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L'AUTRE QUOTIDIEN de Jean-Marie DARMIAN, ancien journaliste, maire et conseiller général de Créon (33). La politique et la vie sociale sans langue de bois...au quotidien et contre l'opinion dominante

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IDEES A CREUSER

La carrière. Voici le mot clé de la vie moderne. Chacun cherche, de plus en plus, à faire carrière : carrière professionnelle, carrière politique, carrière artistique, carrière sportive, carrière administrative…Le baromètre de la réussite réside dans ce mythe qui consiste à croire que plus on gravit les échelons, plus on s’épanouit. La carte de visite remplace souvent le simple bonheur de vivre dignement et pleinement. D’ailleurs, certains (au départ la carrière était une affaire d’hommes) et maintenant certaines ( les femmes ont pris logiquement leur place), sont prêts à tout pour arriver au sommet, ou tout au moins sur ce qu’ils considèrent comme " leur " sommet. Les ambitions s’affichent, les ambiguïtés, les inhibitions disparaissent dès que le pouvoir passe à proximité. Il n’est pas nécessaire d’être un grand enquêteur pour vérifier la montée en puissance de ce phénomène, qui parcourt tous les groupes constitués, à chaque niveau de la vie collective.

MONTANT DU SALAIRE.-
 Dans le monde des affaires, la réussite d’une carrière se mesure au montant du salaire ou des revenus. Elle s’évalue sur la base de la cylindrée de l’automobile, à la dimension de la piscine, ou au lieu des vacances. En vous rendant indispensable auprès de celui qui occupe un fauteuil présidentiel, vous préparez au mieux le moment où vous pourrez le trahir et prendre sa place. Il vous faudra être patient et rusé pour être " calife " à la place du " calife ", car l’habileté consiste à ne jamais prendre de risque susceptible de vous valoir un échec potentiel.

Elle suppose également, de manière très paradoxale, que vous ayez la capacité de prévoir votre chute. Si, par malheur, les aléas économiques brisent votre parcours, vous serez estimé si vous avez su préparer votre " atterrissage " grâce à un parachute doré ! La carrière repose sur le contrat que vous serez conduit à signer. Plus vous saurez anticiper le pire, et plus vous montrerez votre lucidité. Le milieu économique devient le plus incertain de tous. On vous demande de plus en plus de résultats, au détriment de tous les états d’âme. On exige de vous le sang-froid du tueur quand les circonstances l’exigent, car vous serez tôt au tard obligé d’écraser un collègue, de marcher sur les doigts d’un copain ou de déblatérer un rival potentiel.

 

 

QUESTION DE TACTIQUE.-
 Il n'en va pas de même dans le monde politique, car c’est avant tout une question de tactique. Pour faire carrière, il faut avancer avec la science du joueur d’échecs et considérer que vous n’avez pas d’amis mais seulement des pions, des cavaliers, des fous, et souvent, très souvent pour les hommes, une reine à l’esprit conquérant. Celle qui est dans l’ombre a souvent un rôle plus important qu’on ne le croit. Bien plus qu’ailleurs, il est indispensable de ne pas avoir d’état d’âme. La couleuvre figure tôt ou tard sur vos menus. Elle s’avale avec plus ou moins d’appétit, mais elle n’échappera pas à votre ascension.

Le secret que m’a confié, il y a maintenant fort longtemps, un vieux compagnon de route rocardien est simple : " toujours créer un rapport de force ". Une carrière politique ne se bâtit que sur la " solidité de l’armée " qui vous accompagne. Elle n’est pas nécessairement " humaine ", mais peut être médiatique, financière, idéologique, secrète. Par exemple, si vous n’avez pas de moyens matériels, il vous faudra accumuler suffisamment de connaissances sur ceux dont vous guignez la place pour, au moment voulu, distiller le fiel des révélations. Le nec plus ultra de la réussite réside dans le sens que vous aurez de renier vos convictions, pour rallier au bon moment une " écurie ", ou en abandonner une autre. Pas si facile que l’on veut bien le dire. Qui aurait, par exemple, parié sur un succès de Chirac un an avant les présidentielles, face à Balladur. Même Sarkozy, qui s’y connaît en matière d’ambition, s’était trompé… Le purgatoire n’est jamais très long, si vous arrivez à reconstruire un rapport de forces. Souvent, d’ailleurs, il vaut mieux être issu de la minorité d’appoint que membre d’une majorité pléthorique. En devenant incontournable vous valorisez le prix de votre ralliement, et en tirerez un grand profit ...pour votre carrière.

 

LE FAIRE SAVOIR.-
Les carrières artistiques ne reposent pas que sur le talent ou le savoir-faire mais, de plus en plus, sur le faire savoir. Les grands artistes n’ayant pas la capacité à se mettre en évidence ne font que des femmes ou des hommes célèbres posthumes. Parmi les peintres, les exemples ne manquent pas. Désormais, grâce à la télé-réalité, on sait même que la notoriété populaire suffit à remplacer toutes les qualités de fond. Il ne s’agit pas de durer, mais de " fulgurer ". Il n’est plus question de s’exprimer, mais d’étonner. Il n’est plus question d’être, mais de paraître.

Un écrivain a de plus en plus de mal à exister sans le concours des supports médiatiques. Un cinéaste n’existe que par le budget promotion accordé à son œuvre. Une chanteuse ou un chanteur ne peut espérer percer qu’avec le concours d’une programmation radio ou télé bien ficelée. Le problème vient du nombre considérable de gens qui veulent suivre la même route vers le succès. Pas question, contrairement aux cas précédents, d’éliminer, par ruse ou par tactique, les autres. Vous n’avez pas d’autres concurrents que vous même. Jamais, dans le domaine des arts, il n’a été aussi difficile d’entrer dans la carrière, et plus encore d’en vivre… durablement !

Le sport a choisi un autre moyen de jauger la réussite : la précocité ! Vous pouvez devenir une star dès votre plus jeune âge. Les adultes bâtissent pour vous les rêves les plus fous, reposant sur des transferts imaginaires, des espoirs de rentrées financières fabuleuses. Les premiers et pires fabricants de carrières virtuelles sont les parents. Ils n’hésitent plus à tirer un trait sur toutes les autres facettes de l’avenir de leur progéniture, pour envisager une " rentabilité " de leur investissement. Les échecs se multiplient au fur et à mesure que l’âge avance. Les prodiges ne tiennent pas la route et s’effondrent souvent sous la pression extérieure. On ne compte plus les carrières prometteuses englouties par la réalité.

Toutes et tous ces " carrièristes " ont un point commun : ils croient que tout le monde est comme eux ! Toute progression sociale devient dangereuse, car ils lui appliquent leur grille d’analyse. Une femme et un homme sans ambitions sont, pour eux, des suspects potentiels. Et celui qui refuse un poste, ou le pouvoir qui va avec, ne peut pas être considéré comme sincère… La notion de carrière a envahi les esprits ! Elle a pervertit la société en alignant la réussite sur des objectifs matériels.

Mais je déblogue…

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W
Vincent,<br /> Je vois que tu n'as rien compris à mes propos... Ton discours est tellement stéréotypé et pâle que ça ne sert à rien de continuer...<br /> <br /> u-s-f@hotmail.fr<br /> Union de Sauvegarde de la France
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V
Cher u-s-f (anonyme malheureusement),<br /> Avant d'être contribuable, je me sens avant tout citoyen. Qu'est-ce que cela signifie un citoyen-contribuable ? Tout citoyen est contribuable. On ne parle pas de citoyen-utilisateur-de-routes-goudronnés ? de citoyens-respirant-l'air-commun-à-tous? Si tu reconnais un citoyen au fait qu'il paye des impôts, tout le monde est citoyen français (même le touriste américain qui vient au Mc Do de Bdx paye une TVA 'française!' dessus). <br /> Moi je ne me sens pas vache à lait d'habiter dans un pays ou l'espérance de vie est la plus importante au monde (pour les femmes) grâce à un système de santé qui repos(ait)e sur le collectif. Je ne me sens pas vache à lait d'envoyer mes enfants dans un système éducatif (certes imparfait) mais où tous les enfants ont accès au même savoir quelque soit la taille du portefeuille de ses parents. Je suis fier de payer des impôts et d'être dans un système de redistribution et ce sont les idées nauséabondes comme celles que révèlent votre site internet, qui sont des idées individualistes du chacun-sauve-sa-gueule qui gangrènent notre pays.
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W
Eric,<br /> Pour commencer, je ne pense pas polluer, ni insulter qui que ce soit. Le débat est libre,non?<br /> Et oui, la République doit respecter tous ceux qui le méritent, je prenais l'exemple du contribuable car, à mon sens, c'est le citoyen le moins respecté de ce pays et la "vache à lait" de gouvernements successifs incapables de gérer efficacement la France.<br /> <br /> u-s-f@hotmail.fr<br /> Union de Sauvegarde de la France
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E
Wickler !<br /> Il faut savoir respecter tous ceux qui le méritent et pas seulement les "citoyens-contribuables français" !<br /> Tu n'as pas un article à écrire sur ton blog au lieu de "pollué" celui-ci !??!
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E
Pour le commentaire n°6, voir l'article "seconde d'éternité" du 31/10 du blog de Jean-Marie !
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