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L'AUTRE QUOTIDIEN de Jean-Marie DARMIAN, ancien journaliste, maire et conseiller général de Créon (33). La politique et la vie sociale sans langue de bois...au quotidien et contre l'opinion dominante

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PETROLE SALVATEUR

On vit une époque formidable, car elle concilie tout ce qu’il peut y avoir, justement, d’inconciliable. Ainsi vous savez, car c’est désormais une certitude, que l’effet de serre va causer, dans l’avenir, un véritable désastre planétaire. Il faut s’appeler George Bush pour refuser de considérer qu' il est urgent de mettre un frein à cette calamité que constitue l’utilisation massive du pétrole comme source d’énergie. Chaque automobile devient  une arme à retardement pour la qualité de l’atmosphère. Chaque camion qui traverse l’Europe devient un ennemi pour les générations futures. Et pourtant…

Pendant que l’on s’enlise dans d’interminables textes ou protocoles que personne ne fait respecter, la pollution continue. L’autre fléau appartient au monde économique : le chômage. Ses ravages sociaux sont souvent irréversibles. Alors, comme le veut la tradition en France, si on n’a pas de pétrole, si on a beaucoup de chômeurs " officieux "…  on a des idées ! La grande astuce, utilisée par les gouvernements successifs, a consisté à masquer la réalité des deux secteurs, en inventant les " économies d’énergie " et les " emplois aidés ".

ASTUCES DIVERSES.-
Dans le premier cas, on essaie de faire croire, par des artifices divers, que l’on mène une politique musclée pour réduire la consommation des racines de l’effet de serre. Tenez, on a inventé des mesures drastiques… " l’heure d’été et l’heure d’hiver " ou les inusables " déductions fiscales ". On connaît la formidable efficacité de la première décision sur les consommations d’énergie ! On imagine que les déductions fiscales, ne concernant que celles et ceux qui payent des impôts, elles ont eu également… un effet décisif. Le chemin de l’enfer de demain est pavé des bonnes intentions misérables d’aujourd’hui. D’autres initiatives aussi " dynamiques et drastiques " que celles énoncées ci-dessus, ont eu (vous le constatez aisément !) une grande influence sur un phénomène qui, au lieu de diminuer, s’aggrave au fil des ans.

 La calotte glaciaire fond. Le niveau des océans monte. Les événements climatiques ravageurs se multiplient. La couche d’ozone ne cesse de se trouer. Et nous continuons à vivre quotidiennement, sans entendre les " sirènes ", annonciatrices pourtant, de partout, de l’état d’urgence. Nous roulons de plus en plus. Nous augmentons, par refus d’une urbanisation maîtrisée, le fameux trajet pendulaire " domicile-travail " dont on sait qu’il est le plus gros responsable de la facture pétrolière. Nous cédons au lobby des transporteurs routiers, dès qu’il brandit la menace de blocage des… dépôts pétroliers. Nous considérons que l’effort est à faire ailleurs que dans notre environnement immédiat.

La France, malgré de grandes déclarations, se range donc au même rang que les mauvais élèves d’une classe mondiale orientée vers le profit. Que l’on crève au Sahel, que l’on se noie au Bengladesh, que l’on étouffe dans les mégalopoles brésiliennes, que l’on s’étripe en Irak pour l’exploitation de puits de pétrole, ne change rien à l’affaire : les cours de Wall Street et du Plais Brognard progressent ! Les actionnaires mouront pollués mais… riches ! L’Etat n’en a cure. Pour lui, faux cul comme pas un, il cherche, par tous les moyens à faire du fric sur la consommation pétrolière, via la fameuse TIPP.

UNE MANNE PERMANENTE.-
Cette taxe, véritable aspirateur à rentrées fiscales indirectes, constitue une manne permanente dont Bercy ne saurait se passer. Plus les Français fréquentent justement la pompe à… essence, plus les prévisionnistes du Ministère du budget se frottent les mains. La TIPP a été par exemple de 0,5892 €/l pour le super sans plomb en 2004. En ajoutant aussi la TVA, la part des taxes représente près de 75% du prix de vente à la pompe (73.2% pour le super sans plomb 98 en 2003). La TIPP a rapporté 24,3 milliards en 2003. À titre de comparaison, les rentrées fiscales provenant des produits pétroliers occupent le 4ème rang, derrière la TVA (142,1 milliards), l’impôt sur le revenu (53,7 milliards d'€), et l’impôt sur les sociétés (44,1 milliards d'€).

Certains considèrent que, tant par sa technique (taxation ciblée sur un produit devenu indispensable) que par son niveau très élevé par rapport au prix de base du produit, cette taxation est d'inspiration comparable à ce qu'était la gabelle. Ils considèrent ainsi qu'elle ampute exagérément le pouvoir d'achat des revenus les plus faibles, car ce n'est pas une taxe progressive; elle nuit économiquement à la visibilité des prix et à la concurrence entre sources d'énergie, et crée des distorsions amplifiées par le fait que de nombreuses exonérations et réductions à titre professionnel sont rendues nécessaires.

Malgré ces nombreuses oppositions, la TIPP est difficile à supprimer, par manque de financements alternatifs pour la remplacer dans le budget de l'État. Extraordinaire situation qui voit donc un Ministère proclamer que l’écologie constitue sa priorité et qu’il faut donc diminuer la consommation de produits pétroliers, et un autre, infiniment plus puissant, qui lui donne des crédits, puisés dans la poche de contribuables, pollueurs involontaires mais invétérés. On en profite donc au maximum! 

La récente loi de finances consacre même  le principe du financement, par la Taxe Intérieure sur les Produits Pétroliers, des nouveaux transferts de compétences vers les régions et les départements. On en arrive à une absurdité supplémentaire. Ainsi, la solidarité confiée au Conseil général (RMI, RMA, par exemple) se trouve soumise, dans son financement, à une taxe liée à la consommation de produits pétroliers . Plus les voitures, plus les camions, plus les chauffages tourneront, et plus le secteur social aura les moyens de ses ambitions.

Alors, entre solidarité et pollution, il vous faudra choisir.

A partir d’aujourd’hui, effectuez donc volontairement quelques kilomètres supplémentaires avec votre automobile. Grâce à ce geste simple, vous condamnerez la planète, mais vous procurerez, via votre contribution à la TIPP,  quelques Euros supplémentaires à un Rmiste.

Roulez, roulez jeunesse !

Mais je déblogue…

ndlr : relisez, pour le plaisir, le blog "Grands Suisses", car aujourd'hui, pour la première fois de l'histoire judiciaire française, le TGI d'Orléans vient de relaxer des faucheurs d'OGM. Comme quoi il ne faut jamais désepérer de la justice!

 

 

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J
Je me suis exprimé sur ce sujet en proposant que le prix du litre d'essence soit porté à DEUX euros pour financer l'irrigation de nos villes et de nos banlieues par un réseau dense (géographique et chronologique) de transports en commun.<br /> Vous aurez les détails sur mon blog ...<br /> www.propositions-audacieuses.net<br /> Ce n'est pas pour rien que je lui ai donné ce titre et cette terminaison de nom de domaine (.net)... Bonne lecture sur mon blog!
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R
Une autre façon de voir les choses serait d’augmenter en général les taxes sur les produits pétroliers, et particulièrement sur le gasoil pour les porter au niveau de celles sur l’essence afin que personne ne puisse avoir le sentiment de polluer à bon compte et aussi au nom de l’équité entre les citoyens !<br /> De façon mécanique la consommation et la pollution baisseront. Les voitures, les camions, les chauffages tourneront moins, sans que les rentrées fiscales pour le social ne soient affectées !<br /> (A cet égard les taxes sur les billets d’avions payés par les plus riches, afin d’aider les plus pauvres me paraissent justifiées)<br /> De plus les taxes devraient servir à abaisser l’endettement de l’état et ainsi éviter de laisser à nos enfants et petits enfants une dette écrasante, alors que déjà nous hypothéquons leur avenir en consommant rapidement les énergies fossiles et en polluant la planète !<br /> On peut hélas le constater et le regretter, notre comportement civique est très nettement amélioré par une incitation ou une pénalité financière.<br />
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H
Si la consommation de pétrole baisse de moitié, il faudra payer le litre deux fois plus cher ! Même chose pour l'eau le gaz l'électricité... la prise de conscience de chacun doit se situer ailleurs que dans son porte monnaie, car la logique économique nous amène droit dans le mur.
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