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MAIS JE DEBLOGUE...

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12 août 2009 3 12 /08 /août /2009 18:26
Chère lectrice,
Cher lecteur,

Je ne sais pas encore si j'aurai le courage de faire vivre deux blogs après 3 ans de travail quotidien intensif. En attendant que je prenne cette décision douloureuse, je vous invite à rejoindre les 307 abonné(e)s sur

http://www.jeanmariedarmian.fr,

J'espère que vous y retrouverez quelques chroniques d'humeur ou d'information qui vous permettront, en sirotant un demi ou une menthe à l'eau, de comprendre ce monde des apparences.

Bel été !


Jean Marie DARMIAN
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5 août 2009 3 05 /08 /août /2009 18:50

Aux abonnés !

L'AUTRE QUOTIDIEN vous offre la possibilité de venir passer un week-end créonnais pour le festival cyclo-musical "Ouvre la voix" les 12 et 13 septembre...Tentez votre chance ! C'est gratuit
Cordialement

Jean Marie Darmian

  

GAGNEZ 3 week ends pour 2 personnes en Gironde pendant le

Festival cyclo-musical  « Ouvre la voix » du 11 au 13 sept 2009 

Pour jouer cliquez ici : http://www.trouvezvotrepointg.com/ouvrelavoix2009/register/

 

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18 mai 2009 1 18 /05 /mai /2009 10:23

Chère lectrice,
Cher lecteur,


Toujours des difficultés techniques indépendantes de ma bonne volonté et une chronique écrite qui s'est évanouie cette nuit dans je ne sais quelle catacombe informatique... Désolé.
J'essaie de soigner la bête qui aurait été touchée par la "grippe porcine", à moins que le virus ait une origine moins lointaine... et plus officielle !
Si vous avez toujours envie de lire des textes écrits par mes soins allez sur
http://www.jeanmariedarmian.fr
Vous y trouverez des chroniques ramenées de Bruxelles ! Ca vous changera de style et de lecture !
Merci de votre confiance, et si ce soir la bête va mieux... peut-être à demain matin ! Elle a été placée en chambre stérile entre les mains d'une spécialiste.

Jean Marie DARMIAN
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16 mai 2009 6 16 /05 /mai /2009 23:58

Tous mes amis ne cessent de me le répéter : "tu devrais changer d'ordinateur... le tien est dépassé ! " . Ils ont enfin eu raison, puisqu'il est véritablement mal en point, me privant depuis plusieurs jours de diffuser mes chroniques... Je vous prie de bien vouloir m'excuser pour cette interruption indépendante de ma volonté. Je fais faire tout ce qui est en mon maigre pouvoir pour reprendre les publications.
En attendant, je vous invite à rejoindre l'autre site
www.jeanmariedarmian.fr. Vous y trouverez des textes personnels, (comme ceux de l'AUTRE QUOTIDIEN), sur ma semaine bruxelloise.
A demain... si l'ordinateur le veut bien !

Jean Marie Darmian

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1 mai 2009 5 01 /05 /mai /2009 07:17

Aujourd'hui c'est le premier mai. Je vous offre un brin de muguet "virtuel", et je vous préviens que je suis à Milan, en famille, pour 3 jours... Je ne manifesterai donc pas comme unique "exploité" de L'AUTRE QUOTIDIEN. J'espère que vous rejoindrez les cortèges contre l'opinion dominante et que vous aurez à coeur d'être des citoyennes et des citoyens désireux de rester debout ! Considérez que je suis en grève !
Rendez-vous donc mardi matin ! En attendant, relisez les chroniques du 1er mai des années antérieures.

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15 avril 2009 3 15 /04 /avril /2009 07:17

Chère lectrice, cher lecteur,

Pour la première fois depuis septembre 2005, le propriétaire actionnaire unique de L'AUTRE QUOTIDIEN a accordé à son rédacteur quotidien une semaine de vacances. C'est une avancée sociale décisive qui se répercutera sur l'ensemble du personnel de ce blog, et qui a été obtenue de haute lutte, en cette période de crise sociale. La correctrice quotidienne des textes en a même profité pour s'offrir un séjour à Nice...
On ne se refuse plus rien dans les entreprises saines qui ne dépendent pas des banques pour leur survie.
Retour sur le net le jeudi 23 avril. Et ne râlez pas trop, car je ne vais pas vous dire que je suis malheureux de vous abandonner à l'opinion dominante durant 8 jours. Ça vous fera le plus grand bien !
Jean-Marie DARMIAN

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4 avril 2009 6 04 /04 /avril /2009 17:57
Il arrive qu'il y ait des juges particulièrement audacieux, des fonctionnaires qui mériteraient, selon les principes présidentiels, de ne pas être remplacés lors de leur départ à la retraite. Dans le contexte d'une République flageolante, ces femmes et ces hommes qui conservent leur indépendance d'analyse et de... jugement pour ne pas céder aux pressions ambiantes entrent, à leur manière, en résistance. Il faut bien convenir que cette attitude devient de plus en plus rare, tellement le pouvoir en place cherche à contrôler tout ce qui pourrait lui être défavorable. Une évolution de la notion de « fonctionnaire » a en effet tout lieu d'inquiéter, car elle est fortement assimilée à une « obéissance absolue », au détriment de toute neutralité loyale. Certains cependant tiennent bon et assument. D'autres tiennent en privé des propos très différents de ceux qu'ils prononcent officiellement. Enfin, il existe malheureusement de plus en plus de représentants de l'autorité de l'Etat qui prétextent le devoir et pratiquent la surenchère aux consignes reçues, pour s'assurer une carrière conforme à leur ambition. Alors, quand on trouve une voix discordante et courageuse, on se prend à rêver.
Une révolution du pluralisme audiovisuel a été proposée au Conseil d'Etat, qui tranchera sous 15 jours: la prise en compte de la parole présidentielle, jusqu'ici restée en dehors des minutages visant à équilibrer gouvernement, majorité et opposition. Si l'Assemblée du contentieux du Conseil d'Etat suit son « rapporteur public », un changement radical du décompte des temps de parole politique se mettra en place. Avant même la décision, le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) s'est dit prêt à s'adapter à tout « changement de jurisprudence » du haut tribunal administratif... Bizarre, quand dans ces chroniques, comme dans bien d'autres, de nombreux citoyens s'étaient inquiétés de l'iniquité de cette répartition, sans soulever l'indignation des membres du CSA, prêts à tout justifier pour sauver leur strapontin de régulateur des médias. Il y en eut même qui, j'en garde un souvenir précis, se mirent à imiter la fameuse recette du Picon bière de César.

PAS UN ARBITRE
Le Conseil d'Etat avait été saisi par le PS, qui lui demandait d'annuler une décision du CSA refusant de compter le temps de parole audiovisuelle du président, au même titre que celui du gouvernement. Catherine de Salins, une femme dont il faudrait vanter l'esprit civique,  "rapporteur public" (ex-commissaire du gouvernement, chargée de dire le droit) a recommandé une annulation de ce refus ! Quel courage ! Quelle dignité ! Quelle force de caractère quand on lit ses attendus. « La parole du président de la République doit être prise en compte pour le respect du pluralisme politique » a-t-elle dit. Le président « n'est pas un arbitre, mais un capitaine ». Dire qu'il s'agit d'une analyse objective, c'est peu dire. Enfin un fonctionnaire qui ose défendre la République, sur les bases d'un analyse absolument objective et en s'appuyant sur des faits, et non pas sur des déclarations.
« Cette conception de son rôle a eu pour conséquence de faire remonter à l'Elysée la gestion des affaires courantes », a argumenté Madame de Salins devant l'Assemblée du contentieux, que présidait le plus haut magistrat du Conseil, Jean-Marc Sauvé. Rappelons, et il faudra s'en souvenir dans quelques semaines, que les préconisations du « rapporteur public » sont généralement suivies par ses pairs conseillers d'Etat.
Le haut tribunal administratif avait été saisi le 18 décembre 2007 par François Hollande, alors patron du Parti socialiste, et le député PS Didier Mathus, spécialiste des questions audiovisuelles. Leur requête concernait une lettre du président du CSA, Michel Boyon, datée du 3 octobre 2007, rejetant leur demande de prise en compte du temps de parole de Nicolas Sarkozy.
Le CSA, qui veille au respect du pluralisme politique à la radiotélévision, ne comptabilisait pas, jusqu'à présent, les interventions du locataire de l'Elysée, considérant qu'il ne s'exprime pas au nom du gouvernement ou d'une formation politique. Pour le reste, la règle du CSA exige des diffuseurs un « équilibre » entre les interventions du gouvernement, de la majorité parlementaire et de l'opposition parlementaire, avec « des conditions de programmation comparables ». La fameuse règle des... quatre tiers, qui ajoutait aux trois reconnus, le tiers supplémentaire et incontrôlé dévolu au maître de l'Elysée.

LE TIERS ETAT
L'avocat de François Hollande a estimé devant le Conseil d'Etat que le CSA devait « adapter » cette règle des trois tiers pour la rendre efficace. La « crédibilité » de l'institution est « en jeu », selon lui et selon tous les démocrates. Quand on sait, en plus, que désormais c'est le Président qui désigne les responsables du système médiatique public... on ne peut approuver ce rôle de paillasson dévolu au CSA, qui n'a plus véritablement aucun rôle objectif dans un secteur décisif pour la survie de la démocratie.
« Si le Conseil d'Etat modifie sa jurisprudence, on s'adaptera », a-t-on déclaré au CSA... avec un aplomb détestable et véritablement révélateur de sa « neutralité orientée ». D'ailleurs, pour justifier ce qui est injustifiable, un « sage » de cette assemblée pour pantouflards dociles a ajouté : « jusqu'à présent, la doctrine du Conseil d'Etat était que le Président ne s'exprimait pas au nom d'un parti ou groupement. S'il y a changement de doctrine, on l'appliquera ». Le comble si on se souvient que Nicolas Sarkozy ne cesse de revendiquer son droit à s'exprimer devant... l'UMP à longueur de semaines, comme pour démontrer la hauteur de vue de ses prises de parole dénuées de tout engagement politique partisan ! Au CSA, ils ne s'en sont pas encore aperçu, alors que ce sont eux qui devaient en décider. Quelle lâcheté institutionnalisée.
Le porte-parole du Syndicat national des Journalistes (SNJ) de Radio France, a salué « une très bonne nouvelle » qui « va permettre de clarifier certaines situations ». Il a cité comme application incongrue à ses yeux de cette règle des trois tiers "le conseil national de l'UMP (le 24 janvier, ndlr). Nous avions dans la même salle, pour la même réunion, le tiers de l'UMP, le tiers du gouvernement avec son Premier ministre et on ne savait pas trop quoi du président de la République... ». Il a fallu qu'une juge honnête mette en évidence cette énorme détournement des règles républicaines pour que quelques consciences se réveillent... alors que tous les éditorialistes, si prompts à taper sur les positions socialistes, n'avaient pas vu cette supercherie, qui pourtant crève les yeux. On constatera cependant que dans d'autres domaines, la justice file du mauvais coton.

JOLI COUP DE GUEULE
Eva Joly, ex-juge, a elle aussi, une fois encore, démontré que sa volonté de moralisation de la vie publique restait intacte. Pour elle, supprimer le juge d'instruction ne constitue pas une simple réforme de notre système pénal, mais porte atteinte au plus haut de nos principes, celui de la séparation des pouvoirs et de l'indépendance de la justice par rapport au pouvoir politique. Le discours sarkozyste ne mentionne aucune garantie d'indépendance pour les enquêtes. Ce silence, dans un domaine qui constitutionnellement lui échoit, porte la marque du stratagème politique. Mais le verbe haut, et toute la rhétorique du monde, ne suffiront pas pour convaincre les Français qu'un parquet soumis aux instructions du ministre constitue une meilleure garantie pour le justiciable qu'un juge indépendant.
« Vous affirmez que notre pays est marqué par une tradition de "rivalité" entre le politique et le judiciaire. La rivalité n'est pas du côté des juges, elle est le fruit de la peur des politiques. Vous pensez que la légitimité politique prime sur tous les pouvoirs. Or c'est précisément pour contenir le désir de toute-puissance qui s'empare naturellement des gouvernants que les Lumières ont forgé le concept de séparation des pouvoirs » explique-t-elle dans une lettre ouverte au président de la République. John Locke l'a observé justement : « C'est une expérience éternelle, que tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser ; il va jusqu'à ce qu'il trouve des limites. » Il ne fait pas bon, en France, incarner une de ces limites. Plus d'un magistrat français peut en témoigner.
"Qui peut encore croire que le juge d'instruction est l'homme le plus puissant de France ? Certainement pas vous, Monsieur le président. L'homme le plus puissant de France, c'est vous. Vous avez le pouvoir de faire saisir un tribunal arbitral qui attribue 285 millions d'euros à un de vos soutiens. Vous avez le pouvoir de déguiser une grâce individuelle à un préfet dévoyé en grâce collective » explique courageusement Eva Joly, sans aucune langue de bois et avec une évidente logique.
Le juge d'instruction est le fruit de notre histoire. Il n'existe pas ou a disparu en dehors de nos frontières. Il peut évidemment être supprimé, mais à condition que sa disparition entraîne davantage de démocratie et non davantage d'arbitraire. Les contempteurs des juges d'instruction affirment qu'il est impossible d'instruire à charge et à décharge. Si le parquet enquête, il héritera du même dilemme. A moins que vous n'ayez l'intention d'accorder aux avocats un pouvoir d'enquête. Non seulement la justice sera aux ordres, mais elle deviendra inégalitaire, à l'image de la justice américaine.
« En somme, vous aurez pris le pire des deux systèmes : l'arbitraire et l'inégalité. Face à un projet qui foule aux pieds l'idéal de 1789 d'égalité des citoyens devant la loi, face à une réforme qui risque de transformer notre pays en République oligarchique, à la solde de quelques-uns, j'appelle les Françaises et les Français épris de justice à la mobilisation contre votre projet » conclut Eva Joly, qui ne fait même pas référence au récent procès Colonna pour justifier cette charge. A mon avis, son temps de parole sera compté dans un cinquième tiers, celui des démocrates qui osent résister au rouleau compresseur docile et indifférent.
Mais je déblogue...
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15 octobre 2008 3 15 /10 /octobre /2008 22:45

Chers abonnés, chers lecteurs,

Privé d'ordinateur hier et aujourd'hui, pour cause de voyage en pays nantais, je n'ai pas pu rédiger de chronique durant ces deux journées.

Vous retrouverez "L'Autre Quotidien'" demain dans la journée.

Avec toutes mes excuses pour cette interruption !

                                       
Jean- Marie DARMIAN

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9 octobre 2008 4 09 /10 /octobre /2008 00:46

C'était un lundi soir, il y a un peu plus de 45 ans. Inimaginable à notre époque, et encore plus surprenant en ce temps là. Il était là, devant moi, accoudé au comptoir nettoyé à la hâte par la patronne, avec son torchon humide comme le brouillard d'en haut, là-bas, au pays des Flamandes. Accoudé, tirant sur des cigarettes énormes et le regard tourné vers un plat pays qui était le sien. Des demi-bottes aux pieds et une allure dégingandée, nonchalante, absente. La fumée de sa Gitane l'enveloppait dans des volutes sveltes et argentées. Le silence s'était installé dans le Café "Le Sport" donnant sur la place centrale, encore marquée par le souvenir de la fête de la veille. Les ballons de rouge s'enchaînaient, comme des perles pouvant le protéger d'une angoisse palpable. Jacques Brel passait par Créon. J'avais 17 ans, et j'observais avec envie celui qui promenait sa solitude au milieu des autres. Dans quelques heures, sur une scène installée au fond d'un garage transformé en salle de spectacle provisoire, il allait exiber sa silhouette de Don Quichotte, face à un public inconscient de la chance qui lui était offerte par une programmation inouïe à l'échelle d'une ville de 2 500 habitants. Brel traçait la route tous les jours, et son étape lui permettait de vivre la réalité de ces gens là...
Personne ne songeait à importuner celui qui avait accepté de venir avec Mathilde, les Bourgeois, la pendule du salon, Jacky, Fanette et les marins du port d'Amsterdam, déballer son étonnant bric à brac musical. Les Marquises étaient à l'autre bout d'un monde qu'il ne connaissait pas encore. Ici, dans ce bistrot respectueux, il jouait au Robinson Crusoë de comptoir, un art extrêmement rare, que seuls les bourlingueurs des océans, allant de port en port, savent pratiquer. La soirée d'été tardait à se parer de ses habits nocturnes, mais déjà la rue bruissait des promesses des grands soirs. On se penchait à la porte pour apercevoir celui qui était indifférent à la célébrité.
Brutalement, il s'écarta du tabouret où il attendait que l'horloge avance vers l'échéance d'une énième soirée dite de « tour de chant », dans cette France qu'il arpentait avec une volonté inextinguible de contact avec le public. Jacques Brel, entomologiste d'une société distribuant des rôles ingrats aux marins, aux notaires, « au bedeau et même, son Eminence, l'Archiprêtre qui prêche au couvent », quittait la face visible du théâtre des hommes pour se réfugier dans le huis clos d'une chambre à l'étage. Il se fit accompagner d'une caisse de bouteilles de Bordeaux, au rouge aussi vif que celui des drapeaux du temps de Jaurés, histoire de se donner du cœur à l'ouvrage. Il ensevelissait sa tristesse ou son angoisse dans le velours mordoré des rêves lointains que génère le vin.
« Les hommes prudents sont des infirmes » : cette phrase de Jacques Brel, dont ce sera demain le trentième anniversaire de la mort, résume le parcours de celui qui reste l'un des plus grands noms de la chanson francophone et le modèle de l'artiste excessif sur scène. "Ne me quitte pas", "Amsterdam", "Ces gens-là", "Mathilde", "Les vieux"... Brel, ce sont d'abord des chansons devenues des monuments du patrimoine francophone, et dont les textes frappent encore aujourd'hui par leur justesse et leur violence. Aucun d'entre eux n'était encore entré dans la légende, en ce temps-là. Il se préparait simplement à déverser ses obsessions et ses portraits impitoyables, avec l'espoir que, lorsque le rideau retomberait il n'aurait aucun regret, car il aurait tout donné aux autres. Brel, c'est aussi une image. Celle d'un artiste qui semblait se consumer sur scène, comme si sa vie en dépendait, et habitait ses personnages, gestes théâtraux et visage en sueur, postillons au vent. Il ne savait pas ce qu'était la retenue, car il donnait le plus profond de lui-même aux autres, comme Jacky ! Sa valse à mille temps l'emportait aux confins de la raison.
Dans les années 60, Brel passait son temps en tournée : 250 à 300 galas par an, dont l'un le conduisit le premier d'un mois de septembre 1963 à Créon. Il ne cèdera jamais à la tradition du rappel, qu'il juge démagogique, pas plus au cœur de l'Entre Deux Mers qu'ailleurs. En revanche, il aura été au bout de lui-même, en laboureur de l'émotion, en moissonneur des images, en glaneur des moments imaginaires, en pétrisseur des ambiances, en peintre des paysages, en vendangeur de grands crus d'un répertoire exceptionnel. Brel, c'était tout avant l'entrée sur scène, et une enveloppe charnelle vide à sa sortie.
Impossible de rester insensible à la passion dégagée par cet homme, dévoreur des espaces peuplés par des personnages émouvants dans leur simplicité, trop grotesque pour être fausse. Jacques Brel arpenta le plat pays de la scène créonnaise avec une étonnante facilité. « Avec infiniment de brumes à venir, avec le vent de l'Est, écoutez-le tenir, son plat pays finit par être le mien... » Brel entra ce jour-là dans mon esprit comme un homme d'une dimension exceptionnelle par sa tonitruante sincérité. Il imprégnait les cœurs par sa présence, et personne ne pouvait échapper à l'incendie causé par son énergie et sa passion. Sa mort, d'un cancer du poumon, le 9 octobre 1978 à 49 ans, à Bobigny près de Paris (il aurait dû aller s'éteindre à Vesoul), réveilla d'ailleurs un sentiment bizarre en moi, car en quelques minutes, il s'était insinué dans mon univers proche. Même si sa mort ne réveilla que des souvenirs récents, en ce temps là, elle me fit penser aux vers de ce formidable moment de foi dans l'autre que reste « Ne me quitte pas ».
Ne me quitte pas
Il faut oublier
Tout peut s'oublier
Oublier le temps
Qui s'enfuit déjà
Oublier le temps
Des malentendus
Et le temps perdu
A savoir comment
Oublier ces heures
Qui tuaient parfois
A coups de pourquoi
Le cœur du bonheur
Je n'ai rien oublié de cette rencontre avec l'un des plus grands poètes de la fin du XX° siècle que notre société veut oublier, car il était hors des sentiers du plat pays avec sa gueule de pilier de comptoir. Il y eut bien des grandes vedettes du music hall qui étaient déjà passées ou qui passèrent par Créon. Aucune ne put rivaliser, dans la profondeur de la prestation, avec Brel. Ni Montand, ni Brassens dont j'ai croisé durant quelques heures le chemin, ne procurèrent pareille émotion.
J'aime encore évoquer ces clichés d'un albatros maladroit posé sur un plancher rugueux, malaisé et brinquebalant. Il portait toute la vérité du personnage, car il n'était pétri que de vérités qu'il déclinait avec un talent naturel leur donnant une dimension exceptionnelle. L'albatros s'envolait, par le cœur et la passion, au-dessus du public. Il happait les regards. il emportait les réticences. Il offrait son âme aux autres. Il survolait avec une insolente facilité un monde auquel il ne reprochait surtout pas sa désolante mesquinerie. Il la dénonçait, il la caricaturait, il la mettait en scène, il la dominait. Il la regrettait tout bonnement, mais il l'aimait.
Ce matin, il y aura trente ans que Brel a disparu dans les nuées pures où viennent se reposer les poètes. Il y est heureux comme il l'était dans les lagons des Marquises. Il y est heureux, car il ne souffrait pas les contraintes. Il y est accoudé au comptoir des immortels, là où l'on déguste éternellement des ballons rouge sang, pour se rappeler les couleurs de la vie. Il y attend, son verre à la main, enrubanné dans la fumée d'une cigarette, toutes celles et tous ceux qui ont eu la chance de partager sa foi dans l'échange et le partage... Il est là, devant moi, au comproir du Café des Sports, homme parmi les hommes. Il fredonne à notre intention :
Les vieux ne meurent pas, ils s'endorment un jour et dorment trop longtemps
Ils se tiennent la main, ils ont peur de se perdre et se perdent pourtant
Et l'autre reste là, le meilleur ou le pire, le doux ou le sévère
Cela n'importe pas, celui des deux qui reste se retrouve en enfer
Vous le verrez peut-être, vous la verrez parfois en pluie et en chagrin
Traverser le présent en s'excusant déjà de n'être pas plus loin
Et fuir devant vous une dernière fois la pendule d'argent
Qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non, qui leur dit : je t'attends
Qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non et puis qui nous attend...

Jacques, tu nous manques car la pendule de notre salon s'affole. Elle croit, la pauvre, que le temps de notre époque n'est que de... l'argent, alors qu'il n'est que ce qui donne de la valeur et un sens à nos souvenirs.
Mais je déblogue... 

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2 août 2008 6 02 /08 /août /2008 22:00

L'AUTRE QUOTIDIEN va progressivement revenir en direct sur l'écran blanc de celles et ceux qui veulent bien l'accueillir pour ses idées noires. Durant une quinzaine de jours d'absence, dans le petit hameau de Saint Martin des Faux en Aveyron, je suis resté sans aucun lien avec internet, puisque la fracture numérique constitue bel et bien une réalité dans notre merveilleux pays... Quatorze soirées sans m'inquiéter du sujet à traiter le soir ou la nuit pour que, le lendemain, L'AUTRE QUOTIDIEN soit au rendez-vous. Un véritable bonheur, car il n'y a rien de plus agréable que de ne pas avoir à respecter un engagement moral. Avec « Dans le retro », je sais avoir déçu au moins un lecteur occasionnel ou fidèle de ces chroniques. Je le conçois fort bien, car vu le tarif de l'abonnement qu'il acquitte pour accéder à ces textes, il méritait probablement mieux !
Durant ces quinze jours, j'ai en effet subi, moi aussi, grâce à ma redevance télévision, la valse des rediffusions, ce qui m'a  permis, par le simple fait que je regarde très peu le petit écran en période "normale", d'en avoir enfin pour mon argent, puisque j'ai découvert des œuvres que... je n'avais pas eu antérieurement le privilège de contempler. D'un autre coté, j'ai le sentiment que je paye très cher un service public qui ne sait plus très bien quel sera son véritable avenir, et qui a tendance à beaucoup se raccrocher à son passé.
INFORMATION OU DESINFORMATION ?
Quinze jours, en revanche, à lire quatre ou cinq quotidiens différents chaque jour. Tous m'ont convaincu que nous étions sur le tourniquet « ridiculisateur » d'Intervilles, conduisant à brève échéance à des défaillances terribles de la démocratie. Traitement plus que sommaire de l'information (les derniers jours de la session parlementaire ont été lamentablement présentés), dose grandissante de pipolisation (que n'a-t-on pas écrit sur la distribution du CD de Carla Bruni-Sarkozy au dernier Conseil des Ministres ?), place dramatique accordée aux faits divers, avec de pseudo-enquêtes, qui portent des coups terribles à des femmes et des hommes totalement innocents (les parents de ce gamin atrocement tué ont dû passer par des moments épouvantables), obsession permanente du ridicule de la vie politique (il est vrai que dans ce domaine, la pantomime aura atteint des sommets)... Cet ensemble de constatations me pousse à continuer, sans me faire pour autant d'illusions sur l'efficacité de ce qui n'est qu'un point de vue.
Alors, comme tous les élèves les jours de rentrée, je reviens plein de bonnes résolutions : faire plus court, conforter les analyses globales, et , pour faire plaisir à certains socialistes, ne plus faire de "l'anti-sarkozysme pavlovien". Je n'ai d'ailleurs retenu de ces journées de solitude relative, passées à écrire un quatrième livre, que cette magnifique formule. Elle restera, selon moi, comme une véritable marque de fabrique, comme l'a été pendant des années « l'anti-communisme primaire ». Elle risque d'ailleurs de connaître le même sort, car on sait ce qu'il est advenu du... communisme !
QUI FAIT DU PAVLOVISME PRIMAIRE ?
J'avoue avoir pris pour moi un tel reproche, bien que je sois certain qu'aucun des auteurs de ce constat ne lit L'AUTRE QUOTIDIEN, à moins qu'ils utilisent un pseudonyme bien connu dans les rares commentaires quotidiens. Christophe Caresche (Paris), Jean-Marie Le Guen (Paris), Gaëtan Gorce (Nièvre) et Manuel Valls (Essonne), députés élus, certainement, pour s'opposer aux aspects qui dégradent la démocratie sous toutes ses formes dans notre pays, ne peuvent pas vivre les réalités quotidiennes, car ils auraient compris que les Françaises et les Français ont besoin de repères clairs, peut-être "pavloviens", mais qui mettent un terme à une ambiguïté permanente désastreuse ! Quand ces Françaises et ces Français se sont majoritairement opposés au Traité européen, ce fut certainement « un réflexe pavlovien » anti-Sarkozy... mais surtout pas parce qu'ils n'en voulaient pas !
D'ailleurs, sur ce sujet, je suis témoin que Manuel Valls peut échapper à cette malédiction, et je reconnais qu'il m'a personnellement apporté la preuve qu'il n'avait aucun rapport avec les constatations de Pavlov. En effet, un soir, je l'ai entendu à la Mutualité déclamer son hostilité farouche, devant des centaines de militants, des caméras et des micros, à un texte qui avait tous les défauts, et qui était bon à jeter aux chiens, comme aurait dit Pavlov. Sauf qu'après ce brillant discours, la semaine suivante, il appelait à voter... oui ! Dont acte : il échappe à la malédiction de cette mécanique pavlovienne, et il l'a démontré. La postérité le reconnaîtra !
Question Pavlov, dont je suis certain que bien des Françaises et des Français croient qu'il a fait de... la politique au Kremlin, le quatuor bien inspiré aurait pu faire référence à la technique utilisée par celui qui fut un chercheur émérite. Au cours des années 1890, Pavlov réalisa une expérience sur la fonction gastrique du chien, en recueillant, grâce à une fistule, les sécrétions d'une glande salivaire, pour mesurer et analyser la salive produite dans différentes conditions, en réponse aux aliments. En fait, ils auraient dû expliquer que le système pavlovien a été le grand succès de la réforme de la Constitution voulue par Nicolas, Paul, Stéphane Sarközy de Nagy-Bocsa... car pas mal des gens qui l'ont votée ont eu un réflexe provoqué par les nécessités d'aller tôt ou tard à la soupe !
Ayant remarqué que certains parlementaires avaient tendance à saliver avant d'entrer réellement en contact avec le pouvoir, le Président décida d'analyser plus en détail cette « sécrétion psychique ». Il s'avéra que ce phénomène était plus intéressant que la simple chimie de la salive, et ceci le conduisit à modifier ses objectifs : dans une longue série d'expériences, il variait les stimuli survenant avant la présentation des postes potentiels. C'est ainsi qu'il découvrit les lois fondamentales de l'acquisition et de la perte des «réflexes conditionnels» - c'est-à-dire, les réponses réflexes, comme la salivation, qui ne se produisaient, chez le parlementaire, que de façon "conditionnelle" dans des conditions expérimentales spécifiques.
SARKO ET PAVLOV
Le Président fut un expérimentateur habile et méthodique, jusque dans ses heures de travail et ses habitudes. C'est ainsi qu'il s'asseyait pour déjeuner (dîner) à 12 heures exactement, il allait se coucher chaque soir au même moment, il nourrissait toujours ses « amis » à la même heure, chaque nuit, dans le même lieu (L'Elysée). Il a alors vite découvert qu'il y avait parmi tous les sujets ayant ces « réflexes conditionnels » un élément d'exception : Jack Lang ! Car si on parle de « réflexe pavlovien », il aurait fallu aussi envisager celui qui est pro-Sarkozy, car il cause autant de ravages dans ce qui devrait être l'opposition. Dès que la soupe apparaît, il parait qu'il y en a qui salivent... et sentent la soupe du pouvoir ! C'est un vieux réflexe ancré dans leurs gênes!
Mais vous savez, mal informé, reclus dans la campagne superbe proche du Larzac, obligé de ne m'informer qu'avec TF1 et la presse quotidienne nationale, ou La Dépêche de Baylet, je ne suis pas certain de tout avoir compris. Je vous assure que pour la saison IV de l'AUTRE QUOTIDIEN, je vais essayer de me faire soigner, et appliquer le principe cher à Jack Lang, puisque je fus déjà parmi ceux qui prônèrent le Non au Traité constitutionnel, par refus d'un vote pavlovien. Je ne le regrette pas puisque justement je n'ai pas eu un réflexe conditionnel.
En effet, dans son livre "Changer", l'ancien ministre de la Culture aborde le problème des socialistes qui avaient fait campagne pour le non au référendum sur le traité européen, et il écrit à leur sujet : "Personne ne leur demandait de renoncer à leurs convictions, mais ils avaient le devoir de se plier à la règle de la majorité... Le collectif, dans un parti, est tout."  Que tous les critiques de ce pauvre Pavlov méditent sur cette sentence !
Allez, cherchez bien "Dans le rétro" si par hasard un jour, moi aussi, je n'ai pas écrit des propos que j'aurai un jour à regretter : ce sera le grand jeu de l'été de L'AUTRE QUOTIDIEN. Et sans obligation d'achat !
Mais je déblogue...

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Published by Jean-Marie DARMIAN - dans PERSONNEL
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