profitent qu’aux banques. La BBC indique que seul 1,3 milliard de dollars sur les 2,2 milliards donnés à la Croix rouge internationale a par exemple été utilisé et qu'à peine 8.000 maisons ont été reconstruites sur les… 50.000 promises pour l’Indonésie, les Maldives et le Sri Lanka. Interrogé par la chaîne, un dirigeant de la Croix rouge britannique a justifié ces chiffres par la difficulté de la tâche entreprise. "Il faudra du temps pour dépenser cet argent de manière responsable", a-t-il expliqué.
Par ailleurs, selon les chiffres obtenus par la BBC, plusieurs gouvernements étrangers n'ont versé qu'une partie de l'argent promis… voire rien du tout. La Chine, qui avait promis d’envoyer 301 millions de dollars au Sri Lanka après la catastrophe, n’en a envoyé… qu’un. Toujours selon la BBC, le Koweït n'a encore rien envoyé aux Iles Maldives alors qu'il s'était engagé à hauteur de 10 millions de dollars. Les Etats-Unis n'ont versé que 38% de l'aide qu'ils avaient promis et l'Union européenne doit encore la bagatelle de 70 millions de dollars. Quant à la France, elle en aurait promis 79 millions et n’aurait finalement réuni… qu’un million. C’est à la hauteur de notre budget actuel et surtout de l’art de gouverner.
A méditer, sur la civilisation des effets d’annonce médiatiques calculés. Les annonceurs savent que le tsunami des bons sentiments étant passé, des considérations aussi bassement matérielles n’intéresseront plus personne. Le phénomène climatique était certes exceptionnel, mais la gestion qui a suivi ne paraît pas l’avoir été. Et, comme pour rappeler les menaces auxquelles reste confrontée la région, un séisme de magnitude 7,1 s'est produit hier, au large de Taiwan, réveillant la crainte d'un autre tsunami meurtrier. Mais les sismologues ont levé l'alerte quelques heures plus tard : les vagues géantes tant redoutées ne s'étaient pas formées. Cette fois ! Rien n’est assuré pour l’avenir.
Mais je déblogue... 
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26 décembre 2006 2 26 /12 /décembre /2006 14:43
Il est une chanson qui devrait servir d’hymne national à la France. Elle est interprétée par Jeanne Moreau et s’intitule " J’ai la mémoire qui flanche ". Je suis certain que vous la connaissez, car en cette période, elle correspond davantage à la réalité sociale que le célèbre " Petit Papa Noël "… qui, pour certains, n’est absolument pas descendu du ciel. Durant cette semaine du foie gras triomphant et du test de la souris sur les huîtres expédié aux oubliettes des nécessités économiques, les rédactions nationales ne sont obsédées que par le " marronnier " des premiers froids : les pauvres ! Ils les déclinent sous tous les angles : sans domicile fixe, restaurants du Cœur, difficultés à assumer la fin de l’année et notamment les dépenses de chauffage qui explosent… Chacune traite à sa manière larmoyante des problèmes qui existent toute l’année mais qui n’ont pas l’heur de mobiliser les caméras et les micros le reste du temps.
En guise d’Alka Seltzer des consciences, les " Jités de l’opinion dominante " vous envoient quelques " cachets " SDF pour vous persuader que votre gueule de bois est véritablement sans importance. Cette méthode propre au système actuel se répète année après année depuis des décennies et chaque fois elle s’accompagne du même constat, objectif celui ci : la situation s’aggrave malgré les promesses, les effets d’annonce et le dévouement incontestable des associations humanitaires ou caritatives. Avec un brin de réalisme les rédacteurs en chef pourraient même mettre en magasin les reportages de 2007… Ils les ressortiraient quand les premiers froids tomberaient et quand on annoncerait (de préférence à Paris) la mort de l’un de ceux que certains journalistes se mettent à appeler les " sans logis ". Quelques images de silhouettes plus ou moins hirsutes dans des cartons, un ou deux " témoins " refusant d’aller dans les hébergements collectifs, un bénévole débordé, un ou deux assistants du SAMU social en maraude se penchant sur un cas désespéré… et surtout un Ministre annonçant l’ouverture de places nouvelles à l’échelon national. L’effet ne se ferait pas attendre : dès que la température grimperait au-dessus de la normale saisonnière, le problème disparaîtrait et les images partiraientt vers l’INA pour l'hiver prochain!

UN BETISIER DE LA MISERE
Il serait en effet extraordinaire d’effectuer, dans le genre " bêtisier de la misère rapportée ", la reprise des reportages sur le sujet depuis 20 ans, et d’y ajouter la fameuse déclaration sur Radio Luxembourg de l’abbé Pierre, lors du très rigoureux hiver de 1954, meurtrier pour ceux que l’on appelait déjà les " sans-abri "." Mes amis, au secours… Une femme vient de mourir gelée cette nuit à 3 heures, sur le trottoir du boulevard Sébastopol, serrant sur elle le papier par lequel, avant-hier, on l'avait expulsée. Devant leurs frères mourant de misère, une seule opinion doit exister entre les hommes : la volonté de rendre impossible que cela dure. Je vous en prie, aimons-nous assez tout de suite pour faire cela. Que tant de douleur nous ait rendu cette chose merveilleuse : l'âme commune de la France, merci ! Chacun de nous peut venir en aide aux sans-abri. Il nous faut pour ce soir, et au plus tard pour demain : 5000 couvertures, 300 grandes tentes américaines, 200 poêles catalytiques. Grâce à vous, aucun homme, aucun gosse, ne couchera ce soir sur l'asphalte ou les quais de Paris. Merci." Le lendemain, la presse titra sur " l'insurrection de la bonté ". L'appel rapportera… 500 millions de francs en dons, et on l'oublia jusqu’à l’hiver suivant.
" Il y a 50 ans, tous sortaient à peine des atrocités de la guerre. Tous avaient dû fuir, chacun se sentait proche des réfugiés. Les gens se rappelaient la souffrance et la peur. Ils étaient davantage prêts à réagir. Mais on ne renouvelle pas des faits historiques comme celui-là." expliquait, un demi-siècle plus tard, l’abbé Pierre, sous-entendant que la solidarité n’était plus de mise et que son appel répété tombait désormais dans le vide politique.

LA PARTIE TROP VISIBLE D’UN ICEBERG
Je n’ai cessé d’écrire et de réécrire dans ces chroniques que le problème social fondamental de ce grand pays que demeure le nôtre, demeurait celui du logement. Et la présence culpabilisante pour certaines et certains de tentes pour sans abris sur les rives du Canal Saint Martin à Paris n’est que la partie trop visible d’un iceberg dérangeant.
Personne ne veut voir ces familles, ces jeunes qui sont hébergés par des amis, des proches faute d’obtenir à un prix raisonnable un appartement convenable. Personne ne parle de ces gens dont la voiture immobile constitue le seul refuge. Personne n’évoque ces adultes et ces enfants qui ont un toit mais pas un Euro pour en assurer le chauffage ou qui se chauffent en sachant que dans deux mois ils s’endetteront ou seront poursuivis pour non-paiement de leur facture d’électricité ou de gaz… Ceux là sont considérés comme des " abrités ", donc des " privilégiés ". Ils sont en France des milliers, dans la discrétion, à souffrir de ne pas pouvoir faire face décemment au minimum vital; mais tant qu’ils ne sont pas sous une tente, ils ne valent pas une image pour "Jités" !
La plupart du temps ils se cachent pour éviter d’être stigmatisés comme étant devenus des " cas sociaux " que rejettent avec véhémence des cohortes d’honnêtes citoyennes et citoyens signant allègrement des pétitions contre la construction de logements réputés accessibles à des hordes dangereuses. Souvent, ce sont eux qui épongent une larme en voyant justement à la vielle de Noël ou du réveillon, des " pauvres malheureux " qui dorment dans le froid. Il y a même parmi eux des Ministres en exercice qui se déclarent prêts à tout faire pour lutter contre ce fléau social, mais qui se gardent bien, par confort purement électoral, de respecter le quota des 20 % de locatif social sur leur ville… Combien de ces pétitionnaires forcenés accepteraient que l’on installe dans leur rue, leur quartier, leur commune un centre d’hébergement pour SDF ? Inutile de se bercer de vaines illusions : le " sans abri " doit certes être logé mais… chez les autres !

EVITER QUE LE MARRONNIER NE REFLEURISSE
Il suffirait pourtant de trois décisions simples pour éviter que le " marronnier " ne refleurisse quand la bise sera venue. La première : recenser d’urgence toutes les places vides dans les casernes fermées de l’armée. Dans toutes les villes de garnison, le Ministère de la défense possède des bâtiments en état, ayant servi pour feu le service national, avec parfois la literie en réserve… Pourquoi ne pas les rouvrir avec des volontaires du fameux service civil qui doit être mis en œuvre incessamment sous peu. Ce serait mieux que de les transformer en maisons de redressement pour jeunes en déserrance morale… Recherchez donc quel est le patrimoine actuellement inutilisé par le Ministère de la défense, et vous aurez vite une idée de la disponibilité immédiate qu’il représente… sans aucun investissement, et avec des frais de fonctionnement extrêmement limités.
Parallèlement, quand on sait effectuer des partenariats public-privé onéreux pour la construction et la gestion des… prisons, il devrait être assez simple d’initier les mêmes principes pour la mise en place, dans d’anciens hôtels à rénover ou pour des constructions rapides, avec des chaînes spécialisées, de lieux d’hébergements sur des terrains publics disponibles. Si, pour le Ministère de la Justice, cette solution est devenue soit disant idéale, elle peut l’être tout autant pour celui des affaires sociales car, quand on connaît le prix de revient d’un lieu d’hébergement style " Formule 1 " et celui d’un centre pénitentiaire, les investisseurs ont de la marge ! Reste à dénicher la volonté politique et elle n’a pas de prix.
Dans l’imbroglio actuel des compétences sur le social, sur le logement, sur l’hébergement temporaire, un SDF n’est pas prêt de retrouver son chemin. Nicolas Sarkozy a d’ailleurs proposé de Karchériser le système comme l’avait promis avant lui Lionel Jospin : foi de Ministre-candidat-président il n’y aura plus un sans abri en 2008 s’il est élu. Faites lui confiance, comme Chirac il s’y connaît en matière de réduction de la fracture sociale. Ce sont les rédacteurs en chef des " Jités de l’opinion dominante " qui vont être déçus : de quoi vont-ils parler en 2008, derrière le meilleur réveillon des fêtes?
Mais je déblogue…
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25 décembre 2006 1 25 /12 /décembre /2006 12:56
En ce matin de Noël, il n’y a qu’une seule chose merveilleuse sur la terre. Elle n’est ni religieuse, ni païenne, mais réside dans la seule capacité que nous aurons à nous intéresser aux autres. En effet, il ne doit pas y avoir pire réveil que celui qui conduit vers une longue plage de solitude. Et justement, chaque société, au fil des siècles, a réussi à imposer des moments quasiment obligatoires de partage afin que nous puissions tester notre capacité à aller vers autrui. Chacune les a adaptés à ses contingences, à ses besoins, son contexte, mais globalement, les sociétés ont toutes fini par admettre que, sans rendez-vous fixe avec l’échange, nous irions, comme l’écrivait hier dans SUD OUEST DIMANCHE, dans une exceptionnelle chronique, Jean Claude Guillebaud, vers une dislocation inexorable de notre organisation sociale. Malheureusement, notre époque ne régénère pas automatiquement le lien, la fraternité, la compréhension qu'elle détruit allègrement. Il lui faut donc tout institutionnaliser pour qu’elle essaie, faiblement, de réparer les accrocs constants causés par l’individualisme triomphant, la concurrence féroce, les rivalités culturelles, la course vers le profit personnel. Noël n’est qu’un cautère d’un jour sur une jambe de bois, qui permet au monde de continuer à avancer vers un destin difficile. Mais sans lui, la situation serait encore plus grave.,
En ce matin de Noël, il vous faudra absolument saisir un instant de bonheur vrai. Celui que l’on ne voit que dans le regard des enfants, les vrais, ceux qui ne se transforment pas en tyrans familiaux, en roitelets du modernisme, en parangons de l'indifférence, pour exiger ce qu’ils croient déjà être une preuve de leur toute puissance. Les yeux pétillants d’un gosse approchant du sapin, en considérant que quoi qu’il ait, ce sera merveilleux, restent la référence absolue de la réussite. Il faut savoir le saisir, le percevoir, l’apprécier car le moment est fugace. Il appartient aux seuls moments de vérité dont on peut s’emparer dans une journée souvent marquée par l’obligation d’être heureux. Il est indispensable de savoir le traquer, le récupérer, le savourer et savoir s’en contenter, car rien ne dit qu’il repassera une autre fois.
Le fameux miracle de Noël se construit avec ces bribes récupérées avec patience, comme le font les orpailleurs pour les paillettes de leurs rêves de richesse dans leur bâtée. Nous ne sommes en effet riches que de ce que nous apportent, souvent au hasard, spontanément, les autres ! Les constructions préméditées les plus sophistiquées, les plus compliquées, les plus prometteuses se révèlent catastrophiques, tant elles apportent des résultats différents des espérances.

LE CADEAU A UNE VALEUR SUPERIEURE AU GESTE
En ce matin de Noël, il est également indispensable de réfléchir sur une société qui place le cadeau à un niveau supérieur au geste. Le côté extrêmement matérialiste de nos vies, accentué par l’incitation oppressante à la consommation massive, rend cette mutation inévitable. A la limite, la seule chose qui prend de l’importance, c’est le contenu. Le jouet doit absolument correspondre, pour l’enfant roi, à ses envies fortement influencées par la vraie " Mère Noël ", la mère de toutes les pubs. Le présent ne saurait détonner dans son inconscient, car justement, la société actuelle commence, dans son esprit, à lui être redevable de ce qu’il attend. Au pied de millions de sapins, se construisent ainsi les déceptions de demain. Ce sentiment de frustration grandira sur l’assise de cette incapacité palpable, pour une famille, de ne pas pouvoir offrir ce que sa progéniture espérait.
Pas question qu’il se construise lui-même son bonheur. Il est indispensable qu’il lui soit apporté ficelé, empaqueté, et surtout prêt à consommer ! Les adultes se sentent d’ailleurs de plus en plus coupables de ne pas pouvoir apporter un bonheur " surgelé ", qui serait fondamental  pour l'épanouissement des jeunes. La norme du cadeau reposant sur les poncifs en vigueur a pris le pas sur la recherche de l’originalité. Impossible de prendre le risque d’un Noël gâché en offrant une voiture à pédales alors que fiston attend une moto tout terrain électrique ou en investissant dans un poupon en celluloïd alors que seule Barbie princesse à les faveurs des cours de récréation. L’éclat d’émerveillement est tellement désiré par les parents (ou les grands-parents) qu'ils sont disposés à renoncer à tous leurs principes. Ils sont soumis à cette fameuse obligation de réussite dont se gave désormais le monde.
Pour ne pas courir le risque de nous tromper, nous n’investissons plus dans le " à construire " mais dans le " tout construit ". Nous préférons le " prêt à consommer " au " tout à préparer ". Cette tendance s’accélère, tuant la seule vertu de l’enfance : la créativité ! Bien plus tard, d’autres, dans des classes de l’ennui, en feront l’amer constat.

LES AUTRES : UN ENFER OU UN VIDE SIDERAL
En ce matin de Noël, il y a aussi celles et ceux qui ne peuvent croiser aucun regard. Pas souvent pour des raisons matérielles, mais essentiellement pour des raisons morales ou physiques. Pour eux, il est impossible de croire en un Père Noël n’ayant aucune vocation au partage. Les autres constituent en effet soit un enfer soit un vide sidéral. Ils s’en sont éloignés par peur ou par dépit. Ils veulent parfois même en oublier l’existence.
Bizarrement, ce jour n’est que rarement l’opportunité des réconciliations, puisqu’il s’agit surtout de se rassurer en ne se retrouvant que dans un cocon sûr et douillet. On n’y convie que ces " autres " qui vous ressemblent et qui se rassemblent donc aisément, et quand il n’y en a pas… le drame menace. Cette situation de pénurie progresse en une société où la pieuvre de l’exclusion s’insère dans tous les interstices qu’on lui laisse.
Jamais le bonheur n’a autant reposé sur le fait que l’on est matériellement, intellectuellement, physiquement, en situation de ne jamais partager. Noël creuse ce fossé entre les gens qui possèdent cette possibilité et ceux qui l’ont perdue ou jamais trouvée. Cette triste réalité a des aspects médiatiques qui donneront bonne conscience à ceux qui se régalent devant le foie gras aux cerises noires d’Espelette ou la dinde truffée, et qui ce soir, encore engourdis par les bonnes bouteilles et un long repas de fête,  se poseront devant leur " Jité " favori. Quelque part sur la planète, il y aura bien quelqu’un de connu qui sera allé réveillonner avec des " pauvres ", ou un restaurant qui aura organisé un repas pour personne en situation de précarité. La soupe des Restos du cœur aura été améliorée, alors que du foie gras, symbole de l'opulance, aura été distribué grâce au partenariat d’une grande surface… C’est souvent la seule réponse que notre société a trouvé pour vaincre l’exclusion par les sentiments : améliorer la bouffe ! Elle se persuade qu’un ventre bien plein a perdu sa tristesse et sa rancœur. Les autres doivent s'adapter
.
UN VERITABLE CONTE DE NOEL
Tenez, pour vous rassurer, je vous livre cette histoire vraie de Noël qui vient bien évidemment des Etats-Unis et qui est un saisissant raccourci de ce qui nous attend un jour ou l’autre. Un " véritable conte ", qui synthétise les générations, les préoccupations quotidiennes et… le Noël que nous promet Nicolas Sarkozy.  Figurez vous qu’une mère de famille de Caroline du Sud, sur la côte est des Etats-Unis, a eu recours à une thérapie de choc pour faire comprendre à son fils qu'avant l'heure, ce n'est pas l'heure. Elle a ainsi fait interpeller son enfant de 12 ans pour avoir mis la pagaille dans les affaires de son arrière-grand-mère et... joué avec son cadeau de Noël avant le 25 décembre. C'est en effet dans les affaires de son arrière-grand-mère que sa mère avait, en effet, caché la console de jeu qu'elle voulait lui offrir pour Noël. "C'était simplement pour lui donner une bonne leçon. Jusqu'ici, il a toujours fait un peu ce qu'il voulait... en s'en tirant toujours", déplore Brandi Ervin à propos de son rejeton. Elle a expliqué qu'il souffre d'un désordre hyperactif pour lequel les médicaments qu'il doit prendre ne semblent pas d'un grand secours. De plus, l'enfant turbulent risque l'exclusion de son école après une altercation qu'il a eue le mois dernier avec un policier affecté à la surveillance de l'établissement. Le cas de ce pré-adolescent sera examiné par le service de Justice juvénile du comté de York qui décidera de son sort. Sa mère, elle, dit espérer qu'il sera contraint de suivre un programme spécial pour le remettre dans le droit chemin. Un étonnant  raccoruci de la vie. Encore un déçu du Père Noël… comme ceux qui croient que celui ci passera en France seulement le 22 avril prochain, et qui comptent sur un lutin pour les couvrir de cadeaux!  Mais je déblogue...
JE VOUS AVAIS PREVENUS MAIS VOUS NE M'AVIEZ PAS CRU Relisez la chronique de L'AUTRE QUOTIDIEN "Clearstream : l'eau de boudin" puis allez sur  
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24 décembre 2006 7 24 /12 /décembre /2006 10:00
Ce soir, en famille, certains d’entre vous renoueront peut-être avec leurs racines en se rendant, quelque part, à l’incontournable messe de minuit. Ils espèreront y trouver, le plus souvent, un peu de la chaleur du partage social des moments clés de l’année. En effet, bien des gens qui se rendent dans une église blottie dans un village ne le font que pour témoigner de leur attachement à des souvenirs d’enfance. Ils ne cherchent qu’à se rassurer en s’offrant un bain de jouvence sans parfois être très croyant. L’essentiel consiste à s’inscrire dans une forme de continuité.
La notion de veillée, qui constitua la tradition durant des siècles, avant la télé, ressurgit l’espace d’une soirée. Elle rassemble des familles qui, par-delà les générations, trouvent dans un déplacement collectif une opportunité d’afficher leur solidarité. Elle rassure en permettant de vérifier que les croyances peuvent se pérenniser par des pratiques furtives. Cette nuit demeure celle de ta tolérance et de la paix.
Si l’on ne s’attache qu’à la valeur religieuse du rendez-vous, il faut bien avouer que cette année, encore plus que les autres, il sera nécessaire d’avoir de solides convictions pour ne pas douter. Depuis quelques mois la hiérarchie catholique, sous l’impulsion de Benoît XVI, a réalisé un véritable festival de positions conservatrices. Et en cette veille de Noël, à Rome, elle a encore accompli des prodiges d’inhumanité, comme si nous étions revenus à l’époque des dogmes et des excommunications. Pas une seule annonce qui ne corresponde à une régression : le latin dans la messe, la régulation des naissances ou l’œcuménisme,  l’homosexualité, l’avortement, le mariage des prêtres. Il est parfois surnommé par les médias " le Panzerkardinal ", allusion à son intransigeance supposée et à sa nationalité allemande, et peut-être aussi à son passé et à ses déclarations actuelles. Chaque jour, il se révèle plus éloigné de la philosophie populaire de Noël.

UN COMMUNIQUE REMARQUABLE DE PIETE
L'église catholique italienne a refusé, avant-hier, des funérailles religieuses à Piergiorgio Welby, mort cette semaine après avoir été, conformément à ses vœux, débranché du système d'assistance respiratoire qui le maintenait en vie. La famille de ce malade, atteint de dystrophie musculaire, souhaitait qu'il soit enterré dans sa paroisse, ce qui paraissait un minimum pour quelqu’un ayant souffert durant des décennies d’un mal incurable particulièrement douloureux. Dans un communiqué remarquable de piété, le vicariat de Rome a déclaré qu'il "ne pouvait accéder" à cette demande car " Welby a affirmé à plusieurs reprises et en public son désir de mettre fin à sa vie, ce qui va à l'encontre de la doctrine catholique", précise l’auteur de ce monument de charité chrétienne. En cela, ajoute l'Eglise, sa mort est différente d'un suicide, où la personne qui a mis fin à ses jours n'était pas nécessairement en pleine possession de ses facultés mentales. Allons-y gaiement pour Noël ! Dans son immense bonté, l’auteur anonyme de ce message empreint d’indulgence, de fraternité et d’espoir, annonce que l’Eglise "priera pour… le salut éternel du défunt ". Gratuitement, j’espère. Le pauvre homme en sera ravi !
Le père Marco Fibbi, porte-parole du vicariat de Rome, a souligné qu'interdire des funérailles religieuses pour Welby était une manière de redire avec force à la communauté des croyants que ce qu'il a fait "n'est pas acceptable". Il a également souligné que si l'Eglise avait accepté la requête de sa famille, son enterrement se serait transformé en événement… surmédiatisé. Tiens donc, on se croirait en politique ! Le cas Welby, décédé mercredi soir, aura divisé jusqu’au dernier moment l'Italie, où l'euthanasie n'est pas autorisée et où l'Eglise catholique conserve une solide influence, sous la férule d’un clergé loin d’être à la pointe du progrès. Le médecin qui a débranché le système respiratoire affirme qu'il ne s'agit pas d'euthanasie, mais de l'application du droit constitutionnel à refuser un traitement. Il n’a pas été entendu ;  pas plus que les appels de celles et ceux qui sollicitaient un brin d’humanité pour Noël. Qu’il est long le chemin entre les principes et les réalités terrestres !

J’AIME LA VIE, PRESIDENT…
Dans une émouvante lettre ouverte de Piergiorgio Welby au président de la République Giorgio Napolitano, il réclamait le droit de mourir. "J'aime la vie, Président. Je ne suis ni mélancolique, ni maniaco- dépressif, mourir me fait horreur, malheureusement ce qui me reste n'est plus la vie, ce n'est qu'un acharnement, têtu et insensé, pour maintenir actives des fonctions biologiques". Il obtient pour toute réponse de Linal Javier Lozano Barragan, "ministre de la Santé" du Vatican, une déclaration sans nuances, incitant les parlementaires catholiques à appliquer "l'obligation morale" de s'opposer à la légalisation de l'euthanasie, alors que la ministre italienne du Commerce extérieur Emma Bonino, dirigeante historique du parti Radical, entame une grève de la faim de deux jours pour apporter son soutien à Piergiorgio Welby.

Welby a alors envoyé une lettre publiée par toute la presse italienne dans laquelle il compare son sort à celui d'Aldo Moro, l'ex-chef du gouvernement italien séquestré 55 jours puis tué par les Brigades Rouges en mai 1978.

"Je vous écris de la prison infâme de mon corps... où l'on me séquestre et d'où me reviennent à la mémoire les lettres écrites aux 'politiques' par un autre séquestré, Aldo Moro", écrivait-il. Il persiste devant la justice de son pays et le 12 décembre, une juge du tribunal civil de Rome examine à huis clos, avec ses avocats, un recours dans lequel il demande le droit d'arrêter le respirateur qui le maintient en vie et de recevoir un traitement contre la douleur pour apaiser ses derniers instants. Elle refuse de se prononcer sur le recours de Piergiorgio Welby qu'elle considère comme irrecevable. Elle renvoie la balle aux politiques, estimant qu'il existe "un vide juridique" sur le contrôle de l'arrêt des soins. Piergiorgio Welby finit par décéder, après l'arrêt du respirateur qui le maintenait en vie, par le médecin italien Mario Riccio.

LES DEFAUTS DE l’HUMANITE
Ce soir, quand vous entendrez sonner les cloches, et si vous espérez revivre avant minuit l’ambiance bon enfant des " Trois messes basses " d’Alphonse Daudet, méfiez vous. Dom Balaguère et son fidèle Garrigou n’existent plus depuis longtemps. Eux, qui ne vivaient que dans le péché de gourmandise, qui expédiaient une messe basse en pensant à " deux dindes truffées ", des " faisans ", des " huppes ", des " gélinottes ", des " carpes ", des " truites "… appartiennent désormais au folklore. Cette histoire, qui se passait " en une nuit de Noël de l’an de grâce 1600 "… s’accommodait des défauts de l’humanité, elle les acceptait, elle en faisait des histoires à dormir debout, elle s’en moquait ouvertement. Dans le fond, l’église était beaucoup plus proche du peuple qu’elle ne l’est maintenant, car elle était bien obligée de s’adapter après avoir connu les horribles guerres de religion et les soubresauts angoissants de l’Inquisition. Depuis des années, elle se ferme, se calfeutre dans les certitudes de cette époque de l’intégrisme triomphant. Même si elle n’existe plus sur le plan matériel, l’Inquisition sévit sur les esprits, en tentant de concurrencer toutes les sectes qui oppressent la société par des considérations d’un autre temps.
La position italienne sur le départ voulu de Piergiorgio Welby tombe à point pour illustrer cette montée en puissance du conservatisme. Alors que, ce soir, une Nativité comblera de bonheur des millions de familles oublieuses de sa valeur religieuse, une mort à Rome devrait inciter tous les croyants à un brin de réflexion. Je suis certain que personne  ne s’est penché sur l’accueil que fait l’Eglise aux bourreaux qui continuent à donner la mort au nom de la justice des hommes… Je suis certain qu’aucun d’entre eux ne subira le sort de Piergiorgio… l’oublié de Noël qui, ce soir, terminera au crématorium son douloureux parcours terrestre.
Dom Balaguère, pour avoir seulement voulu réveillonner comme un ribaud, fut condamné à mourir dans la nuit. " Il arriva dans Ie ciel encore tout en rumeur des fêtes de la nuit, et je vous laisse à penser comme il y fut reçu.
- Retire-toi de mes yeux, mauvais chrétien ! lui dit Ie souverain Juge, notre maître à tous. Ta faute est assez grande pour effacer toute une vie de vertu... Ah ! tu m'as volé une messe de nuit... Eh bien, tu m'en payeras trois cents en place, et tu n'entreras en paradis que quand tu auras célébré dans ta propre chapelle ces trois cents messes de Noël en présence de tous ceux qui ont péché par ta faute et avec toi… " raconte Alphonse Daudet. Que dira-t-il aux autres, le souverain juge ?
Mais je déblogue…
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23 décembre 2006 6 23 /12 /décembre /2006 15:49
L’affaire " courant clair " servira probablement de matière à un livre assez volumineux, écrit par des journalistes d’investigation, après les présidentielles. Ils retraceront les méandres d’un volet de la fin du mandat peu glorieux de Jacques Chirac, qui demeurera, quoi qu’il arrive, archivé au rayon des secrets d’Etat, tant tout le monde s’emploie à compliquer les événements réels et surtout à jouer sur les mots.
En France, le mot vérité n’existe plus, en effet, puisque chacun à sa manière s’efforce de manipuler les médias par des révélations calculées, des affirmations péremptoires, des dissimulations grossières, en partant du principe que personne ne tentera (et surtout pas la télévision) de percer le mystère de certains comportements. Depuis quelques semaines, lentement mais sûrement, on enlise une sombre tentative de manipulation politique dans les sables mouvants des procédures judiciaires. Les juges espèrent avoir, face à eux, des ministres suicidaires qui vont avouer tout de go comment ils auraient trempé dans une machination à double détente… destinée à discréditer les uns ou les autres. Alors que, quand les faits sont avérés, que l’on apporte toutes les preuves matérielles, les supposés coupables échappent par des arguties de procédure ou par des silences opportuns aux sanctions que l’on infligerait sans aucun état d’âme à n’importe quel autre citoyen.
Si vous prenez l’affaire Cleartream, elle n’est pourtant pas très compliquée à décoder : le clan Chirac, sachant la vérité sur la lessiveuse Cleartsream et connaissant parfaitement la manière dont elle fonctionne, décide, un beau matin, de " tuer " dans l’œuf des velléités présidentielles de celui qu’elle est obligée de promouvoir, tout en souhaitant le voir passer à la trappe. Au passage, elle noie le poisson Sarkozy dans le bouillon d’une liste codée truquée avec le secours des services secrets. Le principe se résume ainsi " qui veut tuer son chien l’accuse de la rage ! " ou s’évertue à lui donner l’apparence d’un enragé ! Voici donc un scénario totalement invraisemblable de cette affaire... que je vous demande de ne pas prendre au sérieux!
LES DETAILS DE L’ATTENTAT QUI SE PREPARE
Le problème viendra du fait que dès le début, la " victime " potentielle apprend, grâce à sa fonction et à quelques trahisons de cour, les détails de l’attentat qui se prépare. Il laisse bien tous les protagonistes s’engager dans les tripatouillages qu’ils ont montés. Il se prépare à passer du statut peu enviable de " coupable accusé à tort " à celui de " victime réhabilité par les faits ". Toute la subtilité de Cleartream repose sur ce cheminement soigneusement préparé. L’un des participants à toutes les réunions du complot prend soigneusement des notes au cas où un jour la " bombe " lui exploserait à la tête. Il se couvre aussi en jouant double jeu.
Quand il est certain de son fait et qu’il estime que le moment du tir est opportun, Sarkozy laisse filtrer, grâce aux méthodes habituelles de la Place Beauvau, des bribes de ce qu’il sait…pour lancer la chasse aux faux ! Un savant dosage mené par des spécialistes de la désinformation, dont on ne souligne pas assez le rôle capital dans notre société médiatique. Il sait, lui, que les listings ont été fabriqués. Il connaît les arcanes de ce que les autres ont voulu être une condamnation à mort. Il la retourne contre eux. Il pratique l’effet boomerang. Partout dans les grands quotidiens, les hebdomadaires, paraissent alors des extraits d’audition, des preuves matérielles, des théories justes… qui accule la justice à engager des procédures diverses. Les entourages des comploteurs trinquent les uns après les autres et ce pauvre Denis Robert, qui est dans le fond à l’origine de l’affaire,en prend plein la gueule pour avoir débusqué le système. Malheur à celui par qui le scandale arrive !
Les juges ne savent plus où donner de la tête, tellement on leur apporte d’éléments matériels sur les agissements des ministres… qui bizarrement sont tous des ennemis, tous de la mouvance Chirac, tous plus faux culs les un(e)s que les autres quand ils sont devant un micro ou une caméra. Ils font semblant de jouer aux durs, en auditionnant tout ce beau monde sous l’œil goguenard et jubilatoire du " ministre-président-candidat " qui sait que jamais on ne touchera un cheveu de leur tête, mais que médiatiquement l’impact fera des dégâts irrémédiables.
L’AFFAIRE COURANT CLAIR VIRERA EN EAU DE BOUDIN
Sarkozy les tient en respect, prêt à dégainer encore quelques révélations au cas où, avant le 14 janvier, il leur viendrait à l’idée de bouger. MAM a intérêt à se tenir à distance, et le " vieux " à rengainer ses remontrances éventuelles. L’affaire " courant clair " virera en eau de boudin, et seuls les lampistes finiront par prendre des peines de principe. Le seul qui risque gros demeure le journaliste qui aura osé rompre l’omerta sur la blanchiment des fonds via le Luxembourg. Lui, en revanche, il est identifié, acculé à la ruine, privé d’emploi et de revenus. Les autres se moquent pas mal de la justice mais cherchent surtout pasr médias interposés à gommer les faits qui leur sont reprochés.
Dominique de Villepin a donc, pour sa part, nié toute volonté de manipulation dans cette affaire et a affirmé que le président Chirac était resté totalement hors de l'affaire… C’est pas très clair, quand on connaît le fonctionnement des Renseignements généraux,  de découvrir un Président de la République qui… ne sait rien ! Les HLM de Paris : il n’a rien vu ! Les faux électeurs parisiens : il n’en a jamais entendu parler ! Les faux emplois du RPR : il n’a jamais été informé ! Voici un homme, plébiscité par les Françaises et les Français, qui n’a rien entendu, n’a jamais rien dit, et qui n'a surtout vu personne ! On peut avoir confiance en lui pour diriger un pays de sourds, d’aveugles,  et de muets. L’Elysée est le seul endroit du pouvoir où l’on ne sait rien sur rien… Et dire, qu’une fois encore, cela va marcher et qu’avec Noël qui approche la France profonde aura oublié les miasmes de " Clearstream " pour se plonger sous le sapin, vers la dinde aux marrons et la bûche pâtissière congelée !
Personne ne se pose cependant ce matin la vraie question : comment Le Monde, daté d’aujourd’hui, peut-il avoir, en partie, quelques heures après leur transcription, le texte de l’audition du Premier Ministre de la France, ayant témoigné devant des juges soumis au secret de l’Instruction ? Le fait que le Ministre de la justice ait rejoint le comité de soutien à Nicolas Sarkozy est totalement étranger à cette nouvelle fuite. Qui osera dire que de Matignon, pour tenter d’éteindre l’incendie, aucun " bleu " n’est parti vers Le Monde… Tenez, attendez demain et le Journal du dimanche, et vous aurez la seconde livraison !
UNE VICTIME DE L’AFFAIRE
Dominique Galouzeau de Villepin s'est en effet présenté en victime de l'affaire devant ses juges bourreaux qui l’ont épuisé durant 17 heures. "Je regrette l'instrumentalisation politique et médiatique qui a été faite (de ce dossier), qui a modifié en profondeur la perception que l'on pouvait avoir du rôle de certains acteurs en en particulier du mien", a-t-il dit, le pauvre , après avoir répondu (imaginez un peu le supplice) à près de 170 questions. Il a réfuté un par un les éléments de la procédure que lui présentaient les juges Jean-Marie d'Huy et Henri Pons, susceptibles d'accréditer l'idée d'un complot contre… Nicolas Sarkozy et de conduire à une mise en cause pour "recel de faux", "usage de faux", voire "dénonciation calomnieuse". De toutes manières, personne ne peut croire qu’il sera mis en examen pour ces babioles.
La procédure a pourtant nettement établi que Dominique de Villepin avait tenu une réunion sur ces listings le 9 janvier 2004, alors qu'il était ministre des Affaires étrangères, avec le vice-président d'EADS Jean-Louis Gergorin, porteur des listings et le spécialiste du renseignement, le général Philippe Rondot. Dominique de Villepin nie avoir eu en mains les listings (NDLR : il dit sûrement vrai, ce sont les autres, autour de la table qui les avaient mais lui ne les a pas touchés) : "A aucun moment, cette liste que vous me présentez ne m'a été donnée et je ne l'ai pas consultée, je n'ai pas pris de listing, je n'ai pas regardé de listing", dit-il. Il assure aussi n'avoir pas demandé d'enquête : "je n'ai pas confié au général Rondot de mission. Je lui ai demandé de me tenir informé (...) des développements qui pouvaient concerner le ministère des Affaires étrangères".
Le Premier ministre affirme aussi ne pas connaître le cadre d'EADS Imad Lahoud, à qui l'accusation impute la falsification. Lorsque ce dernier était en garde à vue dans une autre affaire en mars 2004, il nie avoir demandé au général Rondot, comme l'affirme ce dernier, être intervenu pour le faire libérer. Il y a eu un échange à ce sujet, reconnaît-il toutefois. "J'ai coupé court à la conversation par une formule qui devait être du type : " voyez ce qu'il en est ", explique-t-il. Contredisant aussi de nombreuses notes du général Rondot, Dominique de Villepin assure que le nom de Nicolas Sarkozy n'est jamais apparu en janvier 2004, mais seulement en juillet 2004, date à laquelle il a demandé une seconde enquête à la DST.
Contrairement à ce qu'a indiqué aussi le général Rondot (qui décidément était peu fiable), selon lequel Dominique de Villepin se prévalait sur l'affaire d'instructions directes de Jacques Chirac dès janvier 2004, le chef du gouvernement assure n'avoir jamais parlé directement de Clearstream avec l'Elysée. Selon lui, le chef de l'Etat avait seulement donné des instructions générales. "Le président de la République avait insisté auprès de moi pour que je sois vigilant sur tout ce qui touchait… la moralisation de la vie économique internationale". En l’occurrence le premier des Ministres a bien choisi son qualificatif car il a parlé aux juges de la vie économique " internationale " (sic) mais surtout pas " nationale " afin de rester dans sa fonction et surtout pour être crédible. Car s’il avait avoué que Chirac voulait moraliser la vie politique française, il aurait fait un " authentique faux témoignage ". C’est trop de boulot pour lui et ça reviendrait à condamner la France à croire éternellement au père Noël !
Mais je déblogue…
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Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
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