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L'AUTRE QUOTIDIEN de Jean-Marie DARMIAN, ancien journaliste, maire et conseiller général de Créon (33). La politique et la vie sociale sans langue de bois...au quotidien et contre l'opinion dominante

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EAU PRECIEUSE

L’eau vaudra bientôt de l’or et son cours se négociera, avant la fin de ce siècle, sur la même base que le baril de pétrole. Les bourses coteront les sources, les lacs, les usines de production… Elles se réjouiront de la découverte de gisements intacts, et les fonds de pension se délecteront des profits engrangés dans la vente d’un bien fort peu durable. Ecrire cette prédiction n’a guère de valeur, puisque l’évidence crève les yeux, sauf de ceux qui ne se mettent pas la main devant le regard. Pourtant il s’écoulera encore des décennies avant que la masse des consommateurs réagisse et pousse donc les hommes politiques à agir.

Hier matin, une réunion urgente rassemblait quelques élus, des techniciens et des financeurs pour tenter de résoudre un double problème : celui, dans l’Entre Deux Mers, au cœur d’une région réputée pluvieuse et non polluée, de la quantité disponible et de la qualité de la production actuelle et future. L’enjeu devient préoccupant, mais suscite la plus parfaite indifférence.

UNE INEGALITE EXTRAORDINAIRE

Il illustre pourtant à merveille la carence d’un Etat éclaté, diminué, exsangue, libéral quand ça l’arrange, et drastique quand ça le dérange. Tous les grands débats tournent autour de babioles, de faits beaucoup moins vitaux que celui de l’alimentation en eau potable d’une population consacrant, bêtement, une part de plus en plus importante, de son maigre pouvoir d’achat à acquérir des bouteilles d’eau minérale. Ils passionnent les foules "téléphages". Lentement mais sûrement, on glisse vers une inégalité extraordinaire faisant, dans nos pays dits civilisés, du plus fondamental des droits, une affaire de moyens financiers. En Créonnais toutes les études démontrent que nous manquerons de ressources dans la décennie qui vient si un vaste plan rationnel de mutualisation des forages actuels n’est pas décrété. Seulement voilà, il y a les fonctionnaires de la DDASS qui veillent. Eux, la quantité disponible ne les concerne pas. Ils n’en ont rien à faire. Eux ils tapent, avec la police de l'eau, à arrêtés raccourcis, sur le dos des élus locaux, au titre du thème de la composition physico-chimique de l’eau dite " potable " distribuée. Leurs menaces ne font pas dans la dentelle bretonne : plus d’autorisation de vendre une eau conforme aux normes européennes…au 31 décembre 2006 !

Ainsi, celle de Créon possède deux paramètres rédhibitoires : ses taux de fluor et de sulfates. Le premier dépasse de 0,5 mg/l la norme officielle (1,5 mg/l), la seconde est supérieure à 250 mg/l. L’état, drapé dans sa dignité, exige le respect de ces nombres couperets, avant le 31 décembre 2006, alors que tout le monde sait qu’ils n’ont aucun danger réel pour la santé des consommateurs, sauf si ces derniers absorbaient des litres et des litres d’eau du robinet. On voit déjà la mention obligatoire à placer, le 1° janvier 2007  sur tous les robinets : " boire de l’eau nuit gravement à la santé "

HYPOCRISIE RENTABLE

Mieux, les censeurs officiels font semblant de ne pas voir que les menaces sont beaucoup plus fortes quand un " buveur " absorbe de " l’eau minérale" que de l'eau dite potable. Ainsi peu de consommateurs savent que la source Saint Amand est à 2mg/l de fluor, que la source Amanda est à 2,10 mg/l, que la source reine en est à …46 mg/l, que Hépar contient 1479 mg/l de sulfates, Contrexeville 1192mg/l ou l’Orée des bois 673 mg/l. Mais, sommet de l’hypocrisie institutionnelle, ce sont des " eaux minérales ", mais pas des " eaux potables " ! Elles n’ont donc pas à respecter ces normes puisque, justement, elles tirent leur notoriété des effets soit disant dangereux que porterait l’eau du robinet. La DDASS ne s’intéresse qu’à celle là, peu bue, faiblement au-dessus des taux autorisés, mais ne veut rien savoir sur les autres… les plus consommées et les plus hors normes. Les élus pourraient vendre par milliers de litres, sans crainte, l’eau de leur forage dans des bouteilles, dans les grandes surfaces, mais pas la distribuer par des canalisations collectives !

Le summum de l’hypocrisie réside ensuite dans la solution préconisée par les techniciens : il faut mélanger l’eau défaillante à une autre eau moins chargée en fluor ou en sulfates, de telle manière que les taux fautifs soient dilués. Mais comme on en manque, et que rien n’assure que les forages salvateurs en quantité le soient aussi en qualité, on recherche des solutions miracles dans l’urgence.

Les élus se sont déclarés solidairement prêts à assumer immédiatement, à la demande des contrôleurs de la DDAS, leurs responsabilités, très lourdes financièrement, et donc à affronter les critiques sur le prix facturé au consommateur mais… les autres services de l’Etat ne garantissent pas les autorisations de forer avant plusieurs mois ou même plusieurs années. Il faut des délais incompréhensibles, car l’administration ne connaît pas l’urgence, elle ne connaît que la sanction ! Son principe est simple : un service exige… l’autre tergiverse et le troisième refuse ! Charge aux élus locaux de braver les interdictions, de bricoler une solution à la hâte, de prendre les risques de l’échec pour éviter de se voir jetés en pâture à la vindicte publique. Ils n’ont pas le choix.

L’Etat veille scrupuleusement à ce qu’une Créonnaise ou un Créonnais absorbant 45 000 litres d’eau du robinet ne risque pas de voir des taches blanches apparaître sur ses dents, à cause du fluor, et que les bébés, dont le biberon serait confectionné exclusivement avec l’eau potable locale (toutes les mamans se comportent ainsi) ne souffre pas d'une diarrhée malvenue. C’est rassurant comme efficacité, quand on voit les pollutions de l’air, les menaces potentielles médiatisées que générerait la grippe aviaire, les risques que l’on court au volant de son automobile, les dangers que représentent les maladies nocosomiales dans les hôpitaux, l'obésité galopante, et tout le reste. Le fluor, présent dans le sel de table, le dentifrice, et bien d'autres aliments, est toléré, vanté, mais en revanche il est illégal dans une eau que plus personne ne boit en grande quantité.

Mais je déblogue…

 

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H
Si l'eau ne peut être vendue...<br /> elle sera gratuite ?<br /> bien sûr, Je m'engage solennellement à ne plus la boire..
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R
Voilaqui va résoudre la crise viticole<br /> Buvez du vin avec moderation bien sur<br /> Mais moi ausi je deblogue<br /> RJ
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