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LES STATISTIQUES

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MAIS JE DEBLOGUE...

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29 juillet 2006 6 29 /07 /juillet /2006 07:17

La valeur éducative du sport de compétition s’éteint peu à peu pour devenir le fidèle reflet d’une société en décomposition. Marchandisation outrancière, négation de la notion de plaisir pour la remplacer par celle de record, tricherie plus ou moins organisée pour dépasser les limites du corps humain, comportement raciste autour des pelouses, violence exacerbée sans aucun rapport avec les enjeux sportifs : les dérives deviennent tellement préoccupantes que le Roquet de Neuilly, à l’affût de tout ce qui peut le rendre populaire, s’en est emparé. Lui qui pédale, lors de ses vacances à La Teste de Buch, est un expert en matière de hooligans et, il l’a affirmé, il va karchériser, dans le monde du ballon rond, le Kop de Boulogne au Parc des Princes et ailleurs. Il est vrai que, s’il attend que les clubs et la Ligue Nationale de Football fassent le ménage, il lui faudra au moins un ou deux morts.
On ne chassera pas, en effet, les « clients abonnés » car ce serait se priver d’un revenu substantiel et, plus encore, générer la menace de voir CANAL +, extrêmement discret sur le sujet, diffuser des matchs de "haut niveau" devant des travées vides. Il a bien fallu attendre que quelques cyclistes ou athlètes meurent sur le bord d’une route pour que la lutte anti-dopage bouge un peu. La chute du nombre des licenciés chez les 14-18 ans constatée dans toutes les disciplines va détruire la pyramide sportive mais on continuera à pratiquer des spécialisations précoces destructrices de la motivation durable. Et tout est ainsi. la planète du sports ne tourne plus rond !

5 BLESSES ET 22 INTERPELLATIONS


La récente mise à sac d’un relais d’autoroute a légèrement ému les responsables du PSG. Lors d'une conférence de presse, son président Pierre Blayau a une nouvelle fois dénoncé l'attitude absurde d'une partie des supporters parisiens, qui se sont violemment affrontés lors du déplacement du PSG à Nantes, samedi, en championnat, occasionnant… le seul score positif de la soirée : 5 blessés et 22 interpellations. "Je voudrais présenter mon indignation et ma consternation devant ces actes d'une extrême gravité, qui ne sont pas le fait de vrais supporters du club (sic) mais qui relèvent de délinquants de droit commun", a déclaré le président de la formation parisienne. Ajoutant que le PSG "est pris en otage de cela", Blayau a tenu à présenter ses excuses aux victimes de ces pseudo supporters. Tout en réaffirmant que le club et les pouvoirs publics "continuent de lutter" contre ces débordements, Sarko a donc été contacté !
Blayau, en attendant le sauveur Sarko et sa loi de karchérisation, a tenu à hausser le ton, à moins d'une semaine de la réception de l'OM au Parc des Princes, dont on sait qu’il constitue le moment le plus dangereux de la saison. Le parc des Prince sera transformé en forteresse avec des centaines de CRS et de gardes mobiles, des centaines de « stadiers », des véhicules anti-émeutes, des murailles pour séparer les belligérants : une véritable vision de la fraternité du sport.

 Les forces de l’ordre deviendront peut être, un soir, supérieures au nombre de spectateurs. Ainsi, pour le choc PSG-OM de vendredi soir, pas moins de 1.100 fonctionnaires de police  seront réquisitionnés, en tenue ou en civil. Soit le double de l’an passé, pour la même confrontation...
 

PREVOIR … CE QUI EST INEVITABLE


Les renseignements généraux, désormais plus préoccupés par les matchs de foot que les meetings politiques, craignent deux phénomènes explosifs. Ils auraient travaillé depuis plusieurs jours pour tenter de prévoir… ce qui paraît inévitable ! Leur première crainte a trait à la mobilisation secrète des « habitués » des affrontements violents. Au sein des groupes de supporters parisiens, on préparerait un accueil sans concession aux Phocéens. Une bande « commando », triée sur le volet parmi les plus excités, se prépare à chasser le Marseillais dès aujourd’hui en gare de Lyon. Dans les associations très proches des milieux d’extrême droite, on va tenter de pratiquer la technique de l’essaimage en sortant du Kop de Boulogne pour semer la panique dans d’autres lieux et casser du supporter phocéen.
Leur seconde inquiétude est liée au refus des responsables du PSG d’attribuer des billets aux… supporters Ultras marseillais. Ces derniers auraient contourné cette interdiction de vente et possèderaient plusieurs centaines de billets achetés sur le marché parallèle. Au lieu d’être visibles, repérables, « surveillables », « encadrables » ils profiteront de cette exclusion de fait pour se répartir dans tout le Parc. La pire des situations.
Hier, toute la journée, dans le secret, les services officiels auraient planché sur un schéma tactique. Pas celui des deux équipes en présence mais sur celui qui éviterait un affrontement sanglant et dévastateur dont on craint qu’il soit inévitable ! Ils ont prévu toutes les évolutions possibles, avant, pendant et après le match. Bientôt, on enverra les CRS à l’entraînement, tous les jours, pour permettre à 22 mecs de gagner sur un seul match ce que la compagnie entière ne gagne pas en un mois ! Mieux, on leur fait faire du sport pour qu’ils soient aptes à courir après un… hooligan !

9000 € D’AMENDE
Le pire, c’est que le racisme le plus abject s’est invité désormais autour des rectangles verts, en Italie, en Angleterre, en France et même en Espagne. L’autre soir je regardais la rencontre Réal Saragosse- Barcelone. Insulté, le brillant joueur camerounais Samuel Eto'o a souhaité quitter la pelouse, devant les propos et les gestes haineux des supporters adverses. Il a longtemps hésité, avant de contribuer aux buts victorieux de son club, ce qui n’a pas arrangé la folie ambiante, car il ne s'agissait pas que de quelques spectateurs, mais pratiquement de l'ensemble du stade. « J'ai décidé d'arrêter de jouer, car ils s'en sont pris à ma couleur de peau, a-t-il expliqué, mais je suis resté, parce que le boss m'a dit que la meilleure façon de les faire taire était de rester et de les battre. C'était la seule chose qui pouvait me faire changer d'avis."
La sanction… impitoyable est tombée sur le Réal Saragosse : une amende de 9.000 €, même pas la consommation en eau minérale d'un mois par le club,  par la Fédération espagnole de football pour ces incidents, mais Eto'o estime que les pénalités financières ne sont pas suffisantes. Il faut frapper plus fort. Cause toujours, tu m'intéresses. Qui songerait honnêtement à lui donner tort ?
Le seul endroit peu recommandable où il ne faut pas envoyer son enfant, actuellement, c’est un stade de Ligue 1 de football. Tout ce qu’il ne faut pas voir ou entendre du sport lui sera montré en exemple.
Un soir, au moment où partait l’autobus des gamins créonnais, auxquels on offrait un déplacement pour une rencontre de ces Girondins qu’ils vénèrent, je suis allé dilaoguer avec eux.

« Tu aimes aller voir les Girondins ? ai-je demandé à un gamin connu pour son caractère turbulent
- Oui ,
- Et pourquoi ?
- Je peux crier "enculé l’arbitre!" sans me faire engueuler ! ». J’en suis resté scotché.
Bientôt, il me dira simplement qu'il peut prendre toutes les drogues possibles et devenir célèbre, gagner beaucoup d'argent, pour n'être sansctionné que quand il sera trop tard!
Alors, pensez, le sport et son image dans tout cela !
Mais je déblogue…

Chronique publiée le 2 mars 2006
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28 juillet 2006 5 28 /07 /juillet /2006 07:17
 
Le développement durable a fait une entrée fracassante dans la gestion locale. Il est vrai qu’il faut réagir encore plus vite qu’on ne le pense tant la situation empire de jour en jour. La planète, dans sa globalité, étouffe, s’use, se débat mais meurt lentement sans affoler outre mesure la très grande majorité des gens qui la conduisent à sa perte. Chacune et chacun d’entre eux et donc forcément quasiment toutes et tous pensent que les efforts sont à effectuer par les autres mais qu’ils ne sauraient remettre en cause leur propre comportement. Chaque geste du quotidien (ouvrir un robinet, se déplacer vers l’école, choisir des produits ménagers, allumer un appareil ou un bouton électrique, trier ses papiers, sortir sa voiture du garage…) devient désormais un véritable acte citoyen. Le principal problème vient du fait que les consciences ne sont pas encore prêtes à le considérer comme tel, et un fossé se creuse sur la base de la dose de l’égoïsme coulant dans les veines des uns ou des autres.
Le message global a du mal à passer car les arguments ne mettent pas encore assez en évidence la responsabilité individuelle par rapport à un problème présenté comme lointain, ésotérique et destiné à des peuples oubliés. La trouée de la couche d’ozone, la fonte de la banquise, la déforestation en Amazonie, la pollution des rivières sibériennes, les fuites radio-actives de Tchernobyl, la dispersion des pollens OGM dans les grandes plaines américaines, l’avancée du Sahel n’empêchent pas  les Européens de dormir car il leur semble qu’ils n’ont pas de conséquences sur leur avenir proche. Tout homme se sent désormais invulnérable individuellement mais fragile collectivement, sans pour autant remettre en cause ses attitudes personnelles. Les cityens sont prêts à se mobiliser avec véhémence contre un grand contournement de Bordeaux, un centre de stockage de déchets ménagers, une antenne de téléphonie, un forage d’eau potable, sans se rendre compte que ce qu’ils vivent comme des atteintes à leur environnement ne sont que les conséquences d’attitudes collectives coupables.
Le développement de la planète n’a en effet, depuis des décennies, de durable que les atteintes qu’il lui cause. Axé sur le profit, il ne résiste pas à la pression de lobbies terriblement présents. Les rares accords mondiaux sont détournés, abandonnés ou parfois lentement, trop lentement, appliqués. Le fossé se creuse et risque de se transformer en abîme si par malheur la Chine et l’Inde manifeste le même dédain que les Etats Unis sur les conséquences de leur passage à la société de consommation.
CHANGEMENT RADICAL DES MENTALITES
On ne souligne pas assez que l’avenir passera par un changement radical des mentalités. Et dans ce secteur il y a encore 99 % du chemin à accomplir car la parcellisation des programmes conduit à en nier l’obligatoire transversalité. Ainsi il est vain d’imposer aux aménageurs des normes de construction dites Haute Qualité Environnementale (H.Q.E.) quand il n’y a pas sur le marché d’entreprises prêtes à les mettre en œuvre ou que leur nombre très restreint interdit la concurrence. Le système éducatif prend du temps à prendre le virage des énergies nouvelles et les ouvriers qualifiés manquent singulièrement dans ce domaine. Quand ils arriveront le retard sera probablement déjà conséquent.
Comment inciter les gens à passer au solaire quand trop peu d’artisans ont le label nécessaire à l’installation des équipements ? Est-il utile de prôner le système du puits canadien quand peu de monde en connaît le principe ? Peut on continuer à inciter à acquérir des véhicules électriques quand on voit les frais induits de la moindre réparation ? Les maisons bois sont demandées mais les concepteurs fiables ne sont pas nombreux…et aucun " pavillonneur " n’en propose. Une bonne part de la mutation passera par une forte réorientation des formations initiales et continues. Les filières actuelles figées et standardisées ne préparent pas nécessairement à une révolution culturelle. L’avenir va vite pourtant dépendre de la vitesse à laquelle on saura répondre à ce défi.
LES CONSTRUCTEURS, LES EXPLOITANTS NE SE FORCENT PAS TROP
Par ailleurs le profit reposant sur la consommation ou même dans certains cas sur la surconsommation il est patent que les constructeurs, les exploitants ne se forcent pas trop pour mettre en œuvre des principes du développement durable. Il en va ainsi dans le domaine du pétrole, de l’eau ou de l’électricité. Chaque goutte, chaque m3, chaque Kw épargné constituent un manque à gagner défavorable aux actionnaires qui sont aussi quelques fois des consommateurs révoltés. Le chantage à l’emploi menace. Des filières entières sont en cause. Elles sont bien installées. Elles tiennent le marché. Elles maîtrisent la recherche. Elles constituent de gigantesques groupes de pression. Leur poids n’est pas apparent mais n’empêche qu’il s’exerce sur des chois essentiels.
L’Assemblée nationale après avoir examiné la motion de censure " courant clair " va, bizarrement poursuivre l’examen de la nouvelle loi sur l’eau. Le projet actuellement en débat est loin de faire l'unanimité. Un an après son adoption au Sénat, agriculteurs, écologistes et consommateurs s'affrontent sur le principe du "pollueur-payeur". Ce dispositif a été écarté du texte présenté la semaine dernière par la ministre de l'Ecologie Nelly Olin. Le projet dont l'objectif est de parvenir à "un bon état écologique" de l'eau d'ici 2015 doit être voté le 30 mai par les députés. On verra quels sont les élus de la majorité UMP actuelle qui appliqueront ce principe sur un problème concret qui est au cœur des préoccupations planétaires.
Dix ans de tergiversations pour aboutir à la version finale du texte et deux ans de débats publics n'ont pas suffi à concilier les positions des protagonistes, ni sur le prix de l'eau ni sur la répartition des taxes ou les moyens de réduire les pollutions. Seul point de consensus: la nécessité de réaliser des économies d'eau en France après trois années de sécheresse consécutives. Pour le reste aucun consensus n’est en vue.
Mais l'enjeu pour les associations de défense des consommateurs ne se limite pas au seul retour à un "bon état écologique", conformément à une directive européenne datant d'octobre 2000. La facture a en effet plus que doublé en quinze ans et varie du simple au double selon les départements.
Une étude de l'Institut français de l'environnement menée entre 1998 et 2001 montre que le coût de l'eau a progressé en moyenne en France de 8% entre 1998 et 2001 en raison essentiellement du coût de l'assainissement des eaux polluées.
PRIX ABUSIFS, PAYSANS MÉNAGÉS
Côté qualité, des experts du Muséum d'Histoire naturelle jugent "inquiétant" l'état sanitaire de 50% à 75% des eaux françaises. Seules 25% parviendront à un "bon état" écologique en 2015, estiment-ils. La Bretagne, importante région agricole, est dans la ligne de mire. En 2004, la pollution de ses eaux par les nitrates avait valu à la France d'être condamnée par la Cour de justice européenne pour non-respect de la directive sur la qualité des eaux destinées à la consommation humaine.
Les pesticides, les herbicides et les engrais sont directement incriminés. Le projet de loi prévoit de taxer les gros pollueurs comme les agriculteurs, préconisant un classement de leurs produits en catégories "dangereux" et "très dangereux". Ils seront taxés à hauteur de 1,2 € à 3 € par kilo. Insuffisant, répondent écologistes et consommateurs qui réclament l'application du principe "pollueur-payeur" et dénoncent un texte qui ménage les paysans au détriment des particuliers. En effet en période estivale, les agriculteurs utilisent 79% de l'eau consommée en France contre 10% pour les particuliers. Or, le budget des agences de traitement de l'eau est financé à hauteur de 85% par les particuliers contre 1% pour les agriculteurs et 15% pour les industriels.
Le projet de loi propose de relever la part des paysans à 4%, un niveau jugé insuffisant par l'UFC qui se demande si "les consommateurs vont continuer à payer pour dépolluer une eau essentiellement souillée par les autres".
Dans le concert de protestations du monde paysan, seule la Confédération paysanne prône "la mise en place de redevances selon le principe "pollueur-payeur", de façon proportionnée".
Le développement durable est bien loin de ce débat essentiellement économique. Il durera probablement beaucoup moins longtemps que celui lié aux économies d’eau car l’affaire paraît réglée d’avance. L’électorat des maïsiculteurs ou des céréaliers n’est pas prêt à accepter de payer pour une ressource qu’il considère comme sa propriété et inépuisable.
Mais je déblogue…
Ecrit et publié avec Reuters le 22 mai 2006
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27 juillet 2006 4 27 /07 /juillet /2006 07:17

Je vais, exceptionnellement, vous proposer un scénario de « politique… friction ». Je sais, vous n’allez pas y croire, car  tout ce qui donne un caractère irrationnel à l’avenir n’a aucun intérêt, à part distraire quelques instants aux tristes réalités. Vous conviendrez cependant que, quand Jules Vernes parle de voyage sur la Lune, d’exploration 20 000 lieues sous les mers, personne n’est convaincu qu’un jour la réalité dépassera ses rêves. Et pourtant…

La politique est moins enthousiasmante que l’aventure,  et j’aurai beaucoup de chance si vous ne m’abandonnez pas avant la fin du film que je me projette sur l’écran noir de mes nuits blanches. Tenez bon, si vous le pouvez, et cramponnez vous aux repères que je vais vous donner, afin de franchir sans trop de désespoir la ligne d’arrivée.

D’abord vous devez,, comme dans les grandes œuvres du répertoire, admettre l’unité de temps, de lieu et d’action, afin de vérifier que tout relève, dans les « classiques », du théâtre démocratique.

Cette saga des temps modernes se déroule donc durant les prochains douze mois, en France, et pour les élections présidentielles. Tous les éléments sont réunis pour que les actes successifs tiennent les spectatrices et spectateurs potentiels en haleine, sur fond de petits assassinats entre amis…et d’une intrigue savamment ficelée !

ACTE 1 : Jacques Chirac, retrouvant ses esprits, sait ce qu’il doit à Alain Juppé. Il faut absolument redonner sa place sur le devant de la scène à celui qui a expié sa faute en sirotant du sucre d’érable par des températures à ne pas mettre « le meilleur d’entre nous » dehors. C’est donc, depuis plusieurs mois, une priorité pour une cellule spécialisée, depuis que l’inéligibilité de l’ex-maire de Bordeaux a été réduite à un an. Elle a travaillé sur les détails de son retour vers les sommets de l’Etat. Partant du principe qu’il fallait démontrer qu’Alain Juppé, sanctionné par les juges, avait conservé la confiance des « gens d’en bas », les conseillers en communication ont inventé les étapes successives de son « come back », après que l’on ait épluché le code électoral.

Impossible, dans le cadre du calendrier « normal », de préparer cette remontée à la surface, indispensable pour contrer le Roquet de Neuilly, puisque aucune élection partielle n’est « organisable » moins d’un an avant l’échéance normale d’un mandat.

Il devenait donc indispensable, pour un retour au Palais Bourbon, que l’une de deux circonscriptions bordelaises soit libérée et pourvue avant le 18 juin 2006. C’était le plus facile…car on était dans les temps.

C’était en revanche plus compliqué pour revenir au Palais Rohan (Maire) car l’échéance était au… 18 mars 2006 sur les bases d’une durée constante du mandat ! Vous avez suivi ? Oui. Alors écoutez la suite !

ACTE 2  : L’Elysée fait monter au créneau des élus réclamant le report d’un an des municipales pour cause de surplus de scrutins en 2007, alors que Sarkozy s’affirme haut et fort hostile à cette idée… On chosit donc d’aller présenter le nouveau calendrier au Sénat !I

Sarkozy ne peut rien, car les Sénateurs, ne lui devant rien et étant ravis de l’aubaine qui consiste à allonger leur bail avec le Palais du Luxembourg d’un an (2008), se prononcent aisément en faveur de cette idée. Les Députés suivent… Le tour est joué : la date limite pour des municipales partielles est repoussée au… 18 mars 2007. On verra bien après ce que l’on fera !

Dans l’immédiat, le stratagème est en place : la voie royale du retour s’élargit. Alain Juppé pourra désormais revenir sur scène en deux temps pour médiatiser son retour dans le cœur du peuple.  On jouera paisiblement sur ces opportunités pour replacer dans la course l’ancien Premier Ministre : élection législative partielle en juin 2006 et élections municipales intégrales à Bordeaux, après démission collective à l’automne de la même année (octobre ?).

Plus rien ne s’y opposer légalement d’autant qu’Alain Juppé a le choix du temps, du lieu et de l’action pour écrire triomphalement une nouvelle page de son roman d’amour avec la capitale du Duché d’Aquitaine, à laquelle il avait lancé un « adichats » plein d’espoir ! Il suffit d’utiliser les fenêtres de tir ouvertes par la loi.

ACTE 3 : L’opération est parfaitement montée, car elle tient compte du contexte. En allant sur la circonscription « Le Bouscat Bordeaux Nord » la victoire sera plus aisée que sur celle de « Bordeaux Centre ». Une occasion lui sera en effet offerte de démontrer à la fois son respect pour Hugues Martin qui a gardé la place au chaud à la Mairie (ce dernier restera député) et l’adhésion que suscite son retour. Cette victoire prévisible servira de base au coup de théâtre indispensable : des municipales à Bordeaux en 2006 !

D’une part, en provoquant ce type d’élection un peu plus d’un an avant l’échéance modifiée, Alain Juppé peut  espérer faire mieux que les…50,96 % du 11 mars 2001 (un sondage discret le prouve) qui, dans le fond, n’étaient pas si intéressants que cela pour le nombre de délégués à la Communauté Urbaine de Bordeaux. D’autre part, Gilles Savary, le rival socialiste potentiel a levé le camp… et ses 20 %, qui constituaient, pour un premier tour, une performance honorable, avaient sauvé les meubles de la Gauche  !

S’il arrivait à 60 %, face à une liste hétéroclite et mal préparée, Alain Juppé pourrait redistribuer les sièges communautaires et… placer, quelques mois avant les « vraies » municipales, Alain Rousset dans une situation intenable à la CUB (la perte de Saint Aubin Médoc et de 2 conseillers bordelais de droite supplémentaires le mettraient en minorité !). Ce serait le troisième fleuron du retour au bercail !

ACTE 4 : Pour l’ensemble de son œuvre, Alain Juppé retrouverait alors une cote de popularité conforme au rôle que veut lui voir jouer Chirac face au Roquet de Neuilly. Au sein de l’UMP d’abord, et ensuite dans la campagne présidentielle en préparation. Si, par hasard, Sarkozy prenait le large (on pressent qu’il le fera à la rentrée) pour voguer en solitaire, le Ministère de l’Intérieur irait comme un gant au fidèle des fidèles…dans une période critique.

La suppléante du « re-nouveau » député de Bordeaux (Chantal Bourragué ?) retrouverait alors le Palais Bourbon, perdu de vue quelques semaines…ce qui la consolerait de son sacrifice. Le scénario serait parfait.

Sarko aurait face à lui le « candidat aux deux têtes » : celle de « beau gosse » de De Villepin et celle « énarchqiue » de Juppé ! Le coup du dédoublement deviendrait imparable, et Droopy  pourrait savourer un sens tactique lui ayant permis de tirer un véritable feu d’artifice de fin de règne.

ACTE 5 : Droopy pourrait même s’offrir un ultime pied de nez  : démissionner, pour raison de santé, avant la fin de son mandat pour coincer des Socialistes incapables de désigner leur candidat avant… novembre 2006. Un moment d’habileté suprême car, alors, le seul recours de la bande à Hollande serait d’en appeler, toutes rivalités cessantes, à Yoyo, présenté comme le Sauveur ! J’entends d’ici les arguments en faveur d’un duo de choc : Jospin (Président)-Royal (Première Ministre) susceptible de clouer au sol Lang, Strauss Kahn et… Fabius pris de court par un calendrier désastreux. Une véritable tragédie…de « politique friction » heureusement totalement imaginaire. D'ailleurs cette hypothèse est désormais sans fondement.

Mais, vous le savez bien, vous qui êtes des lectrices ou des lecteurs fidèles, : je déblogue

 

Chronique publiée le 1° février 2006

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26 juillet 2006 3 26 /07 /juillet /2006 07:17
Les hasards des passions font que je suis, actuellement, face à un énorme pensum à lire. Il constitue l’ouvrage de référence sur l’affaire Dreyfus. Fait de textes courts, précis, extrêmement documentés, ce « dictionnaire » écrit sous la direction de Michel Drouin, malheureusement trop volumineux pour être « populaire », devrait constituer, un siècle après la réhabilitation définitive du capitaine le plus célèbre de l’Histoire de France, (ce fut le 12 juillet 1906), une référence pour l’analyse des événements actuels. Il contient et illustre, en effet, deux vices redoutables de notre société réputée républicaine : l’erreur judiciaire et l’antisémitisme. Or, il se trouve que, depuis des semaines, toute l’actualité tourne autour de ces tristes réalités. Au fil des pages, je frémis en suivant, avec une précision scientifique, l’évolution d’un dossier beaucoup plus révélateur qu’on ne le croit de la réalité hexagonale passée et… actuelle.
L’acharnement terrible mis pas des accusateurs, des procureurs, des juges, des hommes politiques, pour faire condamner un innocent et, plus encore, pour ne pas reconnaître ensuite leur erreur, n’est pas sans rappeler des facettes de l’affaire d’Outreau. Le déchaînement autour des juifs, au début d’un XX° siècle du progrès, confinait au nazisme rampant. Le dramatique fait divers ayant frappé Ilan Halimi a surgi dans notre quotidien pour rappeler que, ce que Brecht appelait « la bête immonde », demeure une menace pour l’humanité. La conjugaison de ces deux événements me plonge dans la plus grande perplexité, car elle témoigne du recul indéniable de la raison, de la culture, de l’éducation réelle, et de la tolérance.

IMPITOYABLE CUREE MEDIATIQUE
 Quand je parcours l’horrible séquence de quasiment 12 ans de la vie d’Alfred Dreyfus, j’ai envie de dénoncer encore plus fort, avec plus de véhémence, les ravages de « l’opinion dominante », tant elle a joué un rôle prépondérant dans son calvaire. Cette impitoyable curée médiatique pour d’abord dénoncer, ensuite avilir, et enfin détruire un homme aura constitué la pire des tortures. Quelle souffrance a dû endurer Dreyfus ! ,
Notre société a pourtant renforcé, décuplé, ces pratiques d’acharnement sur des coupables susceptibles d’exorciser les démons silencieux que porte une société durant un laps de temps déterminé. Même s’il n’y avait pas encore le choc des images, il y avait le poids extrême des mots. Des assommoirs !
Comment des journalistes ont-ils pu, chaque matin, se regarder dans une glace, après avoir écrit, le lendemain de la dégradation d’un Capitaine innocent, affrontant ses bourreaux avec un stoïcisme remarquable, les commentaires suivants : « Son attitude à la parade d’exécution achève de le condamner selon moi. Pour s’être prêté aussi docilement, aussi passivement, à un pareil supplice, cet homme ne doit avoir aucune sensibilité morale. Pas un geste de révolte, pas un cri d’horreur, pas une larme, pas un murmure. C’est vrai qu’il a plusieurs fois protesté de son innocence, mais toutes ces protestations sonnaient faux. On n"y sentait aucune chaleur humaine. On aurait dit la voix d’un automate… » écrivit par exemple Marcel Paléologue dans un « Journal de l’affaire Dreyfus ».
« Le voici devant moi à l’instantanée du passage, l’œil sec, le regard perdu vers le passé, sans doute, puisque l’avenir est mort avec l’honneur. Il n’a plus d’âge. Il n’a plus de nom. Il n’a plus de teint. Il est couleur traître. Sa face est terreuse, aplatie et basse, sans apparence de remords, étrangère à coup sûr, épave de ghetto… ». ajouta Léon Daudet dans Le Figaro. « Quand il s’avança vers nous, le képi enfoncé sur le front, le lorgnon sur son nez ethnique, l’œil furieux et sec, toute la face dure et qui bravait, il s’écria, que dis-je ? il ordonna d’une voix insupportable : « Vous direz à la France entière que je suis innocent ! » « Judas, traître ! » ce fut une tempête… »  éructa Maurice Barrés dans Le Figaro. On sait où finirent Léon Daudet et Maurice Barrés sur l’échiquier politique ! Ils ne furent jamais condamnés pour leurs propos atroces, pour leur haine purulente, pour leurs accusations honteuses.

OBSERVATION HUMILIANTE

Actuellement, la justice s’ébroue et se débat afin d’échapper à l’observation humiliante que lui inflige le monde politique, celui qu’elle haït plus que tout. Il dissèque publiquement les dysfonctionnements d’une entité inattaquable. La justice, comme toutes les institutions, a toujours eu horreur que l’on mette en doute la moralité, la fiabilité des siens, car ce serait introduire le doute sur sa qualité collective, conduisant les citoyens à perdre leurs illusions sur l’équité du système judiciaire. Et, par les temps qui courent, les juges , confrontés à une « exigence de résultats », n’ont pas besoin de tels révélateurs, au surplus télévisés, pour en arriver là ! Le monde à l’envers : les stylos, les micros, les caméras, les claviers se tournent vers les juges et non vers les accusés potentiels. Pas facile de passer du rôle d’observateur à celui d’observé !
Dreyfus, malgré toutes ses dénégations, malgré l’absence de preuves « sincères », malgré toutes les manquements à la rigueur dans l’investigation a sans cesse eu, face à lui, une machine collective à broyer. La commission d’enquête parlementaire, censée porter le regard du Peuple sur le fonctionnement d’un pouvoir garant de sa liberté, ne semble pas intéressée par le rôle joué par les médias dans l’affaire d’Outreau. Elle n’a pas prévu d’auditionner les auteurs des « fuites », les relayeurs de rumeurs, les « juges » de la plume, du micro, de la caméra ou du clavier. Elle ne semble pas s’inquiéter de ces connections entre justice et presse, dont on sait désormais l’effet dévastateur. Dreyfus en fut la victime exemplaire. Il n’y a plus de Zola pour sauver l’honneur !

UNE COALITION CONTRE NATURE

Pris en otage par une hiérarchie ravie de se construire des certitudes sur sa loyauté et son patriotisme, le Capitaine, condamné à croupir sur l’Ile du Diable, aura été la victime expiatoire de cet antisémitisme rampant dans la société française. Indubitablement il est toujours là, il rôde, il se reconstitue, en réaction à un autre racisme. L’extrême droite organise quelques dérapages, de temps en temps, pour entretenir la flamme des ses troupes nostalgiques. Le négationnisme sert de socle aux attaques ciblées. Mais maintenant, les antisémites historiques ont reçu en renfort les intégristes, constituant ainsi progressivement une coalition contre nature. Les profanateurs de cimetières juifs rejoignent les lanceurs de cocktails Molotov sur les synagogues, dans une haine sommaire dont les « Barbares » auront été les ignobles disciples. Ils cultivent une haine commune, tout en étant férocement opposés.
D’après les chiffres du ministère de l’Intérieur, qui rejoignent d’ailleurs ceux du CRIF, on avait pourtant constaté une baisse des actes antisémites en France. En effet, on comptabilisait en 2004, 974 actes antisémites, tandis qu’en 2005 on n'en a recensé que 504, soit moins de 48%. Pour près de 50 % des actes antisémites, les  auteurs restent inconnus, et dans 42 % des cas, ils «se rattachent à une problématique  proche orientale », selon la terminologie des Renseignements Généraux. Dans les cas de menaces, 36 % des auteurs connus sont proches de l'extrême droite.
L’atroce mort d’Ilan Halimi ne plaide plus pour la sérénité… La justice devra être à la hauteur ! La presse aussi !
Mais je déblogue…
Chronique publiée le 22 février 2006
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Published by Jean-Marie DARMIAN - dans BLOG D'ETE ET VIE LOCALE
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25 juillet 2006 2 25 /07 /juillet /2006 00:17
 
Plus personne ne veut être " vieux ". " Agé(e) " c’est tout juste, alors vieux, vieille ou vieillard c’est impensable. Nous sommes partis sur le concept inimaginable de l’immortalité potentielle. Tout le progrès a été axé sur ce souci qui hante les esprits du plus grand nombre : quitter ce monde le plus tard possible et considérer que la mort est l’affaire des autres.
Je suis frappé, par exemple, quand j’observe la lecture qu’ont certaines personnes des carnets d’obsèques de Sud-Ouest. Selon leur ancienneté dans l’exercice, ils repèrent le plus vite possible la localité et les noms, avant de chercher l’âge du défunt. Et là, quand ils constatent qu’il s’agit d’un septuagénaire, la réflexion vient inévitablement : " le pauvre, il était encore jeune ! ". Et plus le temps avance, et plus le constat désolé s’applique à des gens ayant dépassé les trois-quarts de siècle. Bientôt les octogénaires seront considérés comme des victimes de ce mal irrémédiable qu’est la mort. Certes on sait que la longévité augmente, et qu'en un siècle elle a fait un bond considérable, mais elle semble ne plus avoir de limites !

CHANGEMENT DE CAP POUR LES ESPERANCES
Ainsi, en France, l'espérance de vie des hommes ayant déjà atteint 70 ans, avait constamment oscillé entre 7 et 9 ans supplémentaires du début du XIX° siècle à la seconde guerre mondiale. Elle avait dépassé 13 ans en 1997. Chez les femmes, le progrès a démarré un peu plus tôt, entre les deux guerres, et l'on est passé d'un niveau jusqu'alors à peu près constant de 8 à 10 ans à près de 17 aujourd'hui. On note le même changement de cap pour les espérances de vie à 80 et 90 ans, et si les progrès récents paraissent moins rapides à ces âges qu'à 70 ans, c'est seulement en raison de l'échelle du graphique arithmétique. En effet, les gains relatifs sont tout aussi importants : un progrès de plus de 60 % chez les hommes et un quasi doublement chez les femmes.
Les cas d'extrême longévité ont toujours fasciné. Ainsi d'après la Bible, le premier homme, Adam, aurait vécu… 930 ans et d'autres après lui auraient fait encore mieux, tels Hénoch mort à 965 ans ou le champion des champions, Mathusalem, avec ses 969 ans ! Si un jour quelqu’un vous dit que vous datez de Mathusalem, méfiez-vous, c’est quasiment une insulte. Tout cela n'est bien évidemment que légendes. La Bible est pleine d'images épiques, et de l'âge des patriarches, comme si elle devait vendre, avant le paradis, la longévité terrestre. Pour les jeunots arrivés après le déluge, les estimations sont d'ailleurs beaucoup plus " modestes " : 275 ans pour Abraham, 180 pour Isaac, 147 pour Jacob, 110 pour Joseph... Ce qui rapproche évidemment des espoirs actuels.
À une époque plus récente, les centenaires du Caucase ou ceux de quelques vallées andines ont défrayé la chronique, sans parler des centenaires de la Géorgie américaine. Si ces cas ont pu paraître, un temps, plus vraisemblables, on sait aujourd'hui qu'ils ne correspondaient à aucune réalité, car il ne s’agissait que d’interprétations " civilisées " de rythmes vitaux totalement imprécis.

UN PATRIMOINE GENETIQUE SPECIFIQUE
Ce sont là, en fait, trois références d'un phénomène très classique : dans beaucoup de sociétés, les vieillards inspirent déférence et respect et, lorsque l'état civil des individus n'est pas solidement établi, les âges déclarés pour les très vieux sont la plupart du temps surestimés. Il suffit alors qu'une argumentation spécifique, dénichée par un spécialiste, rende la chose plausible (comme, par exemple, les effets de la vie en haute montagne ou de la consommation de produits naturels, quand ce n'est pas l'hypothèse d'un patrimoine génétique spécifique à une population isolée) pour que naisse une légende...
On cherche désespérément à se raccrocher à des éléments réputés scientifiques. La nourriture arrive en premier. Le yaourt a tenu la route. L’oignon cru a été loué. L’huile d’olive est devenue le nec plus ultra et l’on murmure que dans quelques décennies il sera possible de faire fortune avec des oliveraies sophistiquées classées " grand cru " dont on vendra les " premières pressions " à prix d’or. On parle des huiles de poisson. On cherche… on cherche…on invente… de telle manière que le consommateur rêvant d’éternité vivante, et non pas potentielle, trouve les produits de l’espoir.
Dans cette aventure, les femmes distancent de très loin les hommes. Les effets cumulés de la surmortalité de ces derniers, à tous les âges de la vie, conduisent en effet à un extraordinaire déséquilibre entre les sexes : après 100 ans, il ne reste plus qu'un homme pour sept femmes. En fait, cette proportion change très vite aux très grands âges : elle est encore d'un homme pour quatre femmes à 95 ans, mais n'est plus que d'un homme pour dix femmes à 104 ans.

LE DESESPOIR DES QUADRAS
C’est probablement ce constat scientifique qui a provoqué le désespoir des " quadras " du Parti socialiste, probablement réunis pour un banquet " macro bio " dans un restaurant parisien. Ces ténors prometteurs de la vie politique française ont vu venir le danger : les " vieux " ne semblent pas décidés à leur faire une place au soleil. Pire ils s’incrustent et prennent racines, démontrant que la valeur peut attendre le nombre des années. Et le pire, c’est que si les femmes s’installent, elles resteront fidèles au poste encore plus longtemps que les hommes ! Dramatique… Regardez un peu pour les Présidentielles qui s’annoncent en 2007 : Le Pen affichera 79 ans au compteur de sa haine ; Chirac aura 75 ans , Jospin atteindra les 70 ans et Arlette Laguiller, avec ses 67 printemps sera la benjamine des revenants… autant dire que l’avenir est devant elle.
Dans un article récent du Monde (5 février), la classe biberon socialiste se rebelle en mettant en avant le fait qu’ils deviennent les oubliés de la politique et que, parole de quadras, le P.S. le regrettera un jour. Brimés par les femmes qui piquent 50 % des places au moment où leurs ambitions peuvent éclore, doublés par les éléments les plus prometteurs de la seconde ou troisième génération de l’immigration, écartés par les papis flingueurs des courants ils sentent le pouvoir leur échapper. Il ne leur reste plus beaucoup d’espace de progression, et il leur faut nécessairement pousser vers la sortie les nantis de l’âge.
Le seul problème c’est que ces critiques liées au poids des ans et à l’excès d’expérience en politique les fâchent avec l’électorat des retraités qui n’aime guère que l’on dévalorise ses égaux dans la vieillesse. Jospin en a fait les frais en se lâchant sur l’âge de son rival aux présidentielles. Les " seniors " (ont ne dit surtout plus les vieux) ont la rancune tenace quand on leur demande hâtivement de débarrasser le plancher..
Au fait j’ai 59 ans aujourd’hui… Poussez pas !.. Poussez pas ! Poussez pas!.. Il y aura de la place pour tout le monde !
Mais je déblogue…
Chronique publiée le 17 février 2006
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24 juillet 2006 1 24 /07 /juillet /2006 00:17

La rumeur parcourt les rédactions espagnoles. Elle donne lieu à une forte rivalité entre les supports médiatiques car elle est d’importance. Elle dépasse toutes les autres facettes exceptionnelles de l’actualité nationale ou internationale. L’Espagne, et par ricochet la France, est plongée dans la plus grande perplexité. Le problème c’est que l’info exclusive diffusée par la radio espagnole " Cadena Ser " attendra mercredi pour être confirmée ou infirmée. En effet, c’est ce jour là que, lors d’une conférence de presse à laquelle des dizaines de micros et de caméras tenteront de sa faufiler, Zinedine Zidane scellera  le sort de sa carrière. La rumeur file plus vite que Ronaldo dans tout Madrid : notre Zizou désormais éclipsé par l’extraordinaire talent de Ronaldhino bouclerait son parcours professionnel  après la Coupe du Monde en Allemagne laissant le Real orphelin de son meneur de jeu. Il n'irait pas au bout de son contrat !

Comme toujours en pareille circonstance, une autre réalité, plus banale, moins fracassante, pourrait être en fait annoncée par le clan Zidane à cette occasion : l’évocation du film de Douglas Gordon, dont Zinédine est le héros et qui porte un titre déjà attirant : " Zidane, un portrait du XXI° siècle ". Cette œuvre de 90 minutes, réalisée le 23 avril 2005 lors du match Real-Villareal avec pas moins de 17 caméras, filmant Zinedine sous de multiples angles, devrait sortir le 24 mai, hors compétition, dans le… 59 ° festival de Cannes. Une ville dans laquelle il ne pouvait pas se douter un instant qu’il deviendrait, un jour,  la vedette d’une manifestation très éloignée de ses préoccupations. Ce projet dingue, monté par deux artistes contemporains connus, l'Ecossais Douglas Gordon et le Français Philippe Parreno a surtout consisté à convaincre Zidane de jouer... Zidane. Et quel rôle : il a marqué, a pris un carton rouge, joué le jeu mieux qu'espéré… On attend le résultat !

 IL A TOUJOURS VECU DE PASSION

Probablement que la vérité se situera, mercredi prochain, sur les deux tableaux : retraite et promotion. Une attitude qui correspondrait véritablement aux habitudes de l’entourage de celui qui laisse à son frère le soin de gérer toute sa carrière extra sportive. Lui, le gamin de " La Castellane " à Marseille, n’a jamais été un homme d’affaires avisé et sa fortune lui est totalement méconnue. Il a jusqu’à présent surtout vécu de passion pour ce ballon qu’il est l’un des rares au monde à pouvoir dominer avec une désarmante facilité.

En 1992, Zidane est recruté par Rolland Courbis (on peut penser ce que l’on veut de Courbis mais il a le foot dans le sang) pour le compte des Girondins de Bordeaux. C’est durant cette période que j’ai pu le côtoyer, sans pouvoir honnêtement écrire, aujourd'hui,  que j’ai beaucoup échangé ou partagé avec lui. D’abord parce qu’il était d’une avarice de mots et d’une retenue maladives avec la presse. Ensuite, il était fort difficile d’entrer dans le triangle bordelais " Duga-Liza-Zizou ", compact et d’une solidarité à toute épreuve. Il en était médiatiquement le maillon faible, et donc les deux autres le protégeaient avec vigilance. Enfin, le privilège de l’interroger revenait aux professionnels les plus chevronnés du service des Sports de Sud Ouest. Pourtant, j’ai une anecdote le concernant qui m’a marqué à un double titre.

J’avais toujours rêvé, en tant que journaliste, de suivre et d’écrire sur un match de l’équipe de France de football qui n’était pas encore devenue celle des " Bleus". Or, le hasard fait que le 17 août 1994 se déroule, à Bordeaux, la rencontre France-Tchéquie. Avec un immense plaisir, je suis " sélectionné " pour participer au groupe qui suivra cette rencontre, et je suis chargé du papier sur les jeux et les joueurs. Personne n’est sûrement plus heureux que moi… de travailler ce soir-là.

J’ai déjà eu le privilège d’entrer à La Réserve de Pessac, où logeaient les internationaux. Pour moi, ancien joueur passionné, questionner Aimé Jacquet que je retrouvais après sa période faste aux Girondins,  plaisanter avec des vedettes en devenir, écrire sur leurs états d’âme était un vrai plaisir.Jétais heureux, car cela représentait le nec plus ultra du journalisme.

MON PAPIER EN SERA PLUS VITE BOUCLE

Le soir,  sur mon bloc, je me lance consciencieusement dans mon papier, afin de remplir mon contrat dans les délais. Pas grand chose à se mettre sous la plume, car la déroute menace quand les Tchèques inscrivent à la 45° minute leur… second but. La France hoquète et ne parvient pas à donner un espoir de redressement. Mon papier en sera plus vite bouclé. D’ailleurs, pour ne pas retarder la sortie des premières éditions, je le téléphone aux sténos dans un vacarme critique de plus en plus exigeant. Le boulot est terminé. Zinédine Zidane est entré sur la pelouse (63° minute) pour obtenir sa première sélection, qui l’empêchera d’aller un jour vers la sélection algérienne. Jacquet assure l'avenir sans le savoir véritablement, car, il faut le dire, il ne pressent pas le rôle qu'aura Zidane.

Rien de bien sensationnel jusqu’à ce que le novice place une frappe terrible des 25 mètres dans les cages situées devant un virage sud qui exulte. Il a remplacé Martins et permet au moins de justifier la confiance de Jacquet… Je ne vais tout de même pas rappeler le journal pour changer mon article ? Sauf que le bougre expédie deux minutes plus tard une reprise victorieuse de la tête dans les mêmes filets. Deux buts en deux minutes ! Un  exploit qui soulève ce qui n’était encore que le Parc Lescure et va, deux ans plus tard, installer définitivement Zidane au poste de meneur de jeu des Bleus.

SANS SE POSER DE QUESTIONS METAPHYSIQUES

Je reprends vite mon stylo bille et le téléphone,  pour ajouter quelques lignes sur la prouesse d’un joueur, encore plus inquiet qu'à l'habitude, lors des retrouvailles dans le paddock avec le presse, avide de tout savoir sur ce qu’il est incapable de dire… Zidane est simplement heureux. Il ne sortira rien d’autre,  car chez lui, à cette époque-là,  il n’y a aucun calcul, aucune roublardise, aucune exploitation. Il ne saura rien expliquer de ce qu’il avait accompli spontanément, naturellement, honnêtement, sans se poser de questions métaphysiques ou tactiques. En ce qui le concerne, ce soir là, il est plus terrorisé par les retombées de son doublé que satisfait.

Je le revois avec son regard de cocker triste, éclairé par un zeste de sourire gêné, dans l’eau froide de sa timidité profonde. J’ai découvert alors, progressivement, que son royaume se limitait à un rectangle plus ou moins vert, et que dès qu’il en franchissait les frontières géométriques blanches, il devenait maladroit, introverti, et peureux.

Chaque fois qu’ensuite j’ai croisé sa route, sous le maillot des Girondins, j’ai toujours eu en mémoire cette soirée qui lui avait apporté la notoriété et qui, à moi, m’avait permis de partager un moment exceptionnel. Rencontre fortuite de deux passions qui ne grandiront pas, bien évidemment, de la même manière. Jamais je ne l'ai entendu se plaindre. Jamais je ne l'ai vu défendre quelqu'un d'autre que son copain Duga, qui lui doit toute sa carrière internationale. Je ne l'ai jamais senti soucieux de devenir le symbole de l'intégration.

LE SOL DES MESQUINERIES HUMAINES

Evidemment, je ne sais pas encore ce qu’annoncera Zidane mercredi. Je suis seulement certain que s'il arrête, celui qui  aura le mieux parlé de lui n’est autre que… Charles Baudelaire, dont la passion pour le sport n’existait pas. Oui. Charles Baudelaire, car il a génialement transcrit cette opposition extraordinaire entre le poète merveilleux qui nous régale de ses arabesques imprévues et l'homme sans inspiration qui se retrouve tellement gauche sur le sol des mesquineries humaines.

Zidane, toi qui ne fut jamais mon ami, mon complice, si je prononçais le discours de ton départ en retraite je me contenterais donc de te lire ceci :

Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers.

A peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces rois de l'azur, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons traîner à côté d'eux.

Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule!
Lui, naguère si beau, qu'il est comique et laid!
L'un agace son bec avec un brûle-gueule,
L'autre mime, en boitant, l'infirme qui volait!

Le Poète est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l'archer
Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l'empêchent de marcher.

Toute sa carrière s’y retrouve. L’enchantement d’un instant permet toujours de supporter les désillusions qui suivent. Je crains beaucoup pour lui quand il quittera le lieu vert de sa seule passion. Seuls celles et ceux qui n’ont jamais eu l’âme d’un poète des stades peuvent le comprendre. Et, par les temps qui courent ils sont rares, très rares. Trop rares!

Mais je déblogue… 

 

 

 Chronique publiée le 22 avril 2006 

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23 juillet 2006 7 23 /07 /juillet /2006 00:17
Le Roquet de Neuilly ne se sent plus. Il frétille. Il parade. Il jubile. Il s’extasie. Sa cote de popularité a grimpé aux rideaux des sondages. Il atteint même le nirvana des candidats potentiels à la sinécure élyséenne. Lui, le roi du Karcher, lessive le reste de la troupe, la réduisant à de la figuration. Avec "11 %  d’opinions favorables supplémentaires " il atteint des sommets de popularité. Il caracole. Il s’envole. Il flirte avec le plus beau score qui soit : 2 Français sur 3 lui accordent une confiance béate, si l’on peut croire dans la représentativité d’un échantillon téléphonique de… 958 " sondés ".
Mieux, 68% des personnes interrogées approuvent son action face aux émeutes et 63%, sa proposition d'expulser les étrangers impliqués dans les violences. Encore plus superbe, 64% de nos compatriotes lui feraient confiance pour apporter des "solutions durables" aux problèmes des quartiers. La " racaille " n’a plus qu’à bien se tenir. Le justicier des banlieues, adoubé par un sondage tombé à " Point " n’a plus à douter de son avenir. Il lui suffira de monter d’un cran dans les propos, pour atteindre, lors de la prochaine enquête d’opinion portant sur les membres de son cabinet ministériel, (sa famille et les éditeurs ne semblent pas encore aussi convaincus, si l’on en croit le Canard enchaîné)… les 99 % de satisfaction. Croyez moi " l’échantillon " n’est rien à coté du produit fini. Le Roquet va multiplier  ses escapades au pied des tours, et clamer qu’il aura la peau des " assassins " et qu’il nettoiera les cités à la " mitrailleuse lourde ". Avec une bonne dose de reportages " neutres " diffusés par TF1, il devrait rapidement dépasser les 120 % de Françaises et de Français conquis par son dynamisme.

EXTRAORDINAIRE TOUR DE PASSE PASSE
Il est vrai que quand on connaît les relations entre les instituts de sondage et le Ministère de l’Intérieur, on ne peut qu’être rassuré sur la qualité déontologique de ces moments forts de notre démocratie. Quand on ajoute qu’ils sont essentiellement financés par les … Ministères, les collectivités territoriales, les partis politiques ou des entreprises amies, via des études diverses, on dort tranquille sur la validité des résultats. Le Roquet l’a bien compris, car il a réussi le plus beau chelem de l’histoire de la République. Un extraordinaire tour de passe-passe, qui laisse tous ses " partenaires " habituels des plateaux télévisés muets d’admiration.
Voici, en effet, une démocratie bien gardée, puisque le Ministre de tutelle des partis politiques subventionnés par l’Etat, Nicolas Sarkozy, contrôle les faits et gestes du Président du plus important parti de la majorité qui n’est autre que Nicolas Sarkozy. Vous pouvez être certain que le Ministre ayant en charge les échéances électorales et le Président de l’UMP chargé de les gagner, ne se rencontrent jamais… pour parler de la meilleure manière d’arriver à ce résultat. Mieux, il maîtrise, comme Ministre de l’Intérieur, tous les leviers de l’Etat, tous les rapports des Renseignements généraux, toutes les analyses (plus ou moins fiables d’ailleurs) qu’ il se garde bien de transmettre à son copain, le Président de l’UMP. Et, incroyable coïncidence, le " Ministre-Président " est aussi le mandataire préféré du candidat Sarkozy à l’Elysée… Au nom du respect éminent de la neutralité républicaine, il ne lui adresse pas la parole, même pas un mot aimable, le matin en se rasant devant sa glace. Trois hommes en un seul, unis selon le vieux slogan des Mousquetaires : " Tous pour un et un pour tous ". Ah! n'oubliez pas citoyennes et citoyens qu'il ne faut pas que votre Maire préside une assoctaion sinion, lui, sera accusé de gestion de fait et sermoné par la cour des comptes.
DORMEZ TRANQUILLE
Comme " frérot" s’occupe du MEDEF dont la Présidente est, par ailleurs, à ses moments perdus, installée dans un fauteuil de PDG de l’IFOP (au fait on a frôlé le pire car le sondage ci-dessus cité émane heureusement d’IPSOS …) la marge de manœuvre demeure confortable. Je vous le conseille : dormez tranquille, les sondés pensent pour vous ! Depuis leur salon pour les rentiers de Nice, leur cuisine pour les ménagères de plus de 50 printemps de Paris intra muros, le siège de leur tracteur pour les céréaliers de la Beauce, l’arrière-boutique pour le boulanger de Farfouillis les Gonesses, la bergerie pour l’éleveur du Larzac, le jardin exotique pour le retraité de Neuilly, le quatorzième étage d’un immeuble d’Aulnay sous Bois est montée la vérité. Après avoir infusé dans la tisane des 20 heures présentés par des journalistes en dessous de tous soupçons, ils ont délivré leur message : plus la France va mal et plus ceux qui la gouvernent sont populaires, admirés, reconnus efficaces. Plus un Euro dans les caisses, des gouffres financiers (nous remboursons plus de 2 500 € d’emprunt par… seconde !), des banlieues à feu et à sang, un pays sous une loi d’exception jamais prise depuis un demi-siècle, un nombre de demandeurs d’emplois élevé, une pénurie dramatique de logements à loyer aidé : le sondé n’en a cure ! Ce qui compte c’est que l’on donne l’apparence de la rigueur, de la fermeté et que l’on détourne l’attention sur l’essentiel : l’enlisement d’une nation dans la pauvreté, la précarité, la rivalité et l’insécurité !
SONDAGES AUX VESTIAIRES
La " chienlit " qui avait sauvé De Gaulle vient de ressusciter le Roquet de Neuilly que l’on croyait moribond. Pourvu que le soir du réveillon de fin d’année, à Strasbourg, quelques voitures se consument sous l’œil dévoué des caméras… le sondage de janvier sera formidable ! Droopy, muni des ses lunettes, (fait extraordinaire pour un homme qui aura 73 ans dans quelques jours), viendra la France des sondés droit dans les yeux pour récolter les miettes du festin sarkozien. Crin Blanc attendra un nouveau faux-pas pour espérer rattraper son retard sur le roi de l’esbroufe. Il ne tardera pas à mesurer le décalage fantastique entre ce que disent les gens et ce qu’ils pensent.
Mais rassurez vous chers sondés, au Mans, on ne parlera pas ce week-end de cote de popularité. Là-bas on causera idéal et utopie. On se battra sur la manière de redonner confiance aux électrices et aux électeurs de gauche. On avancera des propositions dignes et responsables… Et je vous le promets, on rangera les sondages aux vestiaires. Ségolène et Jack se contenteront d’écouter. François et Laurent, Vincent et Arnaud, loin très loin du Roquet au palmarès, se contenteront de faire de la figuration… pour les copains. Yoyo répètera qu’il est où il est à l’insu des on plein gré.
Au fait j’ai oublié : les sondeurs ne font pas de politique et les sondés encore moins.
Mais je déblogue…
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22 juillet 2006 6 22 /07 /juillet /2006 00:17
 
Ce matin, il y a dix ans que François Mitterrand a quitté ce monde. Ecrire sur lui, c’est tout bonnement suicidaire, car la particularité essentielle de cet exercice réside dans l’extraordinaire complexité du personnage. C’est encore plus suicidaire car, comme tous les hommes publics qui comptent, il suscite des passions contraires allant de la haine viscérale à l’idolâtrie coupable. La "mitterrandolâtrie " me condamne ipso facto à la vendicte populaire ou à une suspicion de ralliement intéressé. Tant pis, je l'assume. 
C’est à partir du moment où rien ne dérange dans une vie qu’il faut se méfier de l’image qu’on en donne. Pour ma part, je n’ai jamais adulé François Mitterrand dont les conceptions de la politique ne correspondaient pas à ce que j’avais vécu et appris dans le sillage du PSU. Michel Rocard correspondait davantage à la démarche initiatique qui avait été la mienne. Elle était entrée en moi, et je n’ai jamais pu véritablement m’en détacher, d’autant qu’elle s’est renforcée au fil des ans grâce à la lecture attentive des écrits de Pierre Mendés France.
J’ai donc été un adepte modéré, car j’avais été échaudé, dès mon arrivée au PS (76), par une exclusion d’un an pour non respect des décisions fédérales correspondant aux élections municipales créonnaises. L’intégrité, la clarté, la sincérité, la liberté, n’étaient pas des vertus cardinales à mettre en avant. Je l’ai payé d’une première désillusion.

LES IDEES NOUVELLES ALLAIENT GERMER
J’ai pourtant loyalement participé à la campagne électorale de 1981, sans aucun état d’âme, en me démenant nuit et jour, avec  le sentiment que des idées nouvelles allaient enfin germer, avec l’accord du Peuple. Je me revois encore, au milieu de la nuit du 9 mai, me lever, me déguiser en monte-en-l’air, pour aller coller, sur l’affichoir du Créon Ciné, une caricature de Giscard, dépositaire des diamants de Bokassa.
Je conserve quelque part en moi le bonheur immense du champagne bu pour fêter son élection, chez Roger Caumont, mon maître, comme moi hérétique réconcilié avec la discipline du parti. Sincèrement, elle m’a procuré l’une des toutes premières joies profondes d’un militantisme exubérant, mais convaincu de son utilité. Faire élire quelqu’un en qui l’on croit appartient à la plus merveilleuse des tâches politiques. Le voir l’emporter accorde la plus superbe des récompenses : l’espoir !
Je m’étais battu, pied à pied, pour un instant tenant du miracle. Oui, je l’avoue, j’avais été peu regardant sur tout ce qu’il y avait eu avant. D’autant qu’en 74, je m’étais autant battu dans le bataillons de harkis rocardiens arrivés avec armes et bagages (avant d’être virés du PSU), et je n'avais rencontré que l’échec. Je m’étais fait laminer par ses troupes, lors du Congrès historique de Metz, en 1977, au cours duquel il avait fallu être solide pour ne pas sombrer. Les cicatrices pansées, je m’étais fait une raison, car en politique il faut admettre la défaite pour ne jamais être en contradiction avec ses principes.
J’ai cru en lui, non pas par dévotion intéressée, mais tout simplement parce qu’un printemps venait de se lever. J’ai toujours continué, malgré cela, à être méfiant, mais quand on fait de la politique il faut savoir que rien n’est pire que le renoncement, la fuite, ou la trahison. La déception enrichit. Le repli sur soi affaiblit. J’ai donc mon droit d’inventaire, dont je suis fier, en ce jour anniversaire de sa mort. Je sais que chacun aura sa vision du personnage, mais il faut analyser ma réaction en comparaison.

MES REPERES SUR TONTON
Je vous propose donc mes repères sur Tonton. Ils sont discutables, et vont faire fulminer, bondir, hurler, détourner de mon blog quelques un(e)s d’entre vous, mais je les assume. A vous de juger :
La plus belle journée de Mitterrand : le 21 mai 1981 lors de son passage au Panthéon
La pire journée de Mittterand : le 1° mai 1993, jour du suicide de Bérégovoy
La plus belle mesure de Mitterrand : l’abolition de la peine de mort
La pire mesure de Mitterrand : l’instauration de la proportionnelle aux élections de 86, qui favorisa l’émergence du FN
Mon meilleur souvenir sur l’arrivée de Mitterrand : les larmes de Mendés-France lors de la cérémonie à l’Elysée
Ma plus belle image de Mitterrand : la cérémonie à Douaumont avec Helmut Kohl
Ma plus belle phrase de Mitterrand : " Laissez le tyrannie régner sur un mètre carré, elle gagnera bientôt la surface de la terre ".
Ma phrase détestable de Mitterrand : " La démocratie, c'est aussi le droit institutionnel de dire des bêtises. 
Le lieu symbolique de Mitterrand que je préfère : Le bois de chênes de Latché
Le lieu mitterrandien que je déteste : La Roche de Solutré
La femme mitterrandiste que j’admire le plus : Danielle Mitterrand
La femme mitterrandiste que je respecte le moins : Edith Cresson
L’homme de Mitterrand que j'admire le plus : Robert Badinter
L’homme de Mitterrand que je respecte le moins : Roland Dumas
La passion de Mitterrand que j’aime le plus : les mots
La passion de Mitterrand que j’aime le moins : le goût du pouvoir à tout prix
L’événement phare de la période Mitterrand : la chute du mur de Berlin
Le pire événement de la période Mitterrand : l’affaire du Rainbow Warrior
La qualité de Mitterrand que je voudrais avoir : le courage face à la maladie
Le défaut de Mitterrand qui me révulse : le mensonge institutionnel
Le reproche que je formule à l’égard de Mitterrand : son cynisme dans l’utilisation des autres
L’admiration que j’ai pour Mitterrand : sa résistance aux échecs
La force essentielle de Mitterrand : sa capacité à gérer le temps
La faiblesse irrémédiable de Mitterrand : sa haine de Michel Rocard
Je sais, ce petit jeu est subjectif, incomplet, inutile, mais sincère et désintéressé. A vous d’en juger…
Mais je déblogue…
Chronique du 10 janvier 2006
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21 juillet 2006 5 21 /07 /juillet /2006 00:17

J’ai toujours beaucoup aimé et j’aime encore lire le splendide sonnet que José Maria de Heredia a consacré aux Conquérants. Au-delà du formalisme parfait de sa composition, il illustre mon envie inassouvie de partir parfois vers des horizons inconnus. Il parle à mon espoir caché de découvrir, en permanence des espaces inhabituels, des paysages et des visages inédits, des vies étonnantes, avec lesquels je pourrais me reconstruire un monde différent. J’ai toujours adoré rencontrer la différence, prendre mon temps pour l’observer, pour la comprendre, pour l’apprécier et plus encore pour la jauger.

Je n’ai pourtant jamais eu le privilège de partir de " Palos ou de Moguer " pour des courses lointaines. Je n’ai jamais éprouvé le sentiment de ces " routiers et capitaines " s’embarquant, " fatigués de porter leur misère hautaine " pour aller conquérir " le fabuleux métal ". Je n’ai pas eu le plaisir du frisson, parcourant l’échine des aventuriers laissant derrière eux leur terre natale. Mais j’ai un vide en moi, comme un besoin permanent de ne pas me contenter des sentiers battus et rebattus. Il me faut donc une dose de voyage car " chaque soir, espérant des lendemains épiques " je les cherche dans la morosité du quotidien…

Rassurez-vous, amis lectrices ou lecteurs irréprochables, je n’ai jamais eu recours à des produits illicites et  je n’ai donc pas eu ce plaisir exceptionnel de voir " monter en un ciel ignoré, du fond de l’Océan, des étoiles nouvelles ". Je me contente donc de chercher ailleurs ces sensations enivrantes.

Je suis certain que votre surprise sera grande quand je vous indiquerai que je me suis trouvé mon voyage au long cours…dans le tram bordelais. J’y monte en effet au quai de Galin, chaque fois que je dois me rendre vers un horizon bordelais connu, avec une profonde jubilation. Certes, désormais, le contexte ne m’étonne plus, je commence à connaître les rivages du sillon tracé sur l’avenue Thiers, mais n’empêche que je déniche sans cesse une image furtive inconnue. L’étrave du tram fend la ville, rejetant sur les cotés les obstacles éventuels. Il avance, à la vitesse d’une caravelle, ouvrant la route sans que l’on ait la certitude… d’atteindre le but. Un " pot au noir " peut vous encalaminer sur les rives de la Garonne, ou vous laisser désespéré au creux de l’océan urbain. L’aventure plane sur le voyage. Elle réside également dans la légère anxiété que l’on éprouve en allant attendre le passage de la rame du retour.

LE PLUS SUPERBE DES PERIPLES DEBUTE

Lorsque je me retrouve enfermé dans la cale, en compagnie des autres voyageurs, le plus superbe des périples débute. Je me prends à observer minutieusement chacune de mes voisines, chacun de mes voisins pour tenter de deviner ce qu’ils dissimulent sous des visages tristes ou enjoués. Rien n’est plus révélateur de la société que leurs regards, dans lesquels je devine la peur d’un moment difficile, la crainte d’un rendez-vous improbable, l’angoisse de la solitude au milieu des autres, le bonheur du partage, la volonté de réussir, l’éclat de l’insouciance.

Certains sont là, perdus dans le lointain de leurs pensées, scrutant les murs et façades gris du coté droit d’une avenue à laquelle on n’aurait jamais dû donner le nom de ce " Adolf " Thiers, fossoyeur de la Commune de Paris. D’autres recherchent la communication, par une réponse muette à mes interrogations. Toutes les nationalités, toutes les ethnies, toutes les couleurs de peau et tous les signes religieux ostensibles se mêlent, se côtoient, cohabitent, avec le même regard absent, dans cet espace réduit. Miracle de l’embarquement pour le même voyage, tout le monde s’ignore mais se respecte. Arche d’une France de la diversité, la rame porte le Monde.

Je l’avoue humblement : j’essaie de capter des bribes de conversations, des mots isolés me permettant de renforcer mes certitudes sur cette vie réelle dont j’ai besoin pour comprendre le présent. Futiles échanges de Lolita de banlieues, considérations sur le travail, entre copines habituées de la traversée, propos provocateurs de jeunes en mal de reconnaissance, considérations télévisuelles de retraitées préoccupées par les programmes de TF1 du soir, dialogues discrets d’amoureux transis, conversations dans des langues mystérieuses, silences pesants… Je suis sous le charme de ces papotages savoureux, lâchés dans la foule. Je me gave d’inédit. Je glane des bons mots, des prises de position cocasses, des querelles sourdes, des jugements péremptoires. Je baigne dans le Peuple, où je suis aussi heureux que dans l’eau chaude d’un atoll. Parfois, je songe à ce pauvre Balladur descendu dans le Métro, et qui ne savait pas comment composter son ticket… On devrait obliger toutes celles et tous ceux qui ont une responsabilité à faire, anonymement, durant une journée, l’aller retour sur une ligne A du tram.

CES PAUMES DU PETIT MATIN

Ils verraient alors ces paumés du petit matin, ces allumés de la fin de matinée, ces tricheurs impénitents, ces inquiets de la nuit, ces fatigués du boulot et ces fatigués de ne rien faire, ces ados transportant leurs packs encombrants de bière, ces gens modestes comptant et recomptant leur note d’Auchan, en trimballant leurs courses du jour avec boites de conserves les moins chères, raviolis, produits de première nécessité, ces collégiens en rupture de cours … A chaque jour ses peines. A chaque heure sa clientèle. A chaque instant sa vérité. Le périple me comble.

Je ne reviens jamais sans une image, sans un mot, sans un sentiment sur l’air du jour. Je scrute qui descend, qui monte, qui laisse sa place (contrairement aux bêtises répandues, ce ne sont pas les jeunes les impolis ou les discourtois), qui oublie de payer. L’exercice se révèle plus instructif que tous les reportages des magazines, tous les sondages, tous les rapports sociologiques.

J’ai des regrets en touchant la terre ferme à Mériadeck, ou en revenant à Galin. Je descends dans le monde réel. Je redeviens prisonnier de mon quotidien. J’abandonne mon esprit de conquérant…

Mais je déblogue…

Chronique publiée le 19 octobre 2006

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20 juillet 2006 4 20 /07 /juillet /2006 00:17

L’injustice judiciaire existe donc. Depuis hier soir, et le verdict de la cour d’appel de Paris dans l’affaire d’Outreau, le pays indifférent en a eu la preuve flagrante. Lui qui réclame de plus en plus de sévérité, de plus en plus de sanctions, de plus en plus d’exemplarité dans les jugements, ne s’émeut guère de l’un des dysfonctionnements les plus spectaculaires de son système répressif. Il a applaudi secrètement, il y a quelques semaines, quand, en rafales, les tribunaux expédiaient vers les prisons les émeutiers des banlieues. Il réclame vengeance quand l’actualité jette son dévolu sur un crime odieux. Il juge les juges. Il met son poids dans l’un des plateaux de cette fameuse balance, destinée à évaluer l’importance des faits. Le voici, pourtant, désarmé, déstabilisé, dérangé en constatant le gâchis que peut causer un typhon médiatico-judiciaire passant sur les fétus de paille que peuvent être des femmes et des hommes traversant, par hasard, une ou plusieurs vies compliquées. Toutes les tornades ne sont pas blanches, loin s’en faut…elles noircissent les horizons les plus limpides et peuvent faire basculer les espaces les plus paisibles dans la terreur.

 

ABOMINABLE SOUFFRANCE

Hier soir, l’heure était aux excuses. L’heure était à la compassion. L’heure était au mea culpa. L’heure était même aux " indemnisations ", signe que la situation préoccupe les élites, pour qu’ils se décident à conjuguer " argent " et " morale " dans des délais aussi brefs. Pourtant, chaque citoyen doté d’un minimum de bon sens ne peut pas douter un instant de la dérision de toutes ces prises de position à l’égard de l’horrible souffrance endurée par… 13 des 17 accusés. Rien, véritablement rien, n’effacera les cicatrices morales d’un tel parcours social. Eux, le savent. Nous, nous ne pouvons que le pressentir. Eux, l’ont vécu. Nous, nous n’en avons été que les spectateurs plus ou moins attristés. Eux, ne l’oublieront certainement pas. Nous, nous l’ensevelirons vite sous l’avalanche de nos préoccupations personnelles.

" L’affaire d’Outreau " fera l’objet d’une enquête, qui débouchera sur un rapport remis solennellement au Garde des Sceaux. Ce document entraînera une proposition de loi, dont les décrets d’application tarderont à venir, et débouchera sur une modification encore plus compliquée du processus judiciaire. Le temps que tout cela se fasse, les femmes et les hommes d’Outreau, auront vieilli dans le bain de leurs souvenirs. Certains d’entre eux auront écrit un livre témoignage sur leur douloureuse aventure. D’autres auront fréquenté les plateaux des émissions à sensation. Quelques autres ne survivront que dans la honte et l’isolement…Tous auront à reconstruire ce qu’un tsunami aura emporté, beaucoup moins brutalement que celui du Sri Lanka. La mort citoyenne a ceci de particulier : elle peut se porter encore longtemps de son vivant.

Les télés, les radios, les magazines, les journaux, qui ont diffusé des dizaines d’heures d’images, de commentaires, de photos, d’articles, ne s’excuseront sûrement pas. Certains reporters, certains investigateurs qui se sont calés dans le sillage de la moissonneuse-batteuse judiciaire oublieront vite l’imprudence de leurs affirmations péremptoires. Le droit à l’erreur existe, mais il n’a pas la même valeur pour tout le monde. Jamais les comptes-rendus du procès en appel n'effaceront les outrages antérieurs. Ils ne seront qu’une goutte d’eau dans un océan d’injustice anticipée. Toujours rendu au nom du Peuple, le verdict du prétoire a quelquefois bien du retard sur celui de la rue.

 NEE DANS LE VENTRE DE LA MISERE

 " L’affaire d’Outreau " restitue la réalité crue et cruelle d’une société. Elle est née dans le ventre de la misère. Pas seulement matérielle mais aussi et surtout intellectuelle, culturelle, éducative. Elle a grandi sur l’indifférence, sur la passivité, sur l’incompétence. Elle s’est développée sur la rumeur. Elle a enflé grâce à la complicité de tout un mécano complexe, reposant toujours sur le triptyque : police, média, justice…

Une indiscrétion par ci. Un nom suggéré par là. Une carrière à construire. Une carrière à briser. Une notoriété à acquérir. Une notoriété à détruire. Les enfants, dont on oublie quand même un peu trop qu’ils ont été des victimes, sont entrés dans ce jeu de rôles grandeur nature. Ils ont construit la vérité que les adultes influents voulaient leur voir construire. Eux, étaient habitués à obéir. Ils l’ont fait, tout en se révoltant à leur manière.

Ils n’ont pas brûlé des voitures pour exprimer leur souffrance. Ils n’ont pas lancé des cailloux. Ils n’ont pas tiré des grenailles. Ils ont " incendié " moralement des femmes et des hommes dont certains jouaient un rôle social symbolique. Ils ont balancé des mots percutants, plus terribles que n’importe quel projectile. Ils ont expédié des accusations comme d’autres appuient sur des gâchettes.

Peu ont parlé, hier soir, de ces gosses, de ces adolescents perdus pour encore plus longtemps que celles et ceux qui sont revenus à la vie. Aucun communiqué ne leur a présenté des excuses pour ne pas avoir perçu, avant le désastre judiciaire, leur détresse physique ou psychique. Eparpillés dans des familles d’accueil, ils se chercheront, à tâtons, un avenir dans un monde forcément obscur. Il sera tellement facile de stigmatiser leur fragilité et leurs mensonges qu’on oubliera totalement la vie qui a été la leur. Or il faudra admettre qu’ils appartiennent, eux aussi, à la catégorie des " écrasés " par la machine à broyer judiciaire. L’oublier constituerait une nouvelle faute.

" On dit que l’erreur est humaine mais pas toute mes enfants, pas toute… " a écrit André Levy, homme de voyages et de culture, proche d’Indira Ghandi, Mère Thérésa, Elie Wiesel ou Mgr Lustiger…

Mais je déblogue…

Chronique du

 

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