En ce moment il vaut mieux ne pas militer dans un parti politique car, malgré toutes les affirmations officielles le climat y est plutôt malsain. D’abord il faut savoir que vous ne serait pas forcément le bienvenu car immédiatement il y aura bien quelqu’un pour se méfier de vous ou répandre la bruit que vous ne venez là que pour piquer la place qu’il convoite. Impossible que l’on croît en votre sincérité et que l’on imagine que vous n’ayez pas une idée derrière la tête. Selon un principe maintes fois vérifié car appliqué par quelques-uns des spécialistes de la navigation à vue : " les amis de hier seront tes ennemis d’aujourd’hui et tes ennemis d’aujourd’hui deviendront tes amis de demain ! ". Il est vrai qu’il y a actuellement dans tous les groupes organisés d’éminents spécialistes de la géométrie variable des idées.
Ensuite il vous faudra progresser masqué mais certainement pas en terrain découvert car il existe des tireurs d’élite embusqués prêts à vous dézinguer d’une balle entre des deux yeux. Pour vous protéger il vaudra mieux que vous progressiez derrière un solide bouclier et sous les ordres d’un mentor ayant déjà une bonne expérience du combat rapproché. Il vous dira quand il faut aller aux abris ou quand il vaut mieux tirer à vue sur des adversaires potentiels.
Enfin vous devez vous méfier par dessus tout de celles et ceux que vous aiderez à s’installer car dès qu’ils auront pris du galon, ils chercheront par tous les moyens à monnayer leur appui. Ils considèrent très vite qu’ils ne vous doivent rien et cherchent à vous expédier aux oubliettes. Oh ! Je sais vous avez certainement reconnu le Parti des socialistes mais je ne veux pas vous décevoir mais ce n’est pas nécessairement le pire. Le seul problème c’est qu’on parle beaucoup plus de ses avatars que de ceux qui émaillent la vie quotidienne chez ses concurrents. Il est vrai que les complots ne sont au PS que des secrets de Polichinelle alors qu’ailleurs bien qu’ils soient plus sanglants ils se règlent en douce au silencieux. Pas un seul ensemble politique qui ne soit pas touché par ces guerres intestines voulant que l’on ne récolte parfois que ce que l’on ne mérite pas !
Le FN vient de traverser une crise entre la fille prodige et le caïman au cuir robuste. Les chausse-trappes ont été déjouées par l’une ou l’autre et seul le " commandeur " a réussi à préserver le statu quo ! Chez les Verts il y a autant de comploteurs que de militants. On ne vit que sur le principe de l’auto-extermination annuelle ou pour les grands crus semestrielles ! Au PC on voit de plus en plus rouge d’un coté et on tente de remplir les cabines téléphoniques avec les troupes les plus sûres. Le problème c’est qu’il n’y a plus grand monde de sûr !
LE MODEM…ODRAME
En fait le maître mot de la vie politique française c’est trahison. Impossible d’y échapper maintenant que Nicolas Sarkozy l’a institutionnalisée en l’appelant " ouverture ". Il a réussi à redorer le blason de la " trahison rémunérée " dont la France avait eu le privilège dans des temps anciens. Comme lors des pires moments de la V° République il vend du " maroquin ". Pas une peau de chèvre ou de mouton tannée au sumac ou à la noix de galle ; Elle a un grain apparent, large et irrégulier. Elle est utilisée en reliure pour les livres raffinés, car elle est très résistante, agréable au toucher, et se prête très bien aux travaux décoratifs. Elle sert surtout à conférer des tâches ministérielles. Prenez deux amis de fraîche date dont l’un a connu l’odeur particulière du maroquin alors que l’autre y aspire et vous constaterez qu’au Modem l’ambiance n’a rien de zen !
François Bayrou règle ses comptes avec Jean-Marie Cavada.
A trois jours du congrès fondateur du Modem, il ne se remet pas de défection de ce dernier qui a décidé de mener une liste UMP dans le XIIe arrondissement de Paris aux municipales de mars prochain. Le Président du Modem, relativement discret jusqu’à présent, s'est montré ironique sur les motivations de son ancien compagnon de route: "Il se trouve que des élus que nous avions accueillis dans nos rangs veulent un maroquin. On leur a expliqué qu'avoir un poste gouvernemental ça passait par deux choses: premièrement se rallier à l'UMP et conduire sa liste dans un des arrondissements parisiens dont on ignore tout, deuxièmement, si vous voulez un poste ministériel, alors il faut que vous traîniez dans la boue vos anciens amis."
Dans Le Figaro de lundi, Jean-Marie Cavada avait déclaré que "François Bayrou a un programme romantique mais un tempérament qui lui fait refuser l’obstacle de la décision." Réponse de Bayrou marmiton de la politique sur France Inter: "Nous avons fourni l'écuelle et le potage, le sel et le poivre. Bon, les gens changent de camp, ils vont chercher ces ressources ailleurs. Qu'on nous épargne au moins les leçons de morale." Les plats de lentilles restent dans le gosier de certains convives les voyant attribués à d’autres. Malgré cet assaut d’amabilités, il ne faut pas ignorer que l’on a trahi au Modem, que l’on trahit et que l’on trahira. Des accords plus ou moins secrets ont en effet été signés, comme en Gironde, avec l’Ump sarkozyste jamais réellement combattue. Je t’échange une place aux municipales contre un canton. Je te laisse une ville tu me préserves ma… campagne et les " braves " militants gobent le ni droite ni gauche qui leur fait tellement de bien !
DES MORTS ET DES TRANSFUGES
A l’Ump on pratique les " battues " qui font le bonheur des chasseurs au gros gibier. La consigne demeure la même depuis plusieurs mois : on tire sur les Chiraquiens afin de les exterminer. Il est certain que c’est déjà une espèce en voie de disparition qui soit vit dans la… réserve soit qui est sous le feu nourri de ses amis qui ne lui veulent que du mal. Il ne devrait pas rester beaucoup de soutiens à l’ex-Président car on organisera la défaite des plus symboliques ou l’on mettra en évidence les turpitudes passées des autres.
La constitution des listes pour les sénatoriales mettra en évidence cette aménité fraternelle qui, selon les exégètes médiatiques n’existerait qu’au PS. Il y aura des " morts " sur la moquette rouge du Palais du Luxembourg car il faudrait que le Congrès (députés et sénateurs pour les réformes constitutionnelles) dans un an, ait une allure beaucoup plus sakozyenne que ce n’est le cas actuellement.
La nature politique ayant horreur du vide, les candidats à la succession ont immédiatement surgi de partout. Le Nouveau centre veut bien se " pacser " avec celle qui lui… offrira une dot ! Et, désormais il est concurrencé par Jean-Marie Bockel qui a lancé, hier, un nouveau parti, la Gauche moderne, en vue des élections municipales. Aussitôt il adonné de grandes nouvelles reposant uniquement sur l’arrivée de transfuges : George-Marc Benhamou, conseiller de l'Elysée, qui devrait figurer sur la liste… UMP de Christan Estrosi pour les municipales à Nice, et Philippe Sanmarco qui devrait être co-listier de Jean-Claude Gaudin, chef de file de l'UMP à Marseille.
Enfin, interrogé sur l'adhésion éventuelle de Jean-Marie Cavada, (pas possible) le maire de Mulhouse indique qu'il " est encore trop tôt pour le dire, même s'il y a convergence ". Avec Besson, il y a les bases pour une entente. Et on aimerait bien convaincre, dans l’entourage de Bockel, Hirsch et Jouyet. Fadela Amara et, plus encore, Bernard Kouchner ont fait savoir qu'ils ne seraient pas de la partie. Ce sera donc hétéroclite mais peu importe ce sera un parti politique comme un autre !
LE FAMEUX JEU DES CHAISES
Au PS on a de l’avance comme à l’habitude mais on passe deux ou trois couches de ripolin rose sur la noirceur des destins. La " Sfio..isation " est en route sauf réaction globale après les municipales. Les dissidences se multiplient dans de nombreuses villes ou de nombreux cantons. La machine à exclure va donc fonctionner à plein comme à Nice ou ailleurs. Hier François Hollande a tenté de dresser un tableau idyllique au sens premier de la situation. Le premier secrétaire a affirmé, qu'il reparlait " personnellement et politiquement " avec son ex-compagne, Ségolène Royal, ancienne candidate à la présidentielle, dont il est séparé depuis six mois.
Interrogé sur France 5 pour savoir s'il " reparlait " à Ségolène Royal, le premier secrétaire du PS a répondu : " heureusement qu'on se reparle, personnellement et politiquement. Je ne suis pas un premier secrétaire qui nierait celle qui a été candidate au nom des socialistes. Mais, a-t-il ajouté, je parle aussi avec Bertrand Delanoë et avec tous ceux qui ont vocation à être des dirigeants du Parti socialiste ".
" Mon souci n'est pas la mise à l'écart " des personnalités, " on a besoin de tous les socialistes: besoin de celle qui a été notre candidate, de celui qui est un de nos principaux élus et de toute cette nouvelle génération qui aspire à prendre des responsabilités ". Le seul problème c’est que toutes et tous espèrent lui piquer sa place et à occuper son fauteuil dès qu’il l’aura abandonné. Cette course ressemble au fameux jeu des chaises. On court autour de celles qui sont alignées avec trois préoccupations : surveiller les chaises disponibles, écarter les autres des solutions potentielles, se précipiter au signal sur la plus proche. Le risque d’être piétiné par les poids lourds de la meute existe et souvent il vaut mieux se tenir en retrait.
Ces comportements qui traversent actuellement toute la vie politique hexagonale prend ses racines dans l’absence totale de confrontation idéologique réputée totalement obsolète. Les frontières n’existant plus entre les camps en raison des contrebandiers qui vont se ravitailler de l’autre coté on en arrive à la rentabilisation pure et simple des engagements. Avec un moral d’acier et des convictions inébranlables on peut espérer garder sa motivation militante. Et c’est parfois bien agréable de constater ce que sont vos amis devenus !
Mais je déblogue…