Nicolas Sarkozy est entouré de conseillers qui fouillent dans les pratiques politiques américaines avec méthode. Ils font les poubelles des dernières années du règne républicain pour savoir comment ils peuvent infléchir l’opinion de notre pays par le biais de la domination médiatique. Certes tout n’est pas récupérable car il y existe en France un tempérament frondeur qui vient parfois perturber les concepts de manipulations sociales auxquels travaille inlassablement la CIA. Ils sont beaucoup plus fins et élaborés que ceux des années soixante ou quatre-vingt car les stratégies ne passent plus finalement par les armes mais beaucoup plus par l’économique, le spirituel, le culturel. La CIA, comme les Chinois, les Indiens et bien d’autres pays ou groupements interviennent dans ces domaines pour récupérer leur part de domination politique du monde ou pour conforter le pouvoir en place (ou à venir) des élites libérales dévouées à une vision très matérialiste du profit.
Par exemple la CIA a reçu l’autorisation du président pour monter des actions clandestines en Iran, destinées à destabiliser le gouvernement. Bush a signé un " nonlethal finding " ( Document officiel permettant de mener des opérations secrètes sans homicides ) qui autorise la CIA à mettre en oeuvre un plan prévoyant une campagne de désinformation, de manipulations contre la devise iranienne et les intérêts financiers internationaux du pays.
Selon les membres de la communauté du renseignement, cette décision signifie - au moins pour le moment - que Bush a décidé de ne pas engager d’action militaire contre l’Iran.
" Le Vice Président Cheney conduisait les partisans de l’intervention militaire ",
" Tout le monde dans la région sait qu’il y a une guerre par procuration dans laquelle les USA soutiennent les éléments anti-iraniens et les groupes d’opposition en Iran ",
PIECE ESSENTIELLE SUR L’ECHIQUIER
On sait par exemple que les " pasteurs " venus d’Amérique du Nord jouent un rôle de plus en plus fort dans cette vision de la vie sociale sur la planète. La religion devient une pièce essentielle sur l’échiquier politique mondial. Toutes les récentes déclarations de Nicolas Sarkozy démontre qu’il a accentué l’utilisation de ce phénomène planétaire pour l’imposer dans le débat français. Il avait eu recours aux imams des banlieues lorsqu’il était Ministre de l’Intérieur pour remettre le couvercle sur la marmite explosive des émeutes. Il avait accordé aux religions en général mais à certaine sen particulier des avantages publics jusque là maîtrisés par le principe républicain de la laïcité, principe totalement ignoré dans les faits, dans la majorité des autres pays. On se posait des questions sur ses relations avec l’Eglise de Scientologie. Il vient de s’attaquer de front à ce pilier de la laïcité de telle manière qu’il puisse s’inscrire dans la lignée des pratiques américaines. Nicola sSarkozy a donc été durement critiqué par quasiment tous ses adversaires politiques pour ses récentes déclarations sur la religion et la laïcité qu'il souhaite " positive ".
"Dans mon discours de Saint-Jean de Latran (à Rome), j'ai précisé ma conception d'une laïcité où la place de la religion serait définie en termes plus positifs. Devant le Conseil Consultatif de l'Arabie saoudite, à Riyad cette semaine, j'ai fait écho aux propos pleins de sagesse du Roi Abdallah, et plaidé en faveur d'une conception ouverte, tolérante de la religion", a souligné le chef de l'Etat. " Mais certains groupes veulent imposer leur vision fondamentaliste, hégémonique, intolérante. La forme la plus extrême est celle des réseaux terroristes globaux de type Al-Qaïda qui rêvent d'une confrontation Islam contre Occident, pour mieux dicter leur loi à des peuples qui ne demandent pourtant qu'à vivre leur foi dans la paix ", a-t-il affirmé. Il
Selon lui " le monde, j'en suis convaincu, peut relever avec succès ce défi, mais à une condition : trouver le chemin de son unité ", a-t-il également affirmé, ajoutant : " Là est la grande question : en serons-nous capables ? Comment y parvenir ? ". Nous y voici : restituer à la religion sa vocation unificatrice de la fameuse politique de " civilisation ". Tout défenseur de la laïcité " active " devient donc un ennemi potentiel du " religieux " et donc de cette unité salvatrice dont a grandement besoin notre planète. Il se trouve que dans une entretien le dalaï lama, lui aussi de passage en Italie a décliné sa vision de la laïcité. Mesurez un peu la différence !
MARXISTE EN ROBE ROUGE
" Je pars du fait que la majorité des 6 milliards d’humains sont des non-croyants. Nous devons donc trouver le moyen de toucher ces personnes et susciter leur attention sur l’importance de la compassion. Cela ne peut être que laïc. Notre expérience courante, le bon sens et aussi les dernières découvertes scientifiques nous disent qu’une attitude compassionnelle est bénéfique à notre bien-être physique. C’est donc une approche laïque. Ces valeurs dénuées de croyance religieuse, c’est une éthique laïque. Mais si on veut être réaliste, il faut trouver le moyen de promouvoir ces valeurs humanistes auprès des non-croyants. Et voyez la constitution indienne, fondée sur le sécularisme. Le Mahatma Gandhi croyait profondément dans le sécularisme, tout en étant lui-même un croyant, et pratiquant quotidiennement des prières issues de différentes traditions. Le sécularisme signifie le respect de toutes
les religions, pas de préférence pour celle-ci ou celle-là. Si par exemple moi en tant que bouddhiste, j’affirmais que seul le bouddhisme est bon, que les autres religions sont mauvaises, ce serait contraire à la laïcité. Si vous croyez vraiment à la laïcité, vous devez respecter toutes les autres traditions, parce que des millions de personnes suivent ces traditions. Puisque nous devons respecter tous les êtres humains, l’humanité entière, il faut donc respecter leurs conceptions et leur foi. Y compris les non-croyants. C’est également leur droit de ne pas croire. C’est OK, puisqu’ils se sentent plus à l’aise ainsi " a déclaré celui qui se présente comme " un marxiste en robe rouge " Nicolas Sarkozy, à qui il a été reproché de ne pas respecter la laïcité, suite à ses récents propos sur les religions, s'est défendu un peu trad, de " faire l'apologie d'aucune religion ". Répondant au " sectarisme " (sic) de ceux qui l'ont critiqué, le président français a spécifié que de dire que " la France, dans les profondeurs de son histoire, a des racines chrétiennes (...), ce n'est faire l'apologie d'aucune religion, d'aucun culte. C'est simplement regarder le long manteau d'églises qui couvre la France, qui est associé à l'histoire de France, et on ne fait pas un pays ouvert lorsqu'on conteste l'identité de son pays ", a-t-il poursuivi. Rien de mieux pour réveiller les querelles ancestrales plutôt que de les calmer ! Il faut surtout demander aux religions de respecter les autres… religions et voir dans les déclarations du dalaï lama
UNE SUCCESSION DE DECLARATIONS
En novembre 2003, sur France 2, le ministre de l’intérieur d’alors avait déjà annoncé sa décision de nommer un " préfet musulman ", comme si la religion de Monsieur Aïssa Amouche pouvait le rendre digne d’être nommé au grade de préfet de la République. Dans son livre témoignage sur les religions, Sarkozy dévoilait aussi le fond de sa pensée : " On ne peut pas éduquer les jeunes en s’appuyant exclusivement sur des valeurs temporelles, matérielles, voire même républicaines [...]. La dimension morale est plus solide, plus enracinée, lorsqu’elle procède d’une démarche spirituelle, religieuse, plutôt que lorsqu’elle cherche sa source dans le débat politique ou dans le modèle républicain. [...] La morale républicaine ne peut répondre à toutes les questions ni satisfaire toutes les aspirations. " (Nicolas Sarkozy, La République, les religions, l’espérance, 200). Plus grave, le dernier chapitre du livre marque une réelle complaisance envers les mouvements sectaires, invitant même à la reconnaissance des " nouveaux mouvements spirituels ". Tous les spécialistes de la Scientologie bondirent en reconnaissant cette expression, fer de lance du lobbying scientologue dans les pays anglo-saxons… Persuadé que la religion est l’un des ciments du lien social, relativement indifférent à l’idéal laïc, proche en ceci de ses modèles néoconservateurs américains, Nicolas Sarkozy va naturellement parfois franchir la ligne jaune.
Dans le cas précis de la scientologie, la faiblesse vire à la complaisance. Chacun se souvient de ce 30 août 2004, au cours duquel Nicolas Sarkozy recevait en grandes pompes, au sein même du Ministère de l’Economie et des Finances, l’acteur Tom Cruise, grand prosélyte de l’Eglise de scientologie. La presse française, et de nombreuses associations de lutte contre les sectes, s’en était émues, mais avaient finalement considéré que le ministre avait agi ainsi pour bénéficier de l’image internationale de la star d’Hollywood. Alors, faiblesse des convictions laïques, spiritualisme généreux, un peu trop tolérant pour certaines dérives sectaires ? Goût immodéré pour l’ordre, y compris, comme ses collègues Républicains américains, lorsque cet ordre est maintenu par les Religieux, y compris barbus ? Malheureusement, il y a un peu plus dans cet enchaînement des discours et des prises de position.
Les présidents Reagan, Bush père et Bush fils doivent en partie leurs élections à certains groupe de pression religieux protestants, parfois proches de mouvements fondamentalistes... Georges W. Bush est protestant méthodiste, de père épiscopalien et de mère presbytérienne. Il déclare avoir été délivré de l'alcoolisme grâce à la prière. Selon lui, sa victoire aux présidentielles n'est pas un hasard, il se croit investi d'une mission divine et pense avoir été placé là où il est, par le ciel. La religion et la référence à Dieu sont très présentes aux Etats-Unis, aussi bien dans la culture que dans la vie politique. Depuis l'école où les petits américains prêtent serment au drapeau et à la nation "sous Dieu", jusqu'aux serments du Président sur la Bible. Ca ne tardera pas à arriver chez nous !
Mais je déblogue…
déclarait Vali Nasr, du Council on Foreign Relations, " et ces actions clandestines sont désormais amplifiées par cette nouvelle décision qui pourrait rapidement amener des représailles iraniennes, ouvrant la voie à une escalade ". Cet exemple concret démontre que désormais la " guerre " peut s’effectuer en catimini avec des actions aussi spectaculaires que l’envoi de missiles ou de bombes.
Des variations organisées de cours de matières premières ou des décisions consistant à les raréfier, des attaques monétaires ciblées, des envois massifs de religieux bien pensants et soigneusement formés, des diffusions culturelles ciblées, la mise en place de pratiques éducatives restrictives sont des pratiques courantes… L’Afrique est ainsi devenu l’espace d’expérimentation de ces techniques de domination de l’homme. Il n’y a pas un seul conflit, pas un seul régime, pas une seule région dans lesquels l’un ou l’autre de ces méthodes ne soient pas présentes. La nouveauté c’est qu’en France on essaie d’en imposer des bribes soigneusement sélectionnées. déclare un ancien membre de la CIA, " mais je crois qu’il sont arrivés à la conclusion que cela présentait plus d’inconvénients que d’avantages ".