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L'AUTRE QUOTIDIEN de Jean-Marie DARMIAN, ancien journaliste, maire et conseiller général de Créon (33). La politique et la vie sociale sans langue de bois...au quotidien et contre l'opinion dominante

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FAITES ATTENTION AUX COURANTS D'AIR

" Souvent les courants d'air proviennent de ce qu'il y a trop d'ouvertures. Ne nous calfeutrons pas, mais restons couverts ", a souligné le chef de file des sénateurs UMP Josselin de Rohan. Il a très sévèrement mis en garde, hier, la majorité présidentielle contre les risques de poursuivre sa politique d'ouverture vers les plus faibles représentants de la gauche techno. " L'œcuménisme a ses limites ", a lancé le sénateur du Morbihan dans son discours de clôture des journées parlementaires UMP devant le premier " collaborateur " du Président, François Fillon. Cette apostrophe musclée a été lancée alors que Nicolas Sarkozy a exprimé à plusieurs reprises son intention d'aller " plus loin " dans l'ouverture. Il n’y est pas allé avec le dos de la cuillère à far breton.
" Il est vain d'escompter rallier à tout prix des personnes qui ne partagent en rien notre conception de la gestion des deniers publics, notre vision de l'économie, notre approche de la solidarité sociale. Il est même dangereux d'introduire dans une équipe des ferments de division en ouvrant ses portes à des personnages qui font passer leurs ambitions personnelles avant la recherche de l'intérêt général", a ajouté Josselin de Rohan, dans une allusion aux tentatives lancées en direction de personnalités comme Jack Lang, dont on murmure qu’un retour au Ministère de la culture est sérieusement envisagé par l’Elysée. Les sénateurs ne se voient pas encore, à un an du renouvellement de 2008, emboîter le pas d’une politique basée sur le principe " les ennemis d’hier sont les amis d’aujourd’hui et seront les soutiens de demain " . 
Ils auront suffisamment de difficulté, comme en Gironde, à retrouver leur fauteuil, pour se méfier d’un Nicolas Sarkozy qui imposerait des corps étrangers dans le jeu. Un contexte déjà beaucoup plus compliqué, quand on connaît en plus l’implication des centristes dans la gestion des collectivités locales, et surtout parmi les grands électeurs se réclamant de ce fameux camp des " apolitiques ".

LABORATOIRE EXPERIMENTAL
Dans un discours très critique, Josselin de Rohan a par ailleurs exprimé les craintes des sénateurs UMP sur la réforme des institutions, préparée par la commission présidée par Edouard Balladur. " Nous refusons que soit remise en cause la Constitution de la Ve République, ce qui signifie que nous récusons tout retour au régime d'assemblée ou toute instauration d'un régime présidentiel ", a-t-il résumé, car il voit d’un très mauvais œil une révision qui réduirait forcément les prérogatives du Sénat que déjà de Gaulle avait voulu supprimer ! Or on sait qu’il faudra, en janvier 2008 lors du Congrès, les trois cinquièmes de l’ensemble des Parlementaires pour que les désirs sarkozystes se transforment en réalités.
D’ailleurs, alors que l'instauration d'une dose de proportionnelle pour l'élection des députés est à l'ordre du jour, il a exprimé l'attachement " inébranlable " des sénateurs UMP au scrutin majoritaire. " Notre loi fondamentale ne saurait servir de laboratoire expérimental pour les faiseurs de système, ni donner prétexte à l'organisation d'un concours Lépine constitutionnel permanent ", a-t-il lancé, réclamant une " pause de longue durée " après l'adoption de la réforme en préparation. Enfin, il a donné une leçon, devant des rangs clairsemés, à celui qui se croit un peu trop le maître du monde politique hexagonal.
Le premier " collaborateur ", ministre du culte sarkozyste, avait un léger sourire durant cette charge, similaire à celle d’un Chabal bien élevé tentant de détruire le camp adverse. Le président du groupe UMP au Sénat a également prévenu que les parlementaires de la majorité seraient " des auxiliaires vigilants du redressement de nos finances publiques " devant celui qui annonçait la " faillite ". " Nous observons une grande interrogation et une forte attente de l'opinion ", a-t-il déclaré en soulignant que " l'heure des choix et des décisions difficiles approche ". Après le désaveu de la commission des lois du Sénat, qui a retoqué l’amendement Mariani sur les test ADN, on pressent que les Ministres qui vont vouloir se présenter au palais du Luxembourg pour le débat budgétaire vont se faire rares ou porter pâles.

  LA ZIZANIE AU GRAND JOUR
S'exprimant à son tour, Patrick Devedjian a pourtant défendu la politique d'ouverture de Nicolas Sarkozy. " Le changement n'est possible que par le rassemblement des talents et l'abandon de l'esprit de clan ", a fait valoir le secrétaire général de l'UMP. " Le talent n'a pas de parti " a-t-il ajouté, niant l’évidence et cherchant surtout à éviter à tout prix un combat politique lors des prochaines échéances électorales.
" L'ouverture, ce n'est pas un coup politique ni un gadget médiatique ", mais " une démarche de réconciliation des Français ", a affirmé M. Devedjian. Cette démarche " est destinée à durer pendant tout le quinquennat " et " doit se prolonger à l'occasion des élections municipales ". Il a prévenu que les listes UMP aux municipales devront donc accueillir " des candidats représentatifs de la diversité du pays " et " des personnes issues d'autres tendances politiques, dès lors qu'elles se retrouveront sur le même projet municipal ". On nepeut pas dire que l’unité règne donc dans le la majorité présidentielle. Etonnant que les journalistes commentateurs, petites mains de la confection de l’opinion dominante, ne mettent pas en exergue, avec leur zèle habituel déployé sur les querelles intestines du PS, celles qui animent la vie interne de l’UMP. Il ne faut cependant pas rêver !
Il est vrai que l’ébullition a gagné les sociaux-opportunistes de la majorité présidentielle. Jean-Marie Bockel, secrétaire d'Etat à la Coopération, venu du parti socialiste, vient en effet d'annoncer la création du parti "Gauche moderne". " Je fais le pari qu'on peut être de gauche (sic) et allié à Sarkozy. Comme il y a eu des gaullistes de gauche, nous sommes des sarkozystes de gauche (sic) ", a déclaré le maire de Mulhouse . " Mes listes ne feront pas l'ouverture avec celles du PS, mais elles accueilleront sans doute de nombreuses personnes désireuses de rénover la gauche ", précise-t-il, ajoutant que le président de la république a encouragé sa démarche. Le contraire serait étonnant. Il reste à savoir quelles sont les forces réelles dont dispose Bockel, quand on sait qu’il a manœuvré pour en garder une partie au sein du PS, à toutes fins utiles, et qu’il en a fait sortir une autre cohorte pour constituer son pseudo parti, qui ne survivra pas au prochain remaniement ministériel. Heureusement qu’il est à la tête d’un Ministère totalement inutile, comme celui de Besson, et qu’il ne court donc pas de risques de contrarier sa nouvelle idole.

 FABIUS S’ASSUME CLAIREMENT
Hier, en fait, le seul qui est resté ancré sur ses positions demeure Laurent Fabius que, j'en suis certain, les perroquets de l’opinion dominante trouveront arriéré et dépassé. Il a ainsi participé à un rassemblement de réflexion qui a eu lieu hier après-midi à Sciences Po Paris. Il a été ouvert par Claude Bartolone, et plusieurs responsables du PS ont participé aux tables rondes, notamment Jean-Christophe Cambadélis, Alain Vidalies, Benoît Hamon, Anne Hidalgo, Arnaud Montebourg et Hubert Védrine. Henri Weber a expliqué que ce rassemblement avait pour objectif de démontrer que Laurent Fabius " n'était ni affaibli, ni isolé ". Il en plus été clair, offensif, fidèle à ses engagements antérieurs. Il n’a pas varié d’un iota, pour son malheur, car personne ne lui en sera reconnaissant, et surtout pas les médias. Il a fortement exprimé son refus " d'entrer dans des querelles fratricides au PS " et de " disputer le championnat d'Europe des paillettes et des people ", l'ancien Premier socialiste plaidant pour une stratégie axée sur " le rassemblement de la gauche " avec une formation " renouvelée ". Il a peu de chance d’être entendu par cette base du PS qui reste engluée dans ses rancœurs et ses mélodrames quotidiens. " S'il y a besoin de solidité, de crédibilité, de solidarité, là, tout est ouvert ", a-t-il ajouté. " Mais si c'est des paillettes et des people, ce n'est pas ma conception des choses ". Or il semble que l’époque des apparences ne soit pas encore finie, et que le combat frontal souhaitable ne soit pas la tactique la plus partagée. On verra bien, par exemple, qui partira au combat sur Bordeaux pour juger de l’engagement solidaire des uns ou des autres.
Estimant que la stratégie devait être " celle d'un rassemblement à gauche ", il a jugé que le Parti socialiste devait être " renouvelé " avec " des jeunes et des moins jeunes, et des hommes et des femmes qui ne soient pas socialistes", a-t-il dit.
Laurent Fabius a par ailleurs critiqué fortement le projet gouvernemental d'instauration de franchises médicales, contre lequel plusieurs manifestations ont eu lieu samedi en France. C’est clair, net et sans concession. Au moins, on sait ce qu’il en pense. " Maintenant, on va demander aux malades de payer pour les malades ", a-t-il observé. " Vous ne vous soignez pas par plaisir et la Sécurité sociale, jusqu'à présent, c'est de demander des efforts financiers. Il pourrait y avoir des efforts, pas seulement sur les revenus du travail mais aussi sur les revenus du capital, et puis il y a sûrement des économies de dépenses à faire ", a-t-il ajouté. " Mais enfin, là, vraiment, les gens, c'est à partir de janvier qu’ils vont s'apercevoir de ce qu'est la taxation des malades ". Une nouveauté qui va singulièrement trancher avec l’augmentation importante des revenus des médecins, dont on a déjà oublié qui l’a accordée au détriment de l’équilibre de la sécurité sociale.
Il est certain que ce discours tranche beaucoup avec celui que l’on a entendu, par exemple, de la part de certains caciques socialistes sur les régimes spéciaux et sur la tentation de faire moderne en gommant les différences fondamentales entre Gauche et Droite. Même à l’UMP, ils n'en veulent plus. Il s’aperçoivent que les transfuges ou les tenants de la gauchisation de la droite ou de la droitisation de la gauche ne finiront jamais leurs jours ensemble. Les uns, d’une manière ou d’une autre, finiront par avaler les autres. C’est la loi de la nature.
Mais je déblogue...
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