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L'AUTRE QUOTIDIEN de Jean-Marie DARMIAN, ancien journaliste, maire et conseiller général de Créon (33). La politique et la vie sociale sans langue de bois...au quotidien et contre l'opinion dominante

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EVITER DE MOURIR DE FROID

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le sens de la fête simple, amicale, tolérante, paisible, disparaît au fil des ans. Comme en plus la météo aura, ces dernières semaines, considérablement affaibli les initiatives prises dans le domaine de l’organisation de rendez-vous ouverts vers le maximum de personnes, on peut s'attendre au pire. Tout ce qui aura été tributaire du ciel va se retrouver en équilibre financier instable, compte tenu d’un climat défavorable et il est à craindre que l’an prochain, bien des rendez-vous mettent carrément la clé sous la porte. Créon vient pourtant de boucler ses quatre jours des fêtes de la Rosière, en tremblant toutes les heures face aux menaces des nuages non annoncés mais bel et bien omniprésents. Jeudi soirDSCN4464--2--copie-1.jpg, une pluie clairsemée. Vendredi un déluge froid. Samedi un orage menaçant. Dimanche matin un ciel gris et bas. Et chaque fois, l’angoisse pour la trentaine de bénévoles qui guettaient la réponse du public. L’investissement en temps et les risques financiers prennent vite le pas sur les considérations philosophiques du le lien social.

D’abord, il faut savoir que pour faire sortir les différentes générations de la certitude que pour vivre heureux, il suffit de vivre caché ou replié, le boulot n'est pas mince. Sans une motivation de fer, il est impossible de croire dans l’issue de ce combat contre l’indifférence vis à vis de toutes les propositions locales. L’herbe des fêtes ou des animations est toujours plus verte à l’extérieur du pré du quotidien. L’influence de la télévision pèse sur les traditions qui, si elles n’ont pas l’onction de Jean Pierre Pernaud, ne peuvent pas espérer lutter avec la vogue du modernisme. Les fêtes de village sont considérées comme des bagatelles pour attardés ou pour nostalgiques de l’époque où ils fréquentaient les manèges et les stands de pêche aux canards. On ne trouve plus grand intérêt à ce qui manque réellement d’extraordinaire. Le quotidien ne peut plus être banal. Il lui faut les paillettes de l’inédit permanent, ce qui conduit inexorablement à la fin des traditions.
Les conséquences sont irrémédiables : les villages des zones périurbaines, dans lesquelles subsiste un semblant de retrouvailles collectives, deviennent de plus en plus rares, s’ils n’ont pas réussi à l’attacher à une identité. Les manèges, les autos tampons, les baraques à frites, les stands de barbe à papa, ne s’installent plus que dans des lieux où ils sont certains de recevoir du monde. Beaucoup d’entre eux s’orientent vers les zones côtières, les sites touristiques ou les parcs spécialisés. Chaque année, une date disparaît sur leur planning ou devient plus aléatoire, car il faut bien admettre que les organisateurs bénévoles se raréfient au moins autant que les éléphants au PS. 
Une génération, celle du " papy boom ", ne trouvera pas forcément de relève pour relancer ces moments simples de vie collective, qui étaient attendus avec impatience par les enfants n’ayant pas d’autres espoirs de distraction que celle de la venue des forains. Pour s’en convaincre, il suffit de traîner autour des métiers installés sur une place communale, et de constater que la majorité des accompagnateurs sont les… grands parents, comme s’ils espéraient faire revivre aux enfants leurs propres plaisirs.
DIVERSITE  ET  IDENTITE
Depuis une trentaine d’années, la notion de tradition a d'ailleurs été radicalement mise en cause par les anthropologues sociaux. Ils ont vu en elle une construction de nature politique et idéologique, alors même qu’elle reste très présente et non critiquée dans les discours " indigènes ", chez les acteurs culturels locaux et les opérateurs touristiques par exemple. Les chercheurs distinguent visiblement les apparences de l’attachement, dans une cité, de quelques-uns, à des rendez-vous réguliers, et la perception qu’en ont les gens de l’extérieur.
Les exemples étudiés, choisis dans une région proche et réputée pour la haute conscience qu’elle a de sa spécificité culturelle, mettent en évidence la diversité des pratiques et les enjeux convoqués par les fêtes locales. Tout en montrant comment la tradition est une matière travaillée par les acteurs des fêtes, qui la transforment à leur guise en ressource culturelle ou en patrimoine, il s’agira de poser la question fondamentale de la posture de l’ethnologue, pris entre volonté d’objectivation et désir d’empathie. 
Celles de Créon, maintes fois étudiées par des universitaires, débouchent sur un besoin fort et séculaire d’existence pour une ville neuve du Moyen Age. En effet ces dernières se sont toutes emparées d’un rendez-vous spécifique afin de nourrir leur spécificité sur un territoire qui ne tolérait pas toujours leur…installation. Pour exister, les "nouvelles arrivantes" avaient vite besoin de se créer une identité. Ce fut surtout par des rendez-vous économiques que ces cités ont construit leur notoriété par les foires. Elles ont rythmé l’année avec les mêmes aléas que les fêtes actuelles (mauvais temps, pouvoir d’achat réduit, manque d’originalité…) avant, pour la très grande majorité d’entre elles, de s’éteindre, face aux changements des modes de consommation. C’est d’ailleurs la même fin qui attend les fêtes locales non raccrochées à une spécificité. Elles ont été rongées par un nouvelle forme de rencontre, beaucoup plus " ciblée ", comme on dit en marketing : les festivals !
INDISPENSABLES A LA QUALITE DE VIE
Certaines villes, soucieuses de se tailler une place dans le concert des milliers d’animations proposées, investissent des sommes considérables dans les "fêtes" (Dax, Bayonne, Mont de Marsan, Quimper, Luxey...) Elles savent que les retombées économiques sont réelles, mais  surtout qu'elles offrent à bien des gens l’opportunité de la rencontre et du partage. Ce paramètre social n’est jamais mesuré, et même pas pris en compte, dans les effets induits de n’importe quel événement. Les fêtes, comme toutes les animations, sont présentées comme coûteuses, dispendieuses, et jamais comme indispensables à la qualité de vie collective dans un espace de plus en plus cloisonné. 
Sur deux mois, Créon aura ainsi rassemblé d’une manière ou d’une autre, à raison d’une rencontre organisée par semaine, plus de 6 000 personnes cumulées, de tous horizons. Les soirées au Point Relais Vélo auront touché 2 800 participantes et participants, le rendez-vous jugé parfois ringard de la Rosière, a mis 400 personnes autour des tables de repas, plus toutes les autres, venues au feu d’artifice, plus toutes celles qui se sont croisées dans la fête foraine ! Samedi prochain, le forum de la vie associative dépassera le millier de visiteurs, et le soir du 9 septembre, on retrouvera avec le festival Ouvre la Voix plusieurs autres centaines de spectatrices et de spectateurs pour la première production commune sur scène de Rose et . Comme durant un mois un programme de diffusion des matches de la coupe du monde de rugby a été mis en place, comme le cinéma reprendra à " plein régime ", comme les soirées jeux de la ludothèque repartiront et que l’opération " Quartiers de fêtes " visant à rassembler les volontaires sur des secteurs géographiques de la commune a encore plusieurs étapes à franchir, il n’est pas présomptueux de prétendre à ce que 75 % de la population se soit, à un moment ou à un autre, retrouvée réunie par l’échange.
MOURIR DE FROID
Une fameuse phrase veut que les " peuples qui n’ont pas d’histoire soient condamnés à mourir de froid ". Elle n’a peut-être jamais été aussi importante. Diverses études sociologiques ont démontré que, par exemple, les idées extrémistes ont germé dans certains quartiers de Marseille dès que l’animation de proximité a disparu par désintérêt des habitants eux-mêmes. Elles ont gagné les plus petites communes rurales de la même manière, car le phénomène d’abandon des veillées, des repas de Gerbaude, des soirées villageoises, a conduit à l’hypnose télévisuelle permanente. Un monde virtuel s’est donc créé, donnant une image de la réussite collective totalement abstraite, puisque offerte sans aucune implication. 
Au cours de la fête, on ne parle pas que de la fête, mais aussi de la pluie et du beau temps, on ouvre des débats, on parle de la santé des uns ou des autres, de ce que sont devenus les enfants ou les petits-enfants, des qualités d’un repas ou d’un autre, on découvre d’autres musiques que celles dont on nous abreuve pour vendre de la star préfabriquée. Bref, on sort des chemins préfabriqués de la communication aseptisée ou commerciale.
Chaque occasion favorisant la rencontre devient alors un véritable acte démocratique, susceptible de changer la perception stéréotypée portée par des médias omniprésents. Je peux même dire que chaque fois que l’on arrive, par une proposition permettant de faire évader durant une, deux, trois heures un citoyen de la pression télévisuelle, c’est devenu un acte de résistance, puisqu’il échappe à l’intoxication ambiante. Au moins, il n’entendra pas ressasser durant ce laps de temps que Nicolas Sarkozy court avec ses gardes du corps sur la place d’Arcachon, que Camilla n’assistera pas à la messe souvenir pour Diana, que Nicole Ritchie a été libérée après 82 minutes de prison, que Bill Muray a été retrouvé ivre au volant d’une voiture de golf… et bien des nouvelles qui ne changeront rien à la réalité de son quotidien, mais dont on le gave !  L’ordinaire ne fait plus recette, mais c’est pourtant la chose la plus importante dont il faudrait se préoccuper quand tout va mal pour la socité. L'absence de dialogue débouche tourjours sur des conflits destinés à faire la fête à ceux qui la prônent !
Mais je déblogue…
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E
En arrivant à Créon, je n'étais pas convaincu de l'intérêt de toutes ces "fêtes". J'ai maintenant l'impression d'avoir changé d'avis... Pourquoi ? Certainement à cause des rencontres diverses et variées que nous avons pu faire lors des différents évènements créonnais !<br /> Merci à toute l'équipe du comité des fêtes pour cet engagement au service de tous !
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V
Un grand bravo et merci à tous les membres du comité des fêtes qui nous ont concocté un été très agréable et festif... Bon, il n'y a pas eu de concert de Johnny Halliday, mais le programme était fort sympatique et réussi... comme quoi...
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